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le 7 juin 2006 né le 10 mai 1922
Photos
Il
était âgé de 84 ans.
M.
Trudeau a souligné qu'il y a deux semaines, la ministre de la Famille,
des Aînés et de la Condition féminine, Carole Théberge,
s'était rendue à son domicile lui remettre la médaille
de l'Assemblée nationale. C'est à cette occasion qu'il a
revêtu pour la dernière fois son célèbre costume
blanc et son chapeau melon.
La
carrière de Paul Cormier a sans contredit été marquée
par son association avec Gilbert Bécaud. En 1970, le chanteur français,
qui préparait une tournée au Québec, cherchait un
violoneux pour accompagner une nouvelle chanson.
Violoneux québécois né aux Escoumins, sur la Côte Nord, le 10 mai 1922. Né dans une famille de musiciens itinérants, il s'initia au violon à 9 ans sur un instrument fabriqué par son père. À 12 ans, il jouait à des danses dans les localités de la rive nord. Après son service militaire au cours de la Deuxième Guerre mondiale, Cormier se produisit à la station radiophonique CBJ à Chicoutimi, puis se fixa à Montréal, jouant dans des hôtels et des cabarets et lors de danses populaires. En 1950, il gagna un concours de violoneux dans l'Est du Québec. Il travailla comme mécanicien de 1954 à 1960 puis revint à sa carrière, jouant durant plusieurs années dans la région de Montréal. Le nom et la silhouette du célèbre violoneux ont fait le tour de la planète depuis 1970. Mais si on remonte un peu plus loin, on constate que le musicien qui a donné naissance à ce personnage est actif sur la scène musicale depuis au moins le double de ce temps. Adolescent, il fait déjà danser la famille et la parenté lors de noces et autres soirées familiales au milieu des années trente, avec le violon que lui a fabriqué son père. Par la suite, tout en occupant différents métiers, apprend la guitare et chante les chansons à la mode qu’il entend à la radio, sur les ondes de stations lointaines. C’est ainsi que le bluegrass et la musique hillbilly viennent s’ajouter aux airs folkloriques qu’il a appris au contact des autres musiciens de son entourage. À
17 ans, Paul Cormier se retrouve parmi les invités de l’émission
musicale numéro un à Québec: Les Montagnards Laurentiens.
Il y participe fréquemment jusqu’à ce qu’on le convoque pour
servir dans l’armée canadienne, en 1942. Démobilisé
à la fin de la guerre, il s’installe dans la région de Chicoutimi
où demeurent maintenant ses parents et travaille à la fonderie
d’Arvida. Toujours aussi passionné de musique, il perfectionne son
jeu, participe comme principal invité à une émission
intitulée L’Écho des chantiers à la station CBJ de
Radio-Canada à Chicoutimi et forme bientôt un duo avec son
frère Aurèle. Paul ne délaisse pas le violon pour
autant et se mérite le titre de Champion violoneux des quatre comtés
(Lac Saint-Jean, Chicoutimi, Charlevoix et Saguenay) en 1950.
Paul de son côté s’oriente définitivement vers une carrière instrumentale. Ajoutant de nouvelles cordes à son bagage musical, il apprend la contrebasse. Cet instrument est très en demande dans la seconde moitié des années cinquante et lui permet d’accompagner plusieurs artistes comme Roger Miron, Léo Benoit. Passant avec une grande facilité de cet instrument au violon ou à la guitare, il se joint aux tournées des plus grandes vedettes du western canadien: Marcel Martel, Paul Brunelle et Willie Lamothe en tête, lors de périples à la grandeur du Québec, des Maritimes et de la Nouvelle Angleterre. Il séjourne d’ailleurs un certain temps aux Etats-Unis de 1965 à 1967, période au cours de laquelle il se joint au groupe Joe Mayo and His Ramblers. Revenu au Québec au moment de l’Expo 67, Paul Cormier se produit avec son propre ensemble pendant trois ans à l’Hôtel Lafayette, coin Christophe-Colomb et Maisonneuve, à Montréal. Un tournant majeur attend le musicien au mois de mai 1970. Gilbert Bécaud, qui prépare une tournée au Québec, est à la cherche d’un violoneux pour accompagner une nouvelle chanson qu’il veut intituler "La vente aux enchères". Le chanteur auditionne alors plusieurs instrumentistes mais il recherche précisément quelqu’un qui ait de la facilité pour l’improvisation tout en lui donnant la