(mis à jour le 23 février 2014)


Mercredi des Cendres  //  Carême  //  Les 5 dimanches du Carême

DIMANCHE DES RAMEAUX   // JEUDI SAINT  // VENDREDI SAINT
SAMEDI SAINT    /JOUR DE PÂQUES
Pâques et ses coutumes et tradition

"DIMANCHE DES RAMEAUX"




Dimanche des Rameaux et de la Passion

13 avril

Dimanche des Rameaux. « Le Christ Jésus s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix » Saint Paul aux Philippiens, chapitre 2, verset 8.

Le premier jour de la Semaine Sainte, les chrétiens fêtent l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem en l’acclamant avec des rameaux. Les prêtres portent des vêtements liturgiques rouges, couleur de la gloire royale et du sang versé.

Ce dimanche des Rameaux et la Semaine Sainte nous donnent de suivre Jésus en sa Passion, sa mort et sa Résurrection pour redécouvrir l’amour infini dont chacun est aimé.

PRIER ET PARTAGER
    La religion des autres fait parfois peur et pourtant elle peut enrichir notre foi. En effet, par cet échange, nous renforçons nos croyances en les distinguant de celles des autres. Une meilleure appréhension de l'histoire des religions, des cultures qui les portent et des gens qui les confessent sont de nature à raffermir notre relation à Dieu et, pour ce qui nous concerne, notre identité de chrétien.
    Dès lors, la différence devient une force sur laquelle nous pouvons nous appuyer pour aller plus loin dans notre foi et dans notre relation à l'autre. Mais la différence peut aussi devenir destructrice, si chacun n'est pas respectueux d'autrui et de ses croyances. 

 

Livre d'Isaïe 50,4-7.
Dieu mon Seigneur m'a donné le langage d'un homme qui se laisse instruire, pour que je sache à mon tour réconforter celui qui n'en peut plus. La Parole me réveille chaque matin, chaque matin elle me réveille pour que j'écoute comme celui qui se laisse instruire.
Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé.
J'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe. Je n'ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats.
Le Seigneur Dieu vient à mon secours ; c'est pourquoi je  ne suis pas atteint par les outrages, c'est pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. 

 

LE JEÛNE:
    Si le jeûne est un acte de privation, il est aussi un geste d'humilité devant Dieu, il nous ramène à ce que nous sommes, simplement des hommes et des femmes appartenant à la même humanité,"notre propre chair".
    "Le jeûne que je préfère, n'est-ce pas ceci: dénouer les liens provenant de la méchanceté, détacher les courroies du joug, renvoyer libres ceux qui ployaient, bref que vous mettiez en pièces tous les jougs ! N'est-ce pas partager ton pain avec l'affamé ? Et encore, les pauvres sans abri tu les hébergeras, si tu vois quelqu'un nu te le couvriras: devant celui qui est ta propre chair tu ne te déroberas pas" (Es 58,6-7). 


LA PRIÈRE:
    La prière n'est pas réclamation, mais, là encore, un acte d'humilité devant Dieu à qui l'on reconnaît la toute puissance par notre sollicitation. Et en nous tournant vers le Seigneur, nous nous détournons de nous-mêmes, nous délaissons notre ego pour nous abandonner à Dieu en toute confiance, remplis d'espoir. Or, ce premier élan est comme un prélude à notre ouverture aux autres.
    "Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens ; ils s'imaginent que c'est à force de paroles qu'ils se feront exaucer. Ne leur ressemblez donc pas, car votre Père sait ce dont vous avez besoin, avant que vous lui demandiez" (Mt 6,7-14)

LE PARTAGE:
    Le partage suppose l'altérité et la réciprocité car pour qu'il y ait partage, il faut un autre qui partage avec moi.
Il permet aussi de dépasser les différences en donnant à mon prochain autant de valeur qu'à moi-même, puisqu'en partageant je me prive pour lui. Dès lors, en me ramenant à la condition d'autrui et surtout de plus pauvre, je prends le chemin du Christ qui s'est fait homme.
    " Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez recueilli; nu, et vous m'avez vêtu; malade, et vous m'avez visité; en prison et vous êtes venus à moi. (...)En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits, qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait !" (Mt 25,31-46).

