Sainte
Catherine
Ste-Catherine
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"Je
n'ai été qu'un instrument,ce n'est pas pour moi que la Sainte
Vierge est apparue.Si elle m'a choisie,ne sachant rien,c'est afin qu'on
ne puisse pas douter d'elle."
(Saint
Catherine Labouré)
Fille
de la charité, Servante des pauvres
SAINTE
CATHERINE LABOURÉ
Vierge,
religieuse des Filles de la Charité
(1806-1876)
Neuvième
enfant d'une famille de dix-sept, Zoé Labouré vint au monde
à l'aube du mois de Marie,
le
2 mai 1806, à Fain-les-Moutiers, petit village de la Côte-d'Or.
Dès
le lendemain,la cloche de l'église carillonne à toute volée,dans
la campagne fleurie,
annonçant
le baptême de Catherine.
Un
tout petit hameau...
Émergeant
à peine des arbres,un clocher pointu,quelques maisons groupées
autour: c'est Fain-les-Moutiers, terre riche de prairies, de champs de
blé et de vignobles.
A
quelques pas de la petite église,un porche voûté donne
accès à une cour de ferme entourée de plusieurs corps
de logis : c'est le domaine des Labouré.
A
droite,un pigeonnier massif comme une tour féodale;à gauche,les
bâtiments trapus d'habitation : la vaste cuisine avec sa pittoresque
fromagerie et ses deux chemi'nées puis,en enfilade,quelques pièces
rustiques.
Catherine
au coeur d'une famille paysanne:
Les
parents sont de souche paysanne,race solide et équilibrée.Le
père jouit dans la contrée de l'estime générale,
c'est Maître Labouré.En 1793,il avait épousé
une jeune fille des environs Louise Gontard;c'était l'époque
de la pleine Terreur.
A
la naissance de Catherine,il a déjà huit enfants : une fille
Marie-Louise et sept garçons ; plus tard, le foyer fera place encore
à Tonine et à Auguste.
Dans
cette famille où règne tant d'amour fraternel,Dieu garde
la première place.Tous réunis, on le prie chaque soir, et
l'enfant apprend ses prières bien avant de savoir lire.En fait,l'instruction
de Catherine est question secondaire : l'école est loin, non obligatoire,et
la maman a tant à faire !
Éprouvée
par le rude travail et les maternités rapprochées, la santé
de Louise Labouré décline ; elle meurt à 42 ans, laissant
sa famille dans une grande peine.
Privée
de tendresse maternelle, Catherine âgée de neuf ans se réfugie
dans l'immense amour de la Vierge Marie.
On
la vit alors monter sur une chaise, saisir la statue de Notre-Dame, l'embrasser
longuement et la presser sur son coeur en disant: «Je n'ai plus de
maman; soyez Vous-même ma maman, bonne Sainte Vierge!» A onze
ans, la fillette dut remplir l'office de mère au foyer domestique.
Prenant la direction intérieure de la ferme paternelle, elle devenait
responsable des travaux domestiques. Magré son peu d'instruction,
Zoé s'occupa de former à la piété sa petite
soeur et son petit frère. Après son travail, elle se rendait
souvent à l'église et priait devant l'autel de la Vierge
et disait ces paroles: "C'est toi que je choisis pour mère."
«NOUS
ALLONS FAIRE MARCHER LA MAISON»
Après
un séjour de deux ans chez une tante à Saint-Rémy,Catherine
et sa jeune soeur Tonine regagnent la ferme. Elle va avoir douze ans, elle
est grande, solide, et s'entend à toutes les
besognes
ménagères.
Pendant
son absence, l'aînée Marie-Louise a connu à Langres
les Filles de la Charité et compris sa vocation. Il faut partir,
laisser père,frères et soeurs. Catherine,décidée
et pratique,
dénoue
la situation.
-
«Tonine et moi, nous pouvons très bien faire marcher la maison
!» affirme-t-elle au père.
Pierre
Labouré finit par céder. Marie-Louise suivra librement sa
voie et Catherine
prendra
la tête du ménage.
Une
grande ferme exige beaucoup de travail, et pourtant on verra souvent l'enfant
cheminer dans la plaine, vers l'église de Moutiers-Saint-Jean pour
y entendre la messe du matin.
En
1818 elle y fera sa première communion.
L'Appel...
