Mois de juillet:
Mois  des  bleuets



(voir:  La santé et le bleuets)

"Citation"
Un bleuet est de trop dans un champ de blé, et pourtant qui peut nier que c'est à lui
que celui-ci doit son éclat ?
[Constantÿn Huygens]

Les origines du bleuet
L'histoire

Le bleuet, du genre Vaccinium, est une espèce indigène d'Amérique.

Les premiers explorateurs avaient remarqué les bleuets sauvages lors de leurs expéditions. En 1615, Samuel de Champlain a vu les amérindiens récolter les bleuets sauvages le long du lac Huron. Ceux-ci séchaient les bleuets, les réduisaient en poudre et en faisaient une pâte qu'ils combinaient au maïs, au miel et à l'eau pour en faire un poudding appelé "Sautauthig".

Lewis et Clark, lors d'une expédition, trouvèrent des indiens qui fumaient le bleuet pour le conserver pour l'hiver. Un repas, qui leur fut servi par les amérindiens, contenait des bleuets sauvages qui étaient pilés avec de la viande avant d'être fumés et séchés.

Les amérindiens prisaient particulièrement le bleuet sauvage à cause de la forme de sa fleur qui formait une étoile à cinq branches. Ils pensaient que le "Grand Esprit" avait envoyé ce fruit à la fleur en forme d'étoile pour calmer la faim de leurs enfants en période de famine. Ils utilisaient aussi le bleuet pour ses propriétés médicinales et fabriquaient un thé fortement aromatique à partir des racines. Il était utilisé comme relaxant pendant la grossesse. Les premiers livres de médecine américains rapportent l'usage de ce thé qui est recommandé, aux femmes des premiers colons, au moment de l'accouchement. Le jus de bleuet était utilisé contre la toux et le thé fabriqué à partir des feuilles était considéré comme un bon tonique pour aider à purifier le sang.

Les premiers colons et les amérindiens appréciaient le fruit comme ingrédient de base de leur alimentation et même comme médicament. Ils incorporaient le bleuet dans leur diète, le mangeaient frais cueilli sur le buisson et l'ajoutaient dans la soupe, les ragoûts et dans plusieurs autres plats dont on voulait rehausser la saveur.

Aujourd'hui, le bleuet est l'un des fruits les plus populaires en Amérique. Il est utilisé dans la confection de muffins, gâteaux, tartes, confitures, biscuits et même de vin et d'apéritif.

Les efforts d' Elizabeth White et du Dr. Frederick Coville, au début du 19e siècle, pour domestiquer le bleuet géant sauvage ont menés à la création d'une industrie du bleuet cultivé. Leurs efforts ont résultés en la création d'un fruit dodu, juteux, sucré et facile à cueillir dont ont peut jouir aujourd'hui.



L'Amérique du nord produit 90% de la production mondiale de bleuets.
Pourquoi le bleuet est-il bleu?

Le bleuet est un des rares aliments de couleur bleu. Sa couleur est due à un taux très élevé d'anthocyane.
L'anthocyane est un pigment dont la couleur varie du rouge au bleu en fonction du pH du milieu ambiant, on le retrouve dans le bleuet mais aussi dans le raisin. L'anthocyane est soluble dans l'eau et c'est par la chimie des acides et des bases qu'on explique ce passage du fruit rouge violacé au fruit bleu.

Le bleuet commence sa vie comme une petite baie verte. Qu'est-ce qui arrive pour le transformer en une baie bleue, dodue et pleine de saveur ?

 Après la fertilisation de l'ovaire, la fleur grossit rapidement pendant environ un mois et s'arrête.
 Une baie verte se développe sans changement de taille.
 L'extrémité du calice vire au violet et le reste de la baie prend une apparence translucide.
 Pendant les jours suivants, une teinte pourpre clair commence à se développer et fonce graduellement.
 Pendant le changement de couleur, la baie augmente de volume rapidement. l'intensité de la pigmentation 'accroît durant les six premiers jours. Par conséquent c'est au début du stade de maturation que la plus grande partie des anthocyanes se développe.
La couleur du bleuet a une grande importance dans la valeur du bleuet sur le marché frais et de la transformation.
Leur couleur d'un rouge intense au bleu, et leur teneur en pigment, font qu'ils sont utilisés comme ingrédients pour colorer certains aliments.


