Décès  de  "The man in Black" ( l'homme en noir)
Johnny Cash
Le monde de l'industrie pleure la mort de ce grand homme.
Né le 26 février 1932, décédé le 12 septembre 2003.

Johnny Cash en 1999

Biographie: page 1  //  page 2

Alias The Man in Black,  Nom J. R. Cash
Naissance 26 février 1932 à Kingsland, Arkansas,  États-Unis
Décès 12 septembre 2003 à Nashville, Tennessee,  États-Unis
Professions Auteur-compositeur-interprète, musicien, acteur
Genres Country, Rock 'n' roll, folk, gospel, blues, rockabilly
Instruments Frontman, guitare, piano, harmonica, mandoline
Années actives 1955 - 2003
Labels Sun 1955-1957, Columbia1957-1987, Mercury1987-1991, American
House of Cash, Legacy Recordings, Entourage The Tennessee Three
The Highwaymen, June Carter Cash
Statler Brothers, Carter Family
Site Web JohnnyCash.com

Il était un chanteur, guitariste et auteur-compositeur de musique country américain. Il a également pratiqué les styles rock and roll, rockabilly, blues, folk ou encore gospel.

Johnny Cash est connu pour sa voix de baryton caractéristique et ses basses profondes. Son comportement et ses vêtements sombres lui ont valu le surnom de l’Homme en noir. Il commençait traditionnellement ses concerts en disant : « Hello, I'm Johnny Cash. »

Une grande partie de la musique de Johnny Cash, en particulier celle de sa fin de carrière, fait écho aux thèmes de la douleur, de l'affliction morale et de la rédemption, comme ses chansons I Walk the Line, Folsom Prison Blues, Ring of Fire, Get Rhythm et Man in Black. Il a également enregistré des numéros humoristiques, tels que One Piece at a Time et A Boy Named Sue, un duo avec sa future épouse June Carter intitulé Jackson, ainsi que des Train Songs dont Hey Porter et Rock Island Line.

Origines:
Johnny Cash est de descendance royale écossaise. Après une rencontre fortuite avec un ancien laird des Falkland, le major Michael Crichton-Stuart, celui-ci a retracé l'arbre généalogique de Johnny Cash jusqu’au XIe siècle, en Écosse. Des recherches effectuées par sa fille Rosanne prouveraient qu'il est descendant de Malcolm IV d'Écosse, roi d'Écosse de 1153 à 1165. Johnny Cash a rajouté dans une interview « Mon ancêtre William Cash, un ancien marin, s'est installé à Westmoreland County, Virginie, en 1673 », (William Cash 1653-1708 est son ancêtre à la neuvième génération . Il avait cru durant sa jeunesse qu'il était d’origine irlandaise et partiellement amérindienne. Même après avoir appris qu'il n'était pas d’origine amérindienne, Johnny Cash a gardé de l'empathie et de la compassion pour les Amérindiens. Il a exprimé ces sentiments dans plusieurs de ses chansons, dont Apache Tears et The Ballad of Ira Hayes, et sur son album, Bitter Tears: Ballads of the American Indian .

Avec 90 millions d'albums vendus durant ses cinquante années de carrière, il est considéré comme une figure majeure de la musique américaine du XXe siècle. Il a sorti 145 albums (55 albums studio, 6 albums live et 84 compilations).
Il est aussi connu pour son engagement politique et son action en faveur des détenus devant lesquels il s'est souvent produit.
Il adoptera le prénom John au moment de son engagement dans l'armée de l'air des États-Unis, qui ne veut pas d'un soldat doté de seules initiales, puis prendra Johnny comme nom de scène en 1955. Ray et Carrie auront en tout six enfants : Reba Hancock, Jack, Joanne Cash-Yates, Roy et Louise Cash Garrett. Son plus jeune frère, Tommy, deviendra également un célèbre chanteur country.

