"Septembre, le mois des
moissons"
Reposez-vous. Une
terre bien reposée donne une superbe récolte.
[Ovide]
Sur
cette vaste plantation, ce n'est pas la pluie mais la sueur de mon front
qui arrose les récoltes.
[Antonio
Jacinto]
Blé
Des
enfants ont affirmé qu'après avoir regardé longtemps
et fixement un grain de blé, il y ont vu le visage de Jésus.
Pour s'assurer une bonne récolte, il faut la veille de la Saint-Jean,
à l'aube, aller couper quelques épis de blés dans
son champs (Berry).
Avoine
Si
l'on a été pris de frisson la veille de la Saint-Jean, il
faut à l'aube se rouler dans la rosée d'un champ d'avoine
(Bretagne). On a une chance folle au jeu, si l'on a sans le savoir des
grains d'avoine (Ardèche).
La
moisson
Action
de récolter les céréales lorsqu'elles ont atteint
la maturité. Elle est réalisée à l'aide d'une
machine appelée moissonneuse batteuse qui sépare la paille
et le grain.
Historique
Les
premières cultures furent à l'origine de bouleversements
majeurs pour les sociétés humaines. En effet, l'homme sachant
désormais produire sa propre nourriture, sa survie devenait moins
dépendante de son environnement. L'agriculture marque aussi le début
du commerce.
Dans
un premier temps, le blé semble avoir été consommé
cru puis grillé ou cuit sous forme de bouillie puis de galettes
sèches élaborées à partir des grains simplement
broyés entre deux pierres. Le blé s'impose par la suite comme
l'aliment essentiel de la civilisation occidentale. Il se présente
sous forme d'aliments variés, le pain, la semoule, les pâtes,
les biscuits...
La
culture du blé est beaucoup moins difficile que celle du riz : elle
ne demande pas d'aménagement spécial du champ ni un trop
lourd travail d'entretien. Entre la période des labours-semailles
et celle de la moisson, les travaux sont plutôt réduits. Après
la récolte, le blé, à la différence du riz,
ne demande pas d'opération spéciale comme le décorticage.
Les pays reposant fortement sur la culture du blé comptent moins
de travailleurs que les régions du maïs et du riz.
La
culture du blé s'est imposée en raison de cette facilité
de culture, mais aussi parce que l'essentiel des progrès agricoles
ont été expérimentés sur lui. Les instruments
aratoires simples ont été le plus souvent remplacés
par du matériel beaucoup plus perfectionné.
*
le bâton fouisseur : pieu qu'on enfonce dans le sol pour l'ameublir ;
*
la houe, d'abord en tête de pierre, puis de métal ;
*
l'araire, tirée tout d'abord par l'homme ou la femme, puis par les
animaux, ameublissait la terre avant le semis fait à la main ;
*
la charrue, qui retourne la terre et nécessite une traction animale ;
*
la faucille a été inventée il y a 12 000 ans environ
(au Proche Orient) ; elle permettait de couper le blé mûr
à la main ;
*
des machines à récolter sont apparues chez les Celtes en
Gaule. L'empire romain en a perdu l'usage, puis il est redécouvert,
puis encore perdu au haut Moyen Âge ;
*
la faux est ensuite apparue à la fin du Moyen Âge ;
*
le battage, effectué tout d'abord au fléau ou à la
planche à dépiquer ;
*
le van ustensile qui permet de séparer la balle du grain par l'utilisation
du vent qui devint plus tard le tarare par l'utilisation d'un courant d'air
forcé.
Ainsi,
au Moyen Âge, les fermiers des campagnes à blé européennes
utilisaient la charrue à roue et le cheval. Les pays à seigle
en restaient à l'araire et aux bovins. Le semoir mécanique
et la moissonneuse-batteuse ont été mis au point dans les
régions à blé d'Europe et d'Amérique du Nord.
Le blé est également le premier à bénéficier
de l'usage des amendements (comme dans l'est de la France) et des engrais
chimiques. Pendant plusieurs millénaires, le blé n'est cultivé
qu'en faibles quantités et avec de très bas rendements. Au
cours du XXe siècle, les progrès de la technologie permirent
d'augmenter formidablement la production céréalière.
À
partir de la seconde moitié du XIXe siècle, l'agriculture
s'est mécanisée et rationalisée. les machines agricoles,
tirées au départ par des chevaux, puis par des machines à
vapeur et enfin par des engins à moteur, se sont multipliées,
en particulier dans les pays développés. Depuis 1950, les
récoltes de blé s'effectuent avec des moissonneuses-batteuses
qui coupent et battent les céréales en une seule opération.
De même, des engins agricoles spécialisés existent
pour le labourage et la récolte.
La
culture du blé est longtemps restée confinée au bassin
méditerranéen et à l'Europe. En Europe, à la
fin du XIXe siècle, la culture du blé commence par reculer,
en raison de la généralisation de l'économie urbaine,
du développement des moyens de transport et les moindres coûts
de production en outre-mer. Cependant la culture du blé reprend
son essor au cours du XXe siècle grâce aux progrès
de la mécanisation, à la sélection de nouvelles variétés
productrices et au développement de l'usage de fertilisants. Le
blé est, au début du XXIe siècle, une des céréales
les plus rentables à l'intérieur du système des prix
européens.
L'Europe
importait plus d'une dizaine de millions de tonnes de blé au moment
de la guerre. Depuis, elle est devenue exportatrice. L'excédent
final européen atteignait près de 17 millions de tonnes en
1990.
L'AGPB
(Association Générale des Producteurs de Blé) est
une association spécialisée de la FNSEA qui regroupe l'ensemble
des céréaliers. Elle a créé avec l'AGPM (Association
Générale des Producteurs de Maïs) et la FOP (Fédération
Française des Producteurs d'Oléagineux et de Protéagineux)
une Union syndicale, l' Union des Grandes Cultures.
Les
pays producteurs
Champ
de blé au mois de juillet, dans le Pays de Caux.
Actuellement,
580 millions de tonnes de ce blé sont produites chaque année
dans le monde, c'est-à-dire près de 100 kg par habitant,
pour l'ensemble de la population mondiale.
La
production globale de céréales au début des années
1990 montre bien la nature des changements intervenus. La Chine vient au
premier rang avec 19 % de la production mondiale, devant l'Inde (11,7 %),
les États-Unis (10,7 %), la France (6,5 %), la Russie (5,5 %) et
le Canada (4,3 %). Parmi les pays d'Asie, seule l'Inde équilibre
bien production et consommation.
