Sainte Catherine



Ste-Catherine
 
"Je n'ai été qu'un instrument,ce n'est pas pour moi que la Sainte Vierge est apparue.Si elle m'a choisie,ne sachant rien,c'est afin qu'on ne puisse pas douter d'elle." 
(Saint Catherine Labouré) 

Fille de la charité, Servante des pauvres
SAINTE CATHERINE LABOURÉ
Vierge, religieuse des Filles de la Charité
(1806-1876)

Neuvième enfant d'une famille de dix-sept, Zoé Labouré vint au monde à l'aube du mois de Marie, 
le 2 mai 1806, à Fain-les-Moutiers, petit village de la Côte-d'Or.
Dès le lendemain,la cloche de l'église carillonne à toute volée,dans la campagne fleurie, 
annonçant le baptême de Catherine.  

 

Un tout petit hameau... 
Émergeant à peine des arbres,un clocher pointu,quelques maisons groupées autour: c'est Fain-les-Moutiers, terre riche de prairies, de champs de blé et de vignobles. 
A quelques pas de la petite église,un porche voûté donne accès à une cour de ferme entourée de plusieurs corps de logis : c'est le domaine des Labouré. 
A droite,un pigeonnier massif comme une tour féodale;à gauche,les bâtiments trapus d'habitation : la vaste cuisine avec sa pittoresque fromagerie et ses deux chemi'nées puis,en enfilade,quelques pièces rustiques.  

 

Catherine au coeur d'une famille paysanne: 
Les parents sont de souche paysanne,race solide et équilibrée.Le père jouit dans la contrée de l'estime générale, c'est Maître Labouré.En 1793,il avait épousé une jeune fille des environs Louise Gontard;c'était l'époque de la pleine Terreur. 
A la naissance de Catherine,il a déjà huit enfants : une fille Marie-Louise et sept garçons ; plus tard, le foyer fera place encore à Tonine et à Auguste. 
Dans cette famille où règne tant d'amour fraternel,Dieu garde la première place.Tous réunis, on le prie chaque soir, et l'enfant apprend ses prières bien avant de savoir lire.En fait,l'instruction de Catherine est question secondaire : l'école est loin, non obligatoire,et la maman a tant à faire ! 
Éprouvée par le rude travail et les maternités rapprochées, la santé de Louise Labouré décline ; elle meurt à 42 ans, laissant sa famille dans une grande peine. 
Privée de tendresse maternelle, Catherine âgée de neuf ans se réfugie dans l'immense amour de la Vierge Marie.
On la vit alors monter sur une chaise, saisir la statue de Notre-Dame, l'embrasser longuement et la presser sur son coeur en disant: «Je n'ai plus de maman; soyez Vous-même ma maman, bonne Sainte Vierge!» A onze ans, la fillette dut remplir l'office de mère au foyer domestique. Prenant la direction intérieure de la ferme paternelle, elle devenait responsable des travaux domestiques. Magré son peu d'instruction, Zoé s'occupa de former à la piété sa petite soeur et son petit frère. Après son travail, elle se rendait souvent à l'église et priait devant l'autel de la Vierge et disait ces paroles: "C'est toi que je choisis pour mère." 

«NOUS ALLONS FAIRE MARCHER LA MAISON» 
Après un séjour de deux ans chez une tante à Saint-Rémy,Catherine et sa jeune soeur Tonine regagnent la ferme. Elle va avoir douze ans, elle est grande, solide, et s'entend à toutes les
besognes ménagères. 
Pendant son absence, l'aînée Marie-Louise a connu à Langres les Filles de la Charité et compris sa vocation. Il faut partir, laisser père,frères et soeurs. Catherine,décidée et pratique,
dénoue la situation.
- «Tonine et moi, nous pouvons très bien faire marcher la maison !» affirme-t-elle au père. 
Pierre Labouré finit par céder. Marie-Louise suivra librement sa voie et Catherine 
prendra la tête du ménage. 
Une grande ferme exige beaucoup de travail, et pourtant on verra souvent l'enfant cheminer dans la plaine, vers l'église de Moutiers-Saint-Jean pour y entendre la messe du matin. 
En 1818 elle y fera sa première communion. 

