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«Monsieur
Jazz Montréal» n’est plus. Le célèbre jazzman
montréalais Charles Biddle — Charlie pour les
intimes — s’est
éteint à 17h45 dans sa résidence de la Petite-Bourgogne
entouré de sa famille. Depuis
plusieurs années,
le complice musical d’Oscar Peterson et de Charlie Parker, âgé
de 76 ans, luttait contre
un cancer.
Charles Biddle est né
en 1926 à Philadelphie (Pennsylvanie), où il vécut
jusqu’à l’âge de 16 ans. Très tôt, il
joue du piano, mais
ses doigts trops larges pour le clavier l’empêchent de poursuivre.
C’est donc par défaut
qu’il se met à
la contrebasse. Après la mort de sa mère, il travaille dans
des friperies pour subvenir aux
besoins de sa famille
puis part faire son service militaire dans les CPI de l’armée américaine.
Son service
terminé, Charles Biddle décide de poursuivre des études
universitaires à la Faculté de musique de
l’Université Temple et à l’École de musique de Salacandro.
Ce n’est qu’en
1948 que Charles Biddle émigre au Canada avec son groupe de musiciens,
dégoûté par le
racisme
endémique aux États-Unis. Il s’établit dans les quartiers
juifs de Montréal. Homme cultivé,
curieux, ayant une
formation de musicien classique, il se fait offrir très tôt,
après son arrivée, une place
au sein de l’orchestre
symphonique de Sherbrooke que dirige à cette époque Sylvio
Lacharité. Il occupera
cette place pendant
plusieurs années, et en même temps, il sera contrebasiste
à la Société orchestrale de
Montréal que dirige alors Joseph Berliosky.
Sa carrière
dans le jazz prend son envol au moment où il se fait offrir des
contrats avec Bennie Goldson,
Pepper Adams et Thad
Jones. Il cohabite même avec le saxophoniste Charlie Parker dans
son appartement
de la
rue Dorchester. Il se joint aussi à quelques figures mythiques du
jazz dont Art Farmer, Jimmy
Heath et Oscar
Peterson. On le retrouve alors au début des années 50 au
Top Hat, au Montmartre, à
Chez Paris, au El
Morocco et au Rock Head’s Paradise Café (lequel était localisé
près de l’actuel Centre
Molson).
En 1957, il épouse
Constance Marchand, une québécoise, qui aujourd’hui encore,
partage tous ses combats
et avec laquelle il a eu quatre enfants. Charles Biddle et sa famille déménagent
ensuite dans les
Laurentides
où il organise plusieurs concerts et ouvre le café Uncle
Charlie’s. En 1979, il inaugure le
Biddle’s Jazz Restaurant
and Bar. Situé sur la rue Aylmer à Montréal, cet endroit
est connu comme étant
le centre d’attraction du jazz à Montréal.
Par son engagement auprès des jeunes artistes, pour son combat contre
le racisme, Charles Biddles,
promoteur du jazz
et mentor des jeunes artistes de toutes les communautés, est un
homme que toute la
société
québécoise honore et respecte. Il a à sont crédit
des centaines de concerts-bénéfices. Il a joué
pour Nelson Mandela et
la Reine Élizabeth, et participe encore à plusieurs festivals
de jazz internationaux.
Pour Charles
Biddle, le jazz, c’est un mode d’expression : «Le seul moment où
je me sens véritablement
libre, nous dit-il,
c’est lorsque je joue».
Devenu citoyen canadien
en 2000, ce Québécois d’adoption, qui a toujours salué
l’accueil et la tolérance des
gens de ce
pays, n’a jamais dans sa carrière envisagé prendre sa retraite.
«On ne se retire pas de la
musique, disait-il.
Dieu vous donne un don pour la musique, alors, tant que vous pouvez jouer,
vous jouez.»
Ce texte est tiré
de la Table de concertation du Mois de l’Histoire des Noirs.
Le pionnier du jazz montréalais
Charlie Biddle est devenu dimanche membre de l'Ordre du Canada. La distinction
lui a été remise à sa résidence de Montréal,
le musicien étant trop malade pour se déplacer.
Samedi, le musicien, âgé
de 76 ans, avait reçu le prix Calixa Lavallée de la Société
Saint-Jean-Baptiste. Ce prix, qui honore les grands de la musique au Québec,
lui a été remis en présence du premier ministre, Bernard
Landry.
.
Charlie Biddle (archive)
.Parti de Philadelphie
en 1948, après avoir participé à la Deuxième
Guerre mondiale dans une armée américaine ségrégationnée,
Charlie Biddle avait choisi de s'établir au Canada. Il a fait de
Montréal une ville de jazz et fut le premier à avoir organisé
un festival de trois jours, qui a pavé la voie au Festival de jazz
de Montréal.
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