(mise à jour le 28 octobre 2015)



 Votre vedette québécoise
Andrée Lachapelle


(13 novembre 1931)

 Album Photos d'Andrée

Andrée Lachapelle est au théâtre, à la télévision et au cinéma québécois ce que le soleil et l'eau sont aux fleurs : un atout vital et important pour leur épanouissement, en l'occurrence celui de la culture québécoise.

Sa mère perd son mari alors qu'elle est enceinte de son cinquième enfant. Elle élèvera seule ses cinq enfants pendant quelques années, puis se remariera avec le cousin germain de son défunt mari. De cette union naîtront deux autres enfants, dont la petite dernière, Andrée, le 13 novembre 1931. Ses parents ont alors 45 ans.

Durant sa jeunesse, Andrée est entourée de ses frères et sœurs qui font du théâtre amateur dans leurs moments de loisir. Dès qu'elle sait parler, ceux-ci lui font réciter des textes. Plus tard, ils lui feront dire des poèmes lors des entractes. L'ambiance à la maison et son milieu familial font en sorte qu'elle se découvre très jeune un goût marqué pour le théâtre.

Dès l'âge de six ans elle entreprend des cours de diction. Tout au long de ses études, elle se passionnera pour le français et aura le souci constant de s'exprimer avec clarté. À l'école, on la choisit souvent pour jouer les rôles de Vierge Marie, d'ange, de sainte ou de petit Jésus. Élève docile et ricaneuse, elle se classe toujours parmi les premières de sa classe. À 14 ans, elle s'inscrit au Studio 15 animé par Gérard Vleminckx. Trop jeune pour tenir des rôles, elle y est acceptée comme élève.

Elle fréquentera l'Institut pédagogique où elle obtiendra son diplôme d'institutrice. Elle enseigne deux ans à la maternelle et six mois à la première année à l'École du doux parler français, après quoi elle se consacre uniquement au théâtre.

Andrée Lachapelle montera sur les planches avec la troupe Trait d'union aux côtés d'Henri Norbert, et plus tard avec les Compagnons de Saint-Laurent dirigés par Aario Marist.

Le Festival de Montréal de l'été 1952 donne lieu à une rencontre déterminante dans la vie d'Andrée Lachapelle. Elle fait la connaissance de Robert Gadouas, comédien professionnel reconnu pour sa sensibilité, son sens inné du théâtre, l'intensité de son jeu et ses dons de lecteur et de diseur. L'avènement de la télévision à l'automne 1952 conduit la comédienne à jouer dans une adaptation personnelle de Robert Gadouas d'une pièce noire de Jean Anouilh : L'Hermine. Robert Gadouas y interprète le rôle de l'amoureux, Frantz, tandis qu'Andrée Lachapelle joue celui de l'amoureuse, Monime. C'est le début de leur relation.

Sa relation de couple avec Robert Gadouas durera 10 ans; Andrée donnera naissance à quatre enfants : Patrice, Catherine, Anne (morte à la naissance) et Nathalie.

En 1963, le couple se sépare. Robert Gadouas se donnera la mort en 1969. Voici ce qu'Andrée Lachapelle a à dire à ce sujet :
[...] Le métier d'acteur peut s'avérer très cruel pour ceux qui, trop sensibles, en font leur unique raison de vivre. Robert Gadouas faisait partie de cette lignée. C'était un être plein de fantaisies et de rêves, au point que cela le rendait très vulnérable, car ses rêves et fantaisies étaient trop débordants pour entrer dans l'espace quand même limité du milieu théâtral. L'intolérance à l'égard de certains artistes, même les plus doués, trouve malheureusement sa place dans ce milieu et c'est dans un silence complice que leurs faiblesses sont souvent pointées du doigt. [...] Avant sa disparition fracassante, Robert n'avait presque plus d'engagements. Pour des raisons que j'ignore toujours, le milieu théâtral le boudait comme s'il ne se souvenait plus de lui. [...] Ce fut une épreuve douloureuse qui m'a ouvert les yeux. À compter de ce moment, j'ai décidé que, pour le reste de ma vie, je ne me laisserai jamais détruire par ce métier, que j'aime par-dessus tout; au contraire, j'ai voulu faire tout ce qui était en mon pouvoir pour qu'il demeure ma principale source d'enrichissement personnel et de joie de vivre.

  Le 29 mai 1971, elle se marie avec le comédien Dominique Briand. Sa relation avec lui remontait à 1967 et durera 10 ans. C'est sur l'insistance du comédien qu'Andrée Lachapelle obtient le rôle de Blanche Dubois dans la pièce Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams. Cette pièce, montée à Paris, remportera un vif succès en France.

Boursière du Conseil des Arts, elle entreprend, seule, un long voyage qui la mène en Russie, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Autriche, à Paris et à New York. Elle assistera à des cours d'art dramatique afin de connaître les diverses méthodes d'enseignement qu'on utilise dans les écoles d'art dramatique. Cette expérience s'avérera très utile puisqu'en 1998 elle deviendra professeure de lecture à l'École nationale de théâtre, à Montréal.

À son retour au pays, Andrée Lachapelle est à la croisée des chemins. Ses enfants volent de leurs propres ailes : Nathalie aspire à la danse et deviendra comédienne tout comme sa mère, Catherine est musicienne et Patrice exerce le métier de capitaine de navire. Et rien ne va plus entre elle et Dominique Briand. Divergeant d'opinions sur leurs carrières respectives, ils se séparent, mais demeurent de bons amis.

En 1978, Andrée Lachapelle aura une brève relation avec Daniel Desjardins, technicien à la Place des Arts.

Depuis dix ans environ, elle partage sa vie avec le cinéaste et comédien André Melançon. Ils agissent comme porte-parole du Carrefour familial Hochelaga, organisme communautaire au service des familles.

Tout au long de sa carrière, Andrée Lachapelle a fait sa marque au théâtre. Elle a joué dans nombre de pièces, dont :
L'Ours et la Demande en mariage de Tchekhov, Studio 15
Crime et Châtiment, mise en scène d'Aario Marist, avec la troupe des Compagnons de Saint-Laurent
Ces dames aux chapeaux verts, mise en scène d'Henri Norbert, avec la troupe Trait d'union
Adorable Julia de Somerset Maugham, mise en scène de Loïc Le Gouriadec (1960)
Des enfants de cœur de François Campaux, mise en scène de Loïc Le Gouriadec, Théâtre du Rideau vert (1964)
La Locandiera de Goldoni, mise en scène de Gilles Groulx, Nouvelle Compagnie théâtrale (1965)
Les Beaux Dimanches de Marcel Dubé, Comédie canadienne (1965)
Au retour des oies blanches de Marcel Dubé, mise en scène de Gilles Groulx, Comédie canadienne
Huis clos, mise en scène de Paul Blouin, Théâtre du Rideau vert (1967)
Le Cheval évanoui de Françoise Sagan, mise en scène de François Cartier, Théâtre du Rideau vert (1968)
La Dame de chez Maxim's de Georges Feydeau, mise en scène de Guy Hoffmann, Théâtre du Rideau vert (1970)
Feu la mère de Madame, mise en scène d'André Cailloux, Théâtre du Rideau vert (1971)

