"Journée de la maltraitance des des personnes âgées"
le 15 juin

"Les personnes âgées vous serrent longuement la main comme pour mieux s'accrocher à l'existence."
  [Jacques Canut]



15 juin 2015,
 9e journée sur la maltraitance aux personnes âgées

La maltraitance des personnes âgées est un phénomène qui affecte les droits de la santé de millions de personnes âgées à travers le monde, et mérite l'attention de la communauté internationale.

L'Assemblée générale, dans sa résolution 66/127, a désigné le 15 juin Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées. Il représente le seul jour de l'année où le monde entier exprime son opposition à l'abus et aux souffrances infligées aux générations plus âgées.

Le 15 juin prochain, portez du mauve!

Démontrez que vous avez le souci de mettre un terme à la maltraitance envers les personnes aînées.

La date du 15 juin a été déclarée Journée mondiale de lutte contre la maltraitance envers les personnes aînées. Cette journée a été lancée en 2006 par le Réseau international de prévention contre la maltraitance des personnes âgées pour donner suite au Plan d’action international sur le vieillissement des Nations Unies, adopté à Madrid en avril 2002. Cette journée est une des excellentes opportunités de partager des informations sur les liens et multiples facettes des abus et négligences envers les personnes aînées. C’est l’occasion de se retrouver et reconnaître les nombreux efforts locaux et régionaux faits pour s’attaquer au problème. C’est aussi une chance pour parler d’une seule voix sur ce sujet important. (Réseau international de prévention contre la maltraitance des personnes âgées)
Pour souligner l’événement, le Secrétariat aux Aînés met sur pied une Campagne nationale du ruban mauve 2014. Des milliers de ces rubans seront distribués auprès des personnes aînées et aussi auprès de différents acteurs qui ont à cœur cette lutte à la maltraitance, et ce, dans toutes les régions du Québec. Faute de porter le ruban mauve, vous êtes invités à porter un vêtement ou un accessoire de couleur mauve durant cette journée.

Dans le cadre dela nouvelle entente 2012-2017 de soutien financier entre la TRCAL et le Ministre responsable des aînés (ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec) signée en août 2012, voici les cinq mandats de la TRCAL:
1.      Représenter la diversité des personnes aînées de la région par sa composition en tenant compte des instances concernées par les aînés et les territoires de la région et soutenir la concertation régionale vers l’atteinte d’objectifs communs.
2.    Contribuer à la prise de décisions sur le plan régional en ce qui concerne les personnes aînées en tenant en compte des réalités locales et agir de manière à favoriser l’harmonisation des actions.
3.    Agir en région comme relayeur d’information concernant l’existence des politiques et des programmes gouvernementaux qui touchent les personnes aînées, auprès des organismes qui regroupent ou offrent des services aux aînés de sa région.
4.    Transmettre au MINISTRE l’information et les avis susceptibles d’améliorer la qualité de vie des aînés de sa région, de favoriser leur participation et leur intégration dans la communauté, de promouvoir la solidarité entre les générations, de faciliter l’ouverture au pluralisme et au rapprochement interculturel.  La TRCAL devra en informer préalablement la Conférence des tables régionales de concertation des aînés du Québec.
5.    Reconnaître et valoriser l’implication des bénévoles qui interviennent auprès des aînés.

Entre 1995 et 2025, le nombre des plus de 60 ans dans le monde devrait au moins doubler, passant de 542 millions à quelque 1,2 milliard. On estime entre 4 et 6% le pourcentage des personnes âgées qui ont connu une forme ou une autre de maltraitance à domicile. La maltraitance des personnes âgées peut entraîner de graves traumatismes physiques et avoir des conséquences psychologiques à long terme. Il s’agit d’un problème qui risque de s’accroître compte tenu du vieillissement rapide de la population dans de nombreux pays.

La maltraitance des personnes âgées est un phénomène qui affecte les droits de la santé de millions de personnes âgées à travers le monde, et mérite l'attention de la communauté internationale.

L'Assemblée générale, dans sa résolution 66/127, a désigné le 15 juin Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées. Il représente le seul jour de l'année où le monde entier exprime son opposition à l'abus et aux souffrances infligées aux générations plus âgées


Qu’est-ce que la maltraitance des personnes âgées?

Par maltraitance des personnes âgées, on entend « un acte unique ou répété, ou l’absence d’intervention appropriée, dans le cadre d’une relation censée être une relation de confiance, qui entraîne des blessures ou une détresse morale pour la personne âgée qui en est victime ». La maltraitance des personnes âgées peut prendre diverses formes telles que les violences physiques, psychologiques ou morales, sexuelles et financières. Elle peut aussi résulter d’une négligence volontaire ou involontaire.

Dans de nombreuses régions du monde, la maltraitance des personnes âgées est un problème peu reconnu dont on ne se préoccupe que rarement. Jusqu’à il y a peu, ce grave problème social était absent de la scène publique et considéré essentiellement comme une affaire privée. Encore aujourd’hui, la maltraitance des personnes âgées reste tabou, largement sous estimée et ignorée des sociétés du monde entier. Toutefois, les données factuelles s’accumulent, et indiquent que la maltraitance des personnes âgées est un important problème de santé publique et un problème de société.

Le problème de la maltraitance des personnes existe à la fois dans les pays en développement et dans les pays développés bien qu’il soit généralement sous-estimé à l’échelle mondiale. Les taux de prévalence ou estimations n’existent que dans certains pays développés – ils s’échelonnent entre 1 et 10%. Bien que l’ampleur de la maltraitance des personnes âgées soit inconnue, son importance sociale et morale est évidente. En tant que telle, elle appelle une réaction mondiale dont les facettes seront multiples et qui mettra l’accent sur la protection des droits des personnes âgées.

À l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées, la ministre responsable des Aînés Marguerite Blais a dressé un bilan positif de la deuxième année de mise en oeuvre du Plan d'action gouvernemental pour contrer la maltratance envers les personnes aînées 2010-2015. Dans le cadre de la politique gouvernementale Vieillir et vivre ensemble, chez soi, dans sa communauté, au Québec le plan d'action 2010-2015 sera poursuivi jusqu'en 2017, l'enveloppe initiale passant ainsi de 20 à 28 millions de dollars.

