Le virus Ebola

appartient à la famille des filovirus, qui regroupe des virus à l'apparence filamenteuse caractéristique. Des chauves-souris frugivores de la famille des ptéropodidés constituent vraisemblablement le réservoir naturel du virus, mais d'autres mammifères peuvent être infectés. Chez l'homme et les autres primates, il provoque la maladie à virus Ebola, et a causé plusieurs épidémies. Cette maladie, pour laquelle il n'existe pas de traitement homologué, a un taux de létalité allant de 25 % à 90 % chez l'humain ; elle affichait ainsi un taux de 39,8 % au 4 janvier 2015 (8 235 morts sur 20 747 cas recensés3). La transmission entre humains se fait principalement par contact direct avec des fluides corporels.

Particulièrement dangereux, ce virus ne doit être manipulé qu'au sein de laboratoires P4 (ou BSL-4), conçus pour prévenir les risques de contamination par accident ou à la suite d'actes de malveillance (bioterrorisme).

Taxinomie

On connaît cinq virus distincts, que l'ICTV rattache chacun à l'une des cinq espèces du genre Ebolavirus. Cependant, la taxinomie des filovirus est récente et continue d'évoluer au gré des avancées phylogénétiques, d'où une relative confusion entre les différentes dénominations retenues selon les auteurs. Un usage bien ancré dans les laboratoires fait du virus Ebola une désignation synonyme du genre Ebolavirus décliné en cinq sous-types de virus, tandis que la nomenclature adoptée par l'ICTV, faisant du virus Ebola le virus de l'espèce type du genre Ebolavirus, n'a pas encore été ratifiée.

Le nom des espèces virales validé par l'ICTV a sensiblement évolué depuis l'identification de ces virus. On distingue :
le virus Ebola proprement dit (EBOV), de l'espèce ebolavirus Zaïre (autrefois ZEBOV), ou sous-type Ebola Zaïre, identifié pour la première fois en 1976 au Zaïre (aujourd'hui République démocratique du Congo) — c'est le plus virulent des cinq virus, à l'origine de l'épidémie de 2014 en Afrique de l'Ouest ;
le virus Soudan (SUDV), de l'espèce ebolavirus Soudan (autrefois SEBOV), ou sous-type Ebola Soudan, endémique au Soudan du Sud et en Ouganda ;
le virus Reston (RESTV), de l'espèce ebolavirus Reston (autrefois REBOV), ou sous-type Ebola Reston, identifié en 1983 dans la région de Reston, aux États-Unis ;
le virus Forêt de Taï (TAFV), de l'espèce ebolavirus Forêt de Taï, autrefois ebolavirus Côte d'Ivoire (CIEBOV), ou sous-type Ebola Forêt de Taï (ou encore Ebola Côte d'Ivoire), identifié en 1994 dans le parc national de Taï, en Côte d'Ivoire, aux confins de la Guinée et du Libéria ;
le virus Bundibugyo (BDBV), de l'espèce ebolavirus Bundibugyo (autrefois BEBOV), ou sous-type Ebola Bundibugyo, identifié en 2008 dans la région de Bundibugyo, en Ouganda.

La nature pathogène des différents filovirus, qu'il s'agisse du genre Ebolavirus ou du genre Marburgvirus, est très semblable dans la mesure où ces virus ont tous été associés à des flambées de fièvres hémorragiques chez l'homme et les autres primates avec des symptômes identiques. Ils diffèrent en revanche du point de vue génétique, avec une séquence nucléotidique pouvant varier de 30 à 40 % d'une souche à l'autre, ce qui se traduit par une sévérité très différente entre les pathologies induites chez l'homme par ces différents virus — la létalité peut ainsi être nulle chez les humains pour le virus Reston, mais approcher 90 % pour le virus Ebola — bien que des facteurs environnementaux puissent également expliquer ces différences.

Le virus Reston a été isolé en 1989 chez des macaques crabiers aux Philippines. Présent également en Chine, il est moins pathogène chez les primates non humains et l'on pensait qu'il n'affectait pas les humains jusqu'à ce qu'on identifie une transmission du porc à l'homme en 2009.

Le virus Bundibugyo, découvert en 2008, s’apparente davantage au virus Forêt de Taï, mais est plus virulent que ce dernier.

Structure et génome

Les filovirus sont, comme leur nom l'indique, des particules virales d'apparence filamenteuse. Ils appartiennent à l'ordre des Mononegavirales, comprenant les virus à ARN monocaténaire non segmenté à polarité négative. Initialement classés parmi les rhabdovirus, les filovirus forment aujourd'hui une famille distincte et seraient en réalité plus proches des paramyxovirus, parmi lesquels on trouve notamment les virus des oreillons et de la rougeole.

Le virus Ebola peut être linéaire ou ramifié, long de 0,8 à 1 μm mais pouvant atteindre 14 μm par concatémérisation (formation d'une particule longue par concaténation de particules plus courtes), avec un diamètre constant de 80 nm. Il possède une capside nucléaire hélicoïdale de 20 à 30 nm de diamètre constituée de nucléoprotéines NP et VP30, elle-même enveloppée d'une matrice hélicoïdale de 40 à 50 nm de diamètre constituée de protéines VP24 et VP40 et comprenant des stries transversales de 5 nm. Cet ensemble est, à son tour, enveloppé d'une membrane lipidique dans laquelle sont fichées des glycoprotéines GP.

