JOURNEE MONDIALE  DU  SIDA 
le 1er décembre 2016
Le thème de cette année est:

"Le sexe ça arrive."

Zéro nouvelle infection à VIH. Zéro discrimination. Zéro décès lié au sida.

« Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 a été adopté avec la volonté de ne pas faire de laissés-pour-compte. Dans aucun domaine ce principe ne revêt autant d’importance que dans la lutte contre le sida. C’est en aidant les personnes jeunes, vulnérables et marginalisées qu’on enraiera la progression de l’épidémie. »
 —
Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU



Il vaut mieux prévenir que de devoir en guérir...

La Semaine nationale de sensibilisation au VIH/sida se déroule du 21 novembre au 1er décembre, d’un bout à l’autre du pays. Cette occasion d’accroître la sensibilisation aux enjeux liés au VIH/sida à l’échelle nationale culmine avec la Journée mondiale du sida, le 1er décembre – dont l’observance contribue à la sensibilisation aux enjeux mondiaux liés au VIH/sida et souligne notre appui à l’objectif visionnaire de l’ONUSIDA de mettre fin à l’épidémie du sida d’ici 2030.
 
 
 

1er décembre 2016
Le 1er décembre, Journée mondiale du sida et date de début de la Semaine de sensibilisation au sida chez les Autochtones, est un moment propice pour se livrer à une réflexion sur ce que nous avons accompli à l’échelle WAD Imagenationale et internationale en fait de lutte contre le sida et sur ce qu’il nous reste encore à faire.

La Journée mondiale du sida, qui a lieu le 1er décembre, est l’occasion de commémorer ceux et celles qui nous ont quitté et de sensibiliser le public au sida et à la pandémie du virus du VIH.

La Journée mondiale du sida est née en 1988 dans la foulée d’un sommet mondial des ministres de la Santé à Londres, en Angleterre. Ces derniers ont convenu qu’une telle journée soulignerait l’importance et la gravité de la pandémie du sida et que chaque pays doit être responsable pour assurer un accès universel aux traitements, aux soins et au soutien pour toutes les personnes vivant avec le VIH ou le sida.

Dirigée par l’organisme de la campagne mondiale de lutte contre le sida, la Journée mondiale du sida 2016 portera le thème « Levons la main pour #préventionVIH ».

Selon le rapport de l'ONUSIDA intitulés « AIDS by the numbers », 1,1 million de personnes à travers le monde sont mortes de maladies liées au sida en 2015. En 2015, on estimait qu’environ 36,7 millions de personnes à travers le monde vivaient avec le VIH.

À l’échelle nationale, on estime qu’environ 75 500 Canadiens vivent avec le VIH et qu’en 2011, on estime environ 2 570 personnes ont été infectées par le VIH.

Nous vous invitons à consulter les ressources et les renseignements fournis sur cette page. Ils pourraient vous aider dans votre travail et dans les initiatives que vous mettrez de l’avant pour souligner cette occasion spéciale.

Propager les bonnes nouvelles au sujet du traitement et de la prévention du VIH
De bonnes nouvelles? Il y en a plusieurs à signaler, à l’occasion de la Journée mondiale du sida de 2016.

La science du traitement et de la prévention du VIH a marqué des progrès inspirants pour les organismes qui offrent des services nécessaires aux personnes vivant avec le VIH et à celles qui sont à risque de le contracter.

Nous savons que l’amorce d’un traitement dès que possible après le diagnostic de l’infection offre des bienfaits de santé considérables pour les personnes vivant avec le VIH. Un traitement précoce et une bonne observance thérapeutique afin de maintenir une charge virale indétectable permettent à une personne séropositive de vivre longtemps et en santé. Une étude historique du nom de START (Strategic Timing of Antiretroviral Treatment/Choix stratégique du moment de commencer le traitement antirétroviral) a conclu que l’amorce immédiate du traitement, dès le moment du diagnostic d’infection à VIH, réduit considérablement le risque de maladie grave. Lisez en plus...

Nous vous invitons à partager cet article avec les autres, à le republier ou à l’ajouter en lien. Si vous le faites, merci de nous le faire savoir : envoyez un courriel à amurphy@catie.ca


Thème 2016 : Levons la main pour la prévention du VIH

La campagne Levons la main pour la #préventionVIH examine différents aspects de la prévention du VIH, vis-à-vis notamment de groupes spécifiques de personnes, comme les adolescentes et les jeunes femmes, les populations clés et les personnes vivant avec le virus.

Un nouveau rapport établi par l’ONUSIDA - Poursuivre sur la voie de l’accélération : L’approche fondée sur le cycle de la vie - montre que les pays sont sur le chemin du processus d’accélération avec un million de personnes supplémentaires ayant accès au traitement en seulement six mois (Janvier à juin 2016). Jusqu’à juin 2016, environ 18,2 millions de personnes [16,1 millions–19,0 millions] ont eu accès aux médicaments salvateurs, dont 910 000 enfants, doublant ainsi le chiffre établi cinq ans plus tôt. Si nous décuplons ces efforts, le monde sera en voie d’atteindre l’objectif de 30 millions de personnes sous traitement d’ici 2020.

Le rapport EN a été lancé le 21 novembre 2016 à Windhoek, en Namibie, par le Président, Hage Geingob et le Directeur exécutif d'ONUSIDA, Michel Sidibé.

Statistiques mondiales

>> Plus de statistiques

Événements 2016

L'ONUSIDA organise un événement spécial PDF en anglais le 30 novembre 2016 pour commémorer la Journée mondiale du sida et l'engagement dans la lutte pour mettre fin à l'épidémie de sida d'ici à 2030 dans le cadre des objectifs de développement durable (ODD).

 

"Notre stratégie pour l’avenir doit être de donner aux femmes les moyens d’agir dans ce combat. Les véritables héros de cette guerre, c’est parmi elles qu’il faut les chercher, et il nous appartient de leur fournir l’arme de l’espoir."

Extrait du message de M. Kofi Annan, Secrétaire général de l'ONU

En 1988, l’Assemblée générale a exprimé sa vive préoccupation devant la pandémie de sida. Notant que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait choisi la date du 1er décembre 1988 comme Journée mondiale du sida, l’Assemblée a souligné l’importance de cette manifestation (résolution 43/15). Aujourd’hui, plus de 41 millions de personnes sont séropositives et sidéennes.

L’éducation nationale contribue à la politique nationale de lutte contre le sida. L'École est un relais essentiel pour transmettre les connaissances utiles sur la prévention contre le VIH et la perception des risques. 

La prévention, la responsabilisation et la solidarité sont indispensables pour enrayer l’épidémie du sida.

L'éducation à la sexualité fait partie des compétences sociales et civiques du socle commun de connaissances et de compétences. Elle permet de faire réfléchir sur le respect de soi, des autres, la prise de risques, le sens de la responsabilité collective, individuelle et la solidarité.

Dès le collège, des informations sont apportées dans les cours de SVT, sur les modes de transmission et les moyens de prévention du VIH. La prévention peut être abordée dans le programme de différentes disciplines.

L'accès aux moyens de protection est facilité dans les lycées.

La Journée mondiale de lutte contre le sida est l'occasion de rappeler que l'effort de prévention doit être pérennisé et renforcé dans les établissements scolaires.

Les lycées sont équipés de distributeurs automatiques de préservatifs. Les lycées privés sous contrat qui en ont fait la demande sont concernés.

Les horaires d'ouverture des infirmeries, les numéros verts utiles, les coordonnées des structures locales d'information et de conseil et des centres de dépistage anonyme et gratuit sont affichés dans les lycées.

Les délégués à la vie lycéenne contribuent à mobiliser les élèves.

La thématique de la journée mondiale de lutte contre le sida du 1er décembre 2013 « Objectif zéro : zéro nouvelle infection à VIH, zéro discrimination, zéro décès lié au sida » s'inscrit dans le cadre de la stratégie 2011-2015 de l'Onusida et est identique durant quatre années. Existant depuis 1998, cet événement tend à promouvoir la prévention, le dépistage, le traitement et la prise en charge du VIH-sida, mais également à lutter contre la stigmatisation et la discrimination dont souffrent les victimes. 
L'information auprès des jeunes sur le VIH-sida et les principales infections sexuellement transmissibles (IST), leur mode de transmission, la prévention et le dépistage précoce, anonyme et gratuit, dans les systèmes de soins, reste primordiale. C'est pourquoi, l'école est un relais essentiel de la politique nationale de lutte contre le sida.
Pour susciter et renforcer chez les élèves une prise de conscience et une responsabilisation individuelle et collective mais aussi leur réflexion sur l'estime de soi, le respect d'autrui, les risques encourus et les discriminations, les actions doivent être poursuivies. Ces actions doivent prendre appui sur :
- les enseignements, notamment ceux des sciences et vie de la Terre ;
- les séances d'éducation à la sexualité (article L. 312-16 du code de l'éducation) ;
- des actions éducatives complémentaires de l'action pédagogique.

