Lise Payette, née Ouimet le 29 août 1931 à Verdun (Montréal) et décédé le 5 septembre 2018



Lise Payette aura droit à un «hommage national», confirme Christine St-Pierre
Lise Payette, née Ouimet le 29 août 1931 à Verdun (Montréal) et morte le 5 septembre 2018 dans la même ville, est une femme politique, écrivaine, animatrice de télévision et animatrice de radio canadienne.
Figure importante du féminisme, de l’histoire politique et télévisuelle du Québec, Lise Payette,qui s’est éteinte mercredi à l’âge de 87 ans, aura droit à un «hommage national» si la famille le veut, assure Christine St-Pierre.
Dans une lettre publiée samedi dans nos pages, la petite-fille de Lise Payette, Flavie Payette-Renouf, a écrit «qu’une cérémonie nationale d’hommage» à la vie et à l’œuvre de sa grand-mère serait «de circonstance». Elle précise toutefois que cela devra se faire en cohérence avec les vœux exprimés avant son décès.

Un hommage national pour Lise Payette, mais pas de cérémonie religieuse
Comme Mme Payette était athée, il reste à déterminer quelle forme prendra cet hommage, qui sera assurément «du niveau des funérailles nationales», a expliqué la ministre des Relations internationales et de la Francophonie à notre notre Bureau parlementaire, lors du passage de la caravane libérale à Montréal, samedi matin.
Dès l'annonce du décès, jeudi dernier, le gouvernement a offert l'organisation de funérailles nationales à la famille, mais selon ses dernières volontés, Mme Payette aurait refusé toute cérémonie religieuse.


Gilles Pelletier et son épouse Françoise Gratton

La journaliste, écrivaine, politicienne et figure importante du féminisme québécois Lise Payette est décédée mercredi soir à l'âge de 87 ans, à son domicile, entourée de ses proches.
Lise Payette s'est battue toute sa vie pour deux idées : l'indépendance du Québec et celle des femmes. Elle a d'ailleurs uni ces causes lors de son passage comme ministre au gouvernement de René Lévesque.

Issue d'une famille modeste à Montréal, Lise Payette, née Ouimet, n'a pas les moyens d'étudier à l'université. Elle commence très jeune à travailler.
Sa vie professionnelle commence à la radio et dans un journal de Rouyn-Noranda. Puis elle décide de partir à Paris pour élargir ses horizons.
À son retour au Québec dans les années 1960, elle entre à la radio de Radio-Canada. Lise Payette anime Place aux femmes, où elle amorce son oeuvre d'éducation populaire.

Dix choses à retenir de la carrière de Mme Payette
 Des débuts en presse écrite

Après des études à Montréal, Lise Payette fait ses premières armes en journalisme dans le courant des années 50... en Abitibi à titre de rédactrice pour le quotidien local, La Frontière.

 Elle fait son entrée sur les ondes hertziennes
En 1956, Lise Payette se découvre une passion pour la radio et travaille pour la chaîne CKRN de Rouyn-Noranda pendant un an. Durant cette période, sa voix se transporte jusque dans les chaumières de Trois-Rivières, Québec et Montréal.

Séjour dans la Ville lumière
En 1958, elle se rend de l’autre de côté de l’Atlantique pour explorer de nouvelles avenues. Trois ans plus tard, elle se retrouve au bureau de Radio-Canada à Paris où elle anime l’émission Interdit aux hommes. C’est ce radio-show qui va la propulser au-devant de la scène médiatique québécoise. Lise Payette ne délaisse pas la presse écrite pour autant. Ainsi, elle continue de signer des papiers durant son séjour dans l’Hexagone, notamment pour Châtelaine au Québec et Le Petit Journal, une publication française.

 Place aux femmes et surtout à Lise
La notoriété de Lise Payette s’accroît au Québec à partir de 1966 avec le début de Place aux femmes, une émission à saveur féministe où elle aborde de front des enjeux de société.
En 1972, c’est la consécration: elle fait le saut à la télévision dans Appelez-moi Lise. Cette émission où elle parle de tous les sujets, même les plus tabous (#sexualité) avec un ton franc et convivial, cimente son statut de chouchou auprès du public québécois.

Des allures de fête
En 1975 Lise Payette s’occupe d’organiser les mythiques célébrations de la Saint-Jean sur le Mont-Royal, une implication qui lui vaudra une nouvelle vague d’amour.

Aux côtés de René Lévesque
Forte de son statut de vedette, Lise décide de faire le saut en politique et va porter les couleurs du Parti québécois lors des élections de 1976. Élue dans le gouvernement de René Lévesque, Lise Payette incarne la réussite au féminin: elle montre qu’il est possible pour les femmes de faire leur place au sein de l’État québécois sans renier leurs principes et sans mettre de côté la lutte pour l’égalité.

