Michel Chartrand
(1916-2010)
"Citations"
* «†On va se battre avec tous les protestataires, tous les contestataires et tous les révolutionnaires†».

* «†Il est et restera le symbole d'un peuple qui n'a jamais accepté de fermer sa gueule...†»

* En s'adressant à un policier qui l'avait dans sa mire de fusil†: «†Arrête de 'shaker'
tu vas me manquer, crisse†».

Michel Chartrand s'éteint

Mise à jour le mercredi 14 avril 2010 à 15 h 33
Le syndicaliste québécois Michel Chartrand s'est éteint, lundi soir, à Montréal, à l'âge de 93†ans. Il souffrait du cancer.
Le grand syndicaliste a marqué plusieurs décennies de l'histoire syndicale et sociale du Québec. Tout au long de sa vie, Michel Chartrand s'est démarqué par son engagement et son franc-parler, qui ont fait de lui un des militants les plus connus du Québec.
Durant la Deuxième Guerre mondiale, il s'est opposé à la conscription, puis il s'est engagé dans le syndicalisme et la politique. Nationaliste, il s'est engagé dans différentes formations politiques. Il a notamment été chef du Parti social-démocratique du Québec et a fondé le Parti socialiste du Québec.
Il a passé la majorité de sa vie active au sein de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) à se battre pour les droits des travailleurs. Michel Chartrand a formé un couple célèbre avec Simonne Monet, aussi militante marquante de l'histoire québécoise, décédée en 1993 des suites d'un cancer.
Le fils de Michel Chartrand, Dominique Chartrand, explique que son père s'est éteint très paisiblement, entouré de ses enfants et petits-enfants.
Selon lui, il était plus souffrant au cours des derniers jours, mais il était auparavant très enjoué et lucide, se tenant toujours au courant de l'actualité. Dominique Chartrand précise que les Québécois ont moins vu son père dans les médias au cours de la dernière décennie en raison d'un problème de surdité.

Réactions et hommages
En fin de matinée, le premier ministre Jean Charest a présenté ses condoléances à la famille.
Il a fait une contribution très importante à l'évolution des droits des travailleurs, et, comme nous tous, j'étais fasciné par le personnage.

ó†Jean Charest
La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a salué le souverainiste de longue date. «†C'était un homme épris de justice sociale. Évidemment, il choquait parfois. Il avait le verbe haut. Ça va nous manquer un peu dans le paysage québécois, mais il restait cependant un homme de très grande culture. C'était un amoureux du pays du Québec†», a indiqué la chef péquiste.
Fernand Foisy, biographe et ami de Michel Chartrand, garde le souvenir d'un homme «†engagé et juste†».
M. Foisy a expliqué que la santé de Michel Chartrand s'était détériorée cet hiver. Il souffrait d'un cancer des reins qui entraînait notamment des problèmes de circulation sanguine.
D'ailleurs, selon Fernand Foisy, dans les derniers moments de sa vie, il avait de la difficulté à se déplacer. «†L'homme actif et de parole se déplaçait beaucoup moins et ne parlait presque plus†», a-t-il précisé.

Derniers adieux à Michel Chartrand

Les funérailles du syndicaliste Michel Chartrand sont présentement célébrées à la cathédrale Saint-Antoine-de-Padoue de Longueuil. Proches, figures marquantes du syndicalisme et simples citoyens sont venus lui rendre un dernier hommage.
Politiciens et artistes ont également été remarqués dans l'église, pleine à craquer. Plusieurs centaines de personnes sont entassées à l'intérieur jusque sur le parvis du temple. Le cercueil a fait son entrée dans la cathédrale vers 10h30. Il repose à l'ombre du drapeau du Québec.
Michel Chartrand est mort lundi soir à 93 ans des suites d'un cancer.

Naissance 20†décembre†1916
Outremont
Décès 12†avril†2010 (à 93 ans)
Nationalité  Canadienne (Québécoise)
Profession(s) Syndicaliste
Autres activités Tribun, ou orateur populaire
Formation Typographe-imprimeur

Michel Chartrand (Outremont le 20†décembre†1916 - 12†avril†2010 était un typographe et imprimeur, surtout connu comme syndicaliste et homme politique québécois. Sa vie est intimement liée à différentes causes sociales qui ont secoué le Québec depuis les années 1940. Il a milité à plusieurs reprises au sein de partis politiques de gauche. Pendant près de sept décennies, Michel Chartrand a été une figure marquante du Québec. Il a symbolisé par son action syndicale, par ce militantisme combatif, l'importance de préserver les valeurs de justice et d'équité dans la société.

