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Samuel de Champlain

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Histoire de Samuel de Champlain''


Samuel de Champlain, Saintongeais né vers 1580 , « fils de feu Anthoine de  Champlain, [de son] vivant capitaine de la Marine, et de dame Marguerite Le Roy » et mort le 25 décembre 1635 à Québec, était un navigateur, soldat, explorateur, ethnologue, diplomate, géographe, cartographe, dessinateur, écrivain et fondateur de la ville de Québec, le 3 juillet 1608, dont il fut aussi l'administrateur local jusqu'à son décès.

Si Champlain devint gouverneur de la Nouvelle-France, ce ne fut toujours que d'office, jamais en titre : il en accomplissait les fonctions, en tant que « lieutenant » (représentant) d'un noble désigné comme vice-roi pour la Nouvelle-France mais resté en France, tel Pierre Dugua de Mons.

L'acharnement du roturier Champlain à réussir l'implantation d'une colonie française en Amérique lui vaut le titre de « Père de la Nouvelle-France ». Et de 1608 à son décès, sur 28 ans, il traversa dix-neuf fois l'Atlantique pour accomplir ce dessein. Bien sûr, il eut l'aide indéfectible de deux généreux amis, qui peuvent être considérés avec lui, chacun « co-fondateur de Port-Royal en Acadie (en 1605) et de Québec en Nouvelle-France (en 1608) » : Pierre Dugua de Mons et François Gravé-Dupont. 
 

Hormis son lieu d'origine déclaré (de naissance ou d'habitat durant son jeune âge), Brouage en Saintonge (Charente-Maritime), nous n'en savons guère plus sur la jeunesse de Champlain. Nous devons cependant admettre qu'il a reçu une bonne formation de navigateur et de cartographe, et qu'il a lu avec grand intérêt les récits de Jacques Cartier et autres explorateurs.

Tout ceci nous est peu à peu révélé dans les livres qu'il a lui-même écrits et fait publier à Paris (en 1603, 1613, 1619 et 1632), à l'intention des lettrés susceptibles de favoriser la réussite de son projet, dans le sillage de Jacques Cartier : que des fils et filles du royaume de France fassent bientôt souche permanente en Amérique, comme l'ont fait ou le feront bientôt ceux des royaumes rivaux (Espagnols, Portugais, Anglais, Hollandais, ...)
 

 Son premier emploi : dans l'armée du roi, en Bretagne 

Dès le début du Brief discours des choses plus remarquables que Samuel Champlain de Brouage a reconnues aux Indes Occidentales , qui lui serait attribuable, il écrit qu'il a été employé en l'armée du Roi qui était en Bretagne sous messieurs le Maréchal d'Aumont, de St Luc, & Maréchal de Brissac, en qualité de Maréchal des logis  de la dite armée durant quelques années, & jusques à ce que Sa Majesté eût en l'année 1598 réduit en son obéissance ledit pays de Bretagne et licencié son armée .

Du très bon accomplissement de cet emploi, débute à la cour la bonne réputation du jeune Champlain : il a ainsi commencé à faire valoir ses grandes habiletés et son grand zèle à servir les nobles (ces « cousins-germains du roi »), les commandants, qui se succédèrent au-dessus de lui. Et Champlain touchera du bon roi Henri, pour trois années de bons services dans son armée de Bretagne, une petite rente viagère !


États de service de Samuel Champlain, dans l'armée du roi à Blavet, en Bretagne 
(pour y chasser l'Espagnol)
Années son âge présumé son titre ses commandants successifs
1595 15 ans maréchal des logis Jean d'Aumont, né en 1522 et créé « maréchal » 
en 1579 par le roi Henri; mort des suites d'une mousquetade le 19 août 1595.
1596-1597 16-17 ans   idem François I d'Espinay de Saint-Luc, né en 1554, Baron de Crèvecoeur, 
d'Arvert et de Gaillefontaine, gouverneur de Brouage, beau-frère du maréchal d'Aumont, 
à qui il succède en Bretagne, nommé en 1596 « grand-maître de l'artillerie de France »; 
fut tué d'un boulet de canon le 8 septembre 1597.
1597-1598 17-18 ans   idem Charles de Cossé-Brissac (1562-1621), second du nom,
« maréchal de France », auquel Louis XIII donna le titre de « duc de Brissac » en 1612
(premier de ce titre) et qu'il déclarera pair de France en 1620.

Ses premières explorations 
 Dans le Golfe du Mexique (1599-1601) 

En 1599, après ces quelques années dans les troupes, il eut l'occasion, 
grâce à son oncle Guillaume Allène, dit « capitaine provençal », 
de s'embarquer pour l'Espagne et ensuite d'être chargé de mener un navire de l'oncle aux 
Indes Occidentales (aux Antilles et dans le Golfe du Mexique). 
Ce voyage d'une durée de deux ans est relaté dans « Brief discours des choses plus remarquables 
que Samuel Champlain de Brouage a reconneues aux Indes Occidentales ». 
Informé et conseillé par des Espagnols, Champlain se rendit en exploration 
jusqu'à Mexico et ce qui est aujourd'hui le Panamá, reconnaissant lui-même l'étroitesse de 
l'isthme et la pertinence d'y construire un jour un canal !
 

 Sur les bords du fleuve Saint-Laurent (1603) 

Son premier voyage vers l'Amérique du Nord commença en 1603 au sein d'une expédition 
de traite des fourrures au Canada, pilotée par François Gravé (dit sieur du Pont 
ou Pont-Gravé, Gravé-Dupont, le Pont). Il partit le 15 mars 1603 de Honfleur (Calvados),
à bord de La Bonne Renommée. Deux autres navires les accompagnèrent, dont La Françoise.
Désireux de se faire valoir auprès du roi qui lui versait déjà une petite rente 
(et de briller sur les traces de Jacques Cartier), Champlain avait reçu d'Henri IV 
l'assentiment qu'il avait sollicité, sous offre et promesse de lui faire rapport de ses 
« découvertures » (découvertes, résultats d'explorations). 
Il explora donc une partie du pays, en compagnie de François Gravé-Dupont qui, chaque été depuis
au moins 3 ou 4 ans, avait l'habitude de remonter le fleuve en barque, jusqu'aux Trois-Rivières. 
Champlain n'eût pas d'autre assignation officielle pour ce voyage et il put esquisser, 
avec une grande précision, une carte de « la Grande Rivière de Canadas », de son embouchure
jusqu'au Grand Sault infranchissable que Jacques Cartier avait atteint en 1535. 
À son retour en France le 20 septembre, Champlain fit rapport au roi puis fit publier un 
compte-rendu de ses voyages intitulé « Des sauvages... »  
(relation de son séjour dans un campement estival de Montagnais à Tadoussac, en plus du récit de ses explorations, de dessins et de cartes).
 

