"L‘ÉTOILE DE CE MOIS‘‘

‘‘Huguette Oligny"
(née le 31 janvier 1922  et décédé le 9 mai 2013)



Huguette Oligny est décédée à 91 ans, le 9 mai à 23 h, a confirmé Pascal Gélinas, réalisateur d'un documentaire sur la comédienne.
Paru en début d'année, le documentaire Huguette Oligny, le goût de vivre donne la parole à la comédienne. Sans être un retour exhaustif sur sa longue carrière, le film privilégie la parole d'une femme qui arrive à la fin de sa vie.
Ce documentaire est réalisé par Pascal Gélinas. Huguette Oligny a été mariée au père du réalisateur, Gratien Gélinas. Le lien qui unit Pascal Gélinas à son sujet enrichit le film de précieuses confidences.
Des camarades et des collaborateurs attristés

Les proches et amis de la comédienne Huguette Oligny pourront saluer la grande dame une dernière fois mardi et mercredi après-midi, à Montréal. Mme Oligny est décédée jeudi dernier à l'âge de 91 ans. 

La famille recevra les condoléances mardi, de 13 h à 21 h, et de 10 h à 12 h 30, mercredi, au Centre funéraire Côte-des-Neiges. Les funérailles seront ensuite célébrées à 13 h, en l'église Notre-Dame-des-Neiges.
La comédienne laisse dans le deuil ses enfants, Anne et Jean, de même que quatre petits-enfants, sa soeur et son filleul.
Mme Oligny est morte chez elle, en douceur, après plusieurs semaines d'hospitalisation.


 
Plusieurs camarades de jeu et des collaborateurs ont réagi au décès de la comédienne Huguette Oligny.
Michel Marc Bouchard, dramaturge et scénariste: «La grande Huguette Oligny nous a quittés ce matin à 91 ans pour aller sur une autre scène. Elle laissera dans notre mémoire collective un souvenir indélébile. Pour l'avoir côtoyée dans les événements de la Fondation du CEAD, cette grande dame du théâtre savait être généreuse, drôle et diablement coquette. Elle a inspiré tant d'auteurs et de metteurs en scène. Merci et au revoir, madame Oligny.»

Pascal Gélinas, beau-fils et réalisateur du documentaire Huguette Oligny, le goût de vivre: «Elle est morte sans douleur, mais à la suite de complications. Elle était en pleine forme la dernière fois que je l’aie vue, vendredi dernier, en compagnie de Françoise David de Québec solidaire, qui tenait, après avoir vu le documentaire sur Huguette, à lui rendre visite. C’est certain que c’est toujours une libération de partir à cet âge-là. Elle aimait la vie, mais elle était un peu au bout du rouleau, son énergie était basse; ça fait partie du cycle de la vie vous savez. Au moins, elle a eu une mort douce comme elle l’évoquait souvent avec moi, avec humour.»
 
Françoise Faucher: «Je viens de perdre une grande amie, nous partagions ensemble l’amitié de toute une vie. J’admirais beaucoup Huguette, c’était une femme ravissante, cultivée et raffinée. Elle aimait la vie et les belles choses, elle pouvait s’émouvoir devant la beauté d’une fleur ou d’un rocher. Toute sa vie, elle s’est donnée au cinéma et au théâtre. Elle avait aussi un grand sens de l’humour, et être avec elle, c’était souvent un enchaînement de belles rigolades et de plaisir. Elle s’est éteinte heureuse et dans une grande sérénité. Son beau-fils Pascal Gélinas a été auprès d’elle et il s’en est occupé jusqu’à la fin, il a veillé sur elle comme un ange.»
Janine Sutto: «Je garde un excellent souvenir de cette grande dame, j’ai eu la chance de la voir beaucoup et de jouer avec elle lors des 10 dernières années, et ce fut vraiment un plaisir. Huguette était très heureuse lors de ses dernières années de vie, elle est morte doucement et avec beaucoup de sérénité, entourée de l’amour des siens. Elle a eu la mort la plus douce. Son amitié va beaucoup me manquer.»