Pour rappel, ce plan d'action se déclinait en une quarantaire de mesure dont:

Aujourd’hui, la société occidentale s’inquiète des abus adressés aux personnes âgées. L’intérêt pour cette problématique en Europe croît depuis une quinzaine d’années.
La journée a pour but de sensibiliser l'opinion publique sur un phénomène inacceptable et tabou dans notre société, un fléau qu'il faut ensemble condamner, la maltraitance des personnes âgées.
Les victimes
Selon l'Alma (association d'écoute aux victimes), les personnes les plus fragiles, en majorité des femmes (75%), plutôt âgées (en moyenne 79 ans) vulnérables, incapables de se défendre ou de réagir sont des victimes désignées (elles sont souvent dépendantes).

Les maltraitants
Même s'il est difficile de distinguer clairement les divers aspects de la maltraitance, physiques, psychologiques ou financiers, les petits frères des Pauvres qui accompagnent près de 8000 personnes dans l'Hexagone, se préoccupent particulièrement des maltraitances financières, car bien des actes de malveillance et des violences physiques sont motivés par des intérêts matériels. Ils sont souvent d'origine familiale et proviennent aussi de l'entourage non familial de la personne à domicile ou en institution (le voisinage, les personnels soignants, les démarcheurs…). Ces malveillances financières sont souvent des actes à la limite de la légalité, discrets et invisibles, qui passent parfois inaperçus aux yeux des victimes âgées elles mêmes qui peuvent ne pas être en pleine possession de tous leurs moyens.
Dans les établissements d'accueil des personnes âgées, les maltraitances sont souvent la conséquence d'un manque de personnel et de moyens. Cette situation est inadmissible de la part de lieux de vie où les personnes doivent évoluer dans un environnement professionnel, apportant soins, sérénité et protection. Des maltraitances civiques (atteinte aux droits des personnes) sont également constatées dans les établissements.
 
Cet article est une ébauche concernant le droit et la santé.
Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.La maltraitance des personnes âgées est un ensemble de comportements ou d'attitudes, uniques ou répétées, concernant les personnes âgées dans le cadre d'une relation de confiance ou de dépendance et qui peut causer la détresse ou des blessures à ces personnes. La maltraitance peut être de type physique, moral, financier, sexuel ou plus simplement de la négligence.

À titre de ministre d'État aux Aînés, je sais que les aînés ont travaillé à la sueur de leur front pour construire ce pays, et cela m'attriste lorsque j'entends raconter que des Canadiens âgés ont été victimes d'exploitation sous quelque forme que ce soit.
Toute personne âgée peut être exposée à l'exploitation financière et à la fraude, deux problèmes graves. Ce type d'exploitation représente le principal crime dont sont victimes les Canadiens âgés. Utiliser illégalement ou sans autorisation l'argent ou les biens d'un aîné ou pousser un aîné à modifier son testament sont des exemples d'activités d'exploitation financière.
Comme vous le savez, ce gouvernement s'est donné comme priorité d'assurer la sécurité de toute la population canadienne. Mars marque le Mois de la prévention de la fraude et j'encourage tout le monde à prendre le temps de se familiariser avec les signes d'exploitation financière et de fraude. Reconnaître les signes avant-coureurs constitue la première étape pour se protéger.
Il se peut que vous ayez vu la campagne publicitaire nationale sur les mauvais traitements envers les aînés dont un volet porte sur l'exploitation financière.
Cette campagne aide l'ensemble de la population canadienne à reconnaître les signes et les symptômes de toutes les formes de mauvais traitements infligés aux aînés et fournit de l'information importante sur l'aide offerte.
Toutes les formes de mauvais traitements envers les aînés, y compris l'exploitation financière et la fraude, sont inacceptables et ne devraient pas être tolérées.
 
La maltraitance ou les mauvais traitements infligés à des personnes âgées, particulièrement vulnérables et dépendantes, existent et doivent être signalés par quiconque en a eu connaissance.
Familiale ou institutionnelle, la maltraitance s'entend de toutes formes de violences et de négligences, associées ou non, notamment physiques, morales et psychologiques, médicamenteuses, financières, négligence active (l'enfermement...) ou passive (absence d'aide à l'alimentation...), violation des droits civiques (atteintes aux libertés et droits fondamentaux des personnes).
Il en est de même du délaissement en un lieu quelconque, d'une personne qui n'est pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son état physique ou psychique.
L'état de péril, assimilé également à de la maltraitance, est un état dangereux ou une situation critique qui fait craindre de graves conséquences pour la personne qui y est exposée et qui risque, selon les circonstances, soit de perdre la vie, soit des atteintes corporelles graves.

Signalement de cas de maltraitance
Ce sont souvent les proches qui alertent les autorités mais aussi les personnes âgées elles-mêmes et les professionnels.
Les personnes tenues au secret professionnel ne sont pas soumises à l'obligation de signalement, comme les médecins, mais elles peuvent néanmoins être poursuivies pénalement pour non assistance à personne en état de péril.
La levée du secret professionnel est autorisée pour informer les autorités compétentes des sévices ou privations imposés à une personne hors d'état de se protéger elle-même en raison de son âge ou de son état physique ou psychique.
Lorsqu'un médecin discerne qu'une personne est victime de sévices ou de privations, il doit mettre en oeuvre les moyens les plus adéquats pour la protéger.
Le signalement aux autorités judiciaires, médicales ou administratives reste facultatif, mais en règle générale le médecin ne doit pas hésiter à les alerter sauf circonstances particulières qu'il apprécie en conscience.


Définition internationale
Le Conseil de l’Europe donne une définition de la maltraitance dès 1990 :

« Tout acte ou omission commis dans le cadre de la famille par un de ses membres, lequel porte atteinte à la vie, à l’intégrité corporelle ou psychique, ou à la liberté d’un autre membre de la famille ou qui compromet gravement le développement de sa personnalité et/ou nuit à sa sécurité financière. »
Selon la classification du Conseil de l’Europe 1992, on distingue :

 les violences physiques : coups, brûlures, ligotage, soins brusques sans information ou préparation, non-satisfaction des demandes pour des besoins physiologiques, violences sexuelles, meurtre dont euthanasie ;
 les violences psychiques ou morales : langage irrespectueux ou dévalorisant, absence de considération, chantages, abus d'autorité, comportements d'infantilisation, non-respect de l'intimité, injonctions paradoxales ;
les violences matérielles et financières : vols, exigences de pourboire, escroqueries diverses, locaux inadaptés ;
 les violences médicales ou médicamenteuses : manque de soins de base, non-information sur les traitements ou les soins, abus de traitement sédatif ou neuroleptique, défaut de soins de rééducation, non-prise en compte de la douleur ;
 les négligences actives : toutes formes de sévices, abus, abandons, manquements pratiqués avec l'intention de nuire ;
 les négligences passives : relevant de l'ignorance, de l'inattention de l'entourage ;
 la privation ou la violation des droits : limitation de la liberté de la personne, privation de l'exercice des droits civiques, d'une pratique religieuse.
 la maltraitance civique : cette catégorie concerne la violation des droits élémentaires du citoyen
( détournement de procuration, privation de papiers d'identité, enfermement)

Les différentes situations
La maltraitance peut survenir aussi bien au domicile de la personne âgée qu'en institutions et émaner des professionnels comme de l'entourage. De plus, les victimes le plus souvent se taisent (sentiment de honte, peur de représailles éventuelles). Il est donc aujourd'hui malaisé de quantifier réellement le problème.

