"Gilles Carles"

né le  31 juillet 1928

décédé le 28 novembre 2009


Biographie

Gilles Carles est décédé

Le réalisateur québécois Gilles Carle, à qui on doit notamment La vie heureuse de Léopold Z, La vraie nature de Bernadette et bien d'autres films marquants du patrimoine québécois, est décédé à Granby. Atteint de la maladie de Parkinson depuis 1991, et hospitalisé depuis un mois, Gilles Carle s'est éteint la nuit dernière. Il était âge de 81 ans.

Il a reçu en 1990 le prix Albert-Tessier, la plus haute distinction accordée par Québec dans le domaine des arts, ainsi qu'une rosette de la Légion d'Honneur française en 1995. On lui a décerné la Palme d'Or du court métrage du Festival de Cannes en 1989.

Sa filmographique comprend également : La tête de Normande Saint-Onge, Le viol d'une jeune fille douce, Les mâles, Les Plouffe, La mort d'un bûcheron et Maria Chapdeleine.

Dans les années 90, il a signé les longs métrages La postière et Pudding chômeur.
 

Le cinéaste québécois et conjoint de la chanteuse Chloé Sainte-Marie, Gilles Carle, est décédé hier soir. La nouvelle, annoncée sur le compte «Twitter» de sa fille un peu plus tôt, a été confirmé par les médias. Ce monument de la culture québécoise combattait la maladie de Parkinson depuis de nombreuses années déjà. On avait récemment inauguré à Saint-Paul-d’Abbotsford La Maison Gilles Carles, qui vient en aide aux personnes en perte d’autonomie. 
 
 

Chloé Sainte-Marie avait voulu la cérémonie sereine, sauf que, dans un décor religieux si imposant, les funérailles nationales de Gilles Carle, conservaient un côté solennel.

Bien avant le début de la cérémonie, la basilique Notre-Dame était pleine à craquer. Le milieu du cinéma, de la politique, les admirateurs aussi venaient dire adieu à Gilles Carle, plusieurs en s'essuyant les yeux.
Puis le silence s'est fait. Dans l'allée, le cercueil montait, porté par les frères Donald et

Daniel Pilon, Yvon Barrette, Yvon Allaire, René Blouin, Micheline Lanctôt, Raymond Cloutier, Anne Létourneau. À la fois ses créatures et ses vieux amis, émergeant de ses films, quelques décennies plus tard, l'accompagnaient au tombeau.

Lumineuse, Chloé Sainte-Marie, la compagne des vingt-sept dernières années, suivait, et les enfants de Gilles Carle, cette garde rapprochée qui l'aura assisté jusqu'à son dernier souffle dans la longue descente de la maladie de Parkinson.

Chloé avait voulu la cérémonie sereine, presque festive, sauf que, dans ce décor religieux si imposant et fastueux, sous les accents du Quatuor à cordes Molinari, les funérailles nationales de Gilles Carle, animées par Jacques Lacoursière, conservaient un côté solennel. Pas de messe, mais des relents de rituel, et les rosaces bleues pour recueillir les voeux.

Beaucoup d'accent fut mis sur les dix dernières années, avec le courageux combat du cinéaste, mais aussi sur celui de Chloé Sainte-Marie, qui avait impressionné tout le monde par son dévouement. Elle reçut également son poids d'hommages.

Plusieurs se sont relayés au micro; le premier ministre Jean Charest saluant en lui le père du cinéma québécois, mais aussi le fondateur du Québec moderne, à l'heure où sa société se défaisait de ses dogmes. De Charles Binamé à Bruno Roy, de Gilles Landry à Romeo Saganash, ils ont salué le pionnier et l'artiste.

Son amour de la beauté, son humour, sa culture, la liberté de Gilles Carle furent mis en lumière par un concert de voix. Et la présence autochtone très marquée a contribué à donner un parfum de poésie à la cérémonie. Joséphine Bacon, après quelques phrases en innu, dit de fort belles choses, dont: «Chloé t'a porté sur ses épaules jusqu'au dernier campement. Une terre où il n'y a pas de douleur. Il n'y a pas de chagrin...»

Quand Chloé chanta, ce fut un moment merveilleux, lorsque les interprètes des films de Gilles sont montés en avant aussi. Ils étaient tous là, dont Carole Laure accourue de Paris. Des extraits de ses films furent présentés. Il était presque là.

Scène apparemment sortie d'une comédie de Gilles Carle, et dont le cinéaste se serait délecté: la sortie du sculpteur Armand Vaillancourt (qui n'en manque pas une), venu au micro demander une enquête sur le crime organisé, réclamer l'indépendance du Québec et la liberté d'expression dans sa totalité.

Non, le cinéaste n'aurait pas désavoué ce couac savoureux...
 