La plantation du bleuetier en corymbe.
Le bleuetier en corymbe est une culture marginale au Québec. En dehors des sites climatiques avantageux, sa culture commerciale est douteuse. A plus petite échelle, en choisissant des cultivars et des méthodes culturales appropriés, on peut le cultiver là où des micros climats sont favorables.

Le choix du site
Le choix de l'emplacement d'une plantation de bleuet en corymbe est la décision la plus importante que doit prendre un petit producteur.

La préparation du sol
À quelque exception près, la préparation du sol pour le bleuetier en corymbe est la même que pour le framboisier. Un niveau de fertilité considéré comme moyen pour le framboisier est très satisfaisant pour le bleuetier. Par contre, il faut mettre l'accent sur l'incorporation de matière organique surtout si le sol est trop lourd ou le pH trop élevé. Si le pH du sol est trop élevé, des signes de chlorose peuvent apparaître (veines vertes et jaunissement entre les veines). Un sol dont le pH se situe entre 5,2 et 5,5 peut être abaissé par l'incorporation de soufre dans le sol 6 mois avant la plantation. Une teneur de 4 à 5% de matière organique représente un niveau optimal pour la culture du bleuet.

Avant de planter, faire une tranchée sur toute la longueur du rang et remplir de mousse de tourbe ou de bran de scie décomposé. À l'aide d'un rotoculteur, mélanger cette dernière avec un peu de sol sous-jacent. Si le site choisi est mal drainé, on utilise une culture sur plate-bande d'environ 1,2 m de large surélevée de 20cm.

Le choix du cultivar
Plusieurs types de plants se retrouvent sur le marché. L'idéal est de choisir des plants de deux ans de préférence en pot. Afin d'avoir une bonne récolte, il est important de choisir le cultivar approprié au climat de la région où il doit être implanté et rustique dans les régions froides.
À part le cultivar Northland et peut être Patriot, aucun cultivar ne s'est montré plus rustique que les autres.
Choisir de préférence un cultivar hâtif.
À cause des besoins de pollinisation, planter deux ou trois cultivars différents.

La fertilisation
Le bleuetier est une plante de sols pauvres qu'on endommage souvent plus par excès de fertilisation. On observe, par exemple, plus de dégâts par le gel des tiges des jeunes plants trop vigoureux. Pour cette raison certaines publication ne recommandent aucune fertilisation avant la 3e ou 4e saison.
N'appliquer aucun engrais à la plantation, mais fertiliser 2 semaines plus tard si nécessaire. Une analyse chimique du sol et du feuillage vous aidera à ajuster les fertilisant en fonction des besoins nutritifs de la plante.
Une analyse des feuilles devrait être faite chaque année pour déterminer la concentration en éléments nutritifs; l'analyse de sol peut être faites aux 3 ou 4 ans pour vérifier les changements de concentration des principaux éléments. La vérification périodique du pH doit être une priorité.
Le tableau suivant donne les concentrations normales d'éléments nutritifs foliaires suggérées pour le bleuetier en corymbe.

La plantation
La plantation se fait surtout au printemps. Planter le bleuetier en corymbe à 1.3-1.5 m sur des rangs espacés de 2.5-3.0 m. Pour obtenir de plus gros fruit, planter un minimum de 3 variétés. Planter profondément de façon à ce que les premiers 5 à 8 cm de la base des tiges soient bien recouverts. Irriguer abondamment après la plantation. Garder une humidité de sol constante. Le bleuetier ne tolère pas les excès ou les manques d'eau. Un paillis de bran de scie de 5 à 8 cm est tout à fait indiqué.
Enlever les bourgeons floraux (les gros bourgeons bien dodus) en rabattant de 30% l'extrémité des tiges.
Bien que son utilisation comporte certains désavantages, l'amendement de bran de scie (pin blanc de préférence), de mousse de tourbe, de fumier bien décomposé ou de compost est souvent essentiel à l'établissement d'une bleuetière et favorise la croissance des jeunes plants pendant leur période d'implantation.