La maltraitance au domicile
Dans le cadre de la maltraitance au domicile, les facteurs de risque d'apparition de la maltraitance sont liés :
 à la personne âgée (selon le degré de dépendance physique ou psychique, les états démentiels, la situation financière, ou encore l'isolement social) ;
 à la situation familiale au sein de laquelle la personne âgée évolue (alcoolisme, toxicomanie, problèmes financiers, fragilité psychologique, antécédents de violence familiale ou encore épuisement physique et nerveux des parents qui s'occupent de la personne âgée) ;
 à l'infrastructure du lieu de vie (locaux trop exigus ou non adaptés au degré de dépendance de la personne âgée, isolement géographique).

La maltraitance en institutionsr
La maltraitance en institutions apparaît souvent comme le symptôme de lacunes institutionnelles graves. En effet, une institution qui n'a pas de démarche active de bientraitance court le risque de voir survenir en son sein des maltraitances de différentes sortes. Comme l'indique Éliane Corbet, docteur en psychopédagogie, il existe« une violence faite à un usager dès lors qu'une institution ne remplit pas ou plus sa mission à son égard, dès que la qualité de son accueil n'est plus garantie, dès que les intérêts de l'institution priment sur ceux de l'usager accueilli. »
« Chaque année en France des dizaines de milliers de cas de maltraitance rythment encore la vie des maisons de retraite. Officiellement, seuls 5 % des 10 500 établissements feraient l'objet de signalements. Cela concernerait tout de même plus de 32 000 pensionnaires, victimes potentielles de pratiques allant de la privation de nourriture aux coups et blessures. »
En réalité, selon les professionnels du secteur (associations de familles de résidents FNAPAEF , syndicats de directeurs AD-PA et associations de lutte AFPAP), 70 % des maisons de retraite seraient maltraitantes. Il s'agirait de maltraitances passives dons les conséquences sont dramatiques et souvent tragiques pour les personnes âgées. Ces maltraitances sont rarement détectés et souvent minimisées par les autorités et les familles.

Qui alerter ?
Les professionnels de santé agissant pour le compte de la justice doivent référer à l'autorité judiciaire les sévices constatés dans l'exercice de leur profession.

Les autorités judiciaires à saisir sont le Procureur de la République ou son substitut.
Les autorités administratives s'entendent du préfet du département, du directeur départemental chargé des affaires sanitaires et sociales ou du médecin inspecteur de la santé, des travailleurs sociaux qui en informent sans délai le président du conseil général ou toute personne désignée par lui.
Le médecin n'est tenu qu'au signalement des faits constatés. Il ne dénonce pas leur auteur.
 

(SHERBROOKE) Grâce à la création d'une chaire sur la maltraitance des aînés à l'Université de Sherbrooke, les chercheurs et les praticiens seront mieux outillés afin de prévenir ce phénomène.
Les recherches permettront aussi d'améliorer les interventions susceptibles d'aider les personnes âgées maltraitées.

Pour Marie Beaulieu, professeur en service social à l'Université de Sherbrooke et chercheuse au Centre de recherche sur le vieillissement, le dévoilement de ce plan s'avère l'aboutissement d'un long travail. Mme Beaulieu a travaillé à l'élaboration de ce plan pendant deux ans à titre de conseillère scientifique du gouvernement.  

Une ligne téléphonique qui offrira un service d'écoute et de référence aux aînés victimes de maltraitance sera lancée à l'automne au Québec. Une vaste campagne de sensibilisation, mettant en vedette l'humoriste Yvon Deschamps, sera aussi diffusée «pour que la population arrête de se mettre la tête dans le sable» et réalise que des milliers de personnes âgées sont chaque année victimes de sévices, selon la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais.

De passage lundi à Montréal, la ministre Blais a présenté son Plan d'action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées, doté d'un budget de 20 millions en 5 ans. «De 4 à 7% des personnes âgées canadiennes sont violentées ou négligées au Canada. Mais ce ne serait que la pointe de l'iceberg», a déclaré Mme Blais, qui estime que la maltraitance des aînés est «un sujet encore tabou au Québec».Un numéro pour informer

Ayant pour slogan «Soutenons, aimons, agissons», la campagne publicitaire du gouvernement parlera de maltraitance et présentera le numéro 1-800 de la nouvelle ligne d'écoute et de référence.

Le CSSS Cavendish, qui dispose déjà d'une ligne d'écoute pour les aînés, pilotera le lancement de ce nouveau service. Plusieurs personnes seront engagées pour répondre aux appels. «Les personnes qui nous appelleront seront écoutées et dirigées dans leur région vers les services adéquats», explique la directrice générale du CSSS Cavendish, Francine Dupuis.
 

Mme Dupuis reconnaît que les CSSS du Québec ne recevront pas d'argent afin engager plus d'intervenants pour répondre aux aînés de la ligne d'écoute. «Nous utiliserons la main-d'oeuvre déjà présente dans le réseau», affirme-t-elle.

Étant donné la pénurie de ressources humaines en santé, n'y a-t-il pas un risque que plusieurs aînés victimes de sévices n'aboutissent sur une longue liste d'attente? «Tout sera traité selon la priorité. Si on parle de violence, les aînés seront vus rapidement, assure Mme Dupuis. (...) Et ce n'est pas parce qu'on est en restriction de ressources qu'il faut ne rien faire. Mieux vaut commencer avec ce qu'on peut.»

Parmi les autres mesures contenues dans le Plan d'action, le gouvernement créera une chaire de recherche pour contrer la maltraitance des aînés à l'Université de Sherbrooke. Des coordonnateurs régionaux ayant pour mission d'identifier les différents services offerts aux aînés et de détecter les lacunes à ce sujet seront formés. Le Plan prévoit aussi obliger les résidences privées pour aînés à déclarer tout incident ou accident survenu dans leurs murs.


