Avril:

Mois de la guitare

Une guitare, c'est bien, mais ça ne remplace pas une femme.
  [Roch Voisine]

Pour maîtriser la guitare, il faut dix années par corde.
  [Proverbe espagnol]

Guitare
La guitare est un instrument à cordes pincées joué avec les doigts ou avec un plectre (ou médiator). La guitare est un instrument dont la popularité, déjà établie aux siècles derniers, s’est accentuée avec la diffusion internationale des musiques anglo-saxonnes au XXe siècle (jazz, blues, pop, rock). La guitare est utilisée dans la bossa nova, la musique classique, le country, certaines musiques traditionnelles latines ou celtiques. Avec le piano et le violon, c’est probablement l’instrument le plus diffusé au monde.

Il existe différents types de guitares (acoustique, électrique, électro-acoustique…), tous issus de la guitare classique, et qui partagent des caractéristiques et des techniques de jeu communes tout en apportant une richesse sonore propre à cette famille d’instruments. Certaines guitares possèdent une caisse de résonance qui amplifie la vibration des cordes. La hauteur des notes est modifiée par appui d’un doigt sur la corde jusqu’à ce qu’elle rentre en contact avec le manche de l’instrument, réduisant ainsi la longueur de la partie susceptible de vibrer. Plus la partie vibrante est courte, plus le son est aigu.

Par son encombrement réduit, son faible poids, sa richesse harmonique, son coût modique et son adaptation à de nombreux genres musicaux, elle est l’instrument favori de beaucoup pour l’accompagnement du chant. Comme elle permet de chanter en même temps qu’on en joue, elle est aussi prisée par beaucoup d'auteurs-compositeurs-interprètes contemporains, surtout à leurs débuts.

Origines

Les premières traces connues d’instruments similaires à la guitare remontent à 3000 av. J.-C. environ en Perse. Étymologiquement, le mot « guitare » est une combinaison de deux mots : Guit qui provient du sanskrit Sangîta  signifiant « musique », et la seconde partie târ, purement persan et qui signifie « corde ». Le sanskrit était initialement une langue des Aryens, habitants de l’Iran et du Nord-Ouest de l’Inde. Malgré des sonorités proches, le mot « guitare » n’est pas dérivé du mot sitar, qui désigne un instrument à cordes, mais est peut-être passé par le mot grec kithara , et de façon presque certaine par l’arabe qîtâra, puis l’espagnol guitarra.

Dans le dictionnaire Escudier (1854), il est écrit à « Guitare » (p. 289) :
 « On ne sait rien de certain sur l'origine de cet instrument. On pense généralement qu'il est aussi ancien que la harpe (renvoi au mot), et que les Maures l'ont apporté en Espagne, d'où il s'est ensuite répandu en Portugal et en Italie. Du temps de Louis XIV, il était fort à la mode en France ; mais la vogue qu'il eut fut de courte durée, et après avoir brillé d'un éclat tout nouveau, il y a quelques années, sous les doigts d'artistes forts habiles, il est aujourd'hui presque complètement abandonné comme le plus ingrat et le plus monotone des instruments ». Quant à l'origine du mot, le dictionnaire d'Alain Rey indique à propos de ce nom : « Est emprunté au XIIIe siècle (1275-1280 quitarre), à l'espagnol guitarra morisca (guitare moreshe en français, 1349)
 Le mot espagnol remonte au grec kithara (cf. cithare) peut-être par l'intermédiaire de l'arabe kittàra. Le rapport avec le persan sih tar "trois cordes", nom d'instrument, et des mots apparentés (égyptien, chaldéen), n'est pas clair. Le nombre de cordes variant (sept en Grèce), plusieurs instruments sont désignés par ce nom. L'espagnol médiéval connaît la guitarra latina, proche de notre guitare actuelle, et la moresca à trois cordes proche du luth et de forme ovoïde. »

Ce sont les Maures qui apportèrent les premières guitares en Europe, en Espagne au Xe siècle. La forme moderne est apparue dans ce pays, après différentes évolutions des guitares latines et mauresques, sans doute en passant par la vihuela. Bien que voisine du luth, elle constitue une famille différente et leurs évolutions sont distinctes.

La Joueuse de guitare de Jan Vermeer van Delft (avant 1670).

La guiterne était un instrument populaire durant le XIVe siècle. Elle est restée en usage jusqu’à la moitié du XVIIe siècle. La guiterne était jouée avec un plectre, avait un corps plat, le corps et le manche étaient construits d’une même pièce de bois et avait habituellement quatre cordes simples. Pour le guitariste espagnol Paco de Lucía, l’inventeur de la guitare telle qu’on la connaît s’appelle Zyryab. Né à Bagdad, il a vécu à la fin du VIIIe siècle à la cour de Cordoue. Il a ajouté une cinquième corde au Oud (le luth arabe) et a fondé une école de musique qui eut une influence considérable sur la musique arabo-andalouse.

C’est le luthier espagnol Antonio de Torres, en 1874, qui donna à la guitare la forme et les dimensions de la guitare classique actuelle. De nombreuses déclinaisons ont été créées au XXe siècle (folk, jazz, électrique) à partir de cette guitare Torres.


La tête
Les différents éléments d’une guitare acoustique.

Située, comme son nom l’indique, à l’extrémité du manche, c’est sur elle que viennent s’attacher les cordes. Leur tension peut être modifiée pour les accorder à l’aide des mécaniques, un système de vis sans fin actionnées par des clefs, qui entraînent de petits rouleaux sur lesquels s’enroulent les cordes. Celles-ci passent ensuite par le sillet de tête, petite barre généralement en os (ou en plastique pour les guitares de qualité inférieure), dans laquelle sont creusées de petites rainures qui guident chaque corde vers le manche au sortir de la tête.

