Fête du Sacré-Cur de Jésus le 1er juillet 2011
3e vendredi suivant la Fête Dieu ou Fête du Saint -Sacrement

 
 

Le Sacré-Cur est une dévotion au Cur de Jésus-Christ, en tant que symbole de l'amour divin par lequel le fils de Dieu a pris la nature humaine et a donné sa vie pour les hommes1. Cette dévotion est particulièrement présente au sein de l'Église catholique romaine mais aussi, quoi qu'à moindre échelle, dans l'Église anglicane et dans certaines Églises luthériennes. Elle met l'accent sur les concepts d'amour et d'adoration voués au Christ. La solennité du Sacré-Cur a été instituée par le pape Clément XIII en 1765 et étendue à toute l'Église catholique romaine par le pape Pie IX en 1856.

L'extension de cette dévotion dans l'Église catholique romaine à partir du XVIIe siècle provient des révélations d'une religieuse visitandine catholique du couvent de Paray-le-Monial en Bourgogne, Marguerite-Marie Alacoque, qui a affirmé l'avoir reçue du Christ lui-même lors de différentes apparitions entre 1673 et 16752, et, plus tard, à partir du XIXe siècle, provient des révélations d'une autre religieuse supérieure catholique du couvent de la Congrégation du Bon Pasteur de Porto, en Portugal, Marie du Divin Cur, comtesse Droste zu Vischering, qui a demandé, au nom du Christ lui-même, au pape Léon XIII qu'il consacre le monde entier au Sacré-Cur de Jésus.

La tradition catholique a toujours associé le Sacré-Cur avec les Actes de Réparation dédiés au Christ. Dans son encyclique Miserentissimus Redemptor, Pie XI a indiqué : « l'esprit d'expiation ou de réparation a toujours tenu le premier et principal rôle dans le culte rendu au Sacré-Cur de Jésus ». La Dévotion au Sacré-Cur est parfois pratiquée au sein des Églises orthodoxes, où elle reste un point de controverse, car perçue comme étant un exemple de latinisation liturgique.

Le Sacré-Cur est souvent représenté, dans l'art chrétien, sous la forme d'un cur enflammé brillant d'une lumière divine, saignant car ayant été percé par la lance du soldat romain Longinus, entouré d'une couronne d'épines et surmonté d'une petite croix. Parfois, le cur est centré sur le corps du Christ, avec ses mains transpercées dirigées vers lui, comme s'il allait l'offrir à la personne qui se tient devant lui. Les blessures et la couronne d'épines font allusion aux conditions de la mort de Jésus-Christ, alors que le feu symbolise le pouvoir transformateur de l'amour.

Histoire

Le Christ Roi est un monument religieux en Portugal dediqué au Sacré-Cur de Jésus où existe une chapelle avec des reliques de sainte Marguerite-Marie Alacoque, de saint Jean Eudes et de la bienheureuse Marie du Divin Cur.

Origines

La tradition du Sacré-Cur trouve son origine avec l'apôtre saint Jean, qui a reposé sa tête sur le cur de Jésus durant la Cène (Evangile selon st Jean 13,23) et a vu le Cur transpercé de Jésus lors de la Passion (Evangile selon st Jean 19,34-37). Par la suite, de nombreux saints ont parlé du Cur du Christ, tels sainte Catherine de Sienne, sainte Gertrude de Helfta, saint François de Sales, des Chartreux ...

XVIIe siècle
Pendant les premiers siècles du christianisme, le cur du Christ ne symbolisait pas tant l'organe de l'affectivité et des émotions [réf. nécessaire], comme il le fait aujourd'hui, que le siège de toute activité mentale, de façon indifférenciée.

Ludolphe le Chartreux fait allusion au Sacré-Cur dans la Grande Vie de Jésus-Christ. Quelques images allemandes, la patrie d'origine de Ludolphe, le représentent aux XVe et XVIe siècles, ainsi que les Cinq-Plaies.

Au XVIIe siècle, saint Jean Eudes (1601-1680) mit en place les éléments d'un culte du cur de la Vierge Marie, puis de celui de Jésus.

Image sur Sacré-Cur révélée à sainte Marguerite-Marie Alacoque.
L'Église catholique se considéra confortée dans l'instauration de ce culte à la suite des apparitions que Marguerite-Marie Alacoque (plus tard proclamée sainte) a eu de Jésus dès 1673 à Paray-le-Monial. Saint Claude La Colombière a aidé sainte Marguerite-Marie Alacoque à répandre ce culte du Sacré-Cur. L'image qu'elle propage, entouré de rayons d'or et de flammes de feu, comporte au centre le mot « charitas » c'est à dire charité, est l'image du Verbe fait chair , seconde personne de la Trinité, Dieu-Amour, incarné dans un coeur humain.

