Mois de santé des yeux au Canada
Février: mois de la canne blanche
Les maladies des yeux
Les maladies des yeux (suite)
Pour voir le mois d'octobre sous un autre jour
 

"Les lunettes à travers les temps"
"Les Saints et les maladies des yeux"
"Valentin Haüy Fondateur des écoles pour aveugles  (1745-1822)"


Tes yeux sont trop près de ton nez pour le voir.
[Boris Cyrulnik]


Comment un fonctionnaire réussit à faire un clin d'oeil ?
Les deux yeux fermés... il en ouvre un !

Se regarder les yeux dans les yeux

Le bleu profond des yeux d'une jolie fille est aussi attirant pour vous
que le bleu profond de votre carte bancaire pour elle.
[Fabien Rohrhust]


Les lunettes à travers les temps

Aristote évoqua les problèmes de vision, principalement la myopie et la presbytie, dans son livre Problemata, mais ce n'est que bien longtemps après qu'on put véritablement 'inventer' les lunettes. C'est cette longue histoire que nous allons évoquer brièvement, juste pour donner les grandes lignes de ce que tout le monde utilise de nos jours.
 A Ninive Sir Henry Layard trouva les plus anciennes lentilles en usage en 4000 ans avant JC. Quel usage ? On pense qu'on se servait de ces pierres transparentes convexes, du cristal de roche, pour faire converger la lumière du soleil sur des points et donc brûler la zone visée. Ces 'pierres à brûler' ont été décrites par la suite par Aristophane (257-180 avant JC) pour faire des trous dans les parchemins ou effacer des tablettes. Aucune action réfractive n'est évoquée.

C'est Pline qui rapporte que Néron regardait les combats de gladiateurs au travers d'une émeraude. Beaucoup de textes se demandent pourquoi; s'en servait-il comme protection, ou pour mieux voir...nul ne le sait.

Sénèque décrit aussi l'utilisation de globes remplis d'eau qui permettaient de grossir l'image des textes.

Euclide (280 avant JC) étudia le pouvoir optique de différents éléments, mais on attribue généralement au scientifique arabe Alhazen la première description scientifique du pouvoir grossissant des lentilles; il ne parle pas de leur utilisation possible pour favoriser la lecture. Dans son livre Opticae Thesaurus, il décrit les différentes formes de lentilles.

Roger Bacon (1214-1294) reprit ces travaux et continua à étudier la réfraction à travers verre et cristal de roche. Cet aristocrate dévoua sa vie à la Science et à la Connaissance. Après un doctorat en théologie il étudia les langues, les mathématiques et la physique. Il étudia à Oxford et à l'Université de Paris, avant de devenir moine.Il demandait des réformes dans les sciences et l'Eglise, ce qui lui fallut la prison en 1257 à Paris, et entre 1278 et 1292. Il mourut peu après, mais avait oeuvré pour l'usage des sciences expérimentales.

Quel fut l'inventeur des lunettes ? On ne le sait pas vraiment, mais on sait qu'elle apparurent d'abord en Italie, à la fin du XIIIème siècle. Avant cette période et pendant l'Antiquité, on conseillait juste l'application de pommades et de collyres pour éviter les troubles de la vision.

Dans un traité nommé Traité de Conduite de la Famille, Sandro di Popozo écrit en 1299 :"Je suis si altéré par l'âge, que sans ces lentilles appelées lunettes, je ne serais plus capable de lire ou d'écrire. Elles ont été inventées récemment pour le bénéfice des pauvres gens âgés dont la vue est devenue mauvaise". C'est Francesco Redi (1626-1694), professeur de médecine à Pise (Italie) qui rapporte ce document

Un dominicain italien appelé Allesandro Spina, mort en 1313,a fabriqué des lunettes qu'il distribuait autour de lui. Un inconnu lui apprit ce qu'étaient les lunettes, et il diffusa son savoir de fabrication à tous ceux qui s'y intéressaient. Il est décrit comme quelqu'un au grand coeur, toujours prêt à aider les autres.