Le rôle des enseignants doit être souligné. En effet, la prévention du sida est un sujet transversal qui peut être abordé au travers des différents domaines disciplinaires : en sciences et vie de la Terre par l'apport de connaissances sur le virus, ses modes de transmission ; en éducation civique juridique et sociale via la thématique des droits de l'homme et des discriminations...
Il est également important que, dans chaque établissement, le comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté s'empare de ce sujet. En effet, il constitue l'instance d'organisation, de programmation et d'évaluation des actions qui seront réalisées au sein de l'établissement et permet également de construire des partenariats institutionnels et associatifs avec les ressources de proximité. Aussi est-il essentiel d'inscrire ces actions dans le cadre du projet d'établissement.
Au niveau national, le ministère de l'éducation nationale est engagé dans un partenariat actif avec l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) et l'association Sidaction. Ces partenariats ont permis de  réaliser des ressources à destination des équipes éducatives des collèges et des lycées :
- les supports de prévention multimédia Pour la Vie et VIH Pocket films édités et diffusés par Sidaction qui permettent d'ouvrir le débat sur la vie amoureuse et la prise de risques ;
- le Livre des infections sexuellement transmissibles, édité par l'INPES, qui fait le point sur les principales IST dont le VIH-sida et qui est  diffusé dans les infirmeries des lycées.
D'autres ressources apportent également des informations aux adolescents qui souhaitent compléter leurs connaissances sur le sujet :
- le livret d'information Dix questions sur le VIH-sida, actualisé annuellement par la direction générale de la santé,  dont l'objectif est à la fois de contribuer à combattre les idées fausses sur le sida et de permettre une meilleure perception des risques de transmission du VIH ;
- le portail sur le sida à destination des jeunes, créé par France TV éducation, qui contient des éléments d'informations sur l'histoire du virus, les formes de transmission, les moyens de prévention, les traitements ainsi que des témoignages.  http://education.francetv.fr/site-thematique/tout-sur-le-sida-o29496

À l'occasion de cette journée mondiale 2013, le ministère de l'éducation nationale s'est associé à Sidaction pour la seconde édition du concours « VIH Pocket films ». Cette opération, à envergure nationale, conduit les adolescents à réaliser à l'aide d'un téléphone portable de courts films vidéos traitant des enjeux actuels de la lutte contre le VIH-sida. L'objectif de ce concours est de mobiliser les élèves sur le sujet, de les amener à s'approprier le discours de prévention et à adopter des comportements responsables. Des informations complémentaires sont disponibles sur le site : www.sidaction.org/
Les adolescents doivent être conscients que les préservatifs sont les seuls moyens de contraception pour se protéger des IST et du VIH. Il importe pour cela que la maintenance et l'approvisionnement des distributeurs automatiques de  préservatifs soient assurés et que la mise à disposition de préservatifs dans les infirmeries soit poursuivie.

Dans les lycées, il est essentiel que les élèves soient informés et mobilisés par l'intermédiaire notamment de leurs représentants élus au conseil des délégués pour la vie lycéenne (CVL).
Par ailleurs, un espace d'affichage doit être clairement identifié et préciser les horaires d'ouverture des infirmeries, ainsi que les numéros verts : Fil Santé Jeunes, Sida Info Service, la Ligne Azur, les coordonnées des structures locales d'information et de conseil ainsi que des centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG).
Ces dispositions s'inscrivent dans le cadre du plan national de lutte contre le VIH-sida et les IST 2010-2014 et du plan complémentaire en direction des populations d'outre-mer coordonnés par la ministre chargée de la santé. Leur mise en œuvre nécessite de poursuivre les efforts engagés.
Je vous remercie de l'attention que vous porterez à ces instructions.


Pour le ministre de l'éducation nationale et par délégation,
Le directeur général de l'enseignement scolaire,
Jean-Paul Delahaye



"Statistiques"



Le sida est toujours responsable de 6 500 contaminations annuelles.
Des contaminations qui touchent de plus en plus les femmes. Elles ne représentent que 20 % des cas de sida depuis le début de l'épidémie, mais la proportion de femmes dans les nouvelles contaminations atteint plus de 42 % aujourd'hui.
  • 60 % ont été contaminées lors de rapports hétérosexuels (et parmi celles-ci la moitié est originaire d'un pays d'Afrique sub-saharienne) ;
  • 38 % lors de rapports homosexuels.
  • 2 % avec l'usage de drogues injectables.
  • Personnes vivant avec le VIH : 34 millions.
  • Nouvelles contaminations : 2,5 millions
  • Décès dus au sida : 1,7 million.

Le Sida dans le monde

Depuis l'identification du VIH, le SIDA a fait plus de 20 millions de victimes et continue ses ravages au rythme de 3 millions de nouvelles contaminations par an. Si le Sud rassemble 90 % des malades, les nouvelles thérapies entraînent au Nord un relâchement coupable.

Incidence de l'infection par le VIH :

* 34,2 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2011, un nombre record qui s'explique par le net allongement de la vie résultant des traitements antirétroviraux.

Mortalité mondiale du sida en 2011 :

* 1,5 million de patients sont décédés de maladies liées au sida l'an dernier. La tuberculose est la principale cause de décès.

Mortalité du sida par zones géographiques :

- Afrique subsaharienne: 1,2 million de personnes en 2011, en baisse de 22% comparativement au pic de 2005 (1,8 million).

- Asie: 330.000, le plus grand nombre de décès en dehors de l'Afrique subsaharienne mais qui reste assez stable.

- Europe de l'Est et Asie Centrale: 90.000, soit six fois plus que dix ans plus tôt.

- Proche-Orient et Afrique du Nord: 25.000, en hausse de 78,5% par rapport à 2001.

- Amérique Latine: 57.000, en diminution 9,5% sur 2010.

- Europe Occidentale, centrale et Amérique du Nord: 29.000

Nombre de nouvelles infections :

* 2,5 millions dans le monde en 2011, en baisse de 20% comparativement à dix ans auparavant. Chez les enfants de 15 ans et moins, 330.000 nouvelles infections ont été dénombrées l'an dernier, une diminution de 24% sur 2009.

Tendances dans les nouvelles infections :

* Environ 1,5 million d'adultes ont été contaminés en Afrique subsaharienne en 2011, le nombre le plus faible que dans aucune des années depuis que la pandémie a atteint son pic en 1997 avec 2,2 millions de nouvelles infections.

Les traitements antirétroviraux :

* Plus de 8 millions de personnes en 2011 --un nombre record-- prenaient des antirétroviraux dans les pays à revenu bas et intermédiaires, soit environ 54% des près de 15 millions de séropositifs qui en ont besoin pour préserver leur système immunitaire.

Investissements et aide internationale :

* Les investissements anti-sida ont totalisé 16,8 milliards de dollars en 2011, en hausse de 11% sur 2010, tandis que l'aide internationale s'est montée à 8,2 milliards, dont 48% fournis par les Etats-Unis.

 

La Journée mondiale du sida est célébrée chaque année le 1er décembre, dans le monde entier. La Journée est l'occasion de sensibiliser, de commémorer ceux qui sont décédés, et de célébrer les victoires telles que l'accès accru aux traitements et aux services de prévention.
ONUSIDA a pris les devants pour faire campagne pour la Journée mondiale de lutte contre le sida depuis sa création jusqu'en 2004. Depuis lors, le Comité de la Campagne mondiale contre le sida a commencé à sélectionner un thème chaque annéee, pour la Journée, en consultation avec la société civile, les organisations et agences gouvernementales impliquées dans la riposte au sida.
Les thèmes durent un ou deux ans, et ne sont pas seulement spécifiques à la Journée mondiale sida. Les slogans pour la campagne tels que « Stop sida. Tenir la promesse » ont été utilisés toute l'année pour tenir les gouvernements responsables de leurs engagements envers la lutte contre le le VIH/sida.
 
Plus de 350 000 nouvelles infections à VIH parmi les enfants ont été évitées depuis 1995 en fournissant une prophylaxie antirétrovirale aux femmes enceintes vivant avec le VIH.

Évaluation nationale des besoins des personnes trans

La Société canadienne du sida mène une évaluation nationale des besoins des personnes trans* quant aux programmes et services fournis par des organismes communautaires de lutte contre le sida. En étroite collaboration avec un comité consultatif national de personnes trans, nous avons développé une enquête afin de recueillir de l’information sur les circonstances de vie des personnes trans, d’identifier les défis et les obstacles qu’elles rencontrent, et de déterminer les services qu’elles veulent et dont elles ont besoin. Nous espérons que les rétroactions recueillies dans le cadre de ce projet éclaireront la planification de nos programmes et contribueront éventuellement à améliorer les services aux personnes trans séropositives.

Afin que ce processus d’évaluation soit un succès, nous faisons appel à votre aide pour disséminer l’hyperlien de l’enquête en ligne dans vos réseaux communautaires, en particulier aux clients trans que vous servez et à d’autres organismes qui fournissent des services à la communauté trans de votre région. Nous voulons joindre le plus grand nombre possible de gens. L’enquête s’adresse à toutes les personnes trans du Canada, peu importe leur état sérologique au VIH. Les informations recueillies seront précieuses à notre travail futur dans ce domaine.