réplique sur le plan vocal. Son choix se porte sur Paul Cormier et les deux hommes entreprennent aussitôt de créer un personnage facilement reconnaissable que l’on identifie dès son entrée en scène. C’est ainsi que naît Monsieur Pointu: chapeau melon, chandail à col roulé et une immense fleur à la boutonnière de son veston. Il accompagnera le Monsieur 100 000 volts du music-hall français pendant plusieurs tournées, dont deux tournées mondiales qui les mèneront sur les cinq continents, entre 1970 et 1978. Entre ses tournées avec Gilbert Bécaud, Monsieur Pointu se produit au Québec et enregistre six microsillons. Le premier album, produit par l’équipe de Bécaud (Productions du Rideau Rouge), révèle un instrumentiste de haut calibre et un compositeur inspiré: "Reel pizzicato", "Le crépuscule". Le musicien y chante aussi quelques chansons de sa composition comme "Le vrai bonheur" ou la coquine "Viens dans les bois" ainsi que la romance "L’un dans l’autre on est heureux" que lui confient Maurice Vidalin et Jacques Datin. Monsieur Pointu y improvise aussi ce titre inclassable qu’on pourrait aujourd’hui associer à une sorte de rap primitif "Ote tes raquettes & embarque dans mon char", sans oublier une version instrumentale de "La vente aux enchères". À partir de 1973, ses fans ne tardent pas à remarquer que Monsieur Pointu se présente sous deux formes différentes, selon les circonstances. Le personnage de scène qu’on retrouve pendant la chanson en duo avec Bécaud arbore chapeau et costume noirs, tandis que le musicien qui se produit en salle, avec ses propres musiciens, est vêtu de blanc. Avec le microsillon "Reel de l’oiseau moqueur", paru cette année-là, Monsieur Pointu s’impose comme l’interprète de référence de ce reel au Québec. Tout l’album, où les airs anciens alternent avec de nouvelles compositions du célèbre violoneux, s’avère d’ailleurs un classique de la musique traditionnelle dansante. La face B du microsillon est entièrement consacrée à une "Danse carrée en trois parties" incluant sa propre "Danse carrée Pointu", callée par l’incomparable Pierre Daigneault. L’année
suivante, Monsieur Pointu est l’objet d’un film d’animation de l’O.N.F.
qui remporte des premiers prix lors de nombreux Festivals de films d’animation
(Londres, Genève, San Antonio, Bilbao). Il anime aussi, au cours
de la saison 1974, une série télévisée Monsieur
Pointu S.V.P. sur les ondes de Télé-Métropole. Le
film Monsieur Pointu se voit aussi diffusé en 1975 lors de la soirée
de remise des Oscars où il est encore une fois en nomination.
En 1978-79, Cormier anima une série de 39 émissions folkloriques à Télé-Métropole, « Monsieur Pointu s'il vous plaît ». Après une attaque cardiaque en 1982, il se consacra surtout à la peinture et présenta plusieurs expositions. En 1988, il effectua une dernière tournée avec Bécaud, dont un mois à l'Olympia. Parmi ses enregistrements, notons les microsillons Monsieur Pointu (1971), Le Reel de l'oiseau moqueur (1973, S'il vous plaît... et Monsieur Pointu (1978). Il a composé plus de 30 pièces musicales (valses, reels, gigues, breakdowns, two steps, etc.). On
retrouve aussi son violon sur l’inoubliable succès de Raôul
Duguay "La bittt à tibi" et il assure la première partie
de la tournée inter-provinciale de Ginette Reno en 1976.
La ministre Carole Théberge est venue elle-même remettre la Médaille de l’Assemblée nationale, à M. Pointu, Paul Cormier, pour sa contribution à la diffusion internationale de la musique québécoise, sa générosité et son engagement dans la collectivité québécoise notamment auprès des jeunes. Son
état de santé ne permet plus à Paul Cormier de se
déplacer, mais il a revêtu le costume de M. Pointu pour l’occasion.
«Il est toujours surpris des reconnaissances qu’on lui décerne
et de sa popularité. C’est un être généreux
et humble, que tout le monde voulait côtoyer. Son dernier rêve
d’instituer le concours, pour la relève québécoise
réalisé depuis maintenant deux ans sera poursuivi, ce sera
son héritage!», a commenté son agent Robert Doyon.
Un
hommage présenté sur TV5
Mardi
14 février 2006 - Spectacle "Coup de coeur"
"ANNIVERSAIRES
DE NAISSANCE POUR MAI"
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