‘‘Les grands Disparus"

"Marlon Brando"
(1924-2004)
Né le 3 avril 1924, décédé le 1 juillet 2004


Biographie  Photos

Fin d'une légende
Marlon Brando, «le plus grand acteur du monde», s'éteint à 80 ans 
Marlon Brando, qui possédait des origines anglaises, irlandaises, mais aussi françaises (le nom de famille original de son père est Brandeau), a fait basculer le cinéma américain d'après-guerre dans la modernité.
Marlon Brando est mort; celui dont on a souvent dit qu'il était le plus grand acteur du monde.
 L'avocat de Marlon Brando a annoncé aujourd'hui que l'acteur était mort dans un hôpital de Los Angeles.
Il souffrait d'une fibrose pulmonaire et sa santé a brusquement décliné ces derniers jours. Son avocat, David Seely, s'est contenté de rappeler, en annonçant publiquement la nouvelle hier, que son célèbre client était un homme très « secret ».


BIOGRAPHIE
Marlon Brando Jr.
Né le 3 Avril 1924 à Omaha, Nebraska (Etats-Unis)
Mort le 1er juillet 2004, à Los Angeles
Père producteur
Mère actrice, Dorothy Pennebaker.
Benjamin d'une famille de trois enfants.
Divorcé de Movita (1960 - 1962) 2 enfants, d'Anna Kashfi (1957 - 1958) 1 enfant et de Tarita,
2 enfants
7 enfants : Christian Devi (alias Gary Brown), Miko, Rebecca, Simon Tehotu, Cheyenne (morte), Ninna Priscilla, Stefano (alias Stephen Blackehart)
Marlon Brando n'est pas qu'un acteur c'est un mythe. Une icône du septième art à l'instar de Marylin, Louise Brooks et James Dean. Son extraordinaire présence, sa voix grave, son regard hypnotique donnent à ses dialogues des parfums d'incantations, à ses films des allures de testaments bibliques. Son look, son allure, sa beauté ont été des standards d'une époque. Il est un exemplaire unique, un comédien à la gueule de Commandeur, qui n'a jamais fait du cinéma en jouant des rôles, en faisant semblant d'être un autre mais en incarnant des personnages, physiquement et mentalement.

ll est né dans une ancienne réserve sioux, détail d'importance comme on le verra plus tard. Surtout, Marlon Brando est né acteur, comme le prouve le portfolio qui illustrait son autobiographie parue en octobre 1994, Les Chansons que ma mère m'apprenait, écrit pour régler les notes astronomiques des avocats engagés dans la défense de son fils. Un cahier d'images empruntées à son album personnel, seule raison éventuelle d'acheter le livre, révélait un portrait de lui à douze ans sur la plage de Balboa en Californie. Un très jeune Brando, troublant parce que spontanément acteur de son étrange beauté. La preuve que Marlon Brando a d'abord été une star, pleinement conscient de son statut. Bien sûr, il y eut l'étape considérée comme fondamentale de l'Actor's Studio, où il rencontra son mentor, Stella Adler, qui façonna l'acteur en lui faisant travailler entre autres, sa diction. Il en ressortit avec ce souffle de voix légendaire, ce phrasé d'une douceur féminine qui conférait à son corps si ostensiblement masculin une légèreté unique. On ne peut certes pas rapporter Brando à son seul physique, mais il va de soi que sa gueule et son corps ont largement contribué à son ascension. Un poster pourrait tout résumer: celui de l'Equipée sauvage, de Lazlo Benedek (1954,) qui a dû tapisser à peu près toutes les chambres de jeunes filles (et de jeunes garçons) de la planète. On l'y voit chevauchant un énorme engin, la casquette cuir, le tee-shirt graisseux et le Perfecto luisant. Bref, Brando était bien sûr un sex-symbol de cette espèce inconnue avant lui et qui, depuis son avènement, a fait école: un peu mauvais genre, un rien voyou; il joue la carte de la brutalité et, on suppose, de l'animalité au plumard.