Au
niveau mondial, l'amélioration des techniques culturales et la sélection
génétique (création de la variété Norin
10 par exemple) ont conduit à un accroissement considérable
des rendements, passant de moins de 10 q/ha en 1900 à plus de 25
en 1990.
Les
pays de l'Amérique du Sud demeurent stables avec 20 q/ha, et l'Afrique
et le Proche-Orient avec 10 q, l'Égypte et l'Arabie saoudite ont
atteint, en culture irriguée, 35 à 40 q.
En
Europe, des rendements très élevés sont obtenus en
culture intensive. Le rendement moyen y est passé de 30 à
60 quintaux par hectare durant les 30 dernières années, soit
une progression moyenne de 1 quintal/ha/an. En France, les gains sont remarquables :
aujourd'hui, la production s'élève à 80, voire 100
quintaux/hectare chez les agriculteurs les plus performants. L'augmentation
des rendements et des surfaces cultivées ont ainsi conduit à
un fort accroissement de la production, qui atteignait 275 millions de
tonnes en 1965 et 600 en 1998. Le blé est également la première
céréale du point de vue des échanges commerciaux (45
% des échanges totaux en 1998).
La
France occupe la deuxième place parmi les exportateurs mondiaux.
(un
homme se raconte)
Quand
l'époque de la moisson arrivait, on préparait la moissonneuse-lieuse
tirée par des chevaux ; mais cette machine ne coupait que sur le
côté, et pour éviter d'écraser les tiges, on
"détourait" la parcelle à la main, soit à la faux
avec son "gavier", soit à la sape ; pour moi, je préférais
la sape.
Les
javelles ainsi formées étaient liées avec des liens
de paille qu'on avait mouillée pour la rendre moins cassante.
Les
bottes mises en tas ( un dizeau ou un dizieau) étaient charriées
dans la grande guimbarde qui servait uniquement pour ce travail. Il fallait
savoir équilibrer la voiture pour que le limonier ne soit pas écrasé
sous la charge ; celle-ci devait être bien "tassée" et maintenue
si on voulait arriver sans avoir perdu une seule botte.
Une
bonne partie du blé et de l'avoine était engrangée
à la ferme et c'est pour entrer par cette grand'porte assez étroite
que le charretier devait montrer tout son savoir-faire. On devait faire
tourner le limonier seul avant de faire donner tout l'attelage.
Ce
qu'on redoutait le plus, c'était d'avoir à couper une récolte
versée ; dans ce cas, le fauchage à la main était
le seul moyen de ne rien perdre. Mais là, plus question de couper
un arpent dans sa journée, ce qu'un bon faucheur bien entraîné
pouvait faire.
Les
meules
Une
partie de la récolte restait dans les champs sous forme de grosses
meules rondes comme des tours pointues et trapues.
L'hiver,
on la ramenait à la ferme quand la "batterie" venait s'installer
pour quelques jours dans la cour.
Ce
serait trop long de vous raconter une journée à la "batterie".
Ce sera pour une prochaine fois.
Je
préfère vous parler des meules ; c'était mon travail
de placer les bottes pendant que deux aides "fourchaient" d'autres bottes
sorties de la guimbarde.
Après
avoir fixé l'emplacement de la meule par rapport à un chemin,
c'était très important pour l'assurance, on plantait un jalon
qui serait le centre de la meule.
On
traçait un cercle de 6 m de diamètre, rarement plus, avec
un cordeau.
On
étalait ensuite un lit de paille sur le sol pour que les bottes
ne soient pas posées "à même" la terre.
On
commençait à "tasser" les bottes d'abord dressées
autour du jalon, puis de plus en plus inclinées au fur et à
mesure qu'on se rapprochait de l'extérieur, les épis toujours
posés sur le "cul" de la botte précédente. Et l'on
continuait ainsi jusqu'à la hauteur du "cordon" à partir
de laquelle on rétrécissait le diamètre pour former
le toit pointu et aussi régulier que possible. Il fallait surtout
"bomber" de plus en plus au centre ; sinon la meule se serait creusée
au lieu de prendre un peu de ventre.
J'étais
fier des meules que je faisais car elles avaient belle allure.
Quand
les travaux de la moisson étaient terminés, on couvrait la
meule. On posait sur le toit une épaisse couche de paille qu'on
maintenait par des cordes attachées à des piquets qu'on plantait
dans les bottes serrées. On se servait des "bouts" de la ficelle
qui liait les gerbes de la moissonneuse-lieuse et qu'on récupérait
au battage.
On
savait faire des économies.
La
"passée d'août"
Avec
la dernière voiture de blé ou d'avoine, on ramenait le mai,
une grande branche feuillue ou même un petit baliveau qu'on avait
garni de fleurs ou de petits bouquets d'épis.
On
le plantait à l'entrée de la ferme, dans les fers à
cheval que vous voyez là-bas fixés sur le mur de la tour.
Un
grand repas, "la passée d'août", réunissait autour
d'une même table tous ceux qui avaient participé aux travaux
de la moisson.
Chez
nous, c'était un repas un peu comme les autres car tous les jours,
charretiers, vachers, tous les gens de la ferme mangeaient ensemble le
même repas. Beaucoup d'ouvriers agricoles n'avaient pas ce régime.
J'étais
le premier charretier mais je n'en tirais aucune autorité, si ce
n'est la confiance du patron et je ne jouais pas le rôle qu'on donnait
au premier charretier dans beaucoup de fermes.
"Blé"
Historique
Étymologie
Le
terme « blé » peut venir du gaulois *mlato, qui devient
*blato, « farine » (équivalent du latin molitus, « moulu » ;
cette étymologie est cependant contestée et un étymon
francique *blâd, « produit de la terre », semble plus
probable ; quel que soit l'étymon, il est aussi à l'origine
des verbes ancien français bléer, blaver et emblaver, « ensemencer
en blé ») et désigne les grains qui, broyés,
fournissent de la farine.
En
français, le terme « blé » a aussi servi à
désigner la céréale la plus importante, quelle que
soit son espèce, à la manière du mot corn en anglais
ou de grano en italien. C'est ainsi qu'il s'est appliqué un peu
abusivement à des espèces voisines dans leur utilisation,
notamment l'orge (Hordeum) et le seigle (Secale), le blé noir ou
sarrasin (Fagopyrum esculentum, Polygonacée), le blé des
Canaries, le blé de Turquie (maïs).
