"Janvier:
c'est le mois de sensibilisation de l'Àlzheimer"
La
maladie d’Alzheimer … c’est plus que vous le pensez
Les
premiers baby boomers atteindront 65 ans cette année, pourtant ils
ne sont pas prêts à confronter la maladie d’Alzheimer
Un
sondage de la Société Alzheimer révèle un manque
alarmant de connaissances. Les medias cherchant à obtenir le détail
des résultats du sondage peuvent contacter la Société
Alzheimer : Mélusine Klein au 416-847-2957 ou mklein@alzheimer.ca
Les
Canadiens peuvent tester leurs connaissances au www.alzheimer.ca/testezvosconnaissances
Un
sondage effectué par la Société Alzheimer auprès
des baby boomers à travers le Canada révèle un manque
alarmant de connaissances sur la maladie d’Alzheimer.
Les
résultats du sondage démontrent que 23 % des boomers sont
incapables de nommer ne serait-ce qu’un seul des signes précurseurs
de la maladie d’Alzheimer, alors que le risque de développer la
maladie double tous les 5 ans après l’âge de 65 ans.
Parmi
les participants, 50 % ont mentionné la perte de mémoire
comme l’un des principaux symptômes de la maladie, sans toutefois
pouvoir nommer d’autres signes précurseurs.
«
Les baby boomers sont les mieux placés pour détecter la maladie
d’Alzheimer, » déclare Mary Schulz, directrice nationale de
l’éducation de la Société Alzheimer. « C’est
une maladie insidieuse. La plupart des gens pensent à la ‘perte
de mémoire’ quant on évoque la maladie d’Alzheimer, mais
il s’agit de bien plus. Les sautes d’humeur, le fait de ranger les objets
usuels dans des endroits inhabituels (comme les clés dans le réfrigérateur),
de se répéter, les difficultés à s’acquitter
de tâches quotidiennes (comme de s’habiller) peuvent être des
signes dont il faut discuter avec un médecin. »
La
plupart des boomers savent que l’incapacité de reconnaître
les visages et les objets familiers constitue l’une des caractéristiques
de la maladie. Cependant, moins de la moitié d’entre eux sont au
courant de changements affectant gravement le fonctionnement de la personne
dans les stades avancés comme les hallucinations ou la dépendance
totale vis-à-vis des autres pour les soins de base. Ce qui est encore
plus inquiétant c’est que très peu de répondants savent
que le diabète, l’obésité, les maladies cardiovasculaires
et la dépression chronique augmentent de manière significative
la probabilité de développer la maladie d’Alzheimer.
Les
résultats d’aujourd’hui confirment un manque flagrant de connaissances
sur la maladie d’Alzheimer parmi les boomers ? la plus large cohorte démographique
du pays ? alors qu’ils courent un risque accru au fur et à mesure
qu’ils vieillissent. Pourtant, il n’a jamais été plus important
de connaître et de prévenir cette maladie. Sans remède
ni traitement pour stopper l’évolution de la maladie, l’Alzheimer
est vouée à devenir le problème de santé le
plus urgent et le plus coûteux auquel les boomers auront jamais été
confrontés : soit ils en seront eux-mêmes atteints, soit ils
devront prendre soin de quelqu’un d’autre qui le sera.
Pour
Judy Southon, ceci aurait pu lui épargner beaucoup d’angoisse. À
63 ans, cette ancienne enseignante et propriétaire d’entreprise
fut totalement prise de court il y a de cela quatre ans lorsque son mari,
Vic, électricien de métier, a reçu un diagnostic de
maladie d’Alzheimer et de démence vasculaire. « J’ai commencé
à remarquer qu’il avait de la difficulté à faire de
petits travaux de bricolage et à utiliser sa perceuse. Il n’arrivait
plus à suivre les modes d’emploi, utiliser son cellulaire et gérer
l’argent. Il ne pouvait même plus lire l’heure. Ça m’a complètement
traumatisée. Le chagrin ne s’estompe jamais, mais plus vous comprenez
cette maladie, mieux vous y faites face, et plus il est possible de planifier
et de tirer de chaque jour le maximum. Il est important que les gens comprennent
vraiment cette maladie et sachent en reconnaître les symptômes.
» À 74 ans, Vic est maintenant aux derniers stades de la maladie
et bénéficie de soins dans un établissement de longue
durée.
Dans
le cadre du mois de la Sensibilisation à la maladie d’Alzheimer,
la Société Alzheimer invite les Canadiens à tester
leurs propres connaissances en répondant au sondage au www.alzheimer.ca/testezvosconnaissances.
La Société encourage également les Canadiens, surtout
s’ils ont plus de 40 ans, à prendre des mesures de prévention
en se renseignant sur les facteurs de risque et en modifiant leurs habitudes
de vie : une alimentation bonne pour le coeur, une vie active avec de l’exercice
régulier, le maintien d’un poids sain, le contrôle de la tension
artérielle et du niveau de cholestérol.
La
campagne de sensibilisation à l’Alzheimer de 2011 est possible en
partie grâce à une subvention sans affectation particulière
de Pfizer Canada.
La
maladie d'Alzheimer est une maladie évolutive du cerveau, qui porte
gravement atteinte à la faculté de penser et à la
mémoire. Il s'agit de la forme de démence la plus courante.
(La maladie d'Alzheimer est un syndrôme dont les symptômes
comprennent la perte de mémoire, de jugement et de raisonnement,
des sautes d'humeur ainsi que des changements de comportement et dans la
manière de communiquer. Parmi les affections connexes, notons la
démence vasculaire, la démence frontotemporale, la maladie
de Creutzfeldt-Jakob et la démence à corps de Lewy.)
