"L‘ÉTOILE DE CE MOIS‘‘

Gilles Vigneault (né le 27 octobre 1928 à Natashquan, au Québec
est un poète et un auteur-compositeur-interprète québécois.
Il est un ardent défenseur de la cause de la souveraineté du Québec.


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BIOGRAPHIE
GILLES VIGNEAULT

Il a écrit 40 livres, et a le statut d'une véritable légende vivante en Amérique francophone. Il a aussi composé des contes qu'il a publiés en versions écrites et enregistrées sur disques.
Gilles Vigneault a tout d'abord fait des études de lettres pour devenir professeur. Dès les années 1950 il compose des chansons pour différents interprètes. A partir des années 1960, il chante lui-même ses chansons et obtient un certain succès[2]. Ses premières chansons deviennent des classiques comme La danse à St Dilon, Jack Monoloy .
Deux de ses fils sont écrivains: le poète et parolier François Vigneault et le romancier et scènariste Guillaume Vigneault.

«Aimer le Québec, c’était m’aimer moi-même»
Marie-Joëlle Parent: 05-05-2007

«Je suis déjà remplacé et remplaçable. Il y a beaucoup de jeunes qui aiment le Québec, beaucoup plus que moi je l’aurai aimé.» Gilles Vigneault est confiant en l’avenir, celui du Québec, de sa culture et de sa langue, qu’il a défendue, aimée et sublimée.
«Aimer le Québec pour moi, c’était m’aimer moi-même. C’était aimer la terre, la mer qui m’ont donné naissance. Il faut s’aimer pour aimer l’autre», dit Gilles Vigneault.

Il parle au passé parce que l’avenir ne lui appartient plus. L’avenir, ce sont les jeunes, c’est pourquoi il écrit de plus en plus pour les enfants. «Je trouve que les mots ont plus d’avenir dans leur tête que dans la mienne», dit-il.

Il incarne une époque, des valeurs et un patrimoine. La langue française, c’est le grand amour de Vigneault. Sortie de sa bouche, elle prend un goût de bonbon. Qui le remplacera? «Je trouve ça très intéressant d’entendre des gens comme Ariane Moffatt et Pierre Lapointe. J’en nomme deux, mais ils représentent tous les autres qui essaient de faire du nouveau en restant dans la tradition de la langue française. Ils sont représentatifs de ce que nous sommes. Je ne souhaiterais pas que la relève me ressemble, je souhaiterais simplement qu’elle écrive en français», dit-il.

Et pour l’amour du Québec, qui portera son flambeau? «Je crois qu’il y a plus de jeunes aujourd’hui qui sont attachés à leur coin de pays. Je crois que le Québec deviendra indépendant plus vite qu’on ne le croit. Ça ne sera pas par la politique, mais par le citoyen, dit-il. Toutes les solutions ne viennent pas du politique», ajoute M. Vigneault.

Trouve-t-il les artistes québécois moins engagés qu’avant? «Non, pas du tout. Un artiste c’est toujours engagé, et je ne me considère pas moins engagé que lorsque j’ai écrit Ti-Cul Lachance. Je me considère même plus engagé aujourd’hui, parce que je continue de dire au monde comment il me semble qu’il devrait vivre.» Il encense au détour les artistes de la coalition Eau Secours. «C’est un engagement encore plus immédiat et ponctuel qu’une implication dans une campagne électorale», dit-il.

Politique

Pendant sa récente tournée en Europe, un vent de droite a déferlé sur le Québec. Rien pour inquiéter l’homme de gauche. «Le recul de la gauche est partout dans le monde occidental. Je trouve intéressant de voir la droite, la gauche et le centre se définir. Ça permet de savoir de plus en plus de quel côté on est», dit-il.

Est-il déçu du recul du PQ? «Un parti qui a 30 ans a une histoire. Une vague ne le fait pas retourner au port», dit-il après un temps d’arrêt.