 

 
Gilles Carle
Naissance 31 juillet 1928
Maniwaki
 Québec
Nationalité(s)  Canadien
Décès 28 novembre 2009 (81 ans)
Centre hospitalier de Granby
Profession(s) réalisateur
scénariste
monteur
producteur
Film(s) notable(s) La Vie heureuse de Léopold Z.
Les Mâles
La Vraie Nature de Bernadette
La Mort d'un bûcheron
Les Plouffe

Gilles Carle était un réalisateur, scénariste, monteur et producteur québécois né le 31 juillet 1928 à Maniwaki (Canada) et mort le 28 novembre 2009 au Centre hospitalier de Granby, alors résident de Saint-Paul d'Abbotsford.

Élevé à Rouyn-Noranda en Abitibi-Témiscamingue, il déménage à 16 ans à Montréal pour étudier le dessin à l'École des beaux-arts puis à l'École des arts graphiques de Montréal. Après avoir étudié en Lettres à l'Université de Montréal, il participe dans les années cinquante à la création de la maison d'édition l'Hexagone qui publie notamment à l'époque les œuvres de poètes comme Gaston Miron. Puis il travaille comme graphiste à Radio-Canada à partir de 1955, et joint ensuite l'Office National du Film du Canada (ONF), en 1960, où il est d'abord documentaliste, puis scénariste avant de réaliser plusieurs documentaires dont Percé on the Rocks en 1964. En 1965, il y signe son premier long-métrage de fiction (d'environ 75 minutes), La Vie heureuse de Léopold Z., alors qu'on ne l'avait autorisé qu'à réaliser un simple documentaire (d'environ 15 ou 20 minutes) portant sur l'enlèvement de la neige à Montréal.

En 1966, semoncé par son employeur pour avoir transformé en long métrage ce projet de documentaire, il quitte l'ONF pour les Productions Onyx avec lesquelles il scénarise et réalise Le Viol d'une jeune fille douce (en 1968), Red (en 1970) et Les Mâles (en 1971). Puis, avec Pierre Lamy, il fonde les Productions Carl-Lamy au début des années 70 et réalise au cours de cette décennie La Vraie Nature de Bernadette (en 1972), La Mort d'un bûcheron (en 1973) et La Tête de Normande St-Onge (en 1976). Au cours des années 80 il adapte deux classiques de la littérature québécoise au grand écran, Les Plouffe (en 1981) et Maria Chapdelaine (en 1983). Gilles Carle réalise ses derniers longs-métrage de fiction aux cours des années 1990, avant que la maladie ne le réduise à des travaux plus solitaires, d'écriture et d'arts plastiques, puis à l'inaction totale.

Doué pour la scénarisation et la création de personnages complexes mais authentiques, fidèles à leurs réalités culturelles, l'œuvre de Gilles Carle est celle du conte, de la fantaisie, de la fable sociale amusée. Plusieurs interprètes reviennent en récurrence dans son œuvre, comme Carole Laure, Willie Lamothe, Daniel Pilon, sans oublier Donald Pilon puis Chloé Sainte-Marie.

Depuis 1991, il est atteint de la maladie de Parkinson, une maladie dégénérative, qui paralyse peu à peu ses mouvements et le rend inapte à marcher, puis à parler. Sa compagne, Chloé Sainte-Marie, s'occupe de lui (avec l'aide de préposés) et se démène activement auprès des gouvernements canadien et québécois pour qu'ils viennent en aide financièrement aux aidants naturels... mais elle n'obtient que peu de succès. Gilles Carle, devenu incapable d'ingurgiter et souffrant d'un infarctus et d'une pneumonie, est transporté à l'hôpital, où il meurt après quelques semaines, au petit matin du samedi 28 novembre 2009. Le Québec lui réserve des funérailles nationales, le samedi suivant.


 Biographie
 Enfance et formation
Rouyn-Noranda en 1937

Gilles Carle nait le 31 juillet 1928, de Georges Carle et d'Yvonne Clément, à Maniwaki mais passe la majeure partie de sa petite enfance à Northfield, également en Outaouais. Gilles Carle a grandi dans une famille de 6 enfants, son père est laitier puis mineur et sa mère est institutrice. Gilles Carle serait un « métis algonquin » (de 5e génération : 1 ancêtre sur 32) et « métis montagnais ou huron » (de 8e génération : 1 ancêtre sur 256). En 1935, toute la famille déménage à Rouyn-Noranda en Abitibi, il y vivra jusqu'à l'âge de 16 ans.

Possédant un talent certain pour les arts graphiques, il s'inscrit à École des beaux-arts de Montréal en dessin commercial et s'installe dans la métropole québécoise en 1945. Parmi ses professeurs on compte Alfred Pellan et Jean Simard. Il subvient principalement à ses besoins en exerçant près de 36 métiers en plus de ses études. Certains des emplois qu'il occupe, tels aide-camionneur, mineur, rédacteur pour un journal publicitaire de l'Association des pâtes et papiers et show boy pour un spectacle de danse, seront évoqués dans ses films. En 1950, après avoir terminé sa formation, il s'inscrit comme auditeur (dispensé des examens) à des cours universitaires : à l'Université de Montréal en Littérature, puis à l'Université McGill en sciences sociales. Il fréquente également l'École Polytechnique, où il étudie la photographie et l'imprimerie. Durant ces études, il écrit des critiques littéraires, de cinéma et de télévision, pour le journal Le Devoir puis L’Écran et Liberté, sous quatre pseudonymes différents. Il joint aussi le groupuscule formé autour du poète Gaston Miron qui sera à l'origine de la création des éditions de l'Hexagone en 1953. De 1951 à 1954, il quitte Montréal pour Québec (ville), où il pratique les métiers de caricaturiste et d'artiste graphique deux ans avant de devenir assistant directeur et agent de liaison pour une entreprise spécialisées en graphisme.