Accueil chaleureux

Plusieurs organismes d'aînés ont salué le Plan de la ministre Blais. La présidente de l'Association des retraitées et retraités de l'éducation (AREQ), Mariette Gélinas, a souligné que la plupart des aînés victimes de maltraitance n'osent pas dénoncer les responsables puisque les sévices proviennent souvent d'un proche. «La campagne de sensibilisation va aider», estime-t-elle.

La porte-parole de l'opposition officielle en matière d'aînés, Lisette Lapointe, salue quant à elle l'arrivée du Plan d'action. Elle est particulièrement satisfaite du fait que Québec compte forcer les résidences privées à déclarer tout incident ou accident. «Mais je reste inquiète du fait que le Plan ne prévoit rien pour les ressources intermédiaires. Je m'inquiète aussi des coupes faites dans l'aide sociale pour inciter certains aînés à retourner sur le marché du travail. Je crains qu'on n'appauvrisse ces gens-là», dit Mme Lapointe.

 

J’imagine que vous avez eu l’occasion de voir la nouvelle publicité diffusée depuis le 3 octobre et mettant en vedette Yvon Deschamps, accoudé au comptoir d’un café et s’adressant directement à la caméra. Si vous l’avez vue, vous serez certainement d’accord avec moi: contrairement à ce que l’on attend généralement de la part de M. Deschamps, cette publicité n’est absolument pas rigolote.
Non, cette fois, notre comique national ne rit pas. En prêtant sa voix à la nouvelle campagne publicitaire gouvernementale pour la prévention de la maltraitance envers les aînés, il s’attaque à l’ignorance de la majorité qui garde cachées ces situations génératrices de tant de souffrance.
«Non mais, sérieusement, la maltraitance envers les aînés, c’est pas drôle du tout. Pis c’est pas parce que la majorité des gens comme moi savent pas que ça existe que ça fait moins mal». Dans des mots simples et clairs, l’humoriste de 75 ans parle enfin tout haut de ce qui est trop souvent vécu dans le plus grand silence.
Il me semble qu’il aurait été difficile de trouver un meilleur porte-parole qu’Yvon Deschamps pour cette cause. Quand l’humoriste adoré devient sérieux et grave, on a juste envie d’écouter. Par contraste des genres, le message devient tellement «punché» qu’il n’a pas le choix de passer.
Et faire passer un message comme celui-là, c’est un travail de longue haleine. Prenons l’exemple du combat mené pour ouvrir les yeux de la population sur la violence conjugale ou parentale. Évidemment, le combat n’est pas gagné et il y a encore beaucoup trop de situations de violence familiale qui perdurent.
Toutefois, le travail de sensibilisation qui s’est fait depuis 10, 20 ou 25 ans a fait en sorte d’établir sans l’ombre d’un doute le caractère odieux de ce genre de situations familiales et la nécessité d’en sortir. Les témoins sont eux aussi grandement sensibilisés.
Éveiller les consciences
Le parcours sera peut-être un peu semblable pour la question de la maltraitance faite à l’endroit des aînés. Ce qui était inconnu et tabou il y a encore peu de temps commence peu à peu à faire jaser. Et c’est en éveillant les consciences qu’on arrive progressivement à sortir les victimes de leur mutisme et à rendre leur entourage plus réceptif.
Rappelons donc les coordonnées de la ligne téléphonique Aide Abus Aînés, mise en place le 1er octobre dernier par le ministère de la Famille et des Aînés. Il s’agit d’une ligne de référence gratuite, accessible partout au Québec. La ligne est en fonction tous les jours de 8 à 20 heures au numéro suivant: 1-888-489-ABUS (2287).
En téléphonant à la ligne Aide Abus Aînés, les victimes, membres de la famille, intervenants ou témoins de situations de maltraitance, pourront obtenir de l’aide et être dirigés par des professionnels vers les ressources appropriées.
Pour nous joindre: Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées (AQDR), tél: 450 357-9545, courriel: projet.aqdrhr@live.ca
 

En vue de prévenir la perpétration d’abus à leur égard et de favoriser leur mieux-être, une action des plus courageuses du gouvernement du Québec a été prise pour lutter contre la maltraitance envers les personnes âgées, un sujet ô combien tabou! Un plan d’action gouvernemental québécois pour une durée de 5 ans a été lancé et une chaire de recherche sur la maltraitance des aînés, la première en son genre, a été créée.

Le Canada est reconnu à l’échelle mondiale en matière de lutte contre la maltraitance et les abus envers les personnes âgées. Nous parlions et parlons encore davantage aujourd’hui  dans les médias, de maltraitance et de violence envers les femmes, les jeunes et les enfants mais peu de celle des aînés. Le Plan d’action gouvernemental pourlutter contre la maltraitance envers les personnes aînées 2010-2015 , s’inscrit dans la même lignée que la lutte contrela violence envers les femmes et la maltraitance des enfants. La maltraitance des personnes âgées est un phénomène confiné dans les mémoires et soigneusement caché, souvent non divulgué.  Pourcontrer ce phénomène, différentes politiques et mesures ont été mises en place par le gouvernement du Québec. En 2007, lors d’une consultation publique sur les conditions de vie des aînés, madame Marguerite Blais, ministre des aînés a mentionné qu’elle a été “sensibilisée par le témoignage de plus de 4000 personnes de l’existence de la maltraitance envers les aînés ainsi que de la souffrance engendrée chez celles et ceux qui la vivent”. Depuis, pour combattre ce fléau,un vaste réseau de programmes et de services a été consacré aux aînés. Sans l’intention de  culpabiliser ou de faire la chasse aux sorcières comme le dit l’adage, la politique en matière de lutte contre la maltraitance des aînés a été axée avant tout sur la discussion, l’information et la mobilisation.

Pourrions-nous circonscrire et définir la maltraitance envers nos aînés?

Un sondage sur les perceptions des québécois et québécoises quant à la maltraitance envers les personnes aînéesa été fait par le ministère de la famille et des aînés en décembre 2010. Le sondage nous apprend qu’il y aurait place à l’amélioration des connaissances de la population à l’égard de certains aspects de la problématique de la maltraitance envers les personnes aînées. Au terme des cinq années de mise en œuvre du plan d’action 2010-2015, un deuxième sondage est prévu. Il permettra de voir l’évolution des perceptions des québécois et des québécoises quant à la maltraitance envers les personnes aînées et de faire un bilan des efforts produits en matière de sensibilisation et de mobilisation.