 Circulation de l'air
Le site doit être bien protégé du vent, comporter de 125 à 145 jours sans gel et être exempt de températures plus basses que -32oC. Des flancs de collines avec un bon drainage de l'eau et de l'air froid sont tout à fait appropriés (sites à verger). Au moment de la floraison la circulation de l'air est crucial pour réduire les risques dégâts du au gel printanier.
Une bonne circulation de l'air permettra aussi un contrôle des maladies de la floraison jusqu'à la période de la récolte. Une mauvaise aération augmentera l'incidence des maladies à champignon du type Botrytis ou Monilinia vaccinii-corymbosi. Dans les climats froids comme le Québec, une exposition au sud favorisera un développement hâtif des bourgeons (qui seront alors plus susceptible au gel printanier) et une récolte plus tôt.
Une bonne couverture de neige assurent une protection des bourgeons à fruits, du moins ceux situés à la base des plants, durant les froids intenses. Ainsi, la majorité du fruit proviendra des premiers 65 cm à la base du plant et ces plants devront être taillés en conséquence. La mise en place de brise-vent artificiels ou naturels est souvent une solution à bien des problèmes d'hivernement. Les brises-vent doivent pouvoir réduire la vitesse du vent d'environ 50%.

Le drainage et la nature du sol
Le bleuetier est une culture très exigeante au point de vue du sol. Contrairement aux autres cultures, le bleuetier croît seulement en sol acide (pH de 4,2 à 5,2).
Idéalement le sol doit être léger, de fertilité moyenne et bien pourvu en matière organique (au moins 3%). Les excès ou les manques d'eau sont très néfastes au bleuetier. Le sol doit être à la fois bien drainé mais comporter un bon pouvoir de rétention en eau. Il faut éviter les sols lourds et argileux qui se compactent trop facilement car le système racinaire requiert un sol poreux, les délicates racines ne peuvent pas pénétrer un sol compacté. Un sol mal drainé favorisera la pourriture des racines (Phytophthora). Le bleuet en corymbe peut tolérer un maximum de 4 jours d'inondation en hiver et 1 journée au printemps et à l'automne. Le meilleur terrain pour le bleuet en corymbe a une napphe phréatique qui se situe entre 35 et 60 cm (14 à 24 pouces) sous la surface du sol.

Concentration normales en éléments du feuillage de bleuetier en corymbe
(sur base de matière sèche) Élément Michigan U.S.A.) Frelighsburg  Québec)
Azote(%) 1,80-2,10 2,0    Phosphore(%) 0,10-0,40 0,11
Potassium(%) 0,35-0,60 0,50   Magnésium(%) 0,12-0,25 0,15
Calcium(%) 0,40-0,81 0,68   Soufre(%) 0,13-0,20 0,18
Bore(ppm) 30-70 46   Cuivre(ppm) 5-25 25
Fer(ppm) 60-200 197   Manganèse(ppm) 50-350 300
Zinc(ppm) 8-30 16   Aluminium(ppm) 80-180 ---



Le bleuet...
Les maladies infectieuses | Les insectes | Les rongeurs et les oiseaux
La lutte contre les ravageurs et les maladies est indispensable dans les exploitations commerciales. Les ravages ne sont pas le seul fait des maladies ou des insectes mais aussi de certains rongeurs et des oiseaux frugivores.

Les maladies infectieuses
Les maladies qui attaquent le bleuetier peuvent être transmises par des bactéries, des champignons ou des virus. La contamination peut être due à:
 des conditions locales favorables (température et humidité)
 de mauvaises pratiques culturales
 la présence d'un organisme porteur de la maladie "vecteur" nématodes, pucerons
Principales maladies du bleuet en corymbe au Québec et dans l'est du Canada

Maladies fongiques: le chancre, le blanc et la pourriture sclérotique

Le chancre est la plus grave maladie du bleuet en corymbe dans l'est du Canada. Il fait son apparition sous forme de petites décolorations rougeâtre sur les tiges. À mesure que ces décolorations s'agrandissent, l'écorce des parties centrales tourne au gris puis au brun. Habituellement, le chancre encercle complètement la tige en une seule saison. Les tiges encerclées meurent et, durant l'été, leur feuillage brun est très apparent.