Cette
maladie a été découverte par le Dr Alois Alzheimer
en 1906, qui a identifié les deux manifestations de la maladie qui
porte maintenant son nom, soit les « plaques » et les «
écheveaux ». Les plaques sont de petits dépôts
denses répartis sur l'ensemble du cerveau et qui, à des concentrations
élevées, sont toxiques pour les cellules cérébrales.
Les écheveaux, pour leur part, interviennent dans les processus
vitaux en « étouffant » les cellules saines du cerveau.
Aussi, la dégénération et la mort des cellules cérébrales
entraînent-elles le rétrécissement de certaines régions
du cerveau.
L'image
ci-dessous illustre qu'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer
(à droite) possède moins de tissus cérébraux
qu'une personne qui n'est pas atteinte de la maladie (à gauche).
Les images IRM ont été
gracieusement fournies par
le Women's College Health Sciences Centre.
Au
fur et à mesure de la progression de la maladie d'Alzheimer, différentes
régions du cerveau, et les différentes facultés qui
leur sont liées, sont endommagées. Le résultat est
un déclin des habiletés ou une modification du comportement.
À ce jour, une habileté disparue n'est jamais revenue. Cependant,les
dernières recherches suggèrent qu'une certaine réacquisition
de connaissances est possible.
Causes:
En
ce moment, nous ne savons toujours pas ce qui cause la maladie d'Alzheimer
ou comment en arrêter la progression.
Les
chercheurs ont découvert que la maladie d'Alzheimer :
ne
fait pas partie du processus normal de vieillissement;
touche
à la fois les hommes et les femmes;
est
plus répandue avec l'âge; la plupart des personnes atteintes
ont plus de 65 ans;
n'est
pas due au durcissement des artères;
n'est
pas due au stress
Les
chercheurs examinent trois domaines :
Les
antécédents familiaux
Chez
certaines familles, il existe définitivement un lien entre les antécédents
familiaux et la maladie d'Alzheimer. Chez d'autres familles, les antécédents
familiaux de la maladie d'Alzheimer représentent un plus grand risque
pour les membres de cette famille d'être atteints de la maladie d'Alzheimer
comparativement à quelqu'un sans ces antécédents familiaux.
Bien que nous en apprenions toujours davantage à ce sujet, le lien
héréditaire n'est pas encore entièrement saisi.
L'environnement
L'explication
de la maladie d'Alzheimer se trouve peut être dans notre environnement
: quelque chose qui se trouverait dans l'eau, le sol ou l'air.
Notre
propre corps
La
maladie d'Alzheimer pourrait s'expliquer par un phénomène
interne. Il pourrait s'agir d'un virus à action lente, d'un déséquilibre
chimique, ou encore d'un déficit immunitaire.
Aujourd'hui,
les chercheurs croient que ce n'est pas un seul facteur qui cause la maladie
d'Alzheimer mais plutôt une combinaison de facteurs. Il reste encore
beaucoup à apprendre au sujet de la maladie et les chercheurs continuent
d'essayer d'en découvrir les causes.
Qu'est-ce
que la maladie d'Alzheimer ?
La
maladie d'Alzheimer est la plus répandue d'un groupe important de
maladies neurodégénératives appelées «
démences ». Il s'agit d'une maladie cérébrale
irréversible, caractérisée par une détérioration
des facultés cognitives et de la mémoire causée par
la dégénérescence progressive des cellules du cerveau.
La maladie d'Alzheimer affecte aussi le comportement, l'humeur, les émotions
et la capacité d'accomplir les activités normales de la vie
quotidienne.
À
ce jour, la maladie d'Alzheimer est incurable, mais des traitements et
l'adoption de certains modes de vie peuvent en ralentir la progression.
On s'attend toutefois à ce que de nouveaux traitements capables
de stopper sa progression voient le jour d'ici cinq ans. Par ailleurs,
la poursuite de nouvelles avenues de recherche devrait permettre un jour
de restaurer en partie la mémoire et les fonctions perdues.
L'évolution
de la maladie d'Alzheimer se caractérise généralement
par trois stades (léger, modéré et avancé)
avant d'atteindre le stade de fin de vie. Toutefois, il est souvent difficile
de reconnaître la transition d'un stade à l'autre : la maladie
progresse lentement et les symptômes peuvent s'étendre sur
plus d'un stade. De plus, l'ordre dans lequel ils se manifestent et leur
durée varient selon les personnes. La durée de la maladie
après le diagnostic initial est généralement de sept
à dix ans. Cependant, cette durée sera plus courte lorsque
le diagnostic est posé plus tard dans l'évolution de la maladie,
ce qui peut être le cas lorsque la personne atteinte ne consulte
pas rapidement. Par ailleurs, la survie après le diagnostic se prolonge
à mesure que les méthodes diagnostiques s'améliorent
et que les personnes sont plus disposées à se faire évaluer.
Les
affections connexes
Les
« affections connexes » ressemblent à la maladie d'Alzheimer
en ce qu'elles impliquent elles aussi une lente dégénérescence
des cellules du cerveau qui, pour l'instant, est irréversible. Il
s'agit notamment de la démence vasculaire (au deuxième rang
des démences les plus répandues après la maladie d'Alzheimer),
de la démence frontotemporale, de la maladie de Creutzfeldt-Jacob,
de la démence à corps de Lewy, de la maladie de Parkinson
et de la maladie d'Huntington.
Autres
démences (démences réversibles)
Un
faible pourcentage des démences est réversible. Elles surviennent
comme développement secondaire de maladies curables. Les causes
les plus courantes de démences réversibles sont les réactions
toxiques à des médicaments, sous ordonnance ou en vente libre.
Parmi les autres causes, mentionnons les carences nutritionnelles, la déficience
en vitamine B12, les infections, les tumeurs, l'alcoolisme, les inflammations,
les dysfonctionnements hormonaux, les toxines environnementales, les toxicomanies
et la dépression.
