2010 est déclarée année mondiale de la biodiversité
2010 est déclarée
année mondiale de la biodiversité par l’organisation des
Nations unies.
2010 est aussi la
date-butoir avant laquelle l'Europe s'est engagée à stopper
l'érosion de la biodiversité. Le projet SEBI 2010 (Streamlining
of European Biodiversity Indicators) piloté par l’Agence européenne
pour l'environnement vise à mesurer (au moyens de bioindicateurs
et statistiques) le chemin qui reste à parcourir pour atteindre
cet objectif que l'Union européenne s'est fixé en 2001 lors
du sommet européen de Göteborg,
2010 est aussi la
date avant laquelle tous les pays membres de l'ONU, dans le cadre d'un
engagement mondial pris devant le PNUE en avril 2002 (lors de la sixième
réunion de la conférence des Parties à la Convention
sur la diversité biologique (CDB). cet engagement demande aux gouvernements
d'« assurer, d’ici 2010, une forte réduction du rythme actuel
de perte de diversité biologique aux niveaux mondial, régional
et national, à titre de contribution à l’atténuation
de la pauvreté et au profit de toutes les formes de vie sur la planète ».
Cet objectif et sa date butoir ont été validés lors
du Sommet mondial pour le développement durable de 2002.
Les particuliers sont aussi
invités à signer cet engagement (Compte à rebours
2010 pour les particuliers).
Une initiative mondiale
intitulé Compte à rebours 2010 pour la Biodiversité
vise à amener États, régions, grandes villes (Paris
l'a par exemple signé) et la société civile à
collaborativement agir pour enrayer le recul de la biodiversité
avant 2010.
2010 aurait dû
prolonger le This Is It de Michael Jackson (tournée de 50 concerts
à Londres) qui fût annulée (Jackson est mort avant
le début du tour).
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Diverses espèces
épiphytes dans une forêt humide en Amérique centrale.
Les écosystèmes de la zone intertropicale hébergent
la plus grande partie de la biodiversité mondiale actuelle.
La biodiversité
désigne la diversité des organismes vivants, qui s'apprécie
en considérant la diversité des espèces, celle des
gènes au sein de chaque espèce, ainsi que l'organisation
et la répartition des écosystèmes. Le maintien de
la biodiversité est une composante essentielle du développement
durable Journal officiel du 12 avril 2009.
Le mot « biodiversité »
est un néologisme composé à partir des mots biologie
et diversité.
Au Sommet de la Terre de
Rio (1992), sous l'égide de l'ONU, tous les pays ont décidé
au travers d'une convention mondiale sur la biodiversité de faire
une priorité de la protection et restauration de la diversité
du vivant, considérée comme une des ressources vitales du
développement durable.
Puis le sommet européen
de Göteborg en 2001, dans l’accord sur une Europe durable pour un
monde meilleur s'est fixé (pour l'Europe) un objectif plus strict :
arrêter le déclin de la biodiversité en Europe d’ici
2010 (année mondiale de la biodiversité pour l'ONU).
Le Programme des Nations
Unies pour l'Environnement a annoncé le 12 novembre 2008 la création
d'un groupe intergouvernemental d'experts sur la biodiversité, qui
sera probablement nommé Intergovernmental Science-Policy Platform
on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES), sur le modèle du
GIEC qui, lui, s'occupe du climat.
Trois niveaux
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Biodiversité intraspécifique
observée sur ces épis de maïs
La diversité biologique
est la diversité de toutes les formes du vivant. Elle est habituellement
subdivisée en trois niveaux :
* La diversité génétique,
elle se définit par la variabilité des gènes au sein
d’une même espèce ou d’une population. Elle est donc caractérisée
par la différence de deux individus d’une même espèce
ou sous-espèce (diversité intraspécifique).
* La diversité spécifique,
correspond à la diversité des espèces (diversité
interspécifique). Ainsi, chaque groupe défini peut alors
être caractérisé par le nombre des espèces qui
le composent, voir taxinomie. Cependant, pour caractériser le nombre
de plan d'organisation anatomique, il est préférable d'employer
le terme de disparité.
