La
trop courte vie d'un si grand chanteur
C'est à New York, le 5 novembre 1938, que naît Joseph Ira Dassin. Son père, Jules, d'origine juive russe, tente de se faire un nom comme comédien, pendant que sa mère Béatrice Launer, d'origine hongroise, est violoniste dans un orchestre féminin. Installés
à Los Angeles, Jules Dassin devient dans les années 40 un
des réalisateurs les plus talentueux de Hollywood, et Joe mène
une enfance agréable avec ses deux sours Rickie et Julie, sous le
soleil de Californie.
A
l'Université de Ann Arbor, dans le Michigan, il prépare un
doctorat en ethnologie. Sans difficultés, il devient "Master of
Art". De sa formation d'universitaire, il avait conservé le goût
de lire et un intérêt constant pour les événements
socio-politiques. Il achetait chaque jour des journeau - toujours au moins
deux quotidiens américains - et se tenait au courant des situations
politiques sans jamais en parler autour de lui, sans jamais écraser
ses amis de ses connaissances. Il avait aussi le goût des beaux meubles,
de la peinture naïve et des bons vins.
Rencontres avec Berry Gordy et Bob Dylan Après le divorce de ses parents, le jeune homme choisit, en 1956, de retourner aux Etats Unis où il s'inscrit à l'université, d'abord en médecine, puis finalement en ethnologie. Brillant élève, il obtient l'équivalent d'un doctorat. Parallèlement, il exerce de nombreux petits métiers pour payer ses études. Après avoir été cuisinier, éboueur, ou plombier, il décroche en 1958, un emploi de disc-jockey dans une radio de Détroit, WCX. Il travaille à cette occasion avec le créateur du label Tamla Motown, Berry Gordy. Durant ces quelques années outre-Atlantique, Joe Dassin fait aussi la connaissance de Pete Seeger, célèbre troubadour de la chanson folk américaine des années 60, qui devient son ami, et par l'intermédiaire duquel, il rencontre également Robert Zimmerman, qui ne s'appelle pas encore Bob Dylan. Il commence doucement à s'intéresser à la musique et au chant, et avec un ami français, il se produit sur les terrasses des bars en interprétant Georges Brassens. Il en profite pour apprendre la guitare. Au début des années 60, de retour en Europe, il continue les petits métiers. Il touche un peu au cinéma par l'intermédiaire de son père, puis devient animateur sur la station de radio RTL. A cette occasion, il rencontre une attachée de presse de la maison de disques CBS qui lui propose d'enregistrer un 45 tours. En mars 1965, sort alors "Je change un peu de vent", titre adapté d'un air américain. Les ventes ne dépassent pas mille huit cents exemplaires, mais cet échec pousse Joe Dassin à persévérer, persuadé qu'il peut réussir. Sa rencontre avec le parolier Jacques Plaid, donne naissance à des titres qui vont le faire entrer brillamment dans les hit-parades de l'époque. Dès 1966, avec "Bip Bip", il connaît son premier succès, et devient du jour au lendemain une véritable vedette. Sa voix chaude et grave, ses origines américaines, son élégance, font de lui un personnage qui attise très vite la curiosité d'un public avide de nouveauté. Son répertoire, surtout à ses débuts, est largement inspiré de chansons américaines, folkloriques ou country. En 1966, Joe Dassin épouse Maryse, une jeune femme de sept ans son aînée, qui participe de très près à ses débuts puisqu'elle tient le rôle d'attachée de presse, secrétaire ou encore imprésario. Rencontre
avec Marie-Christine
Sa femme, Christine, n'a alors plus qu'une idée en tête : récupérer ses enfants. La mère de Joe s'y oppose. Une pénible bataille que Christine gagne puisque, maintenant, elle vit de nouveau avec Jonathan et Julien, à Feucherolles, dans la maison que Joe avait fait construire selon ses plans, selon ses goûts. Et, comme pour apaiser ces querelles qui ont empoisonné l'existence de tous ceux qu'elles ont atteints, cet été, Christine a accepté l'invitation de son beau-père, Jules Dassin, et de Melina Mercouri qui désiraient passer quelques jours de vacances avec leurs petits-enfants. Aujourd'hui, Christine Dassin ne souhaite plus qu'une chose : s'occuper de ses fils et vivre le plus tranquillement possible. Dassin le perfectionniste Apprenant les ficelles du métier sur le tas, Joe Dassin se singularise dès ses débuts par un perfectionnisme aigu. Il choisit d'enregistrer tous ses disques à Londres pour obtenir un son plus moderne et plus sophistiqué, et confie alors son travail à un des meilleurs arrangeurs du moment, Johnny Arthey. En 1967, il assure la première partie de la tournée de Salvatore Adamo, puis en 68, s'enchaînent les tubes, à commencer par "Les Dalton". Enfin, l'année 1969 marque la consécration du chanteur franco-américain. Outre une tournée au Canada et en Afrique, sa tournée d'été en France se passe dans des conditions dignes d'une star. Tous les récitals se déroulent à guichets fermés, et le public, essentiellement féminin, est déchaîné. Les disques d'or se multiplient, et Joe Dassin reçoit le Prix Charles Cros de l'Académie du disque, récompense décernée aux plus importants interprètes de la chanson française. Puis
à la rentrée 69, il monte sur la scène de l'Olympia,
signe ultime de la réussite.
