Le
26 juin 2011: "Fête Dieu" aussi "Fête de St-Sacrement"
Fête
du Corps et du Sang du Christ
"Celui
qui me mange vivra par moi" Jean 6, 57
![]() |
La
Fête-Dieu, appelée aussi Fête du Saint-Sacrement, Corpus
Domini, Corpus Christi est une fête religieuse catholique, mais aussi
anglicane, célébrée le jeudi qui suit la Trinité,
c'est-à-dire soixante jours après Pâques. Actuellement,
le nom officiel de la fête, dans l'Eglise catholique, est «
Solennité du corps et du sang du Christ ». Cette fête
commémore la présence réelle de Jésus-Christ
dans le sacrement de l'Eucharistie, c'est-à-dire sous les espèces
(apparences sensibles) du pain et du vin consacrés au cours du sacrifice
eucharistique (Messe).
Les
origines de la Fête du Corps et du sang du Christ, célébrée
le jeudi après le dimanche de la Sainte-Trinité (en France,
le dimanche suivant, en vertu d'un indult papal), remontent au XIIIe siècle.
L'élévation de l'hostie, lors de la messe, manifestait déjà
le désir de contempler le Saint-Sacrement. Mais l'impulsion décisive
en vue d'une fête spécialement consacrée au Corps et
au sang du Christ fut donnée par sainte Julienne de Cornillon et
la bienheureuse Ève de Liège. Cette fête fut instituée
officiellement le 8 septembre 1264 par le pape Urbain IV.
La
Fête-Dieu est un jour férié dans certains pays catholiques
(Espagne, Croatie, Pologne, Brésil, Colombie, Autriche, Saint-Marin,
Allemagne, cantons suisses catholiques par exemple). En vertu d'une dérogation
prévue par les livres liturgiques dont l'application relève
de l'autorité des évêques et des conférences
épiscopales des pays concernés, elle est reportée
au dimanche qui suit la Sainte-Trinité dans les pays où elle
n'est pas inscrite au nombre des jours chômés (France, Italie
- depuis 1977, etc.)
Origine
L'histoire
de la solennité s'inscrit dans le sillage du débat théologique
suscité par l'hérésie de Bérenger de Tours
qui niait la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie.
Dans la bulle 'transiturus' qui institua la Fête-Dieu, le pape Urbain
IV écrit qu' « il est juste néanmoins, pour confondre
la folie de certains hérétiques, qu'on rappelle la présence
du Christ dans le très Saint-Sacrement ». Les évolutions
de la théologie sacramentelle et son développement dans les
écoles du XIIe siècle et du XIIIe siècle ont été
décisives. Le facteur déterminant qui a permis l'invention
et la réception de la solennité de la Fête-Dieu a surtout
été l'évolution de la religiosité populaire
qui a accompagné ces évolutions théologiques grâce
au développement de la prédication. Ce réveil s'accompagnait
d'un désir de pouvoir contempler l'hostie pendant la messe : c'est
à Paris, vers 1200, que l'existence de ce rite de « l'élévation
», au moment de la consécration, est attestée pour
la première fois.
![]() |
Grandes
figures du XIIIe siècle en lien avec l'Eucharistie
Le
XIIIe siècle est une période féconde pour l'Église
avec les grandes figures de Julienne du Mont-Cornillon, de François
et Claire d'Assise, de Thomas d'Aquin.
Saint
François d'Assise
La
foi de Saint François d'Assise dans le Corps et le Sang du Seigneur
apparaît dans sa Lettre aux fidèles. François rappelle,
en une sorte de credo, l’essentiel du mystère de Jésus :
la place centrale et récapitulative de l’Eucharistie : « Cette
Parole du Père, si digne, si sainte et si glorieuse, le Père
très haut l’envoya du ciel (…) Lui qui fut riche par-dessus tout,
il voulut lui-même dans le monde, avec la très bienheureuse
Vierge, sa mère, choisir la pauvreté. Et près de la
passion, il célébra la Pâque avec ses disciples et,
prenant le pain, il rendit grâces et le bénit et le rompit
en disant : Prenez et mangez, ceci est mon corps (Math. 26, 6)[réf.
nécessaire]. Ici l’Eucharistie apparaît située à
la charnière entre les deux temps forts du mystère du Christ
: sa venue à nous dans le dépouillement de l’incarnation
et son chemin pascal de remise totale entre les mains du Père. Pour
François, incarnation rédemptrice, conversion de vie et réception
de l’Eucharistie sont trois réalités profondément
imbriquées.
Sainte
Claire
Claire
d'Assise (? 1253), également en raison d'un genre d'iconographie
qui a eu un vaste succès à partir du XVIIe siècle,
est souvent représentée l'ostensoir à la main, par
allusion au fait que, déjà très malade, elle se prosternait,
soutenue par deux sœurs, devant le ciboire d'argent contenant l'hostie,
placé devant la porte du réfectoire, où devait s'abattre
la furie des troupes de l'Empereur.
