L'Histoire de la Rose




     L'Histoire de la Rose

       " La rose est la fleur de l'amour et la plus populaire fleur de ce monde."
Elle a été créée par Chloris, la déesse grecque des fleurs,
mais d'un corps sans vie d'une nymphe
qu'elle a trouvé un jour dans un effacement dans les bois.
Elle a demandé l'aide d'Aphrodite, la déesse de l'amour,
qui lui a donné la beauté;

Dionysus, le dieu du vin, du nectar ajouté pour lui donner un parfum doux,
et des trois Grâces lui a donné le charme, l'éclat et la joie.
Puis Zephyr, le vent occidental, a soufflé loin les nuages
de sorte qu'Apollon, le dieu du soleil,
a pu polir et faire la fleur des fleurs.
       Et ainsi, Rose est née et était immédiatement reine couronnée des fleurs.

Rose - Symbole suprême de l’amour ?
La rose est symbole d’amour, de passion, mais aussi de trahison. Celle-ci est la fleur la plus offerte ; rouge, elle evoque la passion ; rose, elle incarne la joie, orange, elle symbolise votre désir et blanche, elle couronne la pureté de vos sentiments. Seule la rose jaune se teinte de tristesse puisqu’elle dénonce l’infidelité de l’être aimé !
Un peu d’histoire.
La légende raconte que la rose était la fleur preférée de la déesse de l’amour, Aphrodite.
Mais la culture de cette fleur debuta veritablement au XIIIè siècle lorsque Thibaut IV ramena de croisades la rose gallique, ainsi que Robert de Brie, la rose de Damas.
Anecdote.
Ce sont les roses de Chine qui ont une importance des plus capitales dans l’histoire de la rose, puisque les specimen remontants ramenés par les botanistes anglais de la fin du du XIXè siècle sont à l’origine de la plus grande partie des roses remontantes modernes.

1ère version de l'histoire de la rose

Il paraît que la première nuit d'amour entre Cléopâtre et Marc Antoine se serait déroulée sur un lit de pétales de roses de quarante-cinq centimètres d'épaisseur. Mais c'est surtout par sa valeur symbolique que la rose a laissé son parfum dans l'Histoire. Quelques exemples :

 La rose associée à la Vierge, à l'origine de la dévotion catholique du Rosaire.
 La guerre des Deux-Roses, qui opposa en Angleterre au XVe siècle la maison d'York (dont l'emblème était une rose blanche) à celle de Lancastre (représentée par une rose rouge). La rose est aujourd'hui encore la fleur symbolique de l'Angleterre.
 Les Rose-Croix, société secrète mystique ayant pour emblème une rose rouge fixée au centre d'une croix.
 La Rose blanche de Finlande, ordre national finlandais créé en 1919 pour récompenser les services rendus au pays.
 La Rose blanche, mouvement d'opposition à Hitler dont les fondateurs furent décapités à la hache en 1943.
* Plus récemment, la rose rouge, associée par François Mitterrand au Parti socialiste.

Arts
En peinture, la rose est présente dans de nombreux tableaux liés à la Vierge, mais aussi à l'amour. Ainsi la Naissance de Vénus, de Sandro Botticelli nous montre un ciel où roses et pétales flottent au vent. On retrouve la rose dans les natures mortes des peintres flamands et hollandais du XVIIe siècle, avec de somptueuses compositions florales. Elle est également omniprésente comme motif décoratif dans les tapisseries et les porcelaines.
On n'oubliera pas un art mineur, la chanson, qui a valu à la rose pas mal de triomphes. Plusieurs générations de Français ont pleuré en écoutant Les Roses blanches, chanson de Pothier et Raiter, interprétée pour la première fois par Berthe Sylva en 1927. On pensera aussi, entre autres, à un air qui a franchi les siècles sans perdre une ride, Vive la rose et le lilas.
Peu de roses par contre dans les titres de films, sinon Le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud (1986) et Bread and Roses de Ken Loach (2000).

