Le 11 Février:
"Journée mondiale du Malade"

C'est le docteur qui fait la réputation de la maladie, et c'est la maladie qui fait la réputation du docteur.
  [Aurélien Scholl]


Le 11 février, fête de la Bienheureuse Vierge Marie de Lourdes, est célébrée la Journée mondiale du Malade, occasion propice pour réfléchir sur le sens de la douleur et sur le devoir chrétien de l'assumer dans n'importe quelle circonstance où elle se présente. Cette année, cette célébration significative est unie à deux événements importants pour la vie de l'Eglise, comme on peut déjà le comprendre par le thème choisi:  "L'Eucharistie, Lourdes et le soin pastoral des malades":  le 150 anniversaire des apparitions de l'Immaculée à Lourdes et la célébration du Congrès eucharistique international à Québec, au Canada. De cette manière, une opportunité particulière est offerte pour considérer la relation étroite entre le mystère eucharistique, le rôle de Marie dans le plan salvifique et la réalité de la douleur et de la souffrance de l'homme.

Les 150 ans des apparitions de Lourdes nous invitent à tourner le regard vers la Vierge sainte, dont l'Immaculée Conception constitue le don sublime et gratuit de Dieu à une femme, afin qu'elle pût adhérer pleinement aux desseins divins avec une foi ferme et inébranlable, malgré les épreuves et les souffrances qu'elle aurait dû affronter. Voilà pourquoi Marie est le modèle de l'abandon  total à la volonté de Dieu:  elle a accueilli le Verbe éternel dans son cśur et l'a conçu dans son sein virginal; elle a eu confiance en Dieu et, l'âme transpercée d'une épée de douleur (cf. Lc 2, 35), elle n'a pas hésité à partager la passion de son Fils, en renouvelant sur le Calvaire, au pied de la croix, le "oui" de l'Annonciation. Méditer sur l'Immaculée Conception de Marie signifie donc se laisser attirer par le "oui" qui l'a unie admirablement à la mission du Christ, rédempteur de l'humanité; c'est se laisser prendre par la main et guider par elle, pour prononcer à notre tour le "fiat" à la volonté de Dieu, avec toute l'existence traversée de joies et de tristesses, d'espérances et de déceptions, en sachant que les épreuves, la douleur et la souffrance enrichissent notre pèlerinage sur la terre.

2. On ne peut contempler Marie sans être attiré par le Christ et on ne peut regarder le Christ sans percevoir immédiatement la présence de Marie. Il y a un lien inséparable entre la Mère et le Fils engendré dans son sein par l'śuvre de l'Esprit Saint, et ce lien nous le sentons, de manière mystérieuse, dans le sacrement de l'Eucharistie, comme les Pères de l'Eglise et les théologiens l'ont mis en lumière dès les premiers siècles. "La chair née de Marie, venant de l'Esprit Saint, est le pain descendu du ciel", déclare saint Hilaire de Poitiers, tandis que dans le Sacramentaire "Bergomense" du IX siècle, nous lisons:  "Son sein a fait mûrir un fruit, un pain nous a rempli du don angélique. Marie a rendu au salut ce qu'Eve avait détruit par sa faute". Saint Pierre Damien observe ensuite:  "Ce corps que la très bienheureuse Vierge a engendré, a nourri dans son sein avec une sollicitude maternelle, ce corps dis-je, celui-là et pas un autre, nous le recevons à présent du saint autel et nous en buvons le sang comme sacrement de notre rédemption. Voilà ce que croit la foi catholique, ce qu'enseigne fidèlement la sainte Eglise". Le lien de la Vierge sainte avec le Fils, agneau immolé qui enlève les péchés du monde, s'étend à l'Eglise, corps mystique du Christ. Marie - observe le Serviteur de Dieu Jean-Paul II - est "femme eucharistique" à travers toute sa vie et l'Eglise, la considérant comme son modèle, "est appelée à l'imiter également dans son rapport avec ce très saint mystère" (Ecclesia de Eucharistia, n. 53). Dans cette optique, on comprend encore mieux pourquoi à Lourdes, au culte de la bienheureuse Vierge Marie  est  associé  un  rappel  fort et constant à l'Eucharistie par des célébrations eucharistiques quotidiennes, par l'adoration du Très Saint Sacrement et la bénédiction des malades, qui constitue un des temps les plus forts de la halte des pèlerins près de la grotte de Massabielle.