René Caron: «Elle était l’une de nos comédiennes les plus chevronnées, elle a été la vedette de plusieurs grands télé-théâtres, elle avait un talent extraordinaire. Elle pouvait jouer autant en anglais qu’en français. Moi, je l’ai connue à l’époque du Théâtre Arcade, c’était il y a longtemps et je me souviens, j’étais à peine plus jeune qu’elle et elle me surnommait toujours Ti-Gars. Chose certaine, nous venons de perdre l’une de nos plus grandes comédiennes.»

Julie Massicotte, chanteuse et candidate à La Voix: «Mme Oligny! J'ai eu le bonheur de partager la scène avec elle pour l'hommage à Juliette Greco dans le cadre de l’émission Des refrains d'abord, animée par Monique Giroux. Nous avions chanté Déshabillez-moi! Je garde un souvenir impérissable de cette grande dame, elle rêvait de chanter cette chanson et j’ai eu la chance de la chanter avec elle. Elle était d’une gentillesse désarmante et ç'a été une rencontre marquante pour moi. Au revoir Mme Oligny!»

Françoise David, députée de Gouin et porte-parole parlementaire de Québec solidaire: «Ce n’est pas quelqu'un que j’ai vu souvent, mais on se connaissait depuis très longtemps. Enfant, son premier mari avait enseigné à mon frère aîné et on a toujours gardé contact. On se téléphonait à chaque jour de l’An pendant des années. Je suis allée souvent la voir dans sa loge après des représentations, elle était tellement charmante et c’était une grande comédienne. Je suis chanceuse de l’avoir revue une semaine avant sa mort. C’était une vieille dame extrêmement sereine que j’avais devant moi, une femme qui aimait la vie et qui m’a donné de la sagesse. Je retiens une leçon de cette visite, c’est qu’il faut prendre le temps de voir les gens qu’on aime.»

Mitsou, petite-fille de Gratien Gélinas, mari d’Huguette Oligny de 1973 à 1999: «C’était une dame d’une grande classe, avec un grand talent. C’est une grande comédienne que nous perdons. Mon grand-père Gratien en était très amoureux. Je suis persuadée, d’ailleurs, qu’il va être très heureux de la revoir en haut. Huguette a eu une très belle fin de vie. Elle s’était rapprochée des gens qu’elle aimait, elle lisait encore énormément. Elle était encore très vive d’esprit. Elle est morte jeudi, entourée de ses enfants et du personnel du centre où elle vivait. Elle était plus faible dernièrement, mais elle avait encore toute sa vivacité, tout son humour. Elle s’émerveillait encore devant la vie.»


