"L‘ÉTOILE DE CE MOIS‘‘

‘‘DAN BIGRAS"

(L2 23 Décembre 1957)


Dan Bigras: Album Photos

Bio: page 1   //  page 2

Discographie
 1990 : Ange Animal
 1992 : Tue-moi
 1993 : Les Immortelles
 1995 : Le Fou du diable
 1998 : Le Chien
 1999 : 2000 et un enfants
 2000 : communio
 2003 : Bigras 1992/2002 Tout
 2005 : Fou
 2008 : Duos de la Tendresse
 2009 : Bigras Fan

Filmographie
 Acteur
 2002 : Le dernier chapitre], de Luc Dionne (TV).
 2002 : Le Ring intérieur, de Dan Bigras.
 2004 : Les Guerriers, de Micheline Lanctôt (TV).
 2006 : La Rage de l'ange, de Dan Bigras.
 2011 : 30 vies, de Fabienne Larouche (TV).

Réalisateur
 2002 : Le Ring intérieur.
 2006 : La Rage de l'ange.
 
Tendresse exposée, Philippe Renault 14-09-2008

Le coeur de rockeur de Dan Bigras ne cesse de s’attendrir au fil des années. Voilà qu’il lance maintenant Duos de la tendresse, un disque sur lequel il reprend ses succès, bien entouré de 13 voix féminines.

De Marie-Chantal Toupin à Ginette Reno, en passant par Lise Dion et Marie-Mai, Dan Bigras n’a pas eu peur de donner de toutes nouvelles directions à son oeuvre en faisant appel à des artistes de tous les horizons, sans oublier les femmes déjà présentes dans sa vie artistique telles Laurence Jalbert et Luce Dufault. Lui et ses musiciens ont dû faire preuve d’une grande polyvalence pour s’adapter à chacune d’entre elles.
son site http://www.danbigras.com/


Découvert par Gerry Boulet alors qu'il fait parti du groupe «Heavy Feather», cet auteur, compositeur et interprète qui se produit comme chansonnier dans plusieur piano-bars du Québec, connaît finalement le succès en 1992 avec son deuxième album : «Tue-moi». Cet album lui permet de remporter le Félix de l'interprète masculin de l'année au Gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ). Connu pour son implication au sein de causes humanitaires, ce musicien participe également à quelques productions en tant que comédien.
En bref - Dan Bigras, artiste pour la paix 2007      


Édition du vendredi 15 février 2008

Dan Bigras est élu artiste pacifiste de l'année. Artistes pour la paix (APLP) profitait de l'hommage rendu au chanteur-cinéaste et âme du Refuge des jeunes pour célébrer ses 25 ans et les 20 ans de son prix.

APLP honore annuellement un artiste ou un collectif d'artistes dont l'art et la vie témoignent en faveur de la paix. Il a choisi le 14 février pour dévoiler son choix. Des artistes de toutes les disciplines ont été proclamés «artistes pour la paix de l'année». L'an dernier, ce fut Wajdi Mouawad. C'est pour ses prises de parole engagées accompagnées de gestes concrets que Dan Bigras remporte l'honneur cette année.
 
 

Dan Bigras et son harem
«Je me suis tout d’abord entouré d’Alain Sauvageau (pianiste) et Dan Mongrain (guitariste) dans le but de trouver un son qui pourrait se situer au milieu de tout ce monde. Après, nous avons continué à travailler en fonction des chanteuses. Il fallait décoder ce qu’elles voulaient», relate-t-il.

C’est ainsi que Florence K. offre une interprétation plutôt jazzy de Pourquoi tu veux, qu’Isabelle Boulay se paye une version country de Rivière perdue et que Renée Martel s’est laissée bercer par Soirs de scotch (que Dan Bigras avait écrite pour Luce Dufault).

Cette dernière collaboration avait une signification très particulière pour Dan Bigras.

«Ça c’était une belle surprise. J’ai connu Renée Martel dans une période où j’en arrachais et elle m’a beaucoup aidé. Je me suis retrouvé à parler de ça dans cette toune», explique-t-il.

LES YEUX DANS LES YEUX

Il est vrai qu’un album de duos, c’est du déjà-vu au Québec. On n’a qu’à penser à Voix croisées, de Luc De Larochellière, ou encore à Duos Dubois, de Claude Dubois. Mais celui qui a vu sa carrière prendre du tonus avec le succès Tue-moi en 1992 tient à souligner que cette démarche de complicité fait partie de lui depuis ses débuts.

«Ça fait partie de moi. Même dans le temps des bars je le faisais», relate-t-il. On le voit évidemment partager la scène chaque année avec bon nombre d’artistes dans le cadre de son Show du Refuge, mais ici, le chanteur tient à apporter une nuance.

«Au Show du Refuge, il y a des gars. Mais là, je ne suis pas fou, je n’ai fait appel qu’à des filles! Quand je regarde mes tournées ou mes disques, je me rends compte que la moitié du temps, je collabore avec des filles», soutient celui qui a notamment tenu la barre de la tournée Dan et ses Blondes.

Chose certaine, ces collaborations féminines lui ont permis d’extérioriser plus que jamais son côté émotif.