Filmographie
 1959 : La Grande Caravane (Wagon Train) (Série TV) : Hoag
 1959 : Shotgun Slade (Episode "The Stalkers") (Série TV) : Shérif
 1960 : The Rebel (Épisode "The Death of Gray") (Série TV) : Pratt
 1961 : Door-to-Door Maniac[31]  : Johnny Cabot
 1961 : The Deputy (Épisode "The Deathly Quiet") ( Série TV) : Bo Braddock
 1971 : Dialogue de feu (A Gunfight) : Abe Cross
 1972 : The Night Rider (TV) : Johnny Laredo
 1974 : Columbo : Le Chant du cygne (Swan Song) (Série TV) : Tommy Brown
 1976 : La Petite Maison dans la prairie (Épisode "The Collection") (Série TV) : Caleb Hodgekiss
 1978 : Thaddeus Rose and Eddie (TV) : Thaddeus Rose
 1981 : The Pride of Jesse Hallam (TV) : Jesse Hallam
 1983 : Murder in Coweta County (TV) : Lamar Potts
 1984 : The Baron and the Kid (TV) : The Baron/Will
 1985 : Le Nord et le Sud (North and South) (Série TV) : John Brown
 1986 : Stagecoach (TV) : Marshal Curly Wilcox
 1987 : The Last Days of Frank and Jesse James (TV) : Frank James
 1987 : Le rebelle (Renegade) (Saison 4 Épisode "Le Choix à ne pas faire") (Série TV) : Henry Travis
 1993 : Docteur Quinn, femme médecin ("Saison 1 Épisode "La Loi de l'ouest") (Série TV) : Kid Cole
 1993 : Docteur Quinn, femme médecin ("Saison 2 Épisode "Les Bienfaits du ciel") (Série TV) : Kid Cole
 1994 : Docteur Quinn, femme médecin ("Saison 3 Épisode "Thanksgiving") (Série TV) : Kid Cole
1997 : Docteur Quinn, femme médecin ("Saison 5 Épisode "Pour le meilleur et pour le pire") (Série TV) : Kid Cole
 1997 : Les Simpson" (Épisode Le Mystérieux Voyage d'Homer) (Série TV) : Coyote (voix)
 1998 : All My Friends Are Cowboys : Johnny

J. Cash au Hollywood Walk of Fame
Johnny Cash a été intronisé au Country Music Hall of Fame en 1980
et au Rock and Roll Hall of Fame en 1992. 
Il a reçu un Grammy Legend Award en 1990 et 
un Grammy Lifetime Achievement Award en 1999.

Année Titre Certification

1963 Ring of Fire  disque d’or  disque de platine _
1964 I Walk the Line  disque d’or  disque d’or _
1967 Johnny Cash's Greatest Hits  double disque de platine _  disque de platine
1968 At Folsom Prison  triple disque de platine _  disque de platine
1969 At San Quentin  triple disque de platine _  disque de platine
1970 Hello, I'm Johnny Cash  disque d’or _ _
The World of Johnny Cash  disque d’or _ _
The Johnny Cash Portrait  disque de platine _ _
Johnny Cash Show  disque d’or _ _
1971 Johnny Cash's Greatest Hits, Vol 2  disque de platine _ _
1985 Highwayman  disque de platine _  disque d’or
1994 Super Hits  disque de platine _ _
1999 16 Biggest Hits  double disque de platine _ _
2002 American IV: The Man Comes Around  disque de platine  disque d’or  disque de platine
The Essential Johnny Cash  disque de platine _ _
2003 Unearthed  disque d’or _ _
2005 The legend of Johnny Cash  double disque de platine _ _
The legend  disque d’or _ _
2006 American V: A Hundred Highways  disque de platine  disque d’or  disque d’or

Année Titre Certification

1963 Ring of Fire  disque d’or  disque de platine _
1964 I Walk the Line  disque d’or  disque d’or _
1967 Johnny Cash's Greatest Hits  double disque de platine _  disque de platine
1968 At Folsom Prison  triple disque de platine _  disque de platine
1969 At San Quentin  triple disque de platine _  disque de platine
1970 Hello, I'm Johnny Cash  disque d’or _ _
The World of Johnny Cash  disque d’or _ _
The Johnny Cash Portrait  disque de platine _ _
Johnny Cash Show  disque d’or _ _
1971 Johnny Cash's Greatest Hits, Vol 2  disque de platine _ _
1985 Highwayman  disque de platine _  disque d’or
1994 Super Hits  disque de platine _ _
1999 16 Biggest Hits  double disque de platine _ _
2002 American IV: The Man Comes Around  disque de platine  disque d’or  disque de platine
The Essential Johnny Cash  disque de platine _ _
2003 Unearthed  disque d’or _ _
2005 The legend of Johnny Cash  double disque de platine _ _
The legend  disque d’or _ _
2006 American V: A Hundred Highways  disque de platine  disque d’or  disque 
 