XVIIIe siècle
Sur Anne-Madeleine Rémusat (1696-1730) fut une propagatrice de la dévotion au Sacré-Cur. Pour arrêter la peste à Marseille, Mgr Belsunce, sous l'inspiration de cette religieuse, plaça la ville de Marseille et son diocèse sous la protection du Sacré-Cur, lors d'une messe célébrée le 1er novembre 1720.
Marie Leszczynska initiée à cette dévotion par la Visitation de Varsovie, obtient des Evêques de France que la Fête du Sacré-Cur soit étendue à toute la France ainsi que l'Office et propage ce culte à la cour et dans la famille royale, obtenant qu'il y aie un autel du Sacré-Cur dans la Chapelle du Château de Versailles, ville d'une des premières confréries du Sacré-Cur 3

Pape Pie IX

Pape Pie IX

En 1856, le Pape Pie IX étend la Fête du Sacré-Cur à l'Église universelle. Trois encycliques confirment l'attachement de l'Église à cette dévotion : Annum Sacrum (Léon XIII - 1899), Miserentissimus Redemptor (Pie XI - 1928) et Haurietis Aquas (Pie XII - 1956).

Ces circonstances peuvent être comparées à celles qui ont présidé à la proclamation par l'Eglise catholique de la Fête-Dieu, proposé par Sainte Julienne de Cornillon. De même, le Dimanche de la divine Miséricorde fait suite au message de Faustine Kowalska. Ces trois fêtes ont été instituées dans le calendrier liturgique suite à des faits mystiques sur lesquels l'Église catholique romaine a posé un avis favorable.


 

Consécrations au Sacré-Cur

Peinture de la bienheureuse Marie du Divin Cur et de sainte Marguerite-Marie Alacoque, les deux en adoration au Sacré-Cur de Jésus.
Dans sa bulle pontificale Auctorem Fidei, le pape Pie VI loua la dévotion au Sacré-Cur. Finalement, le pape Léon XIII consacra, par son encyclique Annum Sacrum (le 25 mai 1899), chaque être humain au Sacré-Cur. L'idée de cet acte, que Léon XIII surnomma "le grand acte" de son pontificat, lui avait été soumise par la bienheureuse Marie du Divin Cur, comtesse Droste zu Vischering, une religieuse supérieure de la Congrégation du Bon Pasteur de Porto, en Portugal, qui prétendait l'avoir surnaturellement reçue du Christ lui-même. Depuis le milieu du XIXe siècle, des groupes, des congrégations et même des États se sont consacrés au Sacré-Cur. En 1873, sur pétition du président Gabriel García Moreno, l'Équateur fut le premier pays du monde ainsi consacré, accomplissant enfin ce que Dieu avait demandé à Marie-Madeleine un peu moins de deux mille ans auparavant, selon la vulgate chrétienne. Les familles catholiques se sont appliquées à l'« intronisation du Sacré-Cur » dans leurs maisons et dans leurs pays.

Sens de la spiritualité du Cur de Jésus
Dans le Directoire sur la piété populaire et la Liturgie, publié le 9 avril 2002, la Congrégation pour le culte divin rappelle le sens du culte rendu au Cur de Jésus : « L'expression "Cur de Jésus", entendue dans le sens contenu dans la divine Écriture, désigne le mystère même du Christ, c'est-à-dire la totalité de son être, ou le centre intime et essentiel de sa personne: Fils de Dieu, sagesse incréée; Amour infini, principe du salut et de sanctification pour toute l'humanité. Le "Cur du Christ" s'identifie au Christ lui-même, Verbe incarné et rédempteur (...) » 4.

Dans l'encyclique Haurietis Aquas in Gaudio, véritable référence pour la compréhension de la spiritualité du Sacré-Cur5, Pie XII définit le mystère du cur de Jésus comme le mystère de l'amour miséricordieux du Christ et de la Trinité tout entière, Père, Fils et Saint Esprit, envers l'humanité6.

Fête du Sacré-Cur
Le mois de juin lui est consacré, mois pendant lequel a lieu la Fête du Sacré-Cur qui est célébrée dans toute l'Église catholique romaine depuis 1856. Cette solennité est célébrée 19 jours après le dimanche de Pentecôte, soit un vendredi (le 1er juillet en 2011).


