Année internationale des déserts
et de la désertification 2006

Sans eau, le désert n'est qu'une tombe.
[Mildred Cable]

Pour le tribut que le désert fait payer à l'homme, il donne des compensations,
de grandes respirations, un profond sommeil, et la communion avec les étoiles.
[Mary Hunter Austin]


Kofi Annan
 Résolution de l'ONU: Année internationale des déserts et de la désertification, 2006
Cette année, la Journée mondiale de la lutte contre la désertification marque aussi le dixième anniversaire de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, qui joue un rôle prépondérant dans les efforts que déploie la communauté internationale pour éliminer la pauvreté, parvenir à un développement durable et atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.
La Convention est le seul instrument internationalement reconnu et obligatoire qui porte sur le problème de la dégradation des terres dans les zones rurales arides. Avec 191 États parties, elle est véritablement universelle.
Consciente de la nécessité de sensibiliser davantage le public et de protéger la diversité biologique des déserts ainsi que les communautés autochtones et locales et les connaissances traditionnelles des populations touchées par ce phénomène,

1. Décide de déclarer 2006 Année Internationale des déserts et de la désertification ;
2. Désigne le Secrétaire Exécutif de la convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification, en particulier en Afrique, Coordonnateur de l’année, en association avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, le Programme des Nations Unies pour le développement, le Fonds international de développement agricole et d’autres organismes compétents des nations Unies ;
3. Invite tous les pays à créer des comités nationaux ou des organes de coordination et à célébrer l’année en organisant des activités appropriées ;
4. Demande à toutes les organisations internationales compétentes et à tous les Etats membres d’appuyer les activités liées à la désertification, y compris la dégradation des sols, qui seront organisées par les pays touchés, en particulier les pays Africains et les pays les moins avancés ;
5. Engage les pays à contribuer, dans la mesure du possible, à la mise en œuvre de la convention et à lancer des initiatives spéciales pour célébrer l’année, l’objectif étant de renforcer l’application de la convention ;
6. Prie le Secrétaire Général de lui rendre compte, à sa soixantième session, de l’état d’avancement des préparatifs de l’année.


Qui a fermé sa porte est au fond des déserts.
[Proverbe chinois]

Sud du Maroc
La désertification pose des risques évidents, et graves. Elle entame la fertilité des sols, qui dans certaines régions perdent jusqu'à 50% de leur productivité. Elle contribue à l'insécurité alimentaire, à la faim et à la pauvreté et peut susciter des tensions sociales, économiques et politiques qui, à leur tour, entraînent des conflits et une aggravation de la pauvreté et de la dégradation des sols. D'après les estimations actuelles, les moyens de subsistance de plus d'un milliard de personnes sont compromis par la désertification et, par conséquent, 135 millions de personnes risquent de devoir abandonner leurs terres. Les pauvres des régions rurales sont particulièrement vulnérables, surtout dans le monde en développement.
Consciente qu'il faut d'urgence s'attaquer aux vastes ramifications du problème, l'Assemblée générale de l'ONU a décidé que 2006 serait l'Année internationale des déserts et de la désertification.
Compte tenu de la gravité et de la complexité de la situation, l'ONU a chargé la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), de coordonner cette Année, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds international de développement agricole (IFAD) et d’autres organismes compétents des Nations Unies.


Pour la plupart des gens, le mot «désert» évoque des dunes de sable ondulant au soleil ou quelques nomades errant dans l'immensité. Mais il existe bien d'autres types de déserts où les dunes ne sont pas la règle. Ainsi l'Antarctique ou le grand Nord sont des espaces désertiques, parce que l'eau y est prise en glace. Quant aux régions arides, que l'on trouve aussi bien sous des climats toujours chauds, par exemple en Arabie, que sous des climats à hiver froid, comme dans les steppes d'Asie centrale, leur trait commun est qu'il y tombe moins d'eau en moyenne qu'il ne s'en évapore, et que la vie doit s'adapter à ce déficit.

Il n'y a pas d'arbres dans le désert, car on n'arrive pas à faire pousser de l'eau.
[Paroles d’enfant]

Désertification dans le secteur de fleuve au Sénégal
Là où la pluie est presque absente - au Sahara ou dans le Gobi - il n'y a quasiment pas de vie. Sauf si l'on peut tirer de l'eau d'irrigation de fleuves venant d'ailleurs, comme en Egypte, en Irak ou dans la région de l'Indus, qui ont jadis vu naître les grandes «civilisations hydrauliques». Sauf aussi quand on peut puiser dans des eaux souterraines fossiles, que l'on exploite pour un temps limité, comme aujourd'hui en Libye. Là où il tombe suffisamment d'eau pour permettre le pâturage, voire quelques cultures sèches, on parle de régions semi-arides. On en voit beaucoup en Afrique, en Inde, en Argentine ou en Australie.
Les régions arides et semi-arides couvrent en fait plus du tiers de la surface des continents - alors que les surfaces cultivées n'en couvrent guère qu'un dixième. Elles sont concentrées dans deux zones, à cheval sur les tropiques du Cancer et du Capricorne, de part et d'autre de l'équateur. Pourquoi en est-il ainsi? La cause principale de l'aridité se trouve dans la circulation générale de l'atmosphère sur notre planète en rotation. Les hautes pressions quasi permanentes qui régnent au voisinage des trentièmes degrés de latitude y empêchent la formation de pluies. Par ailleurs, le grand éloignement des océans ou la présence d'écrans montagneux concourent à l'aridité de régions comme l'Asie centrale ou le Centre-Ouest américain.


