"L‘ÉTOILE DE CE MOIS‘‘
‘‘La
Bolduc"
(née
le 4 juin 1894 et décédé le 20 février 1941)
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Biographie
La
Bolduc
Madame
Édouard Bolduc
La
Bolduc[1] (née Mary Rose Anna Travers le 4 juin 1894 à Newport
(Gaspésie), Québec et morte à Montréal le 20 février 1941)[2],[3],[4]
est un auteur-compositeur-interprète québécois. Musicienne
autodidacte, considérée comme la première « chansonnière »
du Québec, elle connaît un succès phénoménal
auprès du public québécois et la consécration
par le biais du disque.
Madame
Bolduc a donné à la chanson québécoise des
années 1920-1930 un vent de fraîcheur: trouver les mots justes
et l'humour nécessaire en plein coeur de la crise économique
des années 1930, en racontant le quotidien des petites gens de la
ville et des campagnes et ce, dans la langue du peuple, tant avec optimisme
(Ça va venir, découragez-vous pas, Nos braves habitants)
qu'avec ironie (Toujours l'R-100, Les médecins).
« Un
lien de profonde identification survient entre un artiste et son public,
lien essentiel à la base de tout succès populaire. »
— Robert
Léger, La chanson québécoise en question", 2003, Éditions
Québec Amérique, p.29-30
Les
auteurs antérieurs ou contemporains à l'oeuvre de Madame
Bolduc (entre autres Roméo Beaudry, Ovila Légaré,
Louis-Joseph Paradis, Paul Gury) écrivaient des textes intéressants
et de bonne facture pour l'époque, mais doivent leur style à
la chansonnette française du moment, quand ce ne sont purement et
simplement des adaptations de chansons américaines. Sa "signature":
les refrains de la plupart de ses chansons sont turlutés et les
interludes musicaux sont ponctués à l'harmonica. La turlute,
jeu de langue qui ponctue les mélodies et leur donne un rythme particulier,
se retrouve dans plusieurs folklores (Irlandais, Écossais).
Les
premières années
Mary
Travers est née au sein d'une famille pauvre et grandit dans une
famille catholique. La famine qui sévit en 1894 laissa des traces
à travers la Gaspésie (Québec) causant ainsi la pauvreté
dans plusieurs familles. Mary était l'une des six enfants de Lawrence
Travers, de souche irlandaise, et d'Adéline Cyr, une québécoise.
Leur maison abritait également les six autres enfants de Lawrence
issus d'un premier mariage.
Le
père de Mary épousa en premières noces Mary-Ann Murray
également Irlandaise avec qui il eut six enfants, tous anglophones.
Mary-Ann décéda peu de temps après l'accouchement
de son dernier enfant. C'est le 26 janvier 1891 qu'il épousa la
mère de Mary, Adéline Cyr. Ensemble, ils eurent plusieurs
enfants: Edmond, Mary, Adéline, Agnès, Joseph-Claire morte
à l'âge de 4 ans et Thomas.
Dans
cette petite maison de campagne, comme dans la plupart des familles, les
enfants allaient à l'école, apprenaient le catéchisme
et aidaient leurs parents à accomplir les tâches domestiques.
Mary, qui avait une grande capacité physique, aidait également
son père à travailler dans la forêt. À travers
ces promenades dans le bois, Mary développa un sens d'observation
unique qu'elle utilisera plus tard dans ses chansons.
Les
villageois isolés de Newport voyagaient rarement et connaissaient
bien peu les grandes villes ou la musique moderne. Lawrence Travers était
le premier et le seul professeur de musique de Mary. Il lui apprit à
jouer des instruments de musique traditionnels que l'on retrouvaient dans
beaucoup de foyers du Québec au tournant du XXe siècle, comme
le violon, l'accordéon, l'harmonica, les cuillères et la
guimbarde. Ils jouaient surtout des airs et des danses de folklore traditionnel
comme les gigues, de mémoire et d'oreille, puisque la famille Travers
ne possèdait ni tourne-disque, ni piano, ni musique en feuille.
Mary
commença à l'âge de 12 ans à jouer dans les
veillées et les mariages du village. Son répertoire se constituait
de mélodies irlandaises provenant du côté paternel
et d'airs folkloriques canadiens-français venant de sa mère,
formant ainsi le style unique qui la rendra célèbre. À
ce moment là, puisqu'elle était plutôt anglophone que
francophone, elle aimait mieux jouer de la musique irlandaise. On la considérait
alors une enfant prodige.
En
1907, elle quitta la Gaspésie pour venir s'installer avec sa demi-soeur,
Mary-Ann à Montréal. À l'âge de 13 ans, elle
devint une bonne pour une famille bourgeoise montréalaise afin de
pouvoir aider ses parents qui vivaient dans la misère. Ce n'est
qu'à l'âge de 16 ans, lorsqu'elle se trouva un emploi dans
une usine, que la situation économique de ses parents commença
à se replacer. De plus en plus, Mary aimait le mode de vie de la
ville et souhaitait faire sa vie à Montréal.
La
vie après le mariage
Les
activités religieuses étaient très importantes pour
Mary. Ces soirées lui permirent de rencontrer Edmond Bolduc, le
frère d'Édouard, son futur époux, qui était
ouvrier dans une usine et qui plus tard devint plombier. Ils s'épousèrent
le 17 août 1914 et Mary prit le nom de Madame Édouard Bolduc.
Ils s'installèrent à Montréal et Mary commença
sa carrière de couturière. Mary eut de la difficulté
avec ses grossesses, mais réussit à avoir deux premiers enfants,
Denise et Lucienne.
Après
un certain temps, lorsque les revenus n'étaient pas très
élevés, la famille décida de déménager
à Springfield, dans l'état du Massachusetts aux États-Unis.
Étant donné que la situation ne s'améliorait pas,
les Bolduc retournèrent à Montréal en 1922. Dans les
quelques années qui suivirent, Mary donna naissance à deux
autres enfants, Réal et Fernande.