Comment
la maladie d'Alzheimer est-elle diagnostiquée ?
Pour
établir un diagnostic de la maladie d'Alzheimer, les cliniciens
procèdent d'abord à un examen complet de l'état de
santé physique général de la personne pour exclure
les conditions réversibles mentionnées ci-dessus. Si aucune
de ces conditions n'est présente, on examine alors les antécédents
familiaux et on note les comportements les plus touchés (par exemple
une capacité affaiblie à apprendre et à se rappeler
des choses nouvelles, à parler normalement, à comprendre
les demandes et à y réagir adéquatement ou à
s'orienter dans des environnements familiers). Il est aussi important de
noter le rythme d'évolution de chacune de ces altérations
pour déterminer la démence en question.
L'examen
comprend divers tests des fonctions intellectuelles et cognitives et de
la mémoire (le test de la montre et le mini-mental status (MMS)
sont deux tests de dépistage couramment utilisés). Ces tests
permettent d'établir un diagnostic exact à 90-95 %. L'examen
diagnostique peut aussi comprendre des tests de sang, du foie et, parfois,
du liquide céphalorachidien, mais ces derniers ne sont généralement
pas jugés nécessaires. Lorsque des tests additionnels sont
nécessaires, il s'agira le plus souvent d'imagerie cérébrale.
Cette méthode est particulièrement utile pour distinguer
la maladie d'Alzheimer des affections connexes. Diverses technologies d'imagerie
peuvent être utilisées, telles que l'IRM, l'IRMf, la TEP et
la TEMP.
Qu'est-ce
qu'un facteur de risque ?
Il
est possible de déterminer la cause précise de nombreuses
maladies; la rougeole, par exemple, est dûe à un virus. Toutefois,
la cause de nombreuses maladies chroniques est souvent inconnue ou incertaine.
Pour trouver une réponse, les scientifiques étudient les
facteurs qui semblent liés au développement de la maladie.
C'est ce qu'on appelle les « facteurs de risque ». Leur présence
signale un risque plus élevé de développer la maladie,
sans toutefois constituer une certitude. Les facteurs de risque sont des
caractéristiques propres à une personne, son mode de vie,
son environnement et son hérédité; ils déterminent
la probabilité de contracter telle ou telle maladie. Certains facteurs
de risque peuvent être modifiés (comme la tension artérielle
qui peut être diminuée) alors que d'autres sont immuables
(comme la constitution génétique).
Il
est important de noter qu'un facteur de risque n'est pas, en soi, la cause
d'une maladie. Généralement, les scientifiques croient que
la maladie d'Alzheimer survient lorsque l'effet combiné de divers
facteurs de risque franchit un certain seuil, entravant alors les mécanismes
naturels d'auto-réparation du cerveau qui, normalement, assurent
la santé des neurones.
Il
est important de déterminer les facteurs de risque de la maladie
d'Alzheimer pour identifier les modes de vie qui contribuent à réduire
le risque de développer la maladie d'Alzheimer. Si certains facteurs
échappent à notre contrôle, d'autres facteurs de risque
importants peuvent être réduits par un mode de vie sain.
Comment
détermine-t-on les facteurs de risque ?
Deux
types d'études servent à déterminer les facteurs de
risque. La première méthode consiste à suivre un groupe
de personnes atteintes d'une maladie (en l'occurence la maladie d'Alzheimer)
et à les comparer à des personnes du même âge,
du même sexe et présentant des caractéristiques similaires
qui ne sont pas atteintes. C'est ce qu'on appelle une étude cas-témoins.
On recueille des données sur les caractéristiques personnelles
et familiales des personnes étudiées, de même que sur
les types d'expositions antérieures auxquelles elles auraient été
soumises en raison de leur mode de vie ou de leur travail. Les facteurs
de risque sont les facteurs qui sont plus fréquents chez les personnes
atteintes que chez les personnes saines. Il est important de noter qu'on
retrouve aussi les facteurs de risque chez le groupe sain, mais cela reste
moins fréquent. Cette méthode a été utilisée
dans la première analyse des facteurs de risque de la maladie d'Alzheimer
dans le cadre de l'Étude sur la santé et le vieillissement
au Canada (ÉSVC).1
La
deuxième méthode consiste à suivre un groupe de personnes
en bonne santé sur une longue période. C'est ce qu'on appelle
une étude de cohortes. Dans ce groupe, on compare les personnes
qui ont des caractéristiques particulières (par exemple une
tendance à l'hypertension artérielle) ou des modes de vie
similaires (tel que le végétarisme) à celles qui ne
présentent pas ces caractéristiques ou n'ont pas ce mode
de vie afin de détecter des différences dans le rythme auquel
ces deux groupes développent une maladie. Les facteurs connus pour
être associés à une maladie précise, par exemple
l'obésité dans le cas de la maladie d'Alzheimer, revêtent
un intérêt particulier dans les études de cohortes.
Cette méthode permet aux chercheurs de déterminer les caractéristiques
et les modes de vie qui sont associés à l'apparition de la
maladie. Cette même méthode a été utilisée
dans la deuxième analyse des facteurs de risque de la maladie d'Alzheimer
dans le cadre de l'Étude sur la santé et le vieillissement
au Canada.2
Quels
sont les facteurs de risque associés à la maladie d'Alzheimer
?
L'âge
L'âge
est le facteur de risque le plus important. En vieillissant, les mécanismes
naturels de réparation de l'organisme sont moins efficaces. Ce changement
se produit dans le cerveau à différents rythmes selon les
personnes et ces différences contribuent à la susceptibilité
d'une personne de développer la maladie d'Alzheimer avec l'âge.