«Ce disque devait se faire les yeux dans les yeux tout le long. Sans ça, je n’aurais pas fait de duos. C’est dans les yeux que tout passe et en plus, en chantant, on dit tout plus fort. C’est le disque où je montre ma tendresse avec le moins de cachette. J’ai toujours mis un paquet de codes pour la cacher. C’est un réflexe de gars de la rue. À cette époque, il a fallu que je devienne tough très vite. J’ai donc développé des réactions de macho et il fallait décoder mes messages de tendresse», évoque-t-il.

NOUVELLE VIE

Chose certaine, ses chansons, complètement remaniées, connaissent une toute nouvelle vie entre les mains de ces femmes. Un aspect très motivant pour l’avenir.

«Plusieurs de ces chansons, je ne les chantais plus. Mais là, en les entendant différemment, je crois que je vais les rechanter. Nous avons tous une sorte de top 10 de nos chansons, mais là je crois que je viens de le fourrer!» s’exclame-t-il.

Les duos de la tendresse

Marie-Chantal Toupin, Tue-moi
Marie-Élaine Thibert, Le Vent bleu
Ginette Reno, Lettre d’un vieux guerrier
Laurence Jalbert, Un homme ça pleure aussi
Isabelle Boulay, Rivière perdue
Marie-Mai, Naufrage
Marie-Mai, Lulu Hughes et Laurence
Jalbert, Trois Petits Cochons
Lise Dion, Entre les draps
Renée Martel, Soirs de scotch
Florence K., Pourquoi tu veux
Luce Dufault, Blessure d’amour
Lulu Hughes, Malbrook et le Président
Marina Orsini, Sarajevo
Natalie Choquette, Ange animal

Dan Bigras apprend son métier dans les bars à la fin des années 70. À cette époque, il chante du blues en anglais parce que les chansons traduites lui semblent moins intéressantes. Il est toutefois à la recherche d’auteurs francophones capables d’exprimer en mots ce qu’il exprime naturellement en musique.

En 1983, Dan Bigras est « découvert » par Gerry Boulet, qui le sort du circuit des bars en lui proposant d’enregistrer un 45 tours. Ils cherchent ensemble un auteur, qu’ils trouvent en la personne de Michel Rivard. Il écrit pour Dan « Parle-moi » et « Soleil noir ».

En 1990, l’album Tue-moi est lancé. Ce premier travail de réalisation est une réussite et se vend à plus de 80 000 exemplaires. Dan reçoit d’ailleurs un Félix au Gala de l’ADISQ dans la catégorie « Album rock de l’année ».

En 1993, l’album Les Immortelles voit le jour, une façon pour Dan de se faire un cadeau puisque qu’il reprend à sa façon des chansons qu’il adore, celles qu’écoutait sa mère.

Avant de nous quitter, Gerry Boulet avait enregistré, seul au piano, sept chansons écrites par Denise Boucher et dont il avait composé la musique. Françoise, épouse et complice de Gerry, demande à Dan d’écouter ces chansons. Elle ne voit que Dan pour terminer l’oeuvre de Gerry… ce que qu’il fera à travers l’album Jezabel.

Dan enchaîne à l’été 2001 avec le tournage d’un téléroman de Radio-Canada, Rivière-des-Jérémie; il y incarne un propriétaire d’un bar de campagne. À la même époque, il prête aussi ses traits à Roots Racine, motard et président du Chapitre du Québec, un personnage de la série Le Dernier Chapitre. Tournée simultanément en français et en anglais, la série, réalisée par Richard Roy et destinée à Radio-Canada/CBC, met également en vedette Roy Dupuis et Michael Ironside. Dan reçoit par ailleurs une nomination pour cette interprétation au Gala des Prix Gémeaux 2002, dans la catégorie « rôle de soutien ».

En février 2002, le documentaire Le Ring intérieur prend l’affiche sur de nombreux écrans, à Montréal et à Québec. Tourné en 2000 et 2001, il s’agit du premier film que Dan Bigras signe à titre de réalisateur. La critique, très élogieuse, l’encourage à poursuivre sa nouvelle carrière de cinéaste. Le film est, par la suite, cinq fois finaliste au Gala des Genies de 2003, entre autres dans la catégorie du meilleur documentaire.

Au printemps 2002, Dan Bigras tourne sous la direction de Pierre Houle dans la série Tag et reprend son personnage de Roots Racine dans Le Dernier Chapitre : la vengeance, diffusée à l’hiver 2003. Pour ces rôles, il est respectivement finaliste aux Gémeaux et aux Gemini dans la catégorie du meilleur rôle de soutien. Dan poursuit ensuite avec le tournage d’un long métrage de Claude Fournier, Book of Eve (Histoire d’Eve), où il joue aux côtés de Daniel Lavoie.

En janvier 2003, Dan Bigras lance un album compilation, Bigras 1992/2002 Tout… Dès sa sortie, il se hisse aux premières places du palmarès des ventes et s’y maintient plusieurs semaines.

Un an plus tard, en 2004, Dan signe la trame sonore du film Elvis Gratton XXX : La Vengeance d’Elvis Wong, un des plus grands succès populaires de l’année. Il revient aussi à la scène avec À l’état brut, un spectacle solo qui lui attire les louanges de la critique.