"Les 5 sens des handicapés sont touchés mais c'est un 6e qui les délivre ; bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction, ce 6e sens qui apparaît, c'est simplement l'envie de vivre."
  [Grand Corps Malade]

"Qui souffre mal fait souffrir."
  [Christian Chabanis]

11 février 2010

Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II a institué, en 1992, la Journée mondiale des malades, la fixant au 11 février de chaque année, en la fête de Notre-Dame-de-Lourdes. Durant cette journée, les malades sont les premiers à être invités à réfléchir sur le sens de la souffrance, mais tous ceux qui sont engagés dans les soins de santé sont aussi conviés à profiter de l'occasion pour puiser plus profondément à la source de leur mission de guérison.

Prière

Sois sans crainte et va vers tes frères

Alors que tu te crois seul avec tes soucis ou ta maladie,
beaucoup sont avec toi au service de la vie.
Des mains ouvertes te sont offertes :
mains qui s’élèvent, mains qui élèvent,
mains des médecins et des voisins qui prennent soin,
mains du coeur, mains de frères et soeurs,
et aussi mains du Seigneur.
Ecoute, il te dit :
malgré ton corps ou ton coeur endolori
affronte le monde ou la haute mer,
sois sans crainte et va vers tes frères,
car eux aussi, dans le tourbillon de la vie,
ont besoin de tendresse et d’amis.
Hubert Renard


 

ENRACINÉ PRÈS DES EAUX
est le thème retenu pour la Journée mondiale des malades du 11 février 2010. Il s’agit d’une invitation, pour la personne malade qui vit un dépouillement, à étendre ses racines vers le courant, vers la Source de toute vie, pour que monte en elle la foi en l’amour, l’assurance de garder sa dignité et l’espoir de porter du fruit, maintenant et demain.

Historique
Célébrée depuis 1991, la Journée mondiale des malades ramène à notre esprit, le 11 février de chaque année, le visage des personnes qui, autour de nous, expérimentent la dure réalité de la maladie. Sous l’inspiration de Jean-Paul II, qui l’a fixée à la fête de Notre-Dame-de-Lourdes, cette journée nous rappelle la dignité de toute personne malade ou âgée.
Quand on s’arrête pour y réfléchir un instant, on réalise que tous nous sommes concernés personnellement par la maladie, car chacun d’entre nous connaît quelqu’un qui traverse cette rude épreuve. La Journée mondiale des malades s’adresse donc à tous les hommes et les femmes de ce monde, quelles que soient leurs croyances.


 

La maladie et la souffrance peuvent parfois bouleverser nos vies ou celles de nos proches: pour nous encourager à donner de notre temps, soutenir les malades, être attentif à leurs besoins, une journée mondiale des malades, créée en 1992 par le Pape Jean-Paul II, est célébrée chaque année, le 11 février, jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes.
Avoir le souci des malades
Les malades se sentent très rapidement mis à part de la vie des bien portants, c'est pourquoi les liens de solidarité, et tout ce qui permet aux personnes atteintes de maladie de se sentir écoutées, reconnues est extrêmement important. Bien que cette journée ait un sens tout particulier pour les Chrétiens, il n'est pas nécessaire d'avoir des convictions religieuses pour apporter son aide et sa compassion à des personnes souffrantes, un petit geste suffit !
 