* La diversité écosystémique,
qui correspond à la diversité des écosystèmes
présents sur Terre, des interactions des populations naturelles
et de leurs environnements physiques.
Selon les Néo-Darwinistes,
le gène est l'unité fondamentale de la sélection naturelle,
donc de l'évolution, et certains, comme E.O. Wilson, estiment que
la seule biodiversité « utile » est la diversité
génétique. Cependant, en pratique, quand on étudie
la biodiversité sur le terrain, l'espèce est l'unité
la plus accessible.
Biodiversité sauvage
et biodiversité domestique
La Convention sur la biodiversité
écologique du 5 juin 1992 a défini le terme de biodiversité
comme étant « la variabilité des organismes vivants
de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes
terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les
complexes écologiques dont ils font partie; cela comprend la diversité
au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des
écosystèmes ».
La biodiversité
concerne donc tout le vivant et la dynamique des interactions au sein du
vivant, qu'il soit naturel (biodiversité sauvage) ou bien géré
par l'homme (biodiversité domestique). À ces deux catégories
s'ajoute la biodiversité commensale de l'homme, c'est-à-dire
les espèces qui, tout en n'étant pas gérées
par l'homme s'adaptent aux milieux qu'il crée (le rat et le cafard
en ville par exemple).
Évaluer la biodiversité
Comment mesurer la biodiversité ?
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Relation entre le nombre
d'espèces et la taille des organismes
Selon le point de vue précédemment
défini, il ne peut y avoir de mesure unique objective de la biodiversité,
mais uniquement des mesures relatives à des tendances ou objectifs
précis d'utilisation ou d'application. On devrait parler donc plutôt
d'« indices » de biodiversité que de véritables
indicateurs. Ils commencent à être relevés à
l'échelle mondiale, par des observatoires de la biodiversité,
dans le cadre notamment de l'Imoseb.
Les conservationnistes
cherchent à évaluer quantitativement et qualitativement une
valeur, reconnue par ceux pour qui ils font cette estimation, et élément
d'aide à la décision pour les espèces ou habitats
ayant besoin de protection. D'autres cherchent une mesure plus facilement
défendable d'un point de vue économique, permettant de garantir
le maintien de l'utilisation (dont pour les générations futures)
de la biodiversité et de ses possibilités d'évolution,
en assurant la protection de l'environnement dans un monde en constante
évolution.
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Les biologistes accordent
une importance croissante à la diversité génétique
et à la circulation des gènes. L'avenir étant inconnu,
nul ne peut savoir quels gènes seront les plus importants pour l'évolution.
Il y a donc consensus sur le fait que le meilleur choix de conservation
de la biodiversité est d'assurer la sauvegarde du plus large pool
génétique possible sur des habitats suffisamment représentatifs
et interconnectés pour que les échanges de gènes restent
possibles.
Certains considèrent
cette approche comme parfois inadéquate et trop restrictive, notamment
parce qu'elle ne prend pas en compte les fonctions aménitaires et
culturelles de la biodiversité.
Une étude récente
montre que le déclin des papillons dans une zone donnée est
lié à celui de la biodiversité dans cette même
zone. La présence ou l'absence de papillons serait donc un bon indice
de mesure de la biodiversité.
Les différentes dimensions de la biodiversité
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Les Pinsons de Darwin des
Galápagos illustrent comment, par une radiation évolutive,
d'une espèce originale, quatre types de bec pour treize espèces
au total sont apparus.
La biodiversité
doit d'une part être considérée en tant que processus
dynamique, dans sa dimension temporelle. Elle est un système en
évolution constante, du point de vue de l'espèce autant que
celui de l'individu. La demi-vie moyenne d'une espèce est d'environ
un million d'années et 99% des espèces qui ont vécu
sur terre sont aujourd'hui éteintes.
Elle peut aussi être
considérée dans sa composante spatiale : la biodiversité
n'est pas distribuée de façon régulière sur
terre. La flore et la faune diffèrent selon de nombreux critères
comme le climat, l'altitude, les sols ou les autres espèces (critères
que l'homme modifie de plus en plus fortement et rapidement).