 En Acadie et jusqu'au-delà du futur Boston (1604-1607) 

À nouveau chargé par Henri IV de lui faire rapport de ses découvertes, 
Champlain participa à une autre expédition en Nouvelle-France au printemps 1604, 
menée celle-là par Pierre Dugua de Mons et toujours pilotée par François Gravé-Dupont. 
Appareillant du Havre-de-Grâce, l'expédition compte deux navires, la Bonne Renommée et le Don de Dieu. Champlain aida à la fondation de l'habitation de l'Île Sainte-Croix, 
le premier établissement français du Nouveau Monde, qui fut abandonné l'hiver suivant.
Ensuite, l'expédition établit la colonie à Port-Royal, avec la recommandation et l'aide de Champlain, 
qui s'adonna ensuite au jardinage avec un nouveau venu qui lui deviendra un grand ami : 
l'apothicaire parisien Louis Hébert.

Champlain vécut à Port-Royal en Acadie, durant les années suivantes. Il explora et cartographia 
le littoral de l'Atlantique, de l'Île du Cap-Breton jusqu'au sud du Cap Blanc (Cap Cod, 
dans le Massachusetts). Puis il y fonda l'Ordre du Bon-Temps pour y passer l'hiver « fort joyeusement »,
entre hommes car il n'y avait ni femme ni enfant dans cette longue expédition. 
Au mois de mai 1607, Port-Royal fut abandonné quand les privilèges de commerce 
de Pierre Dugua de Mons furent révoqués et toute l'expédition retourna en France.
 

À Québec (1608-1609) 

L'arrivée de Samuel de Champlain à Québec selon George Agnew Reid, 1909.

Champlain ne resta pas très longtemps en France. Le 18 avril 1608, 
il repartit pour la Nouvelle-France à bord du Don de Dieu, comme lieutenant de ce même 
Pierre Dugua de Mons (qui ne revint plus en Amérique), avec mission d'y établir une colonie 
permanente en un lieu favorable le long de la Grande Rivière de Canada.

Le 3 juillet, Champlain accosta à Tadoussac et, avec ses ouvriers, gagna en barque 
la « pointe de Québec » où il fit ériger trois bâtiments principaux, d'une hauteur de deux étages, 
entourés d'un fossé de 4,6 mètres de large et d'une palissade de pieux.
Cet emplacement allait devenir la ville de Québec.

Le premier hiver fut difficile pour ces hivernants, tous des ouvriers. 
Des 25 hommes qui étaient restés, seulement huit ont survécu, la plupart étant décédés du scorbut.
L'été revenu, Champlain prit soin d'établir d'excellentes relations avec les Amérindiens des environs.
Comme à Tadoussac, six ans auparavant, il renoua des alliances avec les Montagnais et 
les Algonquins (qui vivaient au nord du Fleuve Saint-Laurent), en acquiesçant à leur demande 
persistante de les aider (de leurs armes à feu  dans la guerre contre leurs ennemis Iroquois
(qui vivaient au sud du fleuve).
 

 Au Lac Champlain (1609) 

Champlain partit avec neuf soldats français et 300 Amérindiens pour explorer 
la Rivière des Iroquois (aujourd'hui le Richelieu) et découvrit le lac auquel il donne aussitôt 
son propre nom (le lac Champlain dans l'actuel Vermont. N'ayant fait, jusque là, aucune rencontre 
avec les Iroquois, plusieurs des hommes rebroussèrent chemin, laissant Champlain avec seulement 
deux Français et 60 Amérindiens.

Au 19 juillet, à l'emplacement du futur Fort Carillon (aujourd'hui Crown Point, New York), 
Champlain et son équipe rencontrèrent enfin un groupe d'Iroquois. La bataille commencera le lendemain.
Deux cents Iroquois avancent sur la position de Champlain tandis qu'un guide indigène 
pointe les trois chefs iroquois. Champlain tire un coup d'arquebuse et tue d'un seul coup 
deux d'entre eux.
Les Iroquois font aussitôt demi-tour, déguerpissant. 
Cela allait donner le ton aux relations franco-iroquoises pour près d'un siècle.
 

 Allers-retours France-Québec (1609, puis 1610) 
 

Victorieux, Champlain retourne en France faire rapport à de Mons et tenter avec lui 
de renouveler leur monopole du commerce de la fourrure. 
Ils y échouent mais ils réussissent à former une société avec quelques marchands de Rouen, 
pour lesquels une section de l'unique habitation de Québec peut devenir un entrepôt exclusif 
pour leur commerce de la fourrure. En retour de quoi, les marchands de Rouen 
promettent de soutenir la colonie. Champlain retourne à Québec le 8 avril 1610.

À son retour, ses alliés amérindiens lui demandent assistance dans un autre épisode 
de la guerre contre les Iroquois. Durant la bataille, à l'embouchure de la rivière Richelieu, 
Champlain reçut une flèche qui lui « coupa le bout de l'oreille et perça cou ».
Encore victorieux, il retourne à Québec pour constater que la traite de la fourrure 
a été désastreuse pour les marchands qui le soutiennent et pour apprendre la nouvelle 
de l'assassinat d'Henri IV. Il retourne donc en France, laissant 16 hommes à Québec. 
Il en profite, à la toute fin de décembre 1610, pour épouser à Paris une très jeune fille, 
nommée Hélène Boullé, puis il revient à Québec pour l'été 1611...
 

