Votre
vedette québécoise
Décès
d'un grand homme de théatre
Guy
Provost
"Citation
de ce grand homme"
«La
base essentielle de la réussite, du bonheur,
est
l'Amour du métier et des autres.»
(Né à Hull, Que. en 1925, il est décédé le 10 février 2004)
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Un
autre page de l’histoire culturelle du Québec a été
tournée hier avec le décès du comédien Guy
Provost, qui a succombé à une pneumonie.
Il
avait été admis à l'Hôpital du Sacré-Coeur,
de Montréal, il y a deux mois. Son état s'était amélioré
récemment,
laissant présager un retour à la maison mais un rhume
contracté dans les derniers jours a compliqué son état
et mené au décès.
Né
à Hull en 1925, Guy Provost a fait ses premiers pas au théâtre
sous la houlette de son père, René Provost, directeur-fondateur
de l’École d’art dramatique de Hull. En 1946, le père Émile
Legault invite le jeune Provost à prendre part aux Compagnons de
Saint-Laurent, qui ont, en quelque sorte, donné naissance au théâtre
québécois.
Par
la suite, il jouera à la Comédie de St-Etienne pendant deux
ans, pour ensuite faire partie de la prestigieuse équipe du Théâtre
national populaire dirigé par Jean Vilar, en compagnie notamment
de Gérard Philipe, Philippe Noiret et Maria Casarès. Il revient
au Québec en 1955. Dès les débuts de la télévision,
il anime "La vie qui bat".
Son
rôle d'Alexis dans "Un homme et son péché" l'élève
immédiatement au rang de vedette.
Les
cinéphiles se souviendront aussi de lui dans "Les ordres", de Michel
Brault, réalisé en 1974, où il incarne avec sobriété
le rôle d'un médecin d'une clinique de quartier, emprisonné
pour activités subversives.
La
carrière de Guy Provost a été couronnée par
le Prix de la meilleure interprétation, de
l'Association
québécoise des critiques de théâtre en 1987;
par le Masque Hommage aux
Compagnons
de Saint-Laurent en 1996, et par le Gémeaux de la meilleure interprétation
masculine
en 1996 et en 1997 pour son rôle dans "Sous un ciel variable". Guy
Provost a été nommé officier de l'Ordre du Canada
en 2003.
Le disparu laisse dans le deuil son épouse, Andrée Bernatchez,
et leurs trois enfants,
Pierre, Jean-François et Caroline.
Le
comédien Normand Chouinard a côtoyé Guy Provost au
théâtre et il considère celui-ci comme un modèle
pour les autres comédiens. Il se rappelle un homme fort et bon vivant.
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(dans son rôle d'Alexis d'Un Homme et son péché.)
Guy
Provost est un homme qui a fait figure de monument dans l'univers artistique
de chez nous. Il a une feuille de route si impressionnante qu'il pourrait
en discourir pendant des semaines sans arriver à raconter ses multiples
accomplissements tant à la télévision, au théâtre
et au cinéma. Pour les Québécois de 55 ans et plus,
il représente ce qu'il y a de meilleur, de solide et d'authentique
parmi les vedettes du milieu dont certains ne connaissent qu'une gloire
éphémère. Il est toujours apparu comme un roc, une
image qu'il reflète encore de nos jours au petit écran dans
le téléroman Mon meilleur ennemi, dans lequel il incarne
Georges Rivard, un personnage haut en couleurs, comme le véritable
Guy Provost; un homme sympathique aux revendications des gens ordinaires,
comme le véritable Guy Provost; et un être sur lequel on aimerait
tous compter dans les moments difficiles, comme le véritable Guy
Provost.
Ce
qu'il dit des souvenirs parmis tous les rôles qu'il a joué;
"Il
y a en beaucoup, mais la première fois que je suis monté
sur les planches à Paris demeure un souvenir impérissable.