L'inventaire des espèces
La systématique
explore la biodiversité dans sa capacité à distinguer
un organisme ou un taxon d'un autre. Elle est confrontée aux problèmes
de temps et de nombre : 1,75 millions d'espèces ont été
décrites, alors les estimations vont de 3,6 à plus de 100
millions d'espèces. La systématique n'est qu'un des aspects
de la biodiversité, néanmoins utile à la compréhension
des écosystèmes, de la biosphère et de leurs fonctions
et interactions.
État de la biodiversité
dans le monde
L'évaluation du
millénaire, après la conférence de Rio a réattiré
l'attention du monde sur le rapide déclin de la biodiversité.
Ce déclin s'est encore accru de 2005 à 2008 selon le rapport
de mi-étape d'une étude consacrée à l’économie
des écosystèmes et de la biodiversité qui conclut
que sans actions fortes, la perte associée de services écosystémiques
s’accélérera. Au rythme du début des années
2000, 11 % seulement des espaces naturels existant en 2000 auront disparu
avant 2050 et près de 40 % des sols actuellement exploités
extensivement (ce qui permet la survie d'une partie significative de la
biodiversité ordinaire) seront converties à l'agriculture
intensive. La surpêche, la pollution, les maladies, les espèces
invasives et le blanchissement des coraux pourraient causer la disparition
de 60 % des récifs coralliens d'ici 2030. Ceci menace le fonctionnement
de la planète et les économies et sociétés
humaines conclue ce même rapport qui évalue qu'un scenario
de statut-quo conduira à une « perte annuelle de bien-être
due à la disparition de services écosystémiques »
pouvant atteindre 6 % du PIB mondial d’ici 2050.
Exemples de pays ou hot-spots
riches en biodiversité
Le Brésil est
considéré comme « représentant » d'un
cinquième de la biodiversité mondiale, avec 50 000 espèces
de plantes, 5 000 vertébrés, 10 à 15 millions d'insectes
et des millions de micro-organismes.
L'Inde représenterait
8 % des espèces connues, avec 47 000 espèces de plantes et
81 000 d'espèces animales.
Java, Bornéo
et Sumatra abritent aussi une très grande biodiversité, mais
la déforestation s'y poursuit.
Articles détaillés :
forêt amazonienne et biogéographie.
L'état de la biodiversité
en Europe
La biodiversié continue
à régresser dans les écosystèmes, les espèces
et les gènes en Europe.
Seules 1 à
3 % des forêts européennes sont considérées
comme n'ayant pas été modifiées par l'homme.
Depuis 1950, l'Europe
a perdu plus de 50 % de ses zones humides, et la plupart de ses terres
agricoles à haute valeur naturelle.
La plupart des grands
stocks halieutiques se situent sous les limites biologiques de sécurité
et sont donc insuffisant pour assurer un renouvellement des stocks à
long terme.
800 espèces
végétales sont menacées d'extinction totale.
Plus de 40 % des
mammifères indigènes, des oiseaux, des reptiles ou encore
des papillons sont menacés.
L'analyse d'un premier
« bilan de santé » des espèces et des habitats
théoriquement protégés au titre de la directive Habitats
a montré en 2008 que « l’état de conservation de 50 %
des espèces revêtant un intérêt européen
est défavorable. Pour les habitats, le chiffre pourrait atteindre
80 % ». En 2008, plus de 40 % des espèces d'oiseaux ont un
état de conservation défavorable en Europe. Quelques espèces
reconstituent leurs populations (ex. : héron, cormoran). Le déclin
des oiseaux des champs semble commencer à se stabiliser, mais le
rapport d'évaluation 2008 du plan européen d'action de la
biodiversité conclue que des résultats positifs ne « pourront
être reproduits à plus grande échelle qu'au prix d'efforts
beaucoup plus importants » ; « Il est fort peu probable ? sur
la base des efforts actuels ? que l'objectif global d'enrayer le déclin
de la biodiversité dans l'UE d'ici 2010 puisse être “atteint”
ni même “approché” sans d'“importants efforts supplémentaires
tant au niveau communautaire qu'au niveau des États membres”. »
La directive Oiseaux a
aidé à enrayer le déclin de nombreuses espèces
d’oiseaux européennes. Le projet SEBI 2010 (Streamlining of European
Biodiversity Indicators) piloté par l’Agence européenne pour
l'environnement a confirmé une amélioration de la qualité
des eaux, mais des problèmes de perturbateurs endocriniens préoccupent
toujours les spécialistes, de même que les espèces
invasives de plus en plus nombreuses, dont les impacts augmentent.