Saints et saintes liés au culte du Sacré-Cur de Jésus
Marie du Divin Cur (1863-1899) était une religieuse des Surs de la Congrégation du Bon Pasteur qui a demandé, au nom du Christ lui-même, au pape Léon XIII qu'il consacre le monde entier au Sacré-Cur de Jésus. saint Jean Eudes
sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647 - 1690)
vénérable Anne-Madeleine Rémusat (1696 - 1730)
sainte Madeleine-Sophie Barat (1779 - 1865)
saint Michel Garicoïts (1797 - 1863)
Adèle Garnier (1836 - 1924)
bienheureuse Sur Marie de Jésus Crucifié (1846 - 1878)
bienheureuse Marie du Divin Cur (1863-1899)

Autres voyantes et mystiques célèbres:
Madame Edith Royer (1841­1924) et l'Archiconfrérie de prière et de pénitence de Montmartre
Claire Ferchaud (5 mai 1896 - 29 janvier 1972)
bienheureuse Alexandrina de Balasar (30 mars 1904 - 13 octobre 1955)

Congrégations dévolues au culte du Sacré-Cur de Jésus:
Au XIXe siècle, un très grand nombre de congrégations en lien avec la spiritualité du Sacré-Cur de Jésus ont été fondées. Cette liste n'est donc pas exhaustive.
Religieuses du Sacré-Cur de Jésus, congrégation fondée en France en 1800 par sainte Madeleine-Sophie Barat
Pères et religieuses des Sacrés-Curs de Picpus, congrégation fondée en France en 1800 par l'abbé Coudrin et la mère Henriette Aymer de la Chevalerie
Frères du Sacré-Cur, congrégation fondée en France en 1821 par le père André Coindre et le vénérable frère Polycarpe (Jean-Hippolyte Gondre)
Prêtres du Sacré-Cur de Jésus, congrégation fondée en France en 1832 par saint Michel Garicoïts et par la bienheureuse Sur Marie de Jésus Crucifié
Congrégation du Sacré-Cur de Jésus, fondée en France en 1852 par le père Joseph-Marie Timon-David
Missionnaires du Sacré-Cur de Jésus, congrégation fondée en France en 1854 par l'Abbé Jules Chevalier
Missionnaires comboniens du Cur de Jésus, congrégation fondée en Intalie en 1867 par saint Daniel Comboni
Société des Filles du Sacré Cur, congrégation fondée en Belgique en 1873 par sainte Marie de Jésus Deluil-Martiny
Union des Oblates du Cur de Jésus, congrégation fondée en France en 1874 par sainte Louise-Thérèse de Montaignac de Chavance
Servantes du Sacré-Cur, congrégation fondée en Italie en 1874 par sainte Catherine Volpicelli
Petites Servantes du Sacré-Cur de Jésus pour les Malades pauvres, congrégation fondée en Italie en 1975 par sainte Anna Michelotti
Société des prêtres du Sacré-cur de Jésus, congrégation fondée en France en 1877 par le père Léon Dehon
Ancelles du Sacré-Cur, fondée en Espagne en 1877 par sainte Raphaelle Porras y Ayllon
Surs missionnaires du Sacré-Cur, congrégation fondée en Italie en 1880 par sur Françoise-Xavière Cabrini
Surs hospitalières du Sacré-Cur de Jésus, congrégation fondée en Italie en 1881 par Benoît Menni, frère de Saint-Jean-de-Dieu
Bénédictines du Sacré-Cur de Montmartre, congrégation fondée en France en 1898 par Adèle Garnier
Ursulines du cur de Jésus agonisant (ou Ursulines grises), congrégation fondée en Pologne en 1920 par sainte Ursule Ledóchowska
Petites Surs du Sacré-Cur, congrégation fondée en France en 1933 et dont la spiritualité s'inspire de Charles de Foucauld

