"Mois de Marie"
 
C'est le mois de Marie
C'est le mois le plus beau
À la Vierge chérie
Disons un chant nouveau.


Les dévotions à la Vierge pendant le mois de mai étaient accompagnées de chants religieux. Le plus connu est un chant charismatique intitulé C'est le mois de Marie.

   C'est le mois de Marie
C'est le mois le plus beau
À la Vierge chérie
Disons un chant nouveau.

Une version remaniée a été publiée par l'abbé Charles-Émile Gadbois dans une édition spéciale de la Bonne Chanson. On chantait aussi des Ave Maria et d'autres cantiques spécifiques au mois de Marie comme Ouverture du Mois de Marie, Salut, O beau mois de Marie,
Le plus beau mois ou Adieu au mois de Marie.

"Magnificat"
<<Vierge Marie, guide-moi vers Jésus, ton enfant.>>

(Au fil des semaines:)

Semaine 1: Ave Maria...
Je te salut Marie, toi, jeune femme qui tès faite <<servante de Seigneur>>,
toi qui es devenue mère du Fils bien-aimé de Dieu,
Toi qui, à Cana, es intervenue pour que la fête se poursuivre avec un vin nouveau, toi qui es silencieuse et toute en pleurs,
est demeurée debout près de la croix,
toi qui es dans l'attente du don de l'Esprit,
t'es tenue en prière avec les Apôtres.
Je te salut Marie.

2e semaine: Regina caeli...
Reine du ciel, je te dis la joie que j'ai de te connaître et de te vénérer.
Nulle femme ne fut plus femme que toi,
nulle ne fut plus généreuse, plus dévouée au Seigneur notre Dieu,
nulle ne fut plus compatissante, plus aimante.
À jamais, sois admirée. priée et honorée, toi notre Mère,
toi la Reine du ciel.

Semaine 3: Sub tuum praesidium....
Sous ta protection, Vierge Marie, je viens me placer,
Grande est ta confiance, fort est l'amour que j'ai pour toi.
Viens à mon aide, et je marcherai allègrement vers le Dieu que j'aime.
Ecarte de moi tout danger, et je témoignerai dans la joie du Dieu qui me fait vivre.
Rapproche-moi de toi, Vierge Marie très sainte.
En tout temps, garde-moi sous ta protection.

Semaine 4: Ave Marie Stella...
Je te salut, étoile de mer.
Je te salut, porte du ciel.
Je te vénère, mère des vivants.
Je te vénère, reine de la paix.
Je te chante, Vierge très tendre.
Je te chante et je te loue, étoile du matin....
étoile de mer...

Semaine 5: Magnificat...
Avec toi, Marie, je veux chanter et proclamer:
Magnificat!
Mon âme exalte le Seigneur!
Comme sont nombreuses et comme sont grandes ses merveilles:
Magnificat!
Comme est humain et comme est divin tout ce quìl accomplit:
Magnificat!
Comme sont admirables et comme sont prestigieuses toutes ses oeuvres:
Magnificat!
Oui, mon âme exalte le Seigneur!

Historique

La dédicace d'un mois à une dévotion particulière est une forme
de piété populaire relativement récente dont on ne trouve guère l’usage général avant le XVIII° siècle.
[Le mois de saint Joseph, mars, né à Viterbe, fut approuvé par
Pie IX (12 juin 1855) ;
le mois du Rosaire, octobre, né en Espagne,
fut approuvé par Pie IX (28 juillet 1868) et demandé par Léon XIII (1883) ; le mois du Sacré-Cœur, juin, né au couvent des Oiseaux de Paris en 1833 et encouragé par Mgr. de Quelen, fut approuvé par Pie IX (8 mai 1873) ;
on connaît encore le mois du saint Nom de Jésus approuvé par Léon XIII en 1902 (janvier), le mois du Précieux Sang approuvé par Pie IX en 1850 (juillet), le mois du Cœur Immaculé de Marie (août),
le mois de Notre-Dame des Douleurs approuvé par Pie IX en 1857 (septembre), le mois des âmes du Purgatoire approuvé par Léon XIII en 1888 (novembre), le mois de l'Immaculée Conception (décembre)...]