Les années 2004 et 2005 représentent une période charnière dans la carrière de Dan Bigras, devenu l’un des comédiens les plus occupés du Québec. Il tient tout d’abord un rôle dans Le Goût des jeunes filles, un film réalisé par John L’Écuyer d’après un scénario de Dany Laferrière et lancé en janvier 2005. Avec Patrick Huard, Dan forme ensuite un duo choc dans Les Guerriers, un téléfilm de Micheline Lanctôt inspiré de la pièce du même nom. Yves Desgagnés fait lui aussi appel à Dan pour un savoureux caméo dans la comédie Idole instantanée. Finalement, Dan prête ses traits au légendaire Johnny Rougeau dans la série René Lévesque, que Giles Walker réalise à la fois en anglais et en français pour Radio-Canada et CBC.

Dan Bigras a consacré les deux dernières années à la scénarisation et réalisation de son premier long métrage de fiction, La Rage de l’ange.

Dan Bigras apprend son métier dans les bars à la fin des années 70. À cette époque, il chante du blues en anglais parce que les chansons traduites lui semblent moins intéressantes. Il est toutefois à la recherche d’auteurs francophones capables d’exprimer en mots ce qu’il exprime naturellement en musique.

En 1983, Dan Bigras est « découvert » par Gerry Boulet, qui le sort du circuit des bars en lui proposant d’enregistrer un 45 tours. Ils cherchent ensemble un auteur, qu’ils trouvent en la personne de Michel Rivard. Il écrit pour Dan « Parle-moi » et « Soleil noir ».

En 1990, l’album Tue-moi est lancé. Ce premier travail de réalisation est une réussite et se vend à plus de 80 000 exemplaires. Dan reçoit d’ailleurs un Félix au Gala de l’ADISQ dans la catégorie « Album rock de l’année ».

En 1993, l’album Les Immortelles voit le jour, une façon pour Dan de se faire un cadeau puisque qu’il reprend à sa façon des chansons qu’il adore, celles qu’écoutait sa mère.

Avant de nous quitter, Gerry Boulet avait enregistré, seul au piano, sept chansons écrites par Denise Boucher et dont il avait composé la musique. Françoise, épouse et complice de Gerry, demande à Dan d’écouter ces chansons. Elle ne voit que Dan pour terminer l’oeuvre de Gerry… ce que qu’il fera à travers l’album Jezabel.

En 1995, Dan se retire pour se consacrer à la conception et à l’enregistrement de l’album Le Fou du diable, le premier à paraître sous sa propre étiquette de disques, Les Disques de l’ange animal.

Plus tard, Dan relève avec succès un nouveau défi alors qu’il compose la musique du long métrage J’en suis, de Claude Fournier, mettant en vedette Roy Dupuis et Patrick Huard. C’est d’ailleurs dans ce film que Dan Bigras fait ses débuts d’acteur en incarnant un petit rôle… celui d’un motard gai!

Dan Bigras compose par la suite la trame sonore d’Une voix en or, un téléfilm mettant en vedette Ginette Reno et dans lequel il joue le rôle de son chef d’orchestre. Les expériences de jeu se multiplient pour Dan, qui prend aussi les traits d’un garagiste escroc dans la série Juliette Pomerleau, de Claude Fournier.

À l’automne 1998, Dan Bigras lance son cinquième album, Le Chien. Une tournée de spectacles suit sa sortie. Dan présente ainsi son Chien show dans plusieurs villes du Québec.

En novembre 1999, l’album 2000 et un enfant est lancé à l’occasion du 10e anniversaire de la Charte des droits de l’enfance. Dan Bigras, grand rassembleur, réunit ses amis Isabelle Boulay, Laurence Jalbert, Éric Lapointe et Garou, à qui il demande de choisir une chanson sur l’enfance les touchant particulièrement. 2000 et un enfant remporte un Félix au Gala de l’ADISQ, dans la catégorie « Album pour enfants ».

Toujours en 1999, Dan Bigras et Laurence Jalbert s’unissent professionnellement; ils entament la tournée Bigras Jalbert et donneront ensemble 140 représentations. Leur magnifique spectacle, qui fait salle comble partout à travers la province, est immortalisé à l’automne 2000 sur un superbe disque live intitulé Communio.

Après cette tournée, Dan Bigras décide de prendre du recul face à la chanson. Il ressent le besoin de s’exprimer autrement, à travers d’autres projets. La scène reste toutefois présente dans sa vie par le biais du Show du Refuge, que Dan organise chaque année depuis 1991 pour venir en aide au Refuge des Jeunes de Montréal. Au fil des ans, le Show du refuge fait invariablement salle comble et remporte un Félix et un Gémeaux.

Dan enchaîne à l’été 2001 avec le tournage d’un téléroman de Radio-Canada, Rivière-des-Jérémie; il y incarne un propriétaire d’un bar de campagne. À la même époque, il prête aussi ses traits à Roots Racine, motard et président du Chapitre du Québec, un personnage de la série Le Dernier Chapitre. Tournée simultanément en français et en anglais, la série, réalisée par Richard Roy et destinée à Radio-Canada/CBC, met également en vedette Roy Dupuis et Michael Ironside. Dan reçoit par ailleurs une nomination pour cette interprétation au Gala des Prix Gémeaux 2002, dans la catégorie « rôle de soutien ».
 
 

L'auteur-compositeur et interprète Dan Bigras.
Dan Bigras lance l'album «Duos de la tendresse». Treize interprètes féminines y mélangent leurs voix à celle de l'artiste. On y retrouve ses vieilles complices Luce Dufault, Lulu Hughes, Laurence Jalbert et Isabelle Boulay mais aussi Lise Dion, Marina Orsini, Marie-Élaine Thibert et Nathalie Choquette. Showbizz.net a rencontré l'auteur-compositeur-interprète mardi à Québec.

Le choix des chansons

Sur cet album, certaines rencontres musicales semblent couler de source tandis que d'autres sont à première vue un peu plus surprenantes.

«Pour moi, ce fut treize rencontres (étalées) sur un an. Celles qui semblaient à prime abord évidentes, avec Luce, par exemple… Ce qui aurait été évident, ça aurait été de chanter "Soirs de scotch". On l'a assez faite. On était tannés», dit Dan Bigras.

«Soirs de scotch» figure sur l'album sauf que Bigras la chante avec Renée Martel.

Luce Dufault lui a proposé de faire «Blessure d'amour» en duo. Cette pièce figure sur l'album «Des milliards de choses» de la chanteuse. Bigras en avait composé la musique tandis que Roger Tabra en avait écrit le texte. Au départ, Bigras ne se rappelait pas de cette pièce. Son amie lui a ensuite envoyé la chanson qu'il a retravaillée.

«Même avec celles avec qui c'était évident, on avait le goût de faire quelque chose de nouveau. On est rendus ailleurs. (…) Avec Marina Orsini, c'est peut-être moins évident pour vous mais c'est une amie personnelle que j'adore depuis des années. Elle a tourné dans mon film. C'est une femme qui faisait ce que je voulais faire sur le disque.» Sur l'album de Bigras, la comédienne, qu'il qualifie d'intense et tendre, récite en duo le poème «Sarajevo».

Dan Bigras enregistrait chez lui sans technicien avec les interprètes. Il ressentait le besoin d'être près d'elles et de les regarder dans les yeux. Il ne voulait pas faire comme certains artistes qui enregistrent leurs pistes respectives et qui chantent en duo sans même se voir: «T'es moins émotif».

«Cinquante pour-cent de la voix passe par les yeux. C'est certain. Ce que j'ai fait avec Céline (Dion) sur les Plaines, si on ne s'était pas regardés dans les yeux, ça ne se serait jamais passé comme ça. C'est important. Que ce soit de l'amour ou de la haine. Une bagarre, ça part des yeux en ostie! Deux gars qui se regardent et qui se mettent à swinger, c'est comme ça. L'amour, la tendresse, ça passe dans les yeux. Tout passe dans les yeux (…). Je voulais qu'on puisse l'entendre», dit-il à propos de ces duos.

«Ce sont des femmes dont j'aurais pu tomber amoureux à des périodes différentes. Je pense que ça l'est un peu en chansons. Ce sont des espèces d'amourettes qui ont duré le temps du studio et qui sont juste passées par la voix. Ce sont des relations qui comptent quand même. Ce sont des très belles relations. Ça fait longtemps que je chante avec des femmes. Il y a certaines que vous avez moins vues sauf que je les connais toutes», raconte Dan Bigras.

Pour choisir ses chanteuses, Bigras n'a pas eu à faire de choix déchirants. Il reconnaît toutefois que certaines qui ne figurent pas sur l'album vont lui rappeler qu'elles ont été oubliées et qu'il ne pouvait pas mettre «38 tounes» sur le disque. «Il n'y a pas eu de choix à faire. J'ai fait ça un par un», dit-il. Les noms des interprètes lui sont venus à l'esprit l'un à la suite de l'autres.

La première à participer au projet fut Isabelle Boulay. Bigras lui avait envoyé quatre morceaux sauf qu'elle voulait faire «Rivière perdue». C'est ce duo que l'on retrouve sur ce nouvel opus de Dan Bigras et qui prend des saveurs country.

Ginette Reno a quant à elle tout de suite accepté de faire «Lettre d'un vieux guerrier», la première pièce que Bigras lui avait proposée.

Des horizons différents

Bigras a réuni des chanteuses de styles différents, de Marie-Mai à Nathalie Choquette en passant par Marie-Chantal Toupin et Florence K.

Pour lui, toutes ces artistes ont un trait commun: «Ce sont des filles pareilles dans le sens qu'elles ont toutes le cœur plogué sur la voix. Ce sont toutes des femmes extrêmement sensibles. Je les connais. Il y en a une couple qui sont plutôt tough de nature mais justement elles sont tough car elles sont fragiles. Si t'es pas fragile, t'as pas besoin d'être tough dans la vie. Je suis placé pour parler. C'est justement dans ces zones qu'on allait. Vivre des belles choses, faut être sensible pour ça. Elles ont ça en commun. Le style qu'elles chantent, je n'en ai rien à branler. Moi, j'ai chanté avec Michel Louvain et j'ai adoré ça. Ça a été extraordinaire. Je l'adore. Je suis un de ses fans. Il y a des gens qui définissent certains styles comme quétaines. Moi, je suis le quétaine de d'autres. On est tous le quétaine de quelqu'un d'autre. Ce n'est pas un critère. Le critère c'est: Est-ce que tu chantes? Es-tu prête à laisser tes émotions sortir dans ta voix? Es-tu prête à me regarder dans les yeux pendant que tu le fais? À écouter où je respire et respirer en même temps? C'est très intime, ça!»