Ce soir-là, j'avais été envahi d'admiration aux côtés
de Gérard Philippe. Nous jouions Lorenzaccio de Musset au Théâtre
national populaire de Jean Vilar. Pour un jeune comédien, c'était
une expérience inoubliable, électrisante. J'ai passé
six ans en France. J'ai mis un certain temps à me faire connaître,
puis j'ai obtenu de plus en plus de rôles à Paris et en province.
Il faut dire qu'en France, le théâtre resplendissait alors
qu'au Québec, nous en étions à un début modeste."
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Lui qui avez touché au cinéma, entre autres dans la peau du célèbre Alexis du film Un homme et son péché, au théâtre et à la télévision, il parle de quel média qui lui plaît davantage;
"C'est
certain que le théâtre va toujours occuper une place prépondérante
dans ma vie. Cependant, la télévision me fascine. C'est la
plus grande invention après celle de l'imprimerie par Gutenberg.
L'espace d'un instant, la télévision capte l'attention de
millions de spectateurs. Quelle visibilité! Évidemment, en
comparaison des autres médias, c'est un apport financier important
qui permet, par la suite, une plus grande liberté.
Aussi,
la télévision offre des téléthéâtres
de belle qualité pour un vaste public. J'ai particulièrement
apprécié jouer le rôle de Jacques Hury dans L'annonce
faite à Marie de Claudel en 1956. La télévision demeure
une voie privilégiée pour faire connaître des oeuvres
de grande qualité. Et les téléromans m'apportent une
autre dimension à mon jeu d'acteur. D'ailleurs, à mon retour
de Paris, j'ai dû me débarrasser de mon accent français
pour que mes personnages aient toute la crédibilité voulue."
Mon
meilleur ennemi nous offre un Guy Provost en pleine maîtrise de son
talent. Il y a aussi d'innombrables personnages qui resurgissent dans notre
mémoire collective. Le premier dans un téléroman et
non le moindre: l'emphatique Père Alexandre dans La famille Plouffe,
sûrement le plus grand succès télévisuel d'époque.
Tout le monde aurait voulu avoir un Père Alexandre dans son entourage
pour se confier. Il incarnait la sagesse, mais aussi la prédominance
de l'Église.
Le
second personnage, qui a émerveillé les spectateurs et qui
a marqué l'acteur, ce fut celui d'Alexis dans la fresque populaire
Les Belles Histoires des pays d'en haut de Claude-Henri Grignon. Un personnage
légendaire qui a coloré toute une époque et qui évoque,
aujourd'hui, des images à éblouir nos souvenirs.
Les célébrations du 50e anniversaire de la Télévision de Radio-Canada sont venues nous rappeler la place considérable occupée par le grand comédien Guy Provost dans l’histoire de notre télévision. Il y a tenu de façon presque ininterrompue des premiers rôles dans les téléromans les plus populaires, de La Famille Plouffe à Mon meilleur ennemi, où il incarnait Georges Rivard, le père de Martin, bouillant retraité demeuré fidèle à ses convictions de gauche. Parmi ses autres rôles marquants, on peut citer Théo Joyal (Mont-Joye), Antoine Jacquemin (Terre humaine) et Léon Tanguay (Sous un ciel variable). Guy Provost s’est aussi illustré dans une multitude de télé-théâtres et autres dramatiques diffusées à la télévision d’État. Il a aussi animé la populaire émission jeunesse La vie qui bat pendant une dizaine d’années et à la radio, il a été pendant sept ans le complice de Lise Payette à l’émission Place aux femmes.
Guy Provost avait tenu le rôle d’Alexis dans les deux adaptations cinématographiques d’Un homme et son péché réalisées à la fin des années 40. Cependant, il faisait carrière en France à l’époque où l’on distribuait les rôles de la série télévisée et c’est Gabriel Gascon qui hérita d’abord du rôle. Par un curieux retour des choses, il retrouvera le rôle d’Alexis lorsque Gabriel Gascon partira à son tour faire carrière en Europe en 1965.