Jeunesse

Dès l'âge de cinq ans, il travaille avec sa famille dans les champs de coton à Dyess en Arkansas et y est imprégné des chants des travailleurs. Le sud des États-Unis est alors baigné par le folk, les hymnes religieux, le gospel et la country[4]. Les temps sont durs et les difficultés de la famille, qu'elles soient dues aux conséquences de la Grande Dépression ou à une inondation, inspireront plusieurs des futures chansons de Cash. Fasciné par les chansons entendues à la radio, le jeune J.R. reçoit l'enseignement musical de sa mère et d'un ami d'enfance, et commence très tôt à jouer de la guitare et à écrire des chansons. Il se produira à la radio avant même d'être sorti du lycée.

Très proche de son frère Jack, de deux ans son aîné, J. Cash reste définitivement marqué par la mort de celui-ci, qui est presque coupé en deux par une scie circulaire sur laquelle il travaillait, à l'âge de 14 ans. Cash était absent lors du drame et a exprimé à de nombreuses reprises la culpabilité qu'il ressentait quant à cet événement, affirmant voir souvent son frère en rêve.

Après plusieurs expériences de travail difficiles dans plusieurs domaines, Cash s’enrôle dans l’US Air Force et est envoyé à San Antonio, au Texas, pour y être entraîné à l'interception de communication radio codées. Il part ensuite pour la base aérienne de Landsberg, en Allemagne. Il y restera trois ans, pendant lesquelles il écoute les communications des soviétiques, achète sa première guitare et forme son premier groupe nommé The Landsberg Barbarians”. Il est démobilisé le 3 juillet 1954, avec le grade de sergent, et retourne vivre au Texas .

À soixante-dix ans, Johnny Cash a passé l'âge des simulacres. Et c'est devant Dieu et personne d'autre qu'il consent à s'expliquer. C'est bien le ton de la confession qu'il a adopté dans ses albums depuis American Recordings en 1994. La série, toujours produite par Rick Rubin, comporte désormais ce quatrième volet. Mais "The Man Comes Around" sous ses allures de chant du cygne (noir) montre en même temps une irrésistible force de survie face à la maladie. Alors il multiplie les messages ("We'll Meet Again"). Il livre aussi les visions de l'au-delà qui le hantent, comme s'il était passé de l'autre coté pour revenir chez les vivants raconter ce qu'il a vu ("The Man Comes Around"). Il reprend à son compte "Hung My Head" de Sting, et réclame pardon ("Personal Jesus" la chanson de Depeche Mode, qui devient autobiographique). La puissance de l'interprétation vous percute et par moments, même, c'est le Cash le plus déterminé qui se fait entendre ("Sam Hall"). On ne s'étonne plus dès lors de trouver "I'm So Lonesome I Could Cry" de Hank Williams côte à côte avec "Hurt" de Nine Inch Nails. L'homme en noir montre plus que jamais avec cet album pourquoi toute sa vie il a porté son propre deuil. --José Ruiz 

Johnny Cash en 1997

Le chanteur est mort à l'âge de 71 ans, vendredi 12 septembre, à Nashville (Tennessee).  Johnny est décédé de complications résultant d'un diabète, qui ont entraîné une détresse respiratoire', a précisé son manager Lou Robin dans un communiqué diffusé par l'hôpital baptiste de Nashville.  L'homme en noir souffrait aussi d'une forme de neuropathie, une maladie du système nerveux, qui l'exposait à la pneumonie. 