Représentations religieuses et populaires du Sacré-Cur

Médailles et images religieuses

Culture populaire

Lieux de culte célèbres dédiés au Sacré-Cur
Basilique du Sacré-Cur de Montmartre, à Paris, en France;
Basilique du Sacré-Cur de Marseille, en France;
Basilique de Paray-le-Monial, en France;
Basilique du Sacré-Cur de Nancy, en France;
Basilique du Sacré-Cur de Bruxelles en Belgique;
Basilique du Sacré-Cur (de l'Étoile) à Lisbonne, Portugal;
Sanctuaire du Christ Roi en Almada, Portugal;
Basilique du Sacré-Cur (Basilica of the Sacred Heart), sise en l'Université de Notre Dame, à South Bend, dans l'Indiana, aux États-Unis;
Basilique-cathédrale du Sacré-Cur (Cathedral Basilica of the Sacred Heart), à Newark (New Jersey), dans le New Jersey, aux États-Unis;
Église du Sacré-Cur à Munich, en Bavière;
Eglise du Sacré-Coeur en Saint Germain du Crioult, France;
Eglise du Sacré-Coeur en Menton, France;
Eglise du Sacré-Coeur de Cholet, France;
La dévotion au Sacré-Cur de Jésus, qui trouve son origine dans la contemplation de la personne de Jésus, de sa vie et de ses vertus pour laimer et limiter, a reçu un élan particulier à travers les apparitions de Paray-le-Monial au 17ème siècle. Jésus, apparaissant à sainte Marguerite-Marie, lui dit : « Voici le Cur qui aime tant les hommes et reçoit si peu en retour ». Dès les premières années, la « dévotion au Sacré-Cur » a été très présente dans la spiritualité des légionnaires du Christi et du mouvement Regnum Christi.
Les légionnaires du Christ et les membres du Regnum Christi sont invités cette année à une démarche spirituelle particulière de pénitence, de réparation au Cur de Jésus outragé. Cest un moment unique dans leur histoire. Les actions si graves de notre fondateur ont laissé des plaies profondes. Ils ont causé un grave scandale, tant à lintérieur quà lextérieur de notre famille spirituelle. Nous avons tous senti ses effets ; notre foi et notre confiance ont aussi pu être affaiblies par des doutes et des interrogations. Dans de telles circonstances, nous ne pouvons que nous tourner vers le Christ, le seul qui peut tout transformer.
Dans ce contexte, la neuvaine de préparation à la Fête du Sacré-Cur (vendredi 11 juin) revêt un caractère spécial de pénitence et réparation. Cette semaine, le Saint-Sacrement est solennellement exposé toute la journée dans les maisons de la Légion du Christ et du Regnum Christi. Tous nos membres et amis sont invités à se joindre à notre prière. Devant le Saint-Sacrement, nous prierons tous les jours les « litanies de lhumilité » ainsi que les prières de la neuvaine du Sacré-Cur. En ces jours de clôture de lannée sacerdotale, nous voulons nous unir au Saint-Père et à toute lÉglise en réparation pour toutes les infidélités des prêtres et des consacrés.
Durant toute cette année et jusquà la prochaine fête du Sacré-Cur (2011), nous invitons aussi les membres et amis du Regnum Christi à offrir pour cette intention la messe du premier vendredi du mois, ladoration eucharistique, et leurs sacrifices dans un esprit de réparation et de pénitence.
Mais cest aussi un moment pour demander la grâce davancer vers le futur avec confiance, dans un nouvel engagement de se donner avec joie et sainteté au Christ, à lÉglise, et aux âmes.
Dévotion au Sacré Cur
La dévotion au Sacré Cur consiste à faire réparation et à imiter le Christ, ainsi quà partager le message de salut avec joie et conviction :
- Nous nous repentons de nos péchés ; nous imitons le Christ qui, innocent, a souffert pour les péchés des autres ; nous ressentons le désir de faire aussi pénitence pour les péchés des autres : nos proches, les membres de notre famille naturelle ou spirituelle, tous les membres de lÉglise, et aussi toutes les personnes qui ne connaissent pas encore lamour de Dieu.
- Une dévotion plus profonde au Sacré Cur de Jésus demande daller plus loin. Ne se limitant pas à prier en réparation, elle nous pousse à chercher à consoler le Christ et à plaire au Père en essayant de notre mieux dimiter, au plus haut degré, la sainteté du Christ, son Fils bien-aimé.
- De plus, un amour brûlant pour le Christ, symbolisé par son Cur, doit nous pousser à chercher létablissement et la croissance de son Royaume dans le monde.
Nous somme tous invités à intensifier notre vie de prière et de sacrifice, en réparation pour nos propres fautes, pendant le reste de cette neuvaine et tous les premiers vendredi du mois de lannée à venir. Ce sera toujours une réponse insuffisante en comparaison à nos péchés et à nos misères, mais nous implorons Dieu daccepter cette offrande que nous faisons au Sacré-Cur de Jésus selon lesprit de Saint Paul : « En ce moment je trouve ma joie dans les souffrances que jendure pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est lÉglise » (Col. 1, 24).