Saint
Thomas d'Aquin
Thomas
d'Aquin (? 1274) a marqué la pensée catholique par son art
de la synthèse, la profondeur de sa réflexion et sa capacité
d'exposition pédagogique de la foi. Il se distingua par sa dévotion
et son amour de l’Eucharistie qu'il célébrait chaque jour
après avoir servi la messe d'un de ses confrères. Quand il
célébrait l’Eucharistie, des larmes coulaient sur ses joues.
Le Christ lui apparaissait pour lui dire qu'il avait bien parlé
de lui au sujet de l'Eucharistie. Il fut chargé par le pape Urbain
IV de rédiger le texte de l'office et de la messe de la nouvelle
solennité promulguée en 1264 par la bulle Transiturus. On
lui attribue donc la rédaction du Pange lingua (adaptée d'hymnes
liturgiques catholiques déjà existantes), le Lauda Sion et
tout le reste des pièces liturgiques latines prescrites par la liturgie
de la fête.
Prémisses
à Liège
700e
anniversaire de la Fête-Dieu à Liège (1946)
C'est
en grande partie à Julienne de Cornillon que l'on doit la Fête-Dieu
: à partir de 1209, elle eut de fréquentes visions mystiques.
Une vision revint à plusieurs reprises, dans laquelle elle vit une
lune échancrée, c'est-à-dire rayonnante de lumière,
mais incomplète, une bande noire la divisant en deux parties égales.
Elle y vit la révélation qu'il manquait une fête dans
l'Église. La fête du saint Sacrement devait être instituée
pour ranimer la foi des fidèles et expier les fautes commises contre
ce Sacrement. À partir de cette période, elle œuvra pour
l'établissement d'une fête solennelle en l'honneur du Très
Saint Sacrement. Elle fut aidée pour cela par la Bienheureuse Ève
de Liège, recluse.
En
1222, Julienne fut élue prieure du Mont-Cornillon et continua les
démarches pour l'instauration de la Fête Dieu, demandant conseil
à d'éminentes personnalités de l'époque, tels
que Jean de Lausanne, chanoine de Saint Martin, Jacques Pantaléon,
archidiacre de Liège et futur Pape Urbain IV, Guy, évêque
de Cambrai, et aussi des théologiens dominicains, dont Hugues de
Saint Cher.
La
fête fut célébrée pour la première fois
par le prince-évêque Robert de Thourotte. Tombé malade
à Fosses, craignant de n'avoir pas le temps de confirmer la fête
à sa principauté, il recommanda l'institution de la fête
au clergé qui l'entourait et en fit célébrer l'office
en sa présence, à Fosses même. Il y mourut, le 16 octobre
1246, sans avoir pu tenir un synode général et y publier
son mandement. Cependant, à partir de 1246, la Fête-Dieu fut
introduite d'abord dans le diocèse de Liège à la Basilique
Saint-Martin de Liège.
Les
bourgeois de Liège s'opposaient à la fête car cela
signifiait un jour de jeûne en plus pour la population et certains
religieux considéraient que telle fête ne méritait
pas pareil budget. L'opposition à la fête devenant plus forte
après 1246, Julienne dut quitter son couvent et passa de monastère
en monastère. Elle trouva refuge en plusieurs abbayes cisterciennes.
Elle
mourut le 5 avril 1258 à Fosses-la-Ville, entre Sambre et Meuse,
et fut inhumée dans l'abbaye cistercienne de Villers-La-Ville.
![]() |
Procession
de l'ostensoir lors de la Fête-Dieu
Le
pape, ancien confesseur de Sainte Julienne de Cornillon, institua alors
à sa demande la fête du Corpus Domini par la bulle "Transiturus
de hoc mundo" le 8 septembre 1264. Il la fixa au jeudi après l’octave
de la Pentecôte et confia la rédaction des textes liturgiques
à Thomas d'Aquin.
La
Fête-Dieu ne fut reçue dans toutes les églises latines
qu'au temps de Clément V, à l'époque du Concile de
Vienne (1311 - 1312) où il renouvela la constitution d'Urbain IV.
L'institution
de cette célébration est contemporaine de l'extirpation de
l'hérésie cathare et vaudoise au bûcher de Montségur,
ces processions dans le midi de la France et dans la vallée du Rhône
ont été l'occasion d'incidents violents du début du
XIVe siècle jusqu'au XVIe siècle inclus.
Cette
fête était autrefois accompagnée en France de processions
publiques où l'hostie sainte était portée en grande
pompe à travers les rues au cours d'une déambulation appelée
procession, entrecoupée de stations et de prières à
des autels provisoires ornés, appelés reposoirs, disposés
le long du parcours. Depuis 1830, ces processions se sont raréfiées[réf.
nécessaire] ; elles sont particulièrement solennisées
à Paris et dans quelques autres grandes villes, ainsi que dans de
nombreux villages ruraux, notamment au Pays Basque où tous les habitants
du village y participent. Les hommes constituent une "garde nationale"
où se mélangent sapeurs, tambour-major et autres soldats
en armes. Les costumes, entièrement fabriqués par les couturières
du village, sont éclatants de couleurs. La troupe défile
ainsi en musique (alternativement chants des hommes, chants des femmes
puis la batterie fanfare) jusqu'à l'église dans un ordre
imposé.