Le chanteur est décédé à l'hôpital à 1h du matin (5h00 GMT). Il avait quitté l'établissement mercredi après deux semaines d'hospitalisation pour un problème à l'estomac. Son timbre de baryton et sa gravité existentielle en firent une des voix les plus singulières de la chanson américaine.
"J'espère que les amis et les fans de Johnny vont prier pour la famille Cash, afin qu'ils trouvent le réconfort dans cette période difficile" a ajouté le manager. 

    Plusieurs vedettes de la musique, dont le chanteur des Rolling Stones Mick Jagger et Elvis Costello, ont fait part vendredi de leur tristesse après le décès du légendaire chanteur de country Johnny Cash. 

"L'homme en noir" a aussi eu droit à l'hommage du président George W. Bush, qui a salué en lui une légende de la musique. Sa voix et "sa compassion humaine avaient gagné les coeurs et les âmes de plusieurs générations", a souligné le chef de la Maison Blanche dans un communiqué.

"Son influence s'est étendue sur plusieurs générations auprès de gens différents", a observé de la même façon Mick Jagger. "Je l'adorais en tant qu'auteur et en tant que compositeur. Je me souviens qu'il y a de nombreuses années, une partie de notre répertoire comprenait deux de mes chansons favorites de Johnny Cash: 'I Walk The Line' et 'Ballad Of A Teenage Queen".


Elvis Costello, qui écrivit pour lui "Hidden Shame" en 1990, l'a qualifié de "grand, grand homme". "Il m'a toujours chaleureusement accueilli chez lui et je n'oublierai jamais ça", a-t-il dit.
«Sa présence illuminait la pièce et on va le regretter», a commenté l'acteur George Clooney lors de l'émission Today sur NBC.
 

Marty Stuart, qui avait autrefois fait partie du groupe de Johnny Cash et qui a épousé sa fille Cindy, a estimé que le chanteur "ne répondait à personne d'autre qu'à lui-même, qu'à ce qu'il entendait dans son coeur, dans son esprit et dans son âme".

"Apprendre que Johnny était intéressé par le fait de reprendre ma chanson a été un moment déterminant dans mon travail", a confié Trent Reznor, du groupe Nine Inch Nails, en référence au titre "Hurt". "Le résultat m'a vraiment rappelé combien la musique peut être belle, touchante et puissante. Le monde a véritablement l'un de ses grands artistes".

"Je sais que les anges chanteront aujourd'hui et le paradis est un meilleur endroit avec l'arrivée de Johnny Cash", a de son côté déclaré le chanteur de country George Jones, un ami de longue date. "Je sais qu'il est plus heureux, maintenant qu'il est avec sa bien-aimée June (son épouse, la chanteuse June Carter, décédée au printemps dernier)".

Dolly Parton a pour sa part estimé que Cash ne "mourrait jamais. Il deviendra seulement plus important dans cette industrie au fil du temps".


Quant au chanteur Kenny Chesney, il a jugé que "l'homme en noir" était l'un des seuls artistes dont la musique était universelle. "Qu'on en ai eu conscience ou non, nous étions directement ou indirectement influencés par Johnny Cash", a-t-il dit. "Le rock 'n' roll, la country, le gospel: la musique de Johnny franchissait toutes les frontières qui se dressaient devant lui".

"Johnny Cash n'était pas seulement un géant dans le monde de la musique, mais il fait partie de ces gens qui sont devenus une icône culturelle en Amérique", a réagi Ed Benson, directeur général de l'Association de la musique country au micro de WTVF-TV à Nashville.

"Sa présence illuminait la pièce et on va le regretter", a pour sa part commenté l'acteur George Clooney lors de l'émission "Today" sur NBC. 

On le surnommait "l'homme en noir", mais c'est Nashville, qui ne l'appréciait guère - et réciproquement -, et le monde de la country music qui portent le deuil aujourd'hui. Avec Johnny Cash disparaît une des personnalités les plus sulfureuses de ce genre englué depuis longtemps dans les bluettes sucrées et, tout simplement, une des plus grandes voix de la chanson américaine. 

