Le 22 Novembre
FÊTE DE SAINTE-CECILE


  22 novembre     
Sainte Cécile   (Premiers siècles)

 
      Patronat :  Patronne des musiciens ainsi que des brodeurs et brodeuses.
            Particularités : Martyr,  Vierge,

Cécile de Rome, une des sainte Cécile, ou sainte Aziliz dans le calendrier breton des saints, est une sainte chrétienne. Elle aurait vécu à Rome, aux premiers temps du christianisme. Sa légende en fait une vierge qui, mariée de force, continua à respecter son vœu de virginité. On la fête le 22 novembre. Sainte Cécile est la patronne des musiciens ainsi que des brodeurs et brodeuses.

       

Histoire et tradition

Elle vivait en Sicile, selon Venance Fortunat, et mourut pour la foi à Rome à une époque incertaine (176, 230, 220 sous Marc Aurèle ou 223 sous Alexandre Sévère). Elle aurait finalement été condamnée au martyre, après avoir converti de nombreuses personnes, dont son mari. Les actes de son martyre n'ont rien d'authentique.

Un passage de sa légende affirme qu'en allant au martyre elle entendit une musique céleste. Cette anecdote en fera la patronne des musiciens, des luthiers et des autres fabricants d'instruments de musique. On la représente avec une couronne de fleurs, symbole de virginité, un plant de lys, un instrument de musique et une épée. Elle est souvent enturbannée et richement habillée, signes d'une origine patricienne. C'est l'un des martyrs des débuts de l'Église les plus vénérés, mentionné dans le canon de la messe depuis 496.

Sa dépouille fut retrouvée en 821 dans les catacombes de Saint-Calixte puis transférée au quartier de Trastevere, où une basilique fut construite pour l'accueillir. Lors des fouilles de 1599, le corps fut exhumé et l'on s'émerveilla de le trouver intact et dans sa position d'origine. Cet évènement contribua à renforcer l'intérêt pour l’Église primitive, qui imprégnait certains milieux ecclésiastiques et intellectuels de l'époque. Le sculpteur Stefano Maderno (1576-1636), frère de l'architecte Carlo Maderno, était présent lors de l'identification de la dépouille. L’œuvre qu'il réalisa aussitôt rend compte de cette fascination devant les témoignages de l’Église originelle.

La légende de sainte Cécile

Cette légende fut notamment transmise dans la Légende dorée de Jacques de Voragine.

Issue d'une noble famille romaine, elle voua sa vie très jeune à Dieu et fit vœu de virginité. Arrivée en âge de se marier, ses parents lui choisissent Valérien pour époux, un païen. Après plusieurs jours de prière et de jeûne, arrive la nuit de noces : elle révèle son secret à Valérien, et lui demande de respecter sa virginité, ainsi que de se convertir.

La Légende dorée de Jacques de Voragine rapporte ainsi les paroles de sainte Cécile : « J'ai pour amant un ange qui veille sur mon corps avec une extrême sollicitude. S'il s'aperçoit le moins du monde que tu me touches, étant poussé par un amour qui me souille, aussitôt il te frappera, et tu perdrais la fleur de ta charmante jeunesse ; mais s'il voit que tu m’aimes d'un amour sincère, il t'aimera comme il m’aime, et il te montrera sa gloire. »

Valérien, maîtrisé par la grâce de Dieu, lui répondit : « Si tu veux que je te croie, fais-moi voir cet ange, et si je m’assure que c'est vraiment un ange de Dieu, je ferai ce à quoi tu m’exhortes ; mais si tu aimes un autre homme, je vous frapperai l’un et l’autre de mon glaive. »

Après lui avoir fait lire l'évangile selon Luc et après qu'il a renoncé aux idoles, il se convertit. Elle le conduit alors au pape Urbain qui le prépare au baptême et le baptise à Pâques.

Le frère de Valérien, Tiburce, se convertit à son tour, et un ange lui annonce qu'ils arriveront tous deux auprès du Seigneur avec la palme du martyre. Cécile répond à Tiburce qui exprime ses craintes de mourir : « Si cette vie était la seule, ce serait avec raison que nous craindrions de la perdre : mais il y en a une autre qui n'est jamais perdue, et que le Fils de Dieu nous a fait connaître. Toutes les choses qui ont été faites, c'est le Fils engendré du Père qui les a produites. Tout ce qui est créé, c'est l’Esprit qui procède du Père qui l’a animé. Or, c'est ce Fils de Dieu qui, en venant dans le monde, nous a démontré par ses paroles et par ses miracles qu'il y a une autre vie. »

Valérien et Tiburce s'emploient à donner des sépultures aux corps des martyrs que le préfet Amalchius faisait tuer comme criminels, et brûler. Jusqu'au jour où ils sont dénoncés. (En effet, à l'époque les chrétiens n'étaient pas recherchés, mais s'ils étaient dénoncés on les forçait à renier leur foi et à adorer les dieux des Romains.)