Ses inquiétudes se penchent plutôt sur le sort de la culture. «On n’est pas habitués à mettre beaucoup de chiffres sur le mot culture et la campagne s’est faite sur des chiffres. C’est très inquiétant. Les artistes ont raison d’être inquiets et si les artistes sont inquiets, c’est signe qu’ils sont engagés.»
>Aux plus récentes élections, le peuple québécois a agi comme un aveugle à qui on veut faire traverser la rue, selon M. Vigneault. «Il est irrité parce qu’il y a des freins violents qui se sont manifestés à côté de lui quand il a voulu traverser. Il sort sa canne blanche et frappe sur tout ce qui l’entoure, même ceux qui veulent le faire traverser en sécurité», dit-il.
>«Les gens votent par irritation, pour se venger, pour être contre. Mais ils oublient que le gouvernement c’est aussi eux», soulève le poète.
>La tournée
>Gilles Vigneault revient donc tout juste du Vieux Continent, où il a donné une série de 12 spectacles en France et en Suisse. À sa grande surprise, il a constaté que son public rajeunit. Dans les salles, des petits de quatre ou cinq ans sont venus lui dire à la fin du spectacle : «J’ai pas dormi!»
>«Les jeunes viennent au spectacle beaucoup plus que les années précédentes. Sans doute parce que leurs grands-parents leur ont dit de venir le voir avant qu’y meure!», dit-il à son sujet. Il a entendu les inquiétudes de ses fans comme quoi ce serait sa dernière tournée. Ce à quoi il leur a répondu: «Chez nous, on a annoncé ma mort deux fois dans les journaux. C’est un peu prématuré. C’est la même chose pour la rumeur.»
>La tournée, c’est fatigant, non? «Je le peux encore sur le plan de la santé. Il y a des gens et des villages que je n’ai pas encore vus», dit-il.
>Gilles Vigneault n’a plus rien à prouver, alors pourquoi continuer? «Les raisons pour lesquelles on continue à écrire, c’est qu’il y a des personnes de ton âge qui continuent de me poser des questions», dit-il simplement.
>Composer
>Si chanter est devenu plus facile avec le temps, composer est une autre histoire. Gilles Vigneault est un homme discipliné. Tous les jours, il sort son journal ou sa vieille dactylo et compose ses vers. «J’ai pris beaucoup de temps à comprendre que quand j’écrivais un conte ou un poème dans ma journée j’avais gagné ma vie, que ce n’était pas seulement du divertissement», avoue-t-il.
>«J’ai aussi plus de plaisir aujourd’hui que j’en avais il y a trente ans. Je connais mieux le métier et ce que ça signifie une chanson», ajoute-t-il. À le voir répéter sur scène lundi soir, on n’en doute pas. Devant une salle vide, Gilles Vigneault entonne Gens du pays avec fougue, ponctuant sa chanson de grands gestes, terminant sur une petite gambade juvénile. Toujours pour faire rire ceux qui l’entourent.
>Gilles Vigneault, c’est aussi un grand enfant qui aime jouer. Lundi soir, il a défié Charlebois aux cartes dans sa loge. «Pendant les tournées, il sort la planche de Cribble dans le TGV! raconte Bruno Fecteau, son pianiste qui le suit depuis 14 ans. Quand on débarque dans une ville, l’emplacement de la salle de pool est super important. Il est très bon. Il joue avec tout le monde, même avec les jeunes.»
>Gilles Vigneault est aussi un redoutable adversaire au Scrabble. Un passe temps où il peut conjuguer son amour de la langue et celui du jeu…
>Les prochains mois s’annoncent occupés pour le chantre. Il prépare un nouveau livre pour enfants intitulé L’OEil de toutes les couleurs, qui sortira à l’automne. Une tournée avec Les Charbonniers de l’Enfer ainsi qu’un disque sont à venir. Il veut aussi donner des classes de maître à Natashquan, «mais ça c’est pour une autre vie, l’autre que je vais avoir», dit-il.
>On la lui souhaite. On la souhaite également aux générations futures…

Vigneault en vrac

>Sa chanson préférée: «C’est une chanson que je suis en train de répéter et qui s’appelle Jack Tatou. C’est l’histoire d’un prisonnier de 30 ans qui constate que la prison est plus sa famille que le dehors.»

>Deux chansons lui ont donné du fil à retordre: Bébé la guitare et Mlle Émilie, qui ont nécessité quatre ans de travail. Alors que La Manikoutai lui a pris quatre heures.

>Gilles Vigneault lit le dernier Hubert Reeves. «J’ai lu tous les autres. Albert Jacquart, le dalaï-lama, pas mal de romans. Quand je veux me reposer des romans je lis de la poésie, et quand je veux me reposer de la poésie je lis de la science.»

>La dernière chose qui vous a fait pleurer: «La mort de mon ami, un philosophe et poète.»

>La dernière fois que vous avez dit je t’aime? «Hier soir!» dit-il dans un éclat de rire.

>La dernière chose qui vous a mis en colère? «C’est certainement le plan vert de M. Baird.»

>Trois mots fétiches de la langue française: «Femme, temps et espace. Ce sont des mots qui me fascinent.»