Milieu modeste, mère alcoolique, père «connard patenté»

Dans son autobiographie, Brando, notoirement autiste, ne révèle rien. En tout cas, il ne lève aucun des secrets qui pourraient expliquer qui il fut vraiment. Inutile, non plus, d'aller chercher du côté d'une biographie non-autorisée au soufre frelaté, due à Peter Manso. On ne sait rien de Brando, sinon quelques détails qui peuvent participer à l'élaboration de son mythe. Comme Marlène, il ne savait sans doute pas pourquoi il était devenu ce mythe, mais il avait appris avec le temps de quoi les mythes sont faits. De son enfance, il fera donc un portrait «psychologiquement correct»: milieu modeste, mère alcoolique, un père qualifié de «connard patenté», une enfance difficile, une scolarité émaillée de renvois divers, jusqu'à son exclusion de l'Académie militaire du Minnesota. Bref, ce que Brando semble vouloir imposer à toute force, c'est l'image d'un adolescent écorché vif, dont la jeunesse gâchée ne pouvait mener qu'à la délinquance. Ou au cinéma. Ce sera le cinéma, mais en passant d'abord par la case théâtre. Premières planches à Broadway, dès 1944, à vingt ans, avec «Un tramway nommé Désir», de Tennessee Williams, mis en scène par Elia Kazan. Deux hommes remarquables, chacun dans son genre, qui vont jouer ce rôle de fée dont les mythologies cinématographiques ne sont jamais avares. Elia Kazan d'abord, parce qu'il amènera Brando au cinéma et à la gloire avec la transposition au cinéma d'Un Tramway nommé Désir (1952). Film fondateur et acte de naissance certifié du mythe Brando, si le Tramway est une telle révélation, c'est que Brando y expérimente live les enseignements théoriques dont Stella Adler l'avait nourri. Pour la première fois, le cinéma prétend proposer une technique presque scientifique, dont d'innombrables acteurs et actrices se gargariseront à l'époque (Monty Clift, James Dean, Marylin Monroe) et par la suite (Pacino, Hoffman, Harvey Keitel et de Niro). Brando deviendra le porte-drapeau de cette nouvelle technique baptisée «la Méthode». Dogme principal: s'immerger dans la peau des personnages, vivre autant que faire se peut leur vie, se perfuser de réel. Dès 1950, il avait d'ailleurs séjourné plus d'un mois dans un hôpital de rééducation pour anciens combattants, aux seules fins de se conditionner pour son premier rôle de vétéran paraplégique et impuissant dans C'étaient des hommes, de Fred Zinneman.

