Gilbert
Bécaud en photos
Dernier
adieu de la rue au poète Gilbert Bécaud
PARIS
(AP) - Pour saluer une dernière fois le fougueux poète dont
ils fredonnaient les mélodies depuis un demi-siècle, ils
étaient des centaines vendredi à ses obsèques en l'église
de la Madeleine à Paris. Et plus d'un millier massés entre
ce temple religieux et celui du music-hall, l'Olympia.
«Salut
Gilbert Bécaud», pouvait-on lire en lettres rouges sur la
façade de la célèbre salle du boulevard des Capucines.
Le
chanteur, auteur et compositeur de quelque 400 chansons parmi lesquelles
«Et maintenant», «L'important c'est la rose» et
»Nathalie», s'était éteint mardi à son
domicile, une péniche où il résidait à Boulogne,
près de Paris. Emporté par un cancer du poumon à l'âge
de 74 ans, François Gilbert Silly, alias Gilbert Bécaud,
a été inhumé au cimetière parisien du Père-Lachaise,
non loin d'Edith Piaf
et
d'Yves Montand.
Dans
son oraison funèbre, le père Bernard Molat du Jourdain, curé
de la Madeleine,
a
rendu hommage au «poète», à celui qui «chantait
la vie». «Le choix des textes montre que Gilbert Bécaud,
dans son face-à-face avec le Seigneur, a dû lui chanter des
chansons»,
a
dit le prêtre, glissant que le défunt était aussi «son
copain».
Aux
premiers rang, derrière sa femme Kitty et ses enfants, dont la jeune
Noï, 15 ans, d'origine laotienne, on notait la présence des
ministres Catherine Tasca (Culture) et Bernard Kouchner (Santé),
mais aussi d'artistes tels que Charles Aznavour, Enrico Macias, Line Renaud
et Roger Hanin.
Son
ancien parolier Pierre Delanoë, la productrice de télévision
Marité Carpentier et l'animateur
Guy
Lux étaient eux aussi présents à la cérémonie
religieuse.
L'église,
pourtant vaste, s'est révélée trop petite pour accueillir
la foule des admirateurs, certains de la première heure. »Je
l'admirais depuis 1954», confiait Jean-Claude, cheveux blancs et
oeil luisant. «Il est à jamais dans nos coeurs et sur la scène
de l'Olympia», lançait Patricia, elle aussi au bord des larmes.
«Ses chansons et sa cravate seront toujours à la mode!»
Dehors, plusieurs centaines d'autres personnes ont attendu dans le froid
la sortie du corps.
D'une
grande sobriété, comme l'avait souhaité la famille,
la cérémonie n'aura duré qu'une heure. Amis et admirateurs
ont ensuite pu s'approcher pour bénir le cercueil, recouvert d'une
étoffe violette et garni de fleurs jaunes et orange. En hommage
à ce »talentueux ambassadeur», le président Jacques
Chirac avait fait parvenir un bouquet.
Devant
l'église, plusieurs autres chanteurs étaient venus saluer
l'une des voix de notre temps. Julien Clerc, qui avait débuté
en première partie de Bécaud, s'est félicité
que «le flambeau se passe comme cela, que des gens de cette stature
puissent raconter ce que eux ont connu à des gens plus jeunes.»
«Nous
avons eu un parcours parallèle, sur la scène et aussi du
point de vue de l'amitié. C'est une grande perte pour le music-hall,
mais la vie continue», a noté Enrico Macias sur les marches
de la Madeleine. Philippe Lavil évoquait pour sa part «un
caractère de merde, mais un type terriblement énergique qui
nous donnait vraiment envie d'avancer.»
Avant
de rallier sa dernière demeure, la dépouille du chanteur
a fait une halte symbolique d'une minute devant l'Olympia, où Gilbert
Bécaud s'était produit plus de 30 fois au cours de sa carrière.
Devant la salle des Coquatrix, où des registres de condoléances
avaient été installés, des fans chantaient l'un de
ses succès tristement d'actualité: «Quand il est mort
le poète...»
(texte
tiré de la revue Hi-Oh-Paris)
Biographie
Le
"Monsieur 100.000 volts" de la chanson française, l'homme aux cravates
à pois ! Star dès les années 50, Bécaud a su
résister à toutes les modes jusqu'à sa disparition
en 2001. Son nom reste attaché à l'Olympia, scène
parisienne sur laquelle il est monté trente-trois fois.
