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Le
Sacré-Cur est une dévotion au Cur de Jésus-Christ,
en tant que symbole de l'amour divin par lequel le fils de Dieu a pris
la nature humaine et a donné sa vie pour les hommes1. Cette dévotion
est particulièrement présente au sein de l'Église
catholique romaine mais aussi, quoi qu'à moindre échelle,
dans l'Église anglicane et dans certaines Églises luthériennes.
Elle met l'accent sur les concepts d'amour et d'adoration voués
au Christ. La solennité du Sacré-Cur a été
instituée par le pape Clément XIII en 1765 et étendue
à toute l'Église catholique romaine par le pape Pie IX en
1856.
L'extension
de cette dévotion dans l'Église catholique romaine à
partir du XVIIe siècle provient des révélations d'une
religieuse visitandine catholique du couvent de Paray-le-Monial en Bourgogne,
Marguerite-Marie Alacoque, qui a affirmé l'avoir reçue du
Christ lui-même lors de différentes apparitions entre 1673
et 16752, et, plus tard, à partir du XIXe siècle, provient
des révélations d'une autre religieuse supérieure
catholique du couvent de la Congrégation du Bon Pasteur de Porto,
en Portugal, Marie du Divin Cur, comtesse Droste zu Vischering, qui a
demandé, au nom du Christ lui-même, au pape Léon XIII
qu'il consacre le monde entier au Sacré-Cur de Jésus.
La
tradition catholique a toujours associé le Sacré-Cur avec
les Actes de Réparation dédiés au Christ. Dans son
encyclique Miserentissimus Redemptor, Pie XI a indiqué : «
l'esprit d'expiation ou de réparation a toujours tenu le premier
et principal rôle dans le culte rendu au Sacré-Cur de Jésus
». La Dévotion au Sacré-Cur est parfois pratiquée
au sein des Églises orthodoxes, où elle reste un point de
controverse, car perçue comme étant un exemple de latinisation
liturgique.
Le
Sacré-Cur est souvent représenté, dans l'art chrétien,
sous la forme d'un cur enflammé brillant d'une lumière divine,
saignant car ayant été percé par la lance du soldat
romain Longinus, entouré d'une couronne d'épines et surmonté
d'une petite croix. Parfois, le cur est centré sur le corps du
Christ, avec ses mains transpercées dirigées vers lui, comme
s'il allait l'offrir à la personne qui se tient devant lui. Les
blessures et la couronne d'épines font allusion aux conditions de
la mort de Jésus-Christ, alors que le feu symbolise le pouvoir transformateur
de l'amour.
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Histoire
Le
Christ Roi est un monument religieux en Portugal dediqué au Sacré-Cur
de Jésus où existe une chapelle avec des reliques de sainte
Marguerite-Marie Alacoque, de saint Jean Eudes et de la bienheureuse Marie
du Divin Cur.
Origines
La
tradition du Sacré-Cur trouve son origine avec l'apôtre saint
Jean, qui a reposé sa tête sur le cur de Jésus durant
la Cène (Evangile selon st Jean 13,23) et a vu le Cur transpercé
de Jésus lors de la Passion (Evangile selon st Jean 19,34-37). Par
la suite, de nombreux saints ont parlé du Cur du Christ, tels sainte
Catherine de Sienne, sainte Gertrude de Helfta, saint François de
Sales, des Chartreux ...
XVIIe
siècle
Pendant
les premiers siècles du christianisme, le cur du Christ ne symbolisait
pas tant l'organe de l'affectivité et des émotions [réf.
nécessaire], comme il le fait aujourd'hui, que le siège de
toute activité mentale, de façon indifférenciée.
Ludolphe
le Chartreux fait allusion au Sacré-Cur dans la Grande Vie de Jésus-Christ.
Quelques images allemandes, la patrie d'origine de Ludolphe, le représentent
aux XVe et XVIe siècles, ainsi que les Cinq-Plaies.