Comme mesure de lutte, couper les tiges malades plusieurs pouces au-dessous de la partie infectée. La sensibilité à cette maladie diffère selon les variétés. Les variétés Jersey, Berkeley et Earliblue sont sensibles au chancre.
Le blanc et la pourriture sclérotique sont peu important au Québec.
Maladies virales: le rabougrissement et la mosaïque
Ces deux viroses peuvent causer des problèmes.
Rabougrissement
On reconnaît le rabougrissement par une croissance très faible des plants.
Mosaïque
La mosaïque se reconnaît par des mouchetures sur les feuilles. Il faut détruire les plants infectés


Les bleuets
Myrtilles en France

Il existe trois types de bleuets
- les espèces sauvages que l'on retrouve après les brulis
- les variétés basses ou naines
- les bleuets géants ou en corymbe
Le bleuet sauvage
Vaccinium angustifolium

Le bleuet sauvage se retrouve sur une grande partie des espaces sauvages du Québec.
Il affectionne le plein soleil, les sols très acides, tourbeux, sablonneux et humides
Dimensions : le bleuet sauvage peut atteindre 30 à 60 cm,
Plantation : on le retrouve à l'état sauvage après les feux de forêts sur les brûlis
Récolte : les fruits sont mûrs en août jusqu'aux gelées de septembre.
Ennemis : il disparait au fur et à mesure que la nouvelle forêt s'installe car il a besoin de plein soleil..

Le bleuet nain
Vaccinium x angustifolium

Le bleuetier nain préfère les sols légers et sablonneux, bien drainés, riches en matières organiques avec un pH de 4,5 à 5,5
Il prospêre dans les sols très pauvres mais une légère fertilisation annuelle à l'azote au taux de 30 kg à l'hectare lui est bénéfique.
Plantation : Planter le printemps en enfouissant 5 à 7 cm de tige pour encourager la formation de rhizomes. Distancer de 30 à 45 cm entre les plants et 90 à 120 entre les rangs. Cela donne une densité de 19,000 à 25,000 plants à l'hectare.
Entretien : Étendre un paillis de bran de scie de 5 à 7 cm après la plantation en ajoutant 10 kg d'azont par tonne de bran de scie utilisé. Gardez le sol humide en tout temps pour favoriser la croissance des jeunes plants. Faites des apports annuels de bran de scie avec l'azote inclus. Un ou deux traitements au fer chelaté en période végétative peut être nécessaire lorsque le pH est trop élevé.
Taille : une taille à ras sol est nécessaire tous les deux ans pour augmenter la vigueur des plants.
Afin d'assurer une bonne pollinisation, la présence de 4 à 5 ruches à l'hectare est souhaitable durant la floraison.

Le bleuet géanten corymbe
Vaccinium x corymbosum

Le type de sol utilisé pour la plantation des bleuets géants est très important. Il doit être três acide avec un pH de 4,3 à 4,8 Dans des sols aux pH plus élevés, les plants deviennent chlorotiques. e lui est bénéfique. Les meilleurs sols sont légers composés de sable et de tourbe. Le succès de sa culture dépend de la teneur du sol en matière organique, plus cette teneur est élevée, meilleure est la récolte.

Plantation : Planter le printemps en ajoutant beaucoup de mousse de tourbe pour assurer la présence de matière organique à la reprise.. Distancer de 150 cm entre les plants et 240 à 300 entre les rangs. Enlever les bourgeons floreaux et les fleurs la première année.
Entretien : On peux étendre un paillis de bran de scie de 5 à 7 cm après la plantation en ajoutant 10 kg d'azont par tonne de bran de scie utilisé. Gardez le sol humide en tout temps pour favoriser la croissance des jeunes plants.
Afin d'assurer une bonne pollinisation croisée, alternez les rangs de variétés différentes.
Les oiseaux risquent de bouffer toute la récolte si vous n'utilisez pas de filets.
Taille : ne pas tailler les jeunes plants les 2 premières années.
La troisième année n'enlevez que les pousses grêles au pied du plant.
Les années suivantes, enlever les branches portes, les vieilles tiges peu vigoureuses et les ramilles près du sol.
La taille se fait après la chute des feuilles, à n'importe quel moment de la saison de dormance.

"Pour rire"
C'est rond, c'est vert, c'est quoi ?
Un bleuet qui a le mal de mer.  

 Comment fais-tu pour faire une tarte aux bleuets s'il ne te reste que des petits pois ?
Tu prends les petits pois et les étouffe jusqu'à ce qu'ils deviennent bleus !   .
 


 

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