 Il a vendu 50 millions d'albums, enregistré plus de 1 500 chansons et en a composé plus de 400 pendant les quarante-cinq années d'une carrière qui aura exploré le country & western et le bluegrass bien sûr, mais aussi le folk, le rockabilly et le gospel. Sa notoriété a rapidement traversé les frontières du pays et du genre.

Johnny Cash, qui terminait un album de chansons écrites avec sa femme June, morte en mai, était le père de sept enfants. Parmi eux, sa fille Rosanne est une chanteuse renommée de country.

La gravité fut la marque de cet artiste cultivant les paradoxes. Gravité de son timbre de baryton, entre crooner et conteur, invariablement posé sur une basse continue de guitare. Gravité des thèmes qu'il a abordés, à mille lieux des paroles parfois lénifiantes de la country : chronique sociale (la condition des ouvriers, des paysans, des routiers, des taulards) et bigotisme religieux, légende dorée du Far West et défense des Indiens - comme dans la Ballad of Ira Hayes, histoire d'un GI indien qui brandit la bannière étoilée après la bataille d'Iwo Jima, se heurte au racisme à son retour et finit par se noyer dans l'alcool. Il proteste contre la guerre du Vietnam et ne cache pas sa fascination pour les armes à feu, chante l'éternité des grands sentiments et s'abîme dans le désamour et la déchéance individuelle. Les Sudistes peuvent être compliqués.

Et la vie de Johnny Cash ne fut pas de tout repos.  J.R. Cash (il optera pour Johnny à l'armée) était issu d'une famille de métayers baptistes comptant sept enfants, qui bénéficiera des programmes sociaux du New Deal. Il découvre le hillbilly, la musique des Appalaches, et commence, à 12 ans, à composer des chansons. A cet âge, il perd son frère aîné de deux ans, malheur qu'il considérait comme l'origine probable de son incurable mélancolie.

En 1950, il est incorporé dans l'US Air Force qui l'envoie en Allemagne. Il y écrit de futurs classiques, notamment Folsom Prison Blues, inspiré par le sinistre pénitencier californien. Il retourne aux Etats-Unis en 1954, pour y épouser une jeune fille de 17 ans. Vendeur en porte à porte à Memphis, capitale musicale du Sud, Cash trouve deux accompagnateurs, les Tennessee Two (le guitariste Luther Perkins et le bassiste Marshall Grant) et rencontre Sam Phillips, producteur de Sun Records, l'homme qui a découvert Elvis Presley, avec lequel il grave ses premiers titres, Hey Porter, Cry, Cry, Cry, Get Rhythm, puis I Walk the Line et Ballad of a Teenage Queen. Son ascension est fulgurante. Les portes du Grand Ole Opry, spectacle et émission de radio emblématiques de la country, lui sont ouvertes. Tout de noir vêtu, il y fait sensation avec son franc-parler et ses mauvaises manières.

 

En 1954, Johnny Cash et sa femme déménagent à Memphis, dans le Tennessee, où il travaille comme vendeur tout en étudiant pour devenir speaker à la radio. Il passe ses nuits à répéter avec deux amis musiciens, le guitariste Luther Perkins et le contrebassiste Marshall Grant, qui se font appeler les Tennessee Two. Il trouve finalement le courage de solliciter une audition à la maison de disque de Sam Phillips, Sun Records, berceau du Rock and Roll blanc dont elle accueille notamment les pionniers Elvis Presley et Jerry Lee Lewis. Peu impressionné par le gospel que lui présente le groupe, Phillips les encourage à trouver leur propre son, et finit par les signer lorsque Cash lui chante les chansons qu'il a lui même écrites, dans le style frénétique qui fera la célébrité de son groupe. Leur premier enregistrement pour Sun, comprenant Hey Porter et Cry Cry Cry, sort en 1955 et se vend raisonnablement bien.

Dès lors, tout s'accélère : le single suivant de Cash, Folsom Prison Blues, atteint la 5e place des meilleurs ventes country. Johnny Cash a été inspiré pour écrire cette chanson par le film Inside the Walls of Folsom Prison (1951), qu'il a vu lors de son service militaire en Allemagne dans l'Armée de l'Air des Etats-Unis. Cash a raconté : « Je me suis assis avec mon stylo dans ma main, essayant de penser à la plus mauvaise raison qu'une personne pourrait avoir pour en tuer une autre personne .»