Ils proclament au préfet : « Nous supportons maintenant l’ignominie et le labeur ; mais plus, tard, nous recevrons la gloire et la récompense éternelle. Quant à vous, vous jouissez maintenant d'une joie qui ne dure pas, mais plus tard, aussi, vous ne trouverez qu'un deuil éternel. » Le préfet répond : « Ainsi nous, et nos invincibles princes, nous aurons en partage un deuil éternel, tandis que vous qui êtes les personnes les plus viles, vous posséderez une joie qui n'aura pas de fin ?

— Vous n'êtes que de pauvres hommes et non des princes, nés à notre époque, qui mourrez bientôt et qui rendrez à Dieu un compte plus rigoureux que tous. — Pourquoi perdre le temps, en des discours oiseux ? Offrez des libations aux dieux, et allez-vous-en sans qu'on vous ait fait subir aucune peine. »

Les deux frères répliquèrent : « Tous les jours nous offrons un sacrifice au vrai Dieu. » Ainsi, reprit le préfet : « Jupiter, ce n'est pas le nom d'un dieu ?

— C'est le nom d'un homicide et d'un corrupteur. — Donc, tout l’univers est dans l’erreur, et il n'y a que ton frère et toi qui connaissiez le vrai Dieu ? — Nous ne sommes pas les seuls, car il est devenu impossible de compter le nombre de ceux qui ont embrassé cette doctrine sainte. »

Au terme de ce procès, les deux frères furent livrés à la garde de Maxime. Celui-ci tente de les sauver une dernière fois de la mort : « Ô noble et brillante fleur de la jeunesse romaine ! Ô frères unis par un amour si tendre ! Comment courez-vous à la mort ainsi qu'à un festin ? »

Valérien lui dit que s'il promettait de croire, il verrait lui-même leur gloire après leur mort. « Que je sois consumé par la foudre, dit Maxime, si je ne confesse pas ce Dieu unique que vous adorez quand ce que vous dites arrivera ! » Alors Maxime, toute sa famille et tous les bourreaux crurent et reçurent le baptême d'Urbain qui vint les trouver en secret. Valérien et Tiburce furent décapités, et Maxime fouetté à mort. Cécile obtient l'autorisation de les enterrer (au lieu de les brûler) dans un tombeau de la voie Appienne et non dans les catacombes (cimetières souterrains).

Cécile se sent menacée, mais sa foi est plus forte que sa peur et elle continue d'évangéliser chez elle et dans les jardins du mont Palatin. Le pape Urbain vient célébrer l'eucharistie chez Cécile pour ce groupe de chrétiens.

Un jour, elle est arrêtée et le juge la condamne à être décapitée en public, chez elle. Comme elle est belle et noble, les bourreaux lui demandent de changer d'avis. Elle répond : « Ceci n'est point perdre sa jeunesse, mais la changer ; c'est donner de la boue pour recevoir de l’or ; échanger une vile habitation et en prendre une précieuse : donner un petit coin pour recevoir une place brillamment ornée. Si quelqu'un voulait donner de l’or pour du cuivre, n'y courriez-vous pas en toute hâte ? Or, Dieu rend cent pour un qu'on lui a donné. Croyez-vous ce que je viens de vous dire ? — Nous croyons, répondirent-ils, que le Christ qui possède une telle servante, est le vrai Dieu. » On appela l’évêque Urbain et beaucoup de personnes furent baptisées.

Voici les paroles que sainte Cécile a pu adresser au préfet Almachius lors de sa condamnation :

- Amalchius : D'où te vient tant de présomption en me répondant?

- Cécile : D'une conscience pure et d'une conviction sincère.

- Ignores-tu quel est mon pouvoir ?

- Ta puissance est semblable à une outre remplie de vent, qu'une aiguille la perce, tout ce qu'elle avait de rigidité a disparu.

- Tu as commencé par des injures et tu poursuis sur le même ton !