Le « mois de Marie » qui est le plus ancien de ces mois consacrés, vit le jour à Rome, peut-être autour du collège romain des
Jésuites, d'où il se diffusa dans les Etats Pontificaux, puis dans le reste de l'Italie et enfin dans toute la catholicité.
La promotion du « mois de Marie » doit beaucoup aux Jésuites, singulièrement au P. Jacolet qui publia le « Mensis Marianus »
à Dillingen en 1724, au P. Dionisi qui publia le « mese di Maria », à Rome en 1725, et au P. Lalomia qui publia
le « mese di Maria assia il mese di maggio » à Palerme en 1758. Après eux, vint le « mese di Maria » que publia le P. Alphonse Muzzarelli à Ferrare en 1785, qui connut plus de cent cinquante éditions en un siècle, et qui fut traduit en français, en espagnol, en portugais, en anglais et en arabe. Avec le P. Muzzarelli,
il ne s'agit plus de méditer seulement la vie, les vertus et les privilèges de la Sainte Vierge, mais, de s’en inspirer pour sanctifier la vie quotidienne en pratiquant chaque jour une vertu. Ainsi, chaque jour du mois du mai, les fidèles méditent une vérité de la vie chrétienne en fonction de laquelle ils s’imposent une pratique particulière, puis font une invocation et chantent un cantique à Marie.

Grâce aux ouvrages des P.P. Lalomia et Muzzarelli, le « Mois de Marie » atteint la France à la veille de la Révolution.
La vénérable Louise de France, fille de Louis XV et prieure du carmel de Saint-Denis, fit traduire le livre du P. Lalomia dont elle fut une zélée propagatrice. Cet usage n'eut un caractère général qu'avec les missions populaires de la Restauration, après qu'il fut officiellement approuvé et enrichi d'indulgences par le Saint-Siège (21 novembre 1815). Après les jansénistes, le clergé constitutionnel était farouchement opposé à cette dévotion et l'on sait que Mgr Belmas, évêque concordataire de Cambrai, jadis évêque constitutionnel de l’Aude, en fut un adversaire résolu : après l'approbation de Pie VII, « on tenta de l'introduire au Grand Séminaire, sans son autorisation. Le mois devait s'ouvrir par un salut très solennel. Déjà les cierges étaient allumés à profusion sur l'autel. Prévenu, il les fit éteindre et contremanda la cérémonie. »

Si les Jésuites semblent bien avoir été les initiateurs du
« Mois de Marie », les Camilliens revendiquent l'honneur de l'avoir inauguré dans sa forme actuelle, en 1784, dans l'église de la Visitation de Ferrare. Selon beaucoup, les Jésuites n’auraient fait que codifier des pratiques antérieures et, surtout, en souligner l'élaboration familiale. Ils recommandaient que, la veille du premier mai, dans chaque appartement, on dressât un autel à Marie, orné de fleurs et de lumières, devant quoi, chaque jour du mois, la famille se réunirait pour réciter quelques prières en l'honneur de la Sainte-Vierge avant de tirer au sort un billet qui indiquerait la vertu à pratiquer le lendemain.

En effet, on se souvient qu'au XIII° siècle, le roi de Castille, Alphonse X le Sage (1239-1284), avait déjà associé dans un de ses chants la beauté de Marie et le mois de mai ; au siècle suivant, le bienheureux dominicain Henri Suso avait, durant l'époque des fleurs, l'habitude de tresser des couronnes pour les offrir, au premier jour de mai, à la Vierge. En 1549, un bénédictin, V. Seidl, avait publié un livre intitulé « Le mois de mai spirituel », alors que saint Philippe Néri exhortait déjà les jeunes gens à manifester un culte particulier à Marie pendant le moi de mai où il réunissait les enfants autour de l'autel de la Sainte Vierge pour lui offrir, avec les fleurs du printemps, les vertus qu'il avait fait éclore dans leurs jeunes âmes. A Cologne, en 1664, les élèves des Jésuites pratiquaient déjà, au mois de mai, des exercices de piété en l'honneur de Marie, tandis qu'en Alsace, des jeunes filles,
appelées Trimazettes, quêtaient de porte en porte pour orner de fleurs l'autel de la Sainte Vierge. Le jésuite Nadisi ne rapproche le culte marial du mois de mai qu'en citant épisodiquement Henri Suso dans son « Mensis Marialis » (1654) ; un « Mois de Marie », paru à Molsheim en 1699, probablement sous la plume du jésuite Vincke ne faisait aucune mention de mai. Le capucin Laurent de Schniffis consacrait le mois de mai à Marie dans un recueil de trente poésies, « Moyen-Pjeiff », publié en 1692. Outre qu'au début du XVIII° siècle, l'église franciscaine et royale Sainte-Claire de Naples connaissait au mois de mai un office populaire marial quotidien suivi d'un salut du Saint-Sacrement, les dominicains
de Fiesole, en 1701, décidaient d'honorer la Vierge tous les
jours du mois de mai, ce qui se faisait aussi, près de Vérone,
dans la paroisse de Grezzana (1734), et, un peu plus tard à Gênes (1747) et à Vérone (1774).