 Zéro tolérance pour la violence sexiste
"Notre stratégie pour l’avenir doit être de donner aux femmes les moyens d’agir dans ce combat. Les véritables héros de cette guerre, c’est parmi elles qu’il faut les chercher, et il nous appartient de leur fournir l’arme de l’espoir."
Extrait du message de M. Kofi Annan, Secrétaire général de l'ONU
En 1988, l’Assemblée générale a exprimé sa vive préoccupation devant la pandémie de sida. Notant que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait choisi la date du 1er décembre 1988 comme Journée mondiale du sida, l’Assemblée a souligné l’importance de cette manifestation (résolution 43/15). Aujourd’hui, plus de 41 millions de personnes sont séropositives et sidéennes.
 

Le SIDA, cette terrible maladie, est mal connue du grand public.

Et même parfois des médecins. Au début de sa découverte, vers 1983, des idées farfelues ont circulé à son sujet. Un quart de siècle plus tard, on a réalisé des progrès extraordinaires sans qu’on puisse encore fabriquer de vaccin...
Quel rapport entre SIDA et développement durable? La sexualité fait partie de la panoplie de nos besoins de base, de même que la procréation. Est-il possible de les satisfaire sans compromettre la satisfaction des besoins des générations futures si l’épidémie prolifère?
Il s’agit bien d’un débat qui doit être examiné sous la loupe du développement durable à l’instar de l’énergie ou de la production de nourriture, avec la rigueur scientifique d’usage et en laissant nos tabous au vestiaire.

Le SIDA, c’est quoi?

Sans faire de cours de médecine, rappelons les principes de base de cette maladie.
Le SIDA (syndrome d’immunodéficience acquise) est une dépression du système immunitaire qui rend le sujet nettement plus vulnérable aux maladies opportunistes ainsi qu’aux cancers ou à l’insuffisance rénale, par exemple. Il se manifeste d’abord par des pertes de poids, des infections des voies respiratoires puis des diarrhées ou des fièvres inexpliquées pendant plus d’un mois, voire une tuberculose. Enfin, au stade clinique le plus sévère, le patient peut être atteint du sarcome de Kaposi ou de toxoplasmose cérébrale.
Ces stades sont assez bien corrélés avec une diminution du taux de lymphocytes T (CD4), normalement compris entre 700 et 1.100 unités par mm3 dans un système immunitaire sain.
En dessous de 350, commencent les premiers symptômes. En dessous de 200, le patient est dans un état de SIDA avancé qui conduit à la mort.

Une maladie virale

C’est le rétrovirus VIH (virus de l’immunodéficience humaine) qui est responsable du développement de la maladie. Il provient du VIS (virus de l’immunodéficience du singe). Il existe plusieurs formes de virus qui mutent régulièrement.
Une à six semaines après la première infection, le VIH prolifère rapidement jusqu’à un million de copies virales par millilitre de sang. Le taux de CD4 diminue à 500. Quelques symptômes banals peuvent se déclarer: fièvre, céphalée, asthénie, ulcérations des muqueuses, éruption cutanée…
L’organisme réagit alors pour diminuer le nombre de copies le plus souvent en dessous de 30.000 copies par millilitre, cela en deux à trois semaines, et les symptômes disparaissent.
Mais pas le virus. Il prolifère à nouveau lentement pendant plusieurs années durant lesquelles le taux de CD4 diminue jusqu’aux développements des symptômes généraux puis des maladies opportunistes. L’état infectieux est appelé séropositivité.

Modes de transmissions

Le VIH est présent dans le sang mais aussi dans les sécrétions comme le sperme.
Il se transmet donc quand du sang ou du sperme d’une personne infectée sont en contact avec le système sanguin d’un sujet sain, par une blessure ou une plaie ouverte. Il se transmet aussi plus facilement au travers de muqueuses malsaines.
La transmission est favorisée quand le système immunitaire du patient est affaibli, notamment par l’usage de drogues.
Contrairement à ce qu’on croyait dans les années 80, le VIH n’est pas présent dans la salive et ne se transmet pas en embrassant ou en buvant au même verre qu’une personne infectée, à l’inverse de la mononucléose, par exemple. De même le virus ne se transmet pas au contact de la peau, comme la lèpre ou le choléra, ni par voie aérienne comme la grippe.
Il est sensible aux températures supérieures à 60°C et meurt rapidement en dehors du corps humain. Ainsi, le VIH ne se transmet pas par piqûres de moustiques qui le digèrent, contrairement au parasite du paludisme ou au virus de la fièvre jaune.
La transmission de sang contaminé par injection, lors d’une transfusion ou l’utilisation d’une seringue, infecte le receveur mais le virus meurt aussi rapidement à température ambiante et est rapidement détruit par des désinfectants comme l’alcool ou le chlore. Des seringues à usage unique permettent donc de limiter fortement ce risque de contamination.

Probabilités de transmission

D’après l’OMS, la probabilité de transmission par acte sexuel varie de 0,03 à 0,07% dans le cas de rapport vaginal réceptif, de 0,02 à 0,05% dans le cas de rapport vaginal insertif, de 0,01 à 0,185% dans le cas de rapport anal insertif, et de 0,5 à 3% dans le cas de rapport anal réceptif.
En moyenne donc, la transmission par voie vaginale est de 1/3500 pour l’homme si la femme est séropositive, et de 1/2500 pour la femme si l’homme est séropositif. Encore faut-il que les muqueuses des organes soient saines. Des infections comme l’herpès ou la syphilis augmentent fortement le risque de contagion. On notera aussi qu’un homme circoncis a moins de chance d’être infecté.
La transmission par rapport anal insertif est de 1/1000 et augmente à 1/50 pour un rapport réceptif avec une personne infectée. Cela explique la progression rapide de la maladie dans la communauté homosexuelle masculine surtout chez ceux qui fréquentent de nombreux partenaires.
Les statistiques sont très influencées par le degré d’infection du partenaire. Ainsi, un sujet VIH positif juste au-dessus du seuil de détection de 50 à 200 copies par millilitre est nettement moins contaminant qu’un malade du SIDA dont le taux de copies peut dépasser 1.000.000 par millilitre.
La probabilité de contamination par voie buccale en contact avec les sécrétions est quasi nulle.
Une mère séropositive risque environ une fois sur cinq de transmettre son infection en enfantant. Des techniques médicales préventives et notamment un accouchement par césarienne permet de diminuer ce risque à moins d’un pour cent.

Prévention et traitement

Il n’existe actuellement pas de vaccin après plus de vingt années de recherche.
Parmi les populations de type caucasien, il existe environ 1% d’individus dont la génétique les immunise contre le VIH.
De même, on constaterait qu’environ 5% des prostituées brésiliennes en contact quotidien avec le VIH semblent développer une immunité qui retombe cependant rapidement si elles interrompent leurs pratiques. Ces populations paradoxales suscitent des espoirs de vaccin, dont la mise au point risque cependant d’être trop longue. De plus, ces hypothèses sont très controversées.
Contrairement à une infection classique comme la rougeole, par exemple, l’incubation du SIDA dure plusieurs années et les symptômes sont loin d’être aussi visibles.
Il est aussi difficile de réaliser des tests sur des populations cobayes saines sans compromettre les règles d’éthique.
Le virus du SIDA mute rapidement à l’instar de celui de la grippe. Cela complique également la mise au point d’un vaccin.
Un usage correct du préservatif lors des rapports sexuels diminue les risques de transmission à plus de 99% mais une mauvaise utilisation fait retomber cette statistique à 90% (à l’instar de la couverture contraceptive).
La multithérapie permet de traiter une personne malade du SIDA en faisant remonter son taux de CD4 au-delà de 500 par mm3. La personne infectée ne présente plus les symptômes de sa maladie moyennant un traitement financièrement coûteux et loin d’être neutre pour l’organisme, mais elle reste séropositive. Le risque de transmettre la maladie à un sujet sain diminue.