D'autres facteurs de risque connus tendent aussi à augmenter avec
l'âge (hypercholestérolémie et surpoids). Mais les
facteurs de risque ne sont pas la cause première de la maladie d'Alzheimer.
Le cerveau doit atteindre un certain âge critique pour que la maladie
survienne. Plus on vieillit, plus le risque est élevé. Au
Canada, 1 personne de plus de 65 ans sur 20 et 1 personne de plus de 85
ans sur 4 sont atteintes de la maladie d'Alzheimer.
Les
antécédents familiaux et la génétique
Un
faible pourcentage (5 à 7 %) des personnes atteintes de la maladie
d'Alzheimer ont la forme « familiale » de cette maladie (FFMA)
(autrefois appelée « forme précoce de la maladie d'Alzheimer
»). À un moment donné de l'histoire familiale, certains
gènes ont subi une mutation et ont développé les caractéristiques
anormales qui causent la FFMA. Ces gènes héréditaires
ont une grande influence: si l'un des parents a la FFMA, chacun des enfants
aura une probabilité de 50 % d'hériter de la maladie. Si
les deux parents ont la FFMA, 75 % de leurs enfants développeront
la maladie d'Alzheimer à l'âge adulte. Ces gènes héréditaires
distinguent la FFMA d'une autre forme plus courante de la maladie d'Alzheimer,
la forme sporadique, mais les deux formes sont, pour le reste, identiques.
On
croyait autrefois que la forme sporadique de la maladie d'Alzheimer (alors
appelée « forme tardive de la maladie d'Alzheimer »)
n'était pas associée aux antécédents familiaux.
On sait maintenant que le fait d'avoir un parent proche (père, mère,
frère ou soeur) atteint de la maladie d'Alzheimer triple le risque
de développer celle-ci. Le risque augmente encore si les deux parents
ont la maladie. Donc, mis à part les gènes liés à
la forme familiale de la maladie, il existe des facteurs génétiques
relatifs à la maladie d'Alzheimer partagés par les membres
d'une même famille.
De
nouvelles recherches révèlent l'existence d'un plus grand
nombre de facteurs de risque génétiques de la forme sporadique
de la maladie d'Alzheimer. Cela signifie que ces gènes sont plus
plus fréquents chez les personnes atteintes, bien qu'on les retrouve
aussi chez des personnes qui n'ont pas la maladie d'Alzheimer. Les personnes
qui possèdent ces facteurs de risque génétiques ne
sont pas aussi gravement exposées que les personnes qui possèdent
les gènes mutants responsables de la FFMA. En fait, le risque associé
à l'un ou l'autre de ces facteurs de risque génétiques
récemment découverts est moins élevé que le
risque associé au fait d'avoir un parent atteint de la forme sporadique
de la maladie (à l'exception du gène apoE4 dont il est question
ci-après).
Pour
en savoir plus à ce sujet, nous vous invitons à lire le feuillet
d'information La maladie d'Alzheimer et la génétique de la
Société Alzheimer.
Le
gène ApoE4
Ce
gène est le facteur de risque le plus important de la forme sporadique
de la maladie d'Alzheimer. Les gènes ApoE régulent la production
d'une protéine qui aide au transport du cholestérol et des
autres gras dans le sang vers les cellules du corps. Des trois variantes
du gène apoE (apoE2, apoE3 et apoE4), la variante apoE4 est associée
à un risque accru de maladie d'Alzheimer.
Toutes
nos cellules (sauf les ovules et le sperme), possèdent un double
exemplaire de nos gènes, l'un provenant de la mère et l'autre
du père. Les personnes dont la paire de gènes apoE comprend
un gène apoE4 courent trois fois le risque normal de développer
la maladie d'Alzheimer. Chez les personnes porteuses de deux gènes
apoE4, la moitié développera la maladie d'Alzheimer à
65 ans. Ceci dit, une personne qui n'est pas porteuse du gène apoE4
peut quand même développer la maladie d'Alzheimer et une personne
qui est porteuse de deux gènes apoE4 n'en sera pas nécessairement
atteinte.
Les
femmes
Deux
fois plus de femmes que d'hommes ont la maladie d'Alzheimer. Certains pensent
que ceci est attribuable en grande partie aux changements hormonaux qui
surviennent à la ménopause, particulièrement la diminution
de l'oestrogène, une hormone importante. Auparavant, on prescrivait
souvent de l'oestrogène pour soulager les symptômes de la
ménopause et réduire le risque de développer la maladie
d'Alzheimer. Toutefois, une étude clinique à grande échelle
assez récente recommandait d'interrompre le traitement hormonal
substitutif (THS) en raison de ses effets secondaires potentiellement dangereux.
Plusieurs chercheurs cliniques considèrent cependant que le THS
devrait faire l'objet d'études plus poussées dans le contexte
de la maladie d'Alzheimer.
Toute
décision quant à son usage devrait être faite en consultation
avec un médecin. Voici une façon utile de comprendre le risque
relatif : dans un groupe de 100 personnes n'ayant aucun risque génétique
défini, 5 auront la maladie d'Alzheimer à 65 ans (mais 95
ne l'auront pas). Dans un groupe de 100 personnes qui ont chacun un parent
atteint de la maladie d'Alzheimer, 15 auront la maladie à l'âge
de 65 ans (et 85 ne l'auront pas).
Mais
les changements hormonaux ne sont pas le seul facteur qui contribue à
la plus grande incidence de la maladie d'Alzheimer chez les femmes. En
moyenne, les femmes vivent plus longtemps que les hommes et l'âge
est un facteur de risque. Les femmes sont plus exposées au risque
de faire du diabète, ce qui est aussi un facteur de risque (voir
ci-après). Enfin, on a récemment identifié un gène
qui n'est présent que chez les femmes et qui semble augmenter quelque
peu le risque de développer la maladie d'Alzheimer.