Benoît XVI a développé le sujet de la « réparation eucharistique » dans la dévotion au Sacré-Cur lors dune rencontre avec les curés de Rome le 22 février 2007.
« Nous ne parlons plus en général de l´adoration eucharistique, qui a réellement pénétré dans nos curs et qui pénètre dans le cur du peuple. Vous avez posé cette question spécifique sur la réparation eucharistique. Il s´agit d´un discours qui est devenu difficile. Je me souviens, quand j´étais jeune, qu´à l´occasion de la fête du Sacré-Cur, nous disions une belle prière de Léon XIII, puis une autre de Pie XI, dans laquelle la réparation occupait une place particulière, précisément en référence, déjà à cette époque, aux actes sacrilèges qui devaient être réparés.
Il me semble que nous devons aller au fond des choses, parvenir au Seigneur lui-même qui a offert la réparation pour le péché du monde, et nous efforcer de réparer : disons qu´il faut équilibrer le surplus de mal et le surplus de bien. Ainsi, dans la balance du monde, nous ne devons pas laisser ce grand surplus au négatif, mais accorder un poids au moins équivalent au bien.
Cette idée fondamentale s´appuie sur ce qui a été fait par le Christ. Tel est, pour autant que je comprenne, le sens du sacrifice eucharistique. Contre ce grand poids du mal qui existe dans le monde, le Seigneur place un autre poids plus grand, celui de l´amour infini qui entre dans ce monde. Tel est le point important : Dieu est toujours le bien absolu, mais ce bien absolu entre précisément dans le jeu de l´histoire ; le Christ devient ici présent, il souffre et subit jusqu´au bout les souffrances du mal, créant ainsi un contrepoids d´une valeur absolue. Le surplus du mal, qui existe toujours si nous ne considérons de façon empirique que les proportions, est dépassé par le surplus immense du bien, de la souffrance du Fils de Dieu.
Dans ce sens, la réparation est alors nécessaire. Il me semble qu´aujourd´hui, il est un peu difficile de comprendre ces choses. Lorsque l´on voit le poids du mal dans le monde, qui augmente en permanence, qui semble exercer une domination absolue dans l´histoire, on pourrait ­ comme le dit saint Augustin dans une méditation ­ véritablement désespérer. Mais l´on constate qu´il y a un surplus encore plus grand dans le fait que Dieu lui-même est entré dans l´histoire, a participé à l´histoire et a souffert jusqu´au bout. Tel est le sens de la réparation. Ce surplus du Seigneur est pour nous un appel à nous ranger de son côté, à entrer dans ce grand surplus de l´amour et à le rendre présent, même avec nos faiblesses. Nous savons que pour nous aussi, ce surplus est nécessaire, car dans notre vie aussi, il y a le mal. Nous vivons toujours grâce au surplus du Seigneur. Mais il nous fait ce don afin que, comme le dit la Lettre aux Colossiens, nous puissions nous associer à son abondance et, disons, faire grandir encore plus cette abondance de façon concrète à notre époque historique.
Il me semble que la théologie devrait faire davantage pour faire comprendre encore mieux cette réalité de la réparation. Il y avait également de fausses idées dans l´histoire. Ces derniers jours, j´ai lu les discours théologiques de saint Grégoire de Nazianze, qui, à un certain moment, parle de cet aspect et se demande à qui le Seigneur a offert son sang. Il dit : le Père ne voulait pas du sang du Fils, le Père n´est pas cruel, il n´est pas nécessaire d´attribuer cela à la volonté du Père ; mais c´est l´histoire qui le voulait, ce sont les nécessités et les déséquilibres de l´histoire qui le voulaient. Lon devrait entrer dans ces déséquilibres et là, recréer le véritable équilibre. Cela est véritablement éclairant. Mais il me semble que nous ne disposons pas du langage nécessaire pour comprendre ce fait et le faire également comprendre aux autres. Il ne faut pas offrir à un Dieu cruel le sang de Dieu. Mais Dieu lui-même, par son amour, doit entrer dans les souffrances de l´histoire pour créer non pas un équilibre, mais un surplus d´amour qui est plus fort que l´abondance du mal qui existe. C´est ce à quoi le Seigneur nous invite.
Cela me semble une réalité typiquement catholique. Luther dit : nous ne pouvons rien ajouter. Et cela est vrai. Puis il dit : donc, nos uvres ne comptent pas. Et cela n´est pas vrai. Car la générosité du Seigneur se révèle précisément dans le fait qu´il nous invite à entrer et accorde également une valeur au fait que nous soyons avec Lui. Nous devons mieux apprendre tout cela et ressentir également la grandeur, la générosité du Seigneur et la grandeur de notre vocation. Le Seigneur veut nous associer à son grand surplus. Si nous commençons à le comprendre, nous serons heureux que le Seigneur nous invite à cela. Ce sera la grande joie d´être pris au sérieux par l´amour du Seigneur ».