Bigras a pensé au style des interprètes seulement lorsque le temps de faire les arrangements des chansons est venu. Il a d'ailleurs laissé à ses amis Alain Sauvageau et Dan Mongrain la tâche de créer la plupart des arrangements du disque.

Le chanteur a même redécouvert certaines de ses vieilles pièces qu'il n'interprétait plus. Ça lui a même redonné le goût de les faire.

Projets

Pour l'instant aucun spectacle inspiré de l'album n'est au programme. Toutefois, l'artiste croit que d'autres projets en découleront. «Treize rencontres comme ça, ça n'a pas servi à rien. Je peux te garantir qu'au cours des prochaines années, il va se passer quelque chose avec la majorité de ces treize femmes. Probablement dans d'autres domaines (rappelons que Bigras est aussi cinéaste et acteur) ou dans le même genre avec d'autres idées… Ou bien j'irai sur leurs projets. Je ne sais pas mais il va se monter d'autre chose. J'ignore ce qui va arriver. C'est certain que lorsque tu ouvres une porte à de telles aventures, la porte est désormais ouverte (…). Ma vie est faite comme ça: de rencontres qui ont ouvert des portes et qui m'ont amené ailleurs. Il faut accepter que ta vie, c'est pas toujours toi qui la contrôle. Ce sont les rencontres que tu fais.»

Dan Bigras n'a pas de projets concrets à son agenda outre la promotion de son album. Il songe toutefois à écrire deux nouveaux films: «Je ne sais pas si je vais tourner ces films-là mais je vais me faire le plaisir des écrire».

L'artiste vit dans le présent. Il se laisse porter par les événements et ne pense pas trop à l'avenir.

LE REFUGE DES JEUNES
En danger immédiat
Raphaël Gendron-Martin, 29-10-2011
 
Voilà 21 ans que Dan Bigras travaille avec les jeunes de la rue, auprès du Refuge des Jeunes. Encore une fois cette année, l’artiste a monté le Show du Refuge qui servira à amasser des sous pour l’organisme qui en a besoin plus que jamais.
Il y a quelques mois, le Refuge des Jeunes a déménagé, passant de l’angle des rues Roy et Berri à la rue Sainte-Catherine, tout près du métro Papineau. L’église Saint-Louis-de- France, qui abritait les locaux du Refuge jusque-là, avait été vendue à l’Église évangélique Restauration, deux ans auparavant.
«Ce sont des gens de droite et ce n’était pas dans leur pensée d’avoir un refuge, dit Dan Bigras. Il n’y avait aucune négociation possible.»
En déménageant, l’organisme s’est demandé si louer un autre local, et risquer de nouveau l’expulsion, valait le coup. Les responsables ont plutôt choisi de devenir propriétaires du 1836 Sainte-Catherine Est. Cet important investissement de 1,5 million a toutefois fait en sorte que les coffres du Refuge sont encore plus serrés, d’où l’importance primordiale du Show du Refuge de cette année.
«Le Refuge ferme si on n’a pas le show, indique Dan Bigras. On ne peut pas se priver de 330 000 $. On a un budget qui ne nous permet pas de lâcher. Et pour nous, l’équation est claire. Si on ferme le Refuge, il y a des jeunes qui meurent.»
«On est en danger immédiat, cette année, ajoute-t-il. C’est la première fois que je suis nerveux. On a besoin que les gens achètent des billets pour le spectacle, même s’ils ne peuvent pas venir.»

Plus que jamais nécessaire
Joëlle Girard, 27-10-2011
 
MONTRÉAL ­ En pleine répétition en prévision du 21e Show du Refuge», qui sera présenté le 2 novembre prochain à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, Dan Bigras a réitéré jeudi l’importance que revêt l’événement pour les jeunes sans-abri.
Même s’il s’est entouré d’une brochette impressionnante d’artistes ­ notamment Vincent Vallières, Nadja, Brigitte Boisjoli, Marina Orsini, Gardy Fury, Élizabeth Blouin-Brathwaite, Jorane, Mara Tremblay et Bobby Bazini ­, Dan Bigras n’a pas caché que la nervosité est à son comble.
«Si je me plante dans un de mes “shows”, je vais me reprendre. Si je fais un mauvais disque, la critique va me tomber dessus et je vais lécher mes plaies dans mon coin. Mais si on rate le “Show du Refuge”, le Refuge ferme. C’est pas la même pression ici», a souligné Dan Bigras, dont les efforts fournissent depuis 20 ans le tiers du budget du Refuge des jeunes de Montréal, dont la mission est de venir en aide aux jeunes hommes sans-abri âgé de 17 à 24 ans.

Le Refuge

Le prochain «Show du Refuge», qui permet d'amasser des fonds pour les jeunes de la rue, aura lieu le 19 novembre. Les noms des invités devraient être dévoilés d'ici quelques semaines. Dan Bigras soutient le Refuge des jeunes de Montréal depuis de nombreuses années.

Au fil des ans, l'artiste engagé a vu des changements chez les jeunes qui fréquentent l'organisme. Ils sont de plus en plus jeunes et «arrivent de plus en plus maganés. Il y a plus de violence à cause des nouvelles dopes comme le crack, le crystal meth. Ça fait vraiment perdre la carte», dit-il.