Au
XVIIe siècle, saint Jean Eudes (1601-1680) mit en place les éléments
d'un culte du cur de la Vierge Marie, puis de celui de Jésus.
Image
sur Sacré-Cur révélée à sainte Marguerite-Marie
Alacoque.
L'Église
catholique se considéra confortée dans l'instauration de
ce culte à la suite des apparitions que Marguerite-Marie Alacoque
(plus tard proclamée sainte) a eu de Jésus dès 1673
à Paray-le-Monial. Saint Claude La Colombière a aidé
sainte Marguerite-Marie Alacoque à répandre ce culte du Sacré-Cur.
L'image qu'elle propage, entouré de rayons d'or et de flammes de
feu, comporte au centre le mot « charitas » c'est à
dire charité, est l'image du Verbe fait chair , seconde personne
de la Trinité, Dieu-Amour, incarné dans un coeur humain.
XVIIIe
siècle
Sur
Anne-Madeleine Rémusat (1696-1730) fut une propagatrice de la dévotion
au Sacré-Cur. Pour arrêter la peste à Marseille, Mgr
Belsunce, sous l'inspiration de cette religieuse, plaça la ville
de Marseille et son diocèse sous la protection du Sacré-Cur,
lors d'une messe célébrée le 1er novembre 1720.
Marie
Leszczynska initiée à cette dévotion par la Visitation
de Varsovie, obtient des Evêques de France que la Fête du Sacré-Cur
soit étendue à toute la France ainsi que l'Office et propage
ce culte à la cour et dans la famille royale, obtenant qu'il y aie
un autel du Sacré-Cur dans la Chapelle du Château de Versailles,
ville d'une des premières confréries du Sacré-Cur
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Pape
Pie IX
En
1856, le Pape Pie IX étend la Fête du Sacré-Cur à
l'Église universelle. Trois encycliques confirment l'attachement
de l'Église à cette dévotion : Annum Sacrum (Léon
XIII - 1899), Miserentissimus Redemptor (Pie XI - 1928) et Haurietis Aquas
(Pie XII - 1956).
Ces
circonstances peuvent être comparées à celles qui ont
présidé à la proclamation par l'Eglise catholique
de la Fête-Dieu, proposé par Sainte Julienne de Cornillon.
De même, le Dimanche de la divine Miséricorde fait suite au
message de Faustine Kowalska. Ces trois fêtes ont été
instituées dans le calendrier liturgique suite à des faits
mystiques sur lesquels l'Église catholique romaine a posé
un avis favorable.
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Consécrations
au Sacré-Cur
Peinture
de la bienheureuse Marie du Divin Cur et de sainte Marguerite-Marie Alacoque,
les deux en adoration au Sacré-Cur de Jésus.
Dans
sa bulle pontificale Auctorem Fidei, le pape Pie VI loua la dévotion
au Sacré-Cur. Finalement, le pape Léon XIII consacra, par
son encyclique Annum Sacrum (le 25 mai 1899), chaque être humain
au Sacré-Cur. L'idée de cet acte, que Léon XIII surnomma
"le grand acte" de son pontificat, lui avait été soumise
par la bienheureuse Marie du Divin Cur, comtesse Droste zu Vischering,
une religieuse supérieure de la Congrégation du Bon Pasteur
de Porto, en Portugal, qui prétendait l'avoir surnaturellement reçue
du Christ lui-même. Depuis le milieu du XIXe siècle, des groupes,
des congrégations et même des États se sont consacrés
au Sacré-Cur. En 1873, sur pétition du président
Gabriel García Moreno, l'Équateur fut le premier pays du
monde ainsi consacré, accomplissant enfin ce que Dieu avait demandé
à Marie-Madeleine un peu moins de deux mille ans auparavant, selon
la vulgate chrétienne. Les familles catholiques se sont appliquées
à l'« intronisation du Sacré-Cur » dans leurs
maisons et dans leurs pays.