Pour les catholiques, le mois de mai est consacré à la Vierge Marie. Pendant tout le mois, les paroissiens se rassemblent pour faire des dévotions à la Vierge sous forme de prières collectives. Ils se réunissent à l'église tous les soirs vers 19h00 ou 19h30 pour des offices spéciaux où l'on récite le chapelet et les litanies et l'on entonne des chants religieux. On dit alors qu'on se rend à l'exercice du mois de Marie. Les paroissiens trop éloignés de l'église ont coutume de se réunir à la croix de chemin la plus proche où l'on prie régulièrement tous les soirs du mois de mai. Au Québec, la coutume du mois de Marie est pratique courante pendant une bonne partie du XXe siècle, jusqu'à la fin des années 1970.
 

Pour les écoliers, le mois de Marie se fait en sortant de l'école
à 15 h 30 ou à 16 h 00 selon les paroisses. Les enfants se rendent en rang à l'église comme pour une procession. Il arrive qu'on leur demande de déposer une fleur aux pieds de la statue de la Vierge pour la décorer. Dans chaque maison, il est d'usage d'aménager un petit oratoire domestique, appelé aussi niche mariale, garni de couronnes de mai et de fleurs. Cette niche est destinée à
accueillir la statue de la Vierge, hébergée d'une maison à
l'autre pendant tout le mois de mai. Recevoir chez soi la statue
est considéré comme un grand honneur pour chaque famille.
Celle-ci peut se réunir tous les soirs devant la niche pour la récitation du chapelet et à l'occasion, on invite les voisins
à se joindre aux prières. La récitation du chapelet est
entrecoupée à chaque dizaine d'intentions particulières
aux malades, aux semences et aux récoltes ou à la température en général. Les dévotions peuvent durer trois quarts d'heure à une heure chaque soir.

Ecrit du Pape Jean-Paul II

Le mois de mai nous encourage à penser à elle et à en parler d'une façon particulière. C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale.

Marie, fille d'Israël, vous avez proclamé la miséricorde offerte aux hommes, d'âge en âge, par l'amour bienveillant du Père.

Marie, Vierge sainte, servante du Seigneur, vous avez porté en votre sein le fruit précieux de la miséricorde divine.

Marie, vous qui avez gardé en votre cœur les Paroles du salut, vous témoignez devant le monde de l'absolue fidélité de Dieu à son amour.

Marie, vous qui avez suivi votre Fils Jésus jusqu'au pied de la Croix, dans le " fiat " de votre cœur de mère, vous avez adhéré sans réserve au sacrifice rédempteur.

Marie, Mère de miséricorde, montrez à vos enfants le cœur de Jésus, que vous avez vu ouvert pour être à jamais source de vie.

Marie, présente au milieu des disciples, vous rendez proche de nous l'amour vivifiant de votre Fils ressuscité.

Marie, Mère attentive aux périls et aux épreuves des frères de votre Fils, vous ne cessez de les conduire sur le chemin du salut.

Marie, vous qui avez montré le cœur de votre Fils à Marguerite-Marie en ce lieu, donnez-nous de suivre votre exemple d'humble fidélité à son amour.

Angélus du 5 octobre 1986 à Paray-le-Monial

Les croix de chemin, dont on voit encore aujourd'hui des exemplaires, étaient nombreuses en Nouvelle-France; vers 1750, elles s'échelonnaient tout le long du Saint-Laurent entre Québec et Montréal.