- On ne dit pas d'injure à moins qu’on n'allègue des paroles fausses. Démontre que j'ai dit une injure, alors j'aurai avancé une fausseté : ou bien, avoue que tu te trompes, en me calomniant; nous connaissons la sainteté du nom de Dieu, et nous ne pouvons pas le renier. Mieux vaut mourir pour être heureux que de vivre pour être misérables.

- Pourquoi parles-tu avec tant d'orgueil?

- Ce n'est pas de l'orgueil, mais de la fermeté.

- Malheureuse, ignores-tu que le pouvoir de vie et de mort m’a été confié?

- Je prouve, et c'est un fait authentique, que tu viens de mentir : tu peux ôter la vie aux vivants; mais tu ne saurais la donner aux morts. Tu es un ministre de mort, mais non un ministre de vie.

- Laisse là ton audace, et sacrifie aux dieux.

- Je ne sais où tu as perdu l’usage de tes yeux : car les dieux dont tu parles, nous ne voyons en eux que des pierres. Palpe-les plutôt, et au toucher apprends ce que tu ne peux voir avec ta vue.

Sainte Cécile se met à chanter en attendant le coup de hache du bourreau, mais ce dernier, après trois tentatives infructueuses, la laisse agoniser durant trois jours (la loi romaine interdisait le quatrième coup). Elle confie tous ses biens au pape Urbain et lui recommande ceux qu'elle a converti, ainsi que sa maison pour en faire une église : elle subsiste aujourd'hui, c'est l'Église Sainte-Cécile-du-Trastevere, à Rome.

Oeuvres graphiques

Comme vierge martyre et comme patronne des musiciens, sainte Cécile a beaucoup inspiré les peintres, les dessinateurs et les graveurs, dès le XVe siècle et jusqu'au XIXe siècle. Raphaël, Le Dominiquin ou encore Carlo Dolci lui ont consacré des tableaux. On trouve dans Mirimonde 1974 une riche anthologie de dessins, peintures et gravures, qui peut être enrichie avec l'étude de Nico Staiti de 2002. Certaines de ces œuvres (tel le célèbre tableau de Raphaël) ont même fait l'objet d'études approfondies sur les plans historique, esthétique ou symbolique.


Oeuvres musicales

En tant que patronne des musiciens, c'est naturellement sous ses auspices que se placent beaucoup de confréries musicales, de puys de musique ou d'académies, de l'Ancien Régime à nos jours. Du XVIe au XVIIIe siècle, de nombreux musiciens composent des motets pour l'office de sa fête.

Henry Purcell compose en 1692 avec son ode à sainte Cécile Hail! Bright Cecilia.

Le compositeur hongrois Franz Liszt a composé une œuvre chorale intitulée La légende de sainte Cécile en 1874.

Licinio Refice a composé en 1934 un oratorio scénique intitulé Cecilia, disponible au disque.

Benjamin Britten, né le jour de la sainte Cécile (22 novembre 1913), a composé en 1942 Hymn to St. Cecilia sur un poème de W. H. Auden, que ce dernier lui avait dédié.

Plus récemment, l'Estonien Arvo Pärt a composé Cecilia, vergine romana en 2000, commande de l'Académie nationale de Sainte-Cécile de Rome.



Autre version:

22 novembre, fête de la Sainte-Cécile, patronne des musiciens. Mais qui est donc cette mystérieuse Sainte Cécile?

Construite en partie de légendes, l’histoire de Sainte Cécile est connue depuis la Passion de Cécile écrite en 535. Née dans une famille noble de Rome, Cécile possédait grâce, beauté et était fervente des arts, avec un talent tout particulier pour la musique. Très jeune, elle décide de vouer sa vie à Dieu et fait vœu de virginité. Marié contre son gré à un païen nommé Valérien, elle réussit à convaincre son époux qu’elle est accompagnée d’un ange qui veille sur elle: « Si tu me touches dans le cadre du mariage, il se mettra en colère et tu souffriras. Si tu respectes ma décision, il t’aimera comme il m’aime. » Ce dernier accepte, ébloui par la piété de son épouse. Avec l’aide du pape St Urbain, Cécile réussit à convertir son mari au christianisme et, une fois baptisé, il la trouve en prière avec un ange aux ailes de feu à côté d’elle. Mais la félicité devait être de courte durée et les persécutions cruelles perpétrées par l’empereur Marc-Aurèle auront raison d’eux.