Puis I Walk The Line se classe premier. Suit en juin 1957 Home of the Blues, après quoi Cash devient le premier artiste Sun à sortir un album, les singles régnant alors en maître sur le marché du disque. Mais le label de Sam Phillips devient rapidement trop petit pour Cash, pourtant son artiste le plus vendeur : Elvis Presley a déjà quitté Sun, et Phillips se concentre désormais sur la carrière de Jerry Lee Lewis. En 1957, à la recherche de plus de liberté artistique, le chanteur accepte l'offre alléchante de la compagnie de disque Columbia Records. Sur cette étiquette, il enregistre au début des années 1960, Don’t Take Your Guns to Town et The Ballad of Ira Hayes.

À la même époque, il tourne avec la Carter Family, famille de musiciens country légendaire aux États Unis. Une relation ambiguë naît entre Cash et l'une des filles de la famille, June Carter, chacun étant de son côté marié et chargé de famille.

En 1961, Cash devient également acteur, pour le film Five Minutes to Live, rebaptisé plus tard Door-to-door Maniac.

En 1974, Johnny Cash tourne dans un épisode de la série culte Columbo. Il s'agit de l'épisode 24 - troisième saison : Le Chant du cygne (Swan Song). Johnny Cash y interprète le rôle de Tommy Brown, un chanteur de country qui a assassiné sa femme.

Swing Low, Sweet Chariot interprétée par Cash en 1958 à la radio Guest Star
En 1958, Johnny Cash quitte Sun pour Columbia, continue de collectionner les tubes et commence à mener une vie en rapport avec son statut de vedette. Harassé par des tournées interminables, il ne tient le coup qu'avec une consommation effrénée d'alcool, d'amphétamines et de poudres diverses. Précurseur des caprices des rockstars, il se taille une solide réputation de démolisseur de chambres d'hôtel. En 1965, on l'arrête à la frontière mexicaine avec le contenu d'une pharmacie caché dans la caisse de sa guitare, épisode qui lui vaut d'être banni du Grand Ole Opry. Victime d'un accident de voiture puis d'une surdose, il passe une année à Nashville avec Waylon Jennings, autre "hors-la-loi" notoire, à tester des substances variées.
 

La rédemption le touche à la mi-temps des années 1960. Il divorce en 1966 pour épouser deux ans plus tard June Carter, une des filles de Maybelle Carter (chanteuse de The Carter Family, formation historique de la country). Sous son influence, il s'oriente vers une voie plus "paisible", empreinte de religiosité fondamentaliste, ce qui l'amènera plus tard à soutenir le prêcheur Billy Graham. Curieusement, ce virage ne le dessert pas artistiquement, puisqu'en 1968 et 1969 il publie coup sur coup deux chefs-d'œuvre, Live at Folsom Prison et Live at San Quentin Prison, qui dopent ses ventes.


Johnny Cash et son épouse 
June Carter Cash

(June Carter Cash est décédé le 15 mai  2003. (AP Photo/Mark )
Au début des années 1970, Johnny Cash est devenu une superstar. Il anime une émission de télévision sur la chaîne ABC, "The Johnny Cash Show" et y invite des artistes aussi divers que Bob Dylan - ami de longue date, qui l'avait lui-même convié sur son album Nashville Skyline -, Louis Armstrong, les Who ou Stevie Wonder, affichant ainsi son éclectisme et son refus de se laisser enfermer dans une chapelle. Cash tourne aussi dans des westerns vite oubliés, s'offre un musée consacré à sa personne, publie en 1975 une autobiographie gentiment mégalomane, Man in Black, et façonne son image de voyou ami de Richard Nixon.


A la fin des années 1970, les vieux démons refont surface. Son mariage bat de l'aile en même temps qu'il erre de studio en cure de désintoxication. Des histoires impossibles circulent : ses admissions à l'hôpital seraient dues à l'attaque d'une autruche, à une piqûre d'insecte, à une rage de dents...