Les
premières cultures furent à l'origine de bouleversements
majeurs pour les sociétés humaines. En effet, l'homme sachant
désormais produire sa propre nourriture, sa survie devenait moins
dépendante de son environnement. L'agriculture marque aussi le début
du commerce.
Dans
un premier temps, le blé semble avoir été consommé
cru puis grillé ou cuit sous forme de bouillie puis de galettes
sèches élaborées à partir des grains simplement
broyés entre deux pierres. Le blé s'impose par la suite comme
l'aliment essentiel de la civilisation occidentale. Il se présente
sous forme d'aliments variés, le pain, la semoule, les pâtes,
les biscuits...
La
culture du blé est beaucoup moins difficile que celle du riz : elle
ne demande pas d'aménagement spécial du champ ni un trop
lourd travail d'entretien. Entre la période des labours-semailles
et celle de la moisson, les travaux sont plutôt réduits. Après
la récolte, le blé, à la différence du riz,
ne demande pas d'opération spéciale comme le décorticage.
Les pays reposant fortement sur la culture du blé comptent moins
de travailleurs que les régions du maïs et du riz.
La
culture du blé s'est imposée en raison de cette facilité
de culture, mais aussi parce que l'essentiel des progrès agricoles
ont été expérimentés sur lui. Les instruments
aratoires simples ont été le plus souvent remplacés
par du matériel beaucoup plus perfectionné.
*
le bâton fouisseur : pieu qu'on enfonce dans le sol pour l'ameublir ;
*
la houe, d'abord en tête de pierre, puis de métal ;
*
l'araire, tirée tout d'abord par l'homme ou la femme, puis par les
animaux, ameublissait la terre avant le semis fait à la main ;
*
la charrue, qui retourne la terre et nécessite une traction animale ;
*
la faucille a été inventée il y a 12 000 ans environ
(au Proche Orient) ; elle permettait de couper le blé mûr
à la main ;
*
des machines à récolter sont apparues chez les Celtes en
Gaule. L'empire romain en a perdu l'usage, puis il est redécouvert,
puis encore perdu au haut Moyen Âge ;
*
la faux est ensuite apparue à la fin du Moyen Âge ;
*
le battage, effectué tout d'abord au fléau ou à la
planche à dépiquer ;
*
le van ustensile qui permet de séparer la balle du grain par l'utilisation
du vent qui devint plus tard le tarare par l'utilisation d'un courant d'air
forcé.
Ainsi,
au Moyen Âge, les fermiers des campagnes à blé européennes
utilisaient la charrue à roue et le cheval. Les pays à seigle
en restaient à l'araire et aux bovins. Le semoir mécanique
et la moissonneuse-batteuse ont été mis au point dans les
régions à blé d'Europe et d'Amérique du Nord.
Le blé est également le premier à bénéficier
de l'usage des amendements (comme dans l'est de la France) et des engrais
chimiques. Pendant plusieurs millénaires, le blé n'est cultivé
qu'en faibles quantités et avec de très bas rendements. Au
cours du XXe siècle, les progrès de la technologie permirent
d'augmenter formidablement la production céréalière.
À
partir de la seconde moitié du XIXe siècle, l'agriculture
s'est mécanisée et rationalisée. les machines agricoles,
tirées au départ par des chevaux, puis par des machines à
vapeur et enfin par des engins à moteur, se sont multipliées,
en particulier dans les pays développés. Depuis 1950, les
récoltes de blé s'effectuent avec des moissonneuses-batteuses
qui coupent et battent les céréales en une seule opération.
De même, des engins agricoles spécialisés existent
pour le labourage et la récolte.
La
culture du blé est longtemps restée confinée au bassin
méditerranéen et à l'Europe. En Europe, à la
fin du XIXe siècle, la culture du blé commence par reculer,
en raison de la généralisation de l'économie urbaine,
du développement des moyens de transport et les moindres coûts
de production en outre-mer. Cependant la culture du blé reprend
son essor au cours du XXe siècle grâce aux progrès
de la mécanisation, à la sélection de nouvelles variétés
productrices et au développement de l'usage de fertilisants. Le
blé est, au début du XXIe siècle, une des céréales
les plus rentables à l'intérieur du système des prix
européens.
L'Europe
importait plus d'une dizaine de millions de tonnes de blé au moment
de la guerre. Depuis, elle est devenue exportatrice. L'excédent
final européen atteignait près de 17 millions de tonnes en
1990.
Les
pays producteurs
Champ
de blé au mois de juillet, dans le Pays de Caux.
Actuellement,
580 millions de tonnes de ce blé sont produites chaque année
dans le monde, c'est-à-dire près de 100 kg par habitant,
pour l'ensemble de la population mondiale.
La
production globale de céréales au début des années
1990 montre bien la nature des changements intervenus. La Chine vient au
premier rang avec 19 % de la production mondiale, devant l'Inde (11,7 %),
les États-Unis (10,7 %), la France (6,5 %), la Russie (5,5 %) et
le Canada (4,3 %). Parmi les pays d'Asie, seule l'Inde équilibre
bien production et consommation.
Au
niveau mondial, l'amélioration des techniques culturales et la sélection
génétique (création de la variété Norin
10 par exemple) ont conduit à un accroissement considérable
des rendements, passant de moins de 10 q/ha en 1900 à plus de 25
en 1990.
Les
pays de l'Amérique du Sud demeurent stables avec 20 q/ha, et l'Afrique
et le Proche-Orient avec 10 q, l'Égypte et l'Arabie saoudite ont
atteint, en culture irriguée, 35 à 40 q.
En
Europe, des rendements très élevés sont obtenus en
culture intensive. Le rendement moyen y est passé de 30 à
60 quintaux par hectare durant les 30 dernières années, soit
une progression moyenne de 1 quintal/ha/an. En France, les gains sont remarquables :
aujourd'hui, la production s'élève à 80, voire 100
quintaux/hectare chez les agriculteurs les plus performants. L'augmentation
des rendements et des surfaces cultivées ont ainsi conduit à
un fort accroissement de la production, qui atteignait 275 millions de
tonnes en 1965 et 600 en 1998. Le blé est également la première
céréale du point de vue des échanges commerciaux (45
% des échanges totaux en 1998).