Littérature
 Le Roman de la Rose est une des œuvres les plus célèbres du Moyen Âge. Écrit par Guillaume de Lorris (vers 1236) puis par Jean de Meung (entre 1275 et 1280), ce long poème allégorique décrit la tentative d'un amoureux (le poète) pour s'emparer de l'être aimé, représenté par une rose.
 À diverses époques, la poésie utilise la symbolique de la rose, souvent pour évoquer la fragilité de la vie humaine, notamment chez Ronsard (Mignonne allons voir si la rose..., Comme on voit sur la branche...). Le thème de la fragilité est repris par Victor Hugo dans la Rose de l'Infante : la petite infante, fille de Philippe II, voit les pétales de sa rose s'envoler sous l'action du vent; au même moment l'Invincible Armada est détruite par une terrible tempête.
 Plus récemment, on notera le roman d'Umberto Eco le Nom de la rose (1980), sorte d'enquête policière médiévale se déroulant en Italie. Le roman a été adapté ensuite au cinéma (1986).

2e version de l'histoire de la rose:
On a découvert des empreintes de feuilles de roses sue des fossiles des montagnes rocheuses du Colorado, datant du paléolithique.
La rose, probablement originaire d'Asie, apparaît comme motif artistique vers 3 000 avant J.-C. dans des documents asiatiques et n'a, semble-t-il, été introduite en Europe que plus tard.
Bien qu'Homère chante "Le parfum des roses" et "L'aurore aux doigts de rose" en 800 avant J.-C., la fleur elle-même n'est pas encore mentionnée dans ses écrits.
On pense que l'Europe a d'abord découvert l'huile parfumée à la rose (l'essence de rose) et que cet arôme séduisant a finalement ouvert la voie à la culture de la fleur elle-même.

Les somptueux banquets romains baignaient dans les roses
R. damascena

Alors que la civilisation hellénique, qui donna naissance à la philosophie grecque, touchait à sa fin et que la civilisation romaine d'abondance matérielle devenait prospère, les roses commencèrent à devenir des produits de luxe que l'on consommait généreusement.
Avant un banquet, les invités se baignaient puis s'enduisaient tout le corps d'huile de rose. Comme les convives s'allongeaient pour dîner, le plafond était entièrement décoré de roses pour le plaisir des yeux ; le sol était recouvert d'un tapis de roses et des pétales de roses flottaient dans les verres de vin.
Le plus extravagant des banquets placés sous le signe de la rose a sans doute été celui que l'empereur et despote romain Néron donna une nuit dans son palais doré sur le Palatin. Outre les luxueux bains à l'eau de rose et à l'essence de rose, on fit pleuvoir du plafond des pétales de roses et de l'huile de rose et l'on servit aux invités du vin parfumé à la rose et un dessert à base de roses. On estime que cette seule nuit d'extravagance coûta l'équivalent de 150 000 dollars !
Cléopâtre utilisa aussi les roses pour souligner sa beauté. On raconte que, lors de sa rencontre historique avec son futur amant, Antoine, le tapis de roses avait plus de 30 centimètres d'épaisseur.

Le pouvoir curatif de la rose
R. rugosa

Au VIe siècle avant J.-C., le célèbre poète lyrique Anacréon de Grèce chante que le baume curatif de rose apaise les battements du pouls lors de fortes douleurs.
Selon N. Culpeper, pharmacologue du XVIIe siècle, "en teinture ou en poudre, les pétales de roses rouges séchés soulagent en cas de saignements. Des infusions de rose dans du vin calment les maux de tête, les rages de dents, les douleurs oculaires, auriculaires et gingivales ainsi que les maux de gorge. Elles soignent aussi les douleurs abdominales et utérines".
Les pouvoirs curatifs de la rose étaient également bien connus en Asie. Dans le plus ancien livre chinois de plantes médicinales retrouvé, les roses sont considérées comme remède.
Ces dernières années, nos recherches ont prouvé que la rose contient des vitamines A, C, et P et a des effets curatifs en cas de fatigue due au stress, d'insomnie, de maux d'estomac et de nervosité.