Les croix de chemin sont l'expression d'une dévotion populaire. Le voyageur s'y arrêtait le temps d'un signe de la croix et les fidèles, trop éloignés de l'église, s'y rassemblaient pour prier. On s'y rendait en procession et des neuvaines étaient organisées lors d'épidémies ou d'autres calamités.

Construites en bois, elles sont ornées des différents instruments de la Passion tels la couronne d'épines, le fouet, les clous, l'éponge et la bouteille de fiel, la lance, l'échelle, le coq et l'inscription INRI; parfois même on y ajoute le soleil et la lune sous forme de disque rayonnant et de croissant. Un des témoignages de l'époque nous vient de Pehr Kalm, voyageur suédois, qui, en 1749, a reproduit dans ses mémoires une croix située à la Prairie-de-la-Magdelaine. Nous retrouvons dans son croquis presque toutes les composantes connues. Kalm ajoute que la croix de chemin est fréquente au Canada et sert à favoriser la piété du voyageur.
 

La popularité des croix de chemin s'est maintenue depuis la Nouvelle-France jusqu'au XXe siècle. Elles ont permis à nos artisans d'exprimer à travers leur art les croyances religieuses d'un peuple.

(Ce texte est une collaboration de l'archiviste Renée Lachance des Archives nationales du Québec à Québec.)


 PRIÈRE À MARIE

Statue de la <<Bonne Mère>>
ayant appartenu au Père Champagnat
(Fondateur des Frères Maristes)

 Souviens-toi,
très douce Vierge Marie,
que jamais personne
ne t'a invoquée
sans être secouru.

Plein de confiance,
je viens à toi,
Vierge toute sainte,
ma <<bonne mère>>.

Je suis là devant toi,
sachant combien je suis
faible et coupable;
écoute quand même
mon humble prière 
...
Mère de mon Dieu,
exauce-moi.

Le mois de mai étant consacré à la Vierge Marie.
Quelle tradition maintenant disparue! On célébrait tous les soirs de la semaine: au village, c'était à l'église; dans les campagnes, ceci avait lieu aux croix de chemin ou dans les écoles rurales. Presque tous les villageois se faisaient un devoir de s'y rendre. Quelle nostalgie, je ressens, en me souvenant de ces beaux crépuscules du mois de mai, où dans la petite école du rang, parents et enfants se rendaient pour prier. Au pied de la statue de la Vierge ornée d'une couronne de fleurs et d'un petit lampion qui brûlait à ses pieds, après la récitation du chapelet, les voix s'élevaient dans les beaux cantiques que l'on chantait en choeur, dirigés par l'institutrice. Pendant que le soir tombait, ces voix d'enfants chantaient:

Bonsoir ma bonne Mère,
Bénissez vos enfants,
Recevez la prière,
De leurs coeurs reconnaissants...
Après quelques mots échangés entre parents et maîtresse d'école, quelques rondes folles des enfants autour de l'école, chacun rentrait chez-lui avec la conviction du devoir accompli, dans le parfum de l'herbe tendre et pissenlits, qui poussait le long du petit chemin de terre.


Refrain

C'est le mois de Marie
C'est le mois le plus beau
À la Vierge chérie
Disons un chant nouveau.

- 1 -
Ornons le sanctuaire
De nos plus belles fleurs
Offrons à notre Mère
Et nos chants et nos coeurs.

- 2 -
De la saison nouvelle
Qui dira les attraits
Marie est bien plus belle
Plus doux sont ses bienfaits.

- 3 -
L'étoile bienfaisante
Qui scintille au matin
Est moins éblouissante
Que son front tout divin.

- 4 -
Au vallon solitaire
Le lis en sa blancheur
De cette Vierge Mère
Retrace la candeur.

- 5 -
Aimable violette
Ta modeste beauté
Est l'image parfaite
De son humilité.

- 6 -
Et quand la dernière heure
Viendra finir nos ans
Dans la sainte demeure
Introduis tes enfants.

 


Retour index:
Mai  //  Religion  //  Accueil
 
 
 
 

Vous voulez envoyer cette page à un ami(e)?
cliquez sur le logo:



annuaire

Hit-Parade