Sens
de la spiritualité du Cur de Jésus
Dans
le Directoire sur la piété populaire et la Liturgie, publié
le 9 avril 2002, la Congrégation pour le culte divin rappelle le
sens du culte rendu au Cur de Jésus : « L'expression "Cur
de Jésus", entendue dans le sens contenu dans la divine Écriture,
désigne le mystère même du Christ, c'est-à-dire
la totalité de son être, ou le centre intime et essentiel
de sa personne: Fils de Dieu, sagesse incréée; Amour infini,
principe du salut et de sanctification pour toute l'humanité. Le
"Cur du Christ" s'identifie au Christ lui-même, Verbe incarné
et rédempteur (...) » 4.
Dans
l'encyclique Haurietis Aquas in Gaudio, véritable référence
pour la compréhension de la spiritualité du Sacré-Cur5,
Pie XII définit le mystère du cur de Jésus comme
le mystère de l'amour miséricordieux du Christ et de la Trinité
tout entière, Père, Fils et Saint Esprit, envers l'humanité6.
Fête
du Sacré-Cur
Le
mois de juin lui est consacré, mois pendant lequel a lieu la Fête
du Sacré-Cur qui est célébrée dans toute l'Église
catholique romaine depuis 1856. Cette solennité est célébrée
19 jours après le dimanche de Pentecôte, soit un vendredi
(le 1er juillet en 2011).
Saints
et saintes liés au culte du Sacré-Cur de Jésus
Marie
du Divin Cur (1863-1899) était une religieuse des Surs de la Congrégation
du Bon Pasteur qui a demandé, au nom du Christ lui-même, au
pape Léon XIII qu'il consacre le monde entier au Sacré-Cur
de Jésus. saint Jean Eudes
sainte
Marguerite-Marie Alacoque (1647 - 1690)
vénérable
Anne-Madeleine Rémusat (1696 - 1730)
sainte
Madeleine-Sophie Barat (1779 - 1865)
saint
Michel Garicoïts (1797 - 1863)
Adèle
Garnier (1836 - 1924)
bienheureuse
Sur Marie de Jésus Crucifié (1846 - 1878)
bienheureuse
Marie du Divin Cur (1863-1899)
Autres
voyantes et mystiques célèbres:
Madame
Edith Royer (18411924) et l'Archiconfrérie de prière
et de pénitence de Montmartre
Claire
Ferchaud (5 mai 1896 - 29 janvier 1972)
bienheureuse
Alexandrina de Balasar (30 mars 1904 - 13 octobre 1955)
Congrégations
dévolues au culte du Sacré-Cur de Jésus:
Au
XIXe siècle, un très grand nombre de congrégations
en lien avec la spiritualité du Sacré-Cur de Jésus
ont été fondées. Cette liste n'est donc pas exhaustive.
Religieuses
du Sacré-Cur de Jésus, congrégation fondée
en France en 1800 par sainte Madeleine-Sophie Barat
Pères
et religieuses des Sacrés-Curs de Picpus, congrégation fondée
en France en 1800 par l'abbé Coudrin et la mère Henriette
Aymer de la Chevalerie
Frères
du Sacré-Cur, congrégation fondée en France en 1821
par le père André Coindre et le vénérable frère
Polycarpe (Jean-Hippolyte Gondre)
Prêtres
du Sacré-Cur de Jésus, congrégation fondée
en France en 1832 par saint Michel Garicoïts et par la bienheureuse
Sur Marie de Jésus Crucifié
Congrégation
du Sacré-Cur de Jésus, fondée en France en 1852 par
le père Joseph-Marie Timon-David
Missionnaires
du Sacré-Cur de Jésus, congrégation fondée
en France en 1854 par l'Abbé Jules Chevalier
Missionnaires
comboniens du Cur de Jésus, congrégation fondée en
Intalie en 1867 par saint Daniel Comboni
Société
des Filles du Sacré Cur, congrégation fondée en Belgique
en 1873 par sainte Marie de Jésus Deluil-Martiny
Union
des Oblates du Cur de Jésus, congrégation fondée
en France en 1874 par sainte Louise-Thérèse de Montaignac
de Chavance
Servantes
du Sacré-Cur, congrégation fondée en Italie en 1874
par sainte Catherine Volpicelli