L'invention de l'alcool a préservé la senteur de la rose
La cueillette des roses dans les champs

On comprend donc pourquoi, une fois connu le parfum enchanteur des roses, l'on fit de nombreuses tentatives pour en préserver la senteur. Depuis l'ère romaine jusqu'à nos jours, toutes sortes d'efforts ont été accomplis pour extraire l'essence des roses.
La première tentative consista à fabriquer une préparation parfumée à la rose en faisant macérer des pétales dans de l'eau afin d'y transférer la senteur.
Un jour, au cours de ce processus, peut-être à cause d'une exposition accidentelle à la lumière du soleil, la température du flacon s'éleva plus que d'habitude.
A la surprise générale, la chaleur précipita les graisses présentes et de l'huile remonta à la surface. C'était la naissance de l'essence de rose, qui donna un parfum bien plus fort et plus durable que l'eau de rose.
Par la suite on découvrit l'alcool, qui au XIIe siècle était obtenu en distillant du vin, dès lors on put extraire des essences de rose très pures.

Vénus et les roses : les beautés du ciel et de la terre
R. centifolia : espoir

Le peintre de la Renaissance Botticelli est célèbre ses chefs d'Ïuvre, tels que Les Printemps et La Naissance de Vénus. Ils évoquent à la fois l'amour et la spiritualité et présentent un idéal de beauté féminine.
Mais avez-vous remarqué que, dans ces tableaux, de délicats pétales de rose flottent dans le vent ?
Les pétales de rose représentés dans ces Ïuvres sont différents de ceux des roses des jardins d'aujourd'hui. Ce sont des pétales de R. alba et R. centifolia, qui sont toutes deux des espèces originelles. Le mot "centifolia" signifie "100 pétales". La rosa centifolia a-t-elle réellement autant de pétales quand elle fleurit ? Un parfumeur de Shiseido a compté les pétales de deux roses centifolia. La première avait 101 pétales, la seconde 113 pétales sur la seconde.

La rose : reine des parfums
La Rose de mai

Saviez-vous que les roses entrent dans la composition de la fragrance de la plupart des parfums ?
Aujourd'hui, on fabrique les parfums en mélangeant de 100 à 700 types d'essences différentes. Les types d'essences mélangées, ainsi que leur composition, sont un secret commercial. La "Rose blanche naturelle" est l'une des fragrances de rose les plus typiques de Shiseido.
Le jasmin est appelé le roi, et la rose, la reine des nombreuses fleurs dont on extrait les essences. Contrairement au jasmin, dont la senteur puissante est prisée par certains mais déplaît à d'autres, la rose a la faveur de tous. On l'associe à de nombreuses autres essences pour créer la senteur qui aura votre préférence.

A la recherche des 1000 roses modernes
La Paix

Il y a une différence de substance entre la senteur des roses que l'on fait pousser aujourd'hui dans les parcs et les jardins et celle des roses odorantes de Bulgarie, de Turquie, de France et du Maroc cultivées pour leurs huiles essentielles.
En tenant compte de cette particularité, Shiseido a entrepris une analyse approfondie du parfum des roses modernes. Après avoir étudié plus de 1000 espèces pendant 8 ans, on a découvert, dans les roses modernes, un nouvel agent aromatique qui n'était pas présent dans les espèces originelles. Cette substance a une note verte humide et une odeur épicée/poudrée de phénol. C'est une caractéristique commune à toutes les roses modernes.
Par contraste avec les roses que l'on cultive pour leur essence et qui ont une note pénétrante, les roses modernes ont une note douce et légère, ainsi qu'une note rafraîchissante de violette verte.

La Bulgarie : le pays des roses au parfum délicat
Les champs de roses bulgares
Si l'on schématise, il y a aujourd'hui deux régions qui cultivent les roses dont on extrait les essences. La première région comprend la Bulgarie et la Turquie, où se cultivent principalement des espèces améliorées de la R. damascena.
La seconde région couvre le sud de la France et le Maroc, qui cultivent principalement la R. centifolia.
Parmi ces espèces, la rose de Bulgarie est particulièrement célèbre pour son exceptionnelle qualité : on dit en effet que la terre et le climat bulgares sont idéaux pour la culture des roses. La Bulgarie est le principal producteur de roses cultivées pour leurs essences, elle exporte chaque année de 5 900 à 6 350 litres d'huiles essentielles.
Il faut 1 400 fleurs pour obtenir 1 gramme de la précieuse huile essentielle, qui est l'extrait naturel de la rose, et 3 tonnes de roses sont nécessaires pour obtenir 1 kilo d'huile essentielle.
Quand arrive la saison de la cueillette des fleurs, en juin et juillet, les écoles ferment et les familles au grand complet vont cueillir les précieuses fleurs dans les champs. La cueillette commence dès 4 heures du matin et finit vers 10 heures du soir. Un cueilleur ramasse environ 30 à 50 kilos de roses en l'espace de six heures. La cueillette commence tôt le matin afin d'éviter au maximum la dissipation des contenus aromatiques par le soleil, car cela altère la qualité des roses.
Une fois cueillies, les fleurs sont passées à la vapeur à environ 120°C et distillées pendant 3 heures pour extraire l'huile essentielle de rose ainsi que l'eau de rose.
Décrire l'arôme : les difficultés à mettre des mots sur les senteurs
La Papa Meilland