"Ses citations"
«Les chemins qui vont droit devant soi s'escaladent.»[ Gilles Vigneault ] - La petite heure
«Tout a été dit, mais pas par moi.»[ Gilles Vigneault ]
«C'est de la source d'un bonheur qu'il faut toujours en attendre la mort.»[ Gilles Vigneault ] - La petite heure

« Il n'est chanson de moi qui ne soit faite avec vos mots, vos pas, avec votre musique »Gilles Vigneault

«Voyager est un travail qu'on fait tout seul.»[ Gilles Vigneault ] - La petite heure
«Un mur où on a mis la main soi-même nous en apprend plus long sur la liberté de l'homme que tous les philosophes.»[ Gilles Vigneault ] - Extrait des Contes du coin de l'oeil
«La violence, c'est un manque de vocabulaire.»[ Gilles Vigneault ]
«Prends pour te connaître Le temps qu’il faudra… Rien qu’à te connaître Tu voyageras»[ Gilles Vigneault ] - Je viens d’écrire une lettre
«Mourir si délicatement Qu'on ne sent aucun mouvement Passer de la vie à trépas Sans qu'on entende un bruit de pas.»[ Gilles Vigneault ]
«Les notaires c'est comme les avocats, moins t'en vois, plus t'as d'quoi.»[ Gilles Vigneault ] - Extrait des Contes du coin de l'oeil
«Les chemins qui vont droit devant s'escaladent.»[ Gilles Vigneault ] - La Petite heure
«Novembre est un beau mois. Mais il faut aimer le gris. Et l'oeil en saisir la lumière.»[ Gilles Vigneault ] - La Petite Heure
«La rumeur publique est plus forte que toutes les puissances de ce monde.»[ Gilles Vigneault ] - Contes du coin de l'oeil
«Le matin, c'est la plus belle image du monde... On devrait l'encadrer !»[ Gilles Vigneault ] - Contes sur la pointe des pieds

Le Festival des musiques sacrées de Québec présentera en première mondiale la Grand-messe de Gilles Vigneault, composée par MM. Vigneault et Bruno Fecteau à la demande du Festival, grâce au soutien financier du Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Cette œuvre magistrale sera interprétée par l’Orchestre symphonique de Québec, le Chœur symphonique et quatre solistes. Elle constituera un legs important pour les Québécois


 

Le 12 décembre 1958, Gilles Vigneault couchait sur papier les paroles de la chanson «Jos Montferrant». Cinquante ans plus tard, notre patriarche de la chanson québécoise est encore bien vivant et bien allumé. Les gens auront l'occasion de le constater alors qu'il sera de passage au Vieux Clocher de Magog les 3 et 4 octobre.
L'automne est la saison des récoltes et Vigneault est désireux de nous montrer la sienne. Une récolte faite de mots, il va sans dire… «Chemin faisant», tel est le thème de son nouveau spectacle qu'il présentera d'ailleurs au TNM (Montréal) du 21 au 25 octobre.
En plus de réentendre à nouveau ses grands succès qui ne se démodent jamais, l'homme à la crinière blanche nous en fera découvrir de nouvelles issues de son nouvel album: «Arriver chez soi»
Cet album résume ses réflexions et ses poésies, lesquelles témoignent de son vécu.
Vous découvrirez «Je n'ai cessé de t'aimer», «Comme tout arrive» ainsi que «Berceuse pour Marion», sa petite-fille.
Quant au thème du spectacle «Chemin faisant», il signifie avec justesse toute la route parcourue par celui-ci au fil de ces cinq décennies.
Voilà une façon éclatante de souligner ses 50 ans de carrière.
Outre son complice de longue date, le pianiste Bruno Fecteau, lequel assure la direction musicale et signe les arrangements, Giles Vigneault apparaîtra sur scène avec quatre autres musiciens pour les spectacles de Magog et Sherbrooke (11 et 12 octobre).
Reconnu pour son sens de l'humour particulier, les gens auront l'opportunité de constater que ses dernières chansons n'en manquent pas… Ses personnages sont toujours teintés d'une certaine démesure.
À l'orée de ses 80 ans, Gilles Vigneault sait encore nous séduire et nous surprendre.