 En 1603, Samuel de Champlain au Sault-au-Récollet 
 

Samuel de Champlain rappelle Jacques Cartier - Dans l’introduction de son 5e volume,
Champlain nous informe que :

« le dit Cartier alla jusqu'à un lieu qui s’apppelait de son temps Ochelaga, et qui maintenant
s’appelle Grand Sault saint Louis, lesquels lieux estoient habitez de Sauvages, qui estans 
sedentaires, cultivoient les terres. Ce qu’ils ne font à present, à cause des guerres 
qui les ont fait retirer dans le profond des terres » 
 

Puis Champlain continue :

« le dit Cartier ayan recognu, selon son rapport, la difficulté de pouvoir passer les Sauts, 
et comme estant impossible, s'en retourna où estoient ses vaisseaux… hyverner en la riviere Sainte Croix,
où maintenant les Pères Jésuites ont leur demeure » 
   
Première entente avec les Autochtones
  
Au printemps 1603, François Gravé, sieur du Pont, débarque en Nouvelle-France accompagné 

du géographe Samuel de Champlain et sous mandat de Aymar de Chaste, gouverneur de Dieppe 
et titulaire du monopole commercial de la Nouvelle-France (le sieur Chauvin de Normandie 
était décédé quelque temps auparavant). Ils viennent en observateur sur volonté royale. 
De Chaste avait demandé à Pont-Gravé de recevoir Champlain (alors connu comme géographe)
en son vaisseau et lui faire connaître ces lieux. Ils parviennent à Tadoussac le 24 mai 1603,
où ils ancrent le navire. Le 27 mai, ils traversent en barque l'embouchure du Saguenay et 
descendent à la Pointe aux Alouettes. Non loin de là se trouve la cabane du grand chef 
Montagnais Anadabijou. Ils lui rendent visite. Ce dernier est alors en plein festin, 
au milieu d'une centaine de guerriers. Il accueille les nouveaux arrivants.  

Un conseil amérindien se réunit aussitôt. Champlain dévisage curieusement ces autochtones
qu'il découvre. L'un des Amérindiens qui accompagne Champlain et qui revient de France,
se lève et parle amplement du pays qu'il a visité. Il raconte l'entrevue qu'il a eue avec 
Henri IV, roi de France. Il explique que le roi leur voulait du bien à eux tous et désirait 
peupler leur terre. Pendant ce temps, le calumet de paix circule. Champlain et Pont-Gravé 
aspirent à leur tour de grandes bouffées de fumée d'herbes. Le conseil se termine. 
Mais ni Champlain, ni Pont-Gravé ne se doutent que la politique qui vient de s'élaborer 
dominera tout le siècle qui s'ouvre. C'est ici que les guerres iroquoises viennent de se décider. 
Elles séviront jusqu'à la Grande Paix de Montréal en 1701. La rencontre fatidique faite, 
le 18 juin 1603 ils quittent pour le Grand Sault Saint-Louis.

 La rivière des Prairies, voie d’entrée de Samuel de Champlain 

Samuel de Champlain fit plusieurs visites à Montréal qu’il appela alors “le Sault” ou encore 
“Le Sault Saint-Louis” et encore parfois la “Mission Saint-Louis”. Il visita une première fois 
l’île en 1603 à titre de géographe assistant de François Gravé, sieur du Pont, chef d’expédition.
Bien que sa description générale de la configuration des lieux laisse à désirer, son arrivée au Sault est surprenante et nous permet de reconnaître l’endroit où alors il se trouvait. Il nous en informe ainsi :

« nous arrivasmes cedict jour à l'entrée du sault…et rencontrâmes une isle qui est 
presque au milieu de laditte entrée… d'un quart de lieuë de long… où il n'y a que trois 
à quatre ou cinq pieds d'eau, et aucunes fois [parfois] une brasse ou deux… et tout à coup 
n'en trouvions que trois ou quatre pieds… Du commencement de la dite isle qui est au milieu
de laditte entrée, l'eau commence à venir en grande force. » 
 

Cette description nous permet d’entrevoir où Champlain se trouvait alors: à l’Île de la Visitation. 
Puis, approchant le Sault Saint-Louis que Jacques Cartier n’avait pu franchir, le 2 octobre 1535,
il nous informe que:

« Venant à approcher dudict Sault avec notre petit esquif et le canot, je vous assure que
jamais je n’ai vu un torrent d’eau desborder avec une telle impétuosité … n’étant que 
d’une brasse ou de deux, et au plus de trois » …(OEUVRE DE CHAMPLAIN - 
p. 103 , abbé C.-H. Laverdière, M. A.)
 

Remarquons ici que Jacques Cartier dans son récit nous informe que trois saults s’échelonnaient
d’une distance de quelques 6 lieues. Samuel de Champlain pour sa part nous informe dans 
son reportage d'une longueur de trois ou quatre lieues.

« Nous fumes par terre dans les bois, pour en veoir la fin, …où l’on ne voit plus de rochers, ny de saults….
et ce courant contient quelques trois ou quatre lieuës »…. 
(OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 104 , abbé C.-H. Laverdière, M. A.)
 

Ce disant, Samuel de Champlain confirmait ce que les visiteurs précédents, dont Jacques Cartier,
son neveu Jacques Noël et d’autres, avaient confirmé.

Notons ici que, compte tenu de l’époque durant laquelle ces découvertes furent faites,
une époque où la notion de distance n’avait pas de valeur précise (bien que plusieurs auteurs
attribuent une longueur de 3 milles à un lieue), les distances mentionnées sont d’un même ordre 
de grandeur. Ajoutons de plus que les caractéristiques topographiques d'un site peuvent 
grandement changer avec le temps, en particulier celles d'une rivière.


Exploration de l'île du Mont Royal 

 Recherche d’un site pour une colonie à la rivière des Prairies 

Tout comme à Québec où Samuel de Champlain avait fait construire une habitation, 
il désirait devoir éventuellement en faire autant en quelque part le long de la rivière des Prairies. 
Soit près de l'un ou l'autre des saults qu'il mentionne dans ses écrits: le SAULT, 
LE SAUT SAINT-LOUIS, LE GRAND SAULT. 
Aussi sans nous dire précisément son intention lorsqu'il quitta Québec pour Montréal, 
l'on peut deviner qu'un de ses projets était d'identifier quelque part sur l'île du Mont Royal 
un site propre à la construction d'une habitation et/ou d'une colonie. 
Arrivant à la rivière des Prairies le 28 mai 1611, il nous informe:

« Ce mesme jour je partis de Quebecq, et arrivay audit grand saut le vingthuitiesme de May, 
où je ne trouvay aucune des sauvages ….après avoir visité d'un costé et d'autre,
tant dans les bois que le long du rivage, pour trouver un lieu propre pour la scituation 
d'une habitation, et y preparer une place pour bastir, je fis quelques huit lieues par terre 
cottoyant le grand saut par des bois qui sont assez clairs, et fus jusques à une lac o
ù nostre sauvage me mena; où je consideray fort particulierement le pays »… 
(OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 838, abbé C.-H. Laverdière, M. A.)
 