Malgré
son travail, la jeune fille s'astreint à de dures pénitences.
Elle
jeûne le vendredi et le samedi, même au temps des rudes labeurs.
Inquiète
pour la santé de son aînée, Tonine menace d'en parler
au père.
-
"Eh bien,vas-y", répond Catherine d'un ton bref.
Pierre
Labouré se contente de quelques observations.
N'ayant
plus à craindre de remontrances, l'adolescente se réfugie
dans la petite église de Fain, dès que son travail le lui
permet. Là,elle prie, à genoux sur les dalles de pierre,
même
quand
le froid les glace.
Au
village, chacun estime Catherine. Plus d'un parti se présente. Catherine
est sérieuse,courageuse, solide, et le père a des biens au
soleil...La réponse invariablement est non.
A
l'approche de ses 19 ans, un songe étrange lui confirme le vrai
sens de sa vie : elle se croit en prière dans l'église de
Fain. A l'autel, un prêtre âgé, revêtu des ornements
sacrés,
célèbre
la messe. La cérémonie achevée, il se retourne et
lui fait signe d'approcher.`
Catherine
effrayée s'enfuit... mais le songe continue à se dérouler.Elle
est maintenant
au
chevet d'un malade. Le vieux prêtre est là, lui aussi, et
lui dit :
"Ma
fille, c'est bien de soigner les malades, vous me fuyez maintenant, mais
un jour vous serez heureuse de venir à moi. Dieu a ses desseins
sur vous ! ne l'oubliez pas !"
L'appel
sera donc entendu. Mais, fidèle à la loi du silence qu'elle
s'imposera sa vie durant,
elle
ne dira mot de cette rencontre; seuls sont connus les mots de Tonine :
"Elle
n'était plus de la terre...elle était toute mystique!"
La
voie du dévouement est tracée: don total de soi,au service
des plus démunis, à la suite de Jésus-Christ.
En
1828, Catherine a 22 ans,Tonine 20.
Cette
dernière peut maintenant la remplacer à la ferme.
L'heure
est venue de parler au père de sa vocation. Côtoyant les Filles
de la Charité qui desservent l'hospice de Moutiers-Saint-Jean, elle
pense entrer dans cette communauté.
La
réponse est immédiate et formelle «Tu ne partiras pas
!»
Catherine
supporte l'opposition d'un père qu'elle chérit, mais ce non
absolu pèse lourdement `
sur
son coeur.
Pierre
Labouré veut à tout prix détourner sa fille de ses
projets. Que faire ?
Peut-être
qu'un séjour à Paris chez son fils Charles qui tient un restaurant
ouvrier lui changerait les idées ?
Quelques
jours après, Catherine, bien à regret mais obéissante,
monte dans la diligence de Paris.
Jamais
elle ne devait revoir le clocher de Fain-les-Moutiers.
LE
GRAND TOURNANT...
A
Paris, dans le restaurant de son frère, Catherine accomplit courageusement
son travail.
Ce
service, qui se prolonge pendant toute une année, est pour elle
source de grande souffrance.
Sa
belle-soeur, Madame Hubert Labouré, dirige,à Châtillon-surSeine,
un pensionnat fréquenté par la noblesse bourguignonne.
Charles,
touché par la détresse de la jeune fille, prépare
sans doute les voies ouvrant un chemin salutaire. Elle quittera bientôt
Paris pour Châtillon.
Bien
qu'accueillie chaleureusement, Catherine n'est pas à l'aise dans
ce milieu aristocratique
s'alliant
mal à sa simplicité. A peine arrivée, elle songe à
repartir.
Cependant
DIEU l'attendait là.
"Voilà
le prêtre que j'ai vu en rêve"
Apprenant
qu'une maison des Filles de la Charité se trouve dans la ville,
elle décide de s'y
rendre
de plus en plus son désir d'entrer en religion s'affirme, elle veut
s'en ouvrir
à
la Supérieure.
On
l'introduit au parloir. Un tableau attire son attention,c'est le portrait
d'un prêtre âgé...
Mais
elle a déjà vu ce regard qui la fixe avec douceur.
-
«Voilà le prêtre que j'ai vu en rêve ! C'est bien
lui,mais qui est-il ?»
-
"Notre fondateur, saint Vincent de Paul", lui répond la jeune soeur
qui l'accompagne.
N'avait-il
pas dit : "Vous viendrez à moi...,"Et Catherine est venue".