Les
maladies cardiovasculaires
Tous
les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires (comme l'hypertension
et l'hypercholestérolémie) sont aussi des facteurs de risque
de la maladie d'Alzheimer et de la démence vasculaire. Les AVC et
les « mini-AVC », généralement détectés
lors d'examens ultérieurs, sont aussi des facteurs de risque bien
établis pour la maladie d'Alzheimer et la démence vasculaire.
Le
diabète
On
sait depuis plusieurs années que le diabète de type 2 (diabète
adulte) est un facteur de risque de la maladie d'Alzheimer. On croyait
généralement que ces deux maladies étaient liées
aux problèmes cardiaques, qui sont associés au diabète
et constituent des facteurs de risque de la maladie d'Alzheimer. On savait
aussi que le glucose était moins bien assimilé dans le cerveau
des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, une situation similaire
aux diabétiques de type 2, dont l'organisme assimile mal le glucose.
Des
études récentes ont indiqué que le cerveau des personnes
atteintes de la maladie d'Alzheimer présente une condition très
semblable au diabète, certains appellent cette maladie diabète
de type 3. Les chercheurs ont en effet découvert que chez les personnes
atteintes de la maladie d'Alzheimer, la production d'insuline dans le cerveau
est réduite et que les neurones y sont moins sensibles (la production
de l'insuline dans le cerveau est indépendante de la production
de l'insuline dans le pancréas, le principal organe de production
d'insuline). Les études se concentrent maintenant sur l'action des
médicaments antidiabétiques qui ciblent le cerveau des personnes
qui ont la maladie d'Alzheimer.
Récemment,
des études ont démontré que les enfants atteints de
diabète de type 1 (diabète juvénile) sont à
risque de développer la maladie d'Alzheimer à l'âge
adulte.
Le
syndrome de Down
Le
cerveau de la plupart des adultes atteints du syndrome de Down qui atteignent
la quarantaine développera les changements anormaux caractéristiques
de la maladie d'Alzheimer (plaques et écheveaux). Il est toutefois
important de noter que chez les personnes qui ont le syndrome de Down et
dont le cerveau présente ces changements, toutes ne développeront
pas la maladie d'Alzheimer. Il semble probable que ces personnes n'aient
pas encore développé d'autres changements dus à l'âge
qui surviennent chez la plupart des personnes qui ont la maladie d'Alzheimer.
Pour en savoir plus à ce sujet, nous vous invitons à consulter
le feuillet d'information sur La maladie d'Alzheimer et le syndrome de
Down de la Société Alzheimer.
La
déficience cognitive légère (DCL)
Dans
la DCL, le niveau de détérioration cognitive et/ou des troubles
de la mémoire est supérieur à celui enregistré
dans le processus normal de vieillissement, mais il n'est pas suffisamment
avancé pour qu'on puisse parler de maladie d'Alzheimer ou d'affection
connexe. On estime que 85 % des personnes qui ont reçu un diagnostic
de DCL, généralement au début de la quarantaine ou
de la cinquantaine, développeront la maladie d'Alzheimer dans les
dix années suivantes, ce qui fait de la DCL un facteur de risque
important. Les chercheurs savent maintenant que les changements cérébraux
anormaux qui caractérisent la maladie d'Alzheimer peuvent commencer
à apparaître chez les personnes qui ont reçu un diagnostic
de DCL au moins 20 ans avant tout signe visible de la maladie d'Alzheimer
ou d'une affection connexe. L'imagerie cérébrale pourrait
permettre de repérer les personnes atteintes de DCL les plus à
risque de développer la maladie. Les recherches se poursuivent dans
ce domaine.
Les
lésions à la tête
Les
lésions à la tête, notamment les commotions à
répétition, sont considérées par la plupart
des cliniciens comme des facteurs de risque de développement ultérieur
de la maladie d'Alzheimer.
Un
faible niveau de scolarité
Plusieurs
études ont démontré que les personnes ayant moins
de six ans de scolarité semblent être plus susceptibles de
développer la maladie d'Alzheimer. On croyait jusqu'ici que la stimulation
cérébrale associée à l'apprentissage avait
un effet protecteur sur le cerveau et que, par conséquent, un niveau
de scolarisation plus élevé offrirait un plus grand effet
protecteur. Mais de nouvelles études remettent en question ces conclusions
et il est possible que des facteurs associés à la faible
scolarité, tels qu'un mode de vie malsain, expliquent la hausse
de ce risque plutôt que le niveau de scolarité en tant que
tel.
Autres
facteurs de risque
En
plus des facteurs de risque déjà décrits, tous les
éléments suivants ont été recensés comme
facteurs de risque de la maladie d'Alzheimer : les inflammations chroniques
(indiquant possiblement une défaillance du système immunitaire),
des épisodes passés de dépression clinique, le stress
et le manque d'exercice du cerveau. D'autres facteurs de risque comme le
tabagisme, la consommation excessive d'alcool et les toxicomanies restent
moins fondés.
Qu'en
est-il de l'aluminium ?
La
majorité des chercheurs ne considèrent plus l'aluminium comme
facteur de risque de la maladie d'Alzheimer. Toutefois, des chercheurs
étudient encore la possibilité que des personnes puissent
être à risque en raison d'intolérances à des
aliments contenant du cuivre, du fer ou de l'aluminium.
Rappel
Les
facteurs de risque ne causent pas la maladie d'Alzheimer. Ils suggèrent
un risque accru mais non la certitude de développer la maladie.
De la même manière, le fait de n'avoir que peu ou pas de facteurs
de risque connus ne protège pas nécessairement contre la
maladie d'Alzheimer. D'autres recherches contribueront à approfondir
notre compréhension du rôle des facteurs de risque dans le
développement de la maladie d'Alzheimer.