En 1955, Gilles Carle est engagé comme graphiste à la société Radio-Canada, Il y travaille jusqu'en 1960. C'est Gilles Marcotte, travaillant alors pour l'Office national du film et ancien collègue au journal Le Devoir, qui lui offrira de devenir recherchiste pour un film scientifique produit par cette agence culturelle gouvernementale en 1960 : Le Prix de la science. Il y scénarise également une fiction, Tout l'or du Monde, qui traite de la situation difficile de mineurs de l'Abitibi. Suite à ce film, il reçoit une offre de scénariste à temps plein mais refuse ; au terme de négociation qui s'étalent sur près de 2 ans il parvient à obtenir le poste de réalisateur-scénariste permanent.

Bureau central de l'Office national du film du Canada à Montréal (Édifice Norman McLaren)

Au cours de ses quatre années à l'ONF, Gilles Carle est principalement contraint à tourner des documentaires. En 1961, il signe son premier film : Dimanche d'Amérique, un documentaire sur la communauté italienne de Montréal. La même année, il coréalise avec Louis Portugais Manger. Ensuite, la société d'État lui commande plusieurs courts documentaires comme Patinoire en 1962 ainsi que des reportages sur l'équipe olympique canadienne de natation dans Natation et Patte Mouillée en 1963. Enfin, il scénarise et réalise Un air de famille et Percé on the Rocks en 1964, qui obtient une certaine notoriété. Ce film est tout de suite suivi, la même année, par un court-métrage, la première fiction de sa filmographie : Solange dans nos campagnes. Puisqu'à l'époque il existe des liens étroits entre Radio-Canada et l'ONF, deux sociétés d'État, la plupart de ses documentaires seront projetés au petit écran.

Œuvres de Gilles Carle

Filmographie
Moi, j'me fais mon cinéma (1998)
Épopée en Amérique - Une histoire populaire du Québec (1996-1997)
Pudding chômeur (1996)
L'Honneur des grandes neiges (1994)
Le sang du chasseur (1994)
La Postière (1992)
Miss Moscou (1991)
Montréal off (1991)
Le diable d'Amérique (1990)
L'ONF 50 ans (1989)
Vive Québec! (1988)
La Guêpe (1986)
Cinéma, cinéma (1985)
Ô Picasso (1985)
Le crime d'Ovide Plouffe (1984)
Maria Chapdelaine (1983)
Jouer sa vie (1982)
Les Plouffe (1981)
Fantastica (1980)
L'Âge de la machine (1978)
Lonesome Riders (1978)
L'Ange et la Femme (1977)
A Thousand Moons (1975)
Les chevaux ont-ils des ailes? (1975)
La tête de Normande Saint-Onge (1975)
Les corps célestes (1973)
La mort d'un bûcheron (1973)
La vraie nature de Bernadette (1972)
Les chevaliers (1971)
Un hiver brûlant (1971)
La feuille d'érable (1970-1971)
Les mâles (1970)
Stéréo (1970)
Red (1969)
Le Québec à l'heure de l'Expo (1968)
Le viol d une jeune fille douce (1968)
Jeux de Jérolas (1967)
Place à Olivier Guimond (1966)
La vie heureuse de Léopold Z. (1965)
Percé on the Rocks (1964)
Solange dans nos campagnes (1964)
Natation (1963)
Patte mouillée (1963)
Un air de famille (1963)
Patinoire (1963)
Manger (1961)
Dimanche d'Amérique (1961)
 

Chloé Ste-Marie étend sa générosité
Dimanche, le 31 mai 2009
 
 

Un article intéressant sur cyberpresse.ca où on y parle de Chloé Ste-Marie qui ouvrira d’ici septembre une résidence pour personnes semi-autonomes en Montérégie. 
Elle pourra y accueillir 5 personnes incluant son conjoint, le cinéaste Gilles Carles, dont elle prend soin depuis des années.

J’ai toujours admiré ce côté aidant de Chloé Ste-Marie et je trouve encore plus admirable qu’elle étend sa générosité auprès de d’autres personnes.
Si certains voient ici un coup d’argent, sachez que bien qu’il en coûtera 3 700 $ par mois résider dans cette maison, Mme Ste-Marie affirmait qu’elle sera
tout de même en déficit de 75 000 $ par année.


 
 


Fête de vedettes du mois de novembre

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