Honneurs
 1962 - Prix CKAC (Grand Prix du disque canadien), pour son premier album
 1965 - Prix du Gouverneur général
 1966 - Prix du Lieutenant-gouverneur, Quand les bateaux s'en vont
 1966 - Prix Calixa-Lavallée
 1970 - Prix de l'Académie Charles-Cros, Du milieu du pont
 1975 - Doctorat honorifique de l'Université Trent de Peterborough
 1979 - Doctorat honorifique de l'Université du Québec à Rimouski
 1980 - Chevalier de l'Ordre national du Québec
 1980 - Prix Alvine-Bélisle
 1981 - Prix du 3-Juillet-1608
 1981 - Membre de l'Ordre des francophones d'Amérique
 1982 - Prix Molson
1983 - Prix Denise-Pelletier
 1984 - Prix de l'Académie Charles-Cros, Un jour, je ferai mon grand cerf-volant
 1984 - Chevalier de l'Ordre national du Québec
 1985 - Prix Félix Témoignage de l'ADISQ
 1985 - Légion d'honneur de la France
 1985 - Doctorat honorifique en lettres de l'Université Laval
 1987 - Médaille Jacques-Blanchet
 1987 - Prix Fleury-Mesplet
 1987 - Concours de la plus belle chanson québécoise organisé par le réseau Radio-Mutuel, Mon pays
 1987 - Prix Génie, Les îles de l'enfance écrite pour le film Équinoxe
 1988 - Prix Henri-Jousselin
 1988 - Médaille Gloire de l'Escolle de l'Université Laval à Québec
 1990 - Officier des Arts et Lettres
 1990 - Médaille de vermeil
 1990 - Prix de l'Académie Charles-Cros
 1990 - Doctorat honoris causa de l'Université de Lyon
 1992 - Officier des Arts et Lettres
 1992 - Médaille de l'Académie des lettres du Québec
 1992 - Médaille de vermeil
 1992 - Prix de l'Académie Charles-Gros
 1996 - Prix William Harold Moon
 2000 - Médaille d'or du Mouvement national des Québécois
 2005 - Officier de l'Ordre de la Pléiade
 2007 - Prix Félix Album de l'année - Jeunesse de l'ADISQ, pour "Les quatre saisons de Piquot : conte symphonique" de Gilles Vigneault, Marc Bélanger et l'Orchestre symphonique de Drummondville

Il est aussi membre du Panthéon des Auteurs et Compositeurs canadiens
Le Prix Gilles-Vigneault est remis depuis 2006 par la SOCAN.
 

Montréal, le 20 mai 2004 - L'UQAM a décerné, le 14 mai, un doctorat honoris causa, la plus haute distinction universitaire, au grand poète et chansonnier Gilles Vigneault. Par décision de son Conseil d'administration et sur recommandation de sa Faculté des lettres, langues et communications, l'Université a voulu souligner la contribution exceptionnelle de monsieur Vigneault aux lettres et à la vie culturelle du Québec et de la Francophonie.

Cet homme simple et humble qu'on peut toutefois qualifier de poète national et même de légende québécoise, est né à Natashquan en 1928. Entré au Séminaire de Rimouski à l'âge de quatorze ans, il développe une passion pour les livres et pour les mots. La poésie l'intéresse particulièrement et tout en étudiant les styles de toutes les époques, il se met à faire des vers en tous lieux et en toutes circonstances. Il obtient une licence ès Lettres de l'Université Laval en 1953.

Après avoir été professeur pendant quelques années, Gilles Vigneault commence à interpréter ses chansons devant le public en 1960, à Québec. Il quitte, en 1961, son emploi de professeur pour se dédier à la poésie et à la chanson. On ne pourrait énumérer ici tous les titres de ses chansons enregistrées sur plus de 50 albums, mais Jack Monoloy, J'ai pour toi un lac, Quand vous mourrez de nos amours, Jos Monferrand, Mon pays, La danse à Saint-Dilon, Les gens de mon pays, La Manikoutai, Gens du pays sont gravées profondément dans le cœur d'un grand nombre de Québécois. Il a également publié une quarantaine de livres.

Gilles Vigneault a su parler, dans des beaux mots français d'hier et d'aujourd'hui, du pays, des gens qui l'habitent, de leurs paysages et de leurs amours. Après plus de 40 ans de carrière, il a lancé en août 2003 un album intitulé Au bout de mon cœur et entrepris une tournée de trois ans au Québec et en Europe.

Remise du doctorat honorifique

Le vendredi 14 mai, monsieur Vigneault a été accueilli par un tonnerre d'applaudissements à la Salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau où des professeurs et des étudiants en études littéraires, histoire, musique et théâtre lui ont rendu un touchant hommage.