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Services fournis par la
biodiversité
L'industrie pharmaceutique
est l'une des premières bénéficiaires de la biodiversité.
De nombreux principes actifs de médicaments ont été
mis au point à partir de molécules naturelles.
La biodiversité
est la source première des services rendus par les écosystèmes.
Elle est aussi le moteur de la résilience écologique car
c'est une ressource naturelle auto-entretenue (à certaines conditions).
Elle fournit tout l'oxygène, vital, que nous consommons, tout ce
que nous mangeons (cultures vivrières, bétail, poissons...);
elle contribue à l'épuration et au cycle de l'eau, ainsi
qu'aux grands cycles biogéochimiques et à la régulation
climatique.
Elle fournit des fibres
pour l'habillement, du bois-énergie pour le chauffage, la construction
d'habitations, la papeterie. Elle produit ou inspire des médicaments.
L'agrobiodiversité
désigne les usages de la biodiversité associés à
l'agro-alimentaire.
La biodiversité
a contribué de nombreuses façons au développement
des cultures humaines. Et inversement, l'homme a joué un rôle
majeur en termes d'évolution de la diversité aux niveaux
génétiques, spécifiques et écosystémiques.
Parmi les exemples de l'utilité
de la diversité face à l'homogénéisation génétique
des variétés de plantes cultivées, on peut en citer
deux:
En 1970, 85 % du maïs
cultivé aux États-Unis était quasiment homogène.
La résistance de cette plante à l'helminthosporiose, maladie
cryptogamique, fut surmontée par le champignon et l'épidémie
provoqua des dégâts considérables.
En 1980, pour la
même raison, 90 % de la récolte cubaine de tabac fut détruite
par le mildiou.
On voit ainsi que la diversité
génétique des populations naturelles d'animaux et de plantes
apparaît comme une stratégie promue par la sélection
naturelle, en réponse aux pressions continuelles des parasites évoluant
rapidement.
Les écosystèmes
fournissent également des « supports de production »
(fertilité du sol, des sédiments, fonctions des prédateurs,
décomposition et recyclage des déchets organiques et de la
nécromasse, etc.) et des « services » inestimables tels
que la production et purification de l'air, l'épuration de l'eau,
la stabilisation et la modération du climat, la diminution des conséquences
des sécheresses, inondations et autres désastres environnementaux.
Si les ressources biologiques
représentent un intérêt écologique pour la communauté,
la valeur économique de la biodiversité est également
de plus en plus mise en avant. De nouveaux produits sont développés
grâce aux biotechnologies, et de nouveaux marchés créés.
Pour la société, la biodiversité est aussi un secteur
d'activité et de profit, et demande une gestion appropriée
des ressources.
La biodiversité
est aussi devenue un « miroir de nos relations avec les autres espèces
vivantes », une vue éthique avec des droits, des devoirs,
et une nécessité éducative. L'aspect éducatif
est souvent assuré par l'école (lors de sorties d'éducation
à l'environnement par exemple), par des associations d'éducation
à l'environnement (telles que les CPN, les CPIE, les GRAINE, le
Réseau Ecole et Nature...) ou par des organisations de protection
de la nature, telles que le WWF.
La biodiversité,
patrimoine naturel vital pour chaque peuple et pays, est fortement liée
aux besoins de l’homme et à sa santé, son alimentation… et
sa richesse. Car elle a aussi un aspect économique : elle peut être
utilisé pour fabriquer des produits agro-alimentaires, pharmaceutiques,
cosmétiques…
Articles détaillés :
Service écologique et Écotourisme.
Quel prix accorder à
la biodiversité ?
Articles détaillés :
valeur de la biodiversité et évaluation économique
de la biodiversité.
