"LA FEMME "

Chaque femme est pour un homme,
d'ici ou d'ailleurs,
vetue d'or et de puissance .
ou de poussiere de charbon et de colere.
celle qui regne sur l'empire de ses songes,
le seul, le grand amour,
celui qui rend les autres amours
derisoires, presque ridicules,
la femme, avec" F "
comme fee, comme fete,
comme fantastique, comme fenaison,
comme fumee, comme fantaisie,
comme fureur, comme fantome,
comme frontiere, comme fontaine,
comme feerie, comme folie.

Chaque femme est le point vivant,
mobile, unique et précis,
vers ou convergent tous les sentiments d'un homme,
qui... pour elle goberait les oceans, boirait la cigue ,
abreuverait les pierres ou les oiseaux
de chaque goutte de son sang,
contre un sourire, un regard,
une parole pas forcement audible,
un murmure,
un geste, meme inacheve.
Chaque femme est, a ete ou sera cette brulure
 a rien d'autre comparable,
qui laisse d'invisibles
et ineffacables cicatrices
sur l'ame d'un homme.

On les voit poinçonner des tickets,
distribuer des tracts,
donner des coups de téléphone,
obéir souvent, commander quelquefois,
courir sur des stades,
prostituer leur image pour le compte de la publicité,
allumer des cierges ou des incendies,
la n'est pas l'essentiel.
Toutes, chacune, on ne le répètera jamais assez,
qu'elle l'ignore, l'espère ou le redoute,
est dispensatrice de ce vertige qui s'empare de l'homme
à l'improviste, comme ça.
Tout est changé, cet homme
n'est plus à cette seconde ce qu'il était à la seconde précédente.
Ce doux agneau peut vous tuer sans sourciller,
si vous vous placez entre elle et lui.


Ne souriez pas,
pas un mot déplacé surtout,
je vous le rappelle,
cet homme, touché par cette grâce obscure et flamboyante qui court les rues,
est devenu,
le temps de cet amour,
un fauve, un tueur en puissance,
avec qui, mieux vaut ne pas plaisanter.
Lè, derrière ce rideau,
c'est elle.
Vous la voyez dans les  couloirs du métropolitain,
c'est encore elle,
vous la voyez à bicyclette,
c'est toujours elle,
elle nage, elle danse,
elle relace sa sandale, elle arrive, elle part,
traverse, elle prend l'avion, elle nage, elle répond a vos
questions, elle prend note, elle vous rappellera,
elle est absente.


Elle est pharmacienne, couturiere, danseuse,
femme de menage, femme de manège,
mais il l'aime, vous l'entendez?
Ca ne s'explique pas.
Passez votre chemin, n'essayez pas
de lui faire comprendre qu'elle est de plein droit  a un autre,
il n'y a rien a comprendre, sa patrie est là
où ce coeur bat, où cette jambe vole, où cette hanche pivote sur elle-même.
Chaque femme est le sujet d'un extraordinaire roman,
d'un pathétique roman, qu'elle le sache ou qu'elle l'ignore,
qu'elle le redoute ou l'espère, il en est ainsi.
Elle est couverte de regards.
Pour celui-ci qui s'interesse à celle-là,
aucune autre n'existe, toutes sont de trop,
des figurantes, des femmes pour rire,
comme on en voit sur les écrans.
Celle-la est sa femme pour pleurer sur l'oreiller.

Théatre, escorte d'ombre et de soleil,
chaque femme est l'héroine
d'un chef-d'oeuvre qu'il suffirait d'écrire.

 

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