Jusqu’au moyen-âge, le patron des musiciens était le pape Saint Grégoire, mais quand l’académie de musique de Rome fut créée en 1584, elle fut placée sous la protection de Sainte Cécile. Déjà sujet de bon nombre de représentations (peinture, fresques, mosaïques) et source de prières, elle devait inspirer nombre de compositeurs dont Purcell, Handel et Britten.

Depuis le XVe siècle, l’emblème de Sainte Cécile est devenu l’orgue. Elle est la patronne de la musique, des musiciens, des compositeurs, des luthiers, des chanteurs et des poètes.


Pendant déjà plus de mille ans, Cécile a été l'un des martyrs des débuts de l'Eglise les plus vénérés. Son nom, le fait qu'elle fonda une église et qu'elle fut enterrée dans une crypte des catacombes de St Callixte, le contexte tout comme l'existence d'un Valérien et d'un Tubercius est tout ce qui est historiquement vérifiable a son sujet. Toutefois, il est certain que cette vie de saint est basée sur quelques faits réels. L'histoire de Sainte Cécile, qui n'est pas dénuée de beauté et de mérite, est construite en partie de légendes. La romance de Cécile et Valérien est connue depuis la légendaire passion de Cécile écrite en 535. A cette époque, beaucoup de fondateurs d'église et martyrs ont été canonisés. La première mention de Cécile dans le canon de la messe date de 496.


Ste Cécile naquit dans la noble famille pratiquante de Rome des Coecilia dont sont issus beaucoup de sénateurs. Elle possédait tous les dons de grâce, de beauté et d'innocence qu'une jeune fille pouvait avoir. Riche et cultivée, elle était fervente des arts et avait un talent tout particulier pour la musique. Très jeune, elle voua sa vie à Dieu et fit vœu de virginité.


Contre son gré, son père la maria à un jeune païen nommé Valérien. Le jour des noces arriva et, pendant que tout le monde chantait et dansait, Cécile s'était retirée pour invoquer la protection du Ciel dans cette situation difficile, tout en chantant dans son cœur et en récitant des psaumes. Cette situation est à l'origine de la vénération en temps que patronne de la musique. Valérien, homme remarquable, était connu pour être de grande compréhension.

Au soir du mariage lorsque les jeunes époux se retrouvèrent dans leur chambre, Cécile dit à son mari :
- Je vais te conter un secret qu'il faut jurer de ne divulguer à personne. Je suis accompagnée d¹un ange qui veille sur moi. Si tu me touches dans le cadre du mariage, il se mettra en colère et tu souffriras. Si tu respectes ma décision, il t'aimera comme il m'aime.
Valérien répliqua :
- Montre moi cet ange.
Elle lui dit :
- Si tu crois en Dieu, et que tu deviens baptisé, tu le verras .
Valérien accepta Cécile comme épouse et promit de respecter son vœu sans revendiquer les droits issus du mariage.

Il restait très impressionné par la piété et l'état de grâce de sa femme. Avec l'aide du pape St Urbain, Cécile réussit à convertir son mari au christianisme et à le faire baptiser.

En retournant vers son épouse, il la trouva en prière avec un ange aux ailes de feu à côté d'elle. L'ange couronna Cécile de roses et Valérien de lilas et leur dit alors :
- Recevez ces couronnes, elles sont un signe du Ciel. Jamais elles ne sécheront ni ne perdront leurs parfums. Quant à toi Valérien, demande moi ce que tu veux. Il souhaita que son frère Tiburcius, qui lui était très cher, l'accompagne dans sa foi. Son vœu fut accepté. Lorsque Tiburcius entra dans la maison, le parfum des fleurs invisibles à ses yeux le saisirent et il se laissa convaincre par Cécile et Valérien de renoncer à ses faux dieux. Il se convertit et fut baptisé par St Urbain.


Les deux jeunes époux vécurent dans la chasteté et se dévouèrent aux bonnes oeuvres. Cécile chantait les louanges de Dieu avec assiduité et y joignait souvent un instrument de musique.

Mais les persécutions cruelles des chrétiens, perpétrées par l'empereur Marc-Aurèle auront raison d'eux. A cause de leur ardeur à ensevelir les corps des martyrs chrétiens dans les catacombes à l'extérieur de la ville, ils furent arrêtés. Le préfet Almachius les incita à renoncer à leur foi ce qu'ils refusèrent. Alors afin qu'ils ne puissent pas prendre de dispositions pour faire don de leur bien, ils furent condamnés à être décapités après flagellation. Maximus, l'officier chargé de rendre la sentence, après avoir vu une apparition de martyrs, se convertit soudainement à la religion chrétienne et subit le même sort. Les trois hommes furent exécutés aux alentours de Rome.