L'Appel...
Malgré son travail, la jeune fille s'astreint à de dures pénitences. 
Elle jeûne le vendredi et le samedi, même au temps des rudes labeurs.
Inquiète pour la santé de son aînée, Tonine menace d'en parler au père. 
- "Eh bien,vas-y", répond Catherine d'un ton bref. 
Pierre Labouré se contente de quelques observations. 
N'ayant plus à craindre de remontrances, l'adolescente se réfugie dans la petite église de Fain, dès que son travail le lui permet. Là,elle prie, à genoux sur les dalles de pierre, même 
quand le froid les glace. 
Au village, chacun estime Catherine. Plus d'un parti se présente. Catherine est sérieuse,courageuse, solide, et le père a des biens au soleil...La réponse invariablement est non. 
A l'approche de ses 19 ans, un songe étrange lui confirme le vrai sens de sa vie : elle se croit en prière dans l'église de Fain. A l'autel, un prêtre âgé, revêtu des ornements sacrés, 
célèbre la messe. La cérémonie achevée, il se retourne et lui fait signe d'approcher.`
Catherine effrayée s'enfuit... mais le songe continue à se dérouler.Elle est maintenant
au chevet d'un malade. Le vieux prêtre est là, lui aussi, et lui dit : 
"Ma fille, c'est bien de soigner les malades, vous me fuyez maintenant, mais un jour vous serez heureuse de venir à moi. Dieu a ses desseins sur vous ! ne l'oubliez pas !" 
L'appel sera donc entendu. Mais, fidèle à la loi du silence qu'elle s'imposera sa vie durant,
elle ne dira mot de cette rencontre; seuls sont connus les mots de Tonine : 
"Elle n'était plus de la terre...elle était toute mystique!" 
La voie du dévouement est tracée: don total de soi,au service des plus démunis, à la suite de Jésus-Christ. 
En 1828, Catherine a 22 ans,Tonine 20. 
Cette dernière peut maintenant la remplacer à la ferme. 
L'heure est venue de parler au père de sa vocation. Côtoyant les Filles de la Charité qui desservent l'hospice de Moutiers-Saint-Jean, elle pense entrer dans cette communauté. 
La réponse est immédiate et formelle «Tu ne partiras pas !» 
Catherine supporte l'opposition d'un père qu'elle chérit, mais ce non absolu pèse lourdement `
sur son coeur. 
Pierre Labouré veut à tout prix détourner sa fille de ses projets. Que faire ? 
Peut-être qu'un séjour à Paris chez son fils Charles qui tient un restaurant ouvrier lui changerait les idées ? 
Quelques jours après, Catherine, bien à regret mais obéissante, monte dans la diligence de Paris. 
Jamais elle ne devait revoir le clocher de Fain-les-Moutiers.

LE GRAND TOURNANT... 
A Paris, dans le restaurant de son frère, Catherine accomplit courageusement son travail.
Ce service, qui se prolonge pendant toute une année, est pour elle source de grande souffrance. 
Sa belle-soeur, Madame Hubert Labouré, dirige,à Châtillon-surSeine, un pensionnat fréquenté par la noblesse bourguignonne. 
Charles, touché par la détresse de la jeune fille, prépare sans doute les voies ouvrant un chemin salutaire. Elle quittera bientôt Paris pour Châtillon. 
Bien qu'accueillie chaleureusement, Catherine n'est pas à l'aise dans ce milieu aristocratique 
s'alliant mal à sa simplicité. A peine arrivée, elle songe à repartir. 
Cependant DIEU l'attendait là. 

"Voilà le prêtre que j'ai vu en rêve"

Apprenant qu'une maison des Filles de la Charité se trouve dans la ville, elle décide de s'y
rendre de plus en plus son désir d'entrer en religion s'affirme, elle veut s'en ouvrir 
à la Supérieure. 
On l'introduit au parloir. Un tableau attire son attention,c'est le portrait d'un prêtre âgé... 
Mais elle a déjà vu ce regard qui la fixe avec douceur.
- «Voilà le prêtre que j'ai vu en rêve ! C'est bien lui,mais qui est-il ?» 
- "Notre fondateur, saint Vincent de Paul", lui répond la jeune soeur qui l'accompagne. 
N'avait-il pas dit : "Vous viendrez à moi...,"Et Catherine est venue". 
Elle se tait, mais une grande lumière se fait en elle,la paix et la joie inondent son coeur. 
- Catherine sera Fille de la Charité 
Les relations avec le père sont toujours tendues. Il espère encore un retour. 
Madame Hubert Labouré arrive à le convaincre. Après bien des hésitations,il finit par consentir. 
Catherine, au début de 1830, commencera son postulat dans la maison de Châtillon-sur-Seine. 
Elle est profondément heureuse. Une joie calme, qui ne se remarque pas,lui fait accomplir avec amour et ardeur toutes ses actions quotidiennes. Catherine découvre l'ampleur de la misère et 
l'urgence d'y remédier. 