Les maltraitances envers les personnes âgées ont été décrites pour la première fois dans des revues scientifiques britanniques en 1975 sous l’expression « granny battering », violence envers les grands-mères.Le Congrès des États Unis a été le premier à s’être saisi du problème de la maltraitance des personnes âgées d’un point de vue politique et social. Dans les années 80, le Canada, l’Europe du Nord, l’Australie et la Chine lui ont emboîté le pas.

En 1989, plusieurs formes de violences ont été décrites par violence info (Canada) fondé sous le nom de Stop Info Violence et, en 1990, l’organisme a changé de nom pour devenir Violence Info qui répartit la violence en six catégories : « la violence psychologique, économique, physique, sexuelle, l’abus de droit et la négligence». Ne pas négliger la violence verbale, quoi qu’elle puisse se faire de personnel à patient ou de patient à personnel.

Dès 1990 le conseil de l’Europe avait donné une définition de la maltraitance: « Tout acte ou omission commis dans le cadre de la famille par un de ses membres, lequel porte atteinte à la vie, à l’intégrité corporelle ou psychique, ou à la liberté d’un autre membre de la famille ou qui compromet gravement le développement de sa personnalité et/ou nuit à sa sécurité financière».

En 1996, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté la résolution WHA 49.25, déclarant la violence problème de santé publique et priant les États membres d’en évaluer l’étendue et l’OMS d’entreprendre des activités de santé publique pour lutter contre celle-ci.

En France la question de la maltraitance des personnes âgées est apparue sur la scène publique à la fin des années 80, grâce à l’association ALMA (Allo Maltraitance). L’ALMA est une association qui compte fin 2003 une quarantaine de centres d’écoute.En 2002, le Comité national de vigilance contre la maltraitance des personnes âgées a été créé par le ministre délégué aux personnes âgées de l’époque.

À l’occasion de la publication d’un Rapport mondial sur la violence et la santé , l’Organisation Mondiale de la Santé a fait sienne la définition adoptée dans la Déclaration de Toronto de 2002 par le Réseau International pour la prévention des maltraitances aux personnes âgées (INPEA). La Déclaration de Toronto du 17 novembre 2002 définit la maltraitance des aînés comme « un acte isolé ou répété, ou l’absence d’intervention appropriée, qui se produit dans toute relation de confiance et cause un préjudice ou une détresse chez la personne âgée ».

La définition retenue par le  gouvernement du Québec adaptée à partir de celle qu’a adoptée l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est la suivante : « Il y a maltraitance quand un geste singulier ou répétitif, ou une absence d’action appropriée, se produit dans une relation où il devrait y avoir de la confiance, et que cela cause du tort ou de la détresse chez une personne aînée. Ce geste, intentionnel ou non, est de nature interpersonnelle ou découle de l’organisation des services dans les divers milieux de vie des personnes aînées. »

Quelques chiffres  et quelques recherches en matière de maltraitances des aînés :

Au Canada, une enquête téléphonique réalisée en 1992 auprès de 2000 personnes âgées rapporte une incidence de maltraitance envers les personnes âgées. 4% de personnes déclarent avoir été maltraitées de la part d’un ou des membres de leur famille ou d’un soignant avec une proportion de 2,5% de violence financière et 1,4% de violence psychologique. Cette même étude estimait qu’un cas sur 20 de violence financière était signalé.Selon le rapport de la consultation publique sur les conditions de vie des aînés, au Canada, 10 % des aînés de plus de 65 ans seraient victimes de violence, d’abus ou de négligence. Ce phénomène est largement sous-estimé, selon les experts.

Selon les pays, on estime que 2 à 10% de la population âgée serait maltraitée. Une étude récente sur les mauvais traitements que subissent les personnes âgéesau Québec, révèle que 6% des aînés sont victimes d'abus.  Les maltraitances envers les  anciens sont plus constatées dans les pays développés que dans les pays du sud. Les pays du sud sont souvent moins développés et on devrait se poser la question pourquoi la maltraitance des aînés est plus importance dans les pays occidentaux? C’est un sujet de recherche à ne pas négliger! Je reconnais qu’il est impossible d’avancer aujourd’hui une estimation fiable de l’ampleur du phénomène de la maltraitance des aînés dans les pays en voie de développement. Cependant, ce n’est qu’une constatation de mes 12 années de vie en Afrique du sud, de l’est et de l’ouest qui m’amène à dire que jamais je n’ai vu, ni entendu dire qu’une personne âgée a été victime de maltraitance dans ces pays. La plupart du temps les aînés vivent chez eux ou en famille. En Afrique, la personne la plus âgée du village est une personne importante, c’est la personne sage qui est consultée et sollicitée dans chaque problème social ou pour aider les plus jeunes dans leurs décisions importantes de la vie. Plusune personne est vieille, plus elle est respectée et entourée de soins. Espérons qu’avec tous ces conflits et la difficulté de la vie en zones urbaines, les valeurs traditionnelles et le rôle des personnes les plus âgées n’auront pas tendance à se perdre. 

En 2002, le réseau français associatif ALMA recensait 1593 situations de maltraitances dont 71% concernait des personnes vivant à domicile. Les victimes sont en majorité des femmes (71%), âgées (plus de 75 ans), veuves, vivant en famille, disposant de biens ou de ressources et souvent dépendantes d’un tiers pour les actes de la vie quotidienne. Les auteurs sont principalement des membres de la famille, l’entourage non familial, le voisinage (près de 20%), et les personnels soignants au domicile ou en institution. En 2007, l’ALMA rapportait 11 308 appels. En 2002, 219 signalements concernant des personnes accueillies en établissements ont été transmis à la Direction Générale en action sociale dont 13% concernaient des établissements accueillant des personnes âgées ». En 2005, 311 cas de maltraitance vis-à-vis de personnes âgées ou handicapées en établissements spécialisés ont été signalés par les services de santé.

Citons quelques études de rechercheconcernant les maltraitances au domicile et en milieu intra familial de la personne âgée dans le monde occidental .

Une enquête nationale canadienne a été faite en 1990 sur les mauvais traitements à l'égard des personnes âgées et visait à déterminer la prévalence des mauvais traitements chez les aînés canadiens. Selon l’enquête : 4 % des répondants vivant à la maison ont dit être maltraités ou négligés; interrogés sur les insultes, jurons et menaces proférés à leur endroit (agression verbale chronique), 1,4 % des répondants ont déclaré avoir subi cette forme de violence psychologique durant l'année qui avait précédé l'enquête; l'agression verbale chronique s'est classée au deuxième rang des mauvais traitements infligés, après l'exploitation matérielle.