 

ACTE DE CONSECRATION DU GENRE HUMAIN AU SACRE-CUR DE JESUS
(IESU DULCISSIME, REDEMPTOR)

Très doux Jésus, Rédempteur du genre humain, jetez un regard sur nous, qui sommes humblement prosternés devant votre autel. Nous sommes à vous, nous voulons être à vous; et afin de pouvoir vous être plus fermement unis, voici qu'en ce jour, chacun de nous se consacre spontanément à votre Sacré-Cur. Beaucoup ne vous ont jamais connu; beaucoup ont méprisé vos commandements et vous ont renié. Miséricordieux Jésus, ayez pitié des uns et des autres, et ramenez-les tous à votre Sacré-Cur.
Seigneur, soyez le roi, non seulement des fidèles qui ne se sont jamais éloignés de vous, mais aussi des enfants prodigues qui vous ont abandonné; faites qu'ils rentrent bientôt dans la maison paternelle, pour qu'ils ne périssent pas de misère et de faim. Soyez le Roi de ceux qui vivent dans l'erreur ou que la discorde a séparés de vous; ramenez-les au port de la vérité et à l'unité de la foi, afin que bientôt il n'ait plus qu'un seul troupeau et qu'un seul pasteur.
Accordez, Seigneur, à votre Église, une liberté sûre et sans entraves; accordez à tous les peuples l'ordre et la paix; faites que d'un côté du monde à l'autre, une seule voix retentisse : « Loué soit le divin Cur qui nous a acquis le salut, à lui gloire et honneur dans tous les siècles ». Ainsi soit-il.

Les méditations
Fête du Sacré Coeur, Saint Jean 19, 31-37

Jésus venait de mourir. Comme cétait le vendredi, il ne fallait pas laisser des corps en croix durant le sabbat (dautant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque). Aussi les Juifs demandèrent à Pilate quon enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Des soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis du deuxième des condamnés que lon avait crucifiés avec Jésus. Quand ils arrivèrent à celui-ci, voyant quil était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de leau. Celui qui a vu rend témoignage, afin que vous croyiez vous aussi. (Son témoignage est véridique et le Seigneur sait quil dit vrai.) Tout cela est arrivé afin que cette parole de lÉcriture saccomplisse : Aucun de ses os ne sera brisé. Et un autre passage dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui quils ont transpercé.
Réflexion

1. Ils lèveront les yeux vers Celui quils ont transpercé. Aujourdhui lEglise nous propose la fête du Sacré Cur. La liturgie du jour rapporte comment un homme transperce le cur de Jésus avec sa lance. Ce cur est transpercé quotidiennement par les péchés de tant dhommes ignorant son amour et le méprisant par une vie de péché. Jésus ne réagit pas, ne nous fait pas violence ; il nimpose ni son pouvoir ni son autorité. Du haut du ciel, il regarde les hommes avec compassion et il cherche à les consoler.
2. Ce cur qui a tant aimé le monde. Aujourdhui aussi Jésus murmure dans le cur de chaque chrétien : « et toi, maimes-tu ? ». Comment montrer notre amour pour Jésus en ce jour où nous fêtons son amour infini pour nous ? A chacun de trouver sa manière : une attention, un geste, un moment dédié spécialement à Jésus-Christ. Jésus se satisfait du peu que nous lui donnons : un instant de compagnie lui suffit, un petit acte de charité, une visite à un malade ou à un prisonnier, une attention envers notre conjoint, nos enfants ou nos parents, faire la paix avec telle personne à qui nous navons pas adressé la parole depuis des moisLe Cur du Christ est si bon que nos petites actions suffisent pour que Jésus se sente aimé et que son coeur batte pour nous avec une prédilection toute spéciale.
Prière
Jésus, je taime et je te demande pardon pour tous les hommes qui tont offensé.
Résolution
Je ferai pour le Christ une des actions suggérées dans la méditation daujourdhui.

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