Elle
se tait, mais une grande lumière se fait en elle,la paix et la joie
inondent son coeur.
-
Catherine sera Fille de la Charité
Les
relations avec le père sont toujours tendues. Il espère encore
un retour.
Madame
Hubert Labouré arrive à le convaincre. Après bien
des hésitations,il finit par consentir.
Catherine,
au début de 1830, commencera son postulat dans la maison de Châtillon-sur-Seine.
Elle
est profondément heureuse. Une joie calme, qui ne se remarque pas,lui
fait accomplir avec amour et ardeur toutes ses actions quotidiennes. Catherine
découvre l'ampleur de la misère et
l'urgence
d'y remédier.
Seigneur,
me voici...
Trois
mois après, le 21 avril 1830, elle franchit la grande porte de la
Maison-Mère des Filles de la Charité 140, rue du Bac, à
Paris, pour y faire son temps de formation.
Elle
est encore vêtue de son costume bourguignon l'ample jupe et le tablier
de soie, le grand châle à franges, la petite coiffe blanche
qui serre étroitement les cheveux...
C'est,
pour Catherine, le pas définitif...
"Seigneur,me
voici..."
(nuit
du 18 au 19 juillet 1830)
Un
mois et demi plus tard, Catherine fait à son confesseur le récit
suivant :
Et
puis vint la fête de saint Vincent...
Notre
bonne mère Marthe, la veille,nous fit une instruction sur la dévotion
aux saints, en particulier
sur
la dévotion à la Sainte Vierge. Il y avait si longtemps que
je désirais la voir !
Je
m'endormis en pensant que saint Vincent m'obtiendrait cette grâce.
Vers
onze heures et demie du soir, je m'entendis appeler par mon nom :"Ma soeur
! Ma soeur !"
Un
enfant de quatre à cinq ans habillé de blanc me dit
"Venez
à la chapelle,la Sainte Vierge vous attend."
Aussitôt,
la pensée me vient : mais on va m'entendre! Cet enfant me répond
:
"Soyez
tranquille, il est onze heures et demie, tout le monde dort bien,venez,
je vous attends."
Je
me suis vite habillée et me suis dirigée du côté
de cet enfant. Je l'ai suivi.
Les
lumières étaient allumées partout. Lorsque je suis
entrée à la chapelle,
la
porte s'est ouverte, à peine l'enfant l'avait touchée du
bout du doigt.
Les
flambeaux brûlaient comme à la messe de minuit.
Cependant,
je ne voyais pas la Sainte Vierge. l'enfant me conduisit dans le sanctuaire
et là,
je
me suis mise à genoux.Vers minuit, l'enfant me dit :
"Voici
la Sainte Vierge,la voici !"
J'entends
un bruit, comme le frou-frou d'une robe de soie. Une dame très belle
s'asseoit
dans
le fauteuil de Monsieur le Directeur. Un enfant me redit d'une voix forte
:
"Voici
la Sainte Vierge."
Alors,
je n'ai fait qu'un saut auprès d'elle, à ses pieds sur les
marches de l'autel,
les
mains sur ses genoux.
J'y
suis restée je ne sais combien de temps; il s'est passé un
moment, le plus doux de ma vie.
La
Sainte Vierge me dit comment je devais me comporter envers mon directeur,
et
me confia plusieurs choses...
Ces
choses, révélées plus tard,en voici l'essentiel dans
un récit écrit de sa main, en 1876,
quelques
mois avant de mourir.
"Le
bon Dieu, mon enfant, veut vous charger d'une mission. Elle sera la cause
de beaucoup de peine,
mais
vous vous surmonterez en pensant que vous le faites pour la gloire de Dieu.
Vous
serez contredite, mais vous aurez la grâce; ne craignez pas.
Vous
verrez certaines choses, rendez en compte, vous serez inspirée dans
vos oraisons."
"Les
temps sont mauvais. Des malheurs vont fondre sur la France; le trône
sera renversé...
le
monde entier sera renversé par des malheurs de toutes sortes ...
" mais :
«Venez
au pied de cet autel.
Là,
les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les
demanderont
avec
confiance et ferveur.Elles seront répandues sur les grands et sur
les petits.»
J'ignore
combien de temps se passa,devait dire Catherine.
La
Vierge disparut comme une lumière qui s'éteint.