Les écologues et
les environnementalistes ont été les premiers à insister
sur l'aspect économique de la protection de la diversité
biologique. Ainsi, Edward Wilson écrivait en 1992 que « la
biodiversité est l'une des plus grandes richesses de la planète,
et pourtant la moins reconnue comme telle ». Nombreux sont ceux qui
aujourd'hui considèrent la biodiversité comme un réservoir
de ressources utilisables pour fabriquer des produits agro-alimentaires,
pharmaceutiques, cosmétiques… Cette notion de mise en valeur des
ressources est à l'origine des craintes de disparition des ressources
liée à l'érosion de la biodiversité, mais aussi
des nouveaux conflits portant sur les règles de partage et d'appropriation
de cette richesse.
Un préalable à
toute discussion sur la répartition des richesses est nécessaire :
celui de l'évaluation économique de la biodiversité.
Cet objectif doit aussi permettre de déterminer les moyens financiers
à consacrer à sa protection.
La biodiversité est-elle menacée ?
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Emoia caeruleocauda
La biodiversité
est plus que menacée, elle est en voie de régression rapide.
L'installation de l'Homme et de ses moyens de production et réseaux
de transport dans une grande partie des territoires facilement accessibles
a bouleversé les équilibres écologiques existants.
Les fluctuations climatiques naturelles ont toujours eu un impact sur la
répartition des espèces, mais depuis l'ère industrielle
les amplitudes de ces modifications et surtout leur rapidité, alors
que la pollution et la fragmentation des écosystèmes augmentaient
également rapidement, a conduit à une situation sans équivalent
dans le passé.
Ces dernières décennies,
une érosion de la biodiversité a été observée
presque partout, et plus de la moitié de la surface habitable de
la planète a été modifiée de façon significative
par l'espèce humaine.
S'il y a désaccord sur les chiffres et les délais, la plupart des scientifiques pensent que le taux actuel d'extinction est plus élevé et rapide qu'il ne l'a jamais été dans les temps passés. La majorité des experts en écologie estiment même qu'une extinction massive est déjà en cours. Plusieurs études montrent qu'environ une espèce sur huit des plantes connues est menacée d'extinction. Chaque année, entre 17 000 et 100 000 espèces disparaissent de notre planète, et un cinquième de toutes les espèces vivantes pourrait disparaître en 2030. Il y a consensus sur le fait que l'homme en soit la cause, en particulier par la fragmentation des habitats et/ou la destruction des écosystèmes abritant ces espèces. Sans négliger l'évolution même des espèces ni leur mise en place au cours du temps dans des espaces donnés, on ne peut que constater en termes de bilan que les pertes quantitatives et surtout qualitatives sont énormes, et qu'à l'échelle planétaire ces dernières s'effectuent de manière régulière et pernicieuse.
Mers et océans : une étude statistique publiée en 2006 s'appuyant sur l'analyse durant quatre ans de données couvrant une période de mille ans, pour 48 zones de pêche dans le monde montre que les espèces actuellement pêchées (poissons et crustacés) pourraient quasiment toutes disparaître en 2048 sans mesure supplémentaire de préservation. En 2006, 29 % des espèces pêchées sont déjà sur le point de disparaître, imposant un appel plus important aux piscicultures dont certaines dégradent l'environnement. La perte importante de biodiversité marine fragilise les écosystèmes marins et par voie de conséquence le climat et ceux de la planète entière, car les mers et océans sont essentiels aux cycles biogéochimiques, dont celui de l'oxygène.
Certains estiment que la
conversion d'écosystèmes anciens (ou de substitution, tels
que prairies, bocage...) en écosystèmes « standardisés »
(e.g. par exemple, déforestation suivie de monoculture intensive)
a des effets encore plus négatifs sur la biodiversité que
la surexploitation d'espèces ou la dégradation d'écosystèmes
primaires. D'autres pensent que c'est l'absence de droits de propriété
ou de règles d'accès aux ressources qui ont conduit à
l'exploitation anarchique des ressources naturelles.