Epidémiologie mondiale

D’après le programme ONUSIDA, il y aurait environ 33 millions de personnes infectées par le VIH dans le monde dont plus de 30 millions dans les pays en développement. La maladie contamine 2,5 millions de personnes par an dont 1,7 million rien qu’en Afrique subsaharienne.
Chaque pays reflète la proportion des séropositifs de la planète (âgés de 15 à 49 ans) vivant dans ce pays en 2003.
Les habitants de nombreux pays en développement n’ont pas accès aux traitements, trop coûteux. Pour une personne qui gagne moins de 2€ par jour, même le préservatif est trop cher. De plus, son usage est souvent interdit par conviction religieuse. Les gouvernements manquent souvent de moyens ou de volonté politique pour informer les populations.
En Afrique subsaharienne, berceau du virus où il est apparu vraisemblablement au début du 20e siècle, la pandémie s’est étendue à 22 millions de personnes.
L’Afrique du nord et le Moyen-Orient comptent moins de 400.000 personnes infectées.
Ainsi, l’Afrique dénombre environ 22,5 millions de personnes contaminées sur 960 millions soit 2,3% en moyenne avec d’énormes différences d’un pays à l’autre.
Le tourisme sexuel est responsable de 4,8 millions de personnes infectées en Asie sur 4 milliards de personnes soit un peu plus d’une personne sur mille.
L’Europe occidentale dénombre 760.000 personnes infectées sur 437 millions, soit un peu moins de deux personnes sur mille.
Enfin, en Amérique latine, il y a 1,6 millions de personnes infectées sur 580 millions, soit un peu moins de trois pour mille.
En Amérique du nord, on compte 1,3 millions de personnes infectées sur 342 millions, soit un peu moins de quatre pour mille.
Parmi les gens infectés, on compte 40% d’hommes et 60% de femmes. Cette disproportion s’explique par le mode de transmission qui est plus élevé pour les rapports réceptifs.
Les communautés à risque dans les pays développés
Les statistiques de transmission permettent d’expliquer les écarts importants de personnes infectées dans les communautés à risque.
Alors que la maladie n’était pas connue, début des années 80, les transfusions au sang contaminé entraînaient très souvent une infection. Aujourd’hui, ce danger est éliminé car les donneurs sont systématiquement analysés.
Les toxicomanes qui pratiquent l’échange de seringues mal désinfectées augmentent le risque de transmission par intraveineuse.
Comme nous l’avons vu, la communauté homosexuelle/bisexuelle est particulièrement affectée.
Les personnes originaires d’Afrique subsaharienne constituent aussi une communauté à risque.

Et en Belgique?

D’après l’Institut scientifique belge de santé publique (ISSP), voici la situation au 31 décembre 2007.
Depuis le début des statistiques en 1986, 20.007 personnes ont été recensées séropositives. Depuis 2003, il y a en moyenne 1000 cas nouveaux par an.
Il est vraisemblable qu’il en existe environ 500 de plus qui n’ont pas encore été dépistés. En effet, environ 50 personnes par an découvrent leur séropositivité lors du diagnostique du SIDA. Ils proviendraient de 500 personnes infectées qui l’ignorent, avec une incubation moyenne de 10 ans.
Parmi les 20.007 personnes recensées séropositives, 3769 ont été diagnostiquées malades du SIDA.
Dans les deux cas, il faut décompter les personnes identifiées mais décédées ou émigrées.
Il n’est donc pas évident d’estimer le nombre de personnes séropositives en Belgique à moins de procéder à des tests statistiques sur un grand nombre de résidents au hasard.
André Sasse de l’Institut scientifique de santé publique (ISSP) pense qu’il y aurait environ 12.000 personnes infectées résidentes en Belgique.
En étudiant les statistiques de dépistage entre 2000 et 2006 (lire «Combien de séropositifs en Belgique?»), on peut alors estimer que 48% de cette population contaminée, soit 5763 personnes proviennent d’Afrique subsaharienne où la maladie est largement plus répandue. Sachant qu’il y a environ 60.000 résidents d’origine subsaharienne en Belgique, environ 10% d’entre eux seraient séropositifs.
Environ 25% des 12.000 séropositifs belges, soit près de 3000 personnes, feraient partie de la communauté homosexuelle/bisexuelle -leur nombre est en augmentation. En supposant que 3% de la population masculine belge forment une communauté de 150.000 homo/bisexuels, 2% seraient infectés.
Les contaminations par transmission intraveineuse (transfusion, toxicomanie) et mère-enfant à l’accouchement seraient inférieures à 2%, soit moins de 250 personnes.
Seuls 8% des personnes infectées, soit environ 1000 personnes, ne font partie d’aucun de ces groupes à risque et forme ce qu’on peut appeler le « groupe neutre ». En Belgique, il y a environ 10 millions de personnes qui ne font pas partie de la communauté homo/bisexuelle ou subsaharienne ou toxicomane. Parmi cette communauté, seulement 0,01% des personnes seraient infectées, soit environ 400 hommes et 600 femmes.

Une «chance» sur 30 millions

Le risque zéro n’existe pas mais supposons qu’un homme sain ait une relation vaginale non protégée avec une femme de la communauté neutre qui a donc une occurrence sur 8000 d’être séropositive. Le risque d’être contaminé est d’environ 1 sur 30 millions soit moins que le risque d’attraper le cancer si une personne fume une seule cigarette à côté de vous ou bien celui de mourir en parcourant 1 km à vélo.
Une femme saine qui a un rapport vaginal avec un homme de la communauté neutre a la même probabilité d’être infectée. En admettant qu’il puisse faire partie de la communauté homo/bisexuelle (3000 sujets infectés supplémentaires), la probabilité est d’environ 1 sur 4 millions.
Le danger d’un rapport anal réceptif avec ce même partenaire bondit à 1 sur 73.000 soit environ le risque de décéder d’une chute durant les 30 prochains jours.
Dans tous ces cas de figures, il y a un écart entre la crainte de la maladie et le danger réel. Celui-ci a été véhiculé par des films dans les années 80 ainsi que des campagnes de sensibilisation nécessaires mais volontairement non nuancées.
En effet, ces campagnes d’information et de prévention ne pouvaient se permettre de préciser ces statistiques extrêmement discriminantes qui auraient pointé du doigt les personnes d’origine subsaharienne, les homosexuels masculins et les toxicomanes.
Bien entendu, la majorité de la population de ces communautés n’est pas infectée par le VIH. Simplement le risque qu’elle ne le soit pas est plus important que dans la communauté neutre.
Un dépistage individuel indispensable
Il n’est donc pas utile de se faire un sang d’encre au moindre déchirement de préservatif voire si on oublie sporadiquement de se protéger. Un test de VIH vous rassurera définitivement dans l’immense majorité des cas.
On objectera qu’il vaut mieux ne pas jouer avec la chance et systématiser l’usage du préservatif puisqu’il diminue davantage le risque.
C’est vrai mais le risque est notre quotidien. Pourquoi la voiture, le cheval, le vélo, le ski, la consommation d’alcool ou de nourriture moins diététiques? Nous pratiquons chaque jour une balance d’intérêt entre le danger et le plaisir procuré par ces pratiques. Encore faut-il être bien informé des statistiques pour réaliser le juste équilibre de cette balance d’intérêt.
Dans le cas du SIDA, certains peuvent éprouver un plaisir moindre à l’utilisation du préservatif ou trouver que «mettre des gants» de crainte d’être infecté par son partenaire casse l’image d’Epinal de la relation amoureuse.
Il semble en tout cas indispensable que chacun se prête au dépistage du VIH afin de savoir s’il peut contaminer ou non son partenaire en cas de rapports non protégés. D’autant plus qu’il existe aujourd’hui des thérapies pour traiter la maladie ou la prévenir ainsi que pour diminuer la virulence de la personne infectée.
Une personne séropositive peut avoir une vie sexuelle normale à condition de systématiser l’usage du préservatif.

Dépistage et statistiques

Les taux de séropositivité varient fort d’un pays à l’autre. Il faut cependant relativiser la probité des chiffres puisque les dépistages ne sont jamais systématiques et que les techniques statistiques augmentent la probabilité d’erreur.
Au Sénégal, par exemple, le taux n’est que de 1% alors qu’il grimpe à 7% au Congo où le SIDA a été identifié la première fois en 1959.
En 1992, l’Ouganda subissait un taux de séropositivité de 30%. Grâce à une campagne de sensibilisation en encourageant l’usage systématique du préservatif le taux de prévalence est retombé à 6% en 2004.
Par contre, le gouvernement sud africain a nié la relation de cause à effet entre le VIH et le SIDA ainsi que son mode de transmission par voie sexuelle. Pour eux, c’était une invention des pays occidentaux pour discriminer les populations africaines. En quelques années, le taux de séropositivité a grimpé à 30%.
Le futur n’est pas maintenant
Le vaccin contre le SIDA risque de se faire attendre longtemps encore, contrairement aux traitements. Quand bien même celui-ci existerait, il faudrait encore l’administrer aux milliards d’humains les plus concernés mais aussi les plus pauvres.
Faudra-t-il admettre que la maladie tue des millions de personnes chaque année comme le paludisme faute de moyens financiers et humains pour le soigner?
Peut-être aussi l’espèce humaine va-t-elle réagir par darwinisme et évoluer vers une résistance accrue à ce rétrovirus. Ainsi, la population simiesque a-t-elle évolué vers plus de résistance, et vit aujourd’hui sans être particulièrement menacée avec le VIS sans avoir pratiqué ni prévention ni traitement bien évidemment.