Lorsque l'on étudie et analyse le parfum des roses, on est confronté à la difficulté de décrire chaque senteur avec des mots.
On emploie généralement des termes littéraires comme "somptueux", "frais" et "passionné" pour définir la première impression. Des adjectifs tels que "sucré" et "acide" sont couramment utilisés pour décrire les goûts. Ensuite, il y a les termes de base tels que "note verte" ou "note poudrée" pour qualifier la fragrance. Les senteurs sont aussi généralement comparées à des fleurs et à des fruits courants, on dit que c'est "citronné" ou que cela "évoque la violette". On peut également employer les noms chimiques des substances odoriférantes comme le "géraniol" ou le "phénétol".
Voici, par exemple, comment on décrivit la fragrance de la Papa Meilland quand elle gagna le premier prix du concours de la fragrance de rose en 1995:
"Sa senteur est riche en géraniol et en nérol, qualité exclusive de la rose de Damas moderne. Elle a aussi une forte note verte et fraîche, une odeur miellée et est très odorante." Quelle sorte de fragrance peut-on imaginer en entendant une telle description ?
 


La rose devint, dans le monde entier, un témoignage des histoires d'amour : la coutume voulant que la mariée porte un bouquet de roses, symbole de beauté, d'amour et de pureté, s'est répandue. Au Tyrol autrichien, le fiancé offre des roses à sa promise. En France, le matin de son mariage, la jeune femme jette des pétales de rose dans un étang ou dans un ruisseau, acte symbolique d'adieux à sa vie de jeune fille.
Nous le voyons, la rose symbolise l'amour et traduit généralement une beauté gracieuse, tandis que la rose jaune signifie "jalousie". Cela est peut-être dû à la piquante senteur verte caractéristique de cette variété.
La rose de Damas, emblème de la " beauté que l'on remarque", a une senteur riche et somptueuse. La rose de Chine, symbole de "beauté perpétuellement renouvelée", a la senteur verte et élégante de la violette. La rose sauvage du Japon, symbole de "guérison d'une grande souffrance", a elle, une senteur agréablement douce et poudrée qui peut même apaiser les douleurs d'un amour non partagé.

Faire une promesse secrète sous la rose

Chargé de cacher l'histoire d'amour de sa mère, Vénus, Cupidon envoya des roses à Harpocrate, le dieu du Silence, et lui demanda de garder le secret sur cet amour.
Depuis lors, la rose est devenue un symbole du secret.
En Europe, une rose fraîchement cueillie était symboliquement suspendue à la porte du conseil municipal et ce sub rosa signifiait "confidentiellement", en "secret".
Une coutume anglaise veut que l'on place une épée sur une table couverte de roses quand le conseil se réunit pour élire le maire de Londres.

3e version de l'histoire de la rose:

La rose, fleur aux multiples facettes et aux significations si contrastées, a été célébrée au cours des âges pour mille raisons différentes. L’Antiquité en a fait la fleur des dieux, le Christianisme la fleur de Dieu. Le Moyen-Âge commença à la désacraliser et la Renaissance en fit un vulgaire objet d’étude botanique et médicinale.

Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle elle devient la Reine des fleurs, le symbole du retour à la Nature. La nouvelle place de la Rose est alors le reflet des tendances nouvelles en matière d’esthétique, le renouveau des parcs et des jardins.

Au XIXème siècle, la rose est une fleur ornementale essentielle, ses vertus médicinales sont presque oubliées, son symbolisme religieux également et c’est une Rose nouvelle qui va passionner botanistes et horticulteurs.
La collection de roses de Madame Bonaparte, devenue Impératrice Joséphine, est certainement au Parc de Malmaison la collection la plus importante de l’époque, bien qu’elle ne fut jamais complètement répertoriée. Des amateurs éclairés suivirent l’exemple de la Malmaison, tel l’Amiral De Bougainville, ami de Joséphine, qui devint sur ses vieux jours collectionneur de roses.