Petites
Servantes du Sacré-Cur de Jésus pour les Malades pauvres,
congrégation fondée en Italie en 1975 par sainte Anna Michelotti
Société
des prêtres du Sacré-cur de Jésus, congrégation
fondée en France en 1877 par le père Léon Dehon
Ancelles
du Sacré-Cur, fondée en Espagne en 1877 par sainte Raphaelle
Porras y Ayllon
Surs
missionnaires du Sacré-Cur, congrégation fondée en
Italie en 1880 par sur Françoise-Xavière Cabrini
Surs
hospitalières du Sacré-Cur de Jésus, congrégation
fondée en Italie en 1881 par Benoît Menni, frère de
Saint-Jean-de-Dieu
Bénédictines
du Sacré-Cur de Montmartre, congrégation fondée en
France en 1898 par Adèle Garnier
Ursulines
du cur de Jésus agonisant (ou Ursulines grises), congrégation
fondée en Pologne en 1920 par sainte Ursule Ledóchowska
Petites
Surs du Sacré-Cur, congrégation fondée en France
en 1933 et dont la spiritualité s'inspire de Charles de Foucauld
Représentations
religieuses et populaires du Sacré-Cur
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Médailles
et images religieuses
Culture
populaire
Lieux
de culte célèbres dédiés au Sacré-Cur
Basilique
du Sacré-Cur de Montmartre, à Paris, en France;
Basilique
du Sacré-Cur de Marseille, en France;
Basilique
de Paray-le-Monial, en France;
Basilique
du Sacré-Cur de Nancy, en France;
Basilique
du Sacré-Cur de Bruxelles en Belgique;
Basilique
du Sacré-Cur (de l'Étoile) à Lisbonne, Portugal;
Sanctuaire
du Christ Roi en Almada, Portugal;
Basilique
du Sacré-Cur (Basilica of the Sacred Heart), sise en l'Université
de Notre Dame, à South Bend, dans l'Indiana, aux États-Unis;
Basilique-cathédrale
du Sacré-Cur (Cathedral Basilica of the Sacred Heart), à
Newark (New Jersey), dans le New Jersey, aux États-Unis;
Église
du Sacré-Cur à Munich, en Bavière;
Eglise
du Sacré-Coeur en Saint Germain du Crioult, France;
Eglise
du Sacré-Coeur en Menton, France;
Eglise
du Sacré-Coeur de Cholet, France;
La
dévotion au Sacré-Cur de Jésus, qui trouve son origine
dans la contemplation de la personne de Jésus, de sa vie et de ses
vertus pour laimer et limiter, a reçu un élan particulier
à travers les apparitions de Paray-le-Monial au 17ème siècle.
Jésus, apparaissant à sainte Marguerite-Marie, lui dit :
« Voici le Cur qui aime tant les hommes et reçoit si peu
en retour ». Dès les premières années, la «
dévotion au Sacré-Cur » a été très
présente dans la spiritualité des légionnaires du
Christi et du mouvement Regnum Christi.
Les
légionnaires du Christ et les membres du Regnum Christi sont invités
cette année à une démarche spirituelle particulière
de pénitence, de réparation au Cur de Jésus outragé.
Cest un moment unique dans leur histoire. Les actions si graves de notre
fondateur ont laissé des plaies profondes. Ils ont causé
un grave scandale, tant à lintérieur quà lextérieur
de notre famille spirituelle. Nous avons tous senti ses effets ; notre
foi et notre confiance ont aussi pu être affaiblies par des doutes
et des interrogations. Dans de telles circonstances, nous ne pouvons que
nous tourner vers le Christ, le seul qui peut tout transformer.
Dans
ce contexte, la neuvaine de préparation à la Fête du
Sacré-Cur (vendredi 11 juin) revêt un caractère spécial
de pénitence et réparation. Cette semaine, le Saint-Sacrement
est solennellement exposé toute la journée dans les maisons
de la Légion du Christ et du Regnum Christi. Tous nos membres et
amis sont invités à se joindre à notre prière.
Devant le Saint-Sacrement, nous prierons tous les jours les « litanies
de lhumilité » ainsi que les prières de la neuvaine
du Sacré-Cur. En ces jours de clôture de lannée sacerdotale,
nous voulons nous unir au Saint-Père et à toute lÉglise
en réparation pour toutes les infidélités des prêtres
et des consacrés.
Durant
toute cette année et jusquà la prochaine fête du Sacré-Cur
(2011), nous invitons aussi les membres et amis du Regnum Christi à
offrir pour cette intention la messe du premier vendredi du mois, ladoration
eucharistique, et leurs sacrifices dans un esprit de réparation
et de pénitence.
Mais
cest aussi un moment pour demander la grâce davancer vers le futur
avec confiance, dans un nouvel engagement de se donner avec joie et sainteté
au Christ, à lÉglise, et aux âmes.
Dévotion
au Sacré Cur
La
dévotion au Sacré Cur consiste à faire réparation
et à imiter le Christ, ainsi quà partager le message de
salut avec joie et conviction :
-
Nous nous repentons de nos péchés ; nous imitons le Christ
qui, innocent, a souffert pour les péchés des autres ; nous
ressentons le désir de faire aussi pénitence pour les péchés
des autres : nos proches, les membres de notre famille naturelle ou spirituelle,
tous les membres de lÉglise, et aussi toutes les personnes qui
ne connaissent pas encore lamour de Dieu.
-
Une dévotion plus profonde au Sacré Cur de Jésus
demande daller plus loin. Ne se limitant pas à prier en réparation,
elle nous pousse à chercher à consoler le Christ et à
plaire au Père en essayant de notre mieux dimiter, au plus haut
degré, la sainteté du Christ, son Fils bien-aimé.
-
De plus, un amour brûlant pour le Christ, symbolisé par son
Cur, doit nous pousser à chercher létablissement et la
croissance de son Royaume dans le monde.
Nous
somme tous invités à intensifier notre vie de prière
et de sacrifice, en réparation pour nos propres fautes, pendant
le reste de cette neuvaine et tous les premiers vendredi du mois de lannée
à venir. Ce sera toujours une réponse insuffisante en comparaison
à nos péchés et à nos misères, mais
nous implorons Dieu daccepter cette offrande que nous faisons au Sacré-Cur
de Jésus selon lesprit de Saint Paul : « En ce moment je
trouve ma joie dans les souffrances que jendure pour vous, et je complète
en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps,
qui est lÉglise » (Col. 1, 24).
Benoît
XVI a développé le sujet de la « réparation
eucharistique » dans la dévotion au Sacré-Cur lors
dune rencontre avec les curés de Rome le 22 février 2007.
«
Nous ne parlons plus en général de l´adoration eucharistique,
qui a réellement pénétré dans nos curs et
qui pénètre dans le cur du peuple. Vous avez posé
cette question spécifique sur la réparation eucharistique.
Il s´agit d´un discours qui est devenu difficile. Je me souviens,
quand j´étais jeune, qu´à l´occasion de
la fête du Sacré-Cur, nous disions une belle prière
de Léon XIII, puis une autre de Pie XI, dans laquelle la réparation
occupait une place particulière, précisément en référence,
déjà à cette époque, aux actes sacrilèges
qui devaient être réparés.
Il
me semble que nous devons aller au fond des choses, parvenir au Seigneur
lui-même qui a offert la réparation pour le péché
du monde, et nous efforcer de réparer : disons qu´il faut
équilibrer le surplus de mal et le surplus de bien. Ainsi, dans
la balance du monde, nous ne devons pas laisser ce grand surplus au négatif,
mais accorder un poids au moins équivalent au bien.
Cette
idée fondamentale s´appuie sur ce qui a été
fait par le Christ. Tel est, pour autant que je comprenne, le sens du sacrifice
eucharistique. Contre ce grand poids du mal qui existe dans le monde, le
Seigneur place un autre poids plus grand, celui de l´amour infini
qui entre dans ce monde. Tel est le point important : Dieu est toujours
le bien absolu, mais ce bien absolu entre précisément dans
le jeu de l´histoire ; le Christ devient ici présent, il souffre
et subit jusqu´au bout les souffrances du mal, créant ainsi
un contrepoids d´une valeur absolue. Le surplus du mal, qui existe
toujours si nous ne considérons de façon empirique que les
proportions, est dépassé par le surplus immense du bien,
de la souffrance du Fils de Dieu.
Dans
ce sens, la réparation est alors nécessaire. Il me semble
qu´aujourd´hui, il est un peu difficile de comprendre ces choses.
Lorsque l´on voit le poids du mal dans le monde, qui augmente en
permanence, qui semble exercer une domination absolue dans l´histoire,
on pourrait comme le dit saint Augustin dans une méditation
véritablement désespérer. Mais l´on constate
qu´il y a un surplus encore plus grand dans le fait que Dieu lui-même
est entré dans l´histoire, a participé à l´histoire
et a souffert jusqu´au bout. Tel est le sens de la réparation.
Ce surplus du Seigneur est pour nous un appel à nous ranger de son
côté, à entrer dans ce grand surplus de l´amour
et à le rendre présent, même avec nos faiblesses. Nous
savons que pour nous aussi, ce surplus est nécessaire, car dans
notre vie aussi, il y a le mal. Nous vivons toujours grâce au surplus
du Seigneur. Mais il nous fait ce don afin que, comme le dit la Lettre
aux Colossiens, nous puissions nous associer à son abondance et,
disons, faire grandir encore plus cette abondance de façon concrète
à notre époque historique.
Il
me semble que la théologie devrait faire davantage pour faire comprendre
encore mieux cette réalité de la réparation. Il y
avait également de fausses idées dans l´histoire. Ces
derniers jours, j´ai lu les discours théologiques de saint
Grégoire de Nazianze, qui, à un certain moment, parle de
cet aspect et se demande à qui le Seigneur a offert son sang. Il
dit : le Père ne voulait pas du sang du Fils, le Père n´est
pas cruel, il n´est pas nécessaire d´attribuer cela
à la volonté du Père ; mais c´est l´histoire
qui le voulait, ce sont les nécessités et les déséquilibres
de l´histoire qui le voulaient. Lon devrait entrer dans ces déséquilibres
et là, recréer le véritable équilibre. Cela
est véritablement éclairant. Mais il me semble que nous ne
disposons pas du langage nécessaire pour comprendre ce fait et le
faire également comprendre aux autres. Il ne faut pas offrir à
un Dieu cruel le sang de Dieu. Mais Dieu lui-même, par son amour,
doit entrer dans les souffrances de l´histoire pour créer
non pas un équilibre, mais un surplus d´amour qui est plus
fort que l´abondance du mal qui existe. C´est ce à quoi
le Seigneur nous invite.
Cela
me semble une réalité typiquement catholique. Luther dit
: nous ne pouvons rien ajouter. Et cela est vrai. Puis il dit : donc, nos
uvres ne comptent pas. Et cela n´est pas vrai. Car la générosité
du Seigneur se révèle précisément dans le fait
qu´il nous invite à entrer et accorde également une
valeur au fait que nous soyons avec Lui. Nous devons mieux apprendre tout
cela et ressentir également la grandeur, la générosité
du Seigneur et la grandeur de notre vocation. Le Seigneur veut nous associer
à son grand surplus. Si nous commençons à le comprendre,
nous serons heureux que le Seigneur nous invite à cela. Ce sera
la grande joie d´être pris au sérieux par l´amour
du Seigneur ».
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Très
doux Jésus, Rédempteur du genre humain, jetez un regard sur
nous, qui sommes humblement prosternés devant votre autel. Nous
sommes à vous, nous voulons être à vous; et afin de
pouvoir vous être plus fermement unis, voici qu'en ce jour, chacun
de nous se consacre spontanément à votre Sacré-Cur.