La discrimination est injustifiable

Dans l’état actuel des connaissances, il est cependant clair que la discrimination à l’égard des personnes contaminées ne se justifie absolument pas. La probabilité de contagion en dehors des pratiques sexuelles étant quasi inexistante, infiniment moindre que celle d’attraper une grippe ? 220.000 morts en 2007 dans l’Union européenne ? ou de développer un cancer en présence de fumeurs. Il serait excessif d’interdire l’accès d’un séropositif dans un groupe sain (bureau, école, centre de loisirs…).
Il faudra cependant encore des années pour que la population abandonne ce réflexe d’exclusion à l’égard des séropositifs tant nous avons été mis en garde depuis 25 ans contre cette maladie paradoxale, à la fois très peu contagieuse mais très mortelle dans le monde, surtout dans le tiers-monde.
Laurent Minguet
communiqué de presse du 6 janvier 2009
Sources:
ISSP, Epidémiologie du SIDA et de l’infection à VIH en Belgique (31 décembre 2006).
ISSP, Le VIH/SIDA en Belgique (31 décembre 2007).
INED, Populations en chiffres.
Office des étrangers, Statistiques, Population étrangère/Royaume par nationalité (2 janvier 2009).
Wikipedia, SIDA. - Discussions avec Michel Moutschen (Université de Liège) et André Sasse (ISSP/OMS).
pour en savoir plus
http://nowfuture.org/2009/01/sida-et-developpement-durable.html
 
 

Orphelin à cause du SIDA
Lors d’une triste réunion au village de Kalungi en Ouganda, un parent s’occupe de Nakyeyune Sanyu, l’une des cinq orphelins affligés par le décès de leur mère qui était atteinte du SIDA.
Lors d’une scène qui revient malheureusement trop souvent, les anciens du village vont déterminer qui s’occupera de Nakyeyune, six ans, ainsi que de ses deux frères et deux sœurs, âgés de 6 mois à 12 ans. Dans les jours qui suivront les funérailles, une marraine, Placseda Nabukalu, les prendra alors en charge.
L’enjeu est élevé pour Nakyeyune. Malgré les efforts de l’Ouganda pour planifier et apporter une réponse au fléau du SIDA, des études démontrent qu’après la mort de l’un ou des deux parents, les chances des enfants d’aller à l’école diminuent de moitié et les risques de souffrir de malnutrition et de problèmes de croissance augmentent.
L’épidémie dévaste l’Afrique subsaharienne, qui compte 95 pour cent des 13,2 millions orphelins du SIDA dans le monde. L’Ouganda à lui seul en compte 1,9 millions, soit 10 pour cent de sa population. Un quart des familles s’occupent d’un enfant orphelin du SIDA, un défi d’envergure pour ce pays dont la population est majoritairement rurale et pauvre.
Une agence des Nations Unies, le Fonds international de développement agricole (FIDA), collabore avec divers partenaires pour aider les familles d’adoption à se bâtir un avenir plus prometteur. L’expertise du FIDA en matière de microcrédit, combiné au financement du Fonds belge pour la survie, permettent d’appuyer l’Ugandan Women’s Effort to Save Orphans (UWESO), une organisation locale, aussi petite qu'efficace.

Le Plan d’épargne et de crédit de l’UWESO permet aux familles adoptives ou monoparentales d’augmenter leurs revenus et de pourvoir aux besoins des enfants orphelins. Depuis 1996, le Plan a octroyé plus de 11 500 prêts modestes d’une valeur allant de 20$ à 500$, dont 97 pour cent à des femmes.
ONUSIDA, partenariat de plusieurs agences de l’Organisation des Nations Unies, chapeaute la lutte mondiale pour mettre un frein à l’évolution de l’épidémie du VIH/SIDA.
Les Nations Unies tiendront une Session extraordinaire en juin 2001 pour galvaniser les décisions politiques et mobiliser les ressources pour la lutte contre l’épidémie du SIDA. Selon le Secrétaire générale, Kofi Annan, la session extraordinaire de l’Assemblée générale va offrir l’occasion comme jamais auparavant d’assumer les responsabilités face aux générations futures et d’entreprendre une action décisive afin de renverser la progression de cette terrible maladie.

Journée du sida: le combat se poursuit
Les médecins du Québec ont profité de la Journée mondiale du sida pour rappeler à la population et surtout au gouvernement que la maladie continue de faire des ravages, notamment parce qu'il n'y a pas suffisamment d'argent consacré à la prévention.
Publié par : Laura Boudreau

Le Dr Réjean Thomas de la clinique médicale L'Actuel a dénoncé que le montant alloué annuellement à la prévention du VIH est presque le même depuis 20 ans.
Pour 2009-2010, le gouvernement du Québec a versé 27 millions $ dans un plan de lutte contre le sida, le VIH et les infections transmissibles sexuellement (ITS), soit pour le dépistage, pour la prévention et pour le financement d'organismes dédiés à la cause.
Un montant qui n'est pas suffisant selon le Dr Thomas qui a comparé cet investissement aux dépenses liées à la trithérapie. Il en coûte entre 150 et 190 millions $ pour traiter les personnes atteintes de VIH.
Réunis en colloque à Québec, les spécialistes ont aussi avoué craindre que la maladie ne soit tombée dans l'oubli justement depuis la découverte de la trithérapie.
Le sida ne serait d'ailleurs plus considéré comme une maladie mortelle, mais plutôt comme une maladie chronique. Ils ont ajouté que l'existence de cette médication faisait en sorte que les gens se protègent moins.
Le Dr Thomas a expliqué que toutes les infections transmissibles sexuellement avaient diminué dans les années 90, mais que depuis l'arrivée de la trithérapie, on constatait une explosion des ITS et du VIH.
Alors que la syphilis était presque disparue, on rapporte que depuis trois ans, 400 à 500 cas sont déclarés annuellement. De plus en plus de cas de gonorrhée sont constatés chez les jeunes filles de 15 à 24 ans, une maladie qui était plutôt observée dans la communauté gaie.
Quelque 330 nouvelles personnes ont été infectées par le VIH en 2009, au Québec. Il s'agit toutefois du nombre de cas déclarés. Le chiffre réel se situerait autour de 1000 cas.
 

Dépistage et prise en charge précoces

Afin de lutter contre ce fléau, le Parlement européen (PE) demande au Conseil et à la Commission européenne d’élaborer une stratégie de lutte contre le VIH. Celle-ci vise à promouvoir le diagnostic précoce de la maladie et la prise en charge des malades le plus tôt possible. Pour ce faire, les députés européens demandent à la Commission et aux Etats-membres d’assurer un accès au dépistage qui doit rester anonyme. Ils demandent également que chaque pays veille à ce que les discriminations frappant les personnes infectées soient interdites sur tout le territoire de l’Union européenne.
Enfin, le PE invite les Etats-membres à renforcer les campagnes d’information et d’éducation sur la prévention, le dépistage et le traitement du Sida. Car la seule arme dont nous disposons pour vaincre cette maladie est de ne pas perdre de vue qu'il vaut toujours mieux prévenir que guérir…
 
L’Algérie, qui figure parmi les pays où l’incidence reste encore faible, enregistre, quand même, des nouveaux cas. Vingt-trois nouveaux cas ont été enregistrés durant les 9 premiers mois de l’année en cours et 188 cas de séropositifs. Il n’est pas question de baisser la garde, selon l’agence de l’ONU, qui a revu ses chiffres à la baisse suite à une révision de toutes les statistiques mondiales. Dans le monde, quelque 33,2 millions de personnes sont séropositives ou atteintes du sida, selon le dernier bilan publié en novembre par l’Onusida qui avait, un an plus tôt, estimé leur nombre à plus de 39 millions. A noter que depuis son apparition en 1981, le VIH/sida a tué plus de 25 millions de personnes et continue de faire des ravages, particulièrement en Afrique subsaharienne où les femmes paient un tribut démesuré à la pandémie. Dans cette région où plus de 22 millions de personnes vivent avec le VIH/sida, près de 61% des adultes infectés sont des femmes. En 2007, 2,5 millions de personnes, dont 420 000 enfants de moins de 15 ans, ont été infectées par le virus du sida (VIH) et 2,1 millions de malades — dont 330 000 de moins de 15 ans — sont morts de ce virus dans le monde, selon l’Onusida. « Depuis le début de l’épidémie, l’expérience démontre clairement que les avancées significatives de la réponse au VIH ont été accomplies sous les auspices d’un leadership fort et engagé », souligne la World Aids Campaign (WAC), dont le comité directeur définit les thèmes de la Journée mondiale de lutte contre le sida. La réduction, depuis deux ans, du taux de la mortalité due au sida est attribuable « partiellement » aux progrès dans l’accès aux traitements antirétroviraux (ARV), souligne aussi l’Onusida. Dans les pays « à revenu faible ou intermédiaire », poursuit l’Onusida, le nombre de malades bénéficiant d’une trithérapie a augmenté de 54% entre fin 2005 et fin 2006, passant de 1,3 à 2,015 millions. En Afrique subsaharienne, plus de 1,3 million de malades du sida étaient sous ARV fin 2006, contre seulement 100 000 en 2003. D’importants obstacles sont à surmonter, selon les experts, pour atteindre l’objectif mondial d’accès universel, d’ici à 2010, à la prévention, au traitement et aux soins : cela impliquerait d’assurer une trithérapie à 9,8 millions de personnes dans les pays en développement d’ici trois ans.

Faits saillants:
 
À la fin de 2001:
Estimation du nombre d'adultes et d'enfants vivant avec le SIDA-VHS:
Amérique du Nord: 950,000
Caraibes: 420,000
Amérique Latine: 1,5 million
Europe Occidentale: 550,000
Europe orientale et Asie centrale: 1 million
Asie de l'est et Pacifique: 1 million
Asie de Sud et du Sud-Est: 5,6 millions
Afrique du nord et Moyen-Orient: 500,000
Afrique subsaharienne: 28,5 millions
Australie et Nouvelle-Zélande: 15,000
Total: 40 millions
 


Toutes les six heures au Québec, une nouvelle personne est infectée par le VIH (virus du sida), et ce, parmi une population de plus en plus jeune (âge moyen: 23 ans).