Des recteurs et vice-recteurs de plusieurs universités québécoises participaient à la cérémonie de remise du doctorat honorifique, de même que le président et le secrétaire général de l'Université du Québec. L'allocution en vers prononcée par monsieur Vigneault à la fin de la soirée faisait référence aux honneurs qu'on peut mériter et au travail qui nous mérite des honneurs, soulignant le rôle important joué par le public dans son travail de poète et de chansonnier.«Chemin faisant», Gilles Vigneault s'amène à Magog

Il sera au Vieux Clocher de Magog les 3 et 4 octobre
par Christian Caron
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Article mis en ligne le 29 septembre 2008 à 5:19
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Gilles Vigneault est encore bien vivant et bien allumé.
«Chemin faisant», Gilles Vigneault s'amène à Magog
Il sera au Vieux Clocher de Magog les 3 et 4 octobrte


Publié le 15 juillet 2010

Toutes générations unies devant Gilles Vigneault
(Québec) Gens de Québec, gens du pays, que vous étiez beaux mercredi soir pour la fête à Gilles Vigneault! Et M. Vigneault, que vous étiez bon, vif et en voix pour vos 50 ans de scène!

Le Soleil, Patrice Laroche
La chanson francophone a enfin eu droit à son vrai grand rassemblement sur les Plaines pendant ce festival. L'organisation ne fournit plus de chiffres, mais le public était plus important qu'au spectacle d'ouverture; je me risque pour environ 40 000 spectateurs, toutes générations unies derrière l'oeuvre d'un de nos plus grands auteurs-compositeurs-interprètes.
Gilles Vigneault a été récompensé d'une bonne dizaine d'ovations, le public de la section réservée aux chaises est même resté debout avec lui pour les sept dernières chansons. Il faut dire, pour reprendre les mots de ma fille de sept ans, «qu'il a du rythme M. Vigneault pour quelqu'un qui n'est plus si jeune!»
 
Il a raconté qu'à l'épicerie, une dame lui a récemment conseillé d'arrêter ses steppettes vu son âge. La foule a crié un grand «chou» à la dame. Et vous imaginez bien que M. Vigneault n'allait pas retenir le conseil!
Dans Tout le monde est malheureux et La danse à St-Dilon, il nous a montré que 81 ans, c'est encore jeune. Ces chansons présentées en fin de parcours lui ont valu des applaudissements nourris, on a senti une grande vague d'amour parcourir les plaines.

Gilles Vigneault, l'homme éternel!
Nestor Turcotte - Matane  16 juillet 2010 
Il est grand parce qu'il est humble. Il est le très haut parce qu'il est le très bas. Il est beau parce que c'est beau par en dedans. Il est le géant entre tous parce qu'il se sait petit parmi les siens. Il choisit ses mots pour parler et chante pour les faire danser. Il gesticule pour expliquer et il sourit pour rassurer. Il est debout dans l'azur bleu et il s'élève pour emporter le cœur de chacun par en avant. Il a le regard de jeunesse comme pour faire oublier sa vieillesse. Il embrasse le temps qui passe et il le tire par en avant.
Il est unique. Il est ce qu'il est, sans fard, sans artifice. Il est le fruit du mûrissement. Du long silence qui trace les chemins non encore empruntés. Il a le coeur à l'ouvrage. Tendu vers on ne sait quel rivage. L'horizon est son terrain d'apprentissage; la terre, son labour quotidien; le Québec, son pays rêvé. Il ne craint pas de le dire. Il le chante; il le crie; il le répète comme un refrain appris sur les vagues de sa terre perdue aux multiples visages. Il est assurance, rocher, phare et guide endiablé. Il est monument vivant, geste mesuré, poésie chantée.
Jeunesse du coeur
Il vient de la mer. Il vient du large. Il connaît le vent, la tempête, les soucis, les ancrages. Il se sait matelot, conquérant, fils des grands bois, des matins sans nuages comme des bourrasques de vent venues d'un lointain paysage. Il a sur son visage les traits d'un grand sage. Il a dans son regard des attentes encore à l'état sauvage; il a la jeunesse des coeurs nouveaux, la tendresse de l'enfant qui tend les bras, les flots des mots mesurés et la cadence apprise au contact des grands maîtres maintes fois fréquentés.
Il chante ses chansons comme des poèmes à réciter et il chante ses poèmes comme des chansons à répéter. Il parle de ses hivers trop longs, des étés trop courts, des soirées à danser à la maison. Il parle des hommes et des femmes de chez lui qu'il nomme par leur nom; il cause sur les perrons d'église et en fait une chanson. Il est dans le réel. Il a le goût de fonder. Il a, au bout de lui-même, la main tendue de la liberté. Il attend de ceux qui l'écoutent la chaîne de l'amitié. Il attend d'être confirmé.
L'homme est un tout. Il est de la mer, de la terre et du ciel. Il est du dedans et du dehors. Il est en dedans ce que l'on voit dehors. Il est au dehors ce qui est par dedans. C'est pourquoi il est l'homme éternel.