En Norvège, une étude menée par Ida Hydle entre 1984 et 1986,  montrerait que 1 à 2,8% des patients âgées visités par des services de soins à domicile seraient victime de violences de la part d’un ou des membre(s) de leur famille.

Aux États-Unis, plusieurs études ont été menées.Le National Aging Resource Center on Elder Abuse estimait en 1991 que  842 000 personnes âgées souffraient d’auto négligence et 735 000 d’autres formes d’abus. K. Pillemer estimait en 1988 qu’un seul cas de maltraitance sur 14 envers les personnes âgées était signalé.

En France, le Laboratoire d’Évaluation Médicale de l’Université de Lille 2 a produit la première étude permettant de mesurer la prévalence du phénomène (Durocher et all, 1997). Leurs conclusions rejoignent les constats américain et canadien avec une prévalence de 5% de constats d’abus.

En 2009, une étude de recherche a été conduite par madame la professeure Martine Lagacé de l’Université d’Ottawa et de ma propre collaboration sur la communication dans la relation d’aide comme facteur d’engagement continu des aînés en centre d’hébergement. Cette recherche dont le promoteur était l’Observatoire Vieillissement et société de Montréal, autorisée par le comité d’éthique de la recherche et est en cours de publication dans une revue canadienne du vieillissement. La recherche concernait une analyse qualitative qui repose sur une série d’entretiens avec des personnes âgées résidents en institution publique et d’une série complémentaire d’entretiens, avec des membres du personnel comme les préposés aux bénéficiaires et les infirmières. Les problèmes de fond qui sont dénoncés depuis des années sont, d’abord celui de l’insuffisance de personnel pour prendre en charge des personnes âgées dont le nombre et la dépendance ne cessent d’augmenter et surtout le manque de formation des préposés et infirmières auxiliaires en gérontologie. Plusieurs recommandations ont été proposées. J’aime bien cette allocution de madame Lagacé : « La communication est une science qui s’apprend et elle ne saurait être laissée à une pratique empirique, d’autant plus qu’elle concerne des personnes âgées, fragiles, en perte d’autonomie et qui n’ont plus la capacité de se défendre ». Les maltraitances sont certainement liées à une formation insuffisante et à une charge de travail assez conséquente. Les analyses de cette étude confortent les lacunes observées dans les recherches citées ci-dessus.

L’âgisme dans la société est une forme de maltraitance ayant des conséquences sur l’éducation et le comportement futur de nos enfants vis-à-vis de nos aînés. Une recherche pertinente en parle : En 2008, une étude a été réalisée par des chercheurs de l'université de Metz en France pour la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité  (HALDE). Les photos et dessins de vingt-neuf ouvrages, allant de la sixième à la terminale ont été analysés. Les chercheurs affirment qu’ils "véhiculent un certain nombre de représentations stéréotypées et ceci quelques soient les disciplines étudiées. Les séniors y sont "associés à la maladie et à la dégénérescence des corps, souvent présentées dans des situations liées à des problèmes de santé, d'isolement, de déficience physique ou d'inactivité". Les chercheurs donnent un exemple de texte discriminant les séniors à la page 181, le poème de Ronsard « mignonne allons voir si la rose » est étudié par tous  les élèves. Toutefois, ce texte véhicule une image somme toute très négative des  séniors. Aucun aspect positif tel que l'expérience, leur rôle citoyen, associatif, bénévole ou familial n'est mis en avant. Les personnes ayant une déficience physique ou mentale sont considérées comme des "objets de soins" et non comme de simples "sujets". La HALDE demande donc au ministère français de l’éducation que l'ensemble des programmes du secondaire intègrent un enseignement sur les discriminations.

Comment enrayer ce fléau qui sévit dans nos pays développés ? Notons quelques actions en matière de lutte contre la maltraitance de nos aînés récemment prises au Québec et dans le monde :

Au Québec et au Canada des instances et associations sont mobilisées et engagées pour le bien être de nos aînés. Je ne vais pas les citées parce qu’elles sont si nombreuses. Je citerai néanmoins, si vous le permettez l’Observatoire Vieillissement et Société (OVS) qui est une association  à but non lucratif créée en 2003 et pour laquelle j’ai eu le plaisir de m’y impliquer et d’y militer pendant quelques années. L’OVS, a pour rôle principal, celui de vigie sociale dans différents domaines où l’âgisme peut se manifester de façon insidieuse ou évident. Ce terme fait référence aux discriminations touchant les personnes âgées. Il a été créé en 1969, aux États-Unis, par le gérontologue Robert Butler. Plusieurs actions ont été prises par l’OVS pour lutter contre l’âgisme. Grâce au soutien de  l’Institut Universitaire de Gériatrie de Montréal et du ministère des aînés, l’Observatoire Vieillissement et société avait organisé en 2009,  la première journée de réflexion sur l’âgisme « Au-delà de l’âge, pourquoi l’âgisme ? ». Plusieurs spécialistes du Canada et d’ailleurs avaient donné des conférences et des débats ont eu lieu avec la participation de nombreux aînés venus de différentes régions du Québec. Le but de cette réflexion  sur l’âgisme était d’avoir  un débat public pour  permettre de maîtriser  ses subtilités et d’affirmer  avec force et vigueur que les discriminations à l’égard des personnes âgées, souvent prisonnières d’une vulnérabilité chronique, sont intolérables et peuvent être considérées comme de la maltraitance. Lors de cette journée, des critiques, des réflexions,  des souffrances parfois, se sont  exprimées. Il y avait beaucoup  d’attente et d’espoir de la part des aînés.

L’Institut Universitaire de Gériatrie de Montréallançait en 2007, le site Web Aidant.ca. Une brochure « Prendre soin de moi », destiné aux proches aidants de personnes âgées, y est disponible. Le site comprend entres autres des contenus mis à jour régulièrement ainsi qu'un répertoire de ressources de soutien pour les personnes qui prennent soin d'un proche aîné en matière de formation, d'information et de soutien.