Bravant le danger, Cécile les ensevelit dans les catacombes de St Praetextatus sur la Via Appia et décida d'utiliser à l'avenir sa maison pour prêcher la foi. Avec une éloquence sans pareille, Cécile convertit de plus en plus de gens. Un jour, lorsque le pape Urbain lui rendit visite à domicile, il baptisa plus de 400 personnes.

Peu de temps après Valérien , elle fut arrêtée et amenée devant le préfet pour avoir enterré les corps de son mari et de Tiburcius. Elle n'eut pas d'autres choix que la vénération des dieux païens ou la mort. Après une glorieuse profession de foi, elle fut condamnée à mort.

Mais exécuter une fille d'une telle noblesse au service des pauvres n'était pas chose aisée même au temps des empereurs cruels. Rejetant une exécution publique elle fut condamnée à être enfermée dans la salle de bain (sudatorium) de sa propre maison à Trastevere et à suffoquer par la vapeur. Le foyer fur chargé à sept reprises de sa charge normale. La chaleur et la vapeur n'eurent pas raison d'elle. Lorsqu'elle tomba inconsciente, au bout d¹un jour et une nuit le préfet en colère ordonna de la décapiter.


A la vue de la sainte, le soldat envoyé perdit courage et tremblant frappa à trois reprises, mais en vain. La loi romaine interdisant le quatrième coup, elle fut abandonnée gisant dans son sang. Aussitôt les chrétiens se ruèrent dans la maison et essuyèrent les blessures avec les habits de lin, sans la bouger du sol. Cécile survécut trois jours pendant lesquels elle n'avait de cesse à prêcher sa foi et d'encourager les pauvres. Lorsque St Urbain arriva, elle fit don de sa maison pour y construire une église et légua ses biens aux pauvres. Alors tournant sa face contre terre, Cécile mourut le 22 novembre de l'an 230.


Elle fut inhumée dans la position exacte où elle expira, avec les doigts étendus, dans les catacombes de St callixte à côté de la crypte des papes avec, à ses pied, les vêtements ayant essuyé ses plaies. Les catacombes de Saint Callixte se trouvent parmi les plus grandes de Rome. Cet ensemble cimetiéral construit au milieu du second siècle occupant 15 hectares de terrain se compose de 20 km de galeries à plusieurs niveaux à 20 mètres sous terre

En 817, le pape Pascal 1er entrepris de déplacer des milliers de dépouilles hors des catacombes tombant en ruine, vers des lieux plus sûrs et à l'abri des envahisseurs. Mais les reliques de Cécile restaient introuvables. Un matin de l'an 822, tandis qu'il célébrait à Rome, Cécile apparut au Pape Pascal 1er lui révélant l'emplacement de la sépulture. Celui-ci fut découvert le même jour dans les catacombes de Saint Callixte. Dans le cercueil de cyprès se trouvait Cécile habillée d'une robe de tissu or et des vêtements de lin imbibés de sang à ses pieds. On mit à jour également la tombe de Valérien, Tiburcius et Maximus. Le pape fit transférer Cécile sous l'autel principal de l'église de Trastevere qui sera appelée plus tard : Titulus Sanctae Caeciliae : « Eglise fondée par une femme appelée Cécile ». Replacée dans la position découverte, le pontife déposa le cercueil dans un sarcophage de marbre. Valérien et ses amis furent placés à un autre endroit de la chapelle

Sous le règne du pape Clément VIII en 1599, lors des travaux de rénovation de l'église Ste Cécile et de la construction de son grand autel, le cardinal Paul Emilius Sfondrati ouvrit la tombe et trouva le sarcophage de marbre blanc contenant le corps Cécile intact.

Après plus de 800 ans, elle était miraculeusement et admirablement bien conservée. Couchée sur le côté droit face contre terre, comme dans un profond sommeil, sa nuque portant encore les traces des coups. Le vert et or de sa robe luxueuse n'avaient pas été altérés par le temps. Il n'existe aucun autre fait semblable dans l'histoire de l'Eglise : la préservation d'un corps dans la position du décès et immortalisé par le marbre. A l'ouverture de sa tombe, des artistes furent autorisés à peindre des tableaux et des images. Des milliers de gens eurent le privilège de la voir dans son cercueil et durant 4 à 5 semaines, elle fut exposée à la vénération. Puis le corps se décomposa rapidement au contact de l'air.