Seigneur, me voici...
Trois mois après, le 21 avril 1830, elle franchit la grande porte de la Maison-Mère des Filles de la Charité 140, rue du Bac, à Paris, pour y faire son temps de formation. 
Elle est encore vêtue de son costume bourguignon l'ample jupe et le tablier de soie, le grand châle à franges, la petite coiffe blanche qui serre étroitement les cheveux... 
C'est, pour Catherine, le pas définitif... 
"Seigneur,me voici..." 

(nuit du 18 au 19 juillet 1830) 

Un mois et demi plus tard, Catherine fait à son confesseur le récit suivant : 
Et puis vint la fête de saint Vincent... 
Notre bonne mère Marthe, la veille,nous fit une instruction sur la dévotion aux saints, en particulier 
sur la dévotion à la Sainte Vierge. Il y avait si longtemps que je désirais la voir ! 
Je m'endormis en pensant que saint Vincent m'obtiendrait cette grâce. 
Vers onze heures et demie du soir, je m'entendis appeler par mon nom :"Ma soeur ! Ma soeur !" 
Un enfant de quatre à cinq ans habillé de blanc me dit 
"Venez à la chapelle,la Sainte Vierge vous attend." 
Aussitôt, la pensée me vient : mais on va m'entendre! Cet enfant me répond : 
"Soyez tranquille, il est onze heures et demie, tout le monde dort bien,venez, je vous attends." 
Je me suis vite habillée et me suis dirigée du côté de cet enfant. Je l'ai suivi.
Les lumières étaient allumées partout. Lorsque je suis entrée à la chapelle,
la porte s'est ouverte, à peine l'enfant l'avait touchée du bout du doigt. 
Les flambeaux brûlaient comme à la messe de minuit.
Cependant, je ne voyais pas la Sainte Vierge. l'enfant me conduisit dans le sanctuaire et là,
je me suis mise à genoux.Vers minuit, l'enfant me dit : 
"Voici la Sainte Vierge,la voici !" 
J'entends un bruit, comme le frou-frou d'une robe de soie. Une dame très belle s'asseoit 
dans le fauteuil de Monsieur le Directeur. Un enfant me redit d'une voix forte : 
"Voici la Sainte Vierge." 
Alors, je n'ai fait qu'un saut auprès d'elle, à ses pieds sur les marches de l'autel, 
les mains sur ses genoux. 
J'y suis restée je ne sais combien de temps; il s'est passé un moment, le plus doux de ma vie. 
La Sainte Vierge me dit comment je devais me comporter envers mon directeur,
et me confia plusieurs choses... 
Ces choses, révélées plus tard,en voici l'essentiel dans un récit écrit de sa main, en 1876, 
quelques mois avant de mourir. 
"Le bon Dieu, mon enfant, veut vous charger d'une mission. Elle sera la cause de beaucoup de peine, 
mais vous vous surmonterez en pensant que vous le faites pour la gloire de Dieu.
Vous serez contredite, mais vous aurez la grâce; ne craignez pas. 
Vous verrez certaines choses, rendez en compte, vous serez inspirée dans vos oraisons." 
"Les temps sont mauvais. Des malheurs vont fondre sur la France; le trône sera renversé...
le monde entier sera renversé par des malheurs de toutes sortes ... " mais : 
«Venez au pied de cet autel.
Là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont 
avec confiance et ferveur.Elles seront répandues sur les grands et sur les petits.» 
J'ignore combien de temps se passa,devait dire Catherine. 
La Vierge disparut comme une lumière qui s'éteint. 