Donc il semble que différents italiens inventèrent les lunettes...
Des discussions se sont engagées pour savoir si la Chine avait utilisé les lunettes avant ces dates, mais aucun document ne l'évoque, pas même les récits de Marco Polo.
Le français Bernard Gordon, professeur de chirurgie à Montpellier, parle des lunettes dans son livre en latin, écrit en juillet 1305 : Lilium Medicinae : Il conseillait un collyre "...qui rend la lecture des petites lettres de nouveau possible pour les gens âgés, sans qu'ils aient besoin d'utiliser des lunettes".
Guy de Chauliac (1298-1368), toujours à Montpellier, évoqua, dans son livre Chirurgia Magna de 1363, différents médicaments contre la mauvaise vision mais ajoute :"Si cela ne marche pas, il faudra que le patient utilise des lunettes".

Le français Pansier cite les poèmes français du XVème siècle, comme la balade de Charles d'Orléans (1391-1463) :"Et maintenant que je deviens vieux, j'utilise des lunettes pour lire. Elles grossissent les lettres..."

On peut considérer qu'une des premières reproduction de lunettes dans une peinture, est due à Tommaso da Modena :


Tommaso da Modena 1352

En fait c'était surtout les moines qui utilisaient les lunettes pour recopier les manuscripts, jusqu'à ce que Gutemberg (?1397-1468) inventât l'imprimerie. L'explosion de la production des livres s'accompagna d'une demande importante de lunettes. Au début il n'y avait qu'un verre que l'on mettait devant un oeil, que les anglais appelait 'spectacle'.

Par la suite on monta les verres sur le nez, ce qu'on appelait un 'pince-nez'. L'inconfort fit naître le 'face-à-main', qui permettait de tenir avec une tige les deux verres devant les yeux.

Une des belles anciennes représentations des lunettes est le tableau, daté de 1436, de Jan van Eyk : " La Madonne du chanoine van der Paele".

Au XIIIème et XIVème siècle les verres étaient fabriqués avec du béryl, une pierre transparente teintée, ou bien de quartz, et à partir des années 1300 on utilisa du verre de Venise.
Par la suite, les travaux de l'italien Giambattista della Porta (1535-1615) décrivit diverses expériences d'optique. Johannes Kepler fut en 1611, avec son ouvrage Dioptrice le véritable fondateur de la dioptrique actuelle et le savant qui expliqua la marche des rayons lumineux au sein des matériaux, la réfraction et la réflexion de la lumière.

Ce n'est que vers 1728 qu'on vit apparaître les montures, et seulement à la fin du XVIIIème siècle qu'on imagina de les faire tenir derrière les oreilles.

Au XIIIème et XIVème siècle on ne proposait que des lentilles biconvexes, pour corriger la presbytie. Il fallut attendre le XVème siècle pour voir des lunettes corrigeant la myopie, donc avec des verres concaves. Le premier texte qui parle des verres concaves nécessaire pour corriger la myopie, en 1440, est la description du Cardinal Nicolas de Cuse (1401-1464) dans l'ouvrage De Beryllo.

Raphael peignit le pape Léon X avec ses lunettes de myopie :
Le pape Léon X et deux cardinaux (Raphael) 1518
Musée des Offices (Florence Italie)

Le mot français bésicle a comme origine le mot béricle qui est une déviation de beryllus.
On assista petit à petit à une diffusion encore plus importante des lunettes qu'on retrouve sur de nombreux tableaux.

En 1645 Jacques Bourgeois (1618-1701), à Paris, améliora les verres de lunettes en imaginant des verres qui étaient concaves du côté de l'oeil et convexe de l'autre côté. Cela diminua les aberrations gênantes sur les verres habituels.