Message de Benoît XV1
«Le temps passé auprès de qui est dans l'épreuve se révèle fécond en grâce pour toutes les autres dimensions de la pastorale», affirme Benoît XVI dans son message pour la 18ème Journée mondiale du Malade (11 février 2010) et le 25ème anniversaire du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé. En voici l'intégralité.
"Chers frères et soeurs, le 11 février prochain, en la mémoire liturgique de la bienheureuse Vierge Marie de Lourdes, on célébrera, en la basilique vaticane, la 18ème Journée mondiale du Malade. L'heureuse coïncidence avec le 25ème anniversaire de l'institution du conseil pontifical pour les Agents de santé constitue un motif supplémentaire pour remercier Dieu du chemin parcouru jusqu'ici dans le domaine de la pastorale de la santé. Je souhaite de tout cśur que cet anniversaire soit l'occasion d'un élan apostolique plus généreux au service des malades et de ceux qui prennent soin d'eux.
Avec la Journée mondiale du Malade, l'Eglise entend en effet sensibiliser la communauté internationale de façon capillaire sur l'importance du service pastoral dans le vaste monde de la santé, un service qui fait partie intégrante de sa mission, puisqu'elle s'inscrit dans le socle de la mission salvifique du Christ. Lui, le divin Médecin, « a passé en faisant le bien et en soignant tous deux qui étaient au pouvoir du diable » (Ac 10,38). C'est dans le mystère de sa passion, de sa mort et de sa résurrection, la souffrance humaine puise sens et plénitude de lumière. Dans sa lettre apostolique «Salvifici doloris», le serviteur de Dieu Jean-Paul II a des paroles lumineuses a, à ce propos, des paroles éclairantes : «La souffrance humaine, a-t-il écrit, a atteint son sommet dans la passion du Christ. Et, simultanément, elle a revêtu une dimension complètement nouvelle et est entrée dans un ordre nouveau: elle a été liée à l'amour, à l'amour dont le Christ parlait à Nicodème, à l'amour qui crée le bien, en le tirant même du mal, en le tirant au moyen de la souffrance, de même que le bien suprême de la Rédemption du monde a été tiré de la Croix du Christ et trouve continuellement en elle son point de départ. La Croix du Christ est devenue une source d'où coulent des fleuves d'eau vive» (n. 18).
Le Seigneur Jésus, à la Dernière Cène, avant de retourner vers le Père, s'est incliné pour laver les pieds des apôtres, en anticipant l'acte suprême d'amour sur la croix. Par ce geste, il a invité ses disciples à entrer dans sa logique d'amour qui se donne spécialement aux plus nécessiteux (cf. Jn 13,12-17). En suivant son exemple, chaque chrétien est appelé à vivre, dans des contextes divers et toujours nouveaux, la parabole du Bon Samaritain, qui, en passant à côté d'un homme laissé à moitié mort par les brigands au bord de la route, « l'a vu et a eu compassion de lui, s'est fait proche de lui, a bandé ses blessures, en versant de l'huile et du vin ; puis l'a chargé sur sa monture, l'a conduit à une auberge et a pris soin de lui ; le jour suivant, il a pris deux deniers et les a donnés à l'aubergiste, en disant : «Prends soin de lui ; ce que tu dépenseras en plus, je te le rembourserai à mon retour »» (Lc 10, 33-35). En concluant la parabole, Jésus dit : «Va, et toi aussi fait de même» (Lc 10,37). Par ces paroles, il s'adresse aussi à nous. Il nous exhorte à nous pencher sur les blessures du corps et de l'esprit, de tant de nos frères et sśurs que nous rencontrons sur les routes du monde ; il nous aide à comprendre que, par la grâce de dieu accueillie et vécue dans la vie de chaque jour, l'expérience de la maladie et de la souffrance peut devenir une école d'espérance. En vérité, comme je l'ai affirmé dans l'encyclique « Spe salvi », «ce n'est pas le fait d'esquiver la souffrance, de fuir devant la douleur, qui guérit l'homme, mais la capacité d'accepter les tribulations et de mûrir par elles, d'y trouver un sens par l'union au Christ, qui a souffert avec un amour infini» (n. 37).