APPARITION DU 27 NOVEMBRE 1830:

"Dieu veut vous donner une mission ... ",avait dit la Vierge à Catherine.
Ce ne fut que le 27 novembre qu'elle en eut la révélation. 
Ecoutons le récit qu'elle fit de cette manifestation. 
"C'était le samedi avant le premier dimanche de l'Avent.
Il était cinq heures et demie du soir.Dans le silence,juste après le point de méditation,
il m'a semblé entendre du bruit du côté de la tribune ; ayant regardé de ce côté-là, 
j'ai aperçu la Sainte Vierge.Elle était debout,habillée d'une robe de soie blanche aurore,les pieds appuyés sur une "boule" dont je ne voyais que la moitié ; dans ses mains élevées à la hauteur 
de sa poitrine, elle tenait un globe d'une manière très aisée,les yeux élevés vers le ciel...
sa figure était de toute beauté,je ne pourrais pas la dépeindre" 
Et puis, tout à coup, j'ai aperçu à ses doigts des anneaux revêtus de pierreries, les unes
plus grosses et les autres plus petites qui jetaient des rayons plus beaux les uns que les autres... 
A ce moment où j'étais à la contempler, la Vierge baissa les yeux en me regardant,
une voix intérieur me parla: 
"Ce globe que vous voyez représente le monde entier,particulièrement la France... 
et chaque personne en particulier." 
Ici,je ne sais m'exprimer sur ce que j'ai trouvé et ce que j'ai aperçu,la beauté 
et l'éclat des rayons si beaux!...  

La voix medit encore: 
"C'est le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me demandent." 
A ce moment,ou j'étais,ou je n'étais pas, je ne sais...Il s'est formé un tableau autour 
de la Sainte Vierge, un peu ovale où il y avait ces paroles écrites en lettres d'or : 
Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.  

Alors, une voix se fit entendre: 
«Faites frapper une médaille sur ce modèle. Les personnes qui la porteront recevront de grandes grâces; les grâces seront abondantes pour les personnes qui auront confiances." 
Quelques-unes des pierres précieuses ne donnaient aucun rayon...
"Ces pierres qui restent dans l'ombre figurent les grâces qu'on oublie de me demander" 
A l'instant, le tableau a paru se retourner. J'ai vu le revers de la médaille :
la lette M surmontée d'une croix; au-dessous, eux coeurs, l'un entouré d'une couronne 
d'épines et l'autre transpercé d'un glaive.  

Il m'a semblé entendre une voix qui me disait : «L'M et les deux Coeurs en disent assez 
Marie,Jésus...deux souffrances unies pour notre rédemption. 


LA DIFFUSION DE LA MÉDAILLE:
Le Père Aladel reste sceptique après ce nouveau récit,croyant toujours de la part 
de la jeune novice à un effet de son imagination. 
A nouveau, une voix intérieure la presse de transmettre le message au prêtre, Catherine insiste : 
«La Sainte Vierge n'est pas contente.»  

Quelques semaines plus tard, troublé par l'insistance de sa pénitente, le Père Aladel a 
une entrevue à ce sujet avec Monseigneur de Quélen, Archevêque de Paris.
Ce dernier ne trouve là rien qui s'oppose à la Foi et autorise la frappe de la Médaille.
En mai 1832,les premières sont répandues. Catherine en reçoit une, sans que rien ne trahisse le secret, on imagine sa joie intérieure. Bientôt on parle de multiples guérisons et conversions. 
Monseigneur de Quélen exhorte alors les fidèles à porter sur eux la Médaille que la foi populaire appelle «Médaille Miraculeuse».  

Cette médaille, les fidèles l'ont tout de suite appelée "miraculeuse", proclamant ainsi qu'elle est un signe de la protection maternelle de Marie. 
Nous sommes aimés du Christ. 
Nous sommes dans le Christ enfants de Dieu. 
MARIE EST CHEMIN DE CETTE BONNE NOUVELLE 

SOEUR CATHERINE APRÈS LES APPARITIONS: 
En apparence, nulle vie religieuse ne fut plus commune, plus simple que la sienne. 
Elle priait, elle obéissait, se soumettait, sans commentaire. C'était vraiment, comme l'a déclaré 
Pie XII lors de la Béatification :
"La Sainte du devoir d'état et du silence !," 
Peu de temps après sa prise d'habit, elle quitte la Maison-Mère de la rue du Bac.
Ses supérieures la désignent pour être affectée à l'asile de vieillards d'Enghien.
Elle y passera toute sa vie. 
Cet hospice, fondé par la duchesse de Bourbon, n'était séparé de la maison de Charité 
de la rue de Reuilly que par un grand jardin. Une seule Supérieure dirigeait 
les deux établissements.  