Un
avenir prospère
De
retour à Montréal, comme elle était musicienne autodidacte,
Mary recommença à jouer du violon, de l'harmonica, de l'accordéon
et de la guimbarde dans des veillées de musiciens, sans toutefois
envisager une réelle carrière de musicienne. Elle chantait
et accompagnait dans les soirées musicales de la région afin
d'aider sa famille et son époux à passer à travers
la crise mais ne composait pas encore. On lui dit qu'elle était
aussi bonne que l'harmoniciste Henri Lacroix.
Un
jour, Mary apprit que le musicien qui jouait habituellement quelques fois
par année dans les «Veillées du Bon Vieux Temps»
instituées par Conrad Gauthier, était malade. On lui demanda
alors de le remplacer jusqu'à ce qu'il soit mieux. Au début,
elle accompagnait d'autres artistes tels le chanteur Ovila Légaré,
Juliette Petrie et Alfred Montmarquette. C'est d'ailleurs au cours d'une
de ces soirées qu'elle interpréta pour la première
fois Y'a longtemps que je couche par terre. Elle fut grandement appréciée
des auditeurs dans la foule. On lui réserva trois rappels. Elle
est devenue par la suite une invitée régulière de
ces soirées et on réclamait désormais Mme Bolduc pour
ses chansons comiques. Les choses commençaient bien pour Mary, mais
les profits n'étaient pas assez élevés pour nourrir
une famille. Entre temps, elle recommença à faire de la couture.
Elle
commença sa carrière professionnelle en 1927, durant ces
soirées au Monument-National (boulevard Saint-Laurent, à
Montréal). Le 25 novembre 1928, alors âgée de 34 ans,
la dame se rendit de nouveau au Monument-National pour la Sainte-Catherine
où elle participa à une émission de radio au poste
CKAC. Tout se passa bien et Mary retourna chez elle. Un avenir prospère
venait de commencer pour La Bolduc.
La
vie d'artiste célèbre [modifier]
À
partir de ce moment, après l'émission de radio, la vie de
la famille Bolduc passa de la misère à un avenir meilleur.
Les jours qui suivirent l'émission, Mary commença à
répéter sur une base régulière. Elle enregistra
son premier disque en 1929 en accompagnant le chanteur Ovila Légaré.
C'est à ce moment qu'elle écrivit de la musique pour le violon
et l'harmonica. Mary inaugura aussi des soirées musicales en famille.
Les
grandes vedettes de cette époque étaient fort impressionnées
du talent de Mary. La nouvelle se transmit de bouche à oreille et
se rendit jusqu'au responsable de la compagnie de disques Starr où
Mary signa son premier contrat. Le 12 avril de cette même année,
elle se rendit en studio pour enregistrer deux chansons accompagnée
par Médor Levert à la guitare: Y'a longtemps que je couche
par terre une chanson traditionnelle qu'elle chantait souvent et La Gaspésienne,
un reel (Références: David Lonergan, op. cité, discographie
p.200 et Lina Remon & Jean-Pierre Joyal, "Paroles et Musique Madame
Bolduc" Guérin Éditeurs, 19 p.38) .
À
sa sortie dans les magasins, son premier disque n'eut pas de succès.
En effet, le producteur montréalais Roméo Beaudry de Starr
continuera de lui faire confiance malgré des ventes mitigées
jusque là. Mary enregistrera tout de même des airs traditionnels
à l'harmonica, mais aucune chanson (à l'exception de "Quand
on s'est vu" dont la voix masculine reste inconnue à ce jour (Le
collectionneur Michel Picard souligna la possible collaboration chantée
de Roméo Beaudry, directeur artistique chez Starr, auteur,compositeur
et éditeur. Robert Therrien appuie cette théorie.)
Références:
Lina Remon et Jean-Pierre Joyal, op.cit., Robert Therrien "L'histoire de
l'enregistrement sonore au Québec et dans le monde 1878-1950", Les
Presses de l'Université Laval, 2003, p.138-139, Michel Picard, coffret
4CD (op.cit.)
C'est
le 6 décembre 1929 que débute sa grande période de
succès. Sur ce troisième disque (ou quatrième, selon
les sources - voir discographie,) on retrouvait une de ses compositions,
La Cuisinière, qu'elle avait composée en faisant la cuisine
ainsi que Johnny Monfarleau. Chez Archambault Musique sur la rue Ste-Catherine
à Montréal, on faisait la file pour obtenir un exemplaire
du 78 tours. Ils en vendirent 10 000 lors du premier mois.[6] C'est à
partir de ce moment que Mary est devenue rapidement la chanteuse la plus
populaire du Québec, devenant la première femme Québécoise
à gagner sa vie en tant que chanteuse, auteure, compositrice et
interprète de la chanson au Québec.
Après
ce vif succès, Mary décida qu'elle aimerait enregistrer un
nouveau disque à tous les mois ce qui rapporterait beaucoup d'argent
à la famille. Comme à l'habitude, elle composait ses airs
dans la cuisine. Dans ses chansons, Mary s'inspirait du folklore qu'elle
connaissait; on y retrouvait des situations et des personnages comiques
pour faire rire les gens. Elle décida même de turluter - «chanter
sans paroles en répétant un motif sonore sur un rythme rapide
et comme si les sons roulaient dans la gorge, à la façon
d'une rengaine»[7] - dans ses chansons. Ses textes traitaient d'anecdotes
drôles. En pleine crise économique, les gens du peuple appréciaient
beaucoup la musique de La Bolduc.
Sa
fille Denise alors âgée de 13-14 ans accompagna sa mère
au piano. Déjà là, Mary trouva un peu d'inspiration.
À partir de ce moment, Denise accompagna Mary sur ses disques. Son
premier enregistrement avec sa mère eut lieu le 14 mai 1930 avec
les chansons La Morue et Fricassez-vous. Si les airs étaient toujours
puisés dans le répertoire folklorique, la veine créatrice,
elle, prenait place dans le passé et le quotidien de son auteur.
Mary
Travers commença à lire divers articles de journaux comme
source d'inspiration, ce qui lui donna encore plus le goût de composer.