Déjà, le concile ścuménique Vatican II rappelait l'important devoir pour l'Eglise de prendre soin de la souffrance humaine. Nous lisons, dans la constitution dogmatique « Lumen Gentium » que «comme le Christ a été envoyé par le Père "pour évangéliser les pauvres... guérir les coeurs brisés" (Lc 4, 18), "chercher et sauver ce qui était perdu" (Lc 19, 10), de même l'Eglise entoure tous ceux qu'afflige l'infirmité humaine; bien plus, elle reconnaît dans les pauvres et en ceux qui souffrent l'image de son Fondateur pauvre et souffrant, elle s'emploie à soulager leur détresse et veut servir le Christ en eux» (n. 8). Cette action humanitaire et spirituelle de la communauté ecclésiale envers les malades et les souffrants s'est exprimée au cours des siècles sous des formes et dans des structures sanitaires multiples y compris à caractère institutionnel. Je voudrais rappeler ici celles qui sont directement gérées par les diocèses et celles qui sont nées de la générosité de différents instituts religieux. Il s'agit d'un « patrimoine » précieux répondant au fait que « l'amour a besoin aussi d'organisation comme le présupposé d'un service communautaire ordonné » (Enc. Deus caritas est, 20).

La création du conseil pontifical pour les Agents de santé, il y a vingt-cinq ans, s'inscrit dans cette sollicitude ecclésiale pour le monde de la santé. Et je tiens à ajouter que, en ce moment historique et culturel actuel, on ressent encore plus l'exigence d'une présence ecclésiale attentive et capillaire auprès des malades, ainsi qu'une présence dans la société qui soit capable de transmettre de façon efficace les valeurs évangéliques pour protéger la vie humaine à toutes ses étapes, de sa conception à sa fin naturelle. Je voudrais ici reprendre le message aux pauvres, aux malades et à tous ceux qui souffrant, que les pères conciliaires ont adressé au monde, au terme du concile ścuménique Vatican II : « Vous tous qui ressentez plus lourdement le poids de la croix, ont-ils dit, (...) vous qui pleurez (...), vous les inconnus de la douleur, reprenez courage : vous êtes les préférés du royaume de Dieu, le royaume de l'espérance, du bonheur, et de la vie ; vous êtes les frères du Christ souffrant, et avec lui, si vous le voulez, vous sauvez le monde » (Ench. Vat., I, n. 523*). Je remercie de tout cśur les personnes qui, chaque jour, « sont au service des malades et des souffrants», en faisant en sorte que « l'apostolat de la miséricorde de Dieu, qu'ils mettent en śuvre, réponde toujours mieux aux nouvelles exigences » (Jean-Paul II, Cost. ap. Pastor Bonus, art. 152).
En cette année sacerdotale, ma pensée se tourne particulièrement vers vous, chers prêtres, « ministres des malades », [qui êtes] signe et instrument de la compassion du Christ, qui doit rejoindre chaque homme marqué par la souffrance. Je vous invite, chers prêtres, à ne pas vous économiser pour leur apporter des soins et du réconfort. Le temps passé auprès de qui est dans l'épreuve se révèle fécond en grâce pour toutes les autres dimensions de la pastorale.
Je m'adresse enfin à vous, chers malades, et je vous demande de prier et d'offrir vos souffrances pour les prêtres, afin qu'ils puissent se maintenir fidèles à leur vocation et que leur ministère soit riche en fruits spirituels, au bénéfice de toute l'Eglise.
C'est avec ces sentiments que j'implore sur les malades, et sur ceux qui les assistent, la protection maternelle de Marie, "Salus Infirmorum", et à tous, j'accorde de tout cśur ma Bénédiction apostolique".
Benoît XVI
Du Vatican, le 22 Novembre 2009, solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ, Roi de l'univers


 