Les apparitions sont une lumière pour la vie de service de soeur Catherine. 
La Vierge Marie lui a révélé le visage de Dieu. Maintenant, soeur Catherine apprend à 
Le reconnaître dans les personnes qui souffrent. Comme à Fain-les-Moutiers, aucun travail,
si dur soit-il,ne rebute soeur Catherine. Elle n'hésite pas à se donner de la peine 
pour procurer de la joie autour d'elle. Les personnes âgées sont entourées de ses soins attentifs 
et dévoués: cela pendant près de quarante ans. Elle parle peu, vit dans un état constant de recueillement.  

«Lorsque je vais à la chapelle, je me mets devant le bon Dieu et je lui dis: 
"Seigneur, me voici,donnez-moi ce que vous voulez. 
S'il me donne quelque chose, je suis bien contente et je Le remercie. 
S'il ne me donne rien, je Le remercie encore, parce que je n'en mérite pas davantage. 
Et puis, je Lui dis encore tout ce qui me vient à l'esprit, je Lui raconte mes peines, mes joies,
et... j'ÉCOUTE." 

LA SAINTE DE LA VIE CACHÉE 
«Les filles de nos campagnes, disait saint Vincent, les donnant en exemple à ses Filles de la Charité, ne veulent que ce que Dieu leur a donné et se contentent de leur vivre et de leur vêtir.,, 
Ainsi se déroule la vie de soeur Catherine, suite d'actions modestes : `
"Les mains à l'ouvrage et le coeur à Dieu !" 
Toujours d'humeur égale, le visage reflétant la sérénité qui frappait son entourage, elle va des vieillards au poulailler dont elle a aussi la charge ; puis, contrainte par l'âge à un travail plus sédentaire, nous la retrouvons portière de l'hospice. Soeur Catherine y accueille les visiteurs ou ceux qui demandent un secours. Là aussi,elle crée une relation chaleureuse avec chacun. 
Elle doit vivre la douloureuse époque de la Commune : mais soeur Labouré garde en elle 
l'écho des paroles prophétiques : 
"Le moment viendra où le danger sera grand. On croira tout perdu...mais ayez confiance !" 
Aidée des autres soeurs, elle protège la Supérieure molestée, favorise la fuite de deux gendarmes blessés et... distribue des médailles aux insurgés qui les acceptent. 
La tourmente passée, soeur Catherine reprend sa place à la porterie, les mains à l'ouvrage,
les lèvres closes sur son secret,le coeur tourné vers l'Essentiel. 

LE DÉPART POUR LE CIEL
Soeur Catherine sent ses forces décliner mais elle garde sa patience et son esprit de service : 
"Je ne verrai pas l'année qui va venir",disait-elle, en 1876. 
C'est le moment de parler, la Sainte Vierge la délie de son secret. N'ayant plus son confesseur habituel, c'est soeur Dufès, Supérieure de la Maison de Reuilly, qui recevra ses confidences.
Le parloir est sombre, mais la radieuse évocation de Marie l'illumine...  

«J'entendis comme le frou-frou d'une robe de soie...Je la vis belle dans son plus beau... 
La vieille religieuse est transfigurée. Soeur Dufès la considère d'abord avec stupeur puis avec émotion, et quand se termine l'entretien, c'est elle, la soeur Supérieure qui est aux 
genoux de l'humble fille.  

Le 31 décembre 1876, après avoir reçu les derniers sacrements,soeur Catherine paraît s'assoupir... 
"C'est à peine si nous pûmes nous apercevoir qu'elle avait cessé de vivre.
Je n'ai jamais vu de mort si calme et si douce" devait dire plus tard soeur Dufès frappée par la sérénité de son visage. 
Soeur Catherine Labouré avait soixante-dix ans. 