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Issu d’une famille qui a le théâtre dans le sang (son père René Provost a fondé l’École d’art dramatique de Hull), Guy Provost a approfondi son art en travaillant avec les Compagnons de Saint-Laurent du père Émile Legault puis au Conservatoire de Paris grâce à une bourse d’études en art dramatique du Gouvernement du Québec, obtenue en 1948. Durant ce séjour en France, il aura notamment l’occasion de jouer aux côtés de Gérard Philippe, de tourner un film avec Sacha Guitry et de travailler pendant deux saisons avec la Comédie de Saint-Étienne puis pendant trois saisons au sein du Théâtre national populaire dirigé par Jean Vilar.
De retour au pays, Guy Provost n’a pratiquement jamais cessé de travailler, démontrant une égale maîtrise du répertoire classique et moderne, que ce soit au théâtre, à la télévision, à la radio ou au cinéma.
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Sur
le livre qu'il a écrit:
Voici
les paroles de Guy Provost, tirées du livre Guy Provost, rêver
les yeux ouverts d'Odette Vincent, qui démontrent à quel
point cet homme respecte son public et son métier:
«Si
ce bouquin sans prétention peut inciter un jeune homme ou une jeune
fille, quelque part, à pratiquer ce métier qu'ils aiment
par-dessus tout, je serai comblé... N'oubliez jamais que la base
essentielle de la réussite, du bonheur, est l'Amour du métier
et des autres.»
Guy
Provost, rêver les yeux ouverts, de Odette Vincent
Éditions
Vents d'Ouest
Résumé:
Depuis
plus de cinquante ans, Guy Provost pratique un métier qui lui permet
de « rêver les yeux ouverts ». Passionné de théâtre
depuis son enfance, il fait ses débuts à Hull, se joint aux
Compagnons de saint Laurent puis, en 1949, part pour la France. Il joue
avec La Comédie de Saint-Étienne et parcourt les grandes
scènes d’Europe avec le Théâtre national populaire
de Jean Vilar. De retour au pays en 1955, il anime des émissions
à la radio et à la télévision et, surtout,
il incarne d’innombrables personnages à la scène, au petit
écran et au cinéma. De l’inoubliable Alexis de Un homme et
son péché au Francis de la pièce Nuit de chasse, Guy
Provost nous fait découvrir les différentes facettes du métier
qu’il exerce toujours avec passion.
Ni
biographie ni autobiographie, cet ouvrage, écrit à partir
d’entretiens, témoigne d’une vie consacrée à la scène
et à ses moments d’émerveillement et d’émotion. Anecdotes
savoureuses, réflexions captivantes sur le métier nous font
revivre tout un épisode de l’histoire du théâtre, de
la radio et de la télévision au Québec.
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Filmographie
sélective:
1949 :
Un homme et son péché : Alexis Labranche
1950 :
Séraphin (une suite du film Un homme et son péché
de 1949) : Alexis LAbranche
1951 :
Ein Lächeln in Sturm : Trappeur (French Version)
1953 :
La Famille Plouffe (série TV) : Révérend Père
Alexandre
1955 :
Si Paris nous était conté : Blacksmith's apprentice
1956
-1970 : Les Belles Histoires des Pays-d'en-Haut (série TV) : Alexis
Labranche (2e)
1956 :
Trapeze : A journalist
1960 :
Walk Down Any Street (voix)
1960 :
Le Petit monde du père Gédéon (série TV) :
Le Père Alexandre Plouffe
1961 :
Louis-Joseph Papineau: The Demi-God : Louis-Joseph Papineau
1962 :
La Balsamine (série TV) : Charles Mathieu
1966 :
Le Misanthrope : Alceste
1968 :
Le Paradis terrestre (série TV) : Dr. Jutras
1970 :