La présence à Lourdes de nombreux pèlerins malades et de bénévoles qui les accompagnent aide à réfléchir sur la bienveillance maternelle et tendre que manifeste la Vierge envers la douleur et la souffrance de l'homme. Associée au sacrifice du Christ, Marie, Mater Dolorosa, qui, au pied de la croix souffre avec son divin Fils, est particulièrement proche de la communauté chrétienne qui se rassemble autour de ses membres souffrants, qui portent les signes de la passion du Seigneur. Marie souffre avec ceux qui sont dans l'épreuve, elle espère avec eux et elle est leur réconfort en les soutenant de son aide maternelle. Et n'est-il pas vrai que l'expérience spirituelle de tant de malades incite à comprendre toujours plus que "le divin Rédempteur veut pénétrer dans l'âme de toute personne qui souffre, par l'intermédiaire du cśur de sa très sainte Mère, prémices et sommet de tous les rachetés?" (Jean-Paul II, Salvifici doloris, n. 26).

 Si Lourdes nous conduit à méditer sur l'amour maternel de la Vierge immaculée pour ses enfants malades et ceux qui souffrent, le prochain Congrès eucharistique international sera l'occasion d'adorer Jésus Christ présent dans le sacrement de l'autel, de nous confier à lui comme l'espérance qui ne déçoit pas, de l'accueillir comme remède de l'immortalité qui guérit le corps et l'esprit. Jésus Christ a racheté le monde par sa souffrance, par sa mort et sa résurrection et il a voulu rester avec nous comme "pain de la vie" dans notre pèlerinage terrestre. "L'Eucharistie don de Dieu pour la vie du monde":  voilà le thème du Congrès eucharistique qui souligne que l'Eucharistie est le don de son Fils unique, incarné et crucifié, que le Père fait au monde. C'est lui qui nous réunit autour de la table eucharistique, en suscitant chez ses disciples une attention bienveillante envers les malades et ceux qui souffrent; en eux, la communauté chrétienne reconnaît le visage du Seigneur. Comme je l'ai souligné dans l'exhortation apostolique post-synodale Sacramentum caritatis, "nos communautés, quand elles célèbrent l'Eucharistie, doivent prendre toujours plus conscience que le sacrifice du Christ est pour tous, et que l'Eucharistie presse alors toute personne qui croit en lui à se faire pain "rompu" pour les autres" (n. 88). Ainsi, nous sommes encouragés à nous engager à la première personne à servir les frères, surtout ceux qui sont en difficulté, puisque la vocation de tout chrétien est d'être vraiment, avec Jésus, pain rompu pour la vie du monde.

 Donc, il apparaît clairement que la pastorale de la santé doit puiser dans l'Eucharistie la force spirituelle et nécessaire pour secourir efficacement l'homme et l'aider à comprendre la valeur salvifique de sa souffrance. Comme l'écrivit le Serviteur de Dieu Jean-Paul II dans la lettre apostolique déjà citée Salvifici doloris, l'Eglise voit dans les frères et les sśurs qui souffrent, en quelque sorte, les sujets de la force surnaturelle du Christ (cf. n. 27). Uni mystérieusement au Christ, l'homme qui souffre avec amour et abandon docile à la volonté divine devient offrande vivante pour le salut du monde. Mon prédécesseur bien-aimé déclarait encore que:  "Plus l'homme est menacé par le péché, plus sont lourdes les structures du péché que le monde actuel porte en lui-même, et plus est éloquente la souffrance humaine en elle-même. Et plus aussi l'Eglise éprouve le besoin de recourir à la valeur des souffrances humaines pour le salut du monde" (ibid.). Donc, si à Québec, on contemple le mystère de l'Eucharistie don de Dieu pour la vie du monde, dans la Journée mondiale du Malade, dans un parallélisme spirituel idéal, non seulement on célèbre la participation effective de la souffrance humaine à l'śuvre salvifique de Dieu, mais dans un certain sens, on peut bénéficier également des précieux fruits promis à ceux qui croient. Ainsi, la douleur, acceptée avec foi, devient la porte pour entrer dans le mystère de la souffrance rédemptrice de Jésus et pour atteindre avec lui la paix et le bonheur de sa résurrection.