Le Canard à l'orange de William Douglas Home, mise en scène de Guy Hoffmann, Théâtre du Rideau vert (1971)
Les Troyennes, Nouvelle Compagnie théâtrale (1971)
Une maison de poupée d'Ibsen, Nouvelle Compagnie théâtrale (1973)
Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams, Paris (1975)
Candida de George Bernard Shaw, mise en scène d'Hubert Noël, Théâtre du Rideau vert (1978)
La Parisienne d'Henri Becque, mise en scène de Jean-Louis Roux, Théâtre du Nouveau Monde (1978)
La Saga des poules mouillées de Jovette Marchessault, mise en scène de Michelle Rossignol, Théâtre du Nouveau Monde (1981)
Anaïs dans la queue de la comète de Jovette Marchessault, mise en scène de Michèle Magny, Théâtre de Quat'Sous (1985)
Les Paravents de Jean Genet, mise en scène d'André Brassard, Théâtre du Nouveau Monde (1987)
La Cerisaie de Tchekhov, mise en scène de Guillermo de Andrea, Théâtre du Rideau vert et Théâtre du Trident (1988)
 

Les Dernières Fougères de Michel d'Astous, mise en scène d'André Brassard, Théâtre du Rideau vert (1989)
Lettres d'amour d'A.R. Gurney, mise en scène de Michèle Magny, Théâtre du Rideau vert (1991)
Après la chute d'Arthur Miller, mise en scène d'Yves Desgagnés, Compagnie Jean-Duceppe (1994)
Soudain l'été dernier de Tennessee Williams, mise en scène de René Richard Cyr, Compagnie Jean-Duceppe (1995)
Le Passage de l'Indiana de Normand Chaurette, mise en scène de Denis Marleau, Théâtre UBU/CNA (1996)
Titanica, la robe des grands combats, Edmund C. Asher, Londres, 1968 de Sébastien Harrisson, mise en scène de René Richard Cyr, Théâtre d'Aujourd'hui (2001)
Les Fleuves profonds de José Maria Arguedas, mise en scène de José Navas, Théâtre de Quat'Sous (2002)
Les girls arrivent en ville de Clémence Desrochers, mise en scène de Sophie Clément, Théâtre du Rideau vert (2002)
Le metteur en scène André Brassard a bien résumé la merveilleuse personnalité d'Andrée Lachapelle : « Andrée Lachapelle est un cadeau du Bon Dieu à l'humanité souffrante. Elle est aussi belle en dedans qu'en dehors. Elle fait partie de cette race de gens qui pourraient s'asseoir sur leurs lauriers. Mais elle est encore inquiète, passionnée. » (Véronique Robert, p. 250)

Saison 2002-2003 au théatre du Rideau Vert

Filmographie, Télévision

 1954 : 14, rue de Galais (série TV) : Suzanne Mercier
* 1963 : Phèdre (TV)
 1965 : La Corde au cou : Suzanne
 1966 : Le Misanthrope : Célimène
* 1966 : YUL 871
 1969 : Don't Let the Angels Fall : Prostitute
 1974 : Les Beaux dimanches : Évelyne
 1974 : Toi et tes nuages (TV) : Ernestine
 1979 : Cher papa (Caro papà) : Giulia Millozza
 1980 : Le Temps d'une paix (série TV) : Marie-Thérèse Fournier
 1981 : Les Beaux souvenirs : Voix de maman
 1985 : Monsieur le ministre (série TV) : Louise Robert
 1988 : La Maison Deschênes (série TV) : Françoise Beneix-Deschênes
 1988 : À corps perdu
 1989 : Dans le ventre du dragon : Madame Côté
 1989 : Jésus de Montréal
1990 : Moody Beach : Antiquaire
 1991 : Nelligan : Robertine Barry
 1991 : Les Naufragés du Labrador (TV) : La femme de George-Henry
 1992 : Scoop (série TV) : Yolande Rousseau
 1992 : Léolo : Psychiatrist
 1993 : Cap Tourmente : Jeanne O'Neil
 1993 : Maria des Eaux-Vives (feuilleton TV)
 1996 : Innocence (feuilleton TV) : Jacqueline Jasmin
1997 : Le Volcan tranquille (série TV) : Agathe Saint-Janvier
 1997 : Diva ("Diva") (série TV) : Grand-mère d'Ariane
2000 : Albertine, en cinq temps (TV) : Albertine (60 ans)
 2000 : Le Pays dans la gorge (TV) : Emma
 2001 : Mon meilleur ennemi (série TV) : Françoise Mercier
 2001 : Emma (série TV) : Gisèle Dauphin
 2001 : Du pic au cœur
 2004 : La Pension des étranges
 2004 : Daniel and the Superdogs
 2004 : Littoral
 2005 : L'Héritière de grande ourse (feuilleton TV) : Madame Sylvestre
Le secret de ma mère (2006)
 La belle empoisonneuse
2007
 : L'Auberge du chien noir : Agathe Filion

2007
- 2012 : La Galère : Madame Baer

2010
 : La Dernière Fugue : La Mère

2010
 : Route 132 : Alberta
2013 : Yamaska : Florence


LES GIRLS ARRIVENT EN VILLE de Clémence DesRochers
Mise en scène Sophie Clément
Avec Andrée Lachapelle, France Castel,
Monique Richard, Nathalie Gadouas, Sylvie Ferlatte 


Récompenses

 1990 - Prix Guy-L'Écuyer
 1995 - Prix Gémeau, Meilleure interprétation premier rôle féminin : dramatique

Nominations

 1985 - Officier de l'Ordre du Canada
1997 - Chevalier de l'Ordre national du Québec
 
 

 
 Andrée Lachapelle

(1931- )
Comédienne

Andrée Lachapelle
Droit d'auteur/Source

Andrée Lachapelle est au théâtre, à la télévision et au cinéma québécois ce que le soleil et l'eau sont aux fleurs : un atout vital et important pour leur épanouissement, en l'occurrence celui de la culture québécoise.

Sa mère perd son mari alors qu'elle est enceinte de son cinquième enfant. Elle élèvera seule ses cinq enfants pendant quelques années, puis se remariera avec le cousin germain de son défunt mari. De cette union naîtront deux autres enfants, dont la petite dernière, Andrée, le 13 novembre 1931. Ses parents ont alors 45 ans.

Durant sa jeunesse, Andrée est entourée de ses frères et sœurs qui font du théâtre amateur dans leurs moments de loisir. Dès qu'elle sait parler, ceux-ci lui font réciter des textes. Plus tard, ils lui feront dire des poèmes lors des entractes. L'ambiance à la maison et son milieu familial font en sorte qu'elle se découvre très jeune un goût marqué pour le théâtre.

Dès l'âge de six ans elle entreprend des cours de diction. Tout au long de ses études, elle se passionnera pour le français et aura le souci constant de s'exprimer avec clarté. À l'école, on la choisit souvent pour jouer les rôles de Vierge Marie, d'ange, de sainte ou de petit Jésus. Élève docile et ricaneuse, elle se classe toujours parmi les premières de sa classe. À 14 ans, elle s'inscrit au Studio 15 animé par Gérard Vleminckx. Trop jeune pour tenir des rôles, elle y est acceptée comme élève.

Elle fréquentera l'Institut pédagogique où elle obtiendra son diplôme d'institutrice. Elle enseigne deux ans à la maternelle et six mois à la première année à l'École du doux parler français, après quoi elle se consacre uniquement au théâtre.

Andrée Lachapelle montera sur les planches avec la troupe Trait d'union aux côtés d'Henri Norbert, et plus tard avec les Compagnons de Saint-Laurent dirigés par Aario Marist.

Le Festival de Montréal de l'été 1952 donne lieu à une rencontre déterminante dans la vie d'Andrée Lachapelle. Elle fait la connaissance de Robert Gadouas, comédien professionnel reconnu pour sa sensibilité, son sens inné du théâtre, l'intensité de son jeu et ses dons de lecteur et de diseur. L'avènement de la télévision à l'automne 1952 conduit la comédienne à jouer dans une adaptation personnelle de Robert Gadouas d'une pièce noire de Jean Anouilh : L'Hermine. Robert Gadouas y interprète le rôle de l'amoureux, Frantz, tandis qu'Andrée Lachapelle joue celui de l'amoureuse, Monime. C'est le début de leur relation.