La
France occupe la deuxième place parmi les exportateurs mondiaux.
Plants
de blé.
Le
blé est un terme générique qui désigne plusieurs
céréales appartenant au genre Triticum. Ce sont des plantes
annuelles de la famille des graminées ou Poacées, cultivées
dans de très nombreux pays. Le terme blé désigne également
le grain (caryopse) produit par ces plantes.
Le
blé fait partie des trois grandes céréales avec le
maïs et le riz. C'est, avec environ 600 millions de tonnes annuelles,
la troisième par l'importance de la récolte mondiale, et,
avec le riz, la plus consommée par l'homme. Le blé est, dans
la civilisation occidentale et au Moyen-Orient, un composant central de
l'alimentation humaine. Il a été domestiqué au Proche-Orient
à partir d'une graminée sauvage. Sa consommation remonte
à la plus haute Antiquité. Les premières cultures
apparaissent au VIIIe millénaire av. J.-C., en Mésopotamie
et dans les vallées du Tigre et de l'Euphrate (aujourd'hui l'Irak),
dans la région du Croissant fertile.
Il
existe plusieurs blés, dont deux ont une importance économique
réelle à l'heure actuelle :
le
blé dur (Triticum turgidum ssp durum) est surtout cultivé
dans les zones chaudes et sèches (sud de l'Europe, par exemple sud
de la France ou Italie). Le blé dur est très riche en gluten.
Il est utilisé pour produire les semoules et les pâtes alimentaires ;
le
blé tendre, ou froment, (Triticum æstivum) de beaucoup le
plus important, est davantage cultivé dans les hautes latitudes
(par exemple en France, au Canada, en Ukraine). Il est cultivé pour
faire la farine panifiable utilisée pour le pain.
Parmi
les autres espèces qui ont été cultivées autrefois,
signalons :
l'épeautre,
sous-espèce du blé tendre, à grain vêtu (qu'il
faut donc décortiquer avant de moudre) (Triticum aestivum ssp. spelta) ;
l'engrain
ou petit-épeautre, (Triticum monococcum), espèce à
grain vêtu également, à faible rendement, très
anciennement cultivée, qui est en partie à l'origine des
blés cultivés actuels
"Mais"
Découverte
du maïs
*
La main de l'homme
*
Le maïs, numéro un mondial des cultures
*
Une plante estivale
*
la vie du maïs
Le
maïs est la seule céréale absolument dépendante
de l’homme pour sa survie. Semé au printemps, il fleurit en été
pour être récolté à l’automne. Le maïs
se décline en milliers de variétés différentes.
Il fait l’objet d’une sélection drastique, qui permet d’en améliorer
constamment les performances. Du sélectionneur, qui offre à
l’agriculteur tout un éventail de variétés, à
l’agriculteur qui sème et soigne ses cultures, la production du
maïs s’appuie sur des compétences scientifiques et techniques
de haut niveau, qui s’intéressent à tous les aspects de la
plante et à toutes ses propriétés.
La
main de l'homme
Bien
rebondis, les grains du maïs sont lourds et se disséminent
mal naturellement. Aussi, l’intervention de l’homme est vitale à
sa survie : le maïs est véritablement une culture « humaine ».
Grâce à la technique dite d’hybridation, les sélectionneurs
obtiennent des variétés à l’origine de cultures performantes,
avec d’excellents rendements même dans des conditions difficiles
du fait du climat ou de la présence d’insectes ou de maladies. Tout
au long des siècles, la plante s’est renforcée. A titre d’exemple,
l’épi de maïs, il y a 7000 ans, ne mesurait pas plus de 2,5
cm en moyenne. Il en mesure 30 aujourd’hui !
L’histoire
commence il y a 6000 à 9000 ans, dans lune vallée du sud
du Mexique, où les habitants ont domestiqué une plante fourragère,
la téosinte.
Une
première série de croisements réduit le nombre de
tiges à une seule. Puis, il y a 5500 ans, d’autres croisements aboutissent
à des grains beaucoup plus gros et à une peau plus molle.
Sans protection, ils sont digérés dans le tube digestif des
animaux et ne sont plus disséminés. La plante dépend
désormais du cultivateur pour se reproduire. Enfin, il y a 4400
ans, les grains sur l’épi se rapprochent et l’amidon devient plus
digeste. Sans évolution génétique, le maïs aurait
été tout simplement immangeable !
L’homme
intervient donc activement dans la longue chaîne de production du
maïs et dans l’amélioration constante de la plante. La « filière »
maïs requiert des compétences très diverses : nombreuses
sont les « fées » qui se penchent sur le berceau du
maïs, du généticien travaillant à la connaissance
des gènes et de leurs propriétés, au sélectionneur
puis au multiplicateur de semences et, enfin, à l’agriculteur maïsiculteur,
qui sème la plante, l’alimente, la protège, la soigne, puis
la récolte.
Une
plante estivale
Le
maïs est semé entre avril et mai. Vient alors la germination :
la racine principale, ou radicule, perce la paroi du grain. Puis la première
feuille apparaît à la surface du sol : c’est la levée.
La plante fleurit en juillet-août. Début juillet, les parties
mâle et femelle se forment : le bourgeon terminal devient le panicule
(la fleur mâle), tandis que certains bourgeons forment les épis
(la fleur femelle). De mi-juillet à mi-août, le panicule émet
du pollen : les ovules sont fécondés et les feuilles terminent
alors leur croissance.
De
la fin de l’été jusqu’à début octobre, ces
ovules fécondés grossissent : c’est ainsi que les grains
se forment. Ils se remplissent en stockant sucres (amidon), protéines
et matières grasses. En octobre, la plante arrive à maturation.
Elle est prête pour la récolte, qui s’étend jusqu’à
novembre. Chaque type de maïs a ses règles. Le maïs grain
se récolte entre 25 et 35% d’humidité, pour être séché
avant sa commercialisation. Le maïs doux, lui, se récolte très
humide (environ 70% d’humidité), après 90 jours de culture
seulement. Il est ensuite vendu en épis frais, ou transformé
industriellement.
Le
maïs, numéro un mondial des cultures
Un
maximum de diversité
Plus
de 200 types de maïs répartis à la surface du globe
présentent des cycles de végétation étonnamment
divers, allant de 60 à 70 jours pour un type très précoce
(Gaspée) jusqu'à 10 ou 11 mois pour des types tardifs de
régions tro-picales.