Parmi ces détracteurs,
quelques-uns affirment que des « extrapolations abusives »
sont faites et que le rythme actuel de disparition des espèces ou
de destruction des forêts tropicales, des récifs coralliens
ou des mangroves (trois sortes d'habitat riche en biodiversité)
n'est pas suffisant pour parler d'« extinction de masse ».
Ainsi, la majorité des extinctions ou les extinctions les plus importantes
ont été observées sur des îles.
Néanmoins, outre que les théories de l'écologie du paysage prédisent que c'est effectivement d'abord sur les îles que les espèces doivent disparaître, c'est justement un phénomène d'insularisation écopaysagère que les scientifiques observent sur les continents. De plus, les inventaires montrent pour une grande quantité d'espèces, que si celles-ci n'ont pas tout à fait disparu, elles ont souvent, en quelques décennies, vu fondre ou disparaître leurs populations de l'essentiel de leur ancienne aire de répartition, ce qui a nécessairement réduit leurs diversités génétiques. Enfin, l'accélération de la quasi-disparition de ressources halieutiques autrefois communes est flagrante, avec par exemple la quasi-disparition de plus de 200 espèces de poissons dans le lac Victoria (à comparer à 129 espèces d'eau douce seulement pour toute l'Europe), suite à l'introduction de la perche du Nil en 1954) laisse craindre la possibilité, dans un temps bref, d'une extinction de masse d'origine humaine. Le film documentaire Le Cauchemar de Darwin (2005) illustre également cet aspect.
Outre la surpêche
et la surexploitation des forêts, la déforestation et la destruction
des forêts anciennes par la sylviculture, des phénomènes
sociaux aussi divers la collection (d'animaux, de plantes, d'invertébrés,
de coquilles, etc. ou l'élevage domestique d'espèces rares
prélevées dans la nature, ou l'intérêt pour
l'or (cf orpaillage destructeur en Amazonie par exemple), ou l'intérêt
pour des sous-produits animaux rares (caviar, fourrure), voire l'impact
de certaines médecines traditionnelles prélevant leurs ressources
dans la nature non-cultivée), du tourisme de nature ou encore de
la pêche ou de la chasse de loisir... aggravent la situation.
Enfin, la vitesse et le
taux de régression des espèces nocturnes sont mal suivis
et peu étudiés, mais le phénomène dit de pollution
lumineuse pourrait avoir été sous-estimé dans ses
impacts en termes de fragmentation écologique de l'Environnement
nocturne; or il est en progression constante et rapide depuis les années
1950. Les 4 derniers rhinocéros blancs de Sumatra ne sont pas menacés
par la pollution, mais par la valeur que certains accordent à leurs
cornes devenues rarissimes, ce qui montre que donner une valeur commerciale
à une espèce ou un animal, ne suffit pas à le protéger.
Actions de gestion, restauration
et protection de la biodiversité
La biodiversité est
devenue un motif de préoccupation mondiale. Tout le monde n'est
pas d'accord sur le fait qu'une extinction massive est ou non en cours,
mais la plupart des observateurs admettent la disparition accélérée
de nombreuses espèces, et considèrent essentiel que cette
diversité soit préservée, selon le principe de précaution.
La présence de l'homme,
mais surtout l'intensivité de ses actions perturbent les équilibres
écologiques avec, notamment dans les plaines, une destruction et
fragmentation croissante des habitats, devenus deux des principaux facteurs
de la perte d’un haut niveau de richesse biologique, l'autre étant
les invastions biologiques. Une grande partie des activités humaines
semblent compatibles avec le maintien d’une biodiversité importante
à condition que certaines règles de gestion et d’aménagement
soient respectées. Certaines demandent de profonds changements,
sociaux, politiques et économiques.
Deux types d'options de
conservation de la biodiversité émergent : la conservation
in situ (dans le milieu naturel), et ex situ (hors du milieu naturel).
La conservation in situ est souvent vue comme la stratégie idéale,
mais est rarement possible. De nombreux cas de destruction d'habitats d'espèces
rares ou d'espèces en voie de disparition requièrent la mise
en place de stratégies de conservation ex situ. Certains estiment
que les deux types de conservation sont complémentaires.