Samuel de Champlain termine finalement son récit de recherche d'un site sis soit 
le long de la rivière des Prairies, soit ailleurs en nous informant qu'après avoir 
parcouru quelques huit lieues, il aboutit au fleuve Saint-Laurent où il trouva à l'embouchure 
d'une petite rivière (i.e.la rivière Saint-Pierre aujourd'hui disparue) un site propre 
à des habitations, un site qu'il nomma Place Royale.
 

 Grande traversée de l’île du Mont Royal 

L’un des mandats dont Samuel de Champlain devait s’acquitter était de celui de trouver 
dans la région de Montréal, peut-être au Sault Saint-Louis ou à quelque autre endroit sis
sur cette rivière des Prairies, le site d’une future colonie. Il nous informe qu’il visita divers
lieux le long de cette rivière, ce jusqu’au moment il entreprit en 1611 de traverser l’île et
de marcher quelques 18 milles pour finalement aboutir dans ce qui est aujourd’hui le Vieux-Montréal.

« Après avoir visité d’un costé et d’autre, tant dans les bois, que le long du rivage, 
pour trouver un lieu propre pour la scituation d’une habitation, et y preparer une place 
pour y bastir, je cheminay 8. lieuës par terre costoyant le grand sault par les bois 
qui sont assez clairs, et je fus jusques à un lac, où notre sauvage me mena »… 
(OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 838 , abbé C.-H. Laverdière, M. A.)
 

Champlain venait d’identifier le site d’une nouvelle habitation, d’une nouvelle colonie à laquelle
son supérieur, le duc de Ventadour, vice-roi de la Nouvelle-France 
(et également dirigeant de la société secrète, la Compagnie du Saint-Sacrement de l’Autel)
portait grande attention. Là son attention fut retenue par la présence d’un petit endroit
à l’entrée d’une rivière, une rivière connue par la suite sous le nom de rivière Saint-Pierre. 
Il nomma cette place, PLACE ROYALE.

« Mais en tout ce que je veis, ne ne trouvay point de lieu plus propre qu’un petit endroit, 
qui est jusques où les barques et chaloupes peuvent monter aisément,…. a
vons nommé la Place royale, à une lieuë du Mont Royal »… 
(OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 838-839, abbé C.-H. Laverdière, M. A.)
 

C'est à cet endroit que sera trente ans plus tard construite la colonie de Ville-Marie..
 

 En 1610, mariage avec Hélène Boullé et retour au Québec 

Durant son séjour en France, il épousa Hélène Boullé, une fillette de seulement douze ans. 
À cause de l'âge de celle-ci, le contrat de mariage ne pouvait prendre effet 
que deux ans plus tard, mais Champlain reçut 4 500 livres comme dot, 
ce qui était une contribution significative à ses efforts à Québec.


 Hélène Boullé 

Les fiançailles ont lieu le 29 décembre 1610 à Saint-Germain-l'Auxerrois en France. 
Hélène Boullé a douze ans et Champlain en a environ trente.

Ce n'est que dix ans plus tard, soit en 1620, qu'il l'emmène avec lui à Québec. 
Commencent pour Hélène Boullé quatre ans de vie difficile. Manquant souvent de nourriture, attaquée régulièrement par les Iroquois, la petite colonie doit tout faire par elle-même, 
car, loin de la France, personne ne peut les aider. Hélène Boullé apprend à parler 
algonquin et s'occupe des Amérindiens et des malades. Elle est tellement belle et patiente 
que les Amérindiens l'adorent comme une divinité.

Mais cette vie ne plaît pas du tout à la femme de Champlain. Très croyante, elle n'a qu'un désir :
devenir religieuse. En 1624, elle retourne en France et ne reviendra plus. 
À compter de 1633 Champlain demeure à Québec, jusqu'à sa mort. Ils ne se verront plus.

Champlain meurt en 1635 et, dix ans plus tard, Hélène Boullé accomplit son rêve : 
elle entre au couvent Ursulines de Paris et prend le voile sous le nom d'Hélène de Saint-Augustin.
Comme elle est riche, elle donne tout son argent à la communauté pour bâtir un nouveau 
couvent à Meaux, où elle s'installe avec quatre religieuses. Hélène Boullé ne vivra que six années 
dans son couvent. Elle meurt le 20 décembre 1654, à l'âge de cinquante-six ans.

 Retour à Québec 

Champlain retourna au poste de Québec le 21 mai 1611. Durant l'été, il voyagea dans 
le secteur de l'actuelle Montréal où il défricha la terre et y fit construire un mur 
« pour voir s'il résisterait à l'hiver ». Puis, afin d'augmenter son prestige auprès des indigènes, 
il descendit les rapides de Lachine avec eux, un exploit qui avait été réalisé 
une seule fois par un Européen.

Carte de la Nouvelle France dressée par Samuel de Champlain - 1611

Cet automne-là, il retourna une fois de plus en France pour assurer l'avenir de sa quête 
dans le Nouveau Monde. Ayant perdu le soutien des marchands, il écrivit des rapports 
et dessina une carte (laquelle est la plus ancienne qui existe encore aujourd'hui) et 
demanda au nouveau roi, Louis XIII, d'intervenir. Le 8 octobre 1612, Louis XIII nomma 
Charles de Bourbon, Comte de Soissons (qui allait bientôt devenir le Prince de Condé) 
lieutenant-général en Nouvelle-France. Champlain reçut le titre de lieutenant et le pouvoir 
d'exercer le commandement au nom du lieutenant-général, pour nommer capitaines et 
lieutenants, de mandater des officiers pour l'administration de la justice et la maintenance 
de l'autorité policière, des règlements et ordonnances, de faire des traités et d'effectuer 
des guerres avec les indigènes et de retenir les marchands qui ne font pas partie de la société.
Ses fonctions incluaient la tâche de trouver la voie la plus simple vers la Chine et les 
Indes occidentales, et les moyens de découvrir et d'exploiter des mines de métaux précieux
dans le secteur.

Au début de l'année, il publia un compte-rendu de sa vie entre 1604 et 1612 intitulé « Voyages »
et le 29 mars 1613, il arriva de nouveau en Nouvelle-France et proclama son nouveau mandat. 
Plusieurs indigènes furent dégoûtés par les tactiques des marchands non autorisés et la traite
de la fourrure, une fois de plus, rapporta peu de bénéfices. Champlain partit le 27 mai 
pour continuer son exploration de la contrée des Hurons et en espérant trouver la « mer du nord » 
dont il avait entendu parler (probablement la baie d'Hudson). Il navigua sur la rivière 
des Outaouais, donnant la première description du secteur. Ce fut en juin qu'il fit une rencontre 
avec Tessouat, le chef algonquin de l'Île aux Allumettes et offrit de leur construire 
un fort s'ils avaient à se déplacer du secteur qu'ils occupaient avec son sol pauvre
aux rapides de Lachine.