En 1799, il est installé au Château de SUISNES, en Brie terre traditionnelle des roses. Son jeune jardinier, Christophe COCHET, se passionne également pour les roses qu’il fait fleurir tout l’hiver dans le serre de l’Amiral. En 1805, il crée dans le parc une « allée des Rosiers », à l’époque même où Joséphine, à Malmaison, commence sa propre collection. Monsieur de Bougainville va même aider financièrement COCHET à acquérir la propriété du Plouy ou fief de Breda ; c’est ainsi que naquirent les premières roseraies de GRISY-SUISNES. À sa mort en 1819, Christophe COCHET laisse une collection de 75 variétés.

Le fief de Breda
Avant 1870, l’essentiel de la production est constitué de rosiers d’ornement pour parcs, grandes propriétés et jardins. Après la guerre, les pépiniéristes se mettent à travailler de plus en plus en vue du « forçage ». L’ouverture d’une gare de chemin de fer à Brie Comte Robert en 1875, va transformer complètement l’économie du pays.

Désormais, les communications entre la brie et les pépinières des alentours sont incomparablement plus faciles. Il en résultera une aisance nouvelle. Par ailleurs, entre 1873 et 1879, le phylloxera a fait des ravages dans les vignes, un grand nombre de vignerons va donc abandonner le métier et se tourner vers la rosiculture. Une prospérité nouvelle s’installe, symbolisée par les célèbres fêtes des roses où GRISY est renommé. Au milieu des années 1880, les rosiéristes briards franchissent une nouvelle étape, en cultivant les roses sous verre. Encore en boutons, ces roses sont expédiées directement aux Halles de Paris. La vente des fleurs coupées devient une des activités prépondérantes des briards. Des champs entiers sont plantés de la célèbre « Ulrich Brunner ».


La gare en 1910

En 1892, la gare est ouverte à GRISY-SUISNES. Chaque jour un train spécial de roses coupées part pour Paris Bastille. Vers 1900, environ
100 000 douzaines de roses sont expédiées quotidiennement vers la capitale. À cette période, la brie compte environ 150 rosiéristes, emploie 450 personnes et cultive huit millions de rosiers sur 130 hectares. GRISY-SUISNES compte pour la moitié d’une production s’élevant à 50 millions de roses chaque année, 75 tonnes de roses expédiées en 1898, 110 l’année suivante et 165 tonnes en 1900.
La production de masse n’empêche pas certains pépiniéristes de poursuivre un travail d’obtention de nouvelles espèces qui contribuera au renom du « terroir de roses » de GRISY. 



Antiquité et Moyen Age

Les roses sont cultivées en Chine et en Perse depuis 5000 ans et en Grèce depuis l’âge du bronze.

Littérature et poésie antiques se réfèrent souvent à la rose sans qu'il soit aisé d'en définir l'espèce ou la variété avec certitude.

Hérodote rapporte que le roi Midas au VIe siècle av. J.-C., lorsqu' il a été chassé de Lydie par les armées perses, a emporté ses roses dans son exil en Macédoine6. Et le naturaliste grec, Théophraste, décrit une rose à nombreux pétales, une forme de Rosa canina, cultivée dans les jardins. Il décrit des roses rouges, roses et blanches, et note l’intensité du parfum de la rose de Cyrène.

Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle décrit vingt sortes de rosiers nommées par le nom de leur lieu de provenance. Leurs descriptions permettent des suggestions d’identification :

la rose de Præneste semble être Rosa gallica versicolor ;
la rose de Campanie est une forme de Rosa ×alba semiplena ;

la rose de Tachys est une forme de rosa damascena ;

la rose de Milet rouge à une dizaine de pétales est une variété de Rosa gallica ;

la rose de Pangée est une autre Rosa gallica ;

la rose d’Alabande est une Rosa ×alba ;

la rose d'automne ressemble à Rosa sempervirens ;

Spinolea est Rosa pimpinellifolia Myriacantha ;