Erotisme au masculin et conscience politique

Mais le Tramway nommé Désir, c'est aussi la naissance cinématographique du tee-shirt blanc moulant, jusqu'ici considéré comme un dessous masculin intime, que Marlon sort du placard et exhibe dans tous ses états: déchiré et décolleté pour mieux mettre en valeur ses dorsaux. Jamais Hollywood n'était allé si loin dans la démonstration d'un érotisme masculin. Cependant, Marlon Brando n'est pas seulement corps bien fait, c'est aussi, une conscience politique: dès les années cinquante, alors qu'il tourne le Jules César de Mankiewicz: il apprend qu'Elia Kazan, harcelé par la commission Mac Carthy sur les activités anti-américaines, a fait une déposition-délation. Brando éclate en sanglots. Un an plus tard, c'est pourtant avec Elia Kazan qu'il tournera Sur les quais, autre pièce fondamentale dans la construction du puzzle Brando, puisque le film (pas terrible) lui vaudra à la fois son premier Oscar et le prix d'interprétation à Cannes. Quant aux relations avec Tennessee Williams, elles connaîtront de meilleurs développements avec le magnifique scénario de l'Homme à la peau de serpent (1960), réalisé par Sidney Lumet. Si ce film mérite qu'on s'y arrête, ce n'est pas tant pour sa valeur propre que parce qu'il résonne aujourd'hui comme le signal d'une vraie constante dans la carrière de Marlon Brando. Il y incarne un homme venu de nulle part qui s'amourache d'une femme plus âgée que lui, et manifestement mal aimée, la divine Anna Magnani (dont le goujat Brando dira que c'était un calvaire de lui rouler une pelle parce qu'elle avait mauvaise haleine). Un homme secret, hanté, presque un fantôme et qui a toujours l'air d'étouffer de terribles démons au plus profond de lui-même. Cet archétype, on le retrouve à la puissance mille dans Reflets dans un œil d'or (1967), de John Huston, où il incarne un beau militaire d'une rigueur monacale marié à la torride Elizabeth Taylor, dont les charmes le laissent indifférent. On soupçonne l'impuissance et on tombe sur l'homosexualité refoulée après un certain nombre de séances d'humiliation aux limites du bondage: coups de cravache, plongée dans la boue la tête la première, sans parler de l'attachement quasi bestial que porte sa femme à son pur-sang, un étalon bien entendu. Même schéma ambigu dans Missouri Breaks (1976) d'Arthur Penn, où Brando interprète un tueur sadique habillé en grand-mère, peut-être l'un de ses derniers grands rôles.
La troisième fée au dessus de son plumard sera Joseph Mankiewicz qui l'entraîne vers le drame shakespearien avec Jules César (1953) et vers la comédie musicale avec Blanches Colombes et Vilains Messieurs (1955). Pour la petite histoire, ce film sera aussi l'occasion d'une rencontre Brando-Sinatra dont la chronique gossip rapportera que les deux lascars se sont cordialement détestés. C'est Brando qui aura le dessus, lors d'une scène où il fut obligé, chantant comme une casserole, de refaire la prise trente-sept fois. Face à lui, Sinatra dut lui aussi refaire trente-sept prises. Léger détail: le jeu de Frankie consistait à manger un cheesecake. Trente-sept fois, donc...


La cause des Noirs et des Indiens

Autre évidence, Brando n'a jamais joué les héros pur jus. Ni Gregory Peck, encore moins James Stewart, et surtout pas John Wayne: Brando n'a jamais sauvé de veuve ni d'orphelin. Il semblait avoir déjà beaucoup de difficulté à se sauver lui-même. A partir du début des années 60, si elle ne connaît pas d'éclipse, sa carrière souffre de quelques creux. Normal, l'acteur a d'autres chats à fouetter. Une vie de famille d'abord, puisqu'il a épousé la Tahitienne Tarita, rencontrée sur le tournage des Révoltés du Bounty (Lewis Milestone, 1962), et qui allait devenir la mère de Cheyenne Brando (son fils, Christian, lui avait été donné par une précédente épouse). Une activité politique ensuite, courageuse pour l'époque, puisqu'elle concerne la défense des droits civiques des Noirs américains (il fera partie des marcheurs qui accompagnent Martin Luther King en 1962 et témoignera plus que de la sympathie en faveur des Black Panthers). Idem pour les Indiens d'Amérique, dont il épousera la cause jusqu'à soutenir l'American Indian Movement, le plus à gauche du spectre politique. Surtout, Brando fait montre d'une véritable intelligence dans l'usage qu'il fait de sa célébrité et de son statut de star: lui qui ne parle pratiquement plus à personne ne mégote pas sa présence, son engagement personnel dans ce qu'il juge être des combats nécessaires. C'est d'ailleurs cette culture politique propre à Brando, et sans doute sincère, qui rend inexplicables des propos tenus à la fin des années 90 sur CNN où, dans un raccourci plus que maladroit, l'acteur s'en prenait à un supposé lobby juif hollywoodien qui caricaturerait les minorités. Il s'en était excusé ensuite.