La
réduction du risque
Des
études menées auprès de jumeaux identiques (qui ont
les mêmes gènes) ont observé qu'environ 60 % du risque
global de développer la forme sporadique de la maladie d'Alzheimer
est associé au mode de vie et non à l'hérédité.
Avoir un mode de vie sain pourrait donc contribuer à réduire
le risque global de développer la maladie.
Un
mode de vie sain comprend une bonne alimentation, le maintien d'un poids
sain, une activité physique régulière, même
modeste, le maintien d'une tension artérielle et d'un taux de cholestérol
normaux et la participation à des activités stimulantes sur
le plan intellectuel et social. Pour plus d'information sur la façon
de réduire vos risques, consultez le feuillet d'information Un cerveau
en santé de la Société Alzheimer.
Pour
en savoir plus ?
Consultez
le livret de la Société Alzheimer intitulé Rapport
sur la maladie d'Alzheimer et la recherche actuelle (2008), du Dr Jack
Diamond, directeur scientifique de la Société Alzheimer du
Canada.
[Il
faut avoir Adobe Reader pour afficher ce fichier PDF. Vous pouvez
télécharger ce logiciel gratuitement du site Internet Adobe.]
Vous
pouvez vous procurer ce rapport de même que les feuillets d'information
de la Société Alzheimer en vous adressant à votre
Société Alzheimer régionale.
Mythes:
La
maladie d'Alzheimer : Mythes et réalité
Depuis
des années, on perpétue de nombreux mythes entourant la maladie
d'Alzheimer,les personnes qui en seront atteintes et la manière
dont
elles sont affectées. Ces mythes renforcent les préjugés
au sujet de la maladie et nous empêche de comprendre et d'aider les
personnes qui sont atteintes. À la Société Alzheimer,
nous croyons que plus tôt nous dissiperons les mythes, mieux nous
serons en mesure de comprendre et d'aider. La maladie d'Alzheimer est une
maladie évolutive du cerveau. On la rencontre plus souvent chez
les personnes de 65 et plus, mais elle peut aussi apparaître à
un plus jeune âge.
Mythe
1 : Je sais que j'aurai un jour la maladie d'Alzheimer, puisqu'un member
de ma famille en est attient.
Realité
: Bien que l’hérédité soit un facteur de risque, environ
sept pour cent des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer sont associés
aux gènes qui causent la maladie. La plupart des cas sont de la
forme « maladie d'Alzheimer sporadique » à apparition
tardive pour laquelle les gènes pourraient aussi jouer un rôle.Une
personne ayant un parent, un frère ou une soeur qui est ou a été
atteint de la maladie d'Alzheimer possède un risque très
légèrement accru d’avoir la maladie.
Mythe
2 : La maladie d'Alzheimer affecte uniquement les personnes âgées.
Réalité
: Bien que l'âge soit le plus important facteur de risque connu de
la maladie d'Alzheimer, ce n'est pas toutes les personnes qui développeront
la maladie en vieillissant. De plus, même avec la forme à
apparition tardive, des adultes dans la quarantaine et la cinquantaine
ont été diagnostiqués. Ce qu’il faut retenir, c'est
que la maladie d’Alzheimer n'est pas un processus normal du vieillissement.
Mythe
3 : La maladie d'Alzheimer est guérissable.
Réalité
: La maladie d'Alzheimer est actuellement incurable, mais il existe des
médicaments et d’autres approches qui peuvent aider certains symptômes
et améliorer la qualité de la vie chez certaines personnes.
La bonne nouvelle est que les chercheurs ont fait de grandes percées
dans la recherche sur la maladie d'Alzheimer et il existe de nombreux essais
cliniques portant sur des médicaments agissant directement sur le
processus de la maladie.
Mythe
4 : Les pertes de mémoire veulent dire que j'ai la maladie d'Alzheimer
Réalité
: De nombreuses personnes ont des problèmes de mémoire en
vieillissant, mais cela ne veut pas dire qu'elles sont toutes atteintes
de la maladie d'Alzheimer. Si les pertes de mémoire nuisent aux
activités quotidiennes et sont combinées à des difficultés
à faire des choix et d'analyser ou a un changement au riveau de
la communication, il est recommandé de consulter un médecin
pour déterminer la cause de ces symptômes.
Mythe
5 : L'aluminium cause la maladie d'Alzheimer.
Réalité
: Malgré les nombreuses recherches effectuées sur le lien
possible entre l'aluminium et la maladie d'Alzheimer, il n'y a pas de preuve
concluante qui met à jour ce lien. La maladie semble se développer
lorsque les effets combinés de nombreux facteurs de risque incluant
l'âge, l'hérédité, le style de vie et les facteurs
environnementaux empêchent le cerveau de leur faire face.
Mythe
6 : On peut prévenir la maladie d'Alzheimer.
Réalité
: Il n'y a pas de traitement qui peut prévenir la maladie d'Alzheimer.
Toutefois, il y a un nombre croissant d'indications selon lesquelles les
choix de vie qui favorisent le maintien de la forme physique et mentale
peuvent réduire le risque. Ces choix comprennent demeurer physiquement
actif, manger sainement dont des fruits frais, des légumes et du
poisson, stimuler votre cerveau, réduire le niveau de stress, surveiller
votre pression artérielle, votre glycémie et votre cholestérol,
éviter des blessures traumatiques au cerveau et demeurer socialement
actif.
Mythe
7 : Les vitamines, les suppléments et les agents stimulants de la
mémoire peuvent prévenir la maladie d'Alzheimer.
Réalité
: De nombreuses études ont été menées dans
le but de tester l'efficacité des produits comme la vitamine E,
la vitamine B, la vitamine C, le ginkgo biloba, l'acide folique et le sélénium
dans la prévention de la maladie d'Alzheimer. Dans l'ensemble, les
résultats ne sont pas concluants, mais la recherche dans ce domaine
se poursuit.