Sa relation de couple avec Robert Gadouas durera 10 ans; Andrée donnera naissance à quatre enfants : Patrice, Catherine, Anne (morte à la naissance) et Nathalie.

En 1963, le couple se sépare. Robert Gadouas se donnera la mort en 1969. Voici ce qu'Andrée Lachapelle a à dire à ce sujet :
[...] Le métier d'acteur peut s'avérer très cruel pour ceux qui, trop sensibles, en font leur unique raison de vivre. Robert Gadouas faisait partie de cette lignée. C'était un être plein de fantaisies et de rêves, au point que cela le rendait très vulnérable, car ses rêves et fantaisies étaient trop débordants pour entrer dans l'espace quand même limité du milieu théâtral. L'intolérance à l'égard de certains artistes, même les plus doués, trouve malheureusement sa place dans ce milieu et c'est dans un silence complice que leurs faiblesses sont souvent pointées du doigt. [...] Avant sa disparition fracassante, Robert n'avait presque plus d'engagements. Pour des raisons que j'ignore toujours, le milieu théâtral le boudait comme s'il ne se souvenait plus de lui. [...] Ce fut une épreuve douloureuse qui m'a ouvert les yeux. À compter de ce moment, j'ai décidé que, pour le reste de ma vie, je ne me laisserai jamais détruire par ce métier, que j'aime par-dessus tout; au contraire, j'ai voulu faire tout ce qui était en mon pouvoir pour qu'il demeure ma principale source d'enrichissement personnel et de joie de vivre.

Marcel Dubé, p. 92

Le 29 mai 1971, elle se marie avec le comédien Dominique Briand. Sa relation avec lui remontait à 1967 et durera 10 ans. C'est sur l'insistance du comédien qu'Andrée Lachapelle obtient le rôle de Blanche Dubois dans la pièce Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams. Cette pièce, montée à Paris, remportera un vif succès en France.

Boursière du Conseil des Arts, elle entreprend, seule, un long voyage qui la mène en Russie, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Autriche, à Paris et à New York. Elle assistera à des cours d'art dramatique afin de connaître les diverses méthodes d'enseignement qu'on utilise dans les écoles d'art dramatique. Cette expérience s'avérera très utile puisqu'en 1998 elle deviendra professeure de lecture à l'École nationale de théâtre, à Montréal.

À son retour au pays, Andrée Lachapelle est à la croisée des chemins. Ses enfants volent de leurs propres ailes : Nathalie aspire à la danse et deviendra comédienne tout comme sa mère, Catherine est musicienne et Patrice exerce le métier de capitaine de navire. Et rien ne va plus entre elle et Dominique Briand. Divergeant d'opinions sur leurs carrières respectives, ils se séparent, mais demeurent de bons amis.

En 1978, Andrée Lachapelle aura une brève relation avec Daniel Desjardins, technicien à la Place des Arts.

Depuis cinq ans environ, elle partage sa vie avec le cinéaste et comédien André Melançon. Ils agissent comme porte-parole du Carrefour familial Hochelaga, organisme communautaire au service des familles.

Tout au long de sa carrière, Andrée Lachapelle a fait sa marque au théâtre. Elle a joué dans nombre de pièces, dont :

L'Ours et la Demande en mariage de Tchekhov, Studio 15
Crime et Châtiment, mise en scène d'Aario Marist, avec la troupe des Compagnons de Saint-Laurent
Ces dames aux chapeaux verts, mise en scène d'Henri Norbert, avec la troupe Trait d'union

Adorable Julia de Somerset Maugham, mise en scène de Loïc Le Gouriadec (1960)
Des enfants de cœur de François Campaux, mise en scène de Loïc Le Gouriadec, Théâtre du Rideau vert (1964)

La Locandiera de Goldoni, mise en scène de Gilles Groulx, Nouvelle Compagnie théâtrale (1965)
Les Beaux Dimanches de Marcel Dubé, Comédie canadienne (1965)

Au retour des oies blanches de Marcel Dubé, mise en scène de Gilles Groulx, Comédie canadienn
Huis clos, mise en scène de Paul Blouin, Théâtre du Rideau vert (1967)

Le Cheval évanoui de Françoise Sagan, mise en scène de François Cartier, Théâtre du Rideau vert (1968)
La Dame de chez Maxim's de Georges Feydeau, mise en scène de Guy Hoffmann, Théâtre du Rideau vert (1970)

Feu la mère de Madame, mise en scène d'André Cailloux, Théâtre du Rideau vert (1971)
Le Canard à l'orange de William Douglas Home, mise en scène de Guy Hoffmann, Théâtre du Rideau vert (1971)

Les Troyennes, Nouvelle Compagnie théâtrale (1971)
Une maison de poupée d'Ibsen, Nouvelle Compagnie théâtrale (1973)

Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams, Paris (1975)
Candida de George Bernard Shaw, mise en scène d'Hubert Noël, Théâtre du Rideau vert (1978)

La Parisienne d'Henri Becque, mise en scène de Jean-Louis Roux, Théâtre du Nouveau Monde (1978)
La Saga des poules mouillées de Jovette Marchessault, mise en scène de Michelle Rossignol, Théâtre du Nouveau Monde (1981)

Anaïs dans la queue de la comète de Jovette Marchessault, mise en scène de Michèle Magny, Théâtre de Quat'Sous (1985)
Les Paravents de Jean Genet, mise en scène d'André Brassard, Théâtre du Nouveau Monde (1987)

La Cerisaie de Tchekhov, mise en scène de Guillermo de Andrea, Théâtre du Rideau vert et Théâtre du Trident (1988)
Les Dernières Fougères de Michel d'Astous, mise en scène d'André Brassard, Théâtre du Rideau vert (1989)

Lettres d'amour d'A.R. Gurney, mise en scène de Michèle Magny, Théâtre du Rideau vert (1991)
Après la chute d'Arthur Miller, mise en scène d'Yves Desgagnés, Compagnie Jean-Duceppe (1994)

Soudain l'été dernier de Tennessee Williams, mise en scène de René Richard Cyr, Compagnie Jean-Duceppe (1995)
Le Passage de l'Indiana de Normand Chaurette, mise en scène de Denis Marleau, Théâtre UBU/CNA (1996)

Titanica, la robe des grands combats, Edmund C. Asher, Londres, 1968 de Sébastien Harrisson, mise en scène de René Richard Cyr, Théâtre d'Aujourd'hui (2001)
Les Fleuves profonds de José Maria Arguedas, mise en scène de José Navas, Théâtre de Quat'Sous (2002)

Les girls arrivent en ville de Clémence Desrochers, mise en scène de Sophie Clément, Théâtre du Rideau vert (2002)

Le metteur en scène André Brassard a bien résumé la merveilleuse personnalité d'Andrée Lachapelle : « Andrée Lachapelle est un cadeau du Bon Dieu à l'humanité souffrante. Elle est aussi belle en dedans qu'en dehors. Elle fait partie de cette race de gens qui pourraient s'asseoir sur leurs lauriers. Mais elle est encore inquiète, passionnée. » (Véronique Robert, p. 250)


Distinctions et engagements

De 1980 à 1988 -- Présidente de la Galerie Maximum, qui favorise la diffusion des arts carcéraux

1985 -- Nomination au grade d'Officier de l'Ordre du Canada; distinction décernée par la très honorable Jeanne Sauvé pour honorer ses talents d'actrice exceptionnels ainsi que son dévouement au service du Canada et de l'humanité

Depuis 1985 -- Engagement dans l'organisation des auditions du Théâtre de Quat'Sous

Depuis 1989 -- Membre du comité du financement d'Amnistie internationale

1993 -- Première présidente du Conseil québécois du théâtre et ambassadrice des couturiers québécois

1994 -- Engagement au sein de l'organisation du premier Gala du Théâtre télédiffusé par la Société Radio-Canada (La Soirée des Masques)

1998 -- Nommée Chevalier par le Secrétariat de l'Ordre national du Québec

2000 -- Récipiendaire du prix du « Mérite du français dans la culture ». Ce prix est remis chaque année à une personnalité qui mène une carrière d'artiste interprète, de créateur ou d'auteur, et dont la qualité d'expression en français est reconnue du grand public. Ce prix est décerné par l'Union des artistes, l'UNEQ et la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC), en collaboration avec l'Office de la langue française.
 
 

15/05/2004
LA PENSION DES ÉTRANGES.  Douce folie: Comédie psychologique écrite, réalisée et produite par Stella Goulet. Phot. : Daniel Guy. Mont. : René Caron. Mus. : Paul Kunigis et l’ensemble Jeszcze Raz. Avec Sophie Dion (Maryse), Andrée Lachapelle (Luce), Huguette Oligny (Émilienne), Denise Verville (Georgette), Didier Lucien (Étienne), Pierre Curzi (René), Jacques Lussier (Walter), Jacques-Henri Gagnon (Vincent). Canada  2004.
Tourné avec des moyens réduits, mais joliment bien écrit, « La Pension des étranges » est défendu par de grands acteurs, particulièrement par Andrée Lachapelle, belle et touchante dans ses allers-retours entre la réalité et son monde intérieur.

DUCEPPE : 2004-2005
8 sept au 16 oct 2004
"Délicate balance"  Artistes: Violette Chauveau, Benoit Girard, Andrée Lachapelle, Béatrice Picard, François Tassé, Louise Turcot
Metteur en scène: Daniel Roussel


Officier de l'Ordre du Canada
Andrée Lachapelle, 1985

Comédienne chevronnée, elle a fait et continue de faire une carrière remarquable au théâtre. Sur le plan de l'interprétation dramatique, elle est l'une des artistes les plus respectées au Québec. Outre le théâtre de répertoire, elle participe à la création de pièces d'auteurs québécois et a joué dans de nombreux téléromans sur les ondes de Radio-Canada.

La nomination d'Andrée Lachapelle au grade d'Officier honore ses talents d'actrice exceptionnels ainsi que son dévouement au service du Canada et de l'humanité.

Saviez-vous que?
Andrée LACHAPELLE
Comédienne
Films présentés à Cannes
1979 CHER PAPA Interprète En compétition Jeudi 7 novembre 1996
La Patrouille du cosmos (Star Trek, 1967 à 1968)
Distributeur : Paramount Television
Distribution :
William Shatner (Capitaine James Tiberius Kirk) / Yvon Thiboutot
Leonard Nimoy (M. Spock) / Régis Dubost
Deforest Kelley (Dr Léonard H. McCoy) / Michel Georges
James Doohan (Lt général Montgomery Scott) / Julien Bessette et François Cartier
Nichelle Nichols (Lte Nyota Uhura) / Arlette Sanders
Georges Takei (Lt Hikaru Sulu) / Daniel Roussel
Walter Koenig (Pavel Chekov) / André Montmorency
Majel Barrett (Infirmière Christine Chapel) / Andrée Lachapelle
Grace Lee Whitney (Yeoman Janice Rand) / Élizabeth Lesieur
Narrateur / Daniel Roussel et Yvon Thiboutot
Voix de l'ordinateur de l'Entreprise / Élizabeth Lesieur


À Notre-Dame-des-Victoires, on récupère!

À l’occasion du lancement de la collecte de vêtements usagés dans la région de Montréal, le 12 mai dernier, le président de l’organisme Renaissance, M. Pierre Legault, était heureux de reconnaître  l’excellence et l’implication du conseil d’élèves de l’école primaire Notre-Dame-des-Victoires. Sous le thème Déshabillez-vous  pour une bonne cause!, cette activité est appuyée par des comédiens. Cette année, Andrée Lachapelle, Chantal Fontaine, Guylaine Tremblay, Isabelle Richer et André Melançon, en plus de participer au lancement, ont eux-mêmes apporté leur sac de vêtements usagés.
346 sacs verts depuis trois ans!
Depuis les trois dernières années, avec 346 sacs verts ramassés, cette école s’avérait la plus performante dans la récupération de vêtements usagés. En cette quatrième année de participation, c’est plus de 180 sacs qui ont été remassés ! Cette activité fait partie du projet éducatif de l’établissement. C’est la directrice de l’école, Mme Francine Pelletier, qui a proposé ce projet maintenant pris en charge par le conseil d’élèves.
Une centaine d’écoles des différentes commissions scolaires de l‘île de Montréal participent chaque année à cette oeuvre communautaire et, à cet effet, Renaissance a d’ailleurs créé une trousse éducative intitulée Récupérons- Spécial Vêtements.
Guylaine Tremblay, Isabelle Richer,
Andrée Lachapelle et Chantal Fontaine    Renaissance est une organisation à but non lucratif fondée en 1994, qui vise la réinsertion sociale et professionnelle de personnes éprouvant des difficultés à intégrer le marché du travail, tout en suscitant l'engagement de chacun à faire des gestes pour préserver l'environnement.

10/10/2003 
Exposition en appui à la lutte contre le cancer du sein
Sylvie Brunet et Patricia Nguyen Mingh-Huong exposent leurs œuvres à la Galerie Pierre Séguin
par Marie-Josée Bétournay
Jusqu'au 31 octobre, les artistes peintres Sylvie Brunet et Patricia Nguyen Mingh-Huong, respectivement originaires de Valleyfield et de Saint-Timothée, uniront leur talent à 23 autres artistes féminines dans le cadre d'une exposition en appui à la lutte contre le cancer du sein.
Cette première, qui se déroulera à la Galerie Pierre Séguin de l'Île-Perrot, jettera le voile uniquement sur des œuvres entourant la femme.
Ce collectif s'inscrit à l'intérieur du Mois du cancer du sein. L'inauguration de cette exposition a eu lieu dimanche dernier en présence de la comédienne Andrée Lachapelle.
"C'est dans le but de promouvoir le travail d'artistes se consacrant aux arts visuels et d'encourager la recherche sur le cancer, particulièrement le cancer du sein, que j'ai accepté de parrainer ce collectif mis en place par la Galerie Pierre Séguin en hommage à ma belle-fille Michèle Léveillé, qui est décédée d'un cancer en 2003", laisse entendre la comédienne par le biais d'un communiqué de presse.
Don du ruban rose
Lors du vernissage, en échange d'un don volontaire à la Fondation du cancer du sein du Québec, Andrée Lachapelle a apposé sa signature sur une carte reproduisant une œuvre de sa belle-fille, La fille de Burano.

Les commerciaux de Bell avec Monsieur B.
Quand la mère de Monsieur B. est apparue, Bell a fait passer des auditions à de grandes dames du métier, comme Monique Mercure, Andrée Lachapelle ou Hélène Loiselle.

Douée pour le bonheur
ARTICLE - 4 septembre 2008
Christian Saint-Pierre
 Andrée Lachapelle s'apprête à endosser, sous le regard bienveillant de l'un de nos plus grands metteurs en scène, André Brassard, l'angoisse et la détermination de Winnie, l'héroïne d'Oh les beaux jours, de Samuel Beckett. Un grand rôle qui s'ajoute à un parcours déjà exemplaire.
 