Brando aura, entre-temps, joué dans des films qui nous laisseront de lui un autre souvenir. Il y eut La poursuite impitoyable, d'Arthur Penn (1967), rôle engagé contre la légitime défense et le racisme américains. Il y eut aussi une rencontre au sommet avec Charlie Chaplin, qui précisait avoir choisi l'acteur «à cause de son manque total d'humour», pour La comtesse de Hongkong: L'histoire officielle ne dit rien de ses relations avec Sophia Loren pendant ce tournage surréaliste. A partir de cette époque, en tous cas, Marlon Brando change. Il approche la cinquantaine, prend du poids et assume tout ça. Mieux, il en joue: après s'être lui-même minutieusement construit une aura de sex-symbol quasi insurpassable (qui pourrait prétendre aujourd'hui provoquer le même trouble, tous sexes confondus?), il va s'employer à la détruire avec méthode. L'année 1972 sera à cet égard plus que faste, avec les tournages simultanés du premier Parrain et du Dernier Tango à Paris. Pour les beaux yeux de Coppola, qui trépigne à ses basques, il acceptera l'affront d'une audition qu'on peut qualifier d'historique: Brando et ses 114 kilos arrivent les cheveux teints au cirage et les joues bourrés de Kleenex. Gagné! il fait sans problème soixante-cinq ans: le rôle est à lui. Fou de joie, il pratiquera volontiers, au cours du tournage, une technique maison, le «mooning», qui consiste à baisser son pantalon et montrer son large cul en toutes occasions. Sans doute était-ce là une illustration de sa fameuse réplique, qui deviendra si culte qu'elle pourrait résumer Brando: «Je vais vous faire une offre que vous ne pourrez pas refuser»... Mais c'est dans Le Dernier Tango à Paris que Bernardo Bertolucci le mettra à poil pour de bon. La belle idée du cinéaste italien consistait à prendre chez Brando ce qui restait en lui de puissance érotique et de le mettre à pied d'œuvre. Massif mais séduisant, Brando tournera là ses premières et dernières vraies scènes de cul (fameux épisode de sodomie beurrée sur tranche) et sera utilisé tel qu'il est, c'est-à-dire vieilli, cassé, fantomatique. La boucle est ainsi bouclée: l'animalité suggérée aux débuts de sa carrière est cette fois exposée plein cadre.
Mais tel un Sphinx, Marlon Brando renaît des cendres de l'oubli.
Ironie, le supermâle Brando tournera encore en 1978 le rôle du père de Superman (pour la modique somme de 3,7 millions de dollars et une apparition de quelques minutes) avant de cachetonner dans des productions médiocres, dont il proclamera à chaque fois qu'elles signent sa dernière prestation à l'écran: Christopher Columbus: the Discovery (non celui de Riddley Scott mais celui de John Glen, 1992).
De ces égarements plus ou moins sans conséquence, Brando ne s'expliquera jamais: on compte sur les doigts d'une main les interviews qu'il a accordées ces dernières années.

Là le physique légendaire de L'équipée sauvage est loin. L'icône visuelle s'est muée en idole cinématographique.
Marlon Brando enchaîne immédiatement avec un nouveau film choc : "Le Dernier Tango à Paris" du sulfureux Bernardo Bertolucci. Il donne tout dans ce film extrême, sexuel et philosophique. La légende attribue à l'acteur la paternité des répliques. Rien de surprenant tant Marlon Brando et son personnage Paul semblent se fondre dans ce film sous forme de thérapie mentale et de testament.

Marqué par ce rôle, définitivement "out" pour Hollywood, il se retire, ne sortant de son île du Pacifique que par intermittence pour quelques spectacles.
On l'aperçoit chez Arthur Penn, pour des réalisateurs amis comme Francis Ford Coppola (dément dans la folie Apocalypse Now) ou acceptant de se compromettre à des âneries pour des cachets énormes - 4 millions de dollars (à l'époque!) pour une voix dans Superman.
De 1980 à 1989, il se retire définitivement des plateaux de cinéma. Son absence à la Garbo construit sa légende.
Avec Marlon Brando tout est démesure. Les problèmes familiaux - homicide, suicide, obésité - minent l'homme qui est contraint d'accepter des rôles indignes de son talent, de son passé, de son intelligence.

Pas grave… De ce temps-là, il nous reste le souvenir du colonel Kurtz et de son crâne chauve dans Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola (1979). Pour les besoins du rôle, le metteur en scène sacrifiera trois semaines sur son plan de tournage (qui, soyons justes, n'en était plus à ça près) à expliquer en tête-à-tête à Brando la nature exacte de son personnage. Plus que jamais un fantôme.

Des années 90, on retiendra donc un papy comique dans "The Freshman" et un psy coloré dans "Don Juan di Marco". Il s'assagit, devient philosophe, s'octroie quelques moments de grâce dans des films modestes et frais. Il accepte par amitié de jouer dans le premier film de Johnny Depp, en faveur de la cause indienne. Tout cela reste cohérent : la loyauté est essentielle à Brando, comme elle est inexistante à Hollywood.
Il accepte finalement 3 millions de $, un tournage à Montréal, quelques lignes en français (son pays d'adoption É), et des scènes anthologiques avec De Niro pour "The Score". Ce thriller plutôt de bonne qualité lui permet de boucler la boucle de ses 30 dernières années de cinéma. De Niro incarnait le jeune Don Corleone de Coppola, tandis que Brando jouait le personnage vieux. Il éprouve un réel plaisir, une vraie décontraction. Le plateau de cinéma reste son aquarium.
Là encore, il n'a pas perdu de vue qu'il fait un métier qui n'a rien à voir avec l'entraînement à la Actor's studio. Juste avant la scène où Norton explique son plan à De Niro, Brando, en s'installant dans son fauteuil, pête un bon coup et décontenance le jeune comédien sou les rires de Bobby. Seuls Mel Gibson ou Depardieu auraient oséÉ
Atteint par une pneumonie, il n'a pu faire une apparition dans Scary Movie 2 malgré l'énormité du cachet proposé (2 millions de $ la scène). Un mal pour un bien. Le héros de Sur Les Quais, cette légende du septième art vomissant et chiant (il devait tenir le rôle de l'exorciste qu'interprète James Woods) pour gagner sa vie, cela aurait été un coup de poignard dans le cÏur les cinéphiles.
Car comment l'interpréter : Brando serait-il devenu une simple image s'auto-caricaturant? Ou est-ce un hommage de tous les jeunes de la culture blockbuster à un patrimoine qu'on regrette déjà d'avoir gâché?

"Ce qu'il a dit:"
" Dans quasiment tous mes films, j'ai réécrit mes rôles. Parfois, je les ai même écrit entièrement. "

" Le cinéma c'est toujours la même chose. C'est un business mais tout le monde parle des films comme d'un art. "

" Nous les acteurs, nous sommes le fantasme du public. On répond au besoin qu'ont les gens de rêver. "

Studio n°120 Mars 1997. (Très rare interview : à lire absolument pour les fans de Marlon Brando)

Sur le plateau d'Un tramway nommé désir.
Marlon Brando : "Pourquoi mettez vous toujours autant de parfum?"
Vivien Leigh : " Parce que j'aime sentir bon, pas vous?"
Marlon Brando : "Moi? Je ne me sers même pas de ma baignoire. Je crache en l'air et je me place dessous."


"Ce qu'on dit de lui"

Fascinant à l'écran comme dans la vie, Marlon Brando était unanimement considéré comme l'acteur le plus doué de sa génération, un monstre sacré récompensé par deux Oscars qui aura influencé certains des plus grands de la génération suivante, parmi lesquels Al Pacino, Robert De Niro et Jack Nicholson.
 
 

À la fin des années 80, Brando avait vécu une véritable tragédie avec le suicide de Cheyenne, sa fille, à la suite du meurtre de son amant par son frère. Les dépenses liées aux procès de ses sombres histoires l'avaient ramené devant les caméras. Fini le temps des chefs-d'oeuvres, c'est un Brando obèse et fatigué qui faisait son retour. On ne retiendra de son retour au cinéma que son interprétation dans Une saison blanche et sèche, en 1989.

