Grâce à une sortie avancée pour les seules villes de New York et Los Angeles, la prochaine réalisation de Gus Van Sant devient éligible à la 85e cérémonie des Oscars, qui se tiendra le 24 février prochain.

Le film porté et écrit par Matt Damon étendra sa sortie au reste des États-Unis en janvier 2013. Aucune date n'a encore été communiquée pour l'Europe.

Gus Van Sant dirigera Matt Damon pour la quatrième fois après Will Hunting, A la rencontre de Forrester et Gerry. Le réalisateur a accepté de mettre en scène un scénario du comédien, un temps envisagé comme première réalisation par ce dernier. Un manque de temps à consacrer à la pré-production du film avait contraint l'acteur à envoyer le script à son confrère et ami.

Promised Land suivra un directeur des ventes débarquant dans une petite ville, événement qui changera radicalement sa vie. Matt Damon a coécrit le scénario avec John Krasinski, comédien vu dans la série The Office et dans les films Away We Go et Pas si simple.

En 2013, il s'investit dans un autre projet délicat : Ma vie avec Liberace est le dernier long-métrage de Steven Soderbergh, qui, peinant à trouver un financement pour le cinéma, est produit pour la télévision. Le téléfilm est acclamé par la critique, notamment pour la performance des acteurs, Damon et Michael Douglas dans le rôle-titre.

La même année, il retourne aux blockbusters avec Elysium, un thriller de science-fiction de Neill Blomkamp. Le film reçoit des critiques très mitigées, mais fonctionne correctement au box-office.

En 2014, il participe à la cinquième réalisation de George Clooney, Monuments Men, qui malgré un casting de luxe - Clooney lui-même, entouré de Bill Murray, Cate Blanchett, John Goodman et Jean Dujardin - et un sujet prometteur - la récupération des œuvres d'art volées par les nazis durant la seconde guerre mondiale -, est un énorme échec critique, et peine à convaincre largement le grand public.

En fin d'année, il peut néanmoins compter sur le nouveau blockbuster de Christopher Nolan, Interstellar, avec lequel il collabore pour la première fois, et ce aux côtés de Matthew McConaughey, Anne Hathaway et Jessica Chastain. Le film de science-fiction est un énorme succès critique et commercial.

En 2015, on le retrouve de nouveau au cœur d'une nouvelle aventure spatiale, cette fois en tant que tête d'affiche : l'ambitieux Seul sur Mars, un film de Ridley Scott, pour lequel il est entouré de Jessica Chastain, Kristen Wiig, Kate Mara et Sean Bean.

L'année 2016 sera marquée par la sortie de La Grande Muraille, un thriller historique du cinéaste chinois Zhang Yimou, mais surtout par son retour dans le rôle de Jason Bourne, pour un cinquième opus mis en scène par Paul Greengrass. Il en co-signe également le scénario, dont il a développé l'idée originale avec le réalisateur

10 choses à savoir de Matt Damon:
1 "Mystic Pizza"

Pour son premier film, qui est aussi le premier rôle d’envergure de Julia Roberts, Matt Damon a 18 ans et prête ses traits (encore bien poupons) à Steamer, petit frère wasp et old school du boyfriend de la future star de "Pretty Woman", laquelle incarne une nana délurée d’origine portugaise. A noter qu’il a été préféré à Ben Affleck, qui postulait pour le même rôle.

2 Rocky Tarantino

 "Will Hunting", le scénario qu’il écrivit et qui le révéla avec son ami Ben Affleck lors de sa sortie en 1997, a deux sources d’inspirations majeures. La première ? "Rocky", conçu vingt ans plus tôt par Sylvester Stallone avec une abnégation aussi légendaire que son personnage. Alors nobody absolu, évincé des castings du tout-Hollywood, Sly refusa de vendre son script aux studios à condition d’incarner le rôle principal d’un champion résilient : il avait précisément écrit "Rocky" pour lancer sa carrière d’acteur. "Will Hunting" est pensé pareil, comme une carte de visite.

Sylvester Stallone dans "Rocky", d'après un scénario que l'acteur alors inconnu écrivit lui-même pour lancer sa carrière (SIPA)

Deuxième source d’inspiration ? "Reservoir dogs" de Quentin Tarantino. Pas pour ses punch-lines acérées ni pour ses gerbes de violence, mais pour la composition de son casting : une poignée d’acteurs solides mais peu connus, associée à une star pas trop onéreuse dans un rôle de complément, mais suffisamment charismatique pour permettre le financement du film. A voir la présence de Robin Williams à l'affiche de "Will Hunting" (qui remporta l’oscar du meilleur second rôle), il est évident que Damon et Affleck ont retenu la leçon.