Cette
fête a donné lieu a de nombreux dictons, comme « à
la Saint-Sauveur, les lins sont en fleur » (Anjou), « à
la Saint-Sacrement, l'épi est au froment » ou encore «
tel sacre, tel battre »2. La fête a aussi reçu le nom
de « la Pavillée », en raison du pavillon, ou parasol
liturgique, qui abrite le prêtre portant l'hostie durant la procession.
D'où le dicton qui lui est associé : « Pavillée
mouillée, fenaison manquée ».
![]() |
Tapis
de fleurs et procession de la Fête-Dieu à Spello en Italie,
le 9 juin 2006 Italie
À
Rome, c’est seulement à la fin du XVe siècle, sous Nicolas
V, que l’on commença à célébrer la fête
par une procession de l'Archibasilique Saint-Jean de Latran à la
Basilique Sainte-Marie-Majeure. Pourtant l’actuel tracé de la procession,
le long de la via Merulana, ne fut praticable qu’à partir de 1575,
date de la fin des travaux voulus par Grégoire XIII. La tradition
s’est ensuite maintenue pendant trois siècles. Mais en 1870, année
de la prise de Rome, l’usage est tombé dans l’oubli. C’est Jean-Paul
II qui a relevé la tradition dès sa première année
de pontificat, en 1979.
Les
tapis de fleurs, en italien infiorata, qui décorent le trajet de
la procession entre autres à Bolsena, Genzano di Roma et Spello,
sont une tradition née à Rome dans la première moitié
du XVIIe siècle et particulièrement répandue dans
le Latium et en Ombrie.
Date
de la Fête-Dieu
Nota
: la date de la Fête Dieu est, dans l'Église universelle,
le jeudi après la fête de la Trinité. Mais en France,
depuis le Concordat de 1801, la Fête Dieu est solennisée le
dimanche suivant et non le jeudi pour la majorité des catholiques.
Elle reste cependant attachée au jeudi suivant la Trinité
chez les catholiques de la Petite Église.
![]() |
Procession
de la Fête-Dieu à Tolède : la monstrance. 2007: 7 juin
2008:
22 mai
2009:
11 juin
2010:
3 juin
2011:
23 juin
2012:
7 juin
2013:
30 mai
2014:
19 juin
2015:
4 juin
2016:
26 mai
2017:
15 juin
2018:
31 mai
2019:
20 juin
2020:
11 juin
2021:
3 juin
2022:
16 juin
Jeudi
ou dimanche ?
Cette
fête, appelée aussi Saint-Sacrement par les religieux, a pour
date officielle le dimanche situé 63 jours après Pâques.
Mais est généralement fêtée le jeudi qui précède
(comme en France ou en Suisse, donc 60 jours après Pâques)
selon les pays et les époques. Quelques pays comme les États-Unis
préfèrent conserver la date du dimanche.
Il
existe donc deux modèles similaires selon la date considérée.
Qui s'utilisent de la même façon :
Ce
modèle Comput/Fête-Dieu qui donne la date du jeudi;
L'autre
modèle Comput/Fête-Dieu-Dimanche, qui donne la date du dimanche;
Toute
la documentation sur ces deux modèles n'est indiquée qu'une
seule fois, ici et ci-après.
L'année
doit toujours être passée en paramètre, par exemple
:
{{Comput/Fête-Dieu|2007}}
donnera
la date de la Fête-Dieu en 2005, c'est-à-dire le jeudi 26
mai. On utilisera en général l'une des variables du serveur
: {{PREVIOUSYEAR}}, {{CURRENTYEAR}} ou {{NEXTYEAR}}. (Année précédente,
actuelle ou prochaine.)
Toutefois,
pour une année fixée (non variable), il serait souhaitable
de ne s'en servir qu'en guise de calculatrice puis de dupliquer le résultat
obtenu dans l'article ; plutôt que de faire calculer le serveur à
chaque fois.
Note:
le modèle affiche 1er quand le quantième vaut 1. Par exemple
pour le jeudi de la Fête-Dieu du 1er juin 2051.
La
Fête-Dieu, Fête du Saint-Sacrement ou Corpus Christi a été
instituée officiellement le 8 septembre 1264 par le pape Urbain
IV.
Début
juin, à Aubigny pendant des siècles, la Fête-Dieu constituait
un vrai spectacle féerique:
De
véritables tapis de pétales de roses sont répandus
dans les rues, le reposoir , place du Marché, est pavoisé
à l’aide de draps tendus et de bouquets, ...
La
procession prenait un caractère fastueux avec le prêtre sous
le dais, l’ostensoir doré, la longue file d'enfants de choeur et
les musiciens qui mènent la procession, les bannières et
les chants des fidèles, et les gens aux fenêtres qui font
des signes de croix ou applaudissent.
![]() |
Retour
Index:
Religion
// Accueil
Vous
voulez envoyer cette page à un ami(e)?
cliquez
sur le logo: