Votre
vedette québécoise
Décès
d'un grand homme de théatre
Guy
Provost
"Citation
de ce grand homme"
«La
base essentielle de la réussite, du bonheur,
est
l'Amour du métier et des autres.»
(décédé
le 10 février 2004)
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L'acteur québécois Guy Provost est décédé,
hier, des suites d'une pneumonie, à l'âge de 79 ans. Il avait
été admis à l'Hôpital du Sacré-Coeur,
de Montréal, il y a deux mois. Son état s'était amélioré
récemment,
laissant présager un retour à la maison mais un rhume
contracté dans les derniers jours a compliqué son état
et mené au décès.
Né
à Hull en 1925, Guy Provost a marqué l'histoire du Québec
au théâtre, à la télévision et au cinéma.
Il a appris d'abord son art en France, grâce à une bourse
d'études octroyée par le gouvernement du Québec en
1948.
Par
la suite, il jouera à la Comédie de St-Etienne pendant deux
ans, pour ensuite faire partie de la prestigieuse équipe du Théâtre
national populaire dirigé par Jean Vilar, en compagnie notamment
de Gérard Philipe, Philippe Noiret et Maria Casarès. Il revient
au Québec en 1955. Dès les débuts de la télévision,
il anime "La vie qui bat".
Son
rôle d'Alexis dans "Un homme et son péché" l'élève
immédiatement au rang de vedette.
Les
cinéphiles se souviendront aussi de lui dans "Les ordres", de Michel
Brault, réalisé en 1974, où il incarne avec sobriété
le rôle d'un médecin d'une clinique de quartier, emprisonné
pour activités subversives.
La
carrière de Guy Provost a été couronnée par
le Prix de la meilleure interprétation, de
l'Association
québécoise des critiques de théâtre en 1987;
par le Masque Hommage aux
Compagnons
de Saint-Laurent en 1996, et par le Gémeaux de la meilleure interprétation
masculine
en 1996 et en 1997 pour son rôle dans "Sous un ciel variable". Guy
Provost a été nommé officier de l'Ordre du Canada
en 2003.
Le disparu laisse dans le deuil son épouse, Andrée Bernatchez,
et leurs trois enfants,
Pierre, Jean-François et Caroline.
Le
comédien Normand Chouinard a côtoyé Guy Provost au
théâtre et il considère celui-ci comme un modèle
pour les autres comédiens. Il se rappelle un homme fort et bon vivant.
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(dans son rôle d'Alexis d'Un Homme et son péché.)
Guy
Provost est un homme qui a fait figure de monument dans l'univers artistique
de chez nous. Il a une feuille de route si impressionnante qu'il pourrait
en discourir pendant des semaines sans arriver à raconter ses multiples
accomplissements tant à la télévision, au théâtre
et au cinéma. Pour les Québécois de 55 ans et plus,
il représente ce qu'il y a de meilleur, de solide et d'authentique
parmi les vedettes du milieu dont certains ne connaissent qu'une gloire
éphémère. Il est toujours apparu comme un roc, une
image qu'il reflète encore de nos jours au petit écran dans
le téléroman Mon meilleur ennemi, dans lequel il incarne
Georges Rivard, un personnage haut en couleurs, comme le véritable
Guy Provost; un homme sympathique aux revendications des gens ordinaires,
comme le véritable Guy Provost; et un être sur lequel on aimerait
tous compter dans les moments difficiles, comme le véritable Guy
Provost.
Ce
qu'il dit des souvenirs parmis tous les rôles qu'il a joué;
"Il
y a en beaucoup, mais la première fois que je suis monté
sur les planches à Paris demeure un souvenir impérissable.
Ce soir-là, j'avais été envahi d'admiration aux côtés
de Gérard Philippe. Nous jouions Lorenzaccio de Musset au Théâtre
national populaire de Jean Vilar. Pour un jeune comédien, c'était
une expérience inoubliable, électrisante. J'ai passé
six ans en France. J'ai mis un certain temps à me faire connaître,
puis j'ai obtenu de plus en plus de rôles à Paris et en province.
Il faut dire qu'en France, le théâtre resplendissait alors
qu'au Québec, nous en étions à un début modeste."
Jean-Pierre Chartrand, Guy Provost dans Douze hommmes |
Lui qui avez touché au cinéma, entre autres dans la peau du célèbre Alexis du film Un homme et son péché, au théâtre et à la télévision, il parle de quel média qui lui plaît davantage;
"C'est
certain que le théâtre va toujours occuper une place prépondérante
dans ma vie. Cependant, la télévision me fascine. C'est la
plus grande invention après celle de l'imprimerie par Gutenberg.
L'espace d'un instant, la télévision capte l'attention de
millions de spectateurs. Quelle visibilité! Évidemment, en
comparaison des autres médias, c'est un apport financier important
qui permet, par la suite, une plus grande liberté.
Aussi,
la télévision offre des téléthéâtres
de belle qualité pour un vaste public. J'ai particulièrement
apprécié jouer le rôle de Jacques Hury dans L'annonce
faite à Marie de Claudel en 1956. La télévision demeure
une voie privilégiée pour faire connaître des oeuvres
de grande qualité. Et les téléromans m'apportent une
autre dimension à mon jeu d'acteur. D'ailleurs, à mon retour
de Paris, j'ai dû me débarrasser de mon accent français
pour que mes personnages aient toute la crédibilité voulue."
Mon
meilleur ennemi nous offre un Guy Provost en pleine maîtrise de son
talent. Il y a aussi d'innombrables personnages qui resurgissent dans notre
mémoire collective. Le premier dans un téléroman et
non le moindre: l'emphatique Père Alexandre dans La famille Plouffe,
sûrement le plus grand succès télévisuel d'époque.
Tout le monde aurait voulu avoir un Père Alexandre dans son entourage
pour se confier. Il incarnait la sagesse, mais aussi la prédominance
de l'Église.
Le
second personnage, qui a émerveillé les spectateurs et qui
a marqué l'acteur, ce fut celui d'Alexis dans la fresque populaire
Les Belles Histoires des pays d'en haut de Claude-Henri Grignon. Un personnage
légendaire qui a coloré toute une époque et qui évoque,
aujourd'hui, des images à éblouir nos souvenirs.
Les
célébrations du 50e anniversaire de la Télévision
de Radio-Canada sont venues nous rappeler la place considérable
occupée par le grand comédien Guy Provost dans l’histoire
de notre télévision. Il y a tenu de façon presque
ininterrompue des premiers rôles dans les téléromans
les plus populaires, de La Famille Plouffe à Mon meilleur ennemi,
où il incarnait Georges Rivard, le père de Martin, bouillant
retraité demeuré fidèle à ses convictions de
gauche. Parmi ses autres rôles marquants, on peut citer Théo
Joyal (Mont-Joye), Antoine Jacquemin (Terre humaine) et Léon Tanguay
(Sous un ciel variable). Guy Provost s’est aussi illustré dans une
multitude de télé-théâtres et autres dramatiques
diffusées à la télévision d’État. Il
a aussi animé la populaire émission jeunesse La vie qui bat
pendant une dizaine d’années et à la radio, il a été
pendant sept ans le complice de Lise Payette à l’émission
Place aux femmes.
Guy
Provost avait tenu le rôle d’Alexis dans les deux adaptations cinématographiques
d’Un homme et son péché réalisées à
la fin des années 40. Cependant, il faisait carrière en France
à l’époque où l’on distribuait les rôles de
la série télévisée et c’est Gabriel Gascon
qui hérita d’abord du rôle. Par un curieux retour des choses,
il retrouvera le rôle d’Alexis lorsque Gabriel Gascon partira à
son tour faire carrière en Europe en 1965.
Issu
d’une famille qui a le théâtre dans le sang (son père
René Provost a fondé l’École d’art dramatique de Hull),
Guy Provost a approfondi son art en travaillant avec les Compagnons de
Saint-Laurent du père Émile Legault puis au Conservatoire
de Paris grâce à une bourse d’études en art dramatique
du Gouvernement du Québec, obtenue en 1948. Durant ce séjour
en France, il aura notamment l’occasion de jouer aux côtés
de Gérard Philippe, de tourner un film avec Sacha Guitry et de travailler
pendant deux saisons avec la Comédie de Saint-Étienne puis
pendant trois saisons au sein du Théâtre national populaire
dirigé par Jean Vilar.
De retour au pays, Guy Provost n’a pratiquement jamais cessé de travailler, démontrant une égale maîtrise du répertoire classique et moderne, que ce soit au théâtre, à la télévision, à la radio ou au cinéma.
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Sur
le livre qu'il a écrit:
Voici
les paroles de Guy Provost, tirées du livre Guy Provost, rêver
les yeux ouverts d'Odette Vincent, qui démontrent à quel
point cet homme respecte son public et son métier:
«Si
ce bouquin sans prétention peut inciter un jeune homme ou une jeune
fille, quelque part, à pratiquer ce métier qu'ils aiment
par-dessus tout, je serai comblé... N'oubliez jamais que la base
essentielle de la réussite, du bonheur, est l'Amour du métier
et des autres.»
Guy
Provost, rêver les yeux ouverts, de Odette Vincent
Éditions
Vents d'Ouest
Résumé:
Depuis
plus de cinquante ans, Guy Provost pratique un métier qui lui permet
de « rêver les yeux ouverts ». Passionné de théâtre
depuis son enfance, il fait ses débuts à Hull, se joint aux
Compagnons de saint Laurent puis, en 1949, part pour la France. Il joue
avec La Comédie de Saint-Étienne et parcourt les grandes
scènes d’Europe avec le Théâtre national populaire
de Jean Vilar. De retour au pays en 1955, il anime des émissions
à la radio et à la télévision et, surtout,
il incarne d’innombrables personnages à la scène, au petit
écran et au cinéma. De l’inoubliable Alexis de Un homme et
son péché au Francis de la pièce Nuit de chasse, Guy
Provost nous fait découvrir les différentes facettes du métier
qu’il exerce toujours avec passion.
Ni
biographie ni autobiographie, cet ouvrage, écrit à partir
d’entretiens, témoigne d’une vie consacrée à la scène
et à ses moments d’émerveillement et d’émotion. Anecdotes
savoureuses, réflexions captivantes sur le métier nous font
revivre tout un épisode de l’histoire du théâtre, de
la radio et de la télévision au Québec.
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Filmographie
sélective:
Mon
meilleur ennemi (2001-) Interprétation
Urgence
(2) (1996-1997) Interprétation
Urgence
(1) (1995) Interprétation
Sous
un ciel variable (1993-1997) Interprétation
Blanche
(1993) Interprétation
René
Lévesque (1993) Interprétation
Trois
Montréal de Michel Tremblay (Les) (1989) Interprétation
Perversion
(1988) Interprétation
Frère
André (Le) (1987) Interprétation
Rose
Cafe (The) (1987) Interprétation
Hold
up (1985) Interprétation
Noces
de juin (1983) Interprétation
Gapi
(1982) Interprétation
Terre
humaine (1978-1984) Interprétation
Aventures
d'une jeune veuve (Les) (1974) Interprétation
Deux
pieds dans la même bottine (Les) (1974) Interprétation
Ordres
(Les) (1974) Interprétation
Misanthrope
(Le) (1966) Interprétation
Louis-Joseph
Papineau (1961) Interprétation
Si
Paris m'était conté (1956) Interprétation
Trapèze
(1955) Interprétation
Séraphin
(1950) Interprétation
Un
sourire dans la tempête (1950) Interprétation
Un
homme et son péché (1948) Interprétation
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(Guy
Provost a été nommé officir de l'Ordre du Canada en
2003, (Photo: PC/Jonathan Hayward)
Partie
du discours prononcé lors de sa décoration:
Grand
comédien, vous avez marqué l’histoire du Québec au
théâtre, à la télévision et au cinéma.
Passant d’un mode d’expression à un autre avec la même ferveur,
vous avez tenu des rôles inoubliables et avez été un
modèle pour plusieurs comédiens. M. Provost, vous avez d’abord
appris votre art en France, grâce à une bourse d’études
octroyée par le gouvernement du Québec en 1948. Par la suite,
vous avez joué à la Comédie de Saint-Étienne
pendant deux ans, pour ensuite faire partie de la prestigieuse équipe
du Théâtre national populaire, dirigé par Jean Vilar,
en compagnie des Gérard Philipe, Philippe Noiret, Maria Casarès,
et bien d’autres. À votre retour, en 1955, vous avez animé
La vie qui bat. Le personnage d’Alexis dans Un homme et son péché
fait immédiatement de vous une vedette. Parmi vos interprétations
magistrales, mentionnons le rôle du médecin de quartier dans
Les ordres, de Michel Brault.
Guy
Provost, avec les compliments du peuple québécois, j’ai l’honneur
de vous décorer de l’insigne de Chevalier de l’Ordre national du
Québec.
Pour d'autres anniversaires de vos vedettes du mois de février ..clic
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