Selon lui, les refuges de Montréal, toutes clientèles confondues, «sont devenus des antichambres des hôpitaux psychiatriques». Des jeunes en détresse psychologique sentent le besoin de se médicamenter eux-mêmes en consommant de la drogue, affirme Bigras. Toxicomanie et problèmes de santé mentale vont ainsi de pair.

L'attitude du citoyen s'est par contre améliorée. Les gens «regardent beaucoup mieux». Ils sont plus sensibles aux problématiques des jeunes et des exclus. Le public veut davantage aider, croit-il.
 

L'auteur-compositeur et interprète Dan Bigras.
Dan Bigras lance l'album «Duos de la tendresse». Treize interprètes féminines y mélangent leurs voix à celle de l'artiste. On y retrouve ses vieilles complices Luce Dufault, Lulu Hughes, Laurence Jalbert et Isabelle Boulay mais aussi Lise Dion, Marina Orsini, Marie-Élaine Thibert et Nathalie Choquette. Showbizz.net a rencontré l'auteur-compositeur-interprète mardi à Québec.

Le choix des chansons

Sur cet album, certaines rencontres musicales semblent couler de source tandis que d'autres sont à première vue un peu plus surprenantes.

«Pour moi, ce fut treize rencontres (étalées) sur un an. Celles qui semblaient à prime abord évidentes, avec Luce, par exemple… Ce qui aurait été évident, ça aurait été de chanter "Soirs de scotch". On l'a assez faite. On était tannés», dit Dan Bigras.

«Soirs de scotch» figure sur l'album sauf que Bigras la chante avec Renée Martel.

Luce Dufault lui a proposé de faire «Blessure d'amour» en duo. Cette pièce figure sur l'album «Des milliards de choses» de la chanteuse. Bigras en avait composé la musique tandis que Roger Tabra en avait écrit le texte. Au départ, Bigras ne se rappelait pas de cette pièce. Son amie lui a ensuite envoyé la chanson qu'il a retravaillée.

«Même avec celles avec qui c'était évident, on avait le goût de faire quelque chose de nouveau. On est rendus ailleurs. (…) Avec Marina Orsini, c'est peut-être moins évident pour vous mais c'est une amie personnelle que j'adore depuis des années. Elle a tourné dans mon film. C'est une femme qui faisait ce que je voulais faire sur le disque.» Sur l'album de Bigras, la comédienne, qu'il qualifie d'intense et tendre, récite en duo le poème «Sarajevo».

 

CÉLINE SUR LES PLAINES
Céline, Ginette et Dieu
Agnès Gaudet
Le Journal de Montréal, 08-11-2008

Dan Bigras remué
Dan Bigras n’est pas près d’oublier le «moment d’exception» qu’il a vécu sur les plaines d’Abraham aux côtés de Céline Dion. «Céline, ça te ramasse, dit-il, ça te brasse en ostie!»

Pour le présenter à la foule, Céline Dion a parlé d’une «voix déchirante et pleine de douceur qui vient me chercher».

Dan Bigras a enregistré le compliment.
Sur scène, la chanteuse l’a obligé à donner le meilleur de lui-même, le fixant droit dans les yeux, cherchant chaque parcelle d’émotion.
À la fin de leur duo, Tue-moi, elle lui a pris la main, lui a soufflé «je t’aime» au visage. Dan n’oubliera pas de sitôt.
«J’ai adoré chanter avec Céline. Elle te lâche pas des yeux. Elle est prête à aller très loin. Elle t’invite à un combat de tendresse sur ton propre matériel (sa chanson Tue-moi), comme si elle était une petite chanteuse pas connue qui profite d’une chance de chanter avec un Dan Bigras.»

COMME SES GARS DE BARS

Même en répétition la chimie était au rendez-vous. Quelques secondes après leur première rencontre, Bigras avait l’impression de travailler avec ses gars de bars. L’atmosphère était détendue, Céline et lui faisaient des «niaiseries», plaisantaient comme s’ils se connaissaient depuis 25 ans. (On voit cette rencontre sur le DVD)

«Céline, il ne faut pas que tu regardes la carrière qu’elle a réalisée. Il faut que tu l’écoutes. Chaque fois, tu t’évanouis. La grosse machine, elle est utile, mais ils (Céline et René) ne s’en servent jamais dans leurs rapports humains.»

PAS LE TEMPS D’AVOIR PEUR

Est-ce que Dan était nerveux de devoir chanter avec la plus grande chanteuse du monde?

«Non, dit-il. Je n’avais que trois tounes à faire. Il y a des shows du Refuge plus énervants, où tout peut arriver. Et puis avec Céline qui te fixe dans les yeux, t’as pas le temps d’avoir peur.»

Pour Dan Bigras qui vient de lancer son propre album, Duos de la tendresse, Céline Dion n’a besoin de se mesurer à personne et il n’y a, avec elle, aucune compétition.

«Tout ce qu’elle veut, c’est que tu donnes tes tripes», conclut Dan. Ça laisse des dégâts positifs. Ça te brasse en ostie. Ça te pousse à donner le meilleur de toi. René a besoin d’être allumé!»

Il ajoute en conclusion que beaucoup de gens vont vouloir se procurer le DVD du show de Québec. Un objet précieux à garder en souvenir.