Les célébrations de la Semaine sainte sont pour les communautés chrétiennes un temps de prière particulièrement fervente. Aussi, prions Dieu avec confiance, lui qui n’a pas craint d’affronter les drames de l’existence humaine. 

Dieu de tendresse, exauce-nous.
- Prions pour les personnes qui souffrent dans leur corps; qu’elles trouvent réconfort et espérance dans la passion du Christ.
- Prions pour les persécutés à cause de la justice; qu’ils trouvent dans la passion du Christ un exemple de courage et de liberté.
- Prions pour l’Église; qu’elle soit fidèle à suivre son Seigneur jusqu’à la croix.
- Prions pour notre société; qu’elle sache reconnaître et promouvoir tout ce qui concourt à la croissance du monde nouveau.
Dieu de tendresse et de pitié, écoute la prière de ton peuple. Toi qui as soutenu ton Fils au long de sa passion et qui l’as tiré du tombeau, accorde-nous le même soutien et la même grâce. Nous te le demandons par ce même Jésus, ton Fils, notre Seigneur. ? Amen.
 
 

 

LES RAMEAUX

Dans la tradition chrétienne, le dimanche des Rameaux est le dernier dimanche de Carême, celui qui précède la fête de Pâques. Et ouvre la semaine sainte. Notre jardinier très intrigué par ces rameaux se penche sur leur nature historique, climatique et botanique… palmier ou buis ?
 

L'ORIGINE DES RAMEAUX
Au temps de Jésus, la Pâque juive approche. Le soir, des feux brillent sur les collines de Jérusalem, cette cité curieusement vallonnée. Car en ce moment on célèbre ici comme ailleurs depuis des siècles la grande fête juive qui commémore le départ d'Egypte du peuple hébreu, la liberté, la fin de l'esclavage et la naissance en tant que peuple, l'aide que Dieu a donné à son peuple dans sa fuite. Nous y revenons au sujet de Pâques. On afflue donc de partout vers la capitale, de loin parfois, de l'étranger même, on loge sur place, on chante, c'est la fête. Jésus a logé à proximité, car c'est l'occasion pour lui de rencontrer une grande foule.
 

Jésus a fait chercher à ses disciples une mule, afin d'entrer facilement dans Jérusalem où il se sait attendu par cette foule. Il va ainsi faire acte public d'être le Messie, celui que les juifs attendent. Mais sa réputation le précède. Les foules arrivent au devant de lui, surtout les enfants, déposant des branchages et des vêtements sur le chemin de celui qu'il considèrent comme leur roi, et agitant des branches pour le saluer et marquer leur liesse. D'ailleurs rameau vient du latin ramus, qui veut dire branche.



Jérusalem est une ville d'altitude, située en Palestine, plus précisément au sud, en Judée. Il y a 2000 ans, le climat était le même bien sûr ! Un climat continental, à influence méditerranéenne, surtout pas les tropiques. Mais vue d'Europe occidentale aux premiers temps de l'église, Jérusalem est une contrée exotique. D'exotique à tropical il n'y a qu'un pas. Et voici les foules munies de palmes, c'est-à-dire de feuilles de palmiers, alors que les palmiers peinent à pousser ici, en tout cas plus que sur notre Côte d'azur ! On y rencontre plutôt des oliviers et des caroubiers. 

 

La bénédiction des palmes conserve le type antique des synaxes extra-sacramentaires, que ne suivait pas l'offrande du divin Sacrifice; la procession dérive du rite hiérosolomytain, où il était en usage déjà vers l'an 385. La Messe stationale, en revanche, a un caractère bien distinct, une sobriété grandiose, vraiment romaine. La sainte liturgie ne sépare point le souvenir de la Passion du Sauveur de celui des triomphes de sa Résurrection ; -voilà la raison du titre de Hebdomada paschalis donné jadis à cette semaine, et des fréquentes mentions de la sainte Résurrection qui se rencontrent dans la Messe et l'Office divin, aujourd'hui comme le Vendredi Saint -puisque, si le Pascha nostrum immolatas est Christus1 commençait dès le Jeudi-Saint et se poursuivait dans la Parascève, il eut pourtant son véritable accomplissement au matin de la Résurrection, quand Jésus traditus est propter delicta nostra et resurrexit propter justificationem nostram.2 Pour les anciens, le Paschale Sacramentum renfermait ce triple mystère, et de là venait que, dès le Vendredi-Saint, devant le bois adorable de la Croix, ils annonçaient déjà les gloires du Sauveur ressuscité : Crucem Tuam adoramus ... et sanctam resurrectionem Tuam laudamus et glorificamus. 3