APPARITION
DU 27 NOVEMBRE 1830:
"Dieu
veut vous donner une mission ... ",avait dit la Vierge à Catherine.
Ce
ne fut que le 27 novembre qu'elle en eut la révélation.
Ecoutons
le récit qu'elle fit de cette manifestation.
"C'était
le samedi avant le premier dimanche de l'Avent.
Il
était cinq heures et demie du soir.Dans le silence,juste après
le point de méditation,
il
m'a semblé entendre du bruit du côté de la tribune
; ayant regardé de ce côté-là,
j'ai
aperçu la Sainte Vierge.Elle était debout,habillée
d'une robe de soie blanche aurore,les pieds appuyés sur une "boule"
dont je ne voyais que la moitié ; dans ses mains élevées
à la hauteur
de
sa poitrine, elle tenait un globe d'une manière très aisée,les
yeux élevés vers le ciel...
sa
figure était de toute beauté,je ne pourrais pas la dépeindre"
Et
puis, tout à coup, j'ai aperçu à ses doigts des anneaux
revêtus de pierreries, les unes
plus
grosses et les autres plus petites qui jetaient des rayons plus beaux les
uns que les autres...
A
ce moment où j'étais à la contempler, la Vierge baissa
les yeux en me regardant,
une
voix intérieur me parla:
"Ce
globe que vous voyez représente le monde entier,particulièrement
la France...
et
chaque personne en particulier."
Ici,je
ne sais m'exprimer sur ce que j'ai trouvé et ce que j'ai aperçu,la
beauté
et
l'éclat des rayons si beaux!...
La
voix medit encore:
"C'est
le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui
me demandent."
A
ce moment,ou j'étais,ou je n'étais pas, je ne sais...Il s'est
formé un tableau autour
de
la Sainte Vierge, un peu ovale où il y avait ces paroles écrites
en lettres d'or :
Ô
Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons
recours à vous.
Alors,
une voix se fit entendre:
«Faites
frapper une médaille sur ce modèle. Les personnes qui la
porteront recevront de grandes grâces; les grâces seront abondantes
pour les personnes qui auront confiances."
Quelques-unes
des pierres précieuses ne donnaient aucun rayon...
"Ces
pierres qui restent dans l'ombre figurent les grâces qu'on oublie
de me demander"
A
l'instant, le tableau a paru se retourner. J'ai vu le revers de la médaille
:
la
lette M surmontée d'une croix; au-dessous, eux coeurs, l'un entouré
d'une couronne
d'épines
et l'autre transpercé d'un glaive.
Il
m'a semblé entendre une voix qui me disait : «L'M et les deux
Coeurs en disent assez
Marie,Jésus...deux
souffrances unies pour notre rédemption.
LA
DIFFUSION DE LA MÉDAILLE:
Le
Père Aladel reste sceptique après ce nouveau récit,croyant
toujours de la part
de
la jeune novice à un effet de son imagination.
A
nouveau, une voix intérieure la presse de transmettre le message
au prêtre, Catherine insiste :
«La
Sainte Vierge n'est pas contente.»
Quelques
semaines plus tard, troublé par l'insistance de sa pénitente,
le Père Aladel a
une
entrevue à ce sujet avec Monseigneur de Quélen, Archevêque
de Paris.
Ce
dernier ne trouve là rien qui s'oppose à la Foi et autorise
la frappe de la Médaille.
En
mai 1832,les premières sont répandues. Catherine en reçoit
une, sans que rien ne trahisse le secret, on imagine sa joie intérieure.
Bientôt on parle de multiples guérisons et conversions.
Monseigneur
de Quélen exhorte alors les fidèles à porter sur eux
la Médaille que la foi populaire appelle «Médaille
Miraculeuse».
Cette
médaille, les fidèles l'ont tout de suite appelée
"miraculeuse", proclamant ainsi qu'elle est un signe de la protection maternelle
de Marie.
Nous
sommes aimés du Christ.
Nous
sommes dans le Christ enfants de Dieu.
MARIE
EST CHEMIN DE CETTE BONNE NOUVELLE
SOEUR
CATHERINE APRÈS LES APPARITIONS:
En
apparence, nulle vie religieuse ne fut plus commune, plus simple que la
sienne.