Afin de mieux rejoindre son public, Mary commença également
à composer des paroles qui parlaient aux gens de la réalité
de la société dans laquelle tous vivaient à cette
époque. L'année 1930 est celle où elle enregistra
le plus de disques ainsi qu'une année chargée de projets
tels que des émissions de radio et des soirées dans Les Feux
follets au Monument National où elle joua pour la première
fois un rôle de comédienne. Elle participa également
à la soirée de la Sainte-Catherine.
Les
gens voulaient de plus en plus voir et entendre Madame Édouard Bolduc
sur scène. Jusqu'à ce jour, Mary n'avait jamais chanté
ses mélodies en spectacle autre que sur disque ou à la radio.
«Les Soirées du Bon Vieux Temps» étaient les
derniers concerts qu'elle avait donnés en public. Le 25 novembre
1930, elle accepta avec joie l'offre qu'elle reçut pour chanter
lors d'un bal masqué à Lachute. La soirée du spectacle
arriva et Mary fut très bien accueillie par le public qui connaissait
pratiquement toutes les paroles de ses chansons. Contente de son expérience,
Mary décida de continuer à chanter ses airs sur scène.
Au
fur et à mesure que les années passaient, La Bolduc devenait
de plus en plus populaire et vendait énormément de disques.
Si nous regardons le fil sa vie, elle changea complètement. Mary
passa de la pauvreté au succès et à la richesse. Elle
aimait s'occuper de sa famille, composer de nouveaux airs et faire des
émissions de radio.
Après
son apparition sur scène à Lachute, elle reçut plusieurs
autres propositions qu'elle refusa jusqu'à ce qu'elle en ait une
du Théâtre Arlequin à Québec du 15 au 21 mars
1931. À partir de ce moment, Mary fit partie d'une troupe comique
dirigée par Juliette d'Argère connue sous le nom de Caroline.
Le succès et les ventes continuèrent à augmenter.
La Bolduc était maintenant femme de carrière. On dit qu'elle
«devient l'idole de tous les démunis, de toutes les victimes
de la crise, de tous ceux qui triment dur dans les usines pour des salaires
de famine, de toutes celles qui élèvent une trâlée
d'enfants dans des conditions misérables.»
En
1931, Mary avait besoin de temps pour elle-même. Elle déménagea
donc avec sa famille à Newport, Baie des Chaleurs, son lieu de naissance.
Ils revinrent à Montréal à la fin de cette même
année. Mary continua à enregistrer des chansons et à
organiser des tournées de spectacles.
En
1932, les choses changèrent un peu pour La Bolduc. Elle ajouta des
chansons anglaises à son répertoire, mais n'eut pas grand
succès. Plus tard, le 2 juillet, elle montra à ses enfants
le studio où elle enregistrait ses disques depuis les dernières
années. Avec leur mère, ils chantèrent En revenant
des foins, Les conducteurs de chars et Les vacances. Ce fut son dernier
disque avant 1935 en raison des baisses de ventes sur les marchés
américain et canadien affectant ainsi toutes les grandes vedettes
de cette époque. À partir de ce moment-là, puisque
Édouard n'avait pas d'emploi stable, La Bolduc entreprit d'importantes
tournées au Québec avec Jean Grimaldi parce que l'argent
devait continuer à entrer.
Les
grandes tournées
Mary
se remit à offrir des soirées de spectacle. Pendant ce temps,
elle rassembla une équipe pour les prochaines tournées, la
Troupe du Bon Vieux Temps: Armand Lacroix, comédien connu sous le
nom de Boniface, le chanteur Jean Grimaldi et sa fille Denise comme pianiste,
chanteuse et comédienne. Elle embaucha Jean Grimaldi comme directeur.
Leurs concerts comprenaient du vaudeville et du folklore.
Les
premières tournées furent dans les alentours de Montréal.
Les spectacles composés de trois numéros comiques étaient
présentés dans les églises ou dans les cinémas.
Ces petites tournées réussies donnèrent beaucoup d'espoir
à La Bolduc. Le 20 décembre 1932, elle présenta sur
scène ses enfants, Réal et Fernande, avec qui la troupe fit
un concert de musique folklorique. Pendant ces années, La Bolduc
commença à composer des chansons sur demande.
En
1934, Mary et Henri Rollin, également chanteur et remplaçant
de Jean Grimaldi, formèrent une nouvelle troupe pour une tournée
en Nouvelle-Angleterre. Ceux-ci rassemblèrent le comédien,
le chanteur et le pianiste Paul Foucrault, la comédienne Marcelle
Briand, le violoniste Philippe Bouchard, l'accordéoniste Albertine
Villeneuve et comme dans les autres groupes, sa fille Denise, qui encore
une fois jouait du piano, chantait et faisait de la comédie. Cette
fois-ci, les spectacles regroupaient surtout du folklore avec un peu de
vaudeville vers la fin des concerts.
L'année
1935 relança la production de disques pour Mary. La compagnie Starr
lui demanda d'enregistrer son seul disque au début de l'année
1935. Elle composa une chanson sur les jumelles Dionne et une autre sur
la Gaspésie: Les cinq jumelles et La Gaspésienne pure laine.
Après trois ans sans avoir écrit de chansons, Mary reprit
le goût de composer. Elle s'inspira des articles qu'elle lisait dans
les journaux.
Cette
même année, de nouveau avec Jean Grimaldi, elle planifia une
grande tournée dans le nord du Québec et dans le nord de
l'Ontario, aussi loin que Kapuskasing. Cette fois, le groupe était
composé d'Armand Lacroix ainsi que Simone Roberval et Éliza
Garreau comme comédiennes et chanteuses et Philippe Bouchard. Le
vaudeville et les chansons faisaient toujours partie des concerts.
L'année
suivante, en 1936, La Bolduc enregistra quatre nouveaux disques dont une
des chansons, Les colons canadiens, parle de sa tournée dans le
grand nord ontarien. Au printemps 1936, La Bolduc décida de repartir
en tournée en Nouvelle-Angleterre. Au mois de juin de cette même
année, Mary et Grimaldi rassemblèrent la troupe et retournèrent
dans le nord avec Tizoune fils (Olivier Guimond), Manda Parent, André
Carmel, Colette Ferrier et Denise Bolduc.