 Tandis que j'adresse mon salut cordial à tous les malades et à ceux qui en prennent soin de diverses manières, j'invite les communautés diocésaines et paroissiales à célébrer la prochaine Journée mondiale du Malade en mettant pleinement en valeur l'heureuse coïncidence du 150 anniversaire des apparitions de Notre Dame à Lourdes et le Congrès eucharistique international. Que ce soit l'occasion de souligner l'importance de la Messe, de l'adoration eucharistique et du culte de l'Eucharistie, en faisant en sorte que les chapelles dans les centres de santé deviennent le cśur battant où Jésus s'offre sans cesse au Père, pour la vie de l'humanité. De même, la distribution de l'Eucharistie aux malades, effectuée avec respect et esprit de prière, est un véritable réconfort pour ceux qui souffrent et sont atteints de toute forme de maladie.

En outre, que la prochaine Journée mondiale du Malade soit une circonstance propice pour invoquer, de manière spéciale, la protection maternelle de Marie sur tous ceux qui sont éprouvés par la maladie, sur les personnels de santé et sur les ministres de la pastorale de la santé. Je pense plus particulièrement aux prêtres engagés dans ce domaine, aux religieuses et aux religieux, aux bénévoles et à quiconque s'occupe de servir avec beaucoup de dévouement, dans le corps et l'âme, les malades et les nécessiteux. Je les confie tous à Marie, Mère de Dieu et notre Mère, Immaculée Conception. Qu'elle aide chacun à témoigner que la seule réponse valable à la douleur et à la souffrance humaine est le Christ, qui en ressuscitant a vaincu la mort et nous a donné la vie qui n'a pas de fin. Avec ces sentiments, je donne de tout cśur, à tous, une bénédiction apostolique spéciale.


Ne pas être malade seul.
Il s’agit aussi, pour le personnel soignant, de reconnaître la valeur unique de chacun et de puiser ses énergies dans ce qui donne un sens à son engagement au service des autres.
Enfin, nous qui côtoyons des personnes malades, nous sommes invités à reconnaître la valeur unique de chacune et à identifier ce qui donne un sens fondamental à la vie : Dieu, Source de vie!

 11 février 2010
Avec un peu de chance, les êtres humains passent  plusieurs décennies de leur vie sans trop connaître la souffrance physique. Bien sûr, il y a des exceptions, des accidents, des maladies précoces, contagieuses ou chroniques. Mais en général, nous vivons comme si la santé allait durer toujours. Et c’est normal. Pourquoi s’en faire quand tout va bien?
 
         Quand la maladie survient, la première réaction est de la combattre, de la soulager, de trouver le remède ou le traitement pour guérir. Nous possédons en nous un instinct de vie et de survie qui contredit la maladie. Cet instinct nous pousse à ne pas baisser les bras avant d’avoir tout tenté pour enrayer le mal.
 
         Tôt ou tard, la maladie nous oblige à constater que, loin d’être invincibles,  nous sommes fragiles. Quand elle se conjugue avec l’âge, toute la vie devient difficile. La solitude s’installe souvent. C’est le début de la dépendance envers les autres. L’univers se rétrécit progressivement : sa maison, son appartement, sa chambre.
 
         Plusieurs questions naissent. Pourquoi vieillir? Pourquoi souffrir? Pourquoi, malgré tous les progrès de la science, la maladie aurait-t-elle le dernier mot? Tout cela a-t-il un sens? Pourquoi vivre? Et Dieu? Ces questions demandent à être partagées avec une personne qui accompagnera le ou la malade dans sa recherche de sens.
 
         Cette forme de présence auprès des malades est importante pour nous chrétiens, car elle est une forme de rencontre avec le Christ qui s’identifie avec les personnes qui souffrent. « J’étais malade et vous m’avez visité », rappelle-t-il. (Matthieu 25, 36)
 
         Dans les hôpitaux, un service de pastorale existe pour répondre à ces besoins de l’âme. Cependant, depuis le virage ambulatoire, environ 15% seulement des malades sont soignés dans les institutions de santé. Les autres reçoivent des soins à domicile. C’est la majorité des malades.
 