Un exemple de conservation
in situ est la mise en place de zones de protection. La conservation de
gènes dans des banques de semence est un exemple de conservation
ex situ, laquelle permet la sauvegarde d'un grand nombre d'espèces
avec un minimum d'érosion génétique.
De manière générale, la préservation de la biodiversité implique la préservation des grands équilibres écologiques, à quelque échelle que ce soit : habitat, forêt, région, monde... Équilibres qui, s’ils sont rompus, entraînent de graves dysfonctionnements biologiques aux conséquences souvent désastreuses, parfois imprévisibles, sur les sociétés humaines en général et leur fondement économique en particulier.
Dans le monde
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L'évolution de la
biodiversité était l'un des sujets les plus discutés
lors du Sommet pour le développement durable, à Rio de Janeiro,
dans l'espoir de la mise en place d'un fond de conservation global pour
le maintien des espèces et des collections (conservatoires, banques
de graines, etc.). C'est également lors de ce sommet que le 22 mai
a été déclaré Journée internationale
de la biodiversité. La Convention sur la diversité biologique
votée à Rio, avant d'être ratifiée par ses Parties-membres,
engage les états signataires et l'Union Européenne à
prendre des mesures de conservation et d'utilisation durable de la biodiversité
ainsi qu'au partage équitable des bénéfices découlant
de l'utilisation des ressources génétiques. Le partage des
avantages découlant de l'exploitation des ressources génétiques
est régit par des contrats privés. Mais il semble, que pour
une application efficace de la Convention sur la diversité biologique,
il faut aujourd'hui tenir compte des utilisateurs. La responsabilité
de l'utilisateur peut permettre une réactualisation des problématiques
ainsi que l'ouverture de nouveaux chantiers d'étude. Cette implication
peut s'exercer sur différents domaines tels que: le transfert des
technologies, la divulgation de l'origine des ressources génétiques
ou l'accès à la justice en cas de différend.
La convention de 1972 de
l'Unesco sera utilisée pour aboutir sur un accord juste sur le partage
des bénéfices résultants. La bioprospection peut devenir
ce qui a été appelé biopiraterie quand ces règles
ne sont pas respectées.
La biodiversité
urbaine, et celle de la nature banale sont aussi des préoccupations
émergentes, avec quelques expérimentations d'intégration
dans la gestion urbaine et l'architecture (Construction à biodiversité
positive, quinzième cible HQE, etc.).
Perspectives pour une bonne
gouvernance de la Biodiversité : L'ONU a mis en place la FAO pour
répondre aux questions d'agriculture et d'élevage et l'OMS
pour les questions de santé, mais il n'y a pas d'Agence mondiale
pour la Biodiversité. Une démarche consultative de 2006 à
2008(IMoSEB qui signifie « International Mechanism Of Scientific
Expertise on Biodiversity ») a défini les contours d'un organisme
scientifique de type IPCC sur le thème de la biodiversité,
en s'appuyant sur une série,d'étude et de consultations comme
le recommandations d'un groupe de travail international (Leipzig workshop)
sur les interfaces Science-Décideurs pour une bonne gouvernance
de la biodiversité (International Science-Policy Interfaces for
Biodiversity Governance). En février 2007 à Paris, le président
Jacques Chirac a apporté le soutien de la France à l'idée
de création d'une Agence mondiale de l'Environnement. À la
suite du processus IMoSEB et de la Stratégie de poursuite de l'Évaluation
des écosystèmes pour le millénaire, l'intiative IPBES
(Intergovernmental Science Policy Platform on Biodiveristy and Ecosystem
Services) a été lancée par l'UNEP pour l'établissement
d'un tel mécanisme d'interface sur la biodiversité
En Europe
La Commission européenne
a en 2009 reconnu que malgré ses efforts pour améliorer le
réseau Natura 2000 (dont en mer), elle ne pourra tenir son objectif
de diviser par deux ou stopper le déclin de biodiversité
avant 2010. Une résolution du Parlement européen reconnaissant
la nécessité d’un réseau européen d’espaces
naturels, dits zones de nature vierge ou de wilderness c'est-à-dire
très peu modifiées par les activités humaines, a été