Michel Chartrand, syndicaliste (Outremont, Québec,20 décembre 1916 - 13 avril 2010). Treizième enfant d'une famille qui comptera sept garçons et sept filles, Michel Chartrand fait son primaire chez les Clercs de Saint-Viateur à l'Académie Querbes et ses premières années d'études classiques au Collège Jean-de-Brébeuf et comme pensionnaire au Collège de Sainte-Thérèse. À dix-sept ans, il devient moine cistercien à la Trappe d'Oka, qu'il devra quitter deux ans plus tard, pour des raisons de santé.

Tout en suivant des cours de typographie chez les Frères des Écoles chrétiennes, Michel Chartrand travaille bénévolement pour le mouvement Jeunesse indépendante catholique (JIC) et devient secrétaire des Jeunesses patriotes. Il s'oppose cependant à l'appui que ce groupe nationaliste veut donner à Maurice DUPLESSIS aux élections suivantes et joint les rangs de l'Action libérale nationale (ALN). Ce parti vient d'être fondé par Paul Gouin, un dissident de l'Union Nationale, et Michel Chartrand en devient l'organisateur politique en 1938.
Toujours actif au sein de la JIC et des Jeunesse patriotes, il s'inscrit à la Faculté des sciences sociales, économiques et politiques à l'Université de Montréal, suit les cours d'histoire de l'abbé Lionel Groulx et fréquente l'École des Sciences sociales du père Georges-Henri Lévesque. Après un mois d'entraînement militaire en 1941, M.Chartrand sera renvoyé du Canadian Officer Training Corps pour avoir refusé de remplir les formulaires imprimés uniquement en anglais.

Déterminé à travailler pour les causes sociales, il fonde une coopérative de vêtements à bas prix et milite au sein du mouvement coopératif « Maître chez nous ». C'est à ce moment qu'il se lie à Alfred Rouleau (futur président du mouvement Desjardins). Ensemble, ils voyageront au Lac-Saint-Jean pour tenter d'y implanter des coopératives de fabriques de vêtements. Le 17 février 1942, Michel Chartrand épouse Simonne MONET, alors propagandiste pour la Jeunesse étudiante catholique (JEC), avec qui il aura sept enfants.

Alors qu'il travaille comme typographe à l'imprimerie Stella, Michel Chartrand milite activement avec la Ligue de défense du Canada qui s'oppose à la conscription. Il devient membre fondateur du Bloc populaire canadien et organisateur politique de Jean DRAPEAU, le candidat des conscrits. Il sera lui-même candidat de ce parti aux élections du 11 juin 1945.

Le début de la grève des travailleurs de L'AMIANTE à Thetford-Mines et à Asbestos, en 1949, marquera un tournant dans la vie de Michel Chartrand. À l'invitation de représentants de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), il se rend à Asbestos pour parler aux grévistes et s'impliquera dès lors dans le mouvement syndical. Il devient organisateur pour la Fédération nationale du vêtement et agent d'affaires pour le Conseil central de Shawinigan, pour le syndicat de Rubin à Sherbrooke puis pour le Syndicat du commerce.

Intervenant dans la grève des travailleurs de l'Alcan de Shawinigan, dans la mobilisation des travailleurs et travailleuses de la Wabasso, et dans la grève des employé(e)s de Dupuis Frères, Michel Chartrand subit plusieurs arrestations et procès au cours de l'année 1952.

Membre fondateur du Syndicat des permanents de la CTCC, il est élu membre du premier exécutif de ce syndicat qui l'engage comme propagandiste en 1953. Conseiller technique au Conseil central de Shawinigan en 1955, il participe aux nombreuses grèves qui affectent la région, subit sept incarcérations et anime une série de tribunes téléphoniques dans la région de la Mauricie.

Il devient ensuite responsable de l'éducation syndicale pour les Métallos de la FTQ à Rouyn-Noranda. Sollicité par Jean-Paul Geoffroy, Gérard PELLETIER et Pierre E. TRUDEAU, il adhère au parti CCF (Cooperative Commonwealth Federation), formation socialiste dont la présidente de l'aile québécoise est Madame Thérèse Casgrain. À la suite du Congrès national du parti en 1956, le CCF devient au Québec le Parti social-démocrate (PSD) et M. Chartrand en est le chef provincial.

