Le 21 octobre 2012
Canonisation de Kateri Tekakwitha



Kateri Tekakwitha (1656-1680), « le Lys des Mohawks », première sainte des
tribus amérindiennes d’Amérique du Nord.
 

21 octobre 2012

Kateri Tekakwitha sera canonisée demain au Vatican, 332 ans après sa mort. Événement historique, puisque cela fera d'elle la première sainte autochtone
de l'Amérique du Nord. Cette reconnaissance tardive est toutefois le dernier chapitre d'une relation tourmentée entre l'Église et les autochtones. Un pas
de plus vers la réconciliation?
C'est en soi un événement. Par sa canonisation, Kateri Tekakwitha deviendra demain la première sainte autochtone de l'Amérique du Nord.

 Pour les Amérindiens catholiques, cette reconnaissance au plus haut niveau fait figure de récompense, après des années de patience et de «lobbyisme»
acharné. Pour l'Église, elle couronne les efforts d'une politique de missionnariat qui remonte aux premiers temps de la Nouvelle-France.

Comme le résume le père Jacques Monet, historien des jésuites, «Kateri est la preuve que le message de l'évangile s'applique à toutes les nations et à
toutes les cultures... Elle est la preuve que la culture amérindienne peut produire des saints autant que d'autres cultures».

 Tout le monde, cependant, ne le voit pas de la même façon.
Pour les autochtones plus traditionalistes, qui ont depuis longtemps tourné le dos à la religion catholique, «l'événement» cache un visage beaucoup plus
sombre: il rappelle la relation tourmentée qui dure depuis des siècles entre l'Église et les autochtones.

 «Cette canonisation me renvoie surtout à l'histoire coloniale qui a eu un impact sur le peuple mohawk», souligne Orenda Boucher, Mohawk de Kahnawake,
qui étudie l'histoire et la philosophie des religions à Concordia. «C'est une histoire horrible et malheureusement, Kateri en fait partie.»

 Mme Boucher sait que le personnage suscite des sentiments partagés parmi les autochtones: pour beaucoup d'entre eux, Kateri reste une source de fierté, peu
importe l'allégeance spirituelle. Chez les Mohawks, plusieurs traditionalistes ont d'ailleurs fait le voyage à Rome pour assister à la canonisation.

 Mais cela, croit-elle, n'effacera pas les cicatrices du passé, qui vont des conversions forcées au drame des écoles résidentielles.
«Kateri fait partie de nous, mais sa place est ambiguë», observe l'universitaire, qui prépare une maîtrise sur les relations entre les jésuites
et les Mohawks au XVIIe siècle. «Disons qu'on aime l'être humain, pas nécessairement la catholique.»

 Un instrument politique?

 Mme Boucher ne serait pas surprise que la canonisation de Kateri ait une valeur stratégique. Dans la foulée du gouvernement canadien, qui a offert ses

excuses aux anciens élèves des pensionnats amérindiens en 2008, l'Église catholique a encore des choses à se faire pardonner. Benoît XVI avait exprimé
des «regrets» en 2009, sans toutefois offrir d'excuses officielles. Pour Louis Rousseau, professeur de théologie à l'UQAM, il ne fait aucun doute
que les relations ont toujours été «rock'n'roll» entre l'Église et les autochtones. Pas étonnant, note-t-il, que plusieurs se soient tournés vers le
protestantisme et le traditionalisme à partir des années 20.

De là à voir Kateri comme un instrument politique, il y a une marge. «Que l'Église veuille faire un beau geste, à mon avis, c'est incontestable,
souligne M. Rousseau. Ce geste a une portée de réconciliation... Cela dit, Kateri a aussi ses mérites.»

Il est vrai que le Lys des Mohawks n'a pas volé son auréole. Déjà dans les années 1880, les jésuites militaient pour sa canonisation, en lui attribuant
de nombreux miracles. Hélas, Kateri s'est fait doubler à la dernière minute par les Saints Martyrs canadiens, qui furent canonisés en accéléré, en raison
des terribles souffrances physiques que leur avaient infligées... les Amérindiens.

 
Depuis, les conditions pour être admissible à la sainteté se sont grandement resserrées. Et Kateri a dû attendre la guérison inespérée de Jake Finkbonner,
en 2006, pour revendiquer le miracle qui lui manquait. Victime de la bactérie mangeuse de chair, le jeune Amérindien s'était rétabli après que sa mère eut prié Kateri.


«On pourrait dire que l'Église cherche à s'excuser, conclut Jacques Monet. Mais beaucoup de monde voulait canoniser Kateri bien avant l'éclatement des
scandales autour des écoles résidentielles. Sa cause est vivante depuis longtemps. Dans le contexte actuel, sa canonisation est surtout le résultat du
miracle qu'on lui attribue sur la côte ouest américaine. Il n'y aurait pas eu de canonisation s'il n'y avait pas eu ce miracle...»




Biographie

   
 Kahnawake (Québec)
Nationalité: « Mohawk »
 

Canonisation
 21 octobre 2012 Vatican  par Benoît XV1


Attributs:
 Tenue d'indienne, avec voile ou cape, tenant un crucifix ou un chapelet


Auriesville est un hameau dans la partie du nord-est de la ville de Vallon dans Montgomery County, New York, États-Unis, le long de la banque sud du Fleuve Mohawk. Il est au nord de la région de New York et à environ quarante miles à l'ouest de l'Albany, la capitale publique. Un cimetière Jésuite est localisé là.

Auries était le nom de dernier Mohawk connu avoir vécu là. Les colons ont appelé le village comme lui. Le Mohawk a appelé l'endroit Ossernenon, aussi Gandawaga et Caughnawaga.

Le dernier nom a été aussi donné à un règlement du Nord sur la rue Lawrence River en face Lachine (plus tard Montréal). Aussi connu comme Kahnawake, le règlement canadien a été fondé d'ici à 1718 quand une mission Jésuite pour l'Iroquois passe au Christianisme qui a voulu se retirer de la 'corruption morale' par leurs parents païens.

le 21 octobre 2012

Kateri Tekakwitha a été canonisée en même temps que six autres saints, dimanche matin, au Vatican, à l'occasion d'une cérémonie présidée par le pape Benoît XVI.
Elle devient ainsi la première femme amérindienne de l'Amérique du Nord à être proclamée au rang de sainte.
«Kateri nous impressionne par l'action de sa grâce dans sa vie, en l'absence de soutien extérieur, et par son courage dans sa vocation si particulière. En
elle, foi et culture s'enrichissent. Que son exemple nous aide à vivre là où nous sommes, sans renier qui nous sommes», a notamment déclaré le pape devant
environ 80 000 fidèles, dont 1500 pèlerins canadiens.

Née en 1656 dans l'État de New York, Kateri Tekakwitha a vécu les dernières années de sa courte vie dans la grande région de Montréal, dont à Kahnawake.
Elle est née d'une mère algonquine et d'un père iroquois. Elle a été convertie au catholicisme par les Jésuites. Pour son choix religieux, la jeune fille,
presque aveugle à cause de la petite vérole, avait alors été insultée et menacée par les chefs de sa tribu et s'était réfugiée à Kahnawake.
Elle est décédée à La Prairie, à seulement 24 ans, en raison de sa santé trop fragile.
Son corps est maintenant enterré près de la réserve mohawk de Kahnawake. Il avait d'abord été enterré à La Prairie.

Les miracles des Kateri

Kateri Tekakwitha, le «Lys des Mohawks», a été béatifiée par le pape Jean-Paul II en 1980. Pour devenir officiellement sainte, deux miracles devaient lui
être attribués.
Le premier miracle remonte au jour de son décès, en 1680. Immédiatement après sa mort, les cicatrices qui défiguraient son visage ont disparu pour lui
donner un visage rayonnant de beauté.

Le pape Benoît XVI a reconnu, le 19 décembre 2011, un deuxième miracle de Kateri. Il s'agit de la guérison, en 2006, d'un adolescent américain qui
souffrait de la bactérie mangeuse de chair et pour qui les médecins avaient perdu espoir.Sa famille a demandé l'intercession de Kateri et le jeune homme a été guéri en quelques jours.
Ces nouvelles canonisations portent à 44 les saints proclamés par Benoît XVI depuis 2005.