Gilbert
Bécaud reste l'un de nos chanteurs les plus dynamiques. Pour lui,
au début des années 50, on cassait déjà les
fauteuils de l'Olympia, un Olympia mythique qui lui était si cher
et sur la scène duquel le chanteur à la cravate à
pois s'est produit 33 fois !
Jusqu'à
sa mort, le 18 décembre 2001, dans sa péniche parisienne,
il fut "l'un des ambassadeurs les plus talentueux de la chanson française",
comme le célébra le Président Jacques Chirac.
Enfance
méditerranéenne
François
Gilbert Silly naît à Toulon, le 24 octobre 1927. Si le père
de famille abandonne le foyer très tôt, François, son
grand frère Jean et leur soeur Odette trouvent vite réconfort
auprès de leur beau-père, Louis Bécaud, qu'ils ne
cesseront de considérer comme leur vrai père.
Grâce
à sa mère musicienne, François se lance brillamment
dans la musique et intègre le conservatoire de Nice à l'âge
de neuf ans. Il est alors un petit pianiste émérite.
En
1942, la famille déménage pour Paris, où François
suit les cours d'un grand musicien, puis pour la Savoie où il prend
part à la Résistance avec son frère Jean.
Paris
Retour
à la capitale à la fin de la guerre. Le jeune François
peut se consacrer à son art et se fait engager dans les cabarets
parisiens. Il prend pour la circonstance le nom de son beau-père
Bécaud et écrit ses premières chansons. Il n'a pas
vingt ans.
Il
rencontre celui qui deviendra son ami et son collaborateur, Pierre Delanoë.
Mais c'est une autre rencontre qui va lancer François vers le chemin
de la célébrité, celle de la Môme Piaf.
Piaf
En
1950, François rencontre un certain Jacques Pills, compositeur de
talent, et futur mari d'Edith Piaf. Ensemble, ils embarquent pour les Etats-Unis
et écrivent pour Piaf Je t'ai dans la peau. Ce titre plaît
tout de suite à la chanteuse et elle l'intègre à son
tour de chant.
C'est
le premier succès de François. Devenu régisseur d'Edith,
il rentre définitivement dans la chanson: il devient Gilbert Bécaud
(Gilbert est son second prénom) et adopte sa fameuse cravate à
pois.
Sentimentalement,
c'est aussi le temps des grandes résolutions. Il épouse Monique
Nicolas en 1952. Leur premier fils, Gaya, naît le 2 février
1953, le jour même où Gilbert enregistre son premier disque
Mes mains/Les croix.
L'Olympia
S'il
passe une première fois sur la scène de l'Olympia en 1953,
en vedette américaine, c'est l'année suivante qu'il "explose"
tout.
En
février 1954, en première partie de Lucienne Delyle, des
milliers de jeunes cassent les fauteuils du célèbre music-hall
devant tant de dynamisme, de vitalité et de talent. Monsieur 100
000 Volts est né !
Dès
1955, avec des titres comme Je t'appartiens, Les marchés de Provence,
ou Viens danser, il enchaîne les tournées à l'étranger,
asseyant sa réputation de grand chanteur, des Etats-Unis au Maghreb,
en passant par toute l'Europe.
Son
jeu au piano laisse sans voix, rappelant celui, saccadé et magnifique,
du grand Jerry Lee Lewis. Son second fils Philippe voit le jour en 1957.
L'année suivante, Gilbert perd son véritable père
et son second père, Louis Bécaud.
Et
maintenant...
1961
est
l'année du plus grand tube de Bécaud, Et maintenant, repris
plus de 150 fois dans de nombreuses langues.
Star
internationale, Gilbert se lance dans une autre aventure: un opéra.
Il s'appelle l'Opéra Aran, mais n'a pas le succès attendu
par son auteur, fortement assimilé à la variété.
Les
années Yé-yé n'enterrent pas le grand chanteur de
Nathalie ou des Dimanches à Orly. Il reste une valeur sûre
de la chanson française et voyage beaucoup: Japon, Russie, Amérique
du Nord et du Sud, ... .
1964,
c'est
l'année de "Nathalie", titre phare de son répertoire et qui
atteint en quelques mois des scores de ventes exceptionnels. Gilbert Bécaud
l'interprète à l'Olympia pour son dixième passage
sur la scène du boulevard des Capucines. Puis, "l'Opéra d'Aran"
part en tournée à travers la France et l'Europe. L'année
suivante, Bécaud repart en tournée à travers la France,
puis s'envole pour l'URSS le 24 avril. De 65, on retient "Quand il est
mort le poète" et "Tu le regretteras", chanson dédiée
au Général de Gaulle, et qui fit couler un peu d'encre en
cette année d'élections présidentielles. D'ailleurs,
Gilbert Bécaud choisira de ne jamais chanter cette chanson sur scène.