Le 3 janvier 1877,deux cent cinquante Filles de la Charité se joignent aux personnes âgées de l'hospice et à la foule nombreuse venue pour accompagner dans la chapelle de Reuilly le corps de 
celle qui les a tant aimées.
 
56 ans après, le Cardinal Verdier, en présence de médecins, de la Supérieure Générale et d'autres témoins, fait procéder à l'exhumation en vue de la béatification de soeur Catherine. 
Telle on l'avait couchée le 3 janvier 1877, telle on la retrouva le 21 mars 1933 - le corps intact, 
les membres souples et on la transféra rue du Bac, dans la chapelle actuelle. 
C'est sous l'autel de la Vierge au globe que soeur Catherine repose dans une châsse au lieu même,
où un siècle auparavant, Marie lui était apparue.  

Le 27 juillet 1947, S.S. Pie XII comptait au nombre des Saints, soeur Catherine, humble et modeste, qu'il se plaisait à nommer 
«LA SAINTE DU SILENCE» 

Itinéraire de Catherine:
1633: Fondation des Filles de la Charité Par saint Vincent de Paul et sainte Louise de Marillac. 
1806: 2 mai - Naissance de Catherine Labouré à Fain-les-Moutiers (Côte-d'Or). 
3 mai - Baptême de Catherine. 
1818: 25 janvier - Première communion à Moutiers-Saint-Jean. 
1830: 14 janvier - Catherine,23 ans, commence son postulat chez les Filles de la Charité à Châtillon-sur-Seine. 21 avril - Entrée au Séminaire,rue du Bac. 
18-19juillet- Première apparition de la Vierge à Catherine Labouré. 
27 novembre - Apparition de la Médaille Miraculeuse. 
1831: 5 février - Soeur Catherine arrive à l'hospice d'Enghien où elle restera jusqu'à sa mort. 
1832: Fin mai - Dès l'autorisation de Monseigneur de Quélen,les premières médailles sont répandues. 
1847: l'Association des Enfants de Marie Immaculée,demandée par la Vierge Marie à Catherine Labouré,est reconnue par le Pape Pie IX. 
1876: 31 décembre - Décès de Soeur Catherine. 
1877: 3 janvier - Obsèques. 
18 avril - Soeur Catherine Labouré est inhumée dans le caveau de Reuilly. 
1894: 27 novembre - Première célébration en l'honneur de la Médaille Miraculeuse officiellement reconnue. 
1933: 22 mars - Transfert du corps de soeur Catherine à la rue du Bac. 
28 - mai - Béatification de soeur Catherine par le Pape Pie XI. 
1969: l'Association des Enfants de Marie Immaculée change son appellation et 
devient le mouvement Jeunesse Mariale. 

1980: 31 mai - Visite de Sa Sainteté Jean-Paul 11, 140,rue du Bac. 

Prière à Ste-Catherine: 

Ô Marie,conçue sans péché,priez pour nous qui avons recours à vous 
Telle est la prière que tu as inspirée,ô Marie,à sainte Catherine Labouré,en ce lieu même, voilà cent cinquante ans et cette invocation, désormais gravée sur la Médaille est maintenant portée et prononcée par tant de fidèles dans le monde entier Tu es bénie entre toutes les femmes 
Bienheureuse toi qui as cru, 
Le Puissant fit pour toi des merveilles. 
La merveille de ta maternité divine 
Et,en vue d'elle, 
La merveille de ton Immaculée Conception. 
La merveille de ton fiat ! 
Tu as été associée si intimement à toute l'oeuvre de notre Rédemption, 
associée à la croix de notre Sauveur ton coeur en a été transpercé,à côté de son Coeur. 
Et maintenant,dans la gloire de ton Fils,tu ne cesses d'intercéder pour nous,pauvres pécheurs. 
Tu veilles sur l'Église dont tu es la Mère.Tu veilles sur chacun de tes enfants. 
Tu obtiens de Dieu,pour nous,toutes ces grâces que symbolisent les rayons de lumière qui irradient de tes mains ouvertes. 
A la seule condition que nous osions te les demander, 
que nous nous approchions de toi avec la confiance et la simplicité d'un enfant. 
Et c'est ainsi que tu nous mènes sans cesse vers ton Fils Jésus. 

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