Beaucoup ne vous ont jamais connu; beaucoup ont méprisé vos
commandements et vous ont renié. Miséricordieux Jésus,
ayez pitié des uns et des autres, et ramenez-les tous à votre
Sacré-Cur.
Seigneur,
soyez le roi, non seulement des fidèles qui ne se sont jamais éloignés
de vous, mais aussi des enfants prodigues qui vous ont abandonné;
faites qu'ils rentrent bientôt dans la maison paternelle, pour qu'ils
ne périssent pas de misère et de faim. Soyez le Roi de ceux
qui vivent dans l'erreur ou que la discorde a séparés de
vous; ramenez-les au port de la vérité et à l'unité
de la foi, afin que bientôt il n'ait plus qu'un seul troupeau et
qu'un seul pasteur.
Accordez,
Seigneur, à votre Église, une liberté sûre et
sans entraves; accordez à tous les peuples l'ordre et la paix; faites
que d'un côté du monde à l'autre, une seule voix retentisse
: « Loué soit le divin Cur qui nous a acquis le salut, à
lui gloire et honneur dans tous les siècles ». Ainsi soit-il.
Les
méditations
Fête
du Sacré Coeur, Saint Jean 19, 31-37
Jésus
venait de mourir. Comme cétait le vendredi, il ne fallait pas laisser
des corps en croix durant le sabbat (dautant plus que ce sabbat était
le grand jour de la Pâque). Aussi les Juifs demandèrent à
Pilate quon enlève les corps après leur avoir brisé
les jambes. Des soldats allèrent donc briser les jambes du premier,
puis du deuxième des condamnés que lon avait crucifiés
avec Jésus. Quand ils arrivèrent à celui-ci, voyant
quil était déjà mort, ils ne lui brisèrent
pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté
; et aussitôt, il en sortit du sang et de leau. Celui qui a vu rend
témoignage, afin que vous croyiez vous aussi. (Son témoignage
est véridique et le Seigneur sait quil dit vrai.) Tout cela est
arrivé afin que cette parole de lÉcriture saccomplisse
: Aucun de ses os ne sera brisé. Et un autre passage dit encore
: Ils lèveront les yeux vers celui quils ont transpercé.
Réflexion
1.
Ils lèveront les yeux vers Celui quils ont transpercé. Aujourdhui
lEglise nous propose la fête du Sacré Cur. La liturgie du
jour rapporte comment un homme transperce le cur de Jésus avec
sa lance. Ce cur est transpercé quotidiennement par les péchés
de tant dhommes ignorant son amour et le méprisant par une vie
de péché. Jésus ne réagit pas, ne nous fait
pas violence ; il nimpose ni son pouvoir ni son autorité. Du haut
du ciel, il regarde les hommes avec compassion et il cherche à les
consoler.
2.
Ce cur qui a tant aimé le monde. Aujourdhui aussi Jésus
murmure dans le cur de chaque chrétien : « et toi, maimes-tu
? ». Comment montrer notre amour pour Jésus en ce jour où
nous fêtons son amour infini pour nous ? A chacun de trouver sa manière
: une attention, un geste, un moment dédié spécialement
à Jésus-Christ. Jésus se satisfait du peu que nous
lui donnons : un instant de compagnie lui suffit, un petit acte de charité,
une visite à un malade ou à un prisonnier, une attention
envers notre conjoint, nos enfants ou nos parents, faire la paix avec telle
personne à qui nous navons pas adressé la parole depuis
des moisLe Cur du Christ est si bon que nos petites actions suffisent
pour que Jésus se sente aimé et que son coeur batte pour
nous avec une prédilection toute spéciale.
Prière
Jésus,
je taime et je te demande pardon pour tous les hommes qui tont offensé.
Résolution
Je
ferai pour le Christ une des actions suggérées dans la méditation
daujourdhui.
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