Rosa gallica officinalis est alors la source de l’essence de rose que les Romains utilisent en grande quantité comme les pétales. Ils confectionnent des couronnes et des guirlandes de pétales, en jonchent le sol et en remplissent des coussins. Lors des banquets, si une rose est suspendue, hommage à Harpocrate, dieu du silence, les invités doivent garder secrètes les paroles échangées « sous la rose ». Les Romains en utilisent de telles quantité que la culture de la rose devient localement une activité économiquement importante et que Rome importe aussi par bateau des roses d’Égypte (dont c’est alors la plus importante exportation vers Rome), de Carthage et de Cyrénaïque (l’actuelle Libye). La rose de Paestum chantée par Virgile est vraisemblablement R. damascena et la rose de Campani, R. alba.

Ainsi du VIe siècle av. J.-C. au IIe siècle, durant toute cette période de domination grecque puis latine, les roses circulent de Perse en Angleterre, de Grèce en Égypte.

Au Moyen Âge comme pour la période antique, la rose est extrêmement présente dans la société laïque et religieuse mais les données permettent rarement une identification précise : au VIe siècle, les couvents cultivent des roses, le roi Childebert Ier possède une roseraie (des roses de Paradis d’après l’évêque Fortunat) dans son domaine vers Saint-Germain-des-Prés. Et au VIIIe siècle, le Capitulaire De Villis de Charlemagne cite les roses parmi les plantes à cultiver. Au XIIe siècle à la veille des croisades, Albert le Grand note comme rosiers cultivés Rosa rubiginosa, Rosa canina, Rosa arvensis et Rosa ×alba.

Pendant cette première phase de domestication et d'utilisation des rosiers indigènes, les rosiers sont multipliés par drageons et boutures. Les introductions de nouveaux taxons étaient limitées aux grands axes commerciaux, de proche en proche : de la Chine orientale à la Chine centrale, de l'Orient au Proche-Orient et du Proche-Orient à l'Europe. Les mutations ont certainement joué un rôle important comme par exemple le caractère moussu de R. centifolia ou l'intensité des coloris de R. gallica, la transformation d'étamines en pétales (duplicature).

La rose dans l’Histoire

C'est surtout par sa valeur symbolique que la rose a laissé son parfum dans l'histoire. Quelques exemples :

Suzanne dans l'Ancien Testament (Chochana en hébreu) signifie étymologiquement la rose et vient de l'Égyptien « chochen » ou fleur de lotus.
Chez les Grecs, la rose était la fleur d'Aphrodite, déesse de l'amour et d'Aurora, la déesse aux doigts de roses.

Les Romains rattachent la rose à Vénus. La rose aurait été blanche, mais rougie accidentellement quand Cupidon renversa son verre de vin sur elle.

Il paraît que la première nuit d'amour entre Cléopâtre et Marc Antoine se serait déroulée sur un lit de pétales de roses de quarante-cinq centimètres d’épaisseur.
Dans le Cantique des cantiques, la rose symbolise Israël et dans le livre des Parsis, le rose naît sans épines et n’en est armée qu’après l’apparition du génie du mal sur terre.Vers l'an 400, Rosa ×alba devient l’emblème de la Vierge, ce qui est à l’origine de la dévotion catholique du Rosaire.


Rose 'Bimbo'

Quand en 1187, Saladin reprend Jérusalem aux Croisés, il fait purifier la mosquée d’Omar par de l’eau de rose amenée par une caravane de 500 chameaux. Et en 1453, Mehmed II purifia aussi à l’eau de rose l’église byzantine de Constantinople avant de la convertir en mosquée.

La guerre des Deux-Roses de 1453 à 1485 : elle opposa Rosa ×alba, rose blanche de la maison d'York et Rosa gallica, rose rouge de la maison de Lancastre, d'où après le mariage d'Henri VII Tudor et Élisabeth d'York, l'emblème de la rose Tudor rouge à cœur blanc et plus tard la création du rosier York et Lancaster. La rose est aujourd’hui encore la fleur symbolique de l'Angleterre.
Les rosières, jeunes filles vertueuses et pures, étaient à l'origine couronnées de roses.
Les Rose-Croix, société secrète mystique ayant pour emblème une rose rouge fixée au centre d’une croix.

La Rose blanche de Finlande, ordre national finlandais créé en 1919 pour récompenser les services rendus au pays.