Il possède un génome de 19 kilobases ayant une organisation caractéristique des filovirus. Ce génome code neuf protéines fonctionnelles sur sept gènes exprimés de la façon suivante :

Génome du virus Ebola du patient zéro au Zaïre, 1976
Gène Position sur
l'ARN viral
Région traduite Protéine exprimée Taille en
acides aminés
PDB*
Région 5'
non traduite
1 - 55 Non traduit
NP 56 - 3 026 470 - 2.689 Nucléoprotéine de la capside
du matériel génétique viral
739 résidus 4QB0
VP35 3.032 - 4.407 3.129 - 4.151 Cofacteur de la polymérase virale,
antagoniste des interférons de type I
340 résidus 3FKE
VP40 4.390 - 5.894 4.479 - 5.459 Protéine majeure de la matrice 326 résidus 4LDD
GP 5.900 - 8.305 6.039 - 7.133 Glycoprotéine sécrétée (sGP) 364 résidus
6.039 - 6.923
insertion d'un A
6.924 - 8.068
Glycoprotéine transmembranaire
de l'enveloppe virale (GP)
676 résidus 3CSY
6.039 - 6.923
insertion de deux A
6.924 - 6.933
Petite glycoprotéine sécrétée (ssGP) 298 résidus
VP30 8.288 - 9.740 8.509 - 9.375 Nucléoprotéine mineure,
complexée avec la polymérase
288 résidus 2I8B
VP24 9.885 - 11.518 10.345 - 11.100 Protéine de la matrice, associée à l'enveloppe virale,
inhibe la réponse immunitaire innée intracellulaire,
rend les cellules infectées insensibles aux
interférons de types I et II.
251 résidus 3VNE
L 11.501 - 18.282 11.581 - 18.219 ARN polymérase ARN-dépendante
caractéristique des mononégavirus
2.212 résidus
Région 3'
non traduite
18.283 - 18.959 Non traduit
 * Note : les structures Protein Data Bank proposées sont issues de divers virus du genre Ebolavirus et non spécifiquement du virus Ebola de 1976.


Les variations génétiques entre les différents virus du genre Ebolavirus peuvent être illustrées par la comparaison de la taille des différents génomes et leurs taux de GC respectifs (voir tableau ci-contre à droite).

Par comparaison, parmi les autres filovirus, le virus Marburg, du genre Marburgvirus, a un génome long de 19,11 kb avec un taux de GC de 38,8 % tandis que le virus Lloviu, du genre Cuevavirus, a un génome long de 18,93 kb avec un taux de GC de 46,0 %.

Réplication



Image colorisée montrant des particules virales Ebola (en bleu) bourgeonnant d'une cellule VERO E6 réalisée par microscopie électronique à balayage en juin 2014.

La fusion de l'enveloppe du virion avec la membrane plasmique de la cellule hôte a pour effet de libérer la capside nucléaire dans le cytoplasme de la cellule cible. L'ARN polymérase ARN-dépendante L dénude partiellement l'ARN génomique et le transcrit en ARN messager à polarité positive qui sont ensuite traduits en protéines. L'ARN polymérase L du virus Ebola se lie à un promoteur unique situé à l'extrémité 5' du génome viral. L'expression des gènes se déroule ensuite séquentiellement, avec une probabilité croissante de s'interrompre à mesure que la polymérase progresse le long du brin d'ARN génomique à transcrire : le premier gène à partir du promoteur est ainsi davantage exprimé que le dernier gène à l'extrémité 3'. L'ordre des gènes sur le génome viral offre ainsi un moyen simple, mais efficace de réguler leur transcription : la nucléoprotéine NP, codée par le premier gène, est produite en plus grande quantité que la polymérase L, codée par le dernier gène. La concentration de cette nucléoprotéine dans le cytosol de l'hôte détermine le moment où la polymérase L bascule de la transcription — production d'ARN messager à partir de l'ARN génomique — vers la réplication virale — production d'antigénomes d'ARN à polarité positive par réplication intégrale d'un ARN génomique original. Ces antigénomes sont à leur tour transcrits en génomes viraux d'ARN à polarité négative qui interagissent avec les protéines structurelles préalablement traduites à partir de l'ARN viral. Des particules virales s'auto-assemblent à partir des protéines et du matériel génétique nouvellement produits à proximité de la membrane cellulaire. Elles bourgeonnent hors de la cellule en se recouvrant d'une enveloppe virale issue de la membrane plasmique, où s'insèrent les glycoprotéines GP, ce qui libère de nouveaux virions prêts à infecter d'autres cellules.