Steve Buscemi et Harvey Keitel dans "Reservoir dogs" de Quentin Tarantino (SIPA)

3 Liaisons dangereuses

Reconnaissant envers Harvey Weinstein d’avoir tiré "Will Hunting" de sa voie de garage (le mogul racheta le script en 1996 à Castle Rock qui dormait dans les tiroirs du studio), Matt Damon n’en fut pas pour autant son béni oui-oui, comme pourraient le supposer leur longue collaboration (4 films ensemble), leur familiarité apparente (Weinstein le surnommait son "petit frère") et les rumeurs de complaisance qui collent à la peau de l’acteur depuis la déchéance de l’ex-big boss de Miramax. On peut au moins en conclure que chacun des deux a su tirer avantage de l’autre, au cours d’une relation professionnelle assez tordue qui laissa tout à la fois de bons films et de mauvaises traces.

Matt Damon et Ben Affleck encadrent Harvey Weinstein. A moins que ce ne soit l'inverse (SIPA)

Au débit de Weinstein, on recensera le fait d’avoir financièrement roulé Damon dans la farine – cachets sans rapport avec sa cote sur le marché, gros pourcentage de royalties de "Will Hunting" jamais versé – et d’avoir laminé au montage "De si jolis chevaux".

Matt Damon, on le sait, est accusé d’avoir faire pression sur les journalistes du "New York Times" pour protéger son mentor - ce qu’il a fermement démenti. Son entretien avec Michael Strahan dans "Good morning America" le 23 octobre sur ABC, comporte pourtant une légère dose d’ambiguïté, quant à ce qu’il savait ou non.
"Je savais qu’il était un salopard. Il en était fier. C’est comme cela qu’il se supportait. Je savais qu’il était un coureur de jupons, mais j’étais loin de penser qu’il était le prédateur sexuel qu’il s’est avéré être."
Et pour le harcèlement de Gwyneth Paltrow, sa partenaire dans "Le Talentueux Mr Ripley" (produit par Weinstein) ? Il le savait...

4 Vrais potes, faux jumeaux

Originaires de Boston, copains comme cochons, Matt Damon et Ben Affleck ont été élevés à quelques pâtés de maisons l’un de l’autre, tous deux nourrissant le même désir de cinéma. Sauf qu’à l’orée de leur gloire initiée par le succès de "Will Hunting", le petit blondinet fait plus attention à la qualité des scénarios qu’il reçoit (et surtout le prestige des cinéastes avec lesquels il tourne), tandis que le grand échalas à bouche ouverte, plus instinctif, pense davantage au cash. Résultat : le premier mène une carrière sans nanar ni temps mort quand le second alterne les creux et les bosses. En avril 2013, Matt Damon nous disait à propos de son pote :
"Souvenez-vous de Ben il y a dix ans, quand il faisait la une des journaux avec Jennifer Lopez. A cette époque, il m'a passé un coup de fil et m'a dit ceci : 'Je suis à la pire place. Je vends des magazines mais plus aucune place de cinéma.'" 
Hormis "Dogma" en 1999, leurs routes ne se sont plus jamais croisées sur un plateau. Tout sauf un hasard.
"Ben est un scénariste-acteur, comme moi. Il aime jouer les rôles qu'il écrit. Cela m'aurait bien plu de participer aux films qu'il a réalisés comme "The Town" ou "Argo". Sauf qu'à chaque fois, il se réservait le rôle."
SIPA

5 Le jackpot sur un fil

Le tournage de "La mémoire dans la peau", le film qui a fait de Damon un héros d’action et bétonné sa carrière de superstar, ne fut pas loin d’une Bérézina sans nom. Alors que l’acteur était à l’origine, un choix par défaut, (Brad Pitt, qui se désiste au dernier moment, était le premier contacté), il doit, une fois sur le plateau, arbitrer l’affrontement que se livrent les cadres d’Universal et le réalisateur Doug Liman. Le producteur Frank Marshall reproche à Liman ses méthodes peu orthodoxes, issues du cinéma indépendant, qui engendrent tâtonnements, retards et tensions nerveuses. L’actrice Franka Potente, se dit notamment "stressée" par la manière dont la dirige le cinéaste. Lequel se sent peu à peu dépossédé de son propre film : il se voit interdire de tourner à sa guise, notamment le final, réécrit en hâte et ficelé à plusieurs mains.
Doug Liman dirige Matt Damon et Franka Potente sur le tournage de "La Mémoire dans la peau" (SIPA)

Repoussé de mois en mois, pour ne sortir qu’en juin 2002, "La mémoire dans la peau" voit finalement sa guigne le quitter. Il était à l’origine programmé pour sortir aux alentours du 11 septembre 2001 : pas top pour un film d’espionnage criblé de gun fights, de complots et d'explosions en milieu urbain. Damon, qui soutenait plus ou moins Liman dans cette affaire, n’a cependant plus jamais tourné avec lui. Et a intronisé Paul Greengrass réalisateur officiel des "Jason Bourne" suivants.