Publié le 17 septembre 2011
Gilles Vigneault: revenir à l'essentiel
 
À 82 ans, bientôt 83, Gilles Vigneault ne ralentit pas. Il lance cette semaine un deuxième album de duos en autant d'années et s'apprête à remonter sur scène en formule piano-voix au Gesù, là même où il a donné son tout premier spectacle montréalais il y a un demi-siècle. Avec des chansons de toutes les époques, au propos moderne.
«Que ça fasse 50 ans ou pas, c'est anecdotique. On fait ça pour le sourire. Mais c'est une anecdote que tout le monde ne s'offre pas évidemment. C'est une question de santé, de chance, de durée aussi.»
Dans l'ancien restaurant de Saint-Placide qui lui sert à la fois de bureau et de local de répétition, Gilles Vigneault parle d'abondance de son nouvel album Retrouvailles 2 et de son retour au Gesù le 5 octobre, 50 ans jour pour jour après son tout premier spectacle montréalais au même endroit. L'homme a fière allure et une énergie qui ne cesse d'étonner. Cet automne, qui s'annonce chargé, il s'apprête à le prendre à bras-le-corps.

Pour lui, tout se tient: les nouveaux duos qu'il a enregistrés avec 14 interprètes québécois et le spectacle Vivre debout, en duo avec le pianiste Daniel Thouin, un musicien polyvalent «venu du jazz» qui prend la relève des complices essentiels «passés de l'autre côté de la frontière» qui l'ont accompagné depuis ses débuts: Gaston Rochon, Robert Bibeau et Bruno Fecteau.
«Ce sera un spectacle de retrouvailles aussi, une nouvelle manière de reprendre, de redire et de retrouver ces chansons-là, fait-il remarquer. Par exemple, je vais chercher Gros Pierre parce que c'est un personnage qui a beaucoup marqué mes chansons et qui a marqué, si j'ose dire, le public. Ce sera donc Gros Pierre, mais Gros Pierre avec l'espèce d'incertitude, de précarité d'un piano seul ou de quelques notes d'harmonium. Je vais retrouver cette chanson-là comme je l'aurais jouée à mes parents sur l'harmonium de ma famille.»
Daniel Thouin a travaillé pour la première fois avec Vigneault sur les plaines d'Abraham l'an dernier avant de s'intégrer à son groupe pour les derniers spectacles de sa tournée précédente. L'idée du spectacle piano-voix, elle est de lui.
«Au départ, ça m'a fait peur, mais il m'a convaincu, reconnaît Vigneault. Il avait un propos qui m'a beaucoup intéressé. Il ne l'a pas dit comme ça, mais ça voulait dire revenir à l'essentiel. Et pour moi, revenir à l'essentiel, ça me plaît assez bien à 82 ans, 83 en octobre. Revenir à l'essentiel, c'était beaucoup revenir au Gesù, à l'essentiel des premiers temps où j'y ai goûté. On avait monté le spectacle avec Roger Fournier et Jean Bissonnette pour le 5 octobre 1961 et ç'a tellement bien marché qu'on a décidé de le répéter la semaine suivante au pied levé. Ç'a été mon premier récital solo à Montréal, avec Gaston (Rochon) et ses musiciens. En 1962, on a donné deux spectacles au Plateau, l'année suivante, trois soirs à la Comédie-Canadienne (le TNM actuel) et l'année d'après, j'ai fait une semaine. Puis deux, puis trois...»