Expression de la glycoprotéine

La glycoprotéine GP joue un rôle déterminant dans la virulence du virus Ebola. Elle est normalement exprimée sous forme soluble sGP de 364 résidus d'acides aminés formant un homodimère de 110 kDa composé de deux chaînes polypeptidiques identiques parallèles maintenues ensemble par deux ponts disulfure au niveau des cystéines 53 et 306. Le produit de la transcription du gène GP est en fait un peu plus long que la sGP fonctionnelle, laquelle résulte du clivage par une furine de la pré-sGP produite, en libérant une petite protéine non structurelle fortement O-glycosylée appelée Δ-peptide (ou peptide Δ).

Cependant, le gène GP des virus du genre Ebolavirus contient sept résidus d'adénine consécutifs formant vraisemblablement une structure en épingle à cheveux, ou tige-boucle, au niveau de laquelle la polymérase virale patine ou « bégaie » (on parle de polymerase stuttering) : dans environ un cas sur cinq, elle insère une adénine supplémentaire dans l'ARN messager, ce qui décale d'un nucléotide le cadre de lecture des codons par le ribosome. La protéine produite par cet ARNm modifié, la GP proprement dite, est donc différente de la sGP : ses 295 résidus N-terminaux sont identiques, mais les 312 résidus suivants, côté C-terminal, sont différents. Il s'ensuit une protéine plus longue, totalisant 676 résidus (un de plus pour le virus Reston), clivée par une furine au niveau d'une région basique pour former deux sous-unités, GP1 et GP2, maintenues ensemble par un pont disulfure entre la Cys53 sur GP1 et la Cys609 sur GP2. C'est cet hétérodimère qui s'assemble en trimère de 450 kDa à la surface de la membrane lipidique des virions et permet leur pénétration dans les cellules de l'hôte à infecter.

Le patinage de la polymérase L sur l'épingle à cheveux produit également une troisième glycoprotéine, appelée ssGP, dont le rôle n'est pas connu et dont on pense qu'elle est monomérique ; cela se produit par insertion de deux résidus d'adénine supplémentaires au niveau de la région en tige-boucle du gène GP du virus, ce qui décale cette fois de deux nucléotides le cadre de lecture de l'ARNm par le ribosome et conduit à une protéine de 298 résidus d'acides aminés.

L'expression de plusieurs glycoprotéines par chevauchement de gènes est une caractéristique permettant de distinguer, parmi les filovirus, les virus des genres Ebolavirus et Cuevavirus des virus du genre Marburgvirus, ces derniers ne produisant que la glycoprotéine GP.

Réservoirs

Le réservoir naturel du virus Ebola pourrait être des chauves-souris, notamment l'espèce de la roussette d'Égypte. Des anticorps d'ebolavirus Zaïre ont été détectés dans le sérum de trois espèces de chauves-souris frugivores tropicales : Hypsignathus monstrosus, Epomops franqueti et Myonycteris torquata. Le virus n'a cependant jamais été détecté chez ces animaux. Si les chauves-souris frugivores de la famille des ptéropodidés constituent vraisemblablement le réservoir naturel du virus Ebola, on a trouvé des éléments génétiques de filovirus dans le génome de certains petits rongeurs, de chauves-souris insectivores, de musaraignes, de tenrecidés voire de marsupiaux, ce qui tendrait à prouver une interaction de plusieurs dizaines de millions d'années entre ces animaux et les filovirus.

Les chauves-souris seraient ainsi des porteurs sains et contribueraient significativement au réservoir naturel du virus Ebola. On pensait jusqu'à présent qu'elles contaminaient d'abord un autre animal avant que le virus n'atteigne les populations humaines, mais elles pourraient également contaminer les humains directement : selon l'IRD, dans certaines circonstances, des chauves-souris pourraient en effet transmettre directement le virus Ebola à l’homme.

Les porcs domestiques sont sensibles aux virus Ebola par infection des muqueuses. Ils développent alors une maladie respiratoire grave pouvant être confondue avec d'autres maladies respiratoires porcines, associée à une effusion de charge virale élevée dans l'environnement, exposant les porcs sains à l'infection.

Écoépidémiologie

Le cycle du virus dans la nature est encore mal connu. On sait qu'il affecte certains grands singes et les chauves-souris. L'hypothèse est la suivante :

  • les chauves-souris sont porteuses saines ;
  • les chauves-souris contaminent les singes ;
  • les humains chassent en forêt, et se font contaminer, par exemple en « mangeant de la viande de brousse contaminée », ou en rencontrant les singes, ou encore en mangeant des chauves-souris comme l'Hypsignathus monstrosus.

Image colorisée d'une particule virale Ebola obtenue par microscopie électronique en transmission en août 2014


Pouvoir pathogène

Article détaillé : Maladie à virus Ebola, action pathogène.

La période d’incubation varie de 2 à 21 jours, le plus souvent de 4 à 9 jours. Une semaine après le début des symptômes, les virions envahissent le sang et les cellules de la personne infectée. Les cellules les plus concernées sont les monocytes, les macrophages et les cellules dendritiques. La progression de la maladie atteint généralement le fonctionnement des organes vitaux, en particulier des reins et du foie. Ceci provoque des hémorragies internes importantes. La mort survient, peu de temps après, par défaillance polyviscérale et choc cardio-respiratoire.

Le virus Ebola sature tous les organes et les tissus à l’exception des os et des muscles moteurs. Il se forme d’abord de petits caillots de sang diffus dans l'ensemble des vaisseaux par coagulation intravasculaire disséminée, dont le mécanisme n'est pas clair. Les caillots se collent ensuite aux parois des vaisseaux sanguins pour former un « pavage ». Plus l’infection progresse, plus les caillots sont nombreux, ce qui bloque les capillaires. Finalement, ils deviennent si nombreux qu’ils bloquent l’arrivée sanguine dans les divers organes du corps. Quelques parties du cerveau, du foie, des reins, des poumons, des testicules, de la peau et des intestins se nécrosent alors car elles souffrent d'un manque de sang oxygéné.

Une des particularités du virus Ebola est la brutalité avec laquelle il s’attaque aux tissus conjonctifs. Il provoque aussi des taches rouges appelées pétéchies résultant d'hémorragies sous-cutanées. Il affecte le collagène de la structure de la peau. Les sous-couches de la peau meurent et se liquéfient ce qui provoque des bulles blanches et rouges dites maculopapulaires. À ce stade, le simple fait de toucher la peau la déchire tant elle est amollie.

Le virus provoque une réaction inflammatoire importante mais certaines protéines virales semblent inhiber l'interféron.

Modes de transmission

Entre humains

Le contact direct avec les liquides organiques (sang, vomi, diarrhée, sueur, salive…) d’une personne infectée est la principale voie de contamination interhumaine.

Selon les conclusions de l'OMS à la date d'octobre 2014, les liquides les plus infectieux sont actuellement le sang, les selles et le vomi. Le virus ayant également été détecté dans le lait maternel et l’urine. La salive et les larmes peuvent également représenter un risque, bien que les données scientifiques ne soient actuellement pas concluantes selon l'OMS. À l'inverse, le virus entier vivant n’a jamais été isolé dans la sueur et la propagation du virus par la toux et les éternuements est « rare voire inexistante » selon les observations actuelles de l'OMS, entre autres les données épidémiologiques de la flambée actuelle ne correspondent pas aux caractéristiques des virus transmis par voie aérienne, comme ceux de la rougeole et de la varicelle, ou du bacille de la tuberculose.

Les risques de propagation parmi le personnel hospitalier sont très élevés, particulièrement si la stérilisation du matériel n’est pas assurée. Dans les zones endémiques, des manques en matière d'hygiène et de sécurité ont causé la mort de plusieurs médecins et infirmiers lors d'épidémies et favorisent les contaminations nosocomiales.

La transmission du virus peut aussi s’effectuer par contacts étroits du malade avec ses proches. On entend par contacts étroits des contacts directs avec les liquides organiques d’une personne infectée, qu’elle soit vivante ou décédée. Les rituels funéraires de certains peuples d'Afrique centrale, consistant à laver le corps, puis à se rincer les mains dans une bassine commune, ont souvent favorisé la propagation du virus à travers la famille et les amis du défunt.

Entre humains et animaux

Lorsque les chauves-souris frugivores sont particulièrement abondantes, comme à Abidjan, cet animal devient une source grave d'infection.

La transmission peut se produire chez des personnes ayant manipulé des primates infectés par le virus, morts ou vivants : cas des singes, probablement du genre Cercopithecus, vendus comme viande de brousse sur les marchés en République démocratique du Congo.

En laboratoire, des primates non humains ont été infectés à la suite d’une exposition à des particules aérosolisées du virus provenant du porc, mais une transmission par voie aérienne n’a pas été démontrée entre primates non humains. Des porcs ont excrété le virus dans leurs sécrétions rhinopharyngées et leurs selles après une inoculation expérimentale.


Symptômes

Article détaillé : Maladie à virus Ebola : symptômes et évolution.

La maladie à virus Ebola se caractérise par une soudaine montée de fièvre accompagnée d'une fatigue physique, de douleurs musculaires, de céphalées ainsi que de maux de gorge. Débutent ensuite une diarrhée souvent sanglante (appelée « diarrhée rouge » en Afrique francophone), les vomissements, les éruptions cutanées et l’insuffisance rénale et hépatique. Des hémorragies internes et externes surviennent ensuite, suivies du décès par choc cardio-respiratoire dans 50 à 90 % des cas. Les signes hémorragiques peuvent être très frustes à type d’hémorragies conjonctivales. Elles peuvent aussi être profuses à type d’hématémèse et de melæna. La contagiosité des malades est donc très variable bien que 5 à 10 particules virales d'Ebola suffisent à déclencher une amplification extrême du virus dans un nouvel hôte.

La durée d’incubation (le temps écoulé entre l’infection et l’apparition des symptômes) varie de 2 à 21 jours mais elle est dans la plupart des cas de 4 à 9 jours.

Le décès survient dans un tableau de choc avec défaillance multi-viscérale, au bout de 6 à 16 jours. Les cas non mortels peuvent entraîner des séquelles neurologiques, hépatiques ou oculaires. L'espèce ebolavirus Zaïre semble plus dangereuse que l'espèce ebolavirus Soudan, avec une mortalité atteignant 60 à 90 % des cas.

Traitement

Articles détaillés : Maladie à virus Ebola : Prise en charge et prévention et Recherches de traitements.

La maladie causée par le virus est fatale dans 20 % à 90 % des cas. Cette large différence est due au fait que le virus Ebola est particulièrement dangereux en Afrique, où les soins sont limités et difficiles à fournir aux populations. Si le virus ne dispose d'aucun traitement spécifique, de nombreux traitements symptomatiques (réanimation, réhydratation, transfusion...) peuvent permettre d'éviter le décès du patient.

Un vaccin vivant atténué expérimental donne des résultats encourageants chez le singe. Il a été administré en mars 2009 à une chercheuse travaillant sur le virus, après une possible contamination accidentelle. L'évolution en a été favorable.

D'autres pistes sont en cours d'exploration chez l'animal : utilisation d'une protéine inhibitrice d'un facteur de la coagulation ou inhibition de l'ARN polymérase virale par des ARN interférents. Un sérum, composé d'anticorps monoclonaux produits par des plants de tabac PGM appelé ZMapp de la firme américaine Mapp Biopharmaceutical, est administré avec succès, de façon expérimentale en août 2014, sur deux patients américains infectés. Et les États-Unis ont partiellement levé des restrictions sur un autre traitement expérimental de la société canadienne Tekmira, mais sa mise sur le marché pourrait prendre plusieurs mois. Les japonais ont eux aussi un traitement expérimental qui fonctionnerait sur le virus Ebola même 6 jours après infection et ce sur les souris, les tests sur les primates n'ont pas encore été faits et le Nigeria devrait bientôt recevoir un petit stock de ce produit utilisé pour traiter la grippe et qui fonctionne sur la Fièvre du Nil, la Fièvre Jaune et la Fièvre Aphteuse.

La lamivudine, molécule anti-HIV disponible en quantité en Afrique, est en cours de test pour soigner Ebola.

Précautions

  • L'abattage des animaux infectés en utilisant des gants et un masque, avec une surveillance rigoureuse de l’enterrement ou de l’incinération des carcasses, peut s’avérer nécessaire pour réduire le risque de transmission de l’animal à l’homme. La restriction ou l’interdiction du déplacement des animaux à partir des élevages infectés vers d’autres zones peut réduire la propagation de la maladie.
  • Les produits (sang et viande) doivent être cuits soigneusement avant d’être consommés.
  • Les communautés touchées par le virus Ebola doivent informer la population de la nature de la maladie et des mesures prises pour endiguer la flambée, y compris lors des rites funéraires. Les personnes mortes de cette infection doivent être enterrées rapidement et sans prendre de risque.
  • L'imposition de la quarantaine, l’interdiction d’aller dans les hôpitaux, la suspension de la pratique des soins aux malades et des funérailles ainsi que la mise à l’écart des malades dans des huttes séparées qui sont désinfectées (de l'eau de javel à deux semaines d'intervalle suffit), parfois brûlées après la mort de leurs occupants, permettent d'endiguer les épidémies. Sur le terrain, il n’existe toujours pas de mesure plus sécuritaire si ce n’est le port du filtre à air.
  • Les recherches en laboratoires doivent être menées au sein d'installations de confinement de niveau de biosécurité . Les laboratoires de niveau 4 sont entièrement autonomes et possèdent un système de ventilation spécialisé, un sas d’entrée et de sortie, des enceintes de protection biologique de classe III, etc. Les procédures sur la stérilisation et la décontamination y sont rigoureusement appliquées et les employés revêtent une combinaison pressurisée.

En Europe, le premier laboratoire à recevoir l’autorisation de travailler sur Ebola, en l'an 2000, fut le laboratoire P4 Jean Mérieux, à Lyon (France). En Belgique, le Conseil Supérieur de la Santé a émis un avis dans lequel il définit, pour les hôpitaux belges, la prise en charge des patients chez qui une infection par le virus Ebola ou par le virus Marburg est envisagée, suspectée ou confirmée.

Aux États-Unis, la NIH finance à partir de 2012 pour une durée de 5 ans l'institut Albert Einstein College of Medicine afin d'étudier les mécanismes moléculaires de l'infection du virus et sa diffusion chez l'animal.


Sociologie

Devant l'ampleur de l'épidémie de 2014, l'OMS a accepté le 12 août l'utilisation sous condition de traitements expérimentaux pour traiter les patients atteints de maladie à virus Ebola. Ceci a pu être localement présenté comme un blanc seing donné à toutes sortes de médications traditionnelles ou simplement fallacieuses et pouvant s'avérer dangereuses. Au Nigeria, une rumeur a couru pendant l'été 2014 faisant de la consommation massive de curcuma, de sel et de saumure un moyen de se protéger de la maladie à virus Ebola, causant la mort de plusieurs personnes intoxiquées par une consommation excessive de sel et conduisant la FDA le 14 août puis l'OMS le 15 août à émettre des mises en garde contre les traitements frauduleux et les croyances populaires dangereuses.

Suite à l'approbation par l'OMS de l'utilisation de traitements expérimentaux dans le cadre de l'épidémie de 2014, le ministre de la santé du Nigeria, Onyebuchi Chukwu, a annoncé le 15 août l'arrivée dans le pays d'un traitement baptisé Nano Silver sur lequel peu d'informations avaient filtré, hormis le fait qu'il aurait été mis au point par un scientifique nigérian dont l'identité demeurait confidentielle. Selon le Dr. Simon Agwale, expert nigérian en maladies contagieuses, ce traitement se serait révélé efficace contre les virus, les bactéries et les parasites. Suite à la mise en garde de la FDA contre l'utilisation de ce genre de produits, les autorités fédérales et de l'État de Lagos le déclaraient non conforme pour une utilisation médicale, le Nano Silver étant promptement retiré du marché nigérian.

Dans le reste de l'Afrique de l'Ouest également, des rumeurs infondées ont circulé, par exemple au Togo, selon lesquelles se laver avec du citron dans de l'eau salée protégerait du virus, tandis qu'au Burkina Faso des escrocs tentaient de profiter de la crédulité des internautes pour leur soutirer de l'argent contre la promesse d'un traitement miracle « sous le haut parrainage du Ministre de la santé canadienne Rona Ambrose ».

Mutation

Selon l'OMS, les risques actuels de mutation importante, incluant de nouveaux modes de transmissions, sont faibles. Les scientifiques ne connaissant aucun virus dont le mode de transmission ait radicalement changé jusqu'à présent. L'OMS indique comme exemple que le virus H5N1 de la grippe aviaire, qui entraîne des cas chez l’être humain depuis 1997 et qui est devenu endémique parmi les poulets et les canards dans de grandes parties de l’Asie a circulé chez des milliards d’oiseaux en plus de deux décennies sans que son mode de transmission ne change notablement.

L'OMS en conclut que l’idée selon laquelle le virus Ebola pourrait muter et se propager facilement d’une personne à l’autre par voie aérienne « n’est que pure spéculation qui ne repose sur aucune donnée probante ».

Bioterrorisme

En 1992, la secte japonaise Aum Shinrikyō, profitant d'une épidémie, tente en vain de se procurer le virus Ebola au Zaïre, lors d'une mission « humanitaire » menée par le gourou en personne avec quarante autres membres de la secte. Considéré comme particulièrement dangereux, ce virus est soumis dans la plupart des pays à des dispositions spécifiques de sécurité. En France, toute autorisation de recherche sur celui-ci est délivrée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), après examen du casier judiciaire ; le fichier Sambiosec de l'ANSM-PS, auquel peuvent avoir accès les agences de maintien de l'ordre, recense les diverses recherches et utilisations en cours.

L'épidémie de 2014 a fait l'objet de plusieurs interprétations sur le thème de la théorie du complot.



Découverte

Le virus Ebola a été nommé ainsi en référence à une rivière passant près de la ville de Yambuku, dans le nord du Zaïre (aujourd'hui République démocratique du Congo). C'est à l'hôpital de cette localité que le premier cas de fièvre hémorragique Ebola fut identifié, en septembre 1976 par le médecin belge Peter Piot de l'Institut de médecine tropicale d'Anvers, annonçant une première épidémie qui allait alors toucher 318 personnes et en tuer 280.

Épidémie de 2013-2014

Article détaillé : Épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique de l'Ouest.

Cette épidémie, commencée en décembre 2013, est parfois qualifiée d'« atypique », parce que non maîtrisée. En juillet 2014, elle évoluait de manière préoccupante en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. Le 20 août 2014, 844 décès étaient officiellement confirmés comme dus au virus. Une flambée s’est déclarée dans le district de Boende (région isolée de la province de l'Équateur, en République démocratique du Congo) puis s'est éteinte. Une autre flambée (avec de premiers cas relevés en mars 2014, sans lien avec l'autre épidémie) s'est étendue en Afrique de l'Ouest en devenant, selon l'OMS, en quelques mois « la plus importante et la plus complexe depuis la découverte du virus en 1976. Elle a produit plus de cas et de décès que toutes les précédentes flambées réunies. Cette flambée a également comme particularité de s’être propagée d’un pays à l’autre, partant de la Guinée pour toucher la Sierra Leone et le Libéria (en traversant les frontières terrestres), le Nigeria (par l’intermédiaire d’un seul voyageur aérien). »

Le séquençage des gènes du virus (2014WA) de cette épidémie en Afrique de l'Ouest a montré 98 % d'homologie avec le virus Zaïre Ebola. Le taux de létalité serait de 55 % dans les pays touchés. Selon les données disponibles, la transmission en période d'incubation est très peu probable hormis par contact direct avec le sang, les sécrétions, et/ou d'autres fluides corporels de personnes infectées mortes ou vivantes. L'OMS rappelle que la durée d'incubation peut atteindre 21 jours et que le sperme et le lait maternel peuvent être vecteur du virus et que « le sperme peut continuer de transmettre le virus jusqu’à sept semaines après la guérison clinique ».