1 "Notre Pâque est le Christ, qui s'est immolé" (1 Cor., v, 7).
2"Il est mort à cause de nos péchés, et Il est ressuscité pour nous en donner la rémission" (Rom., IV, 25).
3 "Nous vénérons votre Croix ... Nous louons et glorifions votre sainte Résurrection" 

 

Un autre point édifiant : la date. L'église a fixé la date en fonction de la pleine lune. Si l'on suppose que Pâques se déroule au printemps, ce qui est toujours controversé, il y a peu de chances que l'on agite des palmes desséchées par l'hiver devant Jésus. On peut donc penser qu'il s'agit d'oliviers, d'autant plus qu'il est probable que Jésus ait passé la nuit avec des amis au Mont des Oliviers, dernière protubérance avant d'entrer en ville, chemin sur lequel il va être accompagné.
Dans les régions situées au nord du bassin méditerranéen, les palmes sont remplacées par des rameaux de buis. Celui-ci pousse à l'état sauvage dans les régions où l'humidité n'est pas trop abondante et le sol suffisamment calcaire. L'évangile du dimanche des Rameaux décrit l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, quelques jours avant la Passion. Ce récit ne mentionne pas le buis, mais parle de palmes étendues sur le sol en l'honneur de Jésus. Il s'agit là d'une coutume fort ancienne en Orient où, pour acclamer un héros, on agitait des palmes symbolisant l'immortalité de leur gloire.


La ville de Jérusalem signifie en hébreu « fondation de paix ». Or, elle n’a jamais connu la paix. Son histoire est faite d’invasions, de destructions et de reconstructions. Face aux menaces extérieures, des remparts en assurent la protection.
Ce jour-là, les portes se sont ouvertes. Venant des sommets de la ville, Jésus s’avance. A son passage, le peuple jubile, les manteaux tombent, les palmes s’agitent. Il n’a pas l’allure d’un puissant conquérant mais se présente pacifique, porté par un ânon. C’est lui le Roi-serviteur qui apporte la véritable paix pour les nations. 

La procession des Rameaux est chaque année l’un des grands moments de la vie des chrétiens de Terre sainte. Elle suit l’itinéraire tracé par le Christ. A pas lents, martelant le sol d'un bâton, les kawas, pantalons bouffants, tarbouche sur la tête et sabre au côté, ouvrent la marche avec les fanfares des scouts et la procession colorée, priante et chantante qui entoure le patriarche.
Du sommet du mont des Oliviers, elle se dirige vers la vieille ville dont elle franchit l’une des portes sans triomphalisme ni désir de puissance. La présence chrétienne sur cette terre est symbolique et humble. Mais ici, les disciples de Jésus sont fiers de tenir la place de l’ânon de l’Evangile.
Sur leur dos, ils portent le messager de la paix en une terre qui souffre d’un conflit interminable entre deux peuples. Bientôt, les portes de la ville s’ouvriront à nouveau pour laisser passer un Roi de dérision, un Christ au visage défiguré par la souffrance. Les bras étendus, il donnera sa vie pour réconcilier les hommes entre eux et leur apporter la paix véritable. 

Disciples de Jésus à travers le monde, nous construisons parfois nos vies comme des citadelles imprenables en nous réfugiant derrière des murailles alors que le Christ passe et s’offre à nous. Ouvrons-lui nos portes ! Apaisés, réconciliés avec nous-mêmes et entre nous, nous le suivrons sur son chemin de Passion pour le Père et pour l’homme. Avec lui, nous serons pour ceux que nous croisons des témoins et des porteurs de sa paix. 


PRIÈRE

Dieu éternel et tout-puissant, qui, pour donner au genre humain un exemple d'humilité, avez voulu que le Sauveur se revêtit de notre chair et subit le tourment de la croix,
accordez-nous, nous vous en supplions, d'accueillir les enseignements de sa passion de manière à prendre part à sa résurrection.

 

"DICTON"
"Le Dimanche des Rameaux"
Dimanche avant Pâques.
Synonyme du vent de l'année.
Le vent des Rameaux ne change pas de sitôt.
S'il pleut aux Rameaux, il pleut sur la faux.
Le vent du jour du buis dure aussi longtemps que lui.
Le dimanche des Rameaux, le vent d'en-bas [sud], mets tes tonneaux en garatas [au rebus] ; quand le vent est soulaire [sud-ouest], rinçons les verres [récolte moyenne]. Le vent d'en-haut [nord] rinçons les tonneaux [récolte abondante].
Le vent qui souffle sur les Rameaux soufflera sur la moisson.
Si le vent est du Nord le jour des Rameaux, de toute la saison,
Au cours de votre repas du soir, faites quelques chose il ne fera pas chaud.
Nord : froid, céréales satisfaisantes.
Est : sécheresse, céréales satisfaisantes.
Sud : chaleur et bonnes récoltes de pomme de terre.
Ouest : humide, pluie et abondances de fourrage.

Et d'ici, va débuter le Triduum Pascal. C'est le sommet de l'année liturgique.
Voici des suggestions pour vivre ces jours exceptionnels chez vous, dans votre maison.


Jeudi Saint:
Au cours de votre repas du soir, faites quelque chose de spécial pour vous rappeler le dernier repas de Jésus.
Bénissez ainsi votre repas: "Bénis sois-tu, Seigneur notre Dieu, toi qui nous as enseigné ton commendement d'amour par ton Serviteur Jésus qui a lavé les pieds de ses disciples au cours du dernier repas qu'il prit avec eux la veille de sa mort. Augmente en nous le désir de nous servir les uns les autres en Jésus, ton Fils, notre Seigneur, Amen."
Au cours du repas, lisez un passage de l'écriture. Vous pouvez aussi vous laver les mains les uns aux autres en signe de service mutuel, à l'exemple de Jésus.
Vous pouvez manger de l'agneau en rappel de Jésus, l'Agneau de Dieu. Vous pouvez aussi faire usage de pain sans levain et de vin en rappel de l'Eucharistie.
 

Vendredi Saint:
Aujourd'hui, c'est jour de jeûne en mémoire de la mort de Jésus.
Mangez peu. Faites usage des "brioches du Carême" (brioches sur lesquelles une croix est dessinée). Vous en trouverez chez votre boulanger.
Mettez la croix à l'honneur. Ornez-là de fleurs. Musique d'ambiance: "Les sept paroles du Christ,la Passion selon saint Mathieu (Bach)".
Regardez un programme spécial de télévision diffusé à l'occasion du Vendredi saint. Faites-le suivre d'un échange.
 

Samedi Saint:
Aujourd'hui, décorez votre maison dans l'attente de la joie de la Résurrection: fleurs, banderoles. Préparez les mets spéciaux qui serviront pour votre repas de fête de demain: oeufs de Pâques, gâteau, etc...Musique d'ambiance. Ce soir, c'est la Veillée pascale.
 

Dimanche de Pâques:
Aujourd'hui, c'est le grand jour de la Résurrection. Faites un repas de fête. Décorez de fleurs la table du repas et allumez-y les cierges que vous avez rapportés de la Veillée pascale. Musique joyeuse.
Comme mets spécial, vous pouvez avoir des oeufs à la coque colorés Ils feront la joie des enfants.
Bénissez ainsi votre repas: "Béni sois-tu, Seigneur notre Dieu, toi qui remplis nos coeurs de joie en ce jour de la Résurrection. Fais que nous vivions à jamais pour toi, dans l'amour les auns des autres, afin que nous te rendions grâce  par Jésus ton Fils notre Seigneur. Amen."
Au cours du repas, expliquez les symboles traditionnels qui entourent la fête de Pâques. Les oeufs de Pâques: symboles du Christ qui sort vivant du tombeau comme un poussin sort de l'oeuf en brisant l'écaille. Les lys: signes de la vie, de la beauté, de l'éclat de la résurrection. Les bonbons et le chocolat nous font penser que la fête de Pâques nous fait entrer dans la Terre promise, pays où coulent le lait et le miel.
 
 

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