Des chansons utiles
Pour ce nouveau spectacle, Vigneault a choisi avec le peintre Claude Fleury, son ami de toujours, des chansons de toutes les époques dans son vaste répertoire. «Il y a six chansons de personnages, des chansons d'amour et celles qu'on appelle des chansons de pays, et puis trois chansons nouvelles. Les chansons retenues sont utiles au propos d'aujourd'hui. Aujourd'hui, j'ai le goût de dire ce que Zidor (le prospecteur de la chanson des années 60 qu'il reprend sur son nouvel album avec Fred Fortin) aurait dit: avec un Plan Nord, il faut se hausser sur la pointe des pieds et regarder derrière, voir si le Sud n'est pas là. C'est intéressant de mettre ça à côté de Fer et titane, par exemple: «Pis regarde-moi bien dans les yeux, tout ce monde à rendre heureux. Nous avons la promesse du plus brillant avenir.» Oui, pour les compagnies minières! J'ai besoin d'une chanson comme Fer et titane pour dire ce que j'ai à dire aujourd'hui. C'est en cela que le spectacle est moderne.»
Ce spectacle intime pose évidemment un défi supplémentaire au chanteur. «Je ne me prends pas pour Tony Bennett, tout le monde sait ça, je pense, et moi en particulier, reconnaît Vigneault. Mais sans se prendre pour un grand chanteur, on peut se prendre pour qui on est et faire avec ce qu'on a, avec son métier, son expérience et son goût de le faire. Si ça m'ennuyait ce spectacle-là, ça serait déjà annulé.»

De nouveaux secrets
C'est également à Daniel Thouin que Vigneault a confié la réalisation de son album Retrouvailles 2. «C'est son choix de musiciens, son choix d'arrangements, sa vision de la réalisation d'un disque et on pense qu'il a bien réussi, on est très contents, dit le chanteur. Dan a donné une pulsion, une espèce de houle, de vague lente, mais qui se répète et qu'on retrouve dans presque chaque chanson: un mouvement de calme.»
Dans cet album moins disparate que celui paru l'an dernier où Vigneault s'invitait chez ses amis européens et québécois avec des arrangements qui prenaient les couleurs de ses hôtes - «J'étais d'accord avec ça», rappelle le principal intéressé -, il a découvert, comme il l'écrit dans le livret, de «nouveaux secrets» de ses propres chansons, des classiques aux moins connues, dans la bouche d'interprètes aussi différents que Clémence DesRochers, Pierre Flynn, Fred Pellerin ou Marc Hervieux.
«Depuis toujours, quand j'entendais Pauline Julien, Monique Leyrac, Catherine Sauvage, Renée Claude ou Louise Forestier chanter une de mes chansons, je retrouvais la chanson un peu comme un spectateur inconnu qui ne l'a pas écrite, dit-il. Alors c'est un disque de retrouvailles pour vrai. C'est d'abord se retrouver soi-même, toujours.»

La plupart des artistes invités se sont fait proposer trois chansons, raconte Vigneault: «Piché et Richard (Séguin) voulaient tous les deux chanter J'ai planté un chêne. Comme Richard avait déjà sa conception de la chanson, un peu à la Bach, avec 12 guitares (de l'ensemble Forestare), Paul la lui a laissée. Je lui ai dit qu'il pouvait en choisir une autre, il en restait 200! Il a dit Gens du pays, puis a décidé d'en choisir une autre. Il trouvait ça intimidant. C'est le contraire: dès la première chanson, Paul nous fait l'antichambre du disque, il dit ça va se passer doucement. Et comme par hasard, ça se termine avec la belle, la magnifique voix de Daniel Lavoie qui chante Il me reste un pays. Un jour, il m'a raconté que quand il est parti de son village, au Manitoba, il y avait 70% de personnes qui parlaient français et quand il est revenu, des années après, il y en avait 30%. Lavoie qui dit «il me reste un pays à comprendre, il me reste un pays à changer», ça n'est pas insignifiant.»

Vigneault a donné à chacun des invités sa version de la chanson en l'invitant à intervenir là où bon lui semblait. Avec Claude Gauthier (Je n'ai pas fini de t'aimer) - «Il chante bien, cet animal!» - et Claire Pelletier (La Manikoutai), l'auteur s'est fait discret: «Il y a plein d'endroits dans le disque où je disais il ou elle pourrait chanter seul (e), qu'est-ce que je viens faire là? Et Dan me disait: 'Ben c'est votre chanson! '
«Avec d'autres, comme Daniel Boucher, à qui Tit-Nor va comme un gant, ou Renée Martel (Ah! que l'hiver), on peut parler d'un dialogue.
«Avec Clémence (Tombée la nuit), on a fait chacun un couplet et on faisait les refrains ensemble. Y a une complicité assez évidente parce qu'elle aussi, 50 ans, elle connaît ça, lance Vigneault en riant. Deux voix fragiles qui disent finalement «il n'est de vrai que nos amours.»
 
Gilles Vigneault s'entoure de femmes
Agnès Gaudet  18-07-2011

 
Douze personnalités féminines, dont Julie Snyder, Pascale Bussières, Annie Pelletier, Fanny Mallette, Ima et Mitsou, enregistrent des berceuses de Gilles Vigneault sur un album collectif dédié aux enfants d’aujourd’hui.