En 1613 et 1615 et 1616, Samuel de Champlain aux Indes occidentales 

 Première exploration (1613) 

Premier voyage de Samuel de Champlain dans les Pays d'en Haut - En mai 1613,
Champlain entreprend l'exploration de la rivière des Outaouais. Un interprète (ou "truchement") 
Nicolas de Vignau, a convaincu l'explorateur qu'il connaît le chemin qui conduit à la « mer du Nord »

(la baie d'Hudson). Mais lisons plutôt le départ de Champlain :

« Le 13, je partis de Québec pour aller au Sault Saint Louys où j’arrivay le 21. 
Or n’ayant que deux canaux, je ne pouvois menier avec moy que 4. hommes entre lesquels 
estoit un nommé Nicolas de Vigneau, le plus impudent menteur qui se soit veu de long temps, 
comme la suite de ce discours le fera voir, …il me rapporta à son retour de Paris en l’année 1612.
qu’il avoit veu la mer du nort… Ainsi nos canots chargez de quelques vivres, de nos armes &
marchandises pour faire présents aux Sauvages, je partis le Lundi 27. Mai de l'isle Saincte-Heleine,
avec quatre François et un Sauvage. » ... 
(Œuvres de Champlain - p. 857, abbé C.-H. Laverdière, M. A.)
 

À l'instigation de Nicolas de Vignau, Champlain remonte alors la rivière des Outaouais 
vers le pays des Hurons. Il s'arrête à un campement d’une tribu algonquine, les Kichesipirinis,
sur l'île aux Allumettes. Pour conserver le rôle des Kichesipirinis comme intermédiaires 
entre les Français et les autres tribus amérindiennes, le chef Tessouat contredit Vignau 
à propos de la route vers la baie d'Hudson. Il se montre également très réticent devant 
l'intention de Champlain de poursuivre son voyage vers le lac Nipissing. 
Après quelques cadeaux et échanges diplomatiques, l'explorateur rebrousse chemin et 
rentre à Québec. En cours de route Champlain perd son astrolabe qui ne sera retrouvé 
qu’au XIXe siècle. Cet instrument est unique. Il s'agit du plus petit des 35 astrolabes
nautiques de cette période qui soient parvenus jusqu'à nous, et le seul de cette époque 
qui provienne de France. Cet astrolabe pouvait également être utilisé horizontalement comme instrument d'arpentage.
 

 Première messe dite sur l'île de Montréal (1615) 

LA PREMIÈRE MESSE SUR L'ÎLE DE MONTRÉAL - 24 JUIN 1615. La première messe célébrée
sur l'île de Montréal eut lieu le 24 juin 1615 à la rivière des Prairies, par le père Denis Jamet
assisté du père Joseph Le Caron, Récollets. En commémoration de cette première messe, 
la ville de Montréal fit ériger en 1915 au milieu du parc Nicolas Viel une stèle en granit 
surmontée d'une croix. L'une des faces de cette stèle rappelle cette première messe 
célébrée à Montréal le 24 juin 1615, sur la rive de la rivière des Prairies, par le Père Denis Jamet.
L'autre face rappelle le souvenir du père Viel et de son protégé, Ahuntsic. 
Cette stèle du sculpteur J.-C. Picher fut l'œuvre de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.
De plus, le visiteur pourra prendre connaissance de la magnifique toile du peintre Georges Delfosse à la cathédrale Marie-Reine du Monde, rue René-Lévesque à Montréal dont l'illustration est tirée.

Au sujet de cette première messe dite sur l'île du Mont Royal, Samuel de Champlain déclare :

« …et le jour suivant, je party de là pour retourner à la rivière des Prairies,
où estant avec deux canaux de Sauvages, je fis rencontre du père Joseph [Le Caron], 
qui retournoit à notre habitation, avec quelques ornements d'Église pour celebrer 
le saintc Sacrifice de la messe, qui fut chantee sur le bord de ladite riviere avec toute devotion,
par le Reverend Pere Denis [Jamet], et Pere Joseph [Le Caron], devant tous ces peuples 
qui estoient en admiration, de voir les ceremonies dont on fait et des ornements qui leur sembloient
si beaux, comme chose qu'ils n'avoient jamais veuë: car c'estoient les premiers qui ont celebré 
la Saincte Messe. » ...(
OEUVRES DE CHAMPLAIN - p. 504, abbé C.-H. Laverdière, M. A.)

 Seconde exploration à la Mer Douce (1615-1616)

Second voyage de Samuel de Champlain dans les Pays d'en Haut et expédition guerrière.
Le 9 juillet 1615, Champlain quitte Québec et atteint la baie Georgienne en compagnie de deux Français.
L'un est probablement Étienne Brûlé. Utilisant la grande route de la traite (rivière des Outaouais, 
rivière Mattawa, lac Nipissing, rivière des Français et baie Georgienne) Champlain accède 
alors au cœur du pays des Hurons. Il explore le pays maintenant son allégeance aux alliés autochtones, les Algonquins et les Hurons-Ouendats. Il voyage de village en village jusqu'à Cahiagué, 
situé sur les rives du lac Simcoe et lieu de rendez-vous militaire. Là un groupe de guerriers 
autochtones auquel se trouve Étienne Brûlé, part en direction du sud pour susciter la participation
des Andastes au combat contre les Iroquois.
Il décide alors de poursuivre la guerre contre les Iroquois.

Avec un important contingent de guerriers hurons, Champlain accompagné des quelques 
Français se dirige vers l'est puis traverse l'extrémité orientale de l'actuel lac Ontario. 
Ils cachent les canots et poursuivent leur route à pied longeant la rivière Onneiout (Oneida).
Parvenus à un fort iroquois situé entre les lacs Oneida et Onondaga, ils livrent bataille sans grand succès. Champlain est blessé.
 

 Un hivernement forcé (1615-1616) 

Champlain désire alors revenir au Saut-Saint-Louis. Mais les Autochtones en décident autrement. 
Les Hurons refusent d'accompagner Champlain avant le printemps suivant, ce qui force ce dernier 
à hiverner en Huronie.