Agent d'affaires au Syndicat des travailleuses et travailleurs du magasin Dupuis et Frères à Montréal, il profite de ses vacances pour aller soutenir les grévistes de la Gaspé Copper Mines (Noranda) membres des MÉTALLURGISTES UNIS D'AMÉRIQUE (FTQ). Il prend parole aux nombreuses assemblées syndicales et fait une série d'émissions radiophoniques à Matane et New-Carlisle mais, cette implication auprès d'un syndicat rival lui vaudra d'être congédié par la CTCC à son retour de Murdochville.

Candidat pour le PSD à Arvida à l'élection fédérale de 1958, il obtient une victoire morale de 7042 voix. Après avoir été une nouvelle fois défait dans une élection partielle au Lac Saint-Jean, Michel Chartrand fonde une imprimerie, Les Presses sociales. Il y publiera des recueils de poésie et des essais de même que la revue Our generation Against Nuclear War, et des conventions collectives de travail.

C'est en 1963 que Michel Chartrand fonde le Parti socialiste du Québec (PSQ), se dissociant du CCF, devenu le Nouveau parti démocratique (NPD), dont il ne partage pas les idées sur la question du Québec et des armes nucléaires. Il imprimera aussi la Revue socialiste et le journal Le Peuple, organe du Parti Socialiste du Québec.

Le combattant syndical
Michel Chartrand revient au syndicalisme en 1968, après dix ans de retrait. Engagé par Florent Audette, le directeur général du syndicat de la construction de Montréal (CSN), il sera responsable de l'éducation syndicale et de la santé et de la sécurité au travail.

Au cours d'une assemblée générale réunissant les délégués du conseil central de Montréal, Michel Chartrand est élu président du Conseil central des syndicats nationaux de Montréal (CCSNM).

L'organisme représente 60,000 membres, affiliés à la CSN. Il est aussi élu président de la Caisse populaire des syndicats nationaux.

Fervent adepte du coopératisme depuis sa jeunesse, M. Chartrand soutient par l'intermédiaire du CCSNM, le journal Québec-Presse, fondé par des militants de groupes syndicaux et coopératifs et participe à l'ouverture du premier supermarché coopératif d'alimentation Cooprix à Montréal.

Comme président du CCSNM, Michel Chartrand a pour objectif de mobiliser les militants, autant du mouvement syndical que des groupes populaires. Il met donc sur pied un service conseil pour l'application de lois à portée sociale concernant l'assurance maladie, l'assistance sociale et les accidents du travail. Le Conseil central de Montréal crée aussi un service d'aide et d'information sur les droits des locataires ce qui initiera le concept du bail type. Michel Chartrand collaborera personnellement à la fondation du FRAP (Front d'action politique) qui se présente comme parti municipal, en opposition au maire Jean Drapeau. Il participe aussi et à la fondation du Front du Québec Français (FQF) et prononce des discours partout au Québec contre le projet de LOI 63 sur la langue.

Le 16 octobre 1970, Michel Chartrand est arrêté aux premières heures de la promulgation de la LOI DES MESURES DE GUERRE, qui fait suite aux enlèvements du conseiller commercial de la Grande-Bretagne, James Richard Cross, et du ministre québécois du travail, Pierre LAPORTE, par le Front de libération du Québec (FLQ). Accusé de sédition, Michel Chartrand est emprisonné avec Charles Gagnon, Jacques Larue-Langlois, Pierre Vallières et Me Robert Lemieux. Les co-détenus se défendent eux-mêmes au cours d'un procès très médiatisé appelé Le Procès des cinq. Libéré le 17 février 1971 après quatre mois de détention, Michel Chartrand fait une tournée à l'invitation des universités canadiennes, de Fredericton à Vancouver, pour expliquer la situation politique au Québec.

En 1972, il participe aux différentes manifestations des employés des services publics du Québec. La grève générale, organisée par le Front commun intersyndical, mènera à l'emprisonnement des chefs syndicaux Marcel Pépin de la CSN, Louis Laberge de la FTQ et Yvon Charbonneau de la Corporation des enseignants du Québec (CEQ). Michel Chartrand fera partie des organisateurs de la grande manifestation du 1er mai qui réunira 30,000 personnes pour demander la libération des trois présidents.

Au 15e congrès annuel du CCSNM, Michel Chartrand fait adopter l'idée d'une participation à l'organisation du Congrès international de solidarité ouvrière qui donnera naissance à l'actuel Centre international de solidarité ouvrière (CISO). Des centaines de délégués du Québec, des pays arabes, de l'Amérique, des Caraïbes et d'Afrique participeront à ce congrès qu'il présidera en juin 1975 à Montréal. Il participe à un nouveau débrayage du Front commun qui sera suivi quelques mois plus tard de la première grève générale au Canada, contre le gel des salaires imposé par le premier ministre Pierre E. Trudeau.