Miné de l'intérieur, esclave des calmants, le solitaire trouve refuge dans l'amitié virile, en fréquentant d'anciens condisciples rescapés des gouffres : il publie en 1981 The Survivors, avec Carl Perkins et Jerry Lee Lewis, puis Class of 55, avec les mêmes et Roy Orbison, participe en 1985 au groupe The Highwaymen, aux côtés de Kris Kristofferson, Waylon Jennings et Willie Nelson. Projets sympathiques mais passéistes, qui révèlent surtout l'impasse artistique de Cash. On l'oublie lorsque paraît, en 1993, le premier volume de la série American Recordings, splendeur crépusculaire cousine du Nebraska de Bruce Springsteen, qui marque sa renaissance artistique.

Alors que sa santé l'avait obligé à arrêter les tournées et contraint à des hospitalisations répétées, Johnny Cash était toutefois apparu en avril 2001 lors d'un concert en son honneur réunissant Willie Nelson, Kris Kristofferson et Sheryl Crow. Ses relations avec Nashville étaient devenues exécrables depuis longtemps. Poussé vers la sortie par une industrie ingrate - malgré la statue qu'elle lui a édifiée au Country Music Hall of Fame de Nashville -, Johnny Cash s'était retiré dans la Virginie pastorale et enregistrait en Californie. En 1998, il avait profité d'une récompense aux Grammy Awards (l'équivalent des Victoires de la musique) pour s'offrir une pleine page dans le magazine Billboard.

Armé d'une guitare, manches retroussées, il pointait un majeur vengeur en direction de l'objectif, avec cette adresse : "American Recordings et Johnny Cash remercient l'establishment de Nashville et ses radios pour leur soutien." Dernier baroud d'honneur d'un homme blessé, amer et malade, qui avait toujours en mémoire le destin de Hank Williams, chassé du Grand Ole Opry et mort d'ivresse et de froid le jour de l'an 1953. Du génie foudroyé de la country music, Johnny Cash fut le plus flamboyant héritier, par ses paroles et par ses actes.


Compilations

Elles sont innombrables. Une des plus récentes, complètes et aisément disponibles en France est Man in black: The Very Best of Johnny Cash (2 CD Columbia/Sony, 2001).

Albums originaux

Columbia a réédité une douzaine d'albums dans sa collection Legacy, en les remastérisant et en les augmentant de bonus.

Parmi eux : Songs of Our Soil (1959), Hymns by Johnny Cash (1959), Ride this Train (1960), Orange Blossom Special (1965), Ballads of the True West (1965), Live at Folsom Prison (1968), Live at San Quentin (1969).

Les quatre albums chez American Recordings sont : American Recordings (1994), Unchained (1996), Solitary Man (2000) et The Man Comes Around (2002).

Album-hommage

Kindred Spirits (Columbia/Sony, 2002) : ses chansons sont reprises par une pléiade de stars, dont Bob Dylan, Bruce Springsteen, Little Richard, Dwight Yoakam ou Emmylou Harris.
 

08/07/2006 - 04h00
Après le décès de sa chère June
Johnny Cash a eu besoin d’enregistrer jusqu’à la fin

Johnny Cash et June Carter-Cash en 1999   Devenu presque aveugle à cause du diabète, Johnny Cash devait se déplacer en chaise roulante. Pour lui, la perte de son épouse, June, fut une épreuve écrasante. Néanmoins, en y réfléchissant, le producteur Rick Rubin ne fut pas étonné d’entendre la requête de Johnny Cash au lendemain de la mort de June Carter Cash en mai 2003. 

Il avait besoin de travailler. Il devait travailler afin de pouvoir lui-même continuer. Pour satisfaire à la demande de Johnny Cash, Rick Rubin aménagea un studio d’enregistrement dans une chambre à coucher de la propriété du chanteur au Tennessee, et désigna un ingénieur «sur appel» qui demeura de service presque jusqu’à la fin des jours de Johnny Cash. Cette légende de la chanson populaire américaine mourut quatre mois après son épouse. 