La Rose blanche, mouvement d'opposition à Hitler dont les fondateurs furent décapités en 1943.


Plus récemment, la rose rouge, associée par François Mitterrand au Parti socialiste français à travers la « rose au poing ». Ce symbole a également été adopté par d’autres partis politiques européens comme le parti travailliste au Royaume-Uni et celui d'Irlande, le PSOE en Espagne, le PS au Portugal, le PSA en Andorre, le sp.a en Flandre, le PvdA aux Pays-Bas, le PSS en Suisse, le PSI en Italie, le PSB et le PBS en Bulgarie, le PSD en Roumanie, l'EDEK à Chypre, le MSzDP en Hongrie, le SMER-SD en Slovaquie, le ČSSD de République tchèque, le PSDB en Biélorussie, le SDPU(O) en Ukraine, les partis sociaux-démocrates baltes et nordiques, la plupart de ceux des Balkans et le PSE. Ailleurs dans le monde, c'est également le cas de HaAvoda en Israël, du FFS en Algérie, de l'USFP au Maroc, du PDT au Brésil, du PRSD au Chili, de Nouvel espace en Uruguay, des DSA aux États-Unis, de l'UPK en Irak, du PS au Sénégal, du FPI en Côte d'Ivoire, du PDSP aux Philippines, mais aussi par l'Internationale socialiste.


En novembre 2003, la rose est le symbole du mouvement non-violent de la « révolution des Roses » en Géorgie.

La rose dans le langage des fleurs

Dans le langage des fleurs, la rose rouge est également la fleur des amoureux, elle symbolise l’amour et les noces de rose symbolisent les 17 ans de mariage dans le folklore français.

Quant à la rose bleue, traditionnellement, elle évoque le mystère ou l'atteinte de l'impossible. On croit qu'elle est capable d'apporter la jeunesse à celui qui la détient ou de réaliser ses vœux.

En plus de sa couleur, la quantité exprime une symbolique. Pour un nombre de roses inférieure à 10, il est de coutume d’offrir des roses par nombre impair surtout à des fins esthétiques. Au-delà et suivant le nombre, le bouquet de roses peut porter un message particulier :

1 rose permet de dévoiler son amour en toute simplicité ;
2 roses permettent de se faire pardonner ;

12 roses permettent de remercier sa bien-aimée, demande de mariage ;

24 roses pour être galant ;

36 roses pour déclarer son amour (bouquets de fiançailles) ;

101 roses peuvent s’offrir pour exprimer la passion et l’amour sans retenue.

Pour un bouquet de fiançailles, il est d’usage et raffiné de sélectionner des roses ayant les têtes légèrement courbées.


La rose, emblème national

La rose est la fleur nationale de plusieurs pays : Angleterre (rose Tudor), Bulgarie, États-Unis, Finlande (rose blanche), Irak, Maldives, Roumanie.

La rose a aussi été choisie comme emblème officiel par plusieurs États des États-Unis : Géorgie (Rosa laevigata), Iowa (Rosa arkansana), New York, Dakota du Nord (Rosa blanda ou arkansana), Oklahoma.


"La rose dans les expressions et locutions françaises"

Et pour compléter, quelques expressions :

« Être frais comme une rose » : avoir un joli teint, l’air reposé
« Ne pas sentir la rose » : sentir mauvais

« Envoyer sur les roses » : éconduire

« Découvrir le pot aux roses » : découvrir la vérité

« Une histoire à l'eau de rose » : une histoire mièvre

« Feuille de rose » : anulingus

Au Moyen Âge

Le Roman de la Rose est l'une des œuvres les plus célèbres du Moyen Âge. Écrit par Guillaume de Lorris (vers 1230), continué par Jean de Meung (entre 1275 et 1280), ce long poème allégorique dans lequel la rose, objet de la quête, est le symbole de la perfection, décrit la tentative d’un amoureux (le poète) pour s’emparer de la femme aimé, représenté par une rose. À la même époque, Dante écrit La Divine Comédie qui se conclut par une vision de rose blanche mystique.