Après
six semaines de tournée en Allemagne début 66, Gilbert Bécaud
donne un concert en direct à la télévision américaine
le 22 avril, avant de s'envoler pour l'Amérique du Sud. Le 8 octobre,
il remonte son opéra en Belgique avant d'en effectuer un nouvel
enregistrement plus moderne et dans lequel, il s'attribue pour la première
fois un rôle.
En
1966, naît son troisième enfant, Anne.
Années
1970
Durant
les années 70, Bécaud enregistre de nombreux succès,
tourne pour le cinéma sous la réalisation de Lelouch, et
participe à de nombreuses émissions télévisées
et radiophoniques.
Ses
passages à l'Olympia sont un événement. Ses disques
se vendent comme des petits pains. Mais ce rythme de vie effréné
fatigue beaucoup le chanteur. Son tabagisme devient un handicap pour sa
voix et sa santé.
Côté
coeur, après s'être séparé de Monique, il a
une fille, Jennifer, avec Janet Woollacoot, puis une autre, Emily avec
une jeune américaine, Kitty, en 1972. Afin de "loger" sa nombreuse
famille, il achète une propriété dans le Poitou, qui,
jusqu'à sa mort, restera, avec sa péniche parisienne et sa
maison corse, son principal pied-à-terre. Un havre de paix dans
lequel le chanteur se ressource.
Décoré
de la Légion d'Honneur sur la scène de l'Olympia
Comme
en 1960, sa cantate de Noël est diffusée à la télévision
en mondiovision le 24 décembre 73. Trois semaines plus tard, le
14 janvier 1974, Gilbert Bécaud est nommé Chevalier de la
Légion d'Honneur. La cérémonie a lieu - fait exceptionnel
- sur la scène de l'Olympia et la décoration lui est remise
par Louis Amade lui-même, compositeur mais aussi préfet.
1974
et 1975 se déroulent sur fond de tournées internationales.
En 1976, il commence à collaborer avec un autre jeune auteur, Pierre
Grosz ("Mais où sont-ils les jours heureux ?").
Toujours
en 76, Gilbert Bécaud épouse une jeune américaine,
Kitty St John, dont il a eu une fille, Emily, en 1972. Il a maintenant
5 enfants : Gaya, Philippe, Anne, Emily et Jennifer, née à
la fin des années 60 et fille de Janet Woollacoot. A cette époque,
il acquiert en outre une immense ferme dans le Poitou qui représente
un des ports d'attache de sa famille très unie.
Une
fois encore, Gilbert Bécaud occupe le devant de la scène
pour le réveillon de Noël puisque le 24 décembre 76,
il chante "La première cathédrale" en direct du parvis de
la cathédrale Notre Dame de Paris, titre écrit avec un autre
jeune auteur, Franck Thomas.
L'année
77 est dominée par la création de "L'indifférence",
co-signée par Maurice Vidalin. Le titre reçoit l'Oscar de
la meilleure chanson française. Puis, en cette veille des années
80, Gilbert Bécaud prend du recul et se fait plus rare.
Si
1979 fut une année silencieuse, 1980 démarre en trombe avec
un nouvel album en tout début d'année. Puis les tournées
reprennent aussi vite, avant un nouvel Olympia à l'automne pendant
cinq semaines. Du Japon au Canada, Gilbert Bécaud est accueilli
partout à bras ouverts. Il reçoit la médaille d'or
de la SACEM en 82, pour l'ensemble de sa carrière, et crée
cette année-là, "Désirée" qui sera son tube
des années 80.
A
partir du 30 septembre 83, Bécaud entame un nouvel Olympia et en
profite pour célébrer ses trente ans de carrière.
Le titre "Mustapha Dupont" domine sa production 84 par son sujet très
sensible dans la France des années 80, l'immigration.
1980
Outre
d'autres grands succès (L'indifférence, Désirée, ...),
qu'il écrit généralement avec ses amis de toujours,
Pierre Delanoë et Louis Amade, Gilbert renoue avec la comédie
musicale en 1986 aux Etats-Unis.