Publié le 04 novembre 2008  Mis à jour le 04 novembre 2008
 

Dan Bigras parle de son implication auprès des enfants
Michel Lafleur, LeDroit

L'auteur-compositeur-interprète et réalisateur Dan Bigras a témoigné de son implication auprès des enfants en difficulté, mardi, dans le cadre de la troisième édition du dîner conférence de Centraide Outaouais, qui se déroulait au Château Cartier, dans le secteur Aylmer.

Nommé Artiste pour la paix 2007, M. Bigras parraine le Refuge des jeunes de Montréal, et enseigne également les arts martiaux à des enfants dont la vie n'est pas toujours rose.

Une centaine de personnes ont écouté attentivement, hier, le récit de son expérience auprès des jeunes, qui se veut souvent forte en émotions

Liaison, 11 janvier 2007
Dan Bigras, Le rock de l'ange
MARIE FERLAND

C'est avec sa rage et sa poésie légendaires que Dan Bigras est de passage au Centre culturel le 23 janvier. Lors de ce spectacle intitulé Fou, le public sherbrookois pourra renouer avec les débordements musicaux de cet artiste, absent de la scène depuis quelques années.

C'est dans les bars que Dan Bigras fait ses débuts, se démarquant par des interprétations de standards du rock et de classiques du blues. Découvert par Gerry Boulet, il se voit proposer l'enregistrement d'un 45 tours. Ensemble, ils cherchent un auteur qu'ils trouvent en la personne de Michel Rivard. La suite de l'histoire verra naître les pièces «Parle-moi» et «Soleil noir». Et ce n'était que le début…

Dan Bigras au fil des albums

Dès le milieu des années 80, Dan Bigras devient un incontournable du rock québécois et se fait connaître d'un plus large public avec la parution d'un premier album : Ange animal. Deux ans plus tard, l'artiste réalise lui-même Tue-moi, un second opus fortement marqué par sa collaboration avec le romancier Christian Mistral. Avec Tue-moi, Dan Bigras effectue une rentrée fracassante dans le cœur des Québécois; les 80 000 exemplaires écoulés et le Félix de l'album rock de l'année remporté en 1990 en témoignent. En prime, le public découvrira sur cet album une autre voix qui ne tardera pas à sortir de l'ombre : celle de la choriste Luce Dufault.

Les disques suivants confirment le talent de Dan Bigras. Après Les immortelles, un album composé de pièces qu'il adore et qu'écoutait sa mère, il nous offre Le fou du diable puis, en 1998, Le chien. L'album Tout (Bigras 1992/2002) paraît quant à lui en 2003 et regroupe les moments forts de la dernière décennie.

Devant et derrière la caméra

Sortant du sentier battu de la musique, Dan Bigras fait ses débuts à l'écran en 1997, dans le film J'en suis de Claude Fournier, dont il signe également la bande sonore. Il sera par la suite bien présent au petit écran, notamment dans Rivière-des-Jérémie, Le dernier chapitre, puis dans Tag. En février 2002, le documentaire Le ring intérieur prend l'affiche sur de nombreux écrans québécois. Il s'agit du premier film que Dan Bigras signe à titre de réalisateur.

Celui qui a consacré les dernières années à la scénarisation et à la réalisation de son premier long métrage de fiction, La rage de l'ange, est de retour sur scène avec le spectacle inspiré de son album Fou. Retrouvez intacte la puissance vocale d'un artiste intègre.

Dan Bigras se dit «très inquiet»
Le Refuge des jeunes aide chaque année plus de 600 adolescents démunis.
Ariane Lacoursière, La Presse

Le porte-parole du Refuge des jeunes, le chanteur Dan Bigras, se dit «très inquiet» du déménagement possible de l'organisme et déplore qu'on ne l'ait pas informé avant de cette éventualité.
Le Refuge des jeunes, qui aide chaque année plus de 600 adolescents démunis de la métropole, risque l'expulsion depuis que l'église Saint-Louis-de-France, où sont situés ses locaux, a été vendue au début du mois.
L'Église évangélique Restauration a acheté l'immeuble, situé au coin des rues Berri et Roy, dans le Plateau-Mont-Royal, pour 1,3 million. Mais le président de l'Église, Byron Quevedo, n'annoncera que la semaine prochaine ce qu'il adviendra du Refuge des jeunes.
«On nous garantit que la semaine prochaine on saura ce qu'il adviendra de nous, affirme la directrice générale du Refuge, France Labelle. Mais en attendant, on est laissés dans le noir.»

