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"LHistoire du timbre de Noel"
L'Histoire
du Timbre de Noël
Par une nuit de décembre, en 1903, où la tempête faisait rage en banlieue de Copenhague au Danemark, un postier nommé Einar Holboell triait le courrier de Noël. Se frayant un chemin à travers les sacs postaux, Einar se rendit à la fenêtre pour jeter un coup d'œil dehors. À ce moment précis passaient par là deux pauvres petits êtres abandonnés, un petit garçon et une fillette en lambeaux. Il put à peine les entrevoir avant qu'ils ne disparaissent dans la tempête. Le cœur lourd, Einar Holhoell retourna à son travail. Mais pendant que lettres et colis lui passaient entre les mains, l'image des petits enfants abandonnés le hantait. Le contraste entre la joie qu'apportait le courrier et le désarroi de ces êtres sans défense le troublait profondément. Soudain, une idée lui vint à l'esprit. Supposons, se dit-il, que chaque lettre ou colis porte un timbre supplémentaire, et que l'argent provenant de la vente de ces dizaines de milliers de timbres serve à aider les enfants défavorisés. Quelle bénédiction ce serait pour eux! Conscient du volume énorme de courrier qui lui passait entre les mains, il pouvait s'imaginer les sommes considérables d'argent qui pourraient être ainsi recueillies sans qu'il en coûte beaucoup à chacun. Bien
souvent, des idées qui nous semblent lumineuses le soir perdent
beaucoup de leur éclat au matin. Mais même dans la lueur blafarde
du lendemain, l'idée d'Einar semblait toujours aussi brillante.
Il décida donc d'en parler à ses camarades de travail.
Une fois terminé le surcroît de travail du temps de Noël, les postiers se mirent à l'œuvre. Ils réglèrent les moindres détails, puis se rendirent présenter leur projet au roi. Le roi Christian adopta leur idée avec enthousiasme, y proposant même une amélioration : la première émission de timbres porterait l'effigie de la reine Louise, pour montrer au peuple que le couple royal appuyait pleinement cette initiative. Comme ils jouissaient d'une grande popularité auprès de leurs sujets, leur aide était des plus accueillies. Il
restait toutefois à déterminer la meilleure façon
d'aider les enfants infortunés et à décider quels
étaient ceux qui en avaient le plus grand besoin. C'est alors qu'on
découvrit que les plus défavorisés de tous étaient
sans doute les centaines, voire les milliers, qui souffraient de tuberculose
osseuse.
Les
deux pays voisins du Danemark, la Norvège et la Suède, furent
les premiers à se rendre compte de la puissance que détenait
le peuple dans la lutte contre la tuberculose; l'année suivante,
ils mirent en vente des timbres de Noël, expliquant à la population
que chaque citoyen, et non plus seulement les médecins et les infirmières,
pouvait ainsi participer à la lutte. C'est avec joie qu'on se rendit
compte que les Norvégiens et les Suédois étaient prêts,
eux aussi, à combattre la tuberculose grâce aux timbres de
Noël.
Mlle Bissell se rappela alors un article de revue que lui avait envoyé Jacob Riss, un Américain d'origine danoise, au sujet du moyen que les Danois avaient adopté pour lutter contre la tuberculose, en achetant des timbres pour décorer leurs lettres et leurs colis de Noël. Mlle Bissell résolut donc de tenter pareille démarche auprès des Américains pour sauver le petit sanatorium. Un
ami artiste l'aida à dessiner un timbre - simple couronne de houx
du rouge le plus vif que l'imprimeur put trouver. Deux femmes auxquelles
l'idée plaisait lui firent chacune un don de 20 $ et un imprimeur
bienveillant, Charles Storey, accepta cet acompte pour imprimer les timbres.
Les progrès de la campagne étaient si lents qu'il devint évident que jamais les 300 $ nécessaires ne seraient recueillis à temps pour empêcher la fermeture du sanatorium. Mlle Bissell décida alors d'essayer autre chose. Elle se rendit à Philadelphie pour plaider la cause de son oeuvre auprès du directeur des nouvelles d'un grand quotidien, le North American. Ce dernier refusa catégoriquement sa collaboration. Complètement découragée, Mlle Bissell s'arrêta néanmoins pour féliciter un jeune chroniqueur, Leigh Mitchell Hodges, de sa chronique intitulée " L'optimiste ". Se
rendant compte que Mlle Bissell venait de Wilmington, M. Hodges lui demanda
la raison de son voyage à Philadelphie. Malgré toutes les
rebuffades déjà reçues, Mlle Bissell lui montra avec
un peu d'hésitation une feuille de timbres et lui expliqua ce qu'elle
avait tenté d'accomplir.
Le
premier timbre de la thématique
Le premier timbre de Noël fut un timbre canadien émis en décembre 1898 et tiré à 20 millions d'exemplaires. L'administration postale canadienne abaissa le tarif postal pour la lettre à destination des pays et colonies de l'Empire britannique, le passant de 3 à 2 pence. Les vignettes de Noël Dans plusieurs pays, leur administration postale émet chaque année des vignettes de Noël sans pouvoir d'affranchissement. Elles sont cependant populaires parmi la population. En
Scandinavie, ces vignettes sont ainsi vendues par feuilles entières
de quelques dizaines d'exemplaires. Elles représentent des flocons
de neige, des anges, etc.
Danemark Elles sont inventées en 1904 par le postier danois Einar Holboell : il propose de vendre des vignettes de Noël à coller sur les enveloppes afin de collecter de quoi financer les programmes contre la tuberculose. L'idée est acceptée par le Maître des postes et le roi Christian IX. La première vignette représente un portrait de la reine ; elle a été vendue à 4 millions d'exemplaires. La
princesse Margrethe (future reine Margrethe II), dessina les vignettes
en 1970 : la feuille de 50 représente un château aux couleurs
pastel peuplé d'anges. Dans ce pays, leur vente permet de financer
une association d'aide aux enfants malades.
États-Unis Vignette de 1925 Ces vignettes de bienfaisance sont connus sous le nom de Christmas Seals. Elles sont introduites aux États-Unis par Emily Bissell en 1907 après la lecture d'un article du journaliste d'origine danoise Jacob Riis. Elle aide ainsi à financer un sanatorium dans le Delaware. En 1908, le projet devient un programme national avec la participation de la National Association for the Study and Prevention of Tubercolis (NASPT, association nationale d'étude et de prévention de la tuberculose) et du comité nationale de la Croix-Rouge : les vignettes vendues 1 cent sont alors vendues dans les bureaux de poste du Delaware. En
1920, la NASPT reste seule à percevoir le produit de la vente de
ces vignettes (elle porta le nom de National Tubercolis Association, puis
de American lung Association depuis 1973). Actuellement, elle partage ce
produit avec d'autres associations participant à la lutte contre
les maladies pulmonaires.
En France, depuis 1952, La Poste émet des timbres de bienfaisance dont la surtaxe est reversée à la Croix-Rouge. Ils sont émis en feuille et en carnet en fin d'année. Les thèmes d'illustration sont tantôt des œuvres d'art d'inspiration chrétienne (tableau de Vierge à l'enfant), tantôt des illustrations festives (peluche, Père Noël, etc.). Depuis
1996, La Poste émet également des timbres « Meilleurs
vœux » sans surtaxe. Ils accompagnent l'émission de timbres
à message (« joyeux anniversaire », « félicitations »,...).
En 2003 et 2004, le timbre de vœu « Rouge-gorge » provoqua
une vague de spéculation car une version en bloc-feuillet avait
été émis discrètement par La Poste, et vendue
avec une carte de vœu.
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