Elle
priait, elle obéissait, se soumettait, sans commentaire. C'était
vraiment, comme l'a déclaré
Pie
XII lors de la Béatification :
"La
Sainte du devoir d'état et du silence !,"
Peu
de temps après sa prise d'habit, elle quitte la Maison-Mère
de la rue du Bac.
Ses
supérieures la désignent pour être affectée
à l'asile de vieillards d'Enghien.
Elle
y passera toute sa vie.
Cet
hospice, fondé par la duchesse de Bourbon, n'était séparé
de la maison de Charité
de
la rue de Reuilly que par un grand jardin. Une seule Supérieure
dirigeait
les
deux établissements.
Les
apparitions sont une lumière pour la vie de service de soeur Catherine.
La
Vierge Marie lui a révélé le visage de Dieu. Maintenant,
soeur Catherine apprend à
Le
reconnaître dans les personnes qui souffrent. Comme à Fain-les-Moutiers,
aucun travail,
si
dur soit-il,ne rebute soeur Catherine. Elle n'hésite pas à
se donner de la peine
pour
procurer de la joie autour d'elle. Les personnes âgées sont
entourées de ses soins attentifs
et
dévoués: cela pendant près de quarante ans. Elle parle
peu, vit dans un état constant de recueillement.
«Lorsque
je vais à la chapelle, je me mets devant le bon Dieu et je lui dis:
"Seigneur,
me voici,donnez-moi ce que vous voulez.
S'il
me donne quelque chose, je suis bien contente et je Le remercie.
S'il
ne me donne rien, je Le remercie encore, parce que je n'en mérite
pas davantage.
Et
puis, je Lui dis encore tout ce qui me vient à l'esprit, je Lui
raconte mes peines, mes joies,
et...
j'ÉCOUTE."
LA
SAINTE DE LA VIE CACHÉE
«Les
filles de nos campagnes, disait saint Vincent, les donnant en exemple à
ses Filles de la Charité, ne veulent que ce que Dieu leur a donné
et se contentent de leur vivre et de leur vêtir.,,
Ainsi
se déroule la vie de soeur Catherine, suite d'actions modestes :
`
"Les
mains à l'ouvrage et le coeur à Dieu !"
Toujours
d'humeur égale, le visage reflétant la sérénité
qui frappait son entourage, elle va des vieillards au poulailler dont elle
a aussi la charge ; puis, contrainte par l'âge à un travail
plus sédentaire, nous la retrouvons portière de l'hospice.
Soeur Catherine y accueille les visiteurs ou ceux qui demandent un secours.
Là aussi,elle crée une relation chaleureuse avec chacun.
Elle
doit vivre la douloureuse époque de la Commune : mais soeur Labouré
garde en elle
l'écho
des paroles prophétiques :
"Le
moment viendra où le danger sera grand. On croira tout perdu...mais
ayez confiance !"
Aidée
des autres soeurs, elle protège la Supérieure molestée,
favorise la fuite de deux gendarmes blessés et... distribue des
médailles aux insurgés qui les acceptent.
La
tourmente passée, soeur Catherine reprend sa place à la porterie,
les mains à l'ouvrage,
les
lèvres closes sur son secret,le coeur tourné vers l'Essentiel.
LE
DÉPART POUR LE CIEL
Soeur
Catherine sent ses forces décliner mais elle garde sa patience et
son esprit de service :
"Je
ne verrai pas l'année qui va venir",disait-elle, en 1876.
C'est
le moment de parler, la Sainte Vierge la délie de son secret. N'ayant
plus son confesseur habituel, c'est soeur Dufès, Supérieure
de la Maison de Reuilly, qui recevra ses confidences.
Le
parloir est sombre, mais la radieuse évocation de Marie l'illumine...
«J'entendis
comme le frou-frou d'une robe de soie...Je la vis belle dans son plus beau...
La
vieille religieuse est transfigurée. Soeur Dufès la considère
d'abord avec stupeur puis avec émotion, et quand se termine l'entretien,
c'est elle, la soeur Supérieure qui est aux
genoux
de l'humble fille.
Le
31 décembre 1876, après avoir reçu les derniers sacrements,soeur
Catherine paraît s'assoupir...
"C'est
à peine si nous pûmes nous apercevoir qu'elle avait cessé
de vivre.
Je
n'ai jamais vu de mort si calme et si douce" devait dire plus tard soeur
Dufès frappée par la sérénité de son
visage.