Le mieux est de marcher. Car la vie est une traversée du désert.
[Bruce Chatwin]

Mauritanie et le Sahara de l'ouest 

Ce n'est donc pas l'homme qui a créé les déserts, comme on le dit parfois. Mais il est vrai qu'il contribue à la désertification. De nos jours en particulier, une pression démographique accrue, ainsi qu'une agriculture et un élevage trop intensifs provoquent, dans les régions semi-arides du Sahel africain ou du Nord-Est du Brésil par exemple, une dégradation accélérée des sols et une aggravation des sécheresses. 

L'activité humaine pourrait modifier l'évolution des régions arides par une autre voie. On estime en effet que l'accumulation dans l'atmosphère de gaz carbonique provenant des automobiles, du chauffage ou d'autres gaz d'origine industrielle et agricole peut conduire à un réchauffement de la Terre par «effet de serre». Les conséquences à l'échelle régionale d'un tel réchauffement ne peuvent pas encore être prédites, mais il est possible que, dans quelques dizaines d'années, certaines régions arides le seront encore plus, alors que d'autres le seront moins. L'homme pourrait ainsi déclencher un changement climatique d'importance, comparable à ceux qui se sont produits au cours de l'histoire géologique.
 
Le dossier des zones arides, ouvert par l'UNESCO voici plus de 40 ans, n'est pas près d'être refermé. Il a été le point de départ du long et vaste effort de l'Organisation pour mobiliser la science au service de l'environnement.
Si l'humanité a toujours rencontré l'aridité, elle a su s'en accommoder au cours de l'histoire par une utilisation judicieuse des sources d'eau disponibles.
Tout cela devait changer dès la fin de la dernière guerre mondiale, avec l'émergence d'un monde aux prises avec de graves problèmes démographiques et alimentaires. Dès 1948, sur proposition de l'Inde, la Conférence générale de l'UNESCO réunie à Beyrouth adoptait l'idée - surprenante pour beaucoup - de la création d'un institut international de la «zone aride». L'année suivante, un groupe d'experts était donc convoqué à Paris pour étudier cette question. Avec sagesse, il recommandait d'établir, non pas un institut centralisé qui aurait été éloigné de la plupart des régions arides dispersées sur l'ensemble du globe, mais un comité consultatif international, dont la première session se tint à Alger en avril 1951. Ainsi naquit ce qui allait devenir le Programme de recherches sur la zone aride. 

Peu nombreux sont ceux qui se souviennent aujourd'hui des réalisations de ce programme. Le Comité consultatif, composé de scientifiques venant de pays et de disciplines différentes, a vu se succéder en son sein des personnalités de haut niveau, qui ont permis de formuler et d'orienter un ensemble novateur d'activités, à un coût fort modeste, pendant plus d'une décennie. 

Elle a dans le même temps encouragé la recherche scientifique sur le terrain et formé des centaines de spécialistes par des bourses et des stages d'étude. Mais surtout, elle n'a pas tardé, à partir de 1957, à transformer ce qui n'était qu'un programme d'action parmi d'autres en un «Projet majeur» doté de moyens financier plus substantiels. Ce nouveau statut allait permettre non seulement de donner une plus grande visibilité à l'effort entrepris, mais aussi d'encourager les études interdisciplinaires et la création de centres nationaux orientés vers la mise en valeur des régions arides. C'est ainsi que l'Institut indien de recherches sur la zone aride, à Jodhpur, ou l'Institut israélien du désert du Néguev, à Beersheba, furent créés sous l'égide de l'UNESCO, et que d'autres organismes, comme l'Institut égyptien du désert, au Caire, furent renforcés grâce à son appui.
L'analyse même des facteurs d'aridité, poursuivie par l'UNESCO avec la préparation d'une nouvelle carte mondiale - qui fut publiée à l'occasion de la Conférence des Nations Unies sur la désertification tenue à Nairobi en 1977 - montre déjà toute la gamme des conditions climatiques allant de l'extrême aridité des déserts de sable ou de cailloux, jusqu'aux multiples régions dites semi-arides ou sub-humides, où des formes d'agriculture et de pâturage sont praticables avec des risques de dégradation plus ou moins graves. 

Ainsi la question de l'aridité pose au premier chef celle des ressources en eau, et c'est pourquoi l'UNESCO a été amenée à lancer un nouveau programme de recherche, s'appuyant cette fois sur la coopération entre les gouvernements eux-mêmes, et consacré à l'étude des cycles, des quantités et des qualités de l'eau douce dans le monde. Ce fut la Décennie hydrologique internationale, à laquelle plus de cent pays ont participé de 1965 à 1974, et qui a été suivie du Programme hydrologique international encore en vigueur aujourd'hui.