En
1937, un nouveau groupe se forma avec Henri Rollin: Armand Lacroix, Simone
Roberval, Guy Robert, Juliette Sylvain et Denise Bolduc, plus tard remplacée
par Marcel Grondin. Cette fois-ci, la troupe se dirigea vers le Bas du
fleuve, la Gaspésie et le Saguenay. Pendant cette tournée,
en route de Rivière-du-Loup à Cap-Chat, ils eurent un accident,
blessant Mary qui fut hospitalisée pour quelques semaines. Pendant
sa convalescence, les médecins découvrirent une tumeur maligne.
À son retour à la maison, Mary ne retrouva plus l'inspiration
pour écrire.
Les
dernières années
Lorsque
La Bolduc se sentit mieux après tous ses traitements de radiation
en 1939, elle recommença à composer quelques airs et participa
à des émissions de radio. Cette année-là, elle
enregistra ses derniers disques. Pendant sa rémission, Jean Grimaldi
l'invita à participer à une autre tournée qu'il organisait
en Nouvelle-Angleterre. Elle accepta volontiers et fit donc partie de la
Troupe de Comédie Canadienne avec Olivier Guimond, père,
Effie Mack, Manda Parent, Florida Roy, Marcel Dequoy, Lionel Parent et
Joseph Caron.
À
son retour, le cancer aggrava l'état de santé de Mary. À
travers tout cela, elle continua à chanter au cours de quelques
spectacles. Elle succomba à la maladie, le 20 février 1941,
à 46 ans.
Mary
Travers fut sans doute la vedette la plus populaire vers la fin des années
20 et 30 au Québec. Elle écrivit plus de 300 chansons (ce
chiffre semble démesuré lorsqu'on compare les chansons enregistrées
par Madame Bolduc qui furent simplement des reprises de chansons folkloriques,
ses propres créations les inédits manuscrits repris par l'interprète
Danielle Martieneau et recensés dans le livre Lina Remon et Jean-Pierre
Joyal, op.cit) inspirées par les traditions folkloriques irlandaises
et québécoises. On la surnommait «la turluteuse du
peuple»[9]. Elle sut plaire à son public pendant la crise
économique. Malgré toute l'évolution de la musique
populaire de cette époque, tout au long de sa carrière de
musicienne, La Bolduc garda le même style de musique dans ses chansons,
la musique folklorique. Il ne faut pas oublier qu'«en l'espace de
deux ans, Mary est passée de femme au foyer à artiste célèbre»[10].
Discographie
1.
12 avril: Y'a longtemps que je couche par terre et La Gaspésienne
2.
13 août: Gendre et belle-mère A - et Quand on s'est vu
3.
6 septembre Jim Crow et Ah Ah Ah (???) D'après Michel Picard, ces
enregistrements
existent
bel et bien, sans le soutien musical de La Bolduc.
On
peut entendre les deux titres sur le site du Gramophone Virtuel op.cit.
4.
22 novembre: Valse Denise et Reel de la goélette
5.6
décembre: La cuisinière et Johnny Monfarleau -1930
6.
18 janvier: La servante et le 15 janvier: Regardez donc mouman
7.
29 janvier: Arthémise marie le bedeau et Tourne ma roulette
8.
11 mars: Le bonhomme et la bonne femme (Trois prises alternatives disponibles
sur le site de la Bibliothèque Nationale du Canada LE GRAMOPHONE
VIRTUEL. Il est fait mention de cette chanson dans le coffret 4CD de Michel
Picard, op.cit.: une matrice serait détruite. Pourtant, il est possible
d'entendre 4282-5 pour la réédition courante, 4247-1 et une
autre matrice du même numéro mais d'une autre interprétation.)
et
Si vous avez une fille qui veut se marier (Pour identifications: ---LE
BONHOMME... , Madame Bolduc se permet un solo d'harmonica supplémentaire
dans une version, une introduction courte et une respiration au milieu
d'une des turlutes dans l'autre. Dans la réédition courante
(CD ou 33 tours), la chanson est linéaire et bien égale.
---SI VOUS AVEZ UNE FILLE... Il est possible d'entendre des prises différentes
de celles énumérées ici. Madame Bolduc a enregistré
deux versions de cette chanson librement empruntée au folklore,
une en FA rééditée en CD à partir de la collection
de Michel Picard 1994, Productions Octogone, coffret de 4 disques, l'autre
en RÉ, deux prises différentes (la première est disponible
sur le site de la Bibliothèque Nationale du Canada LE GRAMOPHONE
VIRTUEL) l'autre est connue depuis l'ère du microsillon (source:
33 tours Carnaval C-505, ou MCA CB 33025 ou différentes rééditions
CD libres de droits d'auteur)
9.
18 mars: Reel comique et Galop des pompiers - (avec Alfred Montmarquette,
accordéon)
10.
23 avril: Le joueur de violon et Ton amour ma Catherine
11.30
avril: Gigue des commères et Fantaisie écossaise (avec Alfred
Montmarquette, accordéon)
12.
14 mai: Fricassez-vous et La morue
13.
30 avril: Reel turluté et le 14 mai: Valse turlutée
14.
20 mai: Clog à Tizef Parent et Reel des barbouillés (avec
Alfred Montmarquette, accordéon)
15.
18 juin: Mon vieux est jaloux et 2 juillet La pitoune - B?
16.
27 juin: Un petit bonhomme avec un nez pointu et Chez ma tante Gervais
17.
15751 (4535-3: 4534-2) 21 août: Toujours l'R-100 et Les maringouins
18.
23 septembre: Ça va venir découragez-vous pas et Fin fin
Bigaouette
19.
27 octobre: La bastringue et Mademoiselle dites-moi donc 4 CD
20.
4 novembre: Les agents d'assurance et Rouge carotte
21.
13 novembre: Le jour de l'an et Le bas de Noël
22.
13 novembre: Dans le temps du jour de l'an et Chapleau fait son Jour de
l'an (musicienne accompagnatrice à l'harmonica. Ovila Légaré
est l'artiste principale. Madame Bolduc se distingue par son jeu d'harmonica.