Huguette avec son mari Gratien Gélinas

Une grande carrière
Née à Montréal le 31 janvier 1922, Huguette Oligny a commencé très tôt sa carrière de comédienne et s'est rapidement démarquée. Elle a plongé dans l'univers du théâtre, interprétant de nombreux personnages dans des pièces classiques de Molière, de Dumas fils et de Racine, entre autres. Elle a également joué sur scène dans certaines des pièces marquantes du théâtre québécois, dont Le temps des lilas de Marcel Dubé, de même que Tit-Coq et Hier les enfants dansaient de Gratien Gélinas, devenu son époux en janvier 1973.
En 1984, elle a tenu le rôle d'Albertine dans Albertine en cinq temps de Michel Tremblay au Centre national des arts d'Ottawa et au Théâtre du Rideau vert, à Montréal. Elle a aussi interprété Laura dans Equus de Peter Schafer, Maria dans Oncle Vanya de Tchekhov et Lydia dans Bateau pour Lipaia d'Alexis Arbuzov.
Capable de jouer aussi bien en anglais qu'en français, elle est montée sur scène à New York, à Chicago, à Paris et à Bruxelles, entre autres. Mme Oligny a également obtenu des rôles au grand écran, notamment dans Kamouraska, de Claude Jutra, Le soleil se lève en retard, d'André Brassard, et, plus récemment, La capture, de Carole Laure.
L'actrice a aussi participé à de nombreux téléromans ou séries à la télévision. On a ainsi pu la voir dans Rue des Pignons, Métro-boulot-Dodo, Belle rive, Cormoran, Sous le signe du lion et Réseaux.
En 1998, elle a remporté le Gémeau de la meilleure interprétation féminine dans un rôle de soutien pour son rôle dans Sous le signe du lion.
Elle a été nommée compagne de l'Ordre du Canada en 1996 et officière de l'Ordre national du Québec en 1999.
Son père est soldat du 22e régiment, campé en France lors de la Première Guerre mondiale, il y rencontre une Champenoise, Odette Bernot, avec laquelle il se marie à Troyes en 1918. Le couple aura eu trois filles, dont la seconde est Huguette, né à Montréal peu de temps après que la famille s'y soit installée. Le couple se sépare en 1931.
 


C'est en 1939 que Huguette fait ses débuts au théâtre.
 
D'un premier mariage (1953), Huguette Oligny aura eu une fille et un fils, qu'on l'empêche de voir durant une dizaine d'années, suite à son divorce au début des années 1960. Elle est ensuite la conjointe de Gratien Gélinas, qui l'épouse en seconde noce en 1973.
Avant de mourir, la dame n’avait plus de mémoire à court terme, bien qu’elle ne souffrait pas de la maladie d’Alzheimer. Par contre, ses souvenirs et sa philosophie de vie étaient toujours intacts, selon son beau-fils.
 
«Je trouvais ça important de saisir cette mémoire et de donner la parole à ses amis avec qui elle a créé des liens profonds, a-t-il commenté. Je suis privilégié d’avoir pu documenter sa vie, c’est un testament moral ce film.»
 
Née en 1922 à Montréal, c’est au début des années 1940 qu’elle a débuté sa carrière au théâtre. Rapidement, sa soif de théâtre l’a amenée à se rendre à Hollywood. En 1945, elle s’est aussi produite avec d’autres Québécois sur Broadway, à New York, dans la pièce St-Lazare’s Pharmacy.
 
Comme elle pouvait jouer autant en français qu’en anglais, Huguette Oligny est montée sur les principales scènes au pays ainsi qu’à New York, Chicago, Paris, Bruxelles et dans plusieurs autres villes européennes.
 
Durant les années 1950, elle est rentrée à Montréal où elle est devenue une comédienne régulière du Théâtre du Nouveau Monde. La même année, elle a joué dans un premier film, Les lumières de ma ville de Jean-Yves Bigras, à cette époque où le cinéma québécois en était à ses balbutiements.
 
En 1953, elle a épousé son premier mari, Marcel Alexandre, avec qui elle a eu deux enfants, Jean et Anne. Trois ans plus tard, elle défendait sur les planches l’un de ses rôles marquants, celui de Toinette dans Le malade imaginaire de Molière.
 
Parmi les grands rôles du répertoire classique qu’elle a tenus au cours de sa longue carrière, on compte également Célimène dans Le misanthrope de Molière, Marguerite dans La dame aux camélias de Dumas fils, ainsi que les rôles-titres dans Marie Stuart de Schiller et Bérénice de Racine.
 
C’est en 1959 qu’elle a fait son entrée au petit écran en jouant dans le téléroman Joie de vivre. Elle y a tenu le rôle d’Hélène Labelle jusqu’en 1963. C’est durant cette décennie qu’elle et son mari ont choisi de divorcer, ce qui l’a empêchée de voir ses enfants pendant une dizaine d’années. Un drame qu’elle a d’ailleurs évoqué avec beaucoup de douleur dans le documentaire Huguette Oligny, le goût de vivre.
 