L’automne sera le début d’une année Vigneault. À 83 ans, le poète a plus de projets que jamais. Non seulement il entamera une nouvelle série de spectacles et lancera un deuxième album Retrouvaillesavec les gros noms de la chanson québécoise, cet automne, mais une douzaine de femmes vont chanter ses berceuses, pour en faire un album.

« C’est important que ces berceuses québécoises, composées par le grand Gilles Vigneault depuis des dizaines d’années, soient connues des enfants d’aujourd’hui et que les mères puissent les fredonner des dizaines d’années plus tard », estime l’initiateur du projet, le producteur de Tandem Musique, Paul Dupont-Hébert.

En effet, ces bijoux de berceuses sont trop méconnus du grand public. Cet album destiné à toutes les mamans de la francophonie permettra de les redécouvrir.

Des femmes sensibles
Les personnalités féminines pour ce projet, sont pour la plupart des chanteuses, quelques-unes des plus belles voix du Québec, mais aussi des comédiennes et animatrices. Elles ont été choisies par Gilles Vigneault lui-même, sa femme et le producteur. Elles ont toutes accepté l’invitation avec enthousiasme.

« Gilles voulaient des femmes sensibles aux enfants, spécifie le producteur. Des femmes qui sont maman elles-mêmes ou qui aiment beaucoup les enfants. »

Ces dernières vont d’ailleurs écrire chacune un petit mot destiné au livret de l’album pour expliquer leur participation et mentionner pour quels enfants elles ont interprété leur chanson.

Chacune sa préférée
Quelques-unes des interprètes ont déjà enregistré leur berceuse en studio. Elles l’ont fait en présence de Vigneault. Le poète, grand-papa plusieurs fois, sera présent pour chacune d’elles, dans les semaines qui viennent.

Presque toutes ont déjà choisi leur chanson, parmi la gamme de mélodies de l’auteur-compositeur. C’est notamment le cas d’Ima qui a opté pour la très belle J’ai pour toi un lac, de Pascal Bussières qui interprète Les Amours, Les Travaux, de Fanny Mallette qui chante Une chanson pomme et de Mitsou,Les mots du dimanche.

Pour Julie Snyder et Annie Pelletier, le choix d’une pièce n’est pas encore arrêté.
Également du projet, on retrouve Judi Richards, Claire Pelletier, Marie-Denise Pelletier, Paule-Andrée Cassidy, Marie Michèle Desrosiers et Marie-Claire Séguin.
Cet album de berceuses sera lancé au mois de mars 2012.

Des rencontres historiques
Avant l’album de berceuses, Gilles Vigneault fera le lancement de son nouvel album Retrouvailles II, le 20 septembre, un album sur lequel il s’est entouré d’une vraie belle gang de Québécois, dont certains complices naturels tels Paul Piché, Richard Séguin, Daniel Lavoie, Pierre Flynn et Clémence Desrochers, certains héritiers naturels tels Fred Pellerin, Luc De Larochellière et Daniel Boucher et des mariages insolites avec des icônes d’origines différentes, tels Marc Hervieux et René Martel.

Rencontres magiques
« Il y a eu des moments historiques lors des enregistrements de ces duos avec Gilles (Vigneault), indique le producteur Paul Dupont-Hébert qui a orchestré toutes ces rencontres. C’est inévitable quand Piché et Vigneault, des hommes du même sang, chantent ensemble Gens du pays. C’est aussi le cas quand Fred Pellerin chante Charlie Josavec Vigneault, Marc Hervieux, Si les bateaux et René Martel,
Ah ! Que l’hiver. »

Le premier album Retrouvaille savait obtenu un disque d’or pour 40 000 exemplaires vendus, une première en carrière - croyez-le ou non -pour Vigneault.

Jour pour jour
Ce n’est pas tout. Gilles Vigneault débutera une tour née d’une douzaine de dates au mois d’octobre. Parmi ces dates, l’une d’elle est exceptionnelle, le 5 octobre. Le chanteur se retrouvera, cinquante ans plus tard, jour pour jour, sur la même scène. Il avait présenté son premier spectacle majeur à Montréal au Gesù le 5 octobre 1961.

Avec ce spectacle intimiste piano-voix, intitulé Vivre Debout, Vigneault propose un survol de plusieurs de ses plus grandes chansons. On y découvre toute la force des mots. Il sera accompagné au piano par Daniel Thouin, au Gesù les 5, 6, 7 et 8 octobre.
 

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