Création de "Madame Roza" aux Etats-Unis
C'est
en 1986 que se passe un nouvel événement important pour Gilbert
Bécaud : la création mondiale de sa nouvelle comédie
musicale "Madame Roza". Inspirée du roman de Emile Ajar (alias Romain
Gary), ce spectacle est terminé depuis 83, mais de nombreuses difficultés
ont obligé Bécaud à attendre trois ans avant de voir
enfin sa nouvelle création sur une scène. C'est aux Etats
Unis que le spectacle est créé. D'abord à Baltimore,
puis à Los Angeles avant d'arriver enfin à Broadway le 1er
octobre 1987. Le succès est au rendez-vous, mais la pièce
devra attendre des années avant d'être jouée à
Paris.
En
1988, pour son vingt-deuxième Olympia, Gilbert Bécaud met
au point deux séries de concerts, le spectacle rouge et le spectacle
bleu, qu'il donne en alternance. A chaque soirée correspond un répertoire
différent d'une trentaine de titres. Cette année-là,
Gilbert Bécaud quitte sa maison de disques EMI pour intégrer
BMG qui rachète la quasi-totalité de son répertoire.
C'est donc chez BMG, sous le label Ariola, qu'il publie un nouvel album
en 1989, "Fais-moi signe". Outre des textes de Pierre Delanoë et de
Louis Amade, Bécaud est aussi entouré de Claude Lemesle ("Quand
la musique s'arrête") et de Didier Barbelivien ("Après toi
c'est la mer").
En
1991, la mère de Gilbert Bécaud, Mamico, disparaît
à l'âge de 100 ans. Cette année-là, le chanteur
donne deux cent quarante-neuf concerts à travers le monde, dont
à l'Olympia où il s'installe du 1er au 20 octobre, mais il
déclare qu'il abandonne la scène. Après la mort de
sa mère, puis d'Yves Montand en novembre, Gilbert Bécaud
connaît un léger découragement.
1990:
Au
début des années 1990, Gilbert s'affaiblit. L'âge tout
d'abord, puis les décès de sa mère et d'Yves Montand
en 1991, le découragent.
La
vie s'assombrit pour le chanteur aux presque quarante ans de carrière.
Il s'installe alors sur sa péniche près de Paris pour se
reposer. Il en profite pour écrire l'un de ses derniers albums:
Ensemble. De plus, avec sa femme, ils adoptent une petite laotienne en
1992, nommée Noï.
1992:
Le disque d'une vie
Pourtant,
dès 92, il retrouve le chemin des studios et enregistre une troisième
version de son opéra réalisée par son fils, Gaya.
En outre, il écrit avec Pierre Delanoë un nouvel album qui,
en seize titres, résume la vie du chanteur. Enregistré aux
Etats-Unis sous l'égide du producteur Mick Lanaro, "Une vie comme
un roman" sort le 2 février 1993, quelques mois après la
disparition d'un de ses auteurs fétiches et amis proches, Louis
Amade. Du 2 au 24 octobre, Gilbert Bécaud retrouve son public sur
la scène du Palais des Congrès.
De
1992 à 1996, Gilbert Bécaud prend du temps pour se remettre
en forme. Le tabac est encore un problème et c'est entre la Corse,
le Poitou et la péniche sur laquelle le couple s'est installé
en 92 à Paris, que le chanteur se repose. Cela ne l'empêche
pas de travailler avec ses auteurs, Delanoë, Claude Lemesle, Pierre
Grosz, Franck Thomas ou Jean-Michel Bériat. De plus, on commence
à reparler de la comédie musicale "Madame Roza" qui pourrait
bien être enfin montée en France. La chanteuse Annie Cordy
est pressentie pour le rôle vedette. En 1996, l'auteur dramatique,
Didier van Cauwelaert commence à travailler sur une adaptation qui
serait mise en scène par Jérôme Savary.
Le
15 novembre 1996 sort l'album "Ensemble" écrit au cours de ces années
sabbatiques, avec en outre un titre de Louis Amade.
1997
est l'année de ses 70 ans. Cet anniversaire est célébré
lors de son trentième Olympia du 13 au 23 novembre, Olympia d'autant
plus exceptionnel puisque Gilbert Bécaud en fait la réouverture
après la destruction puis la reconstruction de la célèbre
salle. Suite à cette série de récitals, le chanteur
repart en tournée à travers la France et le monde, dont le
Japon en janvier 98.
Au
mois d'octobre 98, la saison lyrique du Grand Théâtre de Tours
s'ouvre sur l'Opéra d'Aran, de retour sur une scène française.