Thomas Young compris ce qu'était l'astigmatisme et l'écrivit en 1807 dans son livre:Lecture on optical Instruments. Les lunettes corrigeant l'astigmatisme n'existèrent donc qu'à partir du XIXème siècle (verres cylindriques). L'astigmatisme fut mesuré par la suite par Louis Emile Javal (1839-1907) qui inventa l'appareil que l'on nomme encore de nos jours "le javal".

Helmholtz en 1855 expliqua l'accommodation par une contraction du muscle ciliaire et un relâchement de la zonule de Zinn, ce qui modifiait la courbure du cristallin.

A partir de là on vit Frans Cornelis Donders expliquer l'ensemble de la dioptrique dans On the anomalies of accommodation and Refraction of the Eye (1864).

Les auteurs ne sont pas d'accord sur l'invention des verres double foyer; on l'attribue souvent à Benjamin Fraklin, mais sans certitude. Ce n'est que récemment qu'on introduisit les verres progressifs que beaucoup de jeunes presbytes connaissent.
 

Les Saints et les maladies des yeux

La Légende Dorée (Legenda Aurea) correspond à un texte célèbre écrit vers 1260 par Jacques de Voragine, qui décrit la vie des Saints et s'attache à rapporter tout récit qui retrace la vie des martyrs de la Chrétienté. Nous en présentons quelques lignes qui correspondent aux Saints ayant guéri des maladies oculaires.

"Légende ne signifie pas ici conte ou récit fabuleux mais simplement ce qui doit être lu. L'épithète ‘dorée‘ ou plutôt ‘d'or‘ n'évoque pas les embellissements fallacieux de l'imagination mais annonce le poids et la valeur du contenu." Hervé Savon.
Sainte Lucie

Lucie vient de 'lux', la lumière ou de 'Lucis via' qui signifie Chemin des Lumières.
Lucie, vierge de Syracuse (Sicile), alla sur la tombe de Sainte Agathe accompagnée de sa mère qui souffrait depuis quatre ans d'une perte de sang. Après avoir touché le tombeau elle guérit aussitôt de sa maladie. En guise de remerciements, Lucie distribua tous ses biens aux pauvres.

Cela irrita son fiancé, qui dénonça Lucie, lui reprocha d'être chrétienne et de violer les édits des Césars.

Comme le fiancé ne parvenait pas à oublier les beaux yeux de Lucie, elle s'arracha les yeux et les lui fit parvenir dans un plat. On la représente portant ses yeux d'une main et tenant dans l'autre la palme des martyrs.
Plus tard ses yeux sont réapparus à la suite de ce don et c'est ainsi que les tableaux la montrent.
Sainte Lucie

Le consul Pascasius voulut l'emmener dans un lieu de débauche, mais mille hommes et mille paires de boeufs ne purent la faire bouger. Les amis du Consul finirent par enfoncer une épée dans la gorge de Lucie qui néanmoins ne perdit pas la parole: "Je vous annonce, dit-elle, que la paix est rendue à l'Eglise, car Maximilien vient de mourir aujourd'hui, et Dioclétien est chassé de son royaume : et de même que ma soeur Agathe a été établie la protectrice de la ville de Catane, de même j'ai été établie la gardienne de Syracuse". Elle ne mourut qu'en l'an 310.

Elle est considérée comme martyr et patronne protectrice des yeux. Elle est invoquée pour soigner les maladies des yeux.

De nos jours, on peut retrouver, à Marseille et dans tout le bassin méditerranéen, un coquillage:

Oeil de Sainte Lucie dans le coquillage
dont l'opercule  s'appelle "l'oeil de Sainte Lucie". Il est considéré comme protecteur et est très connu en méditerranée. En Corse, le jour de la Sainte Lucie, les mamans passent une serviette imbibée d'eau de mer sur les yeux des enfants en récitant une prière, et bien sûr il faut trouver l'oeil de saint Lucie sur la plage.