Une maison... un jour... (TV) : Vincent
1970 :
Mont-Joye (série TV) : Théo Joyal
1974 :
Les Ordres : Dr. Jean-Marie Beauchemin
1974 :
Les Deux pieds dans la même bottine
1977 :
Duplessis (feuilleton TV) : Ernest Lapointe
1978 :
Terre humaine (série TV) : Antoine Jacquemin
1982 :
Gapi : Sullivan
1984 :
Laurier (feuilleton TV)
1985 :
Hold-Up : Le Maire
1986 :
C.A.T. Squad (TV)
1987 :
Shades of Love: The Rose Cafe (TV) : Philippe
1987 :
Lorenzaccio (TV)
1987 :
Le Frère André : M. Coutu
1988 :
Lance et compte II (feuilleton TV)
1995 :
Sous un ciel variable (série TV) : Léon Tanguay
1996 :
Urgence ("Urgence") (série TV) : Dr. Robert Bouffard (1996)
1997 :
La Conciergerie : Juge
2001 :
Mon meilleur ennemi (série TV) : Georges Rivard
2001 :
Fortier (série TV)
Théâtre:
1953 :
La Tragédie du roi Richard II de William Shakespeare, mise en scène
Jean Vilar, Festival d'Avignon
1954 :
Cinna de Pierre Corneille, mise en scène Jean Vilar, Festival d'Avignon
1954 :
Macbeth de William Shakespeare, mise en scène Jean Vilar, Festival
d'Avignon
1978 :
Evangéline Deusse d'Antonine Maillet, mise en scène Yvette
Brind'Amour, Festival d'Avignon
1978 :
Gapi d'Antonine Maillet, mise en scène Yvette Brind'Amour, Festival
d'Avignon
Récompenses et Nominations
1987
- Prix de la meilleure interprétation de l'Association québécoise
des critiques de théâtre
1995
- Prix Gémeau, Meilleure interprétation premier rôle
masculin : téléroman
1996
- Masque Hommage aux Compagnons de Saint-Laurent
1997
- Prix Gémeau, Meilleure interprétation premier rôle
masculin : téléroman
2003
- Chevalier de l'Ordre national du Québec
2003
- Officier de l'Ordre du Canada
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En
1987, l'Association québécoise des critiques de théâtre
lui a décerné le prix de la meilleure interprétation.
En 1996, il a reçu le Masque Hommage aux Compagnons de Saint-Laurent
de même que le Gémeaux de la meilleure interprétation
masculine, un bon coup qu'il a réitéré l'année
suivante. En 2003, Adrienne Clarkson l'a nommé officier de l'Ordre
du Canada alors que Jean Charest le faisait chevalier de l'Ordre nationale
du Québec la même année.
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(Guy
Provost a été nommé officir de l'Ordre du Canada en
2003, (Photo: PC/Jonathan Hayward)
Partie
du discours prononcé lors de sa décoration:
Grand
comédien, vous avez marqué l’histoire du Québec au
théâtre, à la télévision et au cinéma.
Passant d’un mode d’expression à un autre avec la même ferveur,
vous avez tenu des rôles inoubliables et avez été un
modèle pour plusieurs comédiens. M. Provost, vous avez d’abord
appris votre art en France, grâce à une bourse d’études
octroyée par le gouvernement du Québec en 1948. Par la suite,
vous avez joué à la Comédie de Saint-Étienne
pendant deux ans, pour ensuite faire partie de la prestigieuse équipe
du Théâtre national populaire, dirigé par Jean Vilar,
en compagnie des Gérard Philipe, Philippe Noiret, Maria Casarès,
et bien d’autres. À votre retour, en 1955, vous avez animé
La vie qui bat. Le personnage d’Alexis dans Un homme et son péché
fait immédiatement de vous une vedette. Parmi vos interprétations
magistrales, mentionnons le rôle du médecin de quartier dans
Les ordres, de Michel Brault.
Guy
Provost, avec les compliments du peuple québécois, j’ai l’honneur
de vous décorer de l’insigne de Chevalier de l’Ordre national du
Québec.
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