adoptée à l’unanimité le 03.02.2009, telles que proposées
dans le rapport 2008/2210(INI) du 5.12.2008. L'Europe a proposé
huit axes d'actions et orientations communautaires pour l’après
2010, comme suites de son plan d’action européen pour la biodiversité :
améliorer la communication sur l’importance de la diversité
biologique (afficher des objectifs post 2010 qui soient clairs, ambitieux
et mesurables, incluant des sous-objectifs par secteurs), renforcer la
recherche et développer le réseau européen de zones
protégées (notamment marine), en s’attachant à aussi
protéger la biodiversité « ordinaire » hors des
zones protégées (intégration de la biodiversité
dans les politiques communautaires, élaboration d’un programme pour
lutter contre les « espèces envahissantes », préservation
de la structure et des fonctions des sols…), protéger la biodiversité
mondiale (lutte contre la déforestation), intégrer transversalement
la biodiversité dans tous les domaines d’action (notamment via l’étude
en cours sur la valeur économique de la biodiversité (TEEB),
encourager l'écoéligibilité et des mécanismes
financiers tenant compte de la biodiversité), mieux financer la
protection et gestion restauratoire de la biodiversité (éventuel
instrument spécifique, mobilisation d'argent privés...),
développer des synergies entre protection de la biodiversité
et du climat.
L'Europe a mis en place
une base de donnée (BiodivERsA) sur les grands fonds, acteurs et
programmes concernant la recherche en biodiversité.
Pour la conférence
d’Athènes, le forum européen des habitats a présenté
ses propres pistes et priorités, incluant le choix d’un « objectif
mondial et européen pour 2020, fondé sur des indicateurs
vérifiables, et le lancement d'une réflexion sur un objectif
pour 2050. Pour le G-8, le « sommet de Syracuse » a adopté
une charte plaçant la perte de biodiversité au sommet de
l'agenda environnemental de ces pays, en insistant sur les liens entre
biodiversité et climat, l'urgence de renforcer les instruments économique
préservant la biodiversité (Cf. étude TEEB en cours)
et soutenant le développement de la « plateforme intergouvernementale
scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques »
(IPBES) prévue pour 2010
En France
Une « stratégie
nationale pour la biodiversité » (SNB) a été
adoptée en 2004. Elle a défini 4 priorités
Caractérisation
et évaluation (qualitative et quantitative) de la biodiversité
étude de sa
dynamique, modélisation des évolutions possibles
évaluation
des impacts de ses changements
pratiques de gestion
restauratoire et durable y compris dans et par les entreprises (avec par
exemple un guide sur la prise en compte de la biodiversité dans
les stratégies des entreprises, fait par l'IFB et l"association
OREE).
La FRB est devenu le point
de contact national de la biodiversité, le Museum étant celui
du GBIF, et un portail d’accès à plusieurs bases de données
naturalistes françaises a été amélioré.
En 2007, le Grenelle de
l'environnement a mis la trame verte et bleue nationale parmi les premières
priorités, avec l'apparition de mesures contre la pollution lumineuse.
Des plans de restauration et réintroductions (environ 130) ont été
relancés, et le CNRS, la FRB créé le 5 mars 2008 en
associant CNRS, IRD, INRA, CIRAD, IFREMER, CEMAGREF, BRGM et le MNHN. en
fusionnant le GIS IFB et le GIS BRG, autour d'une plate-forme internet
sur la biodiversité. Un « plan d’action recherche »,
dans le cadre de la SNB, a été défini pour 2006-2008,
et mis à jour pour 2008-2010. L’ANR (Agence Nationale de la Recherche)
a été invitée à s'ouvrir plus largement aux
questions de biodiversité sauvage et domestique (programmes Biodiversité,
ADD), avec le GIS BRG qui produit aussi des appels à projets. Des
nouveaux thèmes de recherche pourraient être développés
autour de thèmes tels que la biodiversité des sols, des forêts
ou des milieux marins et côtiers. La France contribuera au projet
de plateforme d’expertise internationale IPBES et continue à s'inscrire
dans le contexte international, avec notamment des appels à projets
du MEEDDAT, de l’ANR et de l’ERA Net BiodivERsa.
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