Marseille, vente de l'oeil de Sainte Lucie
Les gens le conservent aussi dans le porte-monnaie car il attire la richesse.
Dans le Nord de l'Europe, on assiste, le jour de la Sainte Lucie, à des manifestations fêtant le solstice d'hiver et l'allongement des jours.

Saint Côme et Saint Damien
Saint Côme et Saint Damien étaient des jumeaux, nés dans la ville d'Egée. Ils étaient médecins et guérissaient toutes les maladies sans exiger de salaire. Pour avoir refusé d'immoler aux idoles, ils subirent plusieurs tortures qui échouèrent.

Ils furent jetés dans un grand feu auquel ils résistèrent, les pierres qu'on leur lançaient retournaient vers ceux qui les lançaient et les flèches revenaient aussi vers les soldats. Ils furent finalement décapités.

Un serviteur des saints martyrs les invoqua plus tard pour soigner sa jambe malade et les deux saints apparurent pour échanger la jambe malade avec celle d'un Ethiopien enterré dans le cimetière de Saint-Pierre-aux-Liens.

Ces saints ont été très honorés à Rome, à Byzance et en Orient. Ils sont les patrons des chirurgiens. Le pape Symmaque leur a dédié un oratoire à Sainte-Marie-Majeure, ce qui montre bien que leur culte était déjà vivant à Rome dans les années 500.

Saint Thomas de Cantorbery

Par coquetterie et afin de paraître plus belle, une dame d'Angleterre désirait avoir des yeux vairons (de couleurs différentes) et pour cela elle vint, après en avoir fait le voeu, nu-pieds au tombeau de saint Thomas.

En se levant après sa prière, elle se trouva tout à fait aveugle; elle se repentit alors et commença à prier Saint Thomas de lui rendre au moins les yeux tels qu'elle les avait, sans parler d'yeux vairons, et ce fut à peine si elle put l'obtenir.

Saint Longin

Longin fut le centurion qui perça le côté du Christ avec une lance. En voyant les miracles qui s'opéraient, il renonça à l'armée; c'est surtout quand il perdit la vue et que celle-ci revint après qu'il eût frotté les yeux avec du sang qui coulait le long de la lance.

Refusant de faire des sacrifices aux idoles, le gouverneur lui fit couper la langue mais cela ne lui fit pas perdre l'usage de la parole. Or le gouverneur perdit la vue, Longin lui dit :"Sache que tu ne pourras être guéri qu'après m'avoir tué". A cet instant le gouverneur lui fit couper la tête; après quoi, il alla près de son corps, se prosterna avec larmes et fit pénitence. Aussitôt il recouvra la vue avec la santé et finit sa vie dans la pratique des bonnes oeuvres.

Sainte Marie Magdeleine

Un homme privé de la vue venait au monastère de Vezelai visiter le corps de sainte Marie Magdeleine, quand son conducteur lui dit qu'il commençait à apercevoir l'église. Alors l'aveugle s'écria à haute voix: "O sainte Marie Magdeleine ! que ne puis-je avoir le bonheur de voir une fois votre église!" et à l'instant ses yeux furent ouverts.

Saint Laurent

Le césar Dèce lui dit: "Où sont les trésors de l'Eglise que nous savons avoir été déposés chez toi ?" Or comment Laurent ne lui répondait pas, le préfet Valérien le mis en prison. Il y avait là sous les verrous un gentil nommé Lucillus qui, à force de pleurer, avait perdu la vue.

Comme Laurent lui promettait de lui rendre l'usage de ses yeux, s'il croyait en J-C et s'il recevait le baptême, le prisonnier demanda le baptême. Cela fut fait le Lucillus retrouva l'usage de ses yeux aussitôt.