De 1966 à 1977, elle a tenu le rôle de la mère de la famille Jarry dans Rue des pignons. Au moment où elle s’est lancée dans ce nouveau projet au petit écran, elle a fait la connaissance du comédien Gratien Gélinas, avec qui elle a partagé la scène dans la pièce Hier les enfants dansaient.
 
Les deux comédiens avaient déjà travaillé ensemble à l’époque de Ti-Coq, dans les années 1950, mais ce n’est qu’au milieu des années 1960 que leur histoire d’amour a débuté. Ils se sont mariés en 1973, formant l’un des couples de personnalités mythiques au Québec pendant une trentaine d’années, jusqu’à la mort de Gratien Gélinas, en 1999.
 
L’année de son mariage, la comédienne avait connu également l’effervescence au point de vue professionnel alors qu’elle tourne avec le cinéaste Claude Jutra, qui lui confie le rôle de la mère dans Kamouraska.
 
Au cours des années 1980, elle a joué à la télévision dans Le clan Beaulieu, puis au théâtre dans Albertine en cinq temps et, avec son mari, dans La passion de Narcisse Mondoux.
 
Durant la décennie 1990, elle a offert une prestation mémorable dans le rôle de la tante Aline dans le téléroman Cormoran. Elle a également personnifié Marie-Rose Julien dans une version revisitée du téléroman Sous le signe du lion. Son interprétation lui a d’ailleurs valu un trophée au Gala des prix Gémeaux.
 
Elle avait été promue Compagnon de l’Ordre du Canada en 1997 et nommée Chevalier de l’Ordre national du Québec en 1999. En 1952, elle avait été élue Miss Radio-Télévision. Elle avait reçu ensuite à sept reprises le Trophée de la meilleure comédienne canadienne de langue française de l'année.
 Huguette Oligny a continué de jouer au théâtre, à la télé et au cinéma jusqu’en 2007, avant de se retirer graduellement de la vie publique.
 


Filmographie

 1950 : Les Lumières de ma ville : Hélène Clément
 1953 : La Famille Plouffe
 1955 : L'Avocat de la défense
 1963 : Amanita Pestilens : Louise Martin
 1972 : La Demoiselle d'Avignon (série TV) : Kiki
 1973 : Kamouraska : La mère d'Élisabeth
 1975 : Pousse mais pousse égal : Mme Gagnon
 1977 : Duplessis (feuilleton TV) : Sœur Saint-Rémy
 1977 : Le soleil se lève en retard : Marie Lapointe
 1978 : Le Clan Beaulieu (série TV) : Laura Beaulieu
 1982 : Métro-boulot-dodo (série TV) : Irène Chevalier
 1986 : L'Or du temps (série TV) : Tante Hélène
 1987 : Bonjour docteur (série TV) : Mme Caron
 1988 : Belle Rive (série TV) : Martine Giraud
 1990 : Cormoran (série TV) : Tante Aline-Marie (1992-1993)
 1993 : Maria des Eaux-Vives (feuilleton TV)
 1997 : Sous le signe du lion (série TV) : Marie-Rose Julien
 1997 : Le Masque (série TV) : Mme Aubry
 1998 : Réseaux (série TV) : Maman Rancourt
 1998 : Pendant ce temps... : Belle Dame
 2003 : Nuts
 2004 : Premier juillet, le film : Mme Biron
 2005 : Louise (TV)
 2005 : Aurore : Vieille dame
 2007 : La Capture : Lucille
 2013 : Huguette Oligny, le goût de vivre (documentaire biographique) réalisé par Pascal Gélinas.


Récompenses
 1998 - Prix Gémeau, Meilleure interprétation féminine dans un rôle de soutien : téléroman, comédie de situation ou humour
 


Nominations
 1984 : Officier de l'Ordre du Canada
 1996 : Compagnon de l'Ordre du Canada


Huguette Oligny en 1956


 

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