Elle n'est pas citée sur les étiquettes, peut-être
sur les fiches de studio.
23.
10 décembre: La grocerie du coin et le 12 décembre: Le propriétaire
(Pour
"Le propriétaire", prise ratée 4709-1, publiée en
78 tours en remplacement de matrice; l'épreuve d'impression figure
au nombre des inédits sur le coffret 4 CD, op.cit) (Pour "La Grocerie
du Coin" et pour la seule fois dans sa production discographique, Madame
Bolduc s'offre les services d'un siffleur, M. Sam Garfield. Il est possible
de l'entendre entre autres sur deux 78 tours Starr du chanteur Albert Marier
(adaptations de chansons américaines faites par Roméo Beaudry):
15698 "Parmi les tulipes en fleurs" et "Parade d'amour" (non cité
sur l'étiquette) et 15507 "La chanson du coucou" et "Ayez un bon
sourire et fermez votre parapluie" (cité sur étiquette) -
voir sur le net "Gramophone Virtuel" et site de la Bibliothèque
Nationale du Québec, Catalogue Iris.1931
24.
15 janvier: Fêtons le mardi-gras et Un vieux garçon gêné
25.
3 février: Les filles de campagne et Nos braves habitants
26.
26 mars: Le sauvage du nord et Jean-Baptiste Beaufouette
27.
9 avril: La chanson du bavard et L'ouvrage aux Canadiens
28.
7 juillet: C'est la fille du vieux Roupi et Il va me faire mourir c'gars-là
-
29.
8 juillet: La Côte-Nord et Aux chauffeurs d'automobiles
30.
15 septembre: Ah! C'qu'il est slow Tit Joe et Le commerçant des
rues
31.
8 octobre : Chanson de la bourgeoise et le l8 octobre: Tit Noir a le mal
imaginaire
32.
6 novembre: R'garde donc c'que t'as d'lair et Danse en souliers de boeufs
(J'danse pas la rumba comme à Cuba)
33.
7 novembre: Bien vite c'est le jour de l'an et Voilà le père
Noël qui nous arrive (avec ses enfants: Denise au piano, Lucienne,
Réal et Fernande aux choeurs)
1932
34.
20 janvier: J'ai un bouton sur la langue et Rose cherche à se marier
35.
20 janvier: Les femmes et Quand j'étais chez mon père
36.
6 mai: L'enfant volé chantée par Lucienne Bolduc, sa fille
âgée de 12 ans, et le
5
mai: Si les saucisses pouvaient parler
À
propos de "L'enfant volé": Cette chanson en est une d'actualité,
composée sur l'air de la chanson française "La légende
des flots bleus" (paroles : Raoul Le Peltier / musique: Henri Christiné
et Paul Dalbret, 1907. réf: "Mémoire de la Chanson: 1200
chansons du Moyen-Âge à 1919" réunies par Martin Pénet,
Éditions Omnibus, 2001) - relate l'enlèvement et le meurtre
de l'enfant de l'aviateur Charles Lindbergh. Le texte a souvent été
attribué à Madame Bolduc (y compris sur l'étiquette
du 78 tours). L'utilisation abondante de verbes bien accordés et
d'un vocabulaire riche dans le texte de la chanson détonne avec
sa production habituelle. En tenant compte de sa faible scolarité
(ses filles corrigeaient ses fautes d'orthographe), on peut se demander:
fut-elle aidée à l'écriture de cette chanson, est-ce
un emprunt ou un plagiat? Sûrement plus un emprunt à un parolier
qui a dû publier cette chanson d'actualité dans un des différents
périodiques musicaux du temps, comme "Montréal qui Chante",
"Canada qui chante" ou "Le Passe-temps". Aucun biographe ne soulève
la question.
37.
5 mai: Les policemen et Les Américains
38.
2 juillet: En revenant des foins et Les conducteurs de chars (avec sa famille:
Denise au piano, Lucienne, Réal et Fernande aux choeurs)
39.
2 juillet: Les vacances (avec sa famille: Denise au piano, Lucienne, Réal
et Fernande aux choeurs) et Sans travail
1935
40.
6 mars: Les cinq jumelles et La Gaspésienne pure laine 1936
41.
20 mars: Les colons canadiens et La lune de miel
42.
15 avril: Les pompiers de St-Éloi et Gédéon amateur
43.
27 avril: Arrête donc Mary (avec Jean Grimaldi) et Les médecins
44.
24 août: Les belles-mères (avec Zézé - André
Carmel) et Quand j'ai vingt ans
1939
45.
23 février: Tout le monde a la grippe et Le voleur de poules
46.
23 février: Je m'en vais au marché et Les souffrances de
mon accident
Note:
ces enregistrements seraient parmi ceux que Madame Bolduc aurait enregistré
selon un nouveau procédé inventée aux pires heures
de la crise économique par la firme de disques Starr. Dans le but
d'en "donner pour l'argent du client", la compagnie Compo aurait développé
un disque "Double Longueur" où les titres présents se seraient
retrouvés gravés sur une seule face selon une technique semblable
au microsillon et qui leur confère un son médiocre.
Durant
sa carrière, La Bolduc a enregistré 46 disques (91 titres
à l'exception du 92e titre "L'enfant volé" interprété
par sa fille Lucienne).
Avec
les recherches de Robert Thérien pour le compte de la Bibliothèque
Nationale du Canada (Gramophone Virtuel), plusieurs enregistrements ont
refait surface après des années d'oubli. On entend distinctement
La Bolduc au service d'Ovila Légaré, Eugène Daigneault,
Alfred Montmarquette, tous sous contrat avec Starr, sous la direction artistique
de Roméo Beaudry.