Au congrès de 1978, Michel Chartrand ne se représente pas au poste de président du CCSNM. Il poursuit cependant sa lutte contre le projet de loi 17 sur la santé et la sécurité au travail, s'opposant à Louis Laberge, président de la FTQ et membre du conseil d'administration de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).

En février 1983, Michel Chartrand met sur pied la Fondation pour l'aide aux travailleuses et travailleurs accidentés (FATA). Il défend personnellement les dossiers des accidentés, comme procureur syndical, devant la CSST et la Commission d'appel en matière de lésions professionnelles (CALP).

Invité à donner des conférences par des groupes populaires et syndicaux, autant que par des étudiants et des associations professionnelles, Michel Chartrand milite pour le revenu de citoyenneté garanti. Se présentant comme syndicaliste, militant anti-pauvreté et conférencier, il publie avec Michel Bernard, le Manifeste pour un revenu de citoyenneté (1999).

Son fils Alain Chartrand, cinéaste, lui consacrera un film documentaire Un Homme de parole en 1990. Il retracera par la suite le cheminement de ses illustres parents dans une série télévisée en deux volets : Chartrand et Simonne diffusé en 1999, suivi de Simonne et Chartrand, diffusé en 2003.

Orateur redoutable et d'une grande indépendance d'esprit, Michel Chartrand est reconnu comme un pourfendeur du capitalisme et un fervent ambassadeur de la justice sociale. Héros du contre-pouvoir, ses prises de positions passionnées et très médiatisées ont trouvé un large écho chez les travailleurs, mais aussi chez les collets blancs, les intellectuels et les artistes. Homme intègre, généreux et combatif, il a clamé haut et fort ses principes de liberté et d'égalité,f en refusant tout compromis dans la poursuite de ses idéaux. Il est ainsi devenu un symbole flamboyant de courage et de probité pour plusieurs générations de Québécois.
Auteur DIANE CAILHIER


En 1948 Simonne Monet Chartrand lui donne son cinquième enfant, et l'année suivante il quitte pour la région d'Asbestos pour participer à la grève de l'asbestos des mineurs locaux. Cet évènement s'inscrit dans la période de l'histoire du Québec que l'on a nommée la grande noirceur. Cette période marque un début de la syndicalisation au Québec pour contrer les politiques autoritaires, conservatrices, hautement patronales ainsi que la répression pratiquée par le régime de l'Union nationale de Maurice Duplessis, alors au pouvoir.
En 1950 il devient actif au sein de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, qui deviendra la CSN en 1960. Impliqué dans quelques opérations syndicales en 1953 il devient membre de l'exécutif du CTCC. On le congédie après un conflit interne. Il fait appel et un tribunal, présidé par Pierre Trudeau rend un verdict en sa faveur et le confirme dans ses fonctions à l'exécutif.
En 1954, Michel Chartrand pose sa candidature au poste de secrétaire-général de la CTCC, il sera défait par Jean Marchand En 1956 il se joint au CCF, qui deviendra plus tard le Nouveau Parti démocratique, un parti social-démocrate fédéral, dont la chef québécoise est Thérèse Casgrain. Il est délégué du Québec lors du congrès du parti à Winnipeg, Manitoba. À la suite de cette convention, une branche québécoise du parti est organisée sous le nom de Parti social démocratique du Québec. Chartrand porta l'étendard de ce parti lors des élections de 1956 au Québec.
Chartrand subit un cuisant échec, un avant-goût de ses quelques incursions dans le domaine politique. Son travail syndical l'a placé en tête d'affiche de plusieurs importantes interventions, lors de grèves hautement médiatisées.
Chartrand a tenté de se faire élire à Arvida, au Saguenay, sous la bannière du CCF lors de l'élection fédérale de 1958. Malgré une base syndicale qui lui est acquise, il perd par une marge substantielle.
En 1959, il sollicite encore l'électorat lors d'une élection partielle, dans le comté de Lac St-Jean, où il est encore une fois rejeté par une forte majorité. Sa frustration devient de plus en plus évidente via ses remarques extrémistes. En 1959 le syndicat le force à se retirer du comité exécutif de celui-ci. On l'engage alors à l'imprimerie du CCF, il participe toutefois en tant que délégué au congrès de Winnipeg. En 1970, alors qu'il est au sommet de sa carrière, il aurait fait l'objet de menaces mafieuses.[8]
En 1998, il est candidat du Rassemblement pour l'alternative progressiste (RAP), ancêtre de l'Union des forces progressistes (UFP), à l'élection provinciale dans la même circonscription que le premier ministre du Québec d'alors, Lucien Bouchard. Au «†déficit zéro†» de ce dernier, M. Chartrand répond†: «†pauvreté zéro!†»