La
taille des tiges varie également, de 30 - 40 cm environ pour le
type Gaspée à plus de 10 mètres dans les régions
tropicales comme au Mexique. Selon les variétés, une seule
semence peut produire de 1 à 14 tiges et chaque tige de quelques
feuilles à une cinquantaine. Les grains eux mêmes accusent
des différences importantes de volume, de couleur et de constitution
de l'albumen (corné, sucré, farineux).
Le
mais pousse à des altitudes très variées, s'adapte
à des climats aussi différents que ceux des régions
semi-arides d'Amérique Centrale, d'Europe de l'Est., ou à
des climats très humides d'Asie du Sud-Est.
Une
culture qui s'adapte
Dès
ses origines, le maïs, loin d'instaurer un modèle unique, a
procédé par adaptation et diversifica-tion. Des découvertes
archéologiques permettent d'affirmer qu'il était déjà
cultivé sur les hauts plateaux du Mexique voici sept mille ans.
Sa domestication fut antérieure. Mais le maïs sauvage reste
inconnu. A-t-il disparu ou n'a-t-il jamais existé ? Il se pourrait
que le maïs ait été inventé, créé
à partir de sélections et de croisements opérés
sur une graminée sauvage, la téosinte, proche botaniquement.
Le maïs n'existerait probablement pas sans les hommes et ne se maintient
que grâce à eux.
Du
nouveau monde au monde entier
Sur
le continent américain, avant l'arrivée des Européens,
le maïs était cultivé de l'Est du Canada jusqu'aux approches
de la Terre de Feu, tout au sud du continent, et jusqu'à 4 000 mètres
d'altitude dans les Andes. Les marins de Christophe Colomb firent la connaissance
du "mahiz" dès la traversée historique de 1492. Le navigateur
le décrit dans ses carnets comme un blé gigantesque à
la tige élégante et aux graines dorées. Quelques-unes
d'entre elles revinrent à bord de sa caravelle. En 1494, le maïs
était semé à Séville. De là, il allait
être propagé en Europe, puis faire le tour du monde, s'acclimatant
si bien en certains lieux qu'il y devenait un enfant du pays.
Des
hybrides aux maïs de demain
Aux
États-Unis, dès les premières années du XXe
siècle, des chercheurs ont l'idée de croiser les variétés
(lignées) pour en créer de nouvelles plus performantes. C'est
le début de l'hybridation. La généralisation des hybrides
intervient sur le continent américain dans les années 1930.
Les
producteurs des régions françaises, où le maïs
était chez eux de longue date, se sont montrés d'abord réticents
à l'encontre de ces nouveaux maïs hybrides qui menaçaient
de faire disparaître leurs maïs de pays. Des générations
avaient élaboré peu à peu des variétés
locales, adaptées au climat, aux sols et aux usages locaux. Y renoncer
était ressenti comme la perte d'un patrimoine biologique et culturel.
En
France, les hybrides mettent une dizaine d'années, de 1950 à
1960, pour s'imposer véritablement.
Cette
généralisation des hybrides constitue la première
révolution du maïs. Très vite, en effet, les nouvelles
variétés confirment leur supériorité sur les
races " de pays ". Mais les hybrides américains, à leur tour,
ne sont pas totalement adaptés aux conditions climatiques et agronomiques
du vieux continent. Dès 1957, l'Institut National de la Recherche
Agronomique (INRA) met au point des variétés dites "hybrides
précoces". Celles-ci permettront à la culture du maïs
de s'étendre dans le nord de la France et de l'Europe.
Au
XXI siècle, le maïs sera tenu de satisfaire à des attentes
différentes et simultanées. Dans de nombreuses régions
du monde, il doit continuer à assurer à peu de frais, la
subsistance de populations rurales.
Dans
l'Union Européenne, l'agriculture se voit confier les missions:
- de maintenir l'autonomie alimentaire,
- de privilégier les produits de terroir,
- de participer à l'amélioration du cadre de vie tout en
contribuant à la préservation, si ce n'est à la restauration
du milieu naturel.
la
vie du maïs
Semé
en avril-mai, le maïs fleurit en juillet-août et ses grains
sont récoltés en octobre-novembre. La plante entière
peut aussi être récoltée et ensilée avant la
maturité complète du grain pour l'alimentation des ruminants.
Le
maïs aime les terres fraîches bien aérées et
un minimum de chaleur
Mi-avril
/ fin mai : Semis / levée
Germination
: la radicule (racine principale) perce le tégument (paroi) du grain.
Levée
: la première feuille apparaît à la surface du sol,
les plantules marquent le rang
Début
juillet / mi-juillet : Formation de la panicule et de l'épi
Le
bourgeon terminal s'allonge pour se transformer en panicule (fleur mâle)
qui émerge du cornet de feuilles.
Un
ou plusieurs bourgeons axillaires se transforment en épis (fleur
femelle) ; les soies commencent à s'allonger,
Mi-juillet
/ mi-août: Floraison
Les
soies apparaissent hors de l'épi. La panicule émet du pollen.
Les ovules sont fécondés. Les feuilles ont alors fini leur
croissance.
Fin
août / début octobre : Formation des grains
Les
soies brunissent. Les ovules fécondés devenus grains grossissent.
Les grains se remplissent. Ils stockent des sucres (amidon), des protéines,
des matières grasses. En perdant de l'eau, ils passent progressivement
d'un stade laiteux à un stade vitreux (la matière sèche
s'accumule).
Octobre
/ novembre : Récolte
Le
maïs fourrage se récolte lorsque la teneur en matière
sèche de la plante entière est comprise entre 32 et 35 %.
Les plantes entières sont broyées et stockées à
l'abri de l'air et de la lumière sous une bâche plas-tique.
Le
maïs grain est récolté à un taux d'humidité
compris entre 25 % et 35 %. Le grain est ensuite séché pour
atteindre 15 % d'humidité avant d'être commercialisé.
Le
maïs doux est récolté à 70-72 % d'humidité
après environ 90 jours de culture et transformé industriellement
(conserve et surgelé) ou vendu en épis frais.