Le premier spectacle de la saison 2008-2009 de l'Espace Go conjugue le talent de la comédienne Andrée Lachapelle, le savoir-faire du metteur en scène André Brassard - dont la dernière réalisation scénique remonte à 2003 - et l'un des chefs-d'oeuvre de Samuel Beckett, Oh les beaux jours. C'est ce qu'il est convenu d'appeler une rencontre au sommet. En fait, il s'agit plus précisément d'un rêve... devenu réalité. Essentiellement le rêve de Brassard. En effet, c'est d'abord lui qui a imaginé Andrée Lachapelle dans la peau de la mythique Winnie de Beckett. Puis la comédienne a fini par accepter le défi, et, avec elle, Ginette Noiseux, directrice artistique de l'Espace Go. "J'avais vu la pièce à quelques reprises, explique la comédienne, notamment dans la mise en scène de Roger Blin, avec Madeleine Renaud; et celle de Brigitte Haentjens, en 1990, avec Sylvie Drapeau. Mais je ne l'avais jamais lue. Quand j'ai lu la pièce, avec toutes les didascalies, je me suis demandé ce que j'étais allée faire là. Mon Dieu, serais-je capable d'apprendre tout ce texte?"

En effet, la chose n'est pas simple. Pas parce que la pièce créée en 1963 est très longue, mais bien parce qu'elle est truffée de didascalies, des indications scéniques d'une précision peu commune, comme Beckett en avait le secret; une partition de temps et de gestes presque aussi importante que le texte lui-même. Tout cela, il faut en convenir, n'est pas évident à mémoriser, surtout quand on a l'âge vénérable de 76 ans. "J'avais eu tellement de difficulté à apprendre Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne, se souvient la comédienne à propos du monologue de Jean-Luc Lagarce que Serge Denoncourt avait dirigé à Go, en 2001. Je m'étais alors fait la promesse de ne plus m'embarquer dans une aventure semblable. Et me revoilà! Il faut croire que c'est dans ma nature de plonger et de me rendre compte après coup qu'il n'y avait pas d'eau dans la piscine."

RETROUVER BRASSARD

Mais le désir de recroiser le fer avec Brassard est si grand que la comédienne accepte de se mesurer à un autre grand rôle. "Je voulais travailler à nouveau avec André. Je trouvais ça important pour moi. Chaque fois, c'est une grande joie, un grand bonheur. Il m'a toujours obligée à faire des choses très différentes. Je pense notamment aux Paravents, de Genet, ou encore à Et mademoiselle Roberge boit un peu, de Zindel." En effet, Brassard n'a jamais été homme à fréquenter les sentiers battus. Depuis quelques années, la maladie l'a forcé à ralentir ses activités, pour ne pas dire à quitter la scène. Si c'est un bonheur pour Lachapelle de retravailler avec lui (ils ont commencé à se rencontrer en novembre dernier), c'en est un tout aussi grand pour nous, amateurs de classiques radicalement relus, de le retrouver.

Quand on demande à la comédienne, qui a commencé sa carrière en 1950, si Winnie sera son dernier grand rôle - parce qu'une rumeur en ce sens a circulé -, elle apporte quelques nuances. "Je ne veux pas dire que ce sera le dernier, parce que si jamais je change d'idée, je vais avoir l'air ridicule. Cela dit, ce genre de texte, aussi exigeant, c'est la dernière fois, ça c'est sûr. Je ne vais pas aller jusqu'à 80 ans à faire des trucs pareils!"

DÉCOUVRIR LES NUANCES

Une sonnerie stridente perce le calme d'un jour naissant. Winnie se réveille, son corps enterré jusqu'au-dessus de la taille dans un monticule de sable. Peu importe, Winnie ne se plaint jamais. Pour conjurer le vide d'une vie immobile, elle se lave les dents, fouille dans son sac, en sort des objets familiers, ouvre une ombrelle pour se protéger du soleil, fredonne un air ancien et évoque des souvenirs du passé. Parfois, son mari Willie (incarné par Roger La Rue) laisse aller quelques grognements.

La pièce de Beckett aborde nos peurs les plus viscérales: la mort, la vieillesse, les habitudes, la monotonie du quotidien, la transformation du corps, l'effritement du désir, des capacités physiques et intellectuelles...

Étrangement, malgré la gravité de l'arrière-plan, l'ensemble reste assez lumineux. Il y a là comme un espoir des derniers instants, une espérance qui subsiste, malgré tout. "Finalement, explique la comédienne, à force d'entrer dans le texte, que je pensais au début beaucoup plus dramatique, beaucoup plus sombre - l'histoire d'une femme qui s'enfonce dans la terre! -, à force de le lire, de l'apprendre, j'ai découvert tout le personnage, toutes les nuances, son humour, son sens incroyable de la dérision. Elle se moque d'elle-même, et aussi de Willie, ce qui me plaît beaucoup parce que ça apporte des couleurs très différentes. Il y a aussi ses doutes, ses attentes, ses insécurités, notamment par rapport à Willie. Son raisonnement sur la vie, sur les choses qui durent et sur les êtres qui ne durent pas, tout cela est particulièrement philosophique. Chaque phrase, chaque mot veut dire quelque chose!"

OFFRIR DE LA RÉSISTANCE

Ainsi, le texte acquiert toujours plus de sens pour la comédienne, comme pour le metteur en scène, victime d'un AVC il y a huit ans. "À cause de ce qui lui est arrivé, ce texte-là touche tout particulièrement André, explique Lachapelle. Il sent tout ce que Winnie sent. Ne plus pouvoir marcher comme il le voudrait, être dépendant des autres... tout ça le met en colère et il veut que ça passe dans le spectacle, dans la manière dont je dis le texte, c'est-à-dire avec une dérision face à Dieu."

Selon Brassard, Oh les beaux jours raconte l'histoire d'une résistante qui dit à son Créateur: "Non! Tu m'auras pas, mon tabarnac!" Andrée Lachapelle, qui vit avec Winnie "jour et nuit depuis janvier", partage, en d'autres termes, cette vision. "Winnie sait bien que rendue où elle en est rendue... ça achève. Mais, avant, il y a tout ce qui se passe dans sa tête, tout ce qui a eu lieu avant, autrefois, et maintenant. Elle est perdue, elle perd les mots, elle crie, elle se fâche... mais, toujours, elle se bat pour continuer à penser. C'est une battante, jusqu'à la toute fin! Pour moi, dans la vie, il y a deux sortes de personnes: celles qui sont douées pour le bonheur et celles qui le sont moins. Winnie, elle, est définitivement douée pour le bonheur. Imaginez, ses dernières phrases sont: "Oh le beau jour encore que ça aura été. Encore un. Après tout. Jusqu'ici." Et puis ensuite, prise dans une situation aussi terrible, elle trouve le courage de chanter!"
« La mise en scène, le théâtre, c’est ma vie. » André Brassard a passé des moments durs et sa santé vacillante l’a tenu loin de sa passion, le théâtre. Sous de meilleurs auspices, il raconte comment il dirigera la comédienne Andrée Lachapelle dans une pièce de Samuel Beckett. 
 
Andrée Lachapelle ne cache pas qu’il s’agira peut-être de son dernier rôle d’importance sur les planches. Elle n’annonce pas sa retraite, mais elle laisse entendre qu’elle pourrait tout arrêter après la production Oh les beaux jours et ça lui serait égal. 
 
Si elle doit quitter la scène, ce sera après avoir joué un grand rôle, exigeant et complexe. 
 