Il profite de son séjour dans la région pour explorer le sud-ouest, les Pétuns et les 
Cheveux-Relevés (sud de la Huronie et de la péninsule Bruce). Lors d'une grande chasse 
en compagnie de Hurons, Champlain se perd en forêt, erre pendant trois jours dans les bois 
avant de retrouver ses compagnons. Il prend aussi le temps de rédiger une description 
détaillée du pays, des mœurs, des coutumes et de la façon de vivre des Autochtones. 
Il s'émerveille devant la beauté du paysage et la fertilité des lieux. 
Il ne tire cependant que des renseignements limités sur l'Ouest mystérieux, 
car en raison des guerres qui sévissent entre les diverses nations, les Autochtones 
ont peu voyagé dans cette direction. Fin juin 1616, il est de retour au Saut-Saint-Louis


arrivée de champlain

Constitution de sociétés 

Statue de Samuel de Champlain à Ottawa (Ontario)

Le 26 août, Champlain était de retour à Saint-Malo. Il y écrivit un compte-rendu du voyage en amont de la rivière des Outaouais et publia une autre carte de la Nouvelle-France. En 1614 il forma la « Compagnie des Marchands de Rouen et de Saint-Malo » et la « Compagnie de Champlain », laquelle limitait les marchands de Rouen et Saint-Malo depuis onze ans. Il retourna en Nouvelle-France au printemps 1615, cette fois-ci avec quatre Récollets afin de promouvoir la vie religieuse dans la nouvelle colonie. Champlain s’embarque à Honfleur sur le Saint-Étienne, le Don de Dieu et le Loyal.

Champlain continua de travailler pour améliorer les relations avec les indigènes, promettant de les aider dans leur luttes contre les Iroquois. Avec ses guides indigènes, il explora plus loin la rivière des Outaouais et aboutit au lac Nipissing. Il suivit ensuite la rivière French jusqu'à ce qu'il atteigne la mer d'eau douce qu'il nomma lac Attigouautau (aujourd'hui le lac Huron).

Le 1er septembre, à Cahiagué (au lac Simcoe), débuta une expédition militaire. Ils passèrent le Lac Ontario à sa pointe orientale où ils cachèrent leurs canots et continuèrent leur voyage sur terre. Ils suivirent la rivière Oneida jusqu'à ce qu'ils se retrouvent face à un fort iroquois. Les Hurons faisant pression pour attaquer prématurément, l'assaut échoua. Champlain fut blessé deux fois aux jambes par des flèches, dont une dans le genou. L'attaque dura environ trois heures jusqu'à ce qu'ils soient forcés de fuir.

Bien qu'il ne le voulait pas, les Hurons insistèrent pour que Champlain passe l'hiver avec eux. Durant son séjour, il les accompagna dans leur grande chasse au cerf, durant laquelle il se perdit et fut obligé d'errer trois jours, dormant sous les arbres jusqu'à ce qu'il fasse par chance une rencontre avec une des Amérindiens. Il passa le reste de l'hiver apprenant « leur pays, leurs façons, leurs coutumes, leur mode de vie ». Le 22 mai 1616, il quitta la contrée des Hurons et était de retour à Québec le 11 juillet. Il passa quelque temps à agrandir le fort qu'il nommait Habitation et repartit pour la France le 20 juillet.

En France, Champlain apprit que le Prince de Condé avait été arrêté. Le maréchal de Thémines fut promu au bureau de vice-roi. Champlain, ayant perdu sa position de lieutenant, écrivit un rapport au roi de France et à la Chambre de Commerce afin d'augmenter le soutien de ses efforts en Nouvelle-France. Il écrivit ceci, en chemin vers la Nouvelle-France :

« On a pu facilement atteindre le Royaume de Chine et les Indes Occidentales, d'où l'on peut tirer profit de grandes richesses » et les droits de service, lesquels peuvent être collectés des échanges résultants, « peuvent surpasser en valeur au moins dix fois tous ceux prélevés en France. »

Il énonça que la France contrôlait un pays « de presque dix-huit cents lieues en longueur, arrosé par les plus loyales rivières du monde » et que des âmes innombrables pourraient être converties au christianisme. Pour atteindre ces buts, Champlain suggéra qu'« une ville aussi large que Saint-Denis, laquelle devrait être nommée, s'il vous plaît Dieu et le Roi, Ludovica » soit fondée. Il demanda que la France envoie 15 Récollets, 300 familles de quatre personnes et 300 soldats. Concernant le commerce, Champlain estima que la colonie produirait un revenu annuel d'approximativement 5 400 000 livres, principalement de la pêche, des mines, des fourrures et des profits comme résultat à la « plus courte route vers la Chine ». La Chambre de Commerce a été convaincue immédiatement et Champlain regagna son monopole sur la traite de la fourrure. Le Roi chargea ses associés de « poursuivre tout le travail qu'il sera jugé nécessaire pour établir les colonies qui voudront se retrouver dans le-dit pays ».

Champlain repartit en Nouvelle-France au printemps de 1618 pour y arriver seulement le 28 août. Les Britanniques étaient parvenus à obtenir la liberté des échanges. Aussi ses associés refusaient-ils d'assurer la population de la colonie, craignant de ne pouvoir obtenir des fourrures que des colons. Champlain fut dérangé, écrivant « Ils pensaient ... ils installaient une sorte de république là selon leurs propres notions. » Il a assuré son droit de commander Québec faisant signer à ses associés un contrat assurant qu'ils maintiendraient 80 personnes dans la ville de Québec. Son voyage de retour planifié en Nouvelle-France fut annulé quand les associés refusèrent à nouveau de reconnaître ses droits, et il fut forcé de rester en France. Durant son séjour, il écrivit un compte-rendu de ses voyages entre 1615 à 1618. En octobre 1619, le Prince de Condé fut libéré et a reporté ses droits comme vice-roi au duc de Montmorency, amiral de France.

Le duc de Montmorency confirma Champlain dans sa fonction et, le 7 mai 1620, Louis XIII lui demanda de maintenir le pays de Nouvelle-France « en obéissance à moi, faisant vivre le peuple qui est là-bas en aussi proche conformité avec les lois de mon royaume que vous le pouvez. » Champlain retourna immédiatement en Nouvelle-France à bord du Saint Étienne et allait y passer le reste de sa vie, se concentrant sur l'administration du pays plutôt que sur l'exploration.

Champlain passa l'hiver à construire le Fort Saint-Louis au haut du Cap Diamant. À la mi-mai, il apprit que la traite de fourrure avait été prise en main par une autre compagnie dirigée par les frères Caën. Après quelques négociations tendues, il se décida à fusionner les deux compagnies sous la direction des Caën. Champlain continua son travail sur les relations avec les Amérindiens et parvint à leur imposer un chef de son choix. Il parvint également à signer un traité de paix avec les tribus iroquoises.