5743 personnes ont développé la maladie du sida au Québec; il est estimé que de 15 000 à 20 000 personnes au Québec sont séropositives (porteuses du VIH); à Montréal, un adulte (15 ans et plus) sur 160 serait infecté .

Le Québec compte 50% des cas de sida chez les femmes et les enfants au Canada.
 

Les nouvelles thérapies?

 jusqu'à 30 pilules par jour (parfois même plus);
 contraintes d'horaire et alimentaires;
 effets secondaires toxiques et complications;
 résistance aux médicaments pour plusieurs;
 aucun médicament ne guérit du sida.
Isolement, exclusion et pauvreté: des réalités quotidiennes pour de
nombreuses personnes vivant avec le VIH/sida.

Nombre de cas déclarés au Québec (cas cumulatifs 1979-2000);
les deux tiers sont décédés depuis.
Source: Programme de surveillance du sida au Québec,
Direction de la santé publique, Québec, 31 décembre 2000.

Source: Bureau du VIH/sida, des MTS et de la tuberculose,
Direction générale de la santé de la population et de la santé publique,
Santé Canada, 31 décembre 2000.

 

Le 1er décembre, agissons, prévenons !

La journée mondiale du sida a lieu le premier décembre a tous les ans. Pendant cette journée, les communautés du monde honorent et commémorent tous ceux qui ont perdu leurs vies et tous ceux qui vivent avec les effets du VIH/sida. La journée mondiale du sida est aussi une journée qui marque les accomplissements qui nous avons fait ainsi que tout le travail qui reste à accomplir dans notre lutte contre le VIH/sida.
« Vivez et laisser vivre ; Mettre fin aux stigmates et à la discrimination » est le thème pour la journée mondiale du sida, 2003. Dans plusieurs régions du monde, la discrimination empêche ceux qui vivent avec le VIH de tenir un emploi ou de subvenir aux besoins de leur famille. La discrimination peut causer l'isolement et la marginalisation de ceux qui vivent avec le VIH/sida. Ceci peut empêcher les gens de recevLes Canadiens sont exhortés à confronter l'ostracisation et la discrimination au sein de leurs communautés dans le cadre de la lutte mondiale contre le VIH/sida

Le Sida en quelques mots:
Proposée à l'approbation du corps médical par AIDES et Médecin du Monde.
Le SIDA est une maladie et symptômes de notre époque. En dépit de son actuelle gravité, en dépit de l'absence momentanée de tout traitement efficace, et au-delà des réactions médiatiques, politiques ou simplement humaines que la peur suscite, le SIDA reste une maladie semblable à d'autre que la médecine a déjà maîtrisées et qu'elle maîtrisera.
En dehors des rapports sexuels et de la transmission par la voie sanguine, les malades ne représentent aucun risque de contagion.
L'information et l'éducation du public sont actuellement les conditions nécessaires à l'acquisition par chacun des gestes de prévention seuls susceptibles d'enrayer l'épidémie. Elles sont donc garantes de la santé et de la liberté des populations.
Cette situation impose une sagesse, exige le respect scrupuleux d'une éthique, dicte des impératifs.

La prévention, des gestes simples:

La prévention contre le Sida nous concerne tous. Des gestes simples sont indispensables chez les hétérosexuels comme chez les homosexuels. Le port du préservatif peut seul vous garantir contre cette maladie ; il ne faut donc y renoncer que dans le cadre d'une relation absolument fidèle où les deux partenaires ont pratiqué le test de dépistage et ainsi vérifié qu'ils ne sont pas séropositifs ni l'un ni l'autre. Plus que jamais, il faut rappeler cette évidence : le sida tue, et seul le préservatif protège.
"Dépistage:"
Comment savoir si on est atteint par le virus du SIDA ?
Désormais, on peut dépister la présence du virus dès le 15ème jour après la prise du risque. Cependant, ce ne sera que trois mois après la situation à risque qu'un dernier test permettra de savoir avec certitude que l'on n'est pas atteint par le virus du VIH. En attendant, il faudra se protéger et protéger son ou ses partenaire(s).
"La démarche du dépistage:"
Vous voulez savoir si vous êtes ou non contaminé(e) par le VIH :
- Vous pensez avoir pris un risque, vous êtes inquiet;
- Vous et votre partenaire vivez une relation stable et vous voulez abandonner l'usage du préservatif ;
- Vous envisagez une grossesse
Dans toutes ces situations, il est important de consulter au plus vite un médecin. Celui-ci vous écoutera, répondra à vos demandes d'information, vous conseillera et vous prescrira si nécessaire un test.
- Vous avez été exposé à un risque de contamination par le VIH
- Vous avez eu une relation sexuelles sans préservatif
- Le préservatif s' est déchiré ou à glissé au cours d'un rapport
- Vous avez partagé le matériel d'injection lors d'un usage de drogue
- Vous vous êtres blessé avec un objet souillé du sang d'une autre personne
 
Dans les heures suivantes:
Après le risque se rendre dans les 48 heures aux urgences de l'hôpital. Selon la situation, un traitement d'un mois, destiné à tenter d'éviter une contamination par le VIH pourra vous êtres prescrit.
 
Il y a moins de trois mois:
Consultez vous médecin ou celui d'un centre de dépistage gratuit. Il vous conseillera et vous prescrira un test si nécessaire.
 
Résultat du test positif:
Vous être séropositif ;
le médecin examinera avec vous si c'est le moment de commencer un traitement.
 
Résultat du test négatif:
On ne peut pas encore vous assurer que vous être pas atteint ;
un nouveau test devra être fait trois mois après la dernière situation à risque.
 
Il y a plus de trois mois:
Consultez vous médecin ou celui d'un centre de dépistage gratuit. Il vous conseillera et vous prescrira un test si nécessaire.
Résultat du test positif Vous être séropositif ; le médecin examinera avec vous si c'est le moment de commencer un traitement.
Résultat du test négatif Vous être séronégatif ; le résultat est certain si vous n'avez pas pris aucun risque depuis le test. En dehors du couple, utilisez systématiquement le préservatif. .
Aujourd'hui, les traitements anti-VIH modifient considérablement l'évolution de l'infection par le VIH,
Dans les heures qui suivent un risque de contamination :
Le traitement d'urgence pour tenter d'éviter la contamination,
Dans les jours qui suivent la contamination:
Le traitement de la primo-infection pour contrôler rapidement le virus et bloquer si possible l'évolution de l'infection sur le long terme.
 
En quoi consiste le traitement d'urgence ?
Le but du traitement d'urgence est d'agir dans les heures qui suivent l'entrée du virus dans l'organisme pour que les médicaments empêchent le virus de s'installer dans le corps. Le traitement d'urgence n'est pas efficace à 100% mais permet d'éviter la contamination quatre fois sur cinq.
 
Quand ?
Dans les heures qui suivent l'entrée possible du VIH dans l'organisme.
Si vous êtes confronté à un risque de contamination :
agissent sans attendre !
 
Où ?
Téléphonez à l'hôpital le plus proche. Si vous ne pouvez pas téléphoner, allez directement au service des urgences. Le médecin évaluera votre situation par rapport au risque pris et prescrira le traitement d'urgence en cas de besoin. Vous pouvez également vous adresser à un Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG) ou appeler Sida Info Service le plus près de chex-vous qui évaluera votre risque, vous indiquera les lieux où ce traitement peut-être prescrit.
 
Quoi ?
Le traitement d'urgence est une association de deux ou trois médicaments anti-VIH. Après avoir débuté le traitement, il faut se faire suivre soit dans un hôpital, soit par un médecin spécialiste du VIH. Les médicaments peuvent entraîner certains désagréments. Si c'est le cas, signalez-les à votre médecin.
 
Pendant combien de temps ?
Le traitement doit être pris pendant quatre semaines.
 
Et après ?
Plusieurs tests de dépistage seront réalisés après l'arrêt du traitement. Seul un test d'anticorps (Elisa) réalisé 3 mois après l'arrêt du traitement permet d'affirmer l'absence de l'infection (si le résultat est négatif).
 
En quoi consiste le traitement d'une primo-infection ?
Le but du traitement d'une primo-infection est d'agir quelques jours à quelques semaines après la contamination, pou tenter de ralentir ou de bloquer l'évolution de l'infection.
 
Quand?
Dans les jours ou semaines qui suivent une contamination, dès que l'infection est dépistée à l'aide de test que l'infection est dépistée à l'aide de test tels que l'antigénémie (page 24) ou la charge virale (mesure de la présence de VIHdans le sang) ou des tests anticorps.
 