"Légendes"
L'offrande
des épis par le roi :
le
pharaon nourricier
Statues
royales aux épis
Pharaon,
représentant des dieux sur terre, est à ce titre responsable
de la fertilité de l'Égypte, de la bonne venue de la crue
et de sa gestion. C'est ce qu'évoque déjà le symbole
du roi réunissant les Deux Terres, comme le fait le flot d'inondation
ou la représentation du roi dans le cadre de rites agraires sur
la tête de massue du roi Scorpion.
Statue
d'Amenhotep III "en Nil" © N. Guilhou
En
outre, un certain nombre de statues figurent le roi en Nil, présentant
des offrandes aquatiques (plantes du Nil, poissons et oiseaux d'eau), comme
sur les célèbres statues d'Amenemhat III de Tanis, et alimentaires.
Sur
un groupe de quatre statues du Nouvel Empire, le roi se présente
sous son apparence habituelle, vêtu du pagne et coiffé du
némès . Debout, il offre une table d'offrandes, à
laquelle sont accrochées fleurs de lotus, oies réunies en
bouquet et gerbe de blé flanquée de cailles. Une végétation
aquatique luxuriante jaillit de la base. Celle-ci est remplacée,
sur la statue d'Amenhotep III (Caire CG 550), par des épis poussant
dru, s'élevant jusqu'à la table d'offrandes sur laquelle
sont déposées trois gerbes.
Le
roi est bien celui "qui a produit le grain, l'aimé de Népri",
selon les assertions de l'Enseignement d'Amenemhat Ier . Ces statues devaient
être associées à des rites spécifiques.On sait
que lors de certaines fêtes, à côté des pains,
on présentait à la divinité des bouquets d'orge et
des poignées de blé (respectivement 11000 et 31000 lors de
la fête de la "Vingtaine de consécrations d'offrande de la
cérémonie d'offrande" et lors de la Fête d'Opet, selon
le papyrus Harris I).
Les
temples étaient en outre richement dotés de champs afin d'assurer
la production de l'offrande journalière et celle des fêtes.
Les offrandes de céréales en tant que telles, en particulier
d'orge, semblent plus spécifiquement destinées à des
divinités lunaires ou à un aspect nocturne de la divinité.
L'offrande
des épis dans le temple d'Edfou
Le
temple d'Edfou comporte d'autre part quatre scènes d'offrande de
céréales à la divinité. Ces scènes,
rares, sont groupées deux à deux, à l'extérieur
du temple, sur les parois ouest et est du mur d'enceinte, et sur les montants
intérieurs de la porte sud-est de la cour. Sur les murs extérieurs
du temple, les deux scènes parallèles d'offrande des céréales
?
"Offrir l'orge et le blé" ? font partie d'une composition d'ensemble
illustrant les donations faites par le roi au temple d'Edfou ; encadrées
par deux scènes d'Offrande de la Campagne fertile. De chaque côté,
la présentation des épis figure à une place de choix,
conformément à son importance dans la production alimentaire.
Les
deux scènes, complémentaires, évoquent l'ensemble
du cycle de la moisson : on coupe le blé et on transporte les gerbes
à l'Ouest, on le bat, on le dépique et on engrange la récolte
à l'Est. Sous l'égide d'Horus d'Edfou, "pour qui se lève
le disque solaire, pour qui s'écoule la crue, pour la Majesté
de qui verdoient les jeunes pousses", le grain fructifie. En remerciement
de cette offrande qui lui est faite par le roi, il lui donne à son
tour la "campagne ployant sous ses enfants (= les épis) plantureux".
Il "enrichit ses jardins de millions de grains pour faire les portions
de tous ceux "qu'il" aime (= ses sujets)".
Le
roi apparaît donc à nouveau ici comme le "dispensateur de
nourriture". C'est la symbolique même de l'offrande cultuelle : au
don du roi répond le don divin.
Offrande
des céréales © N. Guilhou
Les
deux scènes de la porte sud-est de la cour nous replacent dans un
contexte de fête. Elles ont toujours pour titre "Offrir l'orge et
le blé", mais s'intègrent cette fois aux cérémonies
de la fête de la nouvelle lune du mois d'épiphi, avant dernier
mois de l'année, soit juste après la récolte. Aussi
bien les textes insistent, là encore, sur cette phase ultime, évoquant
les grains "dépiqués sur [l'aire] en quantité plus
importante que les grains de sable (…) puis vannés", la moisson
étant utilisée pour les "rations journalières" de
la divinité.
Cette
offrande est plus particulièrement destinée à Hathor
de Dendara rendant visite à cette occasion à Horus d'Edfou,
et à l'enfant divin. L'offrande faite à l'occasion de cette
fête constitue donc, en même temps qu'une action de grâce
à la fin des récoltes, la confirmation du rôle du pharaon.
Celui-ci a été capable de mener heureusement une année
à son terme, grâce à Renenoutet , tenant encore une
fois éloigné le spectre de la disette.
ORGE.
— (Hordeum vulgare). — Nom provençal : Ordi. Famille des Graminées.
Plante annuelle et hâtive.
Durée
germinative, 2 ans.
Plusieurs
types de céréales ont été utilisées
pour la fabrication de la bière:
*
de l'avoine au XIIIe siécle (Liber culinae ecclesiae argentoratensis)
*
du froment (Triticum sativum) ou seigle (Secale cereale) ou XVIe
*
de l' épeautre (Triticum monococcum) dans l'antiquité
*
du riz(Oryza), du maïs
*
du manioc (Manihot), de la patate douce (Ipomoea batatas) ou du sorgho
(Sorghum) sous des latitudes moins européennes
Mais
l'orge reste la céréale la plus utilisée dans l'histoire.
Que ce soit les Egyptiens ( « potus ex hordeo» Diodore de Sicile,
Historia Sicula), les Germains (Tacite), ou même les Gaulois : tous
utilisent de l'orge. Au Moyen Age, le réglement des brasseries indique
que le brasseur doit utiliser principalement de l'orge (mais qu'il peut
y ajouter de l'avoine, du seigle ou du froment). Au XVIIe, les brasseurs
parisiens utilisent des brassins de 2/3 d'orge pour 1/3 d'avoine.
L'orge
est originaire du Proche-Orient et de l'Asie (Turkestan, l'Éthiopie,
le Tibet, le Népal et la Chine). Des archéologues ont retrouvé
des traces de culture d'orge et de blé mélangés au
Néolithique (il y a 7000 ans). A 100 km du Caire, en Egypte, des
fouilles ont montré que l'on cultivait l'orge, il y a plus de 5000
ans. Quand aux cultures américaines, elles semblent provenir des
voyages de Christophe Colomb.