Sa deuxième carrière se révèle plus chaotique encore que la première. Ses cachets sont de plus en plus mirifiques, mais les déboires de son fils, ses problèmes privés, les millions de dollars investis dans la défense des Indiens le contraignent à retourner «pointer».

En constante révolte, l'homme qui devait rendre indémodables jeans et blousons de cuir avec le film culte L'équipée sauvage (1953) était devenu avec le temps le cauchemar des producteurs.

Tout a été écrit sur ses frasques, son poids, ses nombreuses aventures et ses trois mariages, ses prises de position écologistes, son soutien inconditionnel à la cause indienne et son semi-exil sur un atoll polynésien.

Son profond mépris pour l'industrie lui fait refuser en 1973 l'Oscar du meilleur acteur pour son interprétation du Parrain. Il enverra à sa place une jeune Amérindienne, qui lira à la tribune une diatribe sur le traitement des siens par Hollywood...

Passionnée voire confuse, sa vie privée devient tragique avec la condamnation de son fils Christian, reconnu coupable du meurtre du petit ami de sa demi-soeur Cheyenne en 1990.
Le procès de ce dernier a presque ruiné Brando. Le comédien vivait depuis quelques années dans un modeste bungalow de Mulholland Drive, en Californie.

Cinq ans plus tard, celle-ci se donnera la mort, incapable de s'extraire de la dépression, au grand désespoir de son totem de père.

Toujours sous le feu des projecteurs malgré son retrait progressif des plateaux, cet homme usé par la vie n'aura jamais pu se conformer aux règles. «Je suis qui je suis», déclarait-il. «Et si je dois me cogner la tête contre un mur de briques pour rester vrai, je le ferai.»

"Ses récompenses"
Oscars

1973 Oscar du Meilleur Acteur pour Le Parrain
1955 Oscar du Meilleur Acteur pour Sur les quais

1990 Nominé dans la catégorie meilleur second rôle pour Une Saison blanche et sèche
1974 Nominé dans la catégorie meilleur acteur pour Un dernier tango à Paris
1958 Nominé dans la catégorie meilleur acteur pour Sayonara
1954 Nominé dans la catégorie meilleur acteur pour Jules César
1952 Nominé dans la catégorie meilleur acteur pour Viva Zapata
1952 Nominé dans la catégorie meilleur acteur pour Un Tramway Nommé désir
British Academy Awards: 1972 Meilleur acteur pour Le Corrupteur
Festival de Cannes: 1952 Meilleur acteur pour Viva Zapata
Golden Globes, USA: 1974 Meilleur acteur pour Le Parrain: 1955 Meilleur acteur pour Sur les quais
National Society of Film Critics Awards: 1974 Meilleur acteur pour Le Dernier tango à Paris
New York Film Critics Circle Awards
1974 Meilleur acteur pour Le Dernier tango à Paris
1954 Meilleur acteur pour Sur les quais
 