Ce spectacle, qui se passe en Irlande, rassemble 11 rôles principaux,
40 choristes et une cinquantaine de musiciens. Avant de revenir en France,
il avait été présenté dans de nombreux pays
d'Europe.
Tableau d'honneur
Sûrement
pas décidé à prendre sa retraite, Bécaud sort
un nouvel album intitulé "Faut faire avec." en 99. Il est réalisé
par Alain Manoukian l'ex-mentor de Liane Foly et dirigé par Jean
Mareska qui a travaillé avec Jean-Jacques Goldman. Le disque est
très acoustique et enregistré avec une petite formation.
Quant aux textes, Pierre Delanoë signe six d'entre eux dont un impressionnant
"Dieu est mort", Didier Barbelivien, deux. Accompagné de sa fille
Emily, Bécaud interprète une chanson écrite par Luc
Plamondon "la Fille au tableau". Avec cet album, le chanteur essaie de
faire un disque qui n'est pas tourné vers le passé, un disque
d'aujourd'hui.
En
novembre 99, Gilbert Bécaud retrouve l'Olympia pour un 33ème
lever de rideau sur sa scène fétiche. Malade, atteint d'un
cancer, il a cependant l'énergie de donner des récitals enlevés
et fort réussis. Le public le soutient et l'encourage. Le tout dernier
concert de sa carrière a lieu en Suisse à Fribourg le 15
juillet 2000. Un an plus tard, il enregistre un ultime album avant de décéder
le 18 décembre 2001, chez lui, sur sa péniche nommée
Aran, près de Paris. Toute la profession lui rend hommage le vendredi
21 décembre lors de ses obsèques en l'église de La
Madeleine à Paris.
Son
dernier album, sans titre, sort le 19 mars 2002. Son fils Gaya a sélectionné
parmi une trentaine de chansons enregistrées, onze d'entre elles
sur les thèmes de la mort et de Dieu. Un de ces titres est un duo
avec Serge Lama "le Train d'amour". Sur ce disque, on trouve aussi deux
extraits de la comédie musicale "Madame Roza", interprétés
par Annie Cordy.
Pendant
50 ans, Gilbert Bécaud a enflammé les scènes du monde
entier et réunit un public de tous âges. Brillant compositeur,
artiste généreux, et interprète hors pair, il appartient
désormais au patrimoine de la chanson française.
Cancer
Le
cancer s'est déclaré au début des années 90.
Après s'en être sorti une première fois, la rechute
est difficile à vivre. Le titre de son album sorti en 1999 y fera
d'ailleurs référence: Faut faire avec..., avec la maladie,
avec la vieillesse, avec le temps qui emporte ses meilleurs amis et les
plus grands chanteurs du 20e siècle (Trenet, Gainsbourg, Ferré,
Barbara, ...).
Malade,
affaibli, Gilbert Bécaud trouve cependant la force d'enregistrer
Le Cap, un disque qu'il n'aura pas le temps de voir publier. Il meurt le
18 décembre 2001, d'un cancer du poumon, sur sa péniche parisienne,
et est enterré au Père Lachaise, près de ses "pairs",
Piaf et Montand.
Le
tout Paris lui rend un dernier hommage le 21 décembre, à
l'église de la Madeleine, dans un Paris en larmes qu'il aimait tant.
Il
laisse l'image d'un jeune homme électrique, toujours en mouvement,
exemple d'une chanson française sans frontières. Sa cravate
à pois, ses quelques 400 chansons et sa main sur l'oreille lors
de ses concerts restent à jamais dans nos coeurs.
Discographie:
GILBERT
BECAUD Album - 2002 EMI France (réf. 7243 5388962 3)
FAUT
FAIRE AVEC...Album - 1999 Odeon records (réf. 7243 5 20351 2
0)
OLYMPIA
97: Live - 1997 BMG RCA (réf. 743215 29542)
BECOLYMPIA
(LES MEILLEURS MOMENTS 1955-1983): Live - 1997 EMI (réf. 821
044 2)
ENSEMBLE:
Album - 1996 BMG RCA (réf. 7432141882)
ENCORE
PLUS DE BECAUD: Compilation - 1996 EMI (réf. 837 588 2)
DES
CHANSONS D'AMOUR: Compilation - 1995 EMI (réf. 834 132 2)
UNE
VIE COMME UN ROMAN: Album - 1993 BMG RCA (réf. 7432117382)
Album
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