La
plupart des titres de Madame Bolduc des solos avec accompagnement de musique
à bouche, guitare, piano, guimbarde et accordéon. Sa fille
Denise l'accompagnait au piano, Médor Levert à la guitare
et Alfred Montmarquette[11], à l'accordéon. En 1930, elle
enregistra trois disques avec ce dernier: le 18 mars, le 30 avril et le
20 mai. Avec Ovila Légaré, elle enregistra deux disques,
le 27 octobre 1930 et au mois de novembre de la même année
dont on ne connaît pas la date précise. Dans les années
1931 et 1932, elle enregistra également des disques avec sa famille:
le 7 novembre 1931 à l'occasion de la fête de Noël et
le 2 juillet 1932. La première chanson de son trente-sixième
disque, L'enfant volé du 6 mai 1932, est chantée par sa fille
Lucienne. Quelques années plus tard, le 27 avril 1936, elle enregistra
sa chanson Arrête donc Mary avec Jean Grimaldi. Tout son répertoire
tourne autour des styles de chansons et folklore comiques et des chansons
d'actualité ainsi que quelques vieilles chansons, reels et valses.
Certaines d'entre elles, qui traitent des soucis quotidiens des gens ordinaires,
étaient considérées trop osées par les stations
de radio qui ne les passent pas sur les ondes. De plus, grâce à
l'intervention de Robert Therrien auprès de la Bibliothèque
Nationale du Canada], nous connaissons mieux le travail de musicienne et
de choriste de studio de Madame Bolduc. Par sa voix inimitable et son jeu
d'harmonica, elle est aisément identifiable. C'était un pan
important de son oeuvre qui manquait à l'appel.
La
discographie suivante a été établie dans le livre
de David Lonergan "La Bolduc: la vie de Mary Travers" (op.cit.) "à
partir de celle de Jean-Jacques Schira et de Monique Leclerc, complétée
par d'autres sources dont Marie-Blanche Doyon et la collection Bolduc du
Musée de la Gaspésie" Schira, Jean-Jacques, "Les éditions
sonores au Québec (1898-1960), p.79-101 in Robert Giroux, directeur,
"Les aires de la chanson québécoise, Triptyque, Montréal,
1984 213 pages. Les précisions proviennent des notes du coffret
"Madame Bolduc: l'oeuvre complète" publié en 1994 par les
Productions Octogone (OCT-501A-2) sous la direction de Michel Picard -
collectionneur émérite des disques de La Bolduc - et des
notes de Robert Therrien, collectionneur et historien de la chanson québécoise,
collaborateur au site de la Biblitothèque Nationale du Canada "Le
Gramophone Virtuel".
Les
différents accompagnateurs de Madame Bolduc: A = Médart Levert,
guitariste et neveu par alliance de Mary Travers (La Bolduc) B = Denise
Bolduc, pianiste, fille aînée de Madame Bolduc. P = Pianiste
inconnu
Mise
en garde amicale du rédacteur des quatre prochains paragraphes:
Dans les biographies et les fiches de studio disponibles, on peut lire
le nom de Médart Levert comme accompagnateur à la guitare.
Son jeu sobre se reconnaît facilement. Je n'indiquerai qu'avec certitude
la présence de Denise Bolduc sur les disques de sa mère (mention
d'étiquette). J'écris cette partie en souhaitant qu'un musicologue
ou un passionné pertinent puisse appuyer cette explication, cette
hypothèse. Je ne veux pas "briser une légende", aussi belle
et tenace (une famille unie par la musique) ni dénigrer le travail
fort acceptable des enregistrements où figurent Denise auprès
de sa mère, mais certains enregistrements diffèrent beaucoup
dans la façon de jouer le piano. Il est difficile d'admettre, à
trois ans de différence, que le toucher de piano varie autant pour
une personne! (Suffit d'écouter "Les policemen" ou "Aux Chauffeurs
d'automobiles" avec leurs superbes variations pianistiques et, dans un
deuxième temps "Les médecins" ou "La lune de miel" ou l'accompagnement
de Denise, quoique très efficace pour le style Bolduc, s'avère
moins brillant dans l'exécution des chansons mentionnées).
Il est évident que Denise ne comprend pas bien qu'une chanson devient
en mode mineur (dans le cas des Médecins, notamment).
Tenant
compte du fait que Denise était jeune fille au début de la
carrière de sa mère (peut-être était-elle à
l'école lors de certaines sessions de studio?), il n'est pas négligeable
de penser que Madame Bolduc ait eu recours quelquefois aux services de
pianistes de studio (Allan Mc Iver ou Léo Lesieur, par exemple,
à l'emploi de Starr sous la direction de Roméo Beaudry, pour
accompagner tantôt Le Trio Lyrique, Roméo Mousseau ou Ludovic
Huot, dans le cas de Mc Iver, Léo-Paul Bourassa ou Ovila Légaré
dans le cas de Lesieur)
Autre
particularité des enregistrements de Madame Bolduc: Beaucoup de
témoignages (dont ceux de sa fille cadette Fernande) et des photos
nous dévoilent que Madame Bolduc jouait du violon - en virtuose
à ce qu'il paraît. Sa fille Fernande, lors du témoignage
de 1959 (Réal Benoît, op.cit.) signale que Madame Bolduc avait
déjà enregistré des disques de violon avant son succès
"La Cuisinière". Cependant, la plupart des disques instrumentaux
où Madame Bolduc est mentionnée laisse voir un travail d'harmoniciste.
À moins de jouer de l'harmonica avec un harnais semblable à
celui qu'utilisait Bob Dylan, il est impensable de manier un harmonica
et un violon en même temps, tenant compte de la virtuosité
déployée à l'harmonica par Madame Bolduc. Comment
le violon et l'harmonica peuvent être joué par la même
personne?: écoutez "Gendre et Belles-Mères" pour vous faire
votre idée en attendant de trouver une réponse pertinente.
On
l'entend en virtuose - et trop brièvement - jouer de la guimbarde
(appelée au Québec BOMBARDE) dans "Mon vieux est jaloux".
Pour les besoins de la rime, elle nous offre un néologisme du plus
bel effet : "Moi le soir, quand je me couche / c'est de jouer de la bombarlouche!)
et dans certains accompagnements (notamment dans l'enregistrement d'Ovila
Légaré "Pousse-toé Ferdinand" écrite par Roméo
Beaudry, où La Bolduc manie l'harmonica et la guimbarde).