"Sa filmographie"
2001: The Score réalisé par Frank Oz , avec Edward Norton, Robert De Niro
1998: Free Money réalisé par Yves Simoneau,  avec Donald Sutherland, Charlie Sheen
1997: The Brave réalisé par Johnny Depp, avec Johnny Depp, Marshall Bell
1996: L'Ile du Docteur Moreau réalisé par John Frankenheimer
avec Van Kilmer, David Thewlis
1995: Don Juan DeMarco réalisé par Jeremy Leven
avec Johnny Depp, Géraldine Pailhas
1992:
Christophe Colomb : La Découverte (Christopher Colombus, The Discovery) réalisé par John Glenn
avec George Corraface, Catherine Zeta-Jones, Benicio Del Toro
1991:
Premiers pas dans la Mafia (The Freshman) réalisé par Andrew Bergman
avec Matthew Broderick, Penelope Ann Miller
1989:
Une Saison Blanche et sèche réalisée (A Dry White Season) par Euzhan Palcy
avec Donald Sutherland, Susan Sarandon
1980:
La Formule (The Formula) réalisé par John G. Avildsen, avec George G. Scott, John Gielgud
1979:
Apocalypse Now réalisé par Francis Ford Coppola, avec Martin Sheen, Dennis Hopper, Robert Duvall
1978: Superman réalisé par Richard Donner, avec Christopher Reeve, Gene Hackman
1976: The Missouri Breaks réalisé par Arthur Penn, avec Jack Nicholson, Randy Quaid
1972: Le Corrupteur (The Nightcomers) réalisé par Michael Winner
avec Harry Andrew, Christopher Ellis
1972:Le Dernier Tango à Paris (Ultimo tango a Parigi) réalisé par Bernardo Bertolucci
avec Maria Schneider, Catherine Allégret
1972: Le Parrain (The Godfather) réalisé par Francis Ford Coppola
avec Al Pacino, James Caan, Diane Keaton
1969: Queimada réalisé par Gillo Pontecorvo, avec Evaristo Marquez, Norman Hill
1968:
La Nuit du lendemain (The Night of the Following Day) réalisé par Hubert Cornfield
avec Richard Boone, Rita Moreno
Candy réalisé par Christian Marquand avec Richard Burton, Charles Aznavour
1967:
Reflets dans un Ïil d'or (Reflections in a Golden Eye) réalisé par John Huston
avec Elizabeth Taylor, Brian Keith
La Comtesse de HongKong (A Countess from Hong Kong) réalisé par Charles Chaplin
avec Sophia Loren, Tippi Hedren
1966:
L'Homme de la Sierra (The Appaloosa) réalisé par Sidney J. Furie; avec Anjanette Comer, John Saxon
La Poursuite Impitoyable (The Chase) réalisé par Arthur Penn, avec Robert Redford, Jane Fonda
1965: Morituri réalisé par Berhnard Wicki, avec Yul Brynner, Janet Margolin
1963:
Le Vilain Américain (The Ugly American) réalisé par George H. Englund
avec Sandra Church, Arthur Hill, Jocelyn Brando
1962:
Les Révoltés du Bounty (Mutiny on the Bounty) réalisé par Lewis Milestone
avec Trevor Howard, Richard Harris
1959:
L'Homme à la peau de serpent (The Fugitive Kind) réalisé par Sidney Lumet
avec Montgomery Clift, Dean Martin
1958:
Le Bal des maudits (The Young Lions) réalisé par Edward Dmytryk
avec Anna Magnani, Joanne Woodward
1957: Sayonara réalisé par Joshua Logan; avec Patricia Owens, James Garner
1956:
La Petite Maison de Thé (The Teahouse of the August Moon) réalisé par Daniel Mann
avec Glenn Ford, Machiko Kyo
1955:
Blanches colombes et vilains messieurs (Guys and Dolls) réalisé par Joseph L. Mankiewicz
avec Frank Sinatra, Jean Simmons
1954: Desirée réalisé par Henry Koster, avec Jean Simmons, Merle Oberon
Sur les quais (On The Waterfront) réalisé par Elia Kazan, avec Karl Madden, Lee J. Cobb
L'Equipée Sauvage (The Wild One) réalisé par Laszlo Benedeck, avec Mary Murphy, Lee Marvin
1953: Jules César (Julius Caesar) réalisé par Joseph L. Mankiewicz, avec James Mason, John Gielgud
1952: Viva Zapata! réalisé par Elia Kazan, avec Jean Peters, Anthony Quinn, Alan Reed
1951:  Un Tramway nommé désir réalisé par Elia Kazan, avec Vivian Leigh, Karl Madden, Kim Hunter
1950:  C'était des hommes réalisé par Fred Zinnermann, avec Teresa Wright, Everett Sloane

Réalisateur - filmographie
1961 La Vengeance aux deux visages, avec : Karl Malden, Katy Jurado
L'histoire : un repris de justice veut tuer son ancien complice devenu shérif.
 
 
 

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