Appui des Canadiens
Le premier ministre du Canada Stephen Harper considère cette canonisation comme «un grand honneur et un heureux événement».
«Durant sa courte vie, sainte Kateri n'a jamais abandonné sa foi. Elle a enseigné des prières aux enfants, s'est occupée de malades et de personnes
âgées et assistait souvent à la messe le matin comme le soir. Aujourd'hui, il existe des sanctuaires consacrés à sainte Kateri au Canada ainsi qu'aux
États-Unis», a-t-il affirmé, par voie de communiqué.
À Rome pour la canonisation, l'archevêque de Québec, Gérald Cyprien-Lacroix s'est réjoui de voir l'engouement des Canadiens pour sainte Kateri Tekakiwtha.
«De savoir que nous étions plus de 1500 Canadiens, dont plusieurs du Québec, ça m'a beaucoup réjoui.»
Samedi, Mgr Cyprien-Lacroix a participé à une cérémonie de prières. Il a rencontré plusieurs membres des Premières Nations sont heureux de voir la
canonisation de Kateri Tekakwitha. «Ils sont fiers qu'une de leurs filles soit donnée comme modèle pour l'humanité.»
Mgr Cyprien-Lacroix croit que les difficultés qu'elle a vécues sont un signe de sainteté. «Elle a vécu sa foi au sein de sa communauté alors qu'elle
n'avait pas beaucoup de soutien autour d'elle. Il n'y avait pas beaucoup d'appui pour le christianisme autour d'elle. Pourtant, elle a eu le courage de vivre cette foi.»

       


"Histoire"

Qui était Kateri?

Fille d'un chef mohawk traditionaliste et d'une mère algonquine catholique, Kateri Tekakwitha a vécu de 1656 à 1680.


TEKAKOUITHA (Tagaskouïta, Tegakwitha), baptisée Kateri (Catherine), première Indienne à avoir été déclarée vénérable, née d’une Algonquine chrétienne et
d’un Agnier païen en 1656, à Ossernenon (Auriesville, N. Y.), décédée près de Montréal en 1680.

      La mère de Kateri Tekakouitha, élevée par des colons français de Trois-Rivières, avait été capturée vers 1653. C’est peu de temps après qu’elle avait
été choisie pour épouse par un
Agnier païen. En 1660, elle fut emportée par la petite vérole avec son mari et son dernier-né. La jeune Catherine faillit
mourir aussi, le visage grêlé et fortement atteinte aux yeux. Elle fut recueillie par son oncle, le premier capitaine de la bourgade, ennemi déclaré
de la foi chrétienne.

 À l’automne de 1666, M. de Prouville de Tracy, à la tête d’une expédition punitive, descendit de Québec et brûla les agglomérations du canton agnier avec toutes leurs provisions.
Sous le nom de Gandaouagué, on reconstruisit Ossernenon de l’autre côté de la rivière des Hollandais (Mohawk), un peu à l’ouest de l’ancien emplacement.
Après cette défaite, les Agniers implorèrent la paix et demandèrent des missionnaires. On leur envoya les pères Jacques Frémin, Jacques Bruya, Jean Pierron
et les donnés Charles Boquet et François Poisson, qui arrivèrent à Gandaouagué en septembre 1667.

Durant les trois jours que dura leur halte, Kateri Tekakouitha dut s’occuper des Jésuites, dont la piété et les manières affables l’impressionnèrent.
À maintes reprises, sa parenté voulut la forcer de se marier, ce qu’elle refusait toujours, à leur grand mécontentement. Il n’y a pas de quoi se
surprendre de ce refus, puisque les deux tiers de la population de Gandaouagué se composaient d’Algonquins et de Hurons chrétiens qui avaient sans doute
parlé à Kateri des Ursulines de Québec et de la vie religieuse. C’est en 1675 que le père Jacques de Lamberville, jésuite, entra pour
la première fois dans sa cabane. Elle lui exposa son désir de recevoir le baptême. La cérémonie eut lieu le jour de Pâques 1676, et la jeune Indienne
reçut le nom de Kateri.

Sa conversion lui valut une véritable persécution. On menaça même de la tuer. Dans toutes ces épreuves, le père de Lamberville lui conseilla de prier
sans relâche et d’aller vivre au saut Saint-Louis (rapides de Lachine). À l’automne de 1677, avec l’aide de trois néophytes indiens, elle réussit à s’enfuir.
C’est à la mission Saint-François-Xavier que Kateri Tekakouitha s’est définitivement formée au christianisme. Anastasie Tegonhatsiongo, autrefois
l’amie de sa mère à Ossernenon, lui servit de guide spirituel. Plus tôt qu’à l’ordinaire pour les convertis, on lui accorda, à cause de ses qualités
exceptionnelles, de faire sa première communion dès Noël 1677.
 En outre, malgré son jeune âge, on l’admit, au printemps de 1678, dans la Confrérie de la Sainte-Famille.