Tous
les disques sont sur Étiquettes Starr (souvent l'appellation GENNETT
revient dans les biographies de La Bolduc: la compagnie a gardé
le nom de la fusion entre les disques Gennett et les pianos Starr. À
compter de 1926, les enregistrements acoustiques font place à l'enregistrement
électrique avec microphone. Sous les étiquettes, Gennett
cède la place à "New Process"jusqu'en 1933, environ. Source:
"En remontant les années / Roll back the year - L'histoire et l'héritage
de l'enregistrement sonore au Canada des débuts à 1930" par
Edward B. Moogk, Bibliothèque Nationale du Canada, 1975 p.89 à
91 et Robert Thérien, op.cit.
Le
numéro de catalogue précède la date d'enregistrement.
Les deux numéros entre parenthèses correspondent au numéro
de matrice des chansons dans l'ordre dans lequel elles sont présentées.
Le chiffre lié par le trait d'union indique quelle prise fut utilisée
lors de la publication des 78 tours. (Source: Michel Picard, op.cit. et
Gramophone Virtuel, op.cit.)
""1929"`
Hommages
Tout
au long de sa carrière, Jeanne-D'Arc Charlebois a perpétué
le style et le répertoire de Madame Bolduc qu'elle a fait connaitre
également en Europe. Elle a présenté de nombreux récitals
de ses chansons, dont un à Montréal en 1984, et a participé
au spectacle «Les turluteries» avec André Gagnon, Diane
Dufresne et Jim Corcoran au Centre National des Arts à Ottawa en
1992.
En
1994, lors du centième anniversaire de sa naissance, le Musée
de la Gaspésie a inauguré une exposition sur La Bolduc. Les
objets furent une gracieuseté de sa fille Fernande. La collection
comprend plusieurs objets personnels que Mary utilisa au cours de sa vie
et de sa carrière de musicienne: accessoires de scène, vêtements,
bijoux, violon, musique à bouche, guimbarde, affiches de spectacles,
contrats d'engagement, coupures de presse, chansons manuscrites, documents
photographiques, disques et plusieurs autres.[12]
Outre
Jeanne d'Arc Charlebois, parmi les nombreux interprètes de Madame
Bolduc, depuis sa mort en 1941, nous retrouvons (liste exhaustive): Dominique
Michel, Marthe Fleurant, le 22e Régiment, Lise Lemieux, Florence,
Réal Béland et Denise Émond (mieux connu sous leur
nom d'artistes "Ti-Gus et Ti-Mousse"), Angèle Arsenault, Normand
Miron, Suzanne Valéry, le groupe Suroît, le groupe La Bottine
Souriante, Monique Jutras, Angèle Poirier, Jacqueline Barrette (qui
l'a incarnée dans le film d'Isabelle Turcotte "Madame la Bolduc"
en 1992) etc.
Anecdote
La
Bolduc est plus connue des Canadiens anglophones en tant que Madame Bolduc.
Venez
vous énergiser au site de "La Bolduc" dite Mary Travers
Inauguré le 24 juin 1994, le Site Mary Travers dite : « La Bolduc » rappelle l'époque caractérisée par deux grandes guerres mondiales, des années de prospérité, une récession, le développement de l'ère industrielle ainsi que la détermination et le dynamisme de cette «femme de Newport», Mary Travers.
À travers une ambiance et une animation typiquement gaspésienne, le site historique Mary Travers dite: « La Bolduc » évoque la vie et l'oeuvre de la première auteure-compositeure-interprète du Québec et du Canada français. Les résidents et certaines clientèles spécialisées renouent avec une partie de leur histoire locale, alors que la clientèle touristique de passage y vit une «tranche de vie et d'émotions» comme le personnage de madame Bolduc a pu la vivre dans les années 30.
Le Site Mary Travers dite : « La Bolduc » est un lieu animé où le visiteur peut prendre contact avec la force et la vitalité de ce personnage et de son époque, et découvrir, dans une ambiance de folklore, les réalités gaspésiennes d'autrefois (vêtements, évènements, chansons).
«
Madame Bolduc vous reçoit », visite de la salle d'exposition
«Vivre en chansons», le thé de Mary, animation, turluttes,
gigue, anecdotes, pièces de théâtre, rien n'est mis
à l'écart pour satisfaire notre clientèle. Toutes
ces activités ont pour effet de charmer et de transmettre à
nos visiteurs l'humour thérapeutique, l'amour des gens et la vigueur
optimiste qui ont consacré Mary Travers comme phénomène
folklorique d'envergure nationale. Le Site Mary Travers dite: « La
Bolduc » reflète la notoriété du personnage
qui l'habite. Vivez un retour dans le passé sur les traces de «
La Bolduc ». Venez vous ressourcer dans ce coin de pays qui l'a tant
inspirée, venez puiser à la source de son village natal,
NEWPORT.
Il
a fallu un bon moral pour traverser la crise des années 1930 dans
les milieux ouvriers. Malgré la dureté des temps, Mary Travers-Bolduc
a osé faire rire les gens simples comme elle, en chantant " sur
tous les tons " les hauts et les bas de la " dépression ".
Son
enfance dans sa Gaspésie natale ne l'a guère habituée
au confort. A la fin du siècle dernier, misère et chômage
sont le lot des familles de la côte, dont plusieurs débarquent
d'Irlande, d'Écosse et d'Angleterre. C'est le cas du grand-père
Travers. Canadienne-française par sa mère et bilingue, Mary
est une enfant robuste, curieuse et vive qui fréquente brièvement
l'école. Elle apprend spontanément à chanter et à
jouer de l'accordéon, du violon et de l'harmonica pour égayer
les veillées de voisins où elle interprète surtout
des reels irlandais, qu'elle entremêle de " turlutes " - sons et
syllabes rythmés - à la mode acadienne. Sans le savoir, par
ces emprunts musicaux qu'elle adapte avec grand naturel, elle pose déjà
les bases folkloriques de la chanson québécoise.
A
13 ans, en 1907, Mary décide de " soulager " sa famille en partant
à Montréal gagner son pain comme domestique. Elle découvre
dans la métropole francophone du Canada un XXe siècle fébrile
et bruyant : le choc du départ et l'expérience de la grande
ville seront plus tard traduits en chansons.