Notons également l’appui du gouvernement québécois pour les proches aidants. Selon les estimations du gouvernement, au Québec on compte 300 000 proches aidants des aînés demeurant dans leur domicile. Selon l’IUGM, « Le Québec compte un peu plus d'un million de proches aidants, 75 % d'entre eux sont des femmes, qui fournissent entre 70 % et 85 % de toute l'aide que requièrent les personnes âgées en perte d'autonomie ».L’institut universitaire de gériatrie de Montréal estime que les familles assurent 90 % du soutien et des soins aux personnes âgées.Nous rendons hommage à toutes ces personnes qui donnent de leur temps pour le bien être de nos aînés et particulièrement des personnes aînées atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies qui y sont apparentées qui nécessitent une présence et un soutien constant. La ministre responsable des aînés, Marguerite Blais  avait annoncé en 2010, l’implantation des trois premiers carrefours de soutien aux aidants (CSA) dans les régions des Laurentides, de la Montérégie et du Bas-Saint-Laurent. Des CSA seront mis sur pied dans six autres régions en 2011 et dans neuf autres en 2012. Ils offriront de l’information, de la formation, du soutien psychologique et du répit. Ce projet répond aux tristes constatations du stress vécu par les proches aidants révélées par les recherches de la Chaire Desjardins en soins infirmiers à la personne âgée et à la famille.Dansle cadre des programmes « Du cœur à l’action » et pour donner  du soutien aux aidants vivant dessituations souvent difficiles et épuisantes, la ministre des aînés a annoncé en 2011, que deux millions de dollars par année pour une durée de trois ans seront investis par le gouvernement dans 43 projets d’organismes communautaires.

Pour donner suite au Plan d’action international sur le vieillissement des Nations Unies, adopté à Madrid en avril 2002 auquel avait participé le Québec, l’International Network for the Prevention of Elder Abuse(INPEA) avait lancéle 15 juin 2010, la Journée internationale de sensibilisation pour contrer les abus envers les personnes aînées. Ce plan d’action reconnaît notamment l’importance de contrer et de prévenir les abus et la négligence envers les personnes aînées. Il rappelle également que la violence faite aux personnes aînées va à l’encontre des droits de la personne reconnus à l’échelle internationale.

En France, « La lutte contre les maltraitances dans les maisons de retraite s'intensifie, où près de 150 établissements restent menacés de fermeture en 2010. 270 petits établissements ont été considérés comme irréguliers».Sur les 270 établissements recensés fin 2009 comme "irréguliers", le gouvernement a comptabilisé 91 établissements qui sont désormais "conformes" et 21 "en voie finale de régularisation". 155 sont "en cours de régularisation" et "sous surveillance administrative" par les Agences régionales de santé. Suite  à ses constats, Le gouvernement français a annoncé un projet de loi qui permettra la publication des évaluations des maisons de retraite. La secrétaire d'État aux Aînés tenait à rappeler que malgré tout, 95% des 2.800 structures étaient conformes à la réglementation.

Connaissons-nous la portée de cette maltraitance et le risque encouru pour ces comportements souvent  négligents, inconscients ou volontaires?

La maltraitance est un acte sournois, difficile à cerner et étouffé dans un silence environnemental coupable et irresponsable.Comme pour les jeunes enfants, les personnes âgées victimes de violence, n’osent pas dénoncer leurs bourreaux des fois en relation avec les liens qui les unissent à leurs agresseurs et communément dans le cadre d’une relation de confiance. La maltraitance des personnes âgées peut survenir aussi bien de l’entourage proche que des professionnels en résidences ou en milieu hospitalier. Le plus souvent, la victime se tait, se culpabilise elle-même de part sa fragilité et ne peut dénoncer les siens ou se tait tout simplement de peur de représailles. La maltraitance psychologique se traduit parfois par des agissements âgistes tels qu’on peut le voir dans certains médias. La société est complice de ses agissements qui cultivent des préjugés et des images négatives de la personne âgée.Un grand journal international comme Le Monde avait publié une caricature des plus discriminantes envers les séniors le 1er décembre 2008.Les médias ne donnent pas une image positive des  personnes âgées. Les messages dans certaines presses les assimilent au déclin ou qu’elles sont à la charge de la société. Plusieurs mythes leur sont accordés. Elles sont représentées comme  souvent malades et qu’elles monopolisent les services de santé. Quelles soient intentionnelles ou inconscientes, les maltraitances sont qualifiées d’abusives,d’inhumaines et sont répressibles par la loi. Uninfirmier hospitalier français fait un état des lieux et une analyse rétrospective de sa carrière d’infirmier et parle des sévices infligés aux pensionnaires, du ton injurieux utilisé par certains soignants . Reconnaître cette manière antisociale d’agir et faire son mea-culpa, c’est changer de comportement et trouver la voie de la raison et de l’humanisme. Récemment, en avril 2011, une infirmière et une aide soignante ont été condamnées à un an de prison ferme par le tribunal correctionnel d’Aras en France pour les actes de maltraitance commis sur des personnes âgées dans un centre médical.

Quelque soit la nature de dépendance de la personne âgée, elle a le droit indéniable au respect de ses libertés et de sa dignité. La Charte des droits et libertés  de la personne énonce dans ses articles un certain nombre de principes relatifs à la préservation des droits, des libertés et de la dignité de la personne. Mais tous sont-ils réellement applicables lorsque celle-ci présente une dépendance liée à l’âge?  Le Code pénal ne proscrit pas la totalité des  préjudices que peuvent subir les personnes aînés dépendantes tels que les préjudices psychologiques, verbaux et affectifs. Une personne aînée victime de violence psychologique, physique et souvent chimique(neuroleptiques…)pourrait tomber dans la dépression et le désespoir. Ces signes peuvent être confondus avec la perte des facultés mentales. L'aîné sera considéré comme « sénile », alors qu'il est en fait victime de maltraitance. Ne faut-il pas que nos experts en la matière puissent discuter d’une charte des droits de la personne âgée dépendante comme cela c’est fait en France et en Europe ? La Fondation nationale de gérontologie et le ministère français des affaires sociales avaient élaboré en commun en 1987 un texte d’une portée fondamentale pour la reconnaissance des droits des personnes âgées dépendantes et l’organisation de leur protection : la Charte des droits et des libertés de la personne âgée dépendante. En 1996, les membres de la commission « Droits et libertés des personnes âgées » de la Fondation nationale de gérontologie avait élaboré un nouveau texte en mettant encore plus l’accent que le précédent sur le respect que la société tout entière doit aux personnes âgées. Dans le cadre du projet EUSTaCEA et Grâce au soutien financier du programme européen Daphne III, AGE et ses onze partenaires de sept pays, une Charte de droits s’adressant aux personnes âgées  et un guide d’accompagnement  expliquant aux soignants familiaux et professionnels comment respecter les droits des personnes confiées à leurs soins, ont été élaborés. L’objectif de cette Charte européenne des droits des personnes âgées ayant besoin d’assistance et de soins longue durée, est de lutter contre la maltraitance et promouvoir la bientraitance des personnes âgées. Daphne III AGE a pour mission de veiller à la diffusion et au respect desnormes européennes de qualité pour les services de prise en charge des personnes âgées dépendantes.