« Je crois que dans ma vie de comédienne, c’est le texte pour lequel je me suis le plus abandonnée. »
 

Andrée Lachapelle lira Saint-Exupéry dans le cadre de la série Le Studio littéraire
Le 3 mars 2008

La comédienne Andrée Lachapelle lira Saint-Exupéry ce lundi soir dans le cadre de la série Le Studio littéraire présentée à la Cinquième Salle de la Place des Arts.
Mme Lachapelle lira "Lettre à un otage", un livre méconnu d'Antoine de Saint-Exupéry, une lettre d'amour et d'amitié qui a marqué sa jeunesse et qu'elle a offert en cadeau à plusieurs reprises.
"Lettre à un otage" devait au départ n'être que la préface d'un livre de l'écrivain et journaliste Léon Werth qui n'a jamais été publié.
En 1941, Saint-Exupéry avait rencontré Léon Werth qui lui avait confié son manuscrit, lui demandant d'en écrire la préface. Le manuscrit de Werth ne paraîtra jamais du vivant de l'auteur mort en 1955, mais la préface de Saint-Exupéry deviendra "Lettre à un otage" et sera publiée en 1944. "Lettre à un otage" est une vibrante déclaration d'amour à Léon Werth, à la France, à tous les Français privés de leurs racines et soumis à un exil forcé, dans leur propre pays, otages de l'invasion allemande.
Le Studio Littéraire est une production des Capteurs de mots présentée en collaboration avec la Place des Arts.

La Presse Canadienne, 2008
 
St-Antoine - Plus de 600 personnes, de St-Antoine-de-Tilly, ont collaboré à l'enregistrement de l'émission «La petite séduction» les 18 et 19 juillet. L'invitée était Andrée Lachapelle et l'émission sera diffusée le lundi 21 août à 20 heures à la télé de Radio-Canada.
«Mission accomplie et réussie» déclarait mercredi Mathieu Tricoire, l'un des sept membres du comité organisateur. Le canevas de l'émission était de séduire l'invitée en utilisant divers stratagèmes.
Facile d'approche, la comédienne a donné du fil à retordre à l'équipe de production. Alors que le réalisateur avait prévu installer l'invitée à un endroit, sur un plateau de tournage, Mme Lachapelle se dirigeait ailleurs. «Elle allait discuter avec les gens, leur serrer la main, c'était touchant», devait ajouter Mathieu Tricoire.
Parmi les surprises préparées minutieusement, l'invitée a eu droit à un défilé de chapeaux, une visite à la fromagerie Bergeron et à la crêperie. Une activité, organisée sur le quai de la municipalité mardi, a attiré près de 150 personnes. «On en attendait une trentaine environ» devait ajouter le porte-parole.
Le 18 juillet toujours, un piano à queue a été installé près du ruisseau Bourret, en bordure du fleuve, où un spectacle de chants, avec 15 voix masculines, lui a été offert.
Le lendemain, quelque 275 personnes ont participé au «Grand défi» préparé à la maison Victorienne. Pour l'occasion, une charrette, tirée par un tracteur de 1951, a été transformée en scène. «C'était le petit théâtre Andrée Lachapelle» devait ajouter M. Tricoire. Tous les figurants, jeunes ou adultes, étaient costumés. Un banquet extérieur, regroupant 250 personnes, a clôturé cette dernière journée.

Dominique Pineault: 27 février 2010 Normand Provencher, Le Soleil
Andrée Lachapelle: réussir sa sortie: Normand Provencher, Le Soleil

Dans la vie, comme au théâtre, il faut pouvoir réussir sa sortie, selon Andrée Lachapelle.
« Dans la vie, deux choses sont importantes : notre naissance et notre mort. Entre les deux, on vit autant qu'on peut. C'est la même chose au théâtre : entre l'entrée et la sortie, on joue toujours de notre mieux », soutient sagement la comédienne, à quelques jours de l'arrivée en salles du plus récent long-métrage de Léa Pool, La Dernière Fugue, qui aborde la délicate question du suicide assisté.
La septuagénaire ne cache pas avoir « vu des proches qui ne voulaient pas durer plus longtemps qu'il ne fallait et qui préféraient partir ». Elle en a accompagné certains jusqu'au bout. « Cela m'a rassurée sur la mort », raconte-t-elle.
On peut presque en dire autant de son personnage dans La Dernière Fugue. Dans ce film, elle prête ses traits à une femme dont le mari (Jacques Godin), atteint du Parkinson, est diminué et enragé par cette maladie qui le rend dépendant, et dont les enfants se disputent sur ce qui est le mieux pour lui et, par la bande, pour elle.

« Elle devient la protectrice de cet homme qu'elle a aimé profondément, même s'il était colérique et dominateur. Peut-être par fatigue ou parce qu'elle ne voit pas ce qu'elle pourrait faire après son départ, elle se dit prête à partir en même temps », souligne Andrée Lachapelle.
Mais l'est-elle vraiment ? C'est du moins ce que soulève la fin de La Dernière Fugue.

L'Enfer et le Paradis
Andrée Lachapelle comprend les inquiétudes de cette épouse et mère de famille qui, à l'instar de toute une génération de femmes, a grandi dans la « peur de la mort à cause de la religion catholique, qui entretenait les notions d'enfer et de ciel ». D'admettre cette crainte qu'il n'y ait finalement rien de l'autre côté, contrairement à ce qu'on lui a toujours enseigné, c'est déjà un premier pas vers la sérénité, pour son personnage. Un premier pas qui lui permet d'envisager la fin, croit la comédienne.

Une « vraie famille »
« Sam, son petit-fils (Aliocha Schneider), est aussi extraordinaire dans tout ça, puisqu'il est le seul à voir clair dans ce qui se passe au sein de la famille. Il comprend des choses que les adultes autour de lui ne comprennent plus, à cause de leurs obligations, des conventions, etc. Les jeunes ont ce regard très ouvert qui nous force et nous permet de voir les choses autrement. C'est pour ça que le film de Léa ne traite pas seulement de la mort, mais aussi de l'importance de faire la paix avec les autres et avec soi-même, tout ça avec émotion et tendresse, évidemment, mais aussi avec des pointes d'humour qui rappellent que la vie est forte et belle », fait valoir la comédienne de 78 ans.
Une « vraie famille », voilà comment Andrée Lachapelle parle d'ailleurs de l'équipe de tournage du long-métrage de Léa Pool. Autour de la table du clan Lévesque, elle a donné la réplique à Jacques Godin, à Yves Jacques (qui incarne son fils André), à Aliocha Schneider et à tous ses autres « enfants », avec lesquels elle avait déjà travaillé au théâtre, au petit ou au grand écrans, ou auxquels elle avait déjà enseigné à l'École nationale de théâtre.
« C'est si agréable et stimulant de retrouver d'anciens complices et de travailler avec de tels jeunes. À jouer ensemble, on finit par tous se retrouver au même âge. C'est grâce à eux que je reste si jeune... de coeur ! » explique la comédienne en rigolant à l'autre bout du fil.
Andrée Lachapelle a grandement apprécié la « grande marge de manoeuvre » que leur a laissée Léa Pool. « Ce n'est pas une réalisatrice qui ordonne et oblige, confie-t-elle. Elle sait faire confiance. Comme nous nous connaissions tous, il nous était possible d'intuitivement jouer des choses qui n'étaient pas nécessairement dans le texte. C'était un tournage merveilleux. »

Reconnue pour ses grands rôles sur les planches et à la télé - plus de 200 personnages en un demi-siècle de carrière - Andrée Lachapelle s'est toujours faite discrète au grand écran. Son dernier rôle remontait à La belle empoisonneuse, il y a trois ans.
«Les cinéastes se font souvent une idée de ce qu'on peut faire ou non, termine-t-elle. En général, on m'a toujours demandé de jouer les bourgeoises, comme si je ne pouvais pas jouer autre chose. On s'imagine que je ne peux pas jouer d'autres personnages.»
 