Pourquoi
a-t-on préféré l'orge?
*
le maltage est facilité par rapport aux autres céréales
par sa composition azotée, mais aussi par son pelliculage
*
le pelliculage facilite la séparation du moût et de la drêche.
*
le pelliculage évite les moisissures
*
il se cultive facilement et rapidement (105 jours de cycle végétatif
C'est
une plante annuelle de la famille des graminées. Il existe principalement
3 variétés d'orges
*
l'orge d'hiver (Hordemum hexasticum) ou escourgeons, herbe principalement
fourragére, mais aussi utilisé pour la fabrication de bière
forte à fermentation haute. Il est semé début octobre
et récoltée à maturité.
*
l'orge à deux rangs (Hordeum distichum), orge chevalier ou orge
de brasserie qui possède 2 rangs de grains sur l'épi. Il
est semé dès la fin février et récolté
lorsque la tige portant l'épi se courbe
L'orge
à 4 rangs convient moins bien à la brasserie car trop protéiné.
Le
grain est ovale, entouré d'une enveloppe pailleuse, la pelure ou
écorce. Il pése environ 40g. Un des côtés est
droit (l'endroit où il a été arraché à
l'épi). C'est « la base » où se trouve l'embryon
ou « plumule ». Une des faces est ronde, c'est la « face
ventrale », traversée par le « sillon ventral ».
A la base dans ce sillon se trouve « l'appendice basilaire ».
L'autre face, la « face dorsale » est plate
L'amande
du grain ou albumen contient environ 65% d'amidon et 10% de protéines.
L'orge
à 2 rangs est semé vers la Saint Georges (23 avril) ; 105
jours après, vers la mi-juillet, il peut être récolté.
Il va d'abord être stocké pour maturation, c'est-à-dire
nettoyé, séché, et entreposé en grenier pendant
2 mois en couches pour lui permettre de respirer.
L'orge
demande un sol très ameubli et veut être enterré assez
profondément, de 6 à 8 centimètres. On sème
en automne et au printemps, en lignes ou à la volée, en recouvrant
par deux coups de herse croisés. Il faut environ 250 litres pour
semer à la volée et 200 litres au semoir, ou bien 120 à
130 kilos à l'hectare.
L'orge
d'hiver ou escourgeon se sème de septembre en octobre et se récolte
en avril. L'orge de printemps, moins productif, se sème de mars
en avril.
L'orge
germe et croît rapidement, mais elle craint l'humidité trop
prolongée. Elle réussit aussi bien dans le Midi que dans
le Nord de la France ; elle peut remplacer l'avoine pour l'alimentation
des chevaux. On récolte l'orge lorsque la paille est. jaune. Cultivée
pour son grain, elle produit à l'hectare 30 à 40 hectolitres
ou 1800 kilos de grains. Le poids de l'hectolitre, du reste, varie, selon
les variétés. On appelle orge «perlé»,
l'orge rendu lisse par la meule, à l'égal d'une perle. On
appelle l'orge «mondé» lorsque le grain a été
dépouillé de son enveloppe ; l'orge ainsi nommée est
utilisée dans les brasseries pour la fabrication de la bière.
L'orge,
appelé «Pomelle», est une qualité de grain plus
fin, plus blanc et plus allongé que le grain de l'orge ordinaire
; il est de même utilisé dans les brasseries.
On
obtient de l'orge une liqueur forte appelée «Whisky»
très répandue en Angleterre.
Variétés
: Orge carré d'hiver. — Orge Albert d'hiver. — Orge Chevalier de
printemps. — Orge carré de printemps, hâtive. — Orge d'Italie.
— Orge nue, trifurquée ou du Népal, à paille grosse.
— Orge nue d'Algérie, etc.
"Le
malt"
«Je
vérifie la concentration en protéines, mais ce qui m'intéresse
surtout, c'est la taille des grains: plus ils sont gros, plus on peut faire
de bière. Je vérifie aussi le taux d'humidité.»
-
Brant Ross, maître-brasseur
Le
brasseur devra modifier ses recettes pour les adapter aux qualités
et aux défauts du malt. C'est ainsi que, chacun de leur côté,
le brasseur, le malteur et le fermier se préparent pour l'été,
qui ne sera pas sans surprises...
À
la mi-août, le ciel se déchaîne et la rivière
déborde. Une partie du champ d'orge de Lucien Lizée est inondée.
Est-ce que la récolte arrivera à se rétablir des assauts
de la nature? Lucien ne le saura qu'à la fin de la saison.
Il
n'est pas le seul à être inquiet. Les malteurs le sont aussi.
Si les fermiers canadiens n'arrivent pas à produire assez d'orge
de qualité acceptable, il faudra importer des États-Unis
à grands frais.
La
qualité est une préoccupation de tous les instants pour Don
Proctor. Dans son laboratoire, le malteur évalue son produit avec
l'œil, le nez et la bouche, comme on le fait pour le café ou le
vin.
«On
respire d'abord l'arôme: le malt a une odeur très douce. Dans
la bouche, ça laisse un goût de grains sucrés. Il faut
s'assurer que les brasseurs percevront ces mêmes saveurs lorsqu'ils
goûteront notre malt.»
-
Don Proctor, malteur
Pendant
que le malteur évalue la dernière cuvée, le brasseur,
lui, en a plein les bras avec le malt de l'an dernier. Comme ce grain est
issu d'une année de grande sécheresse, il contient un taux
de protéines très élevé, ce qui rend la bière
trop opaque.
Cette
année, les champs n'ont pas subi de sécheresse, au contraire,
ils ont été trop souvent inondés. La récolte
de M. Lizée amène son lot de bonnes et de mauvaises nouvelles.
La récolte est de qualité médiocre, soit, mais il
y a encore une chance qu'elle soit acceptée par les malteurs.
Chez
Prairie Malt, c'est Jack Foster, un spécialiste de la sélection,
qui accepte ou rejette les récoltes d'orge. Il recherche l'uniformité.
L'orge de première qualité sera envoyée aux malteurs,
le reste sera vendu comme nourriture pour le bétail. La différence
de prix entre l'orge de première et seconde qualité est,
en moyenne, de 45 $ la tonne. Pour 200 tonnes d'orge, par exemple, ce qui
est une production moyenne, le fermier peut toucher jusqu'à 10 000
$ de plus si son grain est accepté par les malteurs.