         Pour faire face à cette situation, une religieuse du diocèse de Montréal a eu l’idée de créer un service d’accompagnement spirituel des personnes malades et des personnes âgées à domicile ainsi que de leurs proches. Ce service est rendu possible grâce au soutien financier de la Fondation Les Amis de Jeanne-Mance et avec la collaboration de centaines de bénévoles.
 
         Mis sur pied au cours des années ‘90, le service rejoint des milliers de personnes malades et/ou âgées. Ainsi l’an dernier, les quelque six cents bénévoles ont effectué plus de 28 600 visites.
 
         La demande vient régulièrement des CLSC et des centres de personnes âgées avec qui nous collaborons. Mais très souvent, les gens sollicitent le service pour eux-mêmes, pour leurs proches, pour leurs patients. On veut simplement parler, être rassuré, prier, communier. N’être plus seul. Confier ses plus grandes angoisses à quelqu’un de neutre.
 
Ainsi cette année, nous prévoyons une augmentation d’environ 8% des demandes. Malheureusement, il manque de bénévoles pour satisfaire tous les besoins exprimés sur le territoire du diocèse de Montréal. Plusieurs personnes doivent attendre.
 
Vous avez peut-être un intérêt pour ce type d’activité? N’hésitez pas à vous informer auprès de la responsable, Sśur Madeleine Saint-Michel (514 925 4300 poste 211). Les bénévoles appartenant au service d’accompagnement spirituel reçoivent une formation d’une quarantaine d’heures leur permettant de soutenir la personne qui consulte, de l’accompagner dans sa solitude et sa souffrance.
 
Aujourd’hui, c’est la journée mondiale des malades. Cette journée vient nous rappeler le besoin de présence à assurer auprès de ceux et celles qui sont aux prises avec la maladie. Dans la tradition chrétienne qui est la nôtre, le soin des malades est bien ancré. À la suite de Jésus se penchant sur ceux et celles qui souffrent, sachons accorder une première place aux personnes malades et/ou âgées.


Journée  mondiale  des  malades
Le  11 février  2010


Une Journée mondiale des malades afin de laisser le cśur brûler d’amour

Depuis plusieurs années, les personnes malades et les personnes âgées à domicile font partie de mes préoccupations. Malheureusement, à cause de mes nombreuses responsabilités, je trouve rarement le temps de visiter ces gens que j’affectionne particulièrement. C’est pour cette raison que je compte sur l’équipe des accompagnateurs/trices du SASMAD Nord (le Service d’accompagnement spirituel des personnes malades et des personnes âgées à domicile de la Région Nord du diocèse catholique de Montréal) pour accomplir ce service qui m’est si précieux.
Un accompagnateur spirituel est un « petit cśur sur deux pattes » qui va visiter d’autres « petits cśurs sur deux pattes » en manque d’énergie. L’image peut paraître simpliste, mais elle traduit bien la réalité. L’acte d’accompagner consiste à choisir d’être un instrument d’amour, un amour gratuit, une chose qui est encore possible au sein d’une société où les valeurs privilégiées sont souvent d’ordre monétaire. L’amour est la seule arme capable de régénérer un monde dominé par l’intérêt. L’image des petits cśurs rappelle les paroles des disciples sur le chemin d’Emmaüs : « Notre cśur n’était-il pas brûlant? » (Lc 24,31).
Lorsqu’on accompagne une autre personne, surtout une personne malade, on lui donne une part de l’amour qui nous habite. Le regretté Roland Leclerc disait souvent : « Le plus grand tour qu’on puisse jouer à quelqu’un est de l’aimer ». Il voyait juste.
Le Dr Patrick Vinay lançait aux participants du colloque 2007 du Centre Le Pèlerin ? (Centre d’accompagnement de la recherche spirituelle) : « Le malade est à la recherche d’un regard d’amour, d’un regard positif, d’un regard vrai. Pour être encore vivant, il veut qu’à l’intérieur de lui ce soit l’homme vivant qui contacte un autre homme vivant. La mort, elle n’est pas là! Elle n’est peut-être pas loin, mais elle n’est pas là ».
Lors de la Journée mondiale des malades qui a lieu le 11 février de chaque année, rappelons-nous que les malades ont un grand besoin de trouver auprès d’eux des cśurs brûlants, des cśurs remplis de l’amour de Dieu. N’hésitons pas à les visiter ou à les référer au SASMAD Nord. Soyez remercié(e)s au nom de Celui qui a dit : « J’étais malade et vous m’avez visité » (Mt 25,36).