Sonate d'automne
Outre au grand écran, à compter de vendredi, le public de la région pourra voir Andrée Lachapelle sur les planches du Théâtre français du Centre national, dans la pièce Sonate d'automne, d'Ingmar Bergman, du 26 au 29 mai prochains.
Le pardon et la rancoeur, thèmes qui font aussi partie de la trame de La Dernière Fugue, sont au centre cette Sonate d'automne, note la comédienne.
 

Andrée Lachapelle présidera le 9e Gala 2010 du Prix Saint-Pacôme du roman policier
 25 septembre 2010, Lieu : Saint-Pacôme

Andrée Lachapelle, présidente d’honneur du 9e Gala 2010 du Prix Saint-Pacôme du roman policier
Saint-Pacôme - C’est le 25 septembre prochain que se tiendra pour la neuvième fois le grand Gala du Prix Saint-Pacôme du roman policier. La comédienne Andrée Lachapelle a gracieusement accepté d’en être la présidente d’honneur pour couronner l’auteur du meilleur roman policier publié par un Québécois.
Grande actrice québécoise, Andrée Lachapelle connaît une carrière ininterrompue de plus de 50 ans. Elle a marqué par son élégance et sa grande beauté, mais surtout par son talent, des dizaines de personnages, tant au théâtre à la télévision et au cinéma québécois. Plusieurs se souviendront de ses rôles inoubliables, entre autres dans les Beaux Dimanches de Marcel Dubé, de la tragique Blanche Dubois d’Un tramway nommé Désir, d’Albertine en cinq temps de Michel Tremblay, ainsi que dans Comme un voleur de Michel Langlois qui lui a valu le Prix Guy-L’Écuyer en 1990.
Madame Lachapelle a été honorée à plusieurs reprises pour l’ensemble de son œuvre :
1985 : Officier de l’Ordre du Canada
1990 : Prix Guy-L’Écuyer
1993 : Prix Génie de la meilleure actrice dans un rôle principal dans Cap Tourmente
1995 : Prix Gémeau de la meilleure interprétation pour un premier rôle féminin, catégorie dramatique
1997 : Chevalier de l’Ordre national du Québec

Andrée Lachapelle et Louise Latraverse
Hommage à Claude Léveillée
Première publication 17 juin 2011 Agence QMI

Andrée Lachapelle et Louise Latraverse ont écrit un texte en l'honneur de Claude Léveillée qu'elles liront à l'occasion de ses funérailles, ce samedi, à 10 h 30, à la Basilique Notre-Dame de Montréal.
C'est Guy Latraverse, ami et gérant de l'auteur-compositeur-interprète décédé la semaine dernière à l'âge de 78 ans, qui a confirmé ces informations à l'Agence QMI. M. Léveillée a succombé à une hémorragie cérébrale le 9 juin à sa résidence de Saint-Benoît-de-Mirabel.
Andrée Lachapelle a joué l'épouse de Claude Léveillée dans la série Scoop, de 1991 à 1995, alors que Louise Latraverse a déjà partagé sa vie avec l'auteur de Frédéric.
Gilles Vigneault, André Gagnon, Jean-Pierre Ferland, Isabelle Boulay et Marie-Jo Thério, entre autres, assisteront au service religieux qui sera célébré par l'abbé Raymond Gravel.
 
« Il m'arrive quelquefois de rêver à une société où la compassion et l'empathie feraient naturellement et spontanément partie de la culture transmise d'une génération à une autre.
Où la compassion et l'empathie se transmettraient aussi simplement et aussi durablement que la langue maternelle.
Où la compassion et l'empathie feraient intégralement partie de notre plus humble quotidien. »


Andrée Lachapelle
Andrée Lachapelle: toujours belle pour La Belle et la Bête
Spectacles - Théâtre
Écrit par Claudia Larochelle Dimanche, 16 janvier 2011

Il y a quelques années, c’est elle qui aurait incarné la Belle dans la fable millénaire La Belle et la Bête. Andrée Lachapelle entame la nouvelle année en plongeant dans cet univers réinventé pour le XXIe siècle dans la peau d’une dame âgée pas mal moins cruelle que l’originale.
Sur les planches du TNM, la méchante fée du conte a vieilli autrement, tout en nuances, avec la grâce qui sied si bien à la grande actrice sur laquelle le temps n’a pas d’emprise.
Et qui d’autre que dame Lachapelle pour parler de beauté ?
Qu’est-ce que Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, la première à avoir offert une version moderne de La Belle et la Bête, en 1740, quinze années avant celle de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, et bien avant celles de Cocteau ou de Walt Disney, aurait pensé du nouveau visage de la mauvaise fée ?
À travers la création et la mise en scène de Michel Lemieux et de Victor Pilon et à la lumière du texte de Pierre-Yves Lemieux, le personnage est devenu une conférencière spécialisée dans les contes de fées qui accueille chez elle la Bête, un danseur de ballet frappé d’une maladie dégénérative qui l’a fait vieillir prématurément.
« Et si elle est profondément humaine, elle peut devenir manipulatrice aussi, cassante et terrible. Certaines personnes vont s’y reconnaître puisqu’on a tous ces émotions en nous. Dans les meilleures personnes, souvent il peut exister de la jalousie, de la haine, l’envie de vouloir étriper l’autre… », confie Andrée Lachapelle.
La Belle et la Bête, création et mise en scène de Michel Lemieux et Victor Pilon, texte de Pierre-Yves Lemieux, avec Bénédicte Décary, Andrée Lachapelle, François Papineau. Personnages virtuels : Violette Chauveau, Peter James, Annabel Mallais-De Luca et Peter Trosztmer. Au TNM du 18 janvier au 12 février. 

Publié le 14 avril 2012

Andrée Lachapelle: la vieillesse, connais pas

Dans sa tête, Andrée Lachapelle a parfois 5 ans, parfois 50 ans, mais rarement son âge, 80 ans. L'âge, c'est un état d'esprit, dit celle qui a joué tous les rôles, de jeune première à femme mûre, de mère à grand-mère, et qui se prépare à devenir au théâtre une féministe de 76 ans en fin de vie, un personnage qui ressemble plus à son auteure Joyce Carol Oates qu'à la lumineuse comédienne qui l'incarne.

Sage comme une image au centre de la causeuse fleurie, Andrée Lachapelle semble à peine consciente de l'objectif de l'appareil photo qui la scrute et la mitraille à répétition. Nous sommes au deuxième étage du théâtre Prospero, rue Ontario, à une porte de PoutineVille, un bistro qui vend toutes sortes de déclinaisons de poutine.

À l'évocation du mot poutine, Andrée Lachapelle éclate de rire, racontant la première fois qu'elle a osé goûter à une poutine. C'était à Tadoussac à la fin des années 90 avec ses camarades de la tournée d'Albertine en cinq temps, renversées d'apprendre que la belle n'avait jamais mangé de poutine de sa vie. Parce qu'elle est une fille d'équipe et qu'elle n'avait pas envie de passer pour snob, la comédienne a donc commandé et dégusté une authentique poutine. Autant dire que ce fut la première et la dernière fois qu'une poutine devenait aussi intime avec Andrée Lachapelle.

Assise à quelques mètres d'elle, je l'observe du coin de l'oeil, impressionnée par son beau visage sur lequel le temps a laissé peu de traces, mais surtout par l'incroyable lumière qui s'en dégage et qui refuse de s'éteindre, comme si Andrée Lachapelle était née avec une ampoule interne conçue pour durer mille ans. Je lui rappelle notre dernière rencontre dans un café de l'avenue Laurier, la veille de son 75e anniversaire, et lui fais part de mon étonnement de savoir qu'elle a maintenant 80 ans, 81 ans en novembre prochain. «Y'a rien là, lance-t-elle en rejetant sa tête en arrière avec un large sourire. Je suis en santé. Je fonctionne bien. Je suis heureuse. Mes trois enfants sont en santé. Quand je regarde autour de moi, tous ces gens mal pris ou mal en point, je remercie ma chance.»