Où ?
Le dépistage peut être prescrit par tous les médecins, (le test est rembousé à 100% par la Sécurité Sociale), ou être effectué dans un Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG).
Vous pouvez vous renseigner auprès de Sida Info
 
Quoi ?
Généralement, le traitement d'une primo-infection est une association de trois (parfois plus) médicament anti-VIH. Vous pouvez vous concerter avec le médecin sur le choix des médicaments qui s'intègreront le plus facilement possible dans votre vie quotidienne.
 
Pendant combien de temps ?
Aujourd'hui, le traitement de primo-infection est un traitement à vie : si on l'interrompt après plusieurs mois, le virus peut récidiver actif et l'infection va reprendre. On ne sait pas encore si le traitement commencé au cours d'une primo-infection peut être allégé ou arrêté après plusieurs années.
Si la primo-infection est passée, quand faut-il commencer un traitement ?
S'il n'y a pas eu de traitement au moment de la primo-infection, le suivi médical et les examens de sang permettent de savoir quand il devient utile d'en commencer un pour aider l'organisme à lutter contre le VIH.



Sida : Syndrome immuno-déficitaire acquis:

Maladie grave caractérisée par l'affaiblissement, puis par la destruction du système immunitaire de l'organisme à la suite d'une infection par le virus d'immunodéficience humaine (HIV). La perte des fonctions immunitaires finit par entraîner l'apparition d'un syndrome clinique (ensemble des troubles qui caractérisent une maladie) et provoquer la mort par des infections opportunistes ou des cancers. Les individus infectés par le HIV perdent peu à peu un certain type de cellules immunitaires (appelées lymphocytes T de type CD4) et leurs fonctions immunitaires, de sorte qu'ils deviennent vulnérables à toutes sortes d'infections, telles que la pneumonie, les mycoses et autres affections banales.

Les mécanismes par lesquels le HIV provoque l'immunodéficience sont encore incomplètement compris. L'apparition du sida demande généralement de six à dix ans à partir du moment de l'infection. Au début des années 1980, des décès causés par des infections opportunistes, connues jusque-là surtout chez des individus ayant subi une transplantation d'organe et traités aux immunosuppresseurs pour éviter le rejet de l'organe transplanté, furent observés chez des hommes homosexuels apparemment en bonne santé. En 1983, Luc Montagnier et son équipe de l'Institut Pasteur de Paris isolèrent, à partir de ganglions lymphatiques, ce qui se révéla être un nouveau rétrovirus humain. Un peu plus tard, l'équipe de Robert Gallo au National Cancer Institute (NCI) et celle de Jay Levy à l'université de Californie à San Francisco isolèrent un rétrovirus sur des patients atteints du sida et des personnes en contact avec des malades. Les trois équipes isolèrent ce que l'on appelle maintenant le HIV, l'agent étiologique du sida. Un second virus du sida humain (HIV-2) sera découvert trois ans plus tard par l'équipe de l'Institut Pasteur.
 

Nature de la maladie:
Progression clinique du sida:

La progression de la maladie, depuis le moment de l'infection par le HIV jusqu'à l'apparition des affections cliniques qui définissent le sida, peut prendre de six à dix ans ou plus. Cette progression peut être suivie à l'aide de marqueurs de substitution, des données de laboratoire qui sont corrélées à la progression de la maladie, ou de points d'aboutissement cliniques, des maladies associées à un sida plus avancé. Les marqueurs de substitution pour les divers stades de la maladie causée par le HIV comprennent la perte progressive des lymphocytes T de type CD4 (les globules blancs du sang qui sont le plus touchés par l'infection par le HIV). En général, plus les numérations de lymphocytes T-CD4 sont basses chez un patient, plus l'immunodéficience est avancée. La quantité de HIV circulant dans le sang est un autre marqueur de substitution. De nouvelles techniques de détection très sensibles permettent d'établir la corrélation entre, d'une part, les quantités de HIV dans le sang et, d'autre part, le stade clinique de la maladie et la réponse au traitement antiviral. Chez un individu infecté, la réponse immunitaire au virus (la capacité de produire des anticorps contre les protéines du HIV) peut également être employée pour déterminer la progression du sida. Cependant, ce dernier marqueur est moins précis en phase de sida avancé, en raison de la perte généralisée des fonctions immunitaires.

La progression de la maladie chez les individus infectés par le HIV a été bien définie. Une à trois semaines après l'infection, la plupart des individus ressentent des symptômes non spécifiques ressemblant à ceux de la grippe (fièvre, céphalée, éruptions cutanées, ganglions lymphatiques douloureux et malaise général) qui durent environ une à deux semaines. Au cours de cette phase, appelée syndrome rétroviral aigu, le HIV se reproduit en grandes quantités. Il circule alors dans le sang et établit des points d'infection dans tout l'organisme et, en particulier, dans les ganglions lymphatiques. Les numérations des CD4 du patient chutent rapidement puis reviennent presque à la normale lorsque son système immunitaire répond à l'infection et limite la réplication et la dissémination du HIV.

Les individus entrent alors dans une phase asymptomatique prolongée qui peut durer dix ans ou plus. Au cours de cette période, les individus affectés sont en bonne santé, avec des numérations de CD4 dans la gamme normale-basse (750-500 cellules par mm3). Le HIV continue à se répliquer pendant la phase asymptomatique. Bien qu'il soit maintenu à des niveaux bas, il détruit progressivement le système immunitaire. Les patients entrent alors dans la phase symptomatique précoce. Cette phase peut durer de quelques mois à plusieurs années et elle est caractérisée par une chute rapide des numérations des lymphocytes T-CD4 (500-200 cellules par mm3) et par des infections opportunistes qui ne menacent pas la vie du malade. Après cette phase, une destruction plus sévère du système immunitaire provoque l'apparition de la grave maladie qui caractérise la phase symptomatique tardive. Une phase qui peut, elle aussi, durer de quelques mois à plusieurs années. Il n'est pas rare que les patients aient à ce moment des numérations de CD4 inférieures à 200 et qu'ils subissent du coup d'autres infections opportunistes caractéristiques du sida. Un syndrome d'atrophie avec perte progressive de poids et fatigue extrême s'observe chez de nombreux patients ayant atteint cette phase. Le système immunitaire est maintenant en état d'insuffisance grave et les patients finissent par entrer dans la phase de sida avancé dans laquelle la numération des CD4 est inférieure à 50. La mort par infections opportunistes et par cancer survient en un an ou deux.

Maladies opportunistes:

La mort par le sida est généralement causée non par l'infection par le HIV proprement dite, mais par les infections opportunistes. Ces infections se produisent lorsque le système immunitaire n'est plus capable de protéger l'organisme contre les agents qui se trouvent normalement dans l'environnement. L'apparition de n'importe laquelle des vingt-cinq infections opportunistes différentes, appelées maladies définissant le sida, permet le diagnostic clinique du sida chez les individus séropositifs.

L'infection opportuniste la plus fréquente associée au sida est la pneumonie par Pneumocystis carinii causée par un champignon qui existe dans les voies aériennes de tous les individus. On remarque, en outre, associées au sida, des pneumonies bactériennes (dues à plusieurs types de bactéries dont Streptococcus et Haemophilus) et la tuberculose (infection respiratoire bactérienne causée par Mycobacterium tuberculosis). Au cours de la phase tardive du sida, la dissémination de l'infection par Mycobacterium avium peut provoquer fièvre, perte de poids, anémie et diarrhée. On trouve aussi des symptômes associés à certaines infections bactériennes du tube digestif (dues à Salmonella, Campylobacter, Shigella ou d'autres bactéries).

À côté de la pneumonie par P. carinii, d'autres infections fongiques ou mycoses sont fréquemment observées chez les patients. La candidose orale ou muguet (infection de la bouche par le champignon Candida) survient au début de la phase symptomatique chez un grand nombre de patients. Parmi les autres mycoses, on note les infections par des espèces de Cryptococcus qui provoquent des méningites chez jusqu'à 13 p.  100 des patients. Des histoplasmoses dues à Histoplasma capsulatum affectent jusqu'à 10 p. 100 des patients et causent une perte de poids, de la fièvre et des complications respiratoires, ainsi que de graves complications au niveau du système nerveux central, y compris des formes de démence, si l'infection atteint le cerveau.

Les infections opportunistes virales, spécialement par des membres de la famille des virus de l'herpès, sont fréquentes. L'un des membres de cette famille, le cytomégalovirus (CMV), infecte la rétine et peut causer la cécité. Un autre virus de la même famille, le virus Epstein-Barr, peut entraîner la transformation cancéreuse des globules sanguins. Les infections par les virus herpétiques de type 1 et 2 peuvent provoquer des lésions orales et périanales évolutives.

De nombreux malades du sida développent des cancers, dont les plus communs sont le sarcome de Kaposi et le lymphome malin (ou hématosarcome) à cellules B. Le sarcome de Kaposi est un cancer des vaisseaux sanguins qui provoque des lésions cutanées pourpres pouvant s'étendre aux organes internes et provoquer la mort.
 