Notons qu’au Québec, des orientations en matière de criminalité s’actualisent dans la Politiqueministérielle en prévention de la criminalité. En2005, le comité sur les environnements sécuritaires sous la coordination de la table de concertation des aînés de l’Île de Montréal, avait publié un cadre de référence en prévention du crime et de la violence et en promotion de la sécurité des aînés . Entre autres, un document visant à mettre à la disposition des aînés et de leurs représentants, un corpus de connaissances en prévention du crime et de la violence et en promotion de la sécurité. Mais également, à donner certaines balises pour orienter les interventions dans ce domaine. La maltraitance est certainement criminelle mais elle est si sournoise et si difficile à estimer qu’elle aurait besoin de plus d’outils de travail, d’analyses et d’orientations. Comme un des juristes l’avait expliqué dans le rapport du Conseil national des aînés sur les mauvais traitements envers les aînés en 2007 , « la loi n’est pas une solution, c’est un outil. Il faut pouvoir utiliser la loi efficacement, quand les circonstances s’y prêtent ». Encore faut-il que les autorités le sachent ou en soient averties.

Revenons au plan d’action gouvernemental 2010-2015. 20 millions de dollars seront investiten 5 ans dans ce projet qui permettra de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de ce problème de société qu’est la maltraitance des aînés en situation de fragilité et de dépendance. Comme le dit si bien le premier ministre  Jean Charest: « Ce plan cherchera à déclencher une prise de conscience sur le respect et la reconnaissance qui sont dus à ceux qui ont bâti notre société».Le plan d'action est le résultat de la volonté d’une ministre de vouloir améliorer le quotidien de nos aînés et d'un engagement conjoint de 13 ministères et organismes. Il présente près de 40 mesures qui visent à prévenir la maltraitance, à dépister les situations où des personnes âgées en sont victimes. À titre de signataire du Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement, le Canada s’investit de plus en plus pour élaborer des politiques et des programmes qui protègent le bien-être des aînés, y compris des aînés les plus vulnérables. Il existe une réelle volonté politique d’assurer aux aînés la meilleure qualité de vie possible. L’objectif fondamental de ce plan quinquennal est demettre en œuvre quatre mesures phares pour contrer la maltraitance et renforcer l'action des partenaires. Parmi ces mesures, La ministre responsable des aînés, madame Marguerite Blais, a annoncé le versement de 990 000 $ sur cinq ans pour la création lors de la 3ème phase du plan d'action, de la première chaire de recherche au monde sur le thème de la maltraitance envers les personnes aînées à l’Université de Sherbrooke dont les travaux porteront sur le thème du suicide et de la maltraitance envers les personnes aînées.


Malgré tous les efforts du ministère des aînés, il est utile et indispensable que toute la société soit mobilisée pour changer les comportements et conscientiser la population à l'égard de la maltraitance des aînés. Des campagnes de sensibilisation et d’éducation du public sont dans le programme du gouvernement. Les médias sont également un excellent moyen de dénoncer et de faire disparaître les stéréotypes concernant les personnes âgées. Des ressources sanitaires et sociales suffisantes sont également nécessaires pour éviter les épuisements des aidants et des soignants. Nous manquons d’infirmières et de gérontologues. Pour remédier aux pénuries du personnel de santé, il serait nécessaire d’encourager l’emploi dans ces secteurs qui n’est pas régi par les lois du marché de l’offre et la demande. Bienque ce ne soit pas une raison pour devenir maltraitant, l’épuisement professionnel peut affecter le comportement des soignants qui pourraient inconsciemment le devenir. L'épuisement professionnel, aussi appelé burn-out, est un phénomène qui n’est pas tellement pris au sérieux en milieu hospitalier. Pierre Canoui et Aline Mauranges, en parlent dans leur livre « Le syndrome d’épuisement professionnel des soignants, de l’analyse du burn-out aux réponses », Paris, Masson, 2001. Une infirmière le dévoile également par son témoignage sur le site internet «Infirnmiers.com » : « Je me suis rendu compte de mon épuisement professionnel,  quand j'ai remarqué que je ne parlais pas avec mes patients, que je ne supportais pas qu'ils soient agités, que je ne supportais plus de devoir rattraper le travail non fait par des collègues... ».  Une source de recherche ou une enquête serait : l’épuisement professionnel, peut-il engendrer de la maltraitance sur des personnes affaiblies tels que les personnes âgées ?Des stages de formation sur la maltraitance ainsi qu’un guide d’accompagnement d’informations et de sensibilisation pourraient être donnés à tous les intervenants et proches et expliquer quels sont les droits des personnes confiées à leurs bons soins. Cela se fait déjà à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal et devrait se généraliser. Il va sans dire que les personnes âgées victimes ne pourront se défendre seules, pour des raisons liées à leur vulnérabilité physique ou cognitive. Le rôle des associations d’écoute et de signalement oula création d’un comité national de vigilance contre la maltraitance des personnes âgées jouerait un rôle prépondérant pour l’accompagnement des victimes.

Notons que selon le ministère des aînés et au cours de la dernière année du plan d’action gouvernemental, un symposium regroupant des chercheurs canadiens et internationaux serait organisé sous la responsabilité de la Chaire. Il contribueraità tracer un premier bilan du plan d’action et donnerait l’occasionaux différents intervenants du milieu de la recherche d’acquérir etd’échanger des connaissances.

Dénoncer une maltraitance, c’est ne pas être complice par négligence d’un acte criminel. Il n’y a aucune excuse à des comportements abusifs ou négligents envers un être humain et une personne âgée de surcroît. Tout acte de ce genre est réprimé par la loi. Nul n’est à l’abri de poursuites. Personne ne peut nier aujourd’hui que dans notre société les personnes âgées subissent des maltraitances et souffrent en silence. Elles ont droit à un sort meilleur. Les engagements du gouvernement, la recherche, la formation et l’information représentent aujourd’hui des outils importants pour prévenir la maltraitance. Cependant, lutter contre la maltraitance des aînés est l’affaire de tous. Mobilisons-nous pour une tolérance zéro de ces actes inacceptables.
Numéro d'Info-Abus (pour les aînés) (du lundi au vendredi de 9 h à 17 h);
Numéro à Montréal : 514-489-ABUS (2287);
Numéro ailleurs qu'à Montréal : 1-888-489-ABUS (2287).

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