Prière pour les malades
et pour les soignants
(Composée par Jean-Paul Allard en 1975)

Dieu notre Père, source de toute vie,
Viens en aide aux malades.
Que disparaisse de leur vie toute puissance du mal
par l'action de ton amour.

Seigneur, donne-leur la force de vivre leur souffrance
avec courage et sérénité, dans la paix et dans la foi.

Toi qui es le Sauveur, donne la Lumière, la Science et la Sagesse
à ceux et celles qui soignent les autres.
Donne-leur l'Amour pour qu'ils trouvent toujours en toi
une douceur, une patience pour les malades qu'ils soignent

Donne-leur la Force pour que le poids de tous
ne vienne pas trop les accabler.

Seigneur, donne-leur la Joie,
la joie d'un sourire donné et reçu,
la joie d'un regard aimant et rassurant,
la joie d'une parole patiente et encourageante,
la joie d'une main bienfaisante et servante,
la joie de se savoir SIGNES de Dieu,
la joie de voir Dieu!
 

Prière

Seigneur, écoute ton peuple quand il crie vers toi, affligé par la maladie et la douleur. Que ceux qui sont en bonne santé te rendent grâce de leur bien-être, Puissent-ils servir ceux qui souffrent avec un coeur aimant et des mains ouvertes. Seigneur, donne-nous de vivre tous dans ta grâce et ta providence et de devenir une communauté de réconciliation où tous ensemble te louent. Amen.


 Prière pour les malades

Ô bonne sainte Anne, tu t’es révélée espérance des malades, mère des infirmes et soutien des affligés. Tu as le secret merveilleux de nous redonner la confiance et le goût de vivre, alors même que la maladie vient assombrir notre horizon.

Redis-nous la fidélité de Dieu. Dans sa tendresse pour les petits, les pauvres, les malades, il est le père qui nous accueille dans ses bras, le bon pasteur qui porte la brebis blessée sur ses épaules, le Dieu compatissant qui réconforte les malades.

Au milieu de nos souffrances et des souffrances de nos êtres chers, donne-nous d’entendre l’invitation pleine d’espérance de ton Petit-Fils Jésus : « Venez à moi, vous tous qui souffrez, et moi je vous soulagerai. »

Bonne sainte Anne, patronne des malades conduis-nous à Celui qui guérit les corps et les cśurs et qui peut rendre fécondes nos souffrances. AMEN

LA PLUS BELLE PRIERE POUR UN MALADE
 
O mon Dieu
Voici ce malade devant toi.
Il est venu te demander
Ce qu'il désire
Et ce qu'il considaire comme le plus important pour lui.
Toi, Au mon Dieu,
Fais entrer dans son coeur ces paroles :
"L'important, c'est la santé de l'âme !"
Seigneur, qu'advienne pour lui
Ta volonté en tout, si tu veux qu'il guérisse,
Que la santé lui soit donné;
Mais si ta volonté est autre,
Qu'il continue a porter sa croix.
Je te prie aussi pour nous,
Qui intercèdons pour lui;
Purifie nos coeurs,
Pour nous rendre dignes de transmettre
Ta sainte miséricorde.
Protège-le et allège sa peine,
Que soit faite en lui ta sainte volonté,
Qu'à  travers lui soit révélé ton Saint Nom,
Aide-le à porter sa croix avec courage."
 
 

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