  Les lignes de force de la spiritualité de Kateri Tekakouitha étaient une extraordinaire pureté d’âme et de corps et une charité efficace à l’égard de tous.
Cette laïque vécut intégralement l’existence indienne, au village comme aux grandes chasses hivernales. Ce n’est qu’en 1678, moins de deux ans avant
sa mort, qu’elle cessa d’accompagner les siens à la recherche du gibier ; à cette époque, l’emprise de l’Eucharistie était devenue tellement puissante sur
elle qu’au risque de pâtir de la faim, elle ne voulait plus être éloignée de l’église pendant de longs mois. Même dans le milieu fervent de la mission,
elle dut subir de grandes épreuves, en particulier de fausses accusations. Plus tard, ses calomniateurs ont été les premiers à la louer.
Kateri Tekakouitha aurait voulu fonder une communauté de religieuses indiennes, mais le père de Lamberville l’en dissuada.
 Le 25 mars 1679, fête de l’Annonciation, on lui permit de prononcer privément le vœu perpétuel de virginité.
On comprend que la postérité l’ait surnommée le Lys des Agniers.
Elle se livrait à de douloureuses mortifications, qu’elle modéra, d’ailleurs, sur l’ordre de son directeur. Cet esprit de pénitence, elle le
dissimulait de son mieux, aimait la plaisanterie et riait de bon cœur.

Toujours de santé médiocre, Kateri se sentit gravement atteinte dès le début de 1680. Le mardi de la Semaine sainte, elle reçut le viatique.
Le lendemain, 17 avril, à peine âgée de 24 ans, elle expira très doucement en prononçant les noms de Jésus et de Marie.
Après sa mort, le père Cholenec s’aperçut que les traits de Kateri, marqués par la petite vérole, s’étaient merveilleusement embellis.
À la suite de faveurs signalées obtenues par son intercession, naquit bientôt une profonde dévotion envers elle.

  En 1688, Mgr de Saint-Vallier, deuxième évêque de Québec, la nommait « la Geneviève du Canada », thème que Chateaubriand devait exploiter dans Les Natchez,
 En 1744, le père de Charlevoix écrivait qu’elle était « universellement regardée comme la Protectrice du Canada ». La dévotion à la vénérable Kateri Tekakouitha s’est
répandue au Canada, aux États-Unis et à travers le monde. Chaque année augmentent les pèlerinages à Auriesville et à la mission Saint-François-Xavier
de Caughnawaga, où l’on conserve ses reliques.

Depuis sa mort, une cinquantaine de biographies de la vénérable Kateri Tekakouitha ont paru dans une dizaine de langues.
 
Tout au long de sa courte vie, Kateri avait beaucoup pratiqué le jeûne ainsi que la mortification, parfois
même excessive par une naïve ignorance et réprouvée par son confesseur, souvent sous forme de sévices corporels.
  Aujourd'hui, son tombeau est exposé à l'église St. Francis Xavier à Kahnawake à l'intersection des rues Old Church Road et River Road.


Canonisation
Statue de Kateri Tekakwitha à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, près de la ville de Québec.
Elle a été déclarée vénérable par Pie XII le 3 janvier 1943. Mgr Gérard-Marie Coderre présida au transfert de ses reliques en 1972. Kateri est béatifiée par
Jean-Paul II le 22 juin 1980. Sa fête figure au calendrier liturgique de l'Église catholique le 17 avril. Le décret concernant ses miracles a été signé
le 19 décembre, 2011. Il s'agit, en 2006, de la guérison d'un jeune garçon, Jake Fink-Bonner, de Sandy Point, une petite ville située près de Seattle
(Washington), de la fasciite nécrosante, également connue sous l'appellation populaire de « bactérie mangeuse de chair ».
 
Sa canonisation a eu lieu à Rome par le pape Benoît XVI, le 21 octobre 2012. Un sanctuaire lui a été consacré à la Mission Saint-François-Xavier,
à quinze kilomètres en aval de Kahnawake. Il y a une église Katheri-Tekakwhita dans la communauté montagnaise de Mashteuiatsh, dans la région du
Saguenay–Lac-Saint-Jean et dans la communauté de Uashat Mak Maliotenam. Un camp de vacances aux États-Unis, entièrement francophone, le camp Tékakwitha5,
a aussi été fondé et nommé en son honneur.
TEKAKOUITHA (Tagaskouïta, Tegakwitha), baptisée Kateri (Catherine), première Indienne à avoir été déclarée vénérable, née d’une Algonquine chrétienne et
d’un Agnier païen en 1656, à Ossernenon (Auriesville, N. Y.), décédée près de Montréal en 1680.

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