Cependant, l'un des acquis les plus novateurs du Projet majeur a sans doute été de révéler la complexité des interactions entre phénomènes naturels et activités humaines, et de montrer lanécessité de l'approche interdisciplinaire pour les comprendre et les maîtriser. C'est donc dans le prolongement même du programme sur les zones arides, à la lumière de l'expérience qu'il a léguée et des contacts qu'il a noués, que fut organisée à Paris en 1968 la Conférence intergouvernementale sur «l'utilisation rationnelle et la conservation des ressources de la Biosphère». Il ne s'agissait plus là des seules régions sèches, mais de tous les écosystèmes du globe. En fin de compte, les problèmes qui se posent partout, à l'heure actuelle, se ramènent à ce même conflit entre le fonctionnement de la nature et les pressions de l'activité humaine. 

C'est donc la Conférence de la Biosphère, en 1968, qui lançait pour la première fois cette idée de réconcilier l'utilisation et la conservation de la nature, c'est-à-dire la notion de «développement durable» reprise aujourd'hui de façon solennelle à Rio par la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement. Dans le même temps, elle demandait le lancement d'un nouveau programme mondial de recherche sur «L'Homme et la Biosphère» - le programme MAB. Celui-ci demeure aujourd'hui le principal instrument à la disposition de l'UNESCO et des Etats membres pour proposer des solutions scientifiquement acceptables aux problèmes que pose l'utilisation des territoires et de leurs ressources par une humanité dont le nombre d'une part, les appétits de l'autre, ne font que croître. 

L'auteur, Michel Batisse, ingénieur et physicien français, ancien sous-directeur général pour la science à l'UNESCO, a été le coordonnateur du Projet majeur sur les terres arides.


Regardez le désert au petit matin et mourrez, si vous pouvez !
[Gertrude Bell]

Qu'est-ce que la désertification?
La désertification, une dégradation des sols provoquée par des facteurs anthropiques et le changement climatique, affecte un tiers de la superficie de la planète et plus d'un milliard de personnes. Lors de sa cinquante-huitième session, l'Assemblée générale des Nations Unies a décidé que 2006 serait l'Année internationale des déserts et de la désertification.

L'Année a pour objectif de renforcer la visibilité et l'importance des zones arides, qui représentent environ 41% de la superficie de la planète, soutiennent plus de 2 milliards d'individus et abritent quelques-uns des plus beaux écosystèmes du monde : les déserts. Elle permettra en outre de célébrer la beauté fragile et l'héritage unique que constituent les déserts du monde, mais aussi de souligner que la désertification est un problème mondial.

Tous les pays et organisations de la société civile sont encouragés à prendre des initiatives spéciales tout au long de l'Année et à mieux sensibiliser les populations au problème de la désertification.

"Pour rire"
Deux blondes errent dans le désert depuis plusieurs jours (quelle belle plage ...). Elles meurent de soif.
" J'ai un truc infaillible pour lutter contre la soif. " déclare la première
" Ah ouais, c'est quoi, " interroge la seconde
" Il faut sucer des cailloux ... "
" Alors c'est foutu, ici il n'y a que du sable à perte de vue. "
Long silence. Les deux naufragées du désert reprennent leur pénible progression sur les dunes brûlantes.
" On serait sauvés si on trouvait une rivière, " s'exclame soudain la seconde blonde,
" Tu as raison, " réfléchit la première, " au fond des rivières il y a toujours des cailloux... "

Une maman chameau et son fils discutent ensemble lorsque le bébé chameau demande à sa mère:
- Maman, pourquoi est-ce que je possède trois orteils à chaque pied?
Sa mère répond:
- Eh bien fiston, lorsque nous traversons le désert, ses orteils nous permettent de marcher dans le sable sans que nous nous enfoncions.
Un peu plus tard, le petit chameau demande à sa mère:
- Maman, pourquoi est-ce que je possède d'aussi grandes paupières?
- C'est pour empêcher le sable d'aller dans tes yeux lorsque tu voyages dans le désert.
- Ah ok, merci maman, répondit le petit chameau.
Après un court moment, le fiston chameau se retourne vers sa mère et lui demande:
- Maman, pourquoi est-ce que j'ai ces grosses bosses sur le dos?
La mère, commençant à être agacée par toutes ses questions répondit quand même à son fils:
- C'est pour emmagasiner de l'eau et ainsi lors des traversées dans le désert, te permettre de passer de longues périodes sans boire.
- C'est formidable maman, donc nous possédons trois ortiels pour ne pas s'enfoncer dans le sable, de grosses paupières pour ne pas avoir de sable dans les yeux et des bosses sur le dos pour emmagasiner de l'eau, mais maman...
- Oui mon garçon?
- Veux-tu bien me dire ce que l'on fait au zoo de Granby ?

C'est deux grains de sables dans le désert. Un dit à l'autre :
- Heille, je pense qu'on est suivi.

Le mariage est comme un mirage dans le désert : Palais, cocotiers, chameaux...
Mais soudain tout disparaît et il ne reste que le chameau...


 

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