La gestion du risque pandémique se fait à l'échelle mondiale sous l'égide de l'OMS. Début octobre 2014, une étude basée sur une modélisation réactualisée presque en temps réel du risque pandémique lié au trafic aérien, dont de premiers résultats ont été publiés dans PLOS attire l'attention sur les risques d'introduction du virus en Europe et en France. Si le trafic aérien était resté normal, il y aurait 75 % de risques que la France soit touchée dans les vingt jours, mais selon Alessandro Vespignani, de l'université Northeastern de Boston, grâce à la réduction de 80 % du transport aérien en provenance des pays touchés, ce risque tombe à 20 %. Simon Cauchemez, de l'Institut Pasteur rappelle qu'un cas importé ne suffit pas à définir le déclenchement d'une épidémie (il peut être détecté, isolé, et éventuellement guéri sans contagion).

Selon l'OMS il faut, pour chaque nouveau cas, « mettre en œuvre un ensemble d’interventions : prise en charge des cas, surveillance [durant 21 jours] et recherche des contacts, services de laboratoire de qualité, inhumations sans risque et mobilisation sociale. La participation de la communauté est essentielle pour juguler les flambées. La sensibilisation aux facteurs de risque de l’infection par le virus Ebola et aux mesures de protection possibles est un moyen efficace pour réduire la transmission chez l’homme. »

Littérature

Il est le remplaçant du charbon dans le roman de Tom Clancy, Sur ordre, qui fut plébiscité pour avoir décrit à l'avance les événements du 11 septembre 2001.

Le livre The Hot Zone, de Richard Preston relate l'histoire de la découverte d'Ebola.

Le livre Virus de Robin Cook est un roman traitant de contaminations par le virus Ebola.

Hokazono Masaya, dans le manga Emerging, édité chez Kurokawa, conte l'apparition d'une pandémie virale due à un virus émergent dont les symptômes rappellent fortement ceux d'Ebola (dans le manga il est dit que le virus est proche du virus de Marburg et non d'Ebola).

Télévision

L'épisode 1.03 de Sept jours pour agir, montre une souche du virus Ebola transmissible par l'air qui tue 98 % de la population mondiale en une semaine.

Dans un épisode de la série Walker, Texas Ranger, un suspect d'origine africaine est porteur de ce virus, ce qui provoque une très grande inquiétude de la part de Walker et son équipe, certains rangers ayant été en contact avec ce suspect.

Dans la saison 3 de la série télévisée 24 heures chrono, les symptômes causés par le virus Cordilla, dont sont atteints les habitants de Los Angeles, sont inspirés d'Ebola.

Lors de la saison 9 de la série télévisée NCIS : Enquêtes spéciales, un terroriste vole le virus d'Ebola à un laboratoire avec l'intention de le relâcher dans un stade contenant 6 000 personnes dont plusieurs haut-gradés de l'armée.

Dans la saison 1 épisode 7 de The Sentinel, le virus Ebola est volé dans un laboratoire de l'université.

Dans l'épisode 6 de la saison 1 de The Walking Dead, le virus Ebola est mentionné comme l'une des raisons principales avec la variole du pourquoi personne ne doit sortir du CDC, comme l'explique Jenner au groupe de survivants.

Cinéma

C'est le sujet du film hongkongais Ebola Syndrome.

Le virus fictif « Motaba » du film Alerte ! s'en inspire.

Le réalisateur de 28 jours plus tard a aussi déclaré s'être inspiré des effets de l'Ebola sur les victimes humaines par souci de réalisme.

Dans le film japonais L change the world, tiré du manga Death note, le virus Ebola est représenté comme arme biologique ; puisqu'il est issu de deux souches, il est devenu un virus mutant.

Le film Contagion s'inspire également de la chauve-souris comme réservoir d'une maladie décimant la population.

9 janvier 2015
Ebola: des tests des vaccins bientôt réalisés dans les zones de contamination

Les tests cliniques sur plusieurs dizaines de milliers de personnes de deux vaccins potentiels contre la fièvre hémorragique Ebola vont commencer dès la fin janvier dans les zones contaminées d'Afrique de l'Ouest, a annoncé vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Marie-Paule Kieny, directrice générale adjointe de l'OMS et responsable de la mobilisation contre Ebola auprès de l'organisation, a précisé aux journalistes que ces tests, dits de «phase 3», seront menés sur des personnes saines.

Il faudra ensuite attendre de deux à quatre semaines pour avoir les données sur l'immunisation procurée par ces vaccins, qui ont déjà été testés sur des volontaires dans divers pays «avec des résultats acceptables en matière de sécurité».

Les premiers tests commenceront fin janvier au Liberia et seront réalisés ensuite en février en Guinée et en Sierra Leone, a indiqué Mme Kieny. Les fabricants des deux vaccins doivent déterminer d'ici là la dose à administrer.

18 000 personnes seront au total vaccinées avec les deux vaccins. En Guinée, les tests concerneront dans un premier temps 4500 personnes puis, plus tard, un second groupe de 4500 personnes sera vacciné. 6000 personnes seront vaccinées en Sierra Leone et au Liberia.