Saint Denys

Denys parlait avec Paul et vis passer un aveugle devant eux. Il dit alors à Paul "Si tu dis à cet aveugle au nom de ton Dieu: 'Vois' et qu'il voit, aussitôt je te croirai; mais ne te sers pas de paroles magiques, car tu pourrais bien en savoir qui eussent cette puissance. Je vais te prescrire moi-même les paroles dont tu te serviras". Pour écarter tout soupçon Paul demanda à Denys de prononcer lui-même les paroles. Denys s'adressa alors à l'aveugle et lui dis : "Au nom de J-C né d'une vierge, crucifié, mort, qui est ressuscité et est monté au ciel, vois".
Dès qu'il eut fini de parler l'aveugle put voir.
Denys, avec sa femme Damarie et toute sa famille, reçut le baptême et la foi et il partirent convertir la ville d'Athènes et une grande partie de la Grèce. Denys devint évêque d'Athènes.

Sainte Elisabeth

Un enfant de cinq ans qui se nommait Discret était né aveugle. 'Une pellicule qui n'était pas fendue lui couvrait les yeux'. Sa mère le conduisit au tombeau de la bienheureuse Sainte Elisabeth et lui frotta les yeux avec la terre du sépulcre en invoquant sur lui les mérites de la sainte. Et voici que la peau se déchire par le milieu et qu'on aperçoit de petits yeux troubles et sanguinolents.
L'enfant put alors jouir du bonheur de la vue, grâce à la sainte.

Saint Josse

Suivant le conseil de ses parents, une jeune fille née sans yeux fut amenée à Saint Josse. En suivant une vision qu'elle avait eu, elle se lava la figure et l'endroit où devaient être les yeux avec l'eau dont le saint homme s'était servi pour se laver les mains. A l'instant ses yeux parurent et elle commença à voir clair.

Saint Othmar

 Il bâtit un hôpital où on recevait les pauvres aveugles et sa sollicitude à leur égard allait jusqu'à sortir du cloître pendant la nuit pour leur rendre les services les plus empressés.

A cause d'une fausse accusation il fut condamné à l'exil et relégué comme un misérable dans une île du Rhin, où, aprèsde longues souffrances, il termina sa vie.


"Valentin Haüy Fondateur des écoles pour aveugles  (1745-1822)"

Valentin Haüy naquit le 13 novembre 1745 dans une famille de tisserands aisés de Saint Just-en-Chaussée, petit bourg du sud de la Picardie.

Son frère aîné, l'abbé René-Just Haüy, fut un savant, créateur de la cristallographie, membre de l'Académie des Sciences et de la Commission des Poids et Mesures, successeur de Dolomieux à la chaire de Minéralogie du Muséum d'Histoire Naturelle.

Valentin Haüy fit des études classiques à Paris, où il acquit la pratique du latin, du grec, de l'hébreu, et d'une dizaine de langues vivantes. Il gagna dès lors sa vie en traduisant des documents officiels, notariés, commerciaux ou privés. En 1786, il se prévalait du titre d'Interprète du Roi de l'Amirauté et de l'Hôtel de Ville. Il était depuis sa création par le roi, membre du Bureau des Écritures, où il exerçait ses talents de paléographe. Dans la mouvance du courant d'intérêt philosophique et humanitaire du XVIII' siècle pour les infirmes, Valentin Haüy s'intéressa d'abord aux sourds-muets, et à l'oeuvre de l'Abbé de l'Épée. Il se pencha sur le sort des aveugles à la suite d'un choc émotionnel.

En 1771, à la Foire Saint-Ovide place Louis-XV (place de la Concorde) à Paris, il assista à une représentation singulière qui l'indigna : une dizaine de pensionnaires aveugles de l'hospice des Quinze-Vingts, affublés de vêtements grotesques, et portant des lunettes opaques, exécutaient au moyen d'instruments divers "une musique discordante qui semblait exciter la joie des assistants". Dès ce moment, Valentin Haüy se jura de faire lire et écrire les aveugles pour leur rendre leur dignité. En mai 1784, sous le porche de l'église Saint-Germain-des-Prés, il rencontra un jeune mendiant, Francois Lesueur, à qui il fit l'aumône. Le jeune homme lui fit remarquer qu'il avait dû se tromper en lui donnant une pièce trop grosse : "Vous avez cru me donner un sous tapé, et c'est un écu que vous m'avez donné ! Valentin Haüy fut frappé de la finesse du toucher chez ce jeune homme. "L'aveugle... ne connaît-il pas les objets à la diversité de leurs formes ? Se méprend-il à la valeur d'une pièce de monnaie ? Pourquoi ne distinguerait-il pas un ut d'un soi, un a d'un f, si ces caractères étaient rendus palpables ?- Valentin Haüy entreprit dès lors l'instruction de Lesueur.