Plus tard dans la conversation, l'actrice apportera une nuance à cette soi-disant chance qui bénit sa vie. «En réalité, dira-t-elle, je n'ai pas eu une vie facile. J'ai vécu beaucoup d'épreuves. J'ai vu mes frères mourir de maladie très jeunes, l'un à 18 ans, l'autre à 25 ans. J'ai perdu l'homme de ma vie et le père de mes trois enfants alors que je n'avais que 30 ans. Mon métier a très certainement été mon amant le plus fidèle. Pour le reste, ça n'a pas toujours été très drôle, mais je ne me suis jamais laissé abattre. J'aurais pu tomber dans la frustration ou l'amertume, mais je me suis toujours ressaisie et je n'ai jamais hésité à replonger dans une nouvelle aventure. Peut-être est-ce parce que je suis un peu folle. Et si je ne suis pas folle, disons que j'en ai beaucoup joué [des folles]», dit-elle dans un autre grand éclat de rire.

L'amour de Tchekhov

Andrée Lachapelle rit beaucoup, semble légère, effervescente, un brin frivole, en un mot: blonde. Mais je la soupçonne de se servir de sa blondeur joyeuse comme d'un écran de fumée pour cacher sa vraie nature ou, du moins, sa face plus sombre. Elle me le confirme à sa manière en affirmant que son auteur préféré, toutes catégories confondues, est Tchekhov, celui dont la petite musique triste est parfois impossible à jouer tant elle exige de finesse, de subtilité et de quasi-abnégation de ceux qui la jouent.

Si Andrée Lachapelle était une pièce, ce serait La cerisaie de Tchekhov. Et si elle était un personnage: ce serait Lioubov Ranevskaia, la propriétaire de la cerisaie, une femme criblée de dettes, forcée de vendre aux enchères ses souvenirs sous les cerisiers en fleurs. «Je n'ai pas eu la même vie qu'elle, mais je m'identifie beaucoup à elle. Je l'ai jouée au théâtre il y a quelques années et je me souviens d'être sortie de scène le soir de la première complètement défaite. J'étais déçue de ne pas être allée assez loin. C'est difficile de jouer Tchekhov. Il faut de la simplicité, de la retenue, un grand dépouillement. Il ne faut pas jouer. Il faut être. Ce n'est pas toujours évident.»

L'éclipse

En 1976, entre Un tramway nommé désir qu'elle a joué à Paris et la mort de sa mère, Andrée Lachapelle s'est enfuie en Europe de l'Est par amour du théâtre. Pologne, Hongrie, Russie, Tchécoslovaquie, autant de pays que de théâtres où elle a vu des dizaines de pièces, dans des langues qu'elle ne comprenait jamais, mais dont la musique et la musicalité la touchaient droit au coeur. Dernièrement, quand elle a appris qu'elle jouerait dans une pièce de Joyce Carol Oates, elle a plongé dans l'oeuvre immense de cette auteure qu'elle ne connaissait que de nom, sans même savoir que Joyce Carol Oates était la lauréate du Grand Prix du festival littéraire Metropolis Bleu de 2012.

Andrée Lachapelle ne sait pas encore si Joyce Carol Oates aura, au lendemain de la remise de son prix, le temps ou l'envie de se rendre au Prospero voir la première version française de L'éclipse. La comédienne serait très flattée de la savoir dans la salle. En même temps, en grande amoureuse des mots, Andrée Lachapelle pourrait très bien se satisfaire du monde que l'auteure lui a fait découvrir à travers ses écrits sans jamais avoir à la rencontrer. «J'ai tout appris dans les livres et au théâtre, affirme-t-elle. Comment vivre. Comment tomber amoureuse. Comment s'assumer, comment refuser des choses, comment en accepter d'autres. Je ne savais rien. Le théâtre et la littérature m'ont tout appris.»

Difficile pourtant de savoir ce que la comédienne a appris en jouant la Murielle de L'éclipse, une féministe, frustrée de n'avoir pu réaliser certains de ses rêves, qui vit avec sa fille, féministe d'une autre génération. Entre deux délires, Murielle finit par comprendre qu'elle doit partir pour que sa fille puisse enfin vivre.

«Ce que j'ai appris? Quand il faut y aller, il faut y aller. J'aime beaucoup ma vie actuelle. Je suis très contente d'avoir eu 80 ans. De m'être rendue jusque-là. Et j'avoue que je suis curieuse de savoir combien de temps tout cela va encore durer. En même temps si je deviens sénile ou gâteuse, je ne veux pas d'acharnement thérapeutique, je veux qu'on me laisse m'en aller.»

Pour toutes ses camarades de jeu, et dieu sait si elles sont nombreuses, les jeunes comme les moins jeunes, Andrée Lachapelle est un modèle, une source d'inspiration, la preuve qu'on peut vieillir en beauté et en sérénité et sans perdre ses moyens. À ce sujet, elle raconte que dans la vie de tous les jours, elle cherche ses mots et oublie le nom des gens. Sur scène pourtant, il n'y a pas un mot, pas une réplique, pas une tirade qui lui échappe. On sent l'immense fierté qu'elle en retire.

Pour le reste, Andrée Lachapelle affirme qu'elle se lève chaque matin, heureuse d'être en vie, émerveillée par le soleil comme la pluie, prête à passer une autre belle journée sur terre avec ses livres et l'homme de sa vie et à repousser le temps, sur le pas de la porte, qu'il attende encore un peu avant de fermer la lumière.

13 ocrobre 2013
Un reportage intitulé Vieillir en beauté mettait en vedette Andrée Lachapelle, 82 ans, avec beaucoup de beaux propos sur la belle vieillesse et sur le regard des autres. Elle dira: « Aujourd'hui, je suis plus sereine dans la vie et sur la scène. Le bagage d'une vie nourrit une âme. Et dire qu'on a peur de vieillir, on a peur des rides. Il faut apprendre à les lire. Elles racontent tout le vécu d'une personne, tout ce qui l'a construite. Souvent, ce qu'on apprend des rides, c'est touchant ».


3 mars 2015

Hommage à André Melançon: Andrée Lachapelle très émue

Andrée Lachapelle avait encore le cœur en fête, mardi, après l’hommage qui a été offert à son conjoint, le réalisateur André Melançon, à la Soirée des Jutra, dimanche. Croisée sur le tapis rouge de la première du film La passion d’Augustine, de Léa Pool, la grande dame avait les yeux brillants lorsqu’on lui a demandé si elle avait apprécié les témoignages d’amour et l’immense bataille de balles de neige destinés au «père» de La guerre des tuques, Bach et Bottine et tant d’autres productions.

«J’étais très, très, très émue, a lancé en riant la distinguée comédienne. On ne savait pas ce qui allait arriver exactement. Évidemment, je connaissais le discours d’André, mais pas le reste. Lui aussi était très ému. On était très heureux tous les deux, ses enfants aussi. Toute sa famille était là…»

Interrogée à savoir si elle avait hâte qu’on reconnaisse ainsi l’œuvre de son partenaire de vie, Andrée Lachapelle a acquiescé d’un grand mouvement de la tête.

«Ah, ben oui!, a-t-elle opiné. Il était temps…»

 


 
 

Album Photos d'Andrée
 

Pour d'autres anniversaires de vos vedettes du mois de novembre

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