 Madame LA ministre
C’est d’ailleurs durant son passage au sein du gouvernement québécois que l’on assiste à la mise sur pied d’un bureau de la condition féminine dans 12 ministères. Elle milite aussi pour de meilleurs services de garde et de garderies, pour la création de centres d’aide aux femmes en difficulté et pour l’augmentation des fonds accordés aux mères monoparentales.
La politicienne réussit également à féminiser les titres de ministre, devenant ainsi «la ministre» plutôt que «le ministre». Il faut rappeler que, pendant cette période, Lise Payette travaille pour tous les Québécois, femmes et hommes. On lui doit aussi la création de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), le Code de la protection du consommateur et le «Je me souviens» écrit sur nos plaques de char.

De Lise à Yvette
La carrière politique de Lise Payette se termine quelques années plus tard dans la controverse. Durant la campagne référendaire de 1980, la politicienne remet en question la capacité à décider par elles-mêmes des femmes qui flirtent avec l’idée de voter «NON», ce qui sera entre autres perçu comme une pointe lancée à Madeleine Guay, épouse du chef de l’opposition officielle Claude Ryan. Elle appellera les «suiveuses» «Yvette», le nom d’un personnage fictif de livre scolaire qu’on pourrait qualifier de potiche.
Cette sortie pour le moins étonnante lui fera perdre de nombreux fans au sein la gent féminine.

Retour à l’écriture
Après son passage en politique, Lise Payette revient à ses premières amours et commence à écrire pour la télévision. Elle sera tour à tour scénariste, auteure et productrice de téléromans à succès qui feront encore une fois une belle part aux enjeux de société d’un Québec qui s’ouvre de plus en plus sur le monde.
Dans les décennies qui suivent, la femme aux multiples talents prête aussi sa plume à divers quotidiens, dont le Journal de Montréal et Le Devoir.

Scénarios pour la télévision

2001 - 2003 : Les Super Mamies
1995 - 1999 : Les Machos
1992 : Montréal ville ouverte
1991 - 1993 : Marilyn
1989 - 1991 : Un signe de feu
1986 - 1989 : Des dames de cœur
1982 - 1986 : La Bonne Aventure

Filmographie
1989 : Disparaître



Ouvrages

1971 : Recettes pour un homme libre, Éditions du Jour (épuisé)
1971 : Témoins de notre temps, Éditions du Jour (épuisé)
1975 : On l'appelle toujours... Lise, Éditions La Presse (épuisé)
1981 : Le Pouvoir ? Connais pas!, Québec Amérique (réédité en 2010, Athéna Éditions)
1986 : La Bonne Aventure, Québec Amérique (épuisé)
1996 : Le chemin de l'égalité, Éditions Fides.
Préface de L'enjeu, Ken Dryden, Éditions du Trécarré.
1997 : Des femmes d'honneur : une vie privée 1931-1968, Éditions Libre Expression.
1997 : Des femmes d'honneur : une vie publique 1968-1976, Éditions Libre Expression.
1999 : Des femmes d'honneur : Une vie engagée, 1976-2000, Éditions Libre Expression.
2012 : Le mal du pays Lux Éditeur.

Honneurs

1994: Femme de l'année  par la Canadian Woman in Communications
1997 - Prix Florence-Bird
1998 - Prix Gémeaux hommage
2000 - Médaille d'or du Mouvement national des Québécois
2001 - Officier de l'Ordre national du Québec
2009 - Docteur honoris causa de l'Université du Québec à Montréal
2012 - Prix Pierre Vadeboncœur pour son livre Le mal du pays (Lux Éditeur)
2014 - Prix Guy-Mauffette pour l'ensemble de sa carrière en radio et télévision






Une image quelque peu ternie
Lise Payette qui s’était tranquillement retirée de la vie publique (à l’exception de ses chroniques dans Le Devoir) s’est tout de même retrouvée plongée dans quelques controverses au cours des dernières années.

En février 2016, elle crée le malaise en signant une chronique intitulée «Claude Jutra était mon ami» où elle prend la défense du défunt cinéaste qui fait alors l’objet d’allégations d’agression sexuelle sur un mineur. Elle établit notamment un parallèle boiteux entre pédophilie et homosexualité. On lui retire sa chronique quelques semaines plus tard.

En octobre 2017, dans la foulée du mouvement #metoo, la jeune auteure et animatrice Léa Clermont-Dion soutient avoir été agressée sexuellement par l’ex-journaliste Michel Venne.
Dans une publication partagée sur Facebook, Léa Clermont-Dion accuse Lise Payette, qu’elle voyait comme une mentore, d’avoir tenté de la dissuader de porter plainte contre son présumé agresseur.
Prise dans la tourmente, Lise Payette reconnaît les faits, mais affirme que c’était avant tout pour protéger la jeune femme de possibles répercussions plutôt que pour défendre M. Venne.

Elle est élue députée du Parti québécois dans la circonscription électorale provinciale de Laurier-Dorion en 1976. Elle est ministre des Consommateurs, Coopératives et Institutions financières dans le Gouvernement René Lévesque du 26 novembre 1976 au 21 septembre 1979, ministre d'État à la Condition féminine du 21 septembre 1979 au 30 avril 1981 et enfin ministre d'État au Développement social du 6 novembre 1980 au 30 avril 1981 et quitte ensuite la vie politique.