Champlain continuait à travailler sur l'amélioration de son Habitation, posant la première pierre le 6 mai 1624. Le 15 août, il retourna une fois de plus en France où il fut encouragé à continuer son travail aussi bien qu'à continuer la recherche d'un passage vers la Chine. Le 5 juillet, il revint à Québec et continua à travailler à l'expansion de la ville.

En 1627, le cardinal de Richelieu prit de l'intérêt pour Québec en créant la Compagnie des cent-associés dont Champlain fut membre. Ce nouveau régime conduisit Champlain à devenir, le 21 mars 1629 le lieutenant et représentant de Richelieu en Nouvelle-France

 Chute de Québec 

Les choses n'allaient pas se maintenir pour Champlain et son petit village. Les approvisionnements étaient au plus bas durant l'été de 1628 et les marchands anglais avaient pillé la ferme de Cap Tourmente au début de juillet. Le 10 juillet, Champlain reçut une sommation de quelques marchands anglais, Gervase Kirke et ses fils Lewis, Thomas et David Kirke. Il refusa de faire affaire avec eux, mais en réponse les Anglais firent le blocus de la ville avec leurs trois navires. Au printemps de 1629, les vivres étaient à un niveau extrêmement bas et Champlain fut forcé d'envoyer des gens à Gaspé pour conserver les rations. Le 19 juillet, les frères Kirke arrivèrent et Champlain fut forcé de négocier les termes de la capitulation de la ville, le 14 septembre 1629. Au 29 octobre, Champlain se retrouvait à Londres.

Durant les années suivantes, Champlain écrivit Voyages de la Nouvelle France dédicacé à Richelieu avec son Traité de la marine et du devoir d'un bon marinier. Il fut absent du Québec jusqu'au traité de Saint-Germain-en-Laye en 1632, quand il revint en France et le 1er mars 1633, Champlain réclama son poste de gouverneur de la Nouvelle-France au nom de Richelieu.

Champlain partit de Dieppe (ou de Rouen, selon les sources) le 23 mars 1633 pour Québec, qu'il atteignit le 22 mai, après une absence de quatre ans. Plus de 200 personnes l'accompagnaient, à bord de trois navires : le Saint Pierre, le Saint Jean et le Don de Dieu (la devise de la ville de Québec est « Don de Dieu ferai valoir »). Le 18 août 1634, il envoya un rapport à Richelieu disant qu'il avait rebâti sur les ruines de Québec, élargi ses fortifications, construit une autre Habitation à quinze lieux en amont, aussi bien qu'une autre à Trois-Rivières. Il a aussi commencé une offensive contre les Iroquois annonçant qu'il voulait les éliminer ou les « ramener à la raison ».

Au mois d'octobre 1635, Champlain fut frappé de paralysie. Il mourut le 25 décembre 1635 sans enfant. Il a été enterré temporairement dans une tombe sans nom, tandis que la construction était finie sur la chapelle de Monsieur le Gouverneur. En tant que tel, et malgré de nombreuses fouilles, l'emplacement exact du tombeau de Champlain reste inconnu...

 Portrait 
Portrait factice de Champlain par E. Ronjat.

Il n'existe pas de portrait authentique de Champlain. Toutes les représentations que l'on en donne sont des faux ou des interprétations. La seule image originale est une gravure d'une bataille au lac Champlain en 1609, mais les caractéristiques faciales sont trop vagues pour en avoir une bonne idée.

Il est aujourd'hui admis par les historiens que le portrait que l'on a cru longtemps être celui de Samuel de Champlain serait en fait celui d'un contrôleur des finances nommé Particelli d'Emery. 
Il est toutefois de coutume, faute de mieux, de représenter Champlain sous ces traits.

Mais selon une théorie de l'historien Marcel Trudel, sur des cartes géographiques de l'Amérique du Nord dessinées par Samuel de Champlain en 1612 et 1632, figurent au centre des roses des vents, l'autoportrait de Champlain.

L'autoportrait d'un géographe était chose courante au XVII siècle.

Si la théorie de l'historien québecois Marcel Trudel est exacte, nous avons les représentations authentiques du visage de Samuel de Champlain.

CONSTRUCTION DE L'HABITATION 
DE PORT-ROYAL

En 1604, le sieur de Pierre Dugua de Mons se vit octroyer le monopole du commerce dans la vallée du Saint-Laurent et dans les régions côtières de l'Atlantique. Parmi ses associés figurait Samuel de Champlain; ensemble, les deux hommes fondèrent une petite colonie à Port-Royal, sur la baie de Fundy. Ce dessin de l'illustrateur Charles William Jefferys (1869-1951) montre Champlain surveillant l'édification de Port-Royal. Plus tard, de Pierre Dugua de Mons déménagea et alla installer son quartier général dans la vallée du Saint-Laurent où, en 1608, Champlain fonda un poste de traite de conception similaire à Québec, l'endroit où Cartier avait hiverné en 1535. L'établissement se composait d'un entrepôt à fourure et d'une habitation entourée d'un fossé et d'une palissade de bois. Cette base d'opérations située à l'intérieur du pays permit d'établir des relations commerciales avec des groupes autochtones vivant au Gros Sault et au delà. 

Source: Division de l'iconographie, Archives publiques du Canada (C-73716)

RECHERCHE À LA RIVIÈRE DES PRAIRIES 

Tout comme à Québec où Samuel de Champlain avait fait construire une habitation, il désirait devoir éventuellement en faire autant à quelque part le long de la rivière des Prairies. Soit près de l'un ou l'autre des saults qu'il mentionne dans ses écrits: le SAULT, LE SAUT SAINT-LOUIS, LE GRAND SAULT. Aussi  sans nous dire précisément son intention lorsqu'il quitta Québec pour Montréal, l'on peut deviner qu'un de ses projets était d'identifier quelque part sur l'île du Mont Royal un site propre à la construction d'une habitation et/ou d'une colonie. Arrivant à la rivière des Prairies le 28 mai 1611, il nous informe: 
 

"Ce mesme jour je partis de Quebecq, et arrivay audit grand saut le vingthuitiesme de May, où je ne trouvay aucune des sauvages ....aprés avoir visité d'un costé et d'autre, tant dans les bois que le long du rivage, pour trouver un lieu propre pour la scituation d'une habitation, et y preparer une place pour bastir, je fis quelques huit lieues par terre cottoyant le grand saut par des bois qui sont assez clairs, et fus jusques à une lac où nostre sauvage me mena; où je consideray fort particulierement le pays"...
(OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 838 , abbé C.-H. Laverdière, M. A.) 
 