Sous cet autel se trouve une magnifique statue de marbre sculptée en 1601 par Stefano Maderno et représentant fidèlement la martyr baignant dans son sang comme elle tomba après les coups et telle que on la trouva lors de l'ouverture de sa tombe en 1599. Dans cette oeuvre, Maderno, tombé amoureux d'elle, a pu exprimer toute la grâce de Cécile travaillant le marbre dans une « représentation lumineuse et chaude ». Une réplique de cette statue occupe la place originale de la Sainte dans les catacombes de Callixte où la crypte de Sainte Cécile est entièrement décorée de fresques et de mosaïques (début du IX siècle) . Sur le mur, près de la réplique de la statue, se trouve une image antique de Sainte Cécile dans une attitude de prière.


Jusqu'au moyen-âge, le patron des musiciens était le pape Saint Grégory, mais quand l'académie de musique de Rome fut créée en 1584, elle fut placée sous la protection de Sainte Cécile. Ainsi s'établit sa vénération devenue universelle, comme patronne des musiciens. L'association de Ste Cécile avec la musique date de la fin du V siècle et est due aux pèlerins venus voir ses reliques. Elle devient alors le sujet de bon nombre de représentations (peinture, fresques, mosaïques) et est à la source de prières, de chants qui ont contribué à sa popularité. Dryden a écrit « Une chanson pour la fête de Sainte Cécile » et le poète Alexander Pope composa « Ode à la musique pour la fête de Ste Cécile ».


Depuis le XVème siècle, l'emblème de Sainte Cécile est devenu l'orgue. Sur des représentations imagées, elle y est figurée avec un orgue, une harpe ou un autre instrument de musique. Auparavant elle était couronnée de roses, portant une palme ou occupée à convertir son mari Saint Valérien, etc... Les plus anciennes images de Cécile sans instruments de musique ont été trouvées au VIème siècle sur des fresques romaines dans les catacombes de St Callixte. Après qu'elle fut peinte par Raphaël en organiste, son image est devenue un sujet favori pour les vitraux.


Actuellement Cécile et Valérien sont à nouveau réunis pour l'éternité. Leurs reliques ainsi que celle de St Urbain se trouvent dans une voûte somptueuse sous le grand autel de l'église Sainte Cécile de Trastevere qui lui a été dédiée par Sfondrati. La cérémonie de fermeture de la tombe avec les reliques dans un cercueil d'argent eut lieu en présence du pape lui-même et de 42 cardinaux.

Sainte Cécile patronne de la musique, des musiciens, des compositeurs des luthiers des chanteurs et des poètes, est fêtée le 22 novembre.

Autre version

           L'histoire de cette vierge martyre est assez incertaine.
                   Elle déclara à son mari Valérien, la nuit de ses noces,qu'un ange veille sur sa virginité, et que seul le baptême permet de voir cet ange.
          
Valérien et Tiburce, le frère de Cécile,
se firent baptiser par le pape Urbain, et jouïr de cette faveur.
      Arrêtés, Valérien et Tiburce furent suppliciés pendant que Cécile resta sequestrée dans sa maison. 

      Refusant de sacrifier aux dieux, elle fut condamnée à être décapitée.
Son bourreau ne put que la blesser  et son agonie dura 3 jours. 

On dit qu'elle est la patronne des musiciens parce que, le jour de ses noces, tandis que des musiciens jouaient, elle chantait
dans son cœur les louanges de Dieu. 

Il est dificile de démêler l'histoire et la légende à propos de cette sainte qui fut très vénérée à Rome dès 545.
Ce qui semble certain, c'est qu'elle était de la noble famille romaine des Caecilli et qu'elle mit
sa maison à la disposition de l'Eglise. 

Cette chrétienne avait décidé de consacrer  sa vie au Christ dans la virginité.
On dit que ses parents l'obligèrent à épouser un paien nommé Valérien. 

En reliant sainte Cécile à la musique, la tradition évoque  la beauté d'une vie donnée.
On dit même que Dieu aurait créer l'univers en chantant. 

Qui sait?
Sa musique continue dans la vie de ses témoins.

"DICTON"
Pour Sainte-Cécile,
Chaque fève en fait mille

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