Née Marie Monique Lise Ouimet, elle est la fille de Fernand Ouimet et de Cécile Chartier.

Scolarisée à Montréal, elle entreprend une carrière à la radio à Rouyn-Noranda, Trois-Rivières, Québec et Montréal. Elle devient aussi relationniste pour le syndicat des Métallurgistes unis d'Amérique. Séjournant à Paris de 1958 à 1964, elle collabore à plusieurs journaux et revues, dont Châtelaine, le Nouveau Journal et le Petit Journal et elle anime l'émission Interdit aux hommes, avec Martine De Barsy. Elle y effectue de nombreuses entrevues avec des personnalités européennes. Elle se lie d'amitié avec d'autres féministes québécoises, comme Pauline Julien et Lise Gauvin, et étrangères, comme Mélina Mercouri.

De retour à Montréal, elle anime l'émission Place aux femmes à la radio de Radio-Canada de 1965 à 1972. De 1972 à 1975, elle coanime l'émission télévisée Appelez-moi Lise en compagnie de Jacques Fauteux. L'émission lui apporte la célébrité et fait d'elle la porte-parole du mouvement féministe québécois.

De 1967 à 1975, le jour de la Saint-Valentin, elle couronne en ondes le plus bel homme du Canada, accordant alors ce mérite à des hommes comme Jacques Bouchard, Jacques Boulanger, Jean-Guy Cardinal, Bernard Derome, Léo Ilial et Pierre Lalonde. Elle préside l'organisation de la Fête nationale du Québec, sur le Mont Royal, en juin 1975. Elle adhère au mouvement souverainiste québécois et offre ses services à René Lévesque, chef du Parti québécois

Ministre

D'abord élue en 1976 dans la circonscription de Dorion, Lise Payette est ministre à la condition féminine, à la consommation, aux coopératives et institutions financières, puis au développement social sous le gouvernement de René Lévesque. Lise Payette est la première femme à s'appeler « la » ministre au lieu de «le» ministre, lançant dès lors la féminisation des titres. On lui doit la réforme du droit de la famille et celle de l'assurance automobile (création de la SAAQ). Cette dernière réforme a d'ailleurs porté son nom dans le langage populaire.

On doit aussi à Lise Payette l'apparition de la devise « Je me souviens » sur les plaques d'immatriculation, à partir de février 1978, remplaçant l'ancien slogan « La belle province ».

Pendant la campagne du référendum québécois de 1980, elle fait une déclaration controversée sur les femmes qui appuient le fédéralisme canadien, attitude qui, selon elle, est sans vergogne. Le prénom Yvette fait allusion à un livre scolaire discriminatoire et, indirectement, aux allégeances politiques de Madeleine Guay, l'épouse du chef fédéraliste Claude Ryan. Cet événement est appelé l'affaire des Yvettes. La presse québécoise réagit mal à ces propos et cette déclaration est sévèrement critiquée par les journalistes féministes Lise Bissonnette et Lysiane Gagnon. Bientôt, une « assemblée des Yvettes » est organisée au Forum de Montréal pour appuyer le camp du NON, qui remporte la victoire sur la question de la souveraineté-association.

Lise Payette est aux côtés du premier ministre Lévesque lors de son célèbre discours, « À la prochaine fois », de 1980, qui préparait le terrain pour le référendum québécois de 1995. Le site indépendantiste Vigile.net conserve certains de ses essais militants sur les besoins de réforme du Parti québécois.

En 1980, Lise Payette travaille aussi pour que le nouveau Code civil du Québec permette aux parents de donner le ou les noms de famille de leur choix à leurs enfants. À partir de ce moment-là, beaucoup d'enfants ont été nommés avec deux noms de famille.

Auteure de téléromans

Lise Payette ne se représente pas à l'élection québécoise de 1981, et entreprend une carrière prolifique d'auteure pour la télévision avec une succession de téléromans comme La Bonne Aventure, Des dames de cœur, Un signe de feu et Les Machos. Elle signe le premier feuilleton quotidien, Marilyn.

Elle fonde ensuite la société de production télévisuelle Point de mire, avec qui elle concevra d'abord la série documentaire Les quatre chevaliers de l'apocalypse puis Femmes, puis d'autres séries de fiction, à titre de productrice ou d'auteure.

Elle a rédigé une chronique dans le Journal de Montréal du 13 mars 2004 à 2007, puis dans le journal Le Devoir du 23 novembre 2007 au 6 mai 2016.

En 2007, elle écrit une chanson pour Céline Dion intitulée « Je cherche l'ombre » qui se retrouve sur l'album D'Elles de la chanteuse québécoise. En juin 2009, elle a reçu un doctorat honoris causa de la Faculté des sciences humaines de l'Université du Québec à Montréal.

Famille
Lise Payette épouse le journaliste et animateur André Payette en 1951, avec qui elle aura trois enfants : Daniel, avocat, Dominique, journaliste et Sylvie, scénariste. Le couple divorce en 1972. Elle a entretenu une longue relation avec Laurent Bourguignon, mort en 2002.



 

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