Mythe
8 : Si on m'annonçait le diagnostic de la maladie d'Alzheimer, je
n'aurais plus rien à espérer de la vie.
Réalité
: Un bon nombre de personnes atteintes de la maladie mènent une
vie active et intéressante. Elles ont des projets et leur vie a
toujours un sens. Le diagnostic plus précoce et les médicaments
aident.Au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, il
est également important d'offrir un milieu de vie approprié
de même que des services, du soutien et des activités qui
contribueront à améliorer la qualité de vie des personnes
atteintes.
Mythe
9 : Toutes les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer deviennent
violentes et agressives.
Réalité
: Pour la personne atteinte de la maladie et la perte de la mémoire
qui en résulte peuvent être souvent frustrantes, voire effrayantes.
La connaissance de la maladie, l'aménagement des lieux physiques
et les changements dans notre façon de communiquer avec la personne
atteinte peuvent prévenir les réactions diverses.
Mythe
10 : Les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ne peuvent pas comprendre
ce qui se passe autour d'elles.
Réalité
: De nombreuses personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer comprennent
très bien ce qui se passe autour d’elles alors que d’autres ont
de la difficulté. La maladie d'Alzheimer affecte la capacité
des personnes atteintes à communiquer et à comprendre le
monde dans lequel nous vivons, bien que chaque personne soit affectée
différemment.On pourrait blesser involontairement une personne en
présumant qu'elle ne comprend pas ce qui se passe autour d'elle.
La personne atteinte de la maladie d'Alzheimer demeure la même et
elle a besoin d'être traitée avec dignité et respect.
Mettons
fin aux mythes
La
Société Alzheimer aimerait mettre fin aux mythes entourant
la maladie d'Alzheimer.
Informez-vous
:
Apprenez
les faits entourant la maladie
Obtenez
de l'aide
Traitez
les personnes qui sont atteintes de la maladie avec respect.
La
Société Alzheimer est un organisme communautaire à
but non lucratif qui a pour mission de soutenir les personnes touchées
par la maladie d'Alzheimer. La Société dispose de nombreuses
ressources et de programmes de soutien pour les personnes qui sont atteintes
de la maladie et leurs aidants. La Société finance des recherches
pour trouver la cure pour cette maladie et améliorer les méthodes
d'aide.
Communiquez
avec votre société Alzheimer régionale ou téléphonez
au 1 800 616-8816.
[Vous
pouvez vous procurer un dépliant contenant cette information auprès
de votre société Alzheimer régionale. Vous pouvez
également télécharger le dépliant de ce site.]
Statistiques:
Faits
saillants concernant la maladie d'Alzheimer et les affections connexes
Alors
que les « baby boomers » abordent la soixantaine, la population
canadienne continue de vieillir rapidement. La maladie d'Alzheimer se classe
au deuxième rang des maladies que redoutent le plus les Canadiens
à mesure qu'ils vieillissent.
Pour
aider à la compréhension de cette question complexe, le 4
janvier 2010, la Société Alzheimer a publié un rapport
qui évalue l'impact de la maladie d’Alzheimer et des démences
apparentées au Canada.
Intitulée
Raz-de-marée : impact de la maladie d'Alzheimer et des affections
connexes au Canada, cette étude a été menée
par RiskAnalytica, une importante firme d'analyse du risque. L'utilisation
de Life at Risk®, un cadre d'évaluation spécialisé
propre à cette firme, combinée au réseau étendu
de chercheurs et de cliniciens de la Société Alzheimer a
permis à cette dernière de mesurer les conséquences
des démences aux plans de la santé et de l'économie
au Canada, et ce, aujourd'hui et pour les 30 prochaines années.
Colombo, atteint de cette maladie
|
Aujourd'hui,
un demi-million de Canadiens sont atteints de la maladie d'Alzheimer ou
d'une démence apparentée, environ 71 000 d’entre eux ont
moins de 65 ans.
Cela
signifie qu'aujourd'hui, au Canada, 1 personne de plus de 65 ans sur 11
a la maladie d'Alzheimer ou une affection connexe.
Cette
année seulement, plus de 103 000 Canadiens développeront
la maladie d'Alzheimer ou une démence apparentée. Cela correspond
à une personne toutes les cinq minutes. D'ici 2038, ce concernera
une personne toutes les deux minutes, soit plus de 257 000 personnes par
an.
Si
rien ne change, le nombre de personnes vivant avec la maladie d'Alzheimer
ou une maladie apparentée devrait plus que doubler, atteignant 1.1
million de canadiens d'ici 25 ans.
Maladie
d'Alzheimer versus les affections connexes
La
maladie d'Alzheimer est la principale forme de démence. Elle représente
actuellement 63% de tous les cas de démences. Ce pourcentage augmentera
à 68% d'ici 2034, c-à-d en l'espace d'une génération
La
démence vasculaire est la deuxième forme la plus fréquente
de démence. Elle représente actuellement 20% de toutes les
démences et restera à 20% de tous les cas d'ici 25 ans.
La
maladie d'Alzheimer ? est-ce une maladie spécifique aux femmes ?
Aujourd'hui,
les femmes représentent 72% des cas d'Alzheimer. Dans le cadre des
démences, tout type confondu, les femmes représentent 62%
des cas.
Par
comparaison, les femmes représentent 47% des cas de démence
vasculaire.
Pression
sur les familles
Les
heures de soins informels non-rémunérés effectués
par les familles devraient plus que tripler, allant de 231 millions d'heures
en 2008 à 756 millions d'heures en 2038.
Conséquences
économiques de la maladie d'Alzheimer et des démences apparentées
Aujourd'hui,
les coûts associés aux démences représentent
15 milliards de dollars par an, et ce chiffre sera multiplié par
10 pour atteindre 153 milliards d'ici 2038.