La
campagne, j'ai laissée,
A
Montréal, je suis allée.
Je
vous dis, ç'a pas été long,
J'ai
connu un beau garçon.
Après
quelques années de travail en usine et de petits ménages
pour 15 $ par semaine de 55 heures, Mary épouse, en 1914, Édouard
Bolduc, futur plombier. Dans leur quatre-pièces sans eau chaude,
les naissances se succèdent, et le niveau de vie baisse. La Première
Guerre mondiale est déclenchée. Les légumes frais
sont coûteux, l'eau est douteuse et le lait non pasteurisé;
des maladies infectieuses emportent les jeunes enfants. Pour conjurer le
mauvais sort, les Bolduc déménagent aux deux ans et s'exilent
même un an en Nouvelle-Angleterre pour y chercher du travail.
A
partir de 1924, la situation se stabilise et les quatre enfants survivants
(sur 13 !) grandissent dans un foyer canadien-français comme tant
d'autres. Ménagère discrète, comme il se doit, mais
non pas assagie, Mary surveille avec amusement les mille petits faits du
quotidien des ouvriers, ces traits si justes qui formeront la trame de
ses chansons.
Dans
les ruelles passe Le Commerçant des rues :
Quand
le printemps est arrivé
Il
a commencé à chanter :
"
Venez voir mes échalottes,
seulement
qu'à dix sous la botte. "
La
Grocerie du coin :
Faut
regarder la pesée
Y'a
des fois qu'on se fait jouer,
Pour
tâcher de nous distraire,
Y
nous content une p'tite histoire.
Propriétaires,
agents d'assurances, médecins, conducteurs de chars, " policemen
" et belles-mères n'échappent pas à son coup d'śil
railleur. Elle observe aussi comme les jeunes filles changent : " (...)
les jambes nues, les cheveux courts, les pantalons, On dirait de vrais
garçons. ". Pour ses enfants, elle invente des ritournelles à
demi turlutées, proches des chansons qu'elle est sur le point d'écrire.
En
effet, la carrière de Mme Bolduc, chanteuse populaire, va commencer
par le truchement de joyeuses soirées musicales entre amis gaspésiens.
L'un deux, maître gigueur, participe aux prestigieuses " Veillées
du bon vieux temps ", spectacles folkloriques hebdomadaires que découvre
le couple Bolduc en même temps que les spectacles du burlesque dont
raffolent les années 1920. Stimulée, la musicienne virtuose
qu'est Mary s'impose de plus en plus dans son entourage, et la femme exubérante
en elle aussi, au grand étonnement de son mari. Ce dernier se trouvant
à nouveau acculé au chômage, Mary accepte un jour de
remplacer un violoneux des Veillées. Le public apprécie ses
airs de gigue au violon, à la bombarde et aux cuillères,
et quand un soir elle se risque à chanter un refrain de sa voix
claire, il en redemande !
Aux
côtés d'artistes généreux, Mary Bolduc apprend
vite son métier et compose des mélodies. Son nom est de plus
en plus connu grâce à la diffusion radiophonique des spectacles
et à l'enregistrement sur disques de vedettes telles qu'Ovila Légaré
qu'elle accompagne au violon. L'auteure-compositeure en herbe n'ose à
peine rêver de carrière lorsqu'en 1929, le directeur des disques
Starr lui propose un contrat de cinq " 78 tours ". Ses premiers essais
se distinguent mal des chansons folkloriques traditionnelles diffusées
à la radio. Puis, le 29 octobre, le Krach boursier de New York déclenche
une grande dépression économique. Dans la misère "
noire " qu'elle a déjà apprivoisée, Mary écrit
cette fois les paroles de ses chansons avec des mots faciles et directs.
Elle parle aux gens du peuple des situations pénibles qu'elle connaît,
et qu'ils connaissent, mais - audace pour une femme - sur le mode comique
et dérisoire.
L'authenticité
de La Cuisinière séduit les mères de " grosses " familles
et les ouvriers de manufactures qui préfèrent encore l'espoir
au fatalisme à la mode. A partir de 1930, on lui demande un disque
par mois. Ses présences sur scène se multiplient. A mesure
que le taux de chômage augmente, elle devient la voix du courage.
Elle prolonge maintenant les couplets de son turlutage caractéristique
et s'adresse directement à son public auquel elle s'identifie :
Ça
va venir, ça va venir,
Mais
décourageons-nous pas.
Elle
décrit l'actualité au passage : l'arrivée du ballon
dirigeable R-100, les quintuplées Dionne, le rapt du fils Lindberg,
Roosevelt et son New Deal, Hitler. Elle commente une alimentation qui se
dégrade dans Si les saucisses pouvaient parler. Ayant de plus en
plus d'assurance, elle prend parti face aux gouvernements du Québec
et du Canada, dénonce la pauvreté et le chômage, prône
le respect de la tradition et du travail. Face à la condition féminine,
toutefois, ses positions sont plus réservées. Elle revendique
pour les femmes plus de liberté, mais elle ajoute :
Pour
qu'un ménage s'accorde,
C'est
bien des précautions.
Que
la femme porte la robe,
Et
l'homme, les pantalons.
Bien
en avance sur son temps quant à sa détermination et son indépendance
financière, elle ne peut qu'en éprouver des tiraillements.
Les
chansons diffusées depuis Montréal soulèvent une demande
telle qu'une nouvelle tradition théâtrale s'organise peu à
peu : les tournées en province, et même en Nouvelle-Angleterre.
Au cours de l'une d'elles, en juin 1937, un grave accident de la route
ébranle la santé de la chanteuse. Puis, une tumeur cancéreuse
est diagnostiquée. Au milieu de cette ultime épreuve, elle
cède à la tentation de conter en chanson Les souffrances
de mon accident et relate ses démêlés grotesques avec
les avocats.
En
1941 disparaît celle que l'on nomme désormais " La Bolduc
", femme du peuple qui a dominé son époque par sa lucidité,
et qui parle encore haut et clair aujourd'hui.
"ANNIVERSAIRES
DE NAISSANCE POUR JUIN"
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