L'église Saint-Louis-de-France n'attirait plus les fidèles depuis quelque temps; c'est pourquoi il a fallu la vendre. L'Église évangélique Restauration, qui cherchait à quitter ses locaux trop étroits du quartier Villeray, l'a donc achetée.
Pour Dan Bigras, il est étonnant que le clergé de Montréal n'ait pas informé le Refuge des jeunes de la transaction. «Je ne comprends pas ce silence. On a fait comme si le Refuge n'existait pas», dénonce-t-il.
Comme l'a écrit Le Devoir hier, M. Quevedo n'a pas encore déclaré officiellement ses intentions par rapport au Refuge des jeunes. Par la voix de son fils, le nouveau propriétaire a indiqué que la survie de l'organisme n'était pas menacée dans l'immédiat mais que l'Église évangélique Restauration, qui compte déjà 400 fidèles, est en pleine expansion.
Dan Bigras n'est pas optimiste. «D'après moi, l'Église aura besoin de tous les locaux... On est très inquiets. Déménager une organisation comme le Refuge des jeunes prend du temps», dit-il.
Le Refuge des jeunes occupe le sous-sol du bâtiment depuis 1989, et son bail est valide pour encore deux ans. Il pourra donc rester dans ses locaux jusqu'en octobre 2011. Mais Mme Labelle a hâte d'être fixée sur son avenir.
En attendant, elle ne veut pas alerter ses jeunes clients, qui sont aux prises avec des problèmes divers, dont la toxicomanie. «On va attendre la réponse des nouveaux propriétaires, dit Mme Labelle. Mais si on nous expulse, je vais remuer ciel et terre pour nous réinstaller rapidement.»

Quand Dan Bigras parle de suicide, on écoute
 par Patrick Voyer
Quelques extraits de la conférence...
Quand Dan Bigras parle de suicide, on écoute
Dan Bigras jase de misère, de souffrance et de détresse comme d'autres argumentent sur les performances du Canadien. Et lui, ça marche.
Près de 800 personnes sont venues ingurgiter d'une façon différente, mardi soir à la salle Odyssée, le contrepoison que les centres de prévention du suicide tentent d'inoculer à la population à chaque mois de mars. Il faut croire que les mots d'un seul Dan Bigras se fraient un chemin plus facilement dans le subconscient des gens que 2000 affiches de sensibilisation ou que n'importe quel slogan préfabriqué style "Gardez confiance, tout finira par s'arranger". Près de 800 personnes ont écouté le conférencier, invité par le Centre 24/7, présenter les gens qui ont forgé son parcours et l'ont sauvé de la déchéance. De l'alcoolisme et de l'isolement.
Dan Bigras intitule sa conférence "Ceux qui partent de loin", notamment en l'honneur de tous les jeunes qu'il côtoie avec son meilleur ami, Ali, fondateur de l'OSBL "Ali et les princes de la rue". Un endroit où les jeunes voués à l'échec, de prime abord, sont parfois sauvés grâce aux cours d'arts martiaux offerts par Ali et Dan Bigras. L'artiste y passe beaucoup de temps, en plus des heures qu'il consacre au Refuge, sa deuxième maison.
Mais il se défend bien d'être le Père Noël. «Je ne suis pas un sauveur d'enfants. Je fais partie d'une grosse gang qui entoure l'enfant et qui lui donne des outils, et là, il va se sauver…» À travers un frappant récit où il enchaîne l'histoire de Claude, un ami baraqué d'Ali qui semblait fort mais "qui s'est sacré en bas du 10e étage", celle de son ami français si courageux dans la maladie, celle des soldats qui se tirent une balle sur le champ de bataille parce qu'ils n'en peuvent plus, celle d'enfants qui ne cherchent qu'un peu d'attention et de chaleur humaine (souvent en bagarre amicale) pour s'ouvrir. «Ce qui m'impressionne, c'est pas les cicatrices qu'ils ont sur les bras mais la peine qu'ils ont endurée. Ce sont des êtres extraordinaires. Moi, si j'avais traversé le quart de ça…»
La clé de la renaissance est de ne pas être une victime. Que l'on ait été jeté à la rue, agressé sexuellement ou qu'on ait tout perdu. «Il faut reprendre le contrôle et être capable de reparler de violence et de sexe sans problème.» Le grand gaillard y croit. Il donne l'exemple des boxeurs, qui s'entraînent chacun dans leur coin afin de combattre l'autre. Rendus dans le ring, ils sont prêts à affronter leurs craintes et à faire face à la vie. «Et à la fin, ils s'embrassent parce qu'ils respectent la peur de l'autre qu'ils ont eue aussi.»
Redistribution de la richesse
Dan Bigras est persuadé que le mal de vivre n'est pas seulement une malchance; le cadre social influence ce cercle vicieux. D'ailleurs, questionné sur les "performances" du premier ministre Stephen Harper, Dan Bigras n'a pas manqué de se vider le cœur, avant de préciser qu'on a les gouvernements qu'on élit… «Harper est rien d'autre qu'un lobbyiste membre d'un gouvernement corrompu, qui s'est fait élire par le pouvoir de l'argent. Ce n'est pas un "bougon", c'est un criminel. Aux États-Unis, M. Bush est aussi un très grand criminel pour moi. Les Américains s'en sont rendu compte après que ses amis aient pillé et plongé la planète dans une crise incroyable.»
À son avis, il est possible de remettre la balance à un niveau où les riches seront les victimes économiques des pauvres, dans une démocratie qui recommencerait à respirer. Mais ce n'est pas en dépensant 250 millions $ "dans une guerre qui ne nous concerne pas" et en encourageant de grandes compagnies pétrolière aux profits faramineux qu'on y arrivera. C'est en injectant ces millions $ qui servent à faire le mal dans des domaines qui font le bien. «Comme dans les écoles pour avoir des classes de 15 élèves au lieu de 35, financer les organismes communautaires… La démocratie, c'est 50 + 1. Je vous garantis que si on était 50 +1 ici à être en chaise roulante, y'aurait des sacrements de rampes d'accès partout. C'est comme ça que ça marche.»
 
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