À la Renaissance

Au XVIe siècle, chez les poètes et spécialement chez Pierre de Ronsard, la poésie utilise la symbolique de la rose pour évoquer la fragilité de la vie humaine :

« Mignonne, allons voir si la rose…»
et
« vivez si m’en croyez, n’attendez à demain
cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. »

« J’aime la bouche imitante la rose. »

À l'époque classique et chez Corneille, la rose montre le passage rapide du temps :

« Le temps aux plus belles choses
se plaît à faire un affront
il saura faner vos roses
comme il a ridé mon front »

Deux vers célèbres de François de Malherbe dans les stances, Consolation à Monsieur du Périer sur la mort de sa fille, associent la rose à la beauté éphémère :

« Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
l’espace d’un matin. »

Dans la Belle au bois dormant, conte de Charles Perrault repris plus tard par Jacob et Wilhelm Grimm, la princesse endormie, qui se nomme Dornröschen (Rose-épine) dans le conte allemand, est protégée par un mur d’églantiers. Dans The Parlement of Roses to Julia de Robert Herrick : « Réunis en parlement tous ces seigneurs proclamèrent la rose reine des fleurs ».

À l'époque moderne

La Petite rose (Heidenröslein) de Goethe est l'un de ses plus célèbres poèmes, mis en musique par Schubert qui met en image la jeunesse et la souffrance de l'amour.

Le thème de la fragilité est repris par Victor Hugo dans La Rose de l’Infante : la petite infante, fille de Philippe II, voit les pétales de sa rose s’envoler sous l’action du vent ; au même moment l’Invincible Armada est détruite par une terrible tempête.

Au XVIIIe siècle, l’expression « cueillir la rose » avait un sens galant désignant la perte de virginité.

Plus récemment (1980), le roman d’Umberto Eco, le Nom de la rose (Il nome della rosa), est une sorte d’enquête policière médiévale se déroulant en Italie, mais l’histoire ne révèle pourtant pas le choix de ce titre. Le roman a été adapté ensuite au cinéma (1986).

Littérature persane

Saadi, le gulistan, ou jardin de roses

Illustration du jardin de roses

Poète et soufi, il commence à rédiger le gulistan, joyau de la mystique soufi médiévale et somme philosophique écrite en vers et en prose poétique, en 1278. Saadi fut révéré comme un prédicateur de l'ordre mystique de la rose. Parmi toutes les allégories de ce recueil, destinées à dévoiler la nature profonde des êtres et des choses, et ainsi à amener à un éveil spirituel et percevoir la réalité de l'existence, une excellente illustration des enseignements portés par les métaphores de jardins et de roses se trouve dans ce passage :

«  Un soufi était plongé dans une profonde méditation sur l'être divin ; au sortir de sa rêverie, ses compagnons lui demandèrent quels dons miraculeux il avait rapportés du jardin de la contemplation où il s'était transporté : j'avais l'intention de cueillir pour vous des roses plein ma robe, mais quand je me suis trouvé devant le rosier, le parfum des roses m'a enivré à tel point que je n'ai pu faire un geste. »

Les quatrains d'Omar Khayyam sur le vin, l'amitié, son jardin et les roses
Rosier grimpant 'Sylt'

Omar Khayyam était mathématicien (il a écrit entre autres le traité sur les difficultés des définitions d'Euclide), astronome (il fut l'un des huit astronomes à travailler à la réforme du calendrier musulman de 1074) et poète. Ses quatrains aux images souvent difficiles à décrypter, mettent en jeu le vin, le jardin et les roses. Sa tombe à Nishapur est entourée de rosiers dont deux boutures ont été plantées sur le tombe du poète anglais Edward Fitzgerald qui l'a traduit en anglais, publié en 1859 et ainsi fait connaître en Europe.

« Je tombais de sommeil et la sagesse me dit :
Jamais dans le sommeil la rose du bonheur n'a fleuri pour personne...
La saison des roses et du vin et des compagnons ivres!
Sois heureux un instant, cet instant c'est ta vie
Vois, la brise a déchiré la robe de la rose,
De la rose dont le rossignol s'était enamouré ;
Faut-il pleurer sur elle, faut-il pleurer sur nous ?
La mort viendra nous effeuiller et d'autres roses refleuriront. »

Retour index:

Définition des couleurs de  roses

Rose d'amitié pour une personne spéciale

Histoire de la rose

Horticulture et la rose

Le mur de roses
 

Fleurs  //  Accueil














 
 
 
 

Votez pour ce site au Weborama

Hit-Parade