Fardeau
économique des démences (en dollars constants)
2008
- 15 milliards de dollars
2018
- 37 milliards de dollars
2028
- 75 milliards de dollars
2038
- 153 milliards de dollars
Conséquences
cumulatives de la maladie d'Alzheimer et des démences apparentées
sur 30 ans
Les
données cumulatives représentent le total combiné
soit des coûts économiques par an, soit du nombre de nouveaux
cas chaque année, et ce, à chaque année, de 2008 à
2038. En 2038, l'incidence cumulative des démences dépassera
5,5 millions de personnes, tandis que les coûts économiques
cumulatifs seront de 872 milliards de dollars (en dollars courants).
Renverser
le cours des démences
L'étude
Raz-de-marée propose quatre scénarios d'interventions hypothétiques
susceptibles d'être des facteurs critiques pour atténuer l'impact
de la maladie d'Alzheimer et des affections connexes, notamment :
les
bienfaits de l'activité physique pour retarder l'apparition de la
maladie;
les
avantages d'utiliser une combinaison de stratégies de réduction
des risques, voire la mise au point d'un nouveau traitement susceptible
de retarder de deux ans l'apparition de la maladie;
l'importance
de soutenir les proches aidants pour surmonter les épreuves psychologiques
et financières dues à leurs responsabilités mais aussi
pour soulager la pression future sur le système de santé;
l'importance
de mettre en place un « système de navigation » pour
les familles afin de les aider à trouver les bons services au bon
moment
Signes
précurseurs:
La
maladie d'Alzheimer est une maladie dégénérative qui
provoque des lésions au cerveau. Les symptômes comprennent
les pertes de mémoire, la difficulté à accomplir des
tâches de la vie quotidienne, de même que des changements d'humeur
et de comportement. Les personnes peuvent penser, à tort, que ces
symptômes font partie du processus normal de vieillissement. Il est
donc important de consulter un médecin dès l'apparition d'un
ou de plusieurs de ces symptômes, car ils pourraient être causés
par d'autres maladies comme la dépression, l'incompatibilité
de médicaments ou une infection. Si le diagnostic est la maladie
d'Alzheimer, votre société Alzheimer régionale peut
vous aider.
Afin
de vous aider à reconnaître les signes précurseurs
de la maladie, la Société Alzheimer a préparé
la liste de symptômes suivante :
1.
Pertes de mémoire qui nuisent aux activités quotidiennes
Oublier
occasionnellement un rendez-vous, le nom d'un collègue ou un numéro
de téléphone et s'en rappeler plus tard est un phénomène
normal. Une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer oubliera fréquemment
des choses et ne s'en souviendra pas plus tard, particulièrement
des événements qui se sont produits récemment.
2.
Difficultés à exécuter les tâches familières
Dans
le cadre de nos activités quotidiennes, il nous arrive à
tous d'être distraits et, par exemple, d'oublier les légumes
cuits sur la cuisinière et ne les servir qu'à la fin du repas.
Une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer peut avoir de la difficulté
à exécuter des tâches familières qu'elle a accomplies
toute sa vie, comme préparer un repas.
3.
Problèmes de langage
Parfois
il peut être difficile de trouver le mot juste. Une personne atteinte
de la maladie d'Alzheimer peut oublier des mots faciles ou les substituer
par des mots qui rendront ses phrases difficiles à comprendre.
4.
Désorientation dans l'espace et dans le temps
Il
est normal d'oublier pendant un court moment le jour de la semaine ou même
l'endroit où vous allez. Il peut arriver qu'une personne atteinte
de la maladie d'Alzheimer se perde dans sa propre rue, ne sachant plus
comment elle s'est rendue là ni comment rentrer chez elle.
5.
Jugement amoindri
Parfois,
lorsqu'on est malade, on tarde à se faire soigner; mais avant longtemps,
on se rend chez le médecin. Une personne atteinte de la maladie
d'Alzheimer pourrait avoir un jugement amoindri et, par exemple, ne pas
reconnaître un problème de santé qui nécessite
d'être traité ou porter des vêtements chauds en pleine
canicule.
6.
Difficultés face aux notions abstraites
Une
personne peut parfois éprouver de la difficulté à
faire des opérations abstraites, par exemple, établir le
solde de son compte de chèques. Une personne atteinte de la maladie
d'Alzheimer peut avoir de grandes difficultés à accomplir
des tâches de cette nature, par exemple, ne pas comprendre ce que
représentent les chiffres indiqués dans le carnet de chèques.
7.
Objets égarés
Quiconque
peut égarer temporairement son porte-monnaie ou ses clés.
Une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer rangera les objets dans
des endroits inappropriés (un fer à repasser dans le congélateur
ou une montre dans le sucrier).
8.
Changements d'humeur ou de comportement
Il
nous arrive à tous d'être triste et maussade. Une personne
atteinte de la maladie d'Alzheimer peut changer d'humeur très rapidement,
par exemple, du calme aux pleurs et à la colère, sans raison
apparente.
9.
Changements dans la personnalité
La
personnalité de chacun peut changer quelque peu avec l'âge.
La personne atteinte de la maladie d'Alzheimer peut devenir confuse, renfermée
et méfiante. Au nombre des changements possibles, on compte aussi
l'apathie, la peur et des comportements qui lui sont inhabituels.
10.
Perte d'intérêt
Il
nous arrive à tous, à l'occasion, de se lasser de l'entretien
ménager, de notre travail ou de nos activités sociales, mais
la plupart des gens retrouvent vite leur enthousiasme. Une personne atteinte
de la maladie d'Alzheimer peut devenir très passive et pourra avoir
besoin de beaucoup d'encouragements pour prendre part aux activités.
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