L'orge
de M. Lizée ne sera pas acceptée. L'humidité a fait
moisir sa récolte. Mais la partie n'est pas encore perdue pour l'agriculteur
de Gravelbourg: comme le mauvais temps a aussi créé une pénurie
de nourriture pour le bétail, le prix de l'orge de seconde qualité
atteint des niveaux records.
«Dans
une année normale, on donne jusqu'à 1 $ de plus le boisseau
pour le bon orge, mais, depuis quelques années, au Canada, le prix
de la nourriture pour le bétail est le plus élevé
au monde. Beaucoup de fermiers choisissent donc de vendre leur orge sur
le marché de l'élevage pour un prix semblable au nôtre.»
-
Jack Foster
Résultat:
Lucien Lizée gagne presque autant d'argent en transformant sa mauvaise
récolte en nourriture pour le bétail. Malgré les mauvaises
températures de l'été, la décision de M. Lizée
de planter de l'orge à malt aura été la bonne. Il
pense même augmenter sa production l'an prochain.
Les
mauvaises récoltes des dernières années ont créé
une pénurie d'orge à malt. Pendant ces pénuries, les
producteurs de malt doivent assouplir leurs normes de qualité s'ils
veulent pouvoir remplir leurs silos. À la fin du cycle, ce sont
les brasseurs qui se retrouvent avec un malt de qualité inférieure.
Ils doivent adapter leurs recettes et leurs techniques pour éviter
que la qualité de la bière n'en souffre.
«Chacun
veut avoir le meilleur orge qui soit, mais l'orge est un produit de la
nature, tu prends ce que la nature te donne!»
-
Brant Ross, maître-brasseur
Avoine:
Comparaison
entre l'avoine vêtue et l'avoine nue
Les
cultivars courants d'avoine vêtue, comme le Newman et le Calibre,
ont une écale assez épaisse (fig. 1A). Cette dernière
recouvre le grain proprement dit (l'amande) et continue d'y adhérer
après le battage. Elle représente de 25 à 30 % du
poids du grain et, par conséquent, de la récolte. L'écale
a une faible teneur en protéines (de 1 à 2 %) et contient
beaucoup de fibres, ce qui réduit l'énergie digestible totale
et la teneur en protéines brutes du grain entier. Lorsqu'ils sont
destinés à l'alimentation humaine, les grains doivent être
déglumés avant que l'on puisse en utiliser l'amande pour
fabriquer du gruau, de la farine de grain entier ou du son d'avoine.
En
revanche, les cultivars d'avoine nue qui sont moins connus, comme le Terra,
le Tibor, l'AC-Lotta, l'AC-Hill, l'AC-Percy et l'AC-Belmont, ont une écale
mince comme du papier qui se détache de l'amande au moment du battage
(fig. 1B). En conséquence, le rendement en amandes des cultivars
d'avoine nue équivaut approximativement à celui des cultivars
d'avoine vêtue une fois le grain déglumé. Même
si la minceur de l'écale peut être déterminée
génétiquement, le gène (ou les gènes) responsable
du caractère « nu » n'est d'ordinaire pas entièrement
dominant. Les échantillons d'avoine Terra et Tibor, premiers cultivars
d'avoine nue homologués, contiennent habituellement de 5 à
10 % ou plus de grains enfermés dans une écale après
le battage, selon les conditions de croissance et de récolte. De
leur côté, les nouveaux cultivars AC-Lotta, AC-Hill et AC-Percy
présentent moins de grains enfermés dans une écale.
Un temps froid au moment de la floraison (avant l'épiaison) favorisera
une plus grande production de grains enfermés dans une écale
qu'un temps chaud. Or, ces grains ne posent pas les mêmes problèmes
aux transformateurs selon qu'ils sont destinés à l'alimentation
humaine ou à l'alimentation animale. Dans le premier cas, il faut
séparer les grains enfermés dans une écale des grains
sans écale avant de les transformer en aliments. Dans le deuxième
cas, les spécialistes en alimentation animale estiment que toute
variation du pourcentage d'écales complique le calcul de la valeur
énergétique et de la teneur en protéines.
L'avoine
au fil du temps
Le
terme « avoine », qui vient du latin avena, est apparu dans
la langue française au XIIe siècle et s'écrivait alors
« aveine », prenant sa forme définitive au XVIe siècle.
Certains croient que le terme latin est une modification d'un mot sanscrit
fort ancien, avana, qui signifie « jouissance ».
L'avoine
vient d'Asie. Comme il en existe de nombreuses espèces et sous-espèces,
et qu'elle est botaniquement très proche d'autres graminées,
son origine et son évolution restent obscures. Toutefois, on pense
que les espèces ayant la plus grande importance économique,
soit A. sativa, ou avoine commune, et A. byzantina, ou avoine rouge, sont
toutes deux originaires d'une région qui comprend l'Asie mineure,
la Transcaucasie, l'Iran et les plateaux du Turkménistan.
Il
semble que l'avoine soit apparue beaucoup plus tardivement que le blé
dans l'alimentation humaine, ses usages étant d'abord strictement
médicinaux. Elle n'aurait pas été cultivée
avant le tournant de notre ère. Depuis son centre de domestication,
elle s'est diffusée en Europe de l'Est et du Nord en s'établissant
spontanément dans les champs de blé ou d'orge. Il est probable
que les Celtes et les Germains la cultivaient il y a 2 000 ans.
Au
tout début du XVIIe siècle, elle sera introduite en Amérique
du Nord, où elle trouvera une terre et un climat qui lui conviennent
tout particulièrement. Au Canada, elle sera d'abord cultivée
dans l'Est, mais près de la moitié de la récolte mondiale
est aujourd'hui produite dans les provinces de l'Ouest. Toutefois, entre
les années 1910, où il se plantera au Canada plus d'avoine
que de toute autre céréale, et les années 1970, sa
production ne cessera de décliner, suivant en cela le destin du
cheval de carrosse et de trait, pour lequel l'avoine était un aliment
de premier choix.
Depuis
les années 1970, la tendance s'est cependant inversée, les
qualités nutritionnelles de cette graminée ayant été
largement publicisées et les consommateurs étant de plus
en plus soucieux de leur santé.
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