Paix et socialisme
En 1960, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, devient la Confédération des syndicats nationaux la CSN. Chartrand prend part à de nombreuses manifestations organisées par le mouvement pour la paix, ainsi que des démonstrations contre le nucléaire. Il est un admirateur de la révolution communiste à Cuba, et de son instigateur Fidel Castro. Il accompagne d'ailleurs un groupe pour une visite de un mois à Cuba en 1963. À son retour il parle de Cuba comme d'un paradis et que cet État devrait être un exemple pour un Québec en devenir. Chartrand participe à la fondation du Parti socialiste du Québec. Il supporte également les mouvements pour la souveraineté du Québec et le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN). Les idéaux socialistes de Chartrand l'ont amené à apporter son support aux Viet Cong lors de la guerre du Viêt-Nam. Cependant, en étant un croyant catholique, Chartrand ne s'identifiera jamais au communisme, préférant le socialisme ou le socialisme chrétien.
En février 1983, il fonde, avec une quarantaine de personnes, la Fondation pour l'aide aux travailleuses et aux travailleurs accidentés (FATA). Par la suite, il sillonne le Québec pour parler de justice sociale, tout comme du traitement réservé aux accidentés du travail.

Radicalisme
En 1968, Chartrand est élu à la présidence du Conseil central des syndicats nationaux de Montréal (affiliés à la CSN) un poste qu'il conserve jusqu'en 1978. Vers la fin des années 1960, en tant que membre du mouvement souverainiste du Québec, il soutient le Front de Libération du Québec (FLQ), en déclarant†: «†Nous allons gagner parce qu'il y a plus de gars prêts à tirer sur les membres du parlement, qu'il n'y a de policiers†»[réf.†nécessaire].
En 1970, la Crise d'octobre éclate, et Chartrand est arrêté en vertu de la Loi des mesures de guerre. Il est libéré quatre mois plus tard. Un journaliste lui demande alors s'il a de la sympathie pour la famille du diplomate britannique James Richard Cross enlevé par le FLQ. Il répond qu'il n'a pas plus de sympathie pour elle que pour les milliers d'épouses de travailleurs québécois sans emploi. Même après le meurtre du ministre Pierre Laporte, il garde ses convictions.


 

Simonne et Chartrand
Il est l'époux de la militante Simonne Monet décédée le 18 janvier 1993 et le père du cinéaste Alain Chartrand. Ce fils lui consacre un film documentaire Un Homme de parole en 1991 et retrace par la suite le cheminement de ses parents dans une série télévisée en deux volets†: Chartrand et Simonne, diffusé en 1999, suivi de Simonne et Chartrand, diffusé en 2003.


Bibliographie et vidéographie

* Un homme de parole, film documentaire réalisé par Alain Chartrand, produit par l'ONF, 1991
(55 min 53 s)

«†Documentaire sur Michel Chartrand et cinquante ans de vie politique et d'action syndicale au Québec à travers lui. Ayant consacré sa vie à défendre les droits des travailleurs, ce passionné de justice sociale s'y révèle homme de cúur, complexe et généreux, amateur de poésie et de fine cuisine.†»

 Chartrand et Simonne (1999) et
Simonne et Chartrand (2003)†: feuilletons télévisés, réalisés par son fils Alain Chartrand.

Fictions dépeignant les moments forts de la vie de ses parents.

 Fernand Foisy, Michel Chartrand†: la colère du juste, 1968-2003, Lanctôt, 2003, 318†p.
(ISBN 9782894852705) (OCLC 53252839)†.
 Fernand Foisy, Michel Chartrand†: les voies d'un homme de parole, Lanctôt, 1999, 293†p.
(ISBN 9782894851111) (OCLC 48045636).
Biographie s'étendant sur la période de 1916-1967.†
 Fernand Foisy, Michel Chartrand†: les Dires d'un homme de parole, Lanctôt, coll. «†Petite collection Lanctôt†», 2001 (1re†éd. 1997), 354†p. (ISBN 9782894852002) (OCLC 301673802)†
 Fernand Foisy, Sacré Chartrand†!, Lanctôt-Éditeur.
 Patrick Bourgeois, Michel Chartrand†: l'évolution idéologique d'un contestataire québécois†: 1936-2000†: un parcours intellectuel marginal?, Thèse (M.A.). Université Laval, 2001 (OCLC 49178495)†.
Publié le 17 avril 2010



 

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