Soeur
Catherine Labouré avait soixante-dix ans.
Le
3 janvier 1877,deux cent cinquante Filles de la Charité se joignent
aux personnes âgées de l'hospice et à la foule nombreuse
venue pour accompagner dans la chapelle de Reuilly le corps de
celle
qui les a tant aimées.
56
ans après, le Cardinal Verdier, en présence de médecins,
de la Supérieure Générale et d'autres témoins,
fait procéder à l'exhumation en vue de la béatification
de soeur Catherine.
Telle
on l'avait couchée le 3 janvier 1877, telle on la retrouva le 21
mars 1933 - le corps intact,
les
membres souples et on la transféra rue du Bac, dans la chapelle
actuelle.
C'est
sous l'autel de la Vierge au globe que soeur Catherine repose dans une
châsse au lieu même,
où
un siècle auparavant, Marie lui était apparue.
Le
27 juillet 1947, S.S. Pie XII comptait au nombre des Saints, soeur Catherine,
humble et modeste, qu'il se plaisait à nommer
«LA
SAINTE DU SILENCE»
Itinéraire
de Catherine:
1633:
Fondation des Filles de la Charité Par saint Vincent de Paul et
sainte Louise de Marillac.
1806:
2 mai - Naissance de Catherine Labouré à Fain-les-Moutiers
(Côte-d'Or).
3
mai - Baptême de Catherine.
1818:
25 janvier - Première communion à Moutiers-Saint-Jean.
1830:
14 janvier - Catherine,23 ans, commence son postulat chez les Filles de
la Charité à Châtillon-sur-Seine. 21 avril - Entrée
au Séminaire,rue du Bac.
18-19juillet-
Première apparition de la Vierge à Catherine Labouré.
27
novembre - Apparition de la Médaille Miraculeuse.
1831:
5 février - Soeur Catherine arrive à l'hospice d'Enghien
où elle restera jusqu'à sa mort.
1832:
Fin mai - Dès l'autorisation de Monseigneur de Quélen,les
premières médailles sont répandues.
1847:
l'Association des Enfants de Marie Immaculée,demandée par
la Vierge Marie à Catherine Labouré,est reconnue par le Pape
Pie IX.
1876:
31 décembre - Décès de Soeur Catherine.
1877:
3 janvier - Obsèques.
18
avril - Soeur Catherine Labouré est inhumée dans le caveau
de Reuilly.
1894:
27 novembre - Première célébration en l'honneur de
la Médaille Miraculeuse officiellement reconnue.
1933:
22 mars - Transfert du corps de soeur Catherine à la rue du Bac.
28
- mai - Béatification de soeur Catherine par le Pape Pie XI.
1969:
l'Association des Enfants de Marie Immaculée change son appellation
et
devient
le mouvement Jeunesse Mariale.
1980:
31 mai - Visite de Sa Sainteté Jean-Paul 11, 140,rue du Bac.
Prière
à Ste-Catherine:
Ô
Marie,conçue sans péché,priez pour nous qui avons
recours à vous
Telle
est la prière que tu as inspirée,ô Marie,à sainte
Catherine Labouré,en ce lieu même, voilà cent cinquante
ans et cette invocation, désormais gravée sur la Médaille
est maintenant portée et prononcée par tant de fidèles
dans le monde entier Tu es bénie entre toutes les femmes
Bienheureuse
toi qui as cru,
Le
Puissant fit pour toi des merveilles.
La
merveille de ta maternité divine
Et,en
vue d'elle,
La
merveille de ton Immaculée Conception.
La
merveille de ton fiat !
Tu
as été associée si intimement à toute l'oeuvre
de notre Rédemption,
associée
à la croix de notre Sauveur ton coeur en a été transpercé,à
côté de son Coeur.
Et
maintenant,dans la gloire de ton Fils,tu ne cesses d'intercéder
pour nous,pauvres pécheurs.
Tu
veilles sur l'Église dont tu es la Mère.Tu veilles sur chacun
de tes enfants.
Tu
obtiens de Dieu,pour nous,toutes ces grâces que symbolisent les rayons
de lumière qui irradient de tes mains ouvertes.
A
la seule condition que nous osions te les demander,
que
nous nous approchions de toi avec la confiance et la simplicité
d'un enfant.
Et
c'est ainsi que tu nous mènes sans cesse vers ton Fils Jésus.
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