 

La cause du sida:

Le virus de l'immunodéficience humaine (HIV):

Il est reconnu que l'agent étiologique du sida est le HIV, un rétrovirus humain. Le HIV est un virus à enveloppe, ce qui signifie que le matériel génétique viral est entouré par une membrane lipidique empruntée à la cellule dont il provient. Le virus présente sur cette membrane une série de molécules particulières dont notamment une glycoprotéine appelée gp120. Elle reconnaît spécifiquement, à la surface des lymphocytes humains, la molécule CD4 (molécule impliquée dans les interactions immunitaires) et se lie à elle. L'interaction gp120-CD4 permet au HIV de fusionner avec les lymphocytes et de les infecter. Par la suite, le virus va se répliquer en un grand nombre d'exemplaires dans la cellule et la tuer.

Toute cellule humaine qui exprime à sa surface la molécule CD4 est une cible potentielle pour le HIV, mais c'est une classe spécifique de globules blancs appelés lymphocytes T auxiliaires qui est tout spécialement infectée, car ces cellules expriment la molécule CD4 en grandes quantités (on les appelle lymphocytes T-CD4). La réplication du HIV dans les lymphocytes T-CD4 peut les tuer de façon directe, mais ces cellules peuvent également être tuées ou rendues non fonctionnelles par des moyens indirects, même sans avoir jamais été infectées par le HIV. Les lymphocytes T-CD4 ont une importance vitale pour le système immunitaire car ils aident les autres types de cellules immunitaires à répondre aux invasions d'organismes étrangers. Lorsque les lymphocytes T-CD4 sont spécifiquement pris pour cible et détruits par le HIV (ce qui est un trait caractéristique du sida), la réponse immunitaire est désorganisée. Une défaillance généralisée du système immunitaire se produit, ce qui laisse la voie libre aux infections opportunistes et aux cancers qui caractérisent le tableau clinique du sida.

Tandis qu'il est généralement admis que le HIV est bien le virus qui provoque le sida et que sa réplication peut tuer directement les lymphocytes  T-CD4, la grande variabilité de la durée de la progression chez les différents patients a fait supposer l'existence d'autres cofacteurs, capables d'influer sur le cours de la maladie. La nature exacte de ces cofacteurs reste incertaine, mais ne met pas en doute le fait que le HIV doit obligatoirement être présent pour que le sida apparaisse.
 

Accidents et défaillances
Il peut arriver des accidents et des défaillances dans les pratiques de prévention:
- Relation sexuelle sans avoir pu utiliser le préservatif,
- Rupture du préservatif
- Piqûre ou coupure accidentelles avec un matériel non stérilisé ayant déjà servi.
Il faut alors sans délai aller aux urgences de l'hôpital. Un médecin examinera avec vous la situation et vous conseillera. Selon ce que vous savez de votre partenaire et ce qui s'est passé, un traitement précoce destiné à prévenir l'infection pourra être envisagé.


Modes de transmission,

Le HIV est transmis par contact homo ou hétérosexuel avec une personne infectée, ce qui représente la majorité des transmissions. Présent dans les sécrétions sexuelles des hommes comme des femmes, le HIV pénètre dans le sang du partenaire non infecté par les petits vaisseaux sanguins mis "!à vif!" au cours des rapports sexuels. Le HIV est également transmis par l'échange de seringues ou d'aiguilles, pratique courante chez les personnes qui utilisent des drogues intraveineuses et qui se traduit par une exposition directe au sang d'un individu infecté. La transmission du HIV par transfusion de sang ou de facteurs de coagulation est maintenant extrêmement rare (moins de 1 cas sur 100 000) grâce aux tests de dépistage systématique du HIV utilisés dans toutes les banques de sang. Le HIV peut également être transmis par une mère infectée à son enfant (avant la naissance ou au cours de l'allaitement) : 30 p. 100 des enfants nés de mères infectées par le HIV sont eux-mêmes infectés.

Bien que les modes de transmission du HIV soient maintenant bien répertoriés, le public continue à craindre qu'il n'y en ait d'autres. Il n'existe cependant aucune preuve que le HIV puisse être transmis d'une autre façon (par l'air ou par les piqûres d'insectes!?). En fait, le HIV est un virus très fragile et il ne survit pas longtemps lorsqu'il est exposé à l'environnement. Il n'existe aucune preuve de transmission du HIV par des contacts sociaux habituels, ni même par un baiser donné à un individu infecté. Cependant, il faut éviter les pratiques qui augmentent le risque de contact avec le sang, par exemple partager brosses à dents ou lames de rasoir. On a également craint la transmission par le personnel médical infecté, surtout à la suite d'un cas de transmission du virus par un dentiste à plusieurs de ses patients. Il semble maintenant qu'il s'agisse là d'un cas extrêmement rare et isolé et que, en général, les professionnels de santé infectés ne font pas courir de risque à leurs patients. Il n'y a aucun risque d'infection par le HIV lorsque l'on donne son sang.
Comment éviter d'être contaminé par le virus du SIDA ?
Lors des relations sexuelles :
Le préservatif est le seul moyen de se protéger lors de rapports sexuels. Son efficacité est prouvée lorsqu'il est bien utilisé. Un préservatif ne doit servir qu'une seule fois. Il est important de bien respecter le mode d'emploi. En cas de pénétration anale, l'application d'un lubrifiant à base d'eau (gel) permet de diminuer les risques de rupture du préservatif. Les préservatifs s'achètent dans les pharmacies, les supermarchés, dans certains bars-tabac, dans des distributeurs automatiques. - Lorsqu'on se sert d'aiguille ou d'une seringue : -Utiliser son propre matériel, si on est usager de drogues par voie intraveineuse : ne pas partager ni aiguille, ni seringue, ni cuillère, ni eau, ni produit, ni filtre. - Une seringue ne doit servir qu'une fois. -Les seringues et les aiguilles sont en vente libre en pharmacie. Le Stéribox contient deux seringues jetables, deux flacons d'eau pour préparation injectable, deux tampons alcoolisés et un préservatif.


Actions de prévention:

Considérée à l'origine comme un objectif à court terme, la mise au point d'un vaccin préventif efficace contre l'infection par le HIV demandera sans doute encore de nombreuses années. Les efforts de prévention portent donc sur l'éducation de la population concernant les voies clairement identifiées de transmission du virus et les mesures personnelles qui réduisent les risques d'infection. Les campagnes recommandent de toujours prendre des précautions lors des rapports sexuels, même avec des partenaires de longue date ou entre partenaires ayant tous deux le sida, et d'utiliser des préservatifs imperméables et résistants durant les rapports. Des programmes déconseillant formellement les échanges de seringues ont été lancés pour diminuer le risque de transmission du HIV entre toxicomanes. Les campagnes (affichage, radio, télévision) pour des rapports sexuels sans risque sont principalement assurées en France par le Comité français d'éducation pour la santé (CFES) qui dépend du ministère de la Santé. Ces campagnes couvrent toutes les tranches d'âge présentant un risque et ciblent aussi bien les hétérosexuels, les homosexuels que les toxicomanes.

Des règles strictes, en particulier le port de vêtements protecteurs et la désinfection des instruments, réduisent le risque de transmission à la fois aux patients et au personnel médical. Le dépistage systématique à l'échelle nationale du HIV dans les stocks de sang a fortement réduit le risque d'une infection par transfusion ou injection de produits sanguins. Cette réussite mise à part, les autres efforts de prévention n'ont eu qu'un succès limité. Le HIV continue de se répandre dans certains pays, par exemple en Afrique de l'Est où les hôpitaux continuent d'utiliser la même aiguille pour plusieurs patients. L'abandon de pratiques sexuelles à haut risque (partenaires multiples) et l'emploi de préservatifs sont encore loin d'avoir été acceptés, même dans les pays où le sida est le plus répandu.

Questions sociales:

Beaucoup considèrent que l'infection par le HIV et le sida sont totalement évitables!; les voies de transmission du virus sont maintenant bien connues, mais une prévention complète de la transmission exigerait d'énormes changements dans des comportements sociaux profondément enracinés concernant la sexualité et la toxicomanie. De plus, les campagnes de prévention visant à promouvoir une meilleure connaissance de la sexualité par des discussions franches et à encourager l'utilisation de préservatifs se sont heurtées à l'opposition de certains groupes qui craignent qu'elles n'aboutissent à encourager la promiscuité sexuelle chez les jeunes adultes. Des projets de dépistage systématique, de notification des cas de séropositivité aux partenaires sexuels des personnes atteintes de même que les tests de dépistage systématique du HIV en cas de mariage et de grossesse ont vu le jour dans différents pays et ont été critiqués comme des atteintes à la vie privée. Dans de telles situations, la question de la liberté individuelle doit être pesée par rapport aux responsabilités de la société d'assurer la santé publique et de maîtriser la dissémination du HIV. De même, les programmes de dons de seringues pour éviter les échanges d'aiguilles ont été accusés de promouvoir la toxicomanie.

Les associations de lutte contre le sida jouent un rôle très important dans la médiatisation et la prise de conscience de la maladie.

De nombreux chercheurs spécialistes pensent que la biologie du HIV est encore insuffisamment connue. Ils recommandent de modifier les dépenses faites dans la lutte contre le sida, sans nécessairement les augmenter, pour favoriser la recherche fondamentale qui pourra amener un jour à la découverte de meilleurs traitements.


 
 

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