Ces décisions ont été prises par l'OMS après la réunion, jeudi par téléconférence, de 87 experts du monde entier sur les vaccins. Il n'existe pas de vaccins homologués contre Ebola et la communauté sanitaire mondiale avance à marche forcée pour en trouver un ou plusieurs, bousculant les protocoles habituels de validation d'un nouveau produit.

Le virus se transmet par contact direct avec les fluides corporels, d'où un très fort risque de contamination pour les soignants et les proches des malades.

Ebola a affecté au moins 20.972 personnes, entraînant le décès d'au moins 8.259 d'entre elles, selon le dernier bilan jeudi de l'OMS. La grande majorité des victimes provient de Guinée, Sierra Leone et Liberia.

Une fois la phase 3 des tests réalisée et validée, il sera possible de passer à une utilisation généralisée. Des millions de doses vaccinales sont espérées d'ici la fin du premier semestre 2015 et il pourrait y en avoir des dizaines de millions en 2016, selon  la responsable de l'OMS. .

Depuis Ebola, la rougeole flambe

Les deux vaccins actuellement testés sont le rVSV-ZEBOV ou rVSV, produit par le laboratoire américain Merck et développé par l'agence de santé publique du Canada, et le ChAd3 (ou cAd3-ZEBOV) développé par la firme britannique GSK.

Ces produits doivent être conservés dans un froid intense et des réfrigérateurs spéciaux ont été déployés dans les trois pays concernés, a précisé le Dr Kieny.

Un troisième vaccin, développé par Jansen, une filiale de la firme américaine Johnson and Johnson, est également sur les rangs mais sa production ayant pris du retard, il est en période test de phase 1 en Grande-Bretagne pour s'assurer qu'il est sûr et bien toléré avant de pouvoir être testé en Afrique, selon le Dr Kieny.

Les tests de phase 1 ont été réalisés sur des volontaires au Mali et au Gabon, afin de s'assurer que ces tests tiennent compte des différences entre les populations européennes et africaines, ainsi qu'aux États-Unis, en Suisse, en Grande-Bretagne, en Allemagne et au Canada.

L'effondrement des systèmes de santé dans les pays affectés par l'épidémie a affecté le traitement des autres maladies. L'Unicef, l'agence des Nations Unies pour l'aide à l'enfance, a annoncé vendredi une augmentation du nombre de cas de rougeole pour les enfants dans ces pays et le renforcement des programmes de vaccination.

«Le nombre de cas de rougeole a fortement augmenté dans ces pays, où les systèmes de santé sont débordés et des dizaines de milliers d'enfants exposés à des maladies mortelles», a indiqué l'Unicef dans un communiqué.

«La rougeole est une cause majeure de décès d'enfants, mais on peut facilement l'arrêter avec un vaccin sûr et efficace», a déclaré Manuel Fontaine, directeur régional de l'Unicef pour l'Afrique de l'Ouest et centrale.

«Les taux de vaccination ont diminué considérablement, ce qui met encore plus en danger la vie des enfants», a-t-il ajouté.

En Guinée, où une flambée de rougeole s'était déclarée début 2014 - avant Ebola -, le nombre de cas de rougeole confirmés a presque quadruplé, passant de 59 pour la période janvier-décembre 2013 à 215 pour la même période en 2014, selon l'OMS

2 janvier 2015
La bataille contre Ebola est loin d'être terminée, selon l'ONU

L'Afrique de l'Ouest n'est pas près d'être débarrassée d'Ebola et la communauté internationale doit poursuivre ses efforts contre l'épidémie, a estimé vendredi le chef sortant de la Mission des Nations unies pour la lutte contre Ebola (UNMEER).

M. Banbury, qui avait a pris ses fonctions lors de la création de l'UNMEER en septembre, quittera Accra samedi, où se trouve le siège de l'organisation, pour céder sa place au Mauritanien Ismail Ould Cheikh Ahmed.

«Je pense que la mobilisation a porté ses fruits, mais nous avons encore un long chemin à parcourir (...) il s'agit d'un combat très difficile et nous ne savons pas ce que l'avenir nous réserve», a-t-il déclaré en conférence de presse dans la capitale ghanéenne.

«Ce qui m'inquiète surtout, c'est quand nous allons atteindre des chiffres plus bas --ce qui devrait arriver assez tôt en 2015, j'en suis convaincu... Mais deux cas par-ci et trois cas par-là, cela reste une menace préoccupante pour n'importe quelle communauté ou n'importe quel pays», a-t-il souligné, appelant la communauté internationale à ne pas se se détourner de l'Ebola jusqu'à ce que l'épidémie soit terminée.

L'UNMEER a été créée pour piloter la lutte contre l'épidémie dans les trois pays les plus touchés (Liberia, Sierra Leone et Guinée). Il s'agit de la première mission de terrain de l'ONU consacrée spécifiquement à une crise de santé publique.

Le nombre de morts dues à l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola en Afrique de l'Ouest s'élève à 7890 sur un total de 20 171 cas enregistrés dans les trois pays les plus touchés, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé, arrêté au 28 décembre.

 
 

 

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