Les tubes des années 70 Les années 70 s'ouvrent sous d'excellents auspices. En 1970, le titre "Les Champs-Elysées" bat des records de vente. De 70 à 75, il navigue entre tournées à succès, disques d'or, et luxueux shows de télévisions. En mai 1972, il acquiert un terrain à Tahiti, près de l'île de Bora Bora, où il peut pratiquer un de ses sports favoris, la pêche en haute mer. Il s'y rend alors le plus souvent possible toujours entouré de nombreux amis, dont le chanteur Carlos. Ce dernier est d'ailleurs le seul artiste, autre que lui-même, pour qui Joe Dassin écrira des chansons . Le 19 février 1974, il retrouve la scène de l'Olympia. Ses paroliers attitrés s'appellent alors Claude Lemesle et Pierre Delanoë. C'est à eux que Joe Dassin demande en 1975, d'écrire un titre qui pourrait devenir le tube de l'été. Ainsi, en octobre, "L'été indien", adaptation d'un succès de l'italien Toto Cutugno, devient la plus grosse vente de toute sa carrière. Cette année-là, Joe Dassin achète une maison au nord de Paris, en Seine et Oise, et outre ses appartements privés, il y monte un studio et installe ses bureaux, afin de contrôler au mieux tous les aspects de sa carrière. 1975, est aussi l'année de son divorce. En 1976, Joe Dassin envahit les hit-parades avec "Ça va pas changer le monde", puis en 77, c'est le titre "A toi" qui emporte les faveurs du public. D'un naturel discret sur sa vie privée, Joe Dassin fait cependant la Une des magasines en 1978, année de son mariage avec Christine Delvaux, une jeune femme que le chanteur a rencontrée en Normandie deux ans plus tôt. Au
milieu d'une foule d'admirateurs et de journalistes, le mariage a lieu
le 14 janvier 1978 dans un petit village de Provence, Cotignac, où
Joe Dassin possède une maison. Leur voyage de noces se déroule
en Amérique du nord, entrecoupé cependant de concerts et
d'enregistrements. Alors qu'il chante au Canada, naît le 14 septembre
à Paris, son fils Jonathan.
Dernier Olympia En 1979, Joe Dassin monte sur la scène de l'Olympia pour la dernière fois. En décembre, une alerte cardiaque doublée d'une opération due à un ulcère à l'estomac, affaiblit le chanteur, qui annule toutes ses tournées. En mars 1980, naît un deuxième enfant, Julien. Mais, le couple divorce quelques semaines plus tard. Dans les mois qui suivent, Joe Dassin est victime de deux accidents cardiaques, à Paris puis à Los Angeles. Le 11 juillet , il donne un dernier gala à Cannes, puis part se reposer chez lui à Tahiti avec ses fils, sa mère et quelques amis. Comme presque toujours, il était habillé de blanc. Mais ce mercredi-là, il avait sacrifié à la mode tahitienne; en l'honneur de ces gens qu'il aimait profondément, il portait une chemise à fleurs rouges. A midi, il franchit la porte du restaurant "Chez Michel et Eliane". Au rez-dechaussée, il but un jus d'ananas et puis, il monta au premier étage pour déjeuner en compagnie de ses amis. Au buffet, il se servit du poisson cru, du riz, une papaye, et s'assit à la droite d'une amie, Nathalie, qui l'accompagnait dans son voyage à Papeete. ce dernier voyage qui vit ses derniers rires, sa dernière partie de golf, ses derniers gestes de tendresse pour ses fils Jonathan et Julien. Quelques secondes plus tard, alors qu'il s'apprêtait à avaler la première bouchée de ce repas joyeux, Joe Dassin s'écroulait terrassé par une crise cardiaque. C'était le 20 août 1980. La nouvelle surprit une France engourdie dans la torpeur du mois d'août. Ce ne fut pas une douleur hystérique, comme celle qui accompagna la disparition de Claude François, mais l'annonce de la mort de Joe Dassin toucha les Français profondément, sincèrement. Tout le monde aimait ce grand jeune homme souriant, qui paraissait solide, dans un milieu qui broie les nerfs des plus avertis. Des millions de gens dans le monde entier avaient dansé sur "l'Eté indien". Il avait su raconter l'épopée de ses grands-parents, des émigrés russes venus d'Odessa, chercher fortune dans cette "Amérique" que Joe chantait alors. De sa myopie, il avait fait un tube en racontant avec humour l'histoire de "la boulangère et de ses petits pains au chocolat". Pourtant,
rien n'est plus difficile que de se faire un prénom lorsque l'on
se nomme Dassin, que l'on a un père reconnu comme l'un des plus
grands cinéastes de notre époque, et une belle-mère
comme Melina Mercouri, actrice et femme politique, députée
au Parlement d'Athènes.
Là, il meurt d'un ultime infarctus le mercredi 20 août lors d'un déjeuner dans un restaurant de Papeete. Extraordinairement populaire, Joe Dassin appartient au patrimoine de la chanson française. Très écoutées et très vendues dans le monde entier, ses chansons sont encore aujourd'hui, presque vingt ans après sa mort, largement diffusées sur les ondes. En 1994, quelques jeunes artistes français (Les Objets, Katerine, Jean Louis Murat, Autour de Lucie) ont même repris ses plus fameux titres dans une compilation "L'équipe à Jojo".
"Discographie"
Grands
Succes vol.2
Filmographie
de Joe Dassin:
La
Loi
Topkapi
Lady
L
Le
trèfle rouge
Qu'ont
en commun Guy A. Lepage, Marc Labrèche, Pierre Lalonde, Mélanie
Renaud et Éric Lapointe ? Ils sont tous fans de Joe Dassin et ils
ont tous accepté sans hésiter de participer à un album
hommage au célèbre chanteur. Ce projet est orchestré
par nul autre que Stefie Shock.
Artistes Après
avoir sélectionné 25 chansons, Stefie Shock et son gérant,
Alain Dupuy, ont ciblé une vingtaine d'artistes. Stefie Shock en
a appelé plusieurs lui-même. Il voulait leur accorder autant
que possible la liberté sur le choix de la chanson.
Biographie
Album
Photos
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