Sa grande idée étant de faire lire les aveugles, il fit réaliser des caractères spéciaux, car ceux des typographes, trop petits, ne convenaient pas. Ces caractères étaient des lettres romaines de forme ordinaire mais de taille très supérieure, il s'en servit pour gaufrer des feuilles de papier cartonné. Avec ce matériel, Lesueur apprit à lire, composa des phrases, acquit des rudiments d'orthographe, et en disposant des chiffres dans un casier de bois, apprit les quatre opérations de base du calcul. Il fit de rapides progrès, et Haüy annonca le succès de son entreprise dès septembre 1784, dans le Journal de Paris, recevant ensuite des encouragements de l'Académie des Sciences.

En 1783, une société philanthropique avait ouvert un atelier de filature pour une douzaine d'aveugles qu'elle avait pris en charge; elle confia l'instruction de ses protégés à Valentin Haüy. En 1786, L'institution des Enfants Aveugles était née. Son but était d'instruire les élèves et de leur apprendre un travail manuel : travaux de filature et d'impression typographique en relief et en noir étaient au programme. Consécration suprême, le 26 décembre 1786, se déroula à Versailles la présentation au Roi et à la Cour des vingt-quatre pensionnaires que comptait alors l'institution.

Sous la Révolution, l'institution fut prise en charge par l'Etat, le 28 septembre 1791. Valentin Haüy participa activement à la vie politique de son temps, et connut des heures difficiles sous le Consulat. On lui retira la direction effective de son établissement devenu Institut des Aveugles Travailleurs, et il dut démissionner en 1802.

Il créa alors le Musée des Aveugles, sorte d'école privée pour aveugles étrangers. Parmi ses élèves, il eut Alexandre Fournier qu'il emmena avec lui en Russie. A l'appel du Tsar Alexandre Ier il partit en effet pour Saint- Pétersbourg en septembre 1806, afin d'y fonder malgré bien des difficultés, une école qu'il devait diriger pendant onze ans.

Rentré à Paris, où on l'avait presque oublié, en 1817, il connut de nouvelles déceptions. Ce n'est que quelques mois avant sa mort, qu'il reçut du nouveau directeur, le docteur Pignier, l'autorisation de pénétrer dans la maison qu'il avait fondée, et qui portait à présent le nom d'institution royale des Jeunes Aveugles. Le 21 août 1821, une cérémonie solennelle fut organisée en son honneur.

Infirme, ne quittant plus le domicile qu'il partageait au Muséum avec son frère l'abbé René-Just Haüy, il s'éteignit le 19 mars 1822. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

(humour)
Comment appelle-t-on un homme qui a les deux yeux dans le même trou ?
... Un gynécologue !!!


(Citations sur les yeux)
« Tous les yeux regardent, peu observent, très peu voient. »
[Albert Sanchez Pinol]
« Il suffit de garder les yeux ouverts : tout se charge de signification. »
[Michelangelo Antonioni]
« On écoute aussi avec les yeux. Peu de musiques ont marqué sans visage. »
[Mathieu Chedid]
 Un oeil suffit au marchand, cent yeux ne suffisent pas à l'acheteur.
[Proverbe arabe]
Les poches sous les yeux, c'est franchement inutile : on ne peut rien mettre dedans !
[Michèle Bernier]

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