Samuel de Champlain termine finalement son récit de recherche d'un site sis soit le long de la rivière des Prairies, soit ailleurs en nous informant qu'après avoir parcouru quelques huit lieues, il aboutit au fleuve Saint-Laurent où il trouva à l'embouchure d'une petite rivière (i.e.la rivière Saint-Pierre aujourd'hui disparue) un site propre à des habitations, un site qu'il nomma Place Royale

L’un des mandats dont Samuel de Champlain devait s’acquitter était de celui de trouver dans la région de Montréal, peut-être au Sault Saint-Louis ou à quelque autre endroit sis sur cette rivière des Prairies, le site d’une future oolonie. Il nous informe qu’il visita divers lieux le long de cette rivière, ce jusqu’au moment il entreprit en 1611 de traverser l’île et de marcher quelques 18 milles pour finalement aboutir dans ce qui est aujourd’hui le Vieux-Montréal. 

....”Après avoir visité d’un costé et d’autre, tant dans les bois, que le long du rivage, pour trouver un lieu propre pour la scituation d’une habitation, et y preparer une place pour y bastir, je cheminay 8. lieuës par terre costoyant le grand sault par les bois qui sont assez clairs, et je fus jusques à un lac, où notre sauvage me mena”... (OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 838 , abbé C.-H. Laverdière, M. A.)

Samuel de Champlain venait d’identifier le site d’une nouvelle habitation, d’une nouvelle colonie à laquelle son supérieur, le Duc de Ventadour, Vice Roy de la Nouvelle-France (et également dirigeant de la société secrète, la Compagnie du Saint-Sacrement de l’Autel) portait grande attention. Là son attention fut retenue par la présence d’un petit endroit à l’entrée d’une rivière, une rivière connue par la suite sous le nom de rivière Saint-Pierre. Il nomma cette place, PLACE ROYALE. 

..”Mais en tout ce que je veis, ne ne trouvay point de lieu plus propre qu’un petit endroit, qui est jusques où les barques et chaloupes peuvent monter aisément,.... avons nommé la Place royale, à une lieuë du Mont Royal...
(OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 838-839 , abbé C.-H. Laverdière, M. A.)


PLAN DU FLEUVE SAINT-LAURENT

Ce plan du fleuve Saint-Laurent fut dressé en 1609 par Samuel de Champlain lors de sa traversée dans les boisés de l'île de Montréal alors qu'il était à la recherche d'un site propice à l'implantation d'une colonie. Il posa son choix sur l'embouchure d'une petite rivière, qu'il baptisa Place Royale, en l'honneur de son roi. Le site devait devenir en 1642 le lieu d'implantation de Ville-Marie. Chose fort intéressante, le plan montre le mont Royal (à droite de l'illustration) composé de ses trois collines. 
Les rapides de Lachine y sont évidentes (en haut à droite). Le site de la bourgade de Hochelaga 
n'y est pas montré. Ce plan magistral fut repris par le peintre Paul-Émile Borduas dont 
la toile est exposée au Grand Chalet du parc Mont-Royal. 
SOURCE: Les Voyages du Sieur de Champlain, Xaintongeois. 

Suite à la venue de Cartier au Mont Royal, l'île du Mont Royal suscite l'intérêt de Samuel de Champlain. Le 28 mai 1611, il traverse l'île depuis la rivière des Prairies et s'arrête à l'embouchure d'une petite rivière à une place qu'il nomme alors Place Royale. Il y fait des tests de sol et construire un mur. Il faudra attendre encore encore 30 ans avant qu'une colonie y prenne place: Ville-Marie.

Samuel de Champlain visite le site de la future colonie Ville-Marie.

En 1611, trente et un ans avant l'implantation de la colonie Ville-Marie, l'île du Mont Royal suscite l'intérêt de la France, Le 28 mai 1611, Samuel de Champlain aborde l'île et fait construire à l'embouchure de la rivière Saint-Pierre (rivière aujourd'hui disparue) un mur d'essai visant à vérifier la qualité du sol. Il reviendra sur l'île en 1613 et en 1615. 
En 1642, une colonie y prendra naissance: Ville-Marie. 

EN FRANCE 
Nomination du Duc de Ventadour 
comme Viceroy de la Nouvelle France (1622)
.
Samuel de Champlain nous informe (page 1071 de son mémoire Les Voyages de la Nouvelle France Occidentales dicte Canada par CH Laverdière) de la nomination de Henri de Lévis et Duc de Ventadour à titre de Viceroy en la Nouvelle France. Ce en remplacement de Monseigneur de Montmorency. Suivent alors les recommandations que le Duc de Ventadour transmet à Samuel de Champlain. 
Nous soulignerons ici les aspects importants suivants. Nommément: 

- TROUVER UNE ROUTE VERS LA CHINE ET LES INDES - ..”essayer à trouver le chemin facile pour aller par dedans ledit pays au Royaume de la Chine et Indes Occidentales....tant par la mer que par terre” ....
(OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 1074 , abbé C.-H. Laverdière, M. A.) 

Cette recommandation décrit bien l’entreprise que la France entendait accomplir en terre d’Amérique. Jacques Cartier avait débuté en ce sens plus près d’un siècle auparavant. 

- FAIRE CONSTRUIRE UNE PREMIÈRE HABITATION ...” faire construire et bastir tels forts et forteresses qu’il lui sera besoin et necessaire, pour la conservation de ses gens...au dit lieu de Québec, et autres lieux et endroicts, en l’estenduë de notredict pouvoir” ...(OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 1073 , abbé C.-H. Laverdière, M.A.)

DONNER PRIORITÉ À LA RELIGION CATHOLIQUE ROMAINE - ...”faire instruire .... à la cognoissance et service de Dieu et à la foy et religion Catholique, Apostolique et Romaine... en l’exercice et profession d’icelle,...les dits lieux” ...(OEUVRE DE CHAMPLAIN - p. 1073 , abbé C.-H. Laverdière, M. A.)

En d’autres mots Champlain devra s’assurer que la religion devant être favorisée sera la religion catholique. Cette prise de décision des dirigeants français devait avoir des effets néfastes sur le développement du pays. Le lecteur voudra noter ici qu’à cette époque, la France ignorait l’oeuvre produite en 1556 à Venise, Delle Navigationi et Viaggi. 

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