«Des sessions d’enregistrement étaient prévues tous les jours, se souvient Rubin, et si Johnny se sentait assez bien au réveil, il téléphonait et disait “ça fonctionne pour aujourd’hui”. S’il ne se sentait pas suffisamment en forme, il disait “on continuera demain”». 

Les résultats de certaines de ces sessions d’enregistrement s’avèrent éloquents à l’écoute du titre paru récemment American V: A Hundred Highways, le cinquième et dernier en date d’une série de disques réalisés par Rubin et qui couronnent la fabuleuse carrière de Johnny Cash. Cette dernière production constitue la réflexion musicale la plus émouvante sur la condition mortelle des humains depuis le dernier album de Warren Zevon avant sa défaite contre le cancer. 

Autrefois caverneuse et puissante, la voix de Johnny Cash tremble et s’étiole ici dans une enfilade de chansons empreintes de chagrin et de spiritualité. «Oh, Lord, help me to walk another mile, just one more mile, de chanter Cash sur la première plage du disque, I'm tired of walking all alone». 

Parmi la douzaine de chansons, l’on retrouve Like the 309, le tout dernier poème écrit par Johnny Cash, dans lequel il est question d’un train, thème tout à fait approprié pour l’homme qui autrefois avait chanté pour un détenu dont les seuls échos du monde lui parvenaient par le sifflet d’un train de nuit. 

Au cours de ce que furent les derniers mois de Johnny Cash, Rubin faisait régulièrement parvenir à Cash des mandats pour travailler sur des chansons. Cash suggérait ses propres idées, et son fils l’encouragea même à endisquer Further On (Up the Road) de Bruce Springsteen. 

Le producteur pressentait combien il était important de stimuler et de maintenir chez Johnny Cash son esprit créatif et son engagement artistique. 

18/04/2006 
Archives de Johnny Cash
Découverte de chansons inédites

June Carter Cash et Johnny Cash en 1985   Parmi des babioles de toutes sortes conservées dans une salle d'entreposage située derrière son studio d'enregistrement, Johnny Cash gardait des centaines de bandes. Parmi ces trouvailles, un ensemble identifié «Personal File», qui s'est avéré un véritable trésor auditif. 

Sur ces enregistrements solo, réalisés pour la plupart dans les années 1970, l'icône de la musique country interprète un peu de tout, comme le décrit le producteur Greg Geller: des ballades de salon de fin de 19e aux succès country du 20e siècle, Cash a choisi des chansons variées qui lui rappelaient des événements et des expériences de sa vie, des chansons de foi et d'inspiration.» 

Les admirateurs de Cash auront un avant-goût de ce matériel intimiste le 23 mai, à la parution de Personal File. Ce coffret de deux CD Columbia/Legacy offrira 49 extraits, la plupart comprenant des réflexions de Cash servant d'introduction aux pièces. 

Parmi les chansons publiées, mentionnons My Mother Was a Lady, The Way Worn Traveler, What Is Man, Louisiana Man, Saginaw, Michigan et une interprétation de la chanson traditionnelle irlandaise Galway Bay. 

Quelques semaines avant l'émergence publique de Personal File, Columbia/Sony Wonder/Legacy republiera le classique The Johnny Cash Children's Album. Le fils de l'artiste défunt, John Carter Cash, a contribué à la rédaction de nouvelles notes d'accompagnement au coffret, qui sera publié le 9 mai avec quatre pistes inédites ajoutées à l'édition originale. 

Le fils de Cash est le sujet d'une des nouvelles chansons de l'album, I Got a Boy and His Name Is Cash, Cash, June Carter John. On y trouve également des pièces comme Old Shep, One and One Makes Two et Nasty Dan. Cash a interprété une version de cette chanson pour Oscar the Grouch dans le cadre de l'émission Sesame Street, qui figure sur le coffret de 2003, Songs of the Street: 35 Years of Music. 


 

RETOUR INDEX:
VEDETTES  ACCUEIL 
Pour autres photos de Johnny Cash, cliquez ici


Vous voulez envoyer cette page à un ami(e)?

cliquez sur le logo:


 
 
 
 

 



 
 


Hit-Parade

annuaire