6 Yo-yo

Acteur de composition, Matt Damon a fait du gain ou de la perte de poids une religion. Au naturel plutôt fervent d'un régime alimentaire à base de tacos, il sait fondre quand il le faut. Il perd 13 kilos pour "Le talentueux Mr Ripley" (1999), remake du "Plein soleil" de René Clément. Fastoche : pour camper le rôle d’un soldat squelettique dans "A l’épreuve du feu" (1996), il s’était délesté de 20 kilos. A l’inverse, se bâfrant de McDo, de bière et de Doritos, il s’est sculpté une série spectaculaire de bourrelets pour son rôle d’espion à la noix dans "The Informant" (2009) : 13 kilos de plus que son poids de forme. Robert De Niro peut aller se rhabiller.

7 Soldat pacifique

A Boston, il a grandi à deux pas du grand intellectuel local Howard Zinn, figure emblématique de la gauche US, référence du pacifisme et auteur d’un célèbre contre-point à l’histoire officielle américaine – "Une histoire populaire des Etats Unis". Dans "Will Hunting", le héros écoute régulièrement la version audio de l’ouvrage dans son walkman. De 2003 à 2009, Damon participe, avec d’autres stars d’Hollywood (Morgan Freeman, Danny Glover, Bruce Springsteen) à une séance de lecture d’ "Une histoire populaire...", le tout formant un film, "The people speak" diffusé en 2009 sur Discovery Channel. En 2012, l'acteur a lu en public un autre texte de Zinn sur la désobéissance civile, son autre grand cheval de bataille.

9 Acteur studieux

Oscar du meilleur scénario en 1998, Matt Damon a toujours écrit ses scripts avec ses partenaires de jeu. "Will hunting" avec Ben Affleck, "Gerry" avec Casey Affleck (le frère de Ben et son unique partenaire dans le film de Gus Van Sant), et "Promised land" avec John Krasinski, qui à l’écran joue son rival écolo. Fruit du hasard ? Pas du tout, il le fait même exprès.
"Sur un plan purement pratique, c'est plus efficace de tester vos répliques au moment où vous les écrivez. Une sorte d'impro avant la lettre qui peut se poursuivre sur le plateau sans que le scénario s'en trouve défiguré. Je me souviens avoir beaucoup improvisé sur "Gerry" avec Gus et Casey Affleck."

10 Pas d'autre ami comme toi

"Dans ce métier, il n’y a personne en qui j’ai plus confiance que Gus Van Sant", nous racontait Damon en 2013 à propos de son cinéaste sur "Will Hunting", "Gerry" et "Promised land". Leur première rencontre a pourtant été un semi coup de foudre, sur le moment assez frustrant mais concluant à rebours. Nous sommes en 1994, lors d’une audition pour un rôle d’ado perclus de malaise dans le film "Prête à tout", une comédie noire avec Nicole Kidman.

CINÉMA - 2018
 Ce samedi 28 juillet, le journal The Daily Beastpubliait un article sur l'incroyable histoire de Jerome Jacobson. Né en 1943 dans l'Ohio, cet ancien policier a monté, à la fin des années 90, une énorme arnaque autour du jeu à gratter Monopoly de McDonald's.

Reconverti en responsable sécurité de la société, en charge de fabriquer les petites vignettes à collectionner, il a truqué le jeu pour remporter chaque prix pendant des années. Avec l'aide de ses complices notamment des gangsters, des médiums, des propriétaires de strip-clubs ou encore des trafiquants de drogue, il a détourné 24 millions de dollars avant d'enfin être arrêté après une longue enquête du FBI au début des années 2000.

Avec cette affaire complètement folle mais vraie, Hollywood a tout de suite flairé le bon scénario. Après une courte bataille entre plusieurs grands noms notamment Netflix et Warner Bros, c'est finalement l'acteur et réalisateur américain Ben Affleck avec le groupe Fox qui a obtenu les droits d'adaptation de l'article de Jeff Maysh, rapporte le site Deadline ce jeudi 2 août.

L'interprète de Batman sera derrière la caméra tandis que Matt Damon tiendra le rôle principal de cette histoire. Paul Wernick et Rhett Reese, les scénaristes de "Deadpool" ou encore "Zombieland" écriront le scénario.

La rumeur enflait...(17 janvier 2018)
 
Cette semaine, l'actualité people a notamment été marquée par des rumeurs persistantes qui affirmaient que Matt Damon était sur le point d'acheter une maison à Byron Bay, en Australie, afin d'y installer sa famille. Une démarche qui aurait été motivée par la volonté de quitter temporairement les Etats-Unis pour fuir la présidence de Donald Trump. En désaccord avec la politique du chef d'Etat américain, l'acteur de 47 ans avait fermement soutenu Hillary Clinton lors de la campagne présidentielle de 2016.