Il existe aussi des guitares à double manche. Ces deux manches montés parallèlement permettent de changer d’accordage pendant un morceau tout en conservant la même guitare, et peuvent même être utilisées en simultané. C’est ainsi que s’en sert par exemple le guitariste polonais Adam Fulara, notamment lors de ses interprétations en tapping de Bach à la guitare. Il existe aussi des guitares double manche dont l’un est simple et l’autre monté avec 12 cordes.

Il existe également des modèles électriques sans tête. La mode à été initiée au milieu des années 1980 par la firme Steinberger. L’accroche et l’accordage des cordes se font au niveau du cordier.

Le guitariste pince les cordes de la main droite et bloque les cordes avec les doigts de sa main gauche. Certains gauchers inversent la position de la guitare, ainsi que celles des cordes (là où d'autres la conservent dans le même sens comme Albert King), pour garder les graves vers le haut : le manche est alors à droite. Outre le déplacement des cordes, d’autres modifications sont nécessaires sur une guitare acoustique pour gaucher : le barrage (petite barre en bois renforçant la table) de la table d'harmonie est en effet différent du côté des graves et des aigus, et doit être retourné.

Le manche

Le manche est une pièce essentielle, puisqu’il sert au guitariste à déterminer quelles notes il va jouer, et de quelle manière (et parfois à les jouer directement, grâce à des techniques comme le legato). Sur une guitare classique, le manche est relié au corps par le talon, pièce de bois collée qui peut adopter des formes différentes suivant les luthiers.

Avec les guitares électriques sont apparus les manches vissés, moins chers à produire et plus faciles à réparer mais qui peuvent altérer les qualités sonores de l’instrument. Certains fabricants, notamment Gibson Guitar Corporation, continuent donc à utiliser la technique du manche collé sur leurs modèles haut de gamme, telle la Les Paul de chez Gibson. Cette technique garantit un meilleur sustain au son de la guitare.

Pour garantir un meilleur sustain, certaines guitares, comme la Gibson Firebird, sont construites à partir d’un manche dit « conducteur » ou « traversant ». Il est appelé ainsi car il traverse entièrement la caisse de l’instrument, permettant de conduire ainsi le son, et donc les vibrations, de la meilleure des façons possibles.

Un manche vissé au corps sur une guitare électrique

La plupart des guitares sont montées « à gauche », c’est-à-dire qu’en position de jeu, le manche se place à la gauche du musicien. Cependant, il existe aussi des instruments inversés destinés aux gauchers, appelés « guitares gaucher ».

Par convention, la corde la plus grave se trouve en haut du manche et la plus aiguë en bas, dans une configuration classique de droitier. Cette convention se répercute aussi sur l’appellation des mains : en général, la « main droite » gratte les cordes au-dessus de la caisse, la « main gauche » est celle qui plaque les accords et les notes sur le manche, quelles que soient effectivement les mains qui réalisent ces actions.

D’autre part, les manches des guitares à cordes métalliques (électriques et folk) sont en général équipés d’un truss rod, barre métallique traversant le manche afin de l’aider à résister à la tension très importante exercée par les cordes. Ce truss rod est le plus souvent réglable, ce qui permet au guitariste d’adapter la forme de son manche à ses préférences personnelles, mais aussi aux différents tirants de cordes, voire au vieillissement du bois.

La touche:
Deux exemples de touches avec inserts.

La touche, fine planche de bois dur ? souvent en ébène, en palissandre ou en érable ? fixée sur le manche, ou pouvant être partie intégrante de celui-ci dans le cas d’un manche en érable sans touche rapportée (procédé utilisé notamment par Fender) est la partie sur laquelle le guitariste pose les doigts de sa « main gauche » pour modifier la hauteur des sons produits par les cordes. Les différentes notes y sont séparées par des barrettes appelées frettes (to fret en anglais signifie « découper le bois ») qui délimitent des « cases ». La touche est prolongée à partir du manche sur la table d’harmonie pour les notes les plus aiguës. Certains manches sont dotés de touches sans frette (fretless), ce qui permet de donner une intonation particulière aux notes glissées et l'utilisation du quart de ton. Surtout répandue sur les basses (pour rappeler le son et le toucher de la contrebasse), ce type de touche est aussi utilisée sur des guitares, en particulier pour des musiques n’utilisant pas la gamme tempérée.

Les frettes sont posées sur le manche à intervalle précis qui va s’amenuisant depuis la tête jusqu'au corps. En divisant la longueur vibrante de la corde par la racine douzième de 2 ( ou , soit environ 1,0594631), on obtient la position de la 1re frette par rapport à la longueur à vide. La position Ln d'une frette par rapport au chevalet est Ln-1/1.0594631. Une autre façon de calculer est la suivante : pour une frette donnée, la largeur de la case « au dessus » est 17.81715 fois celle de la distance au chevalet. La douzième barrette divise la corde en deux parties de longueurs égales, et correspond à un intervalle d’une octave par rapport à la corde jouée « à vide » (c’est-à-dire sans poser de doigt sur la corde).

La distance entre le sillet de chevalet et la ne barrette (comptée à partir du sillet de tête), ou longueur vibrante, est donnée par la formule :
Sur les touches de guitare folk ou électrique, on trouve fréquemment une incrustation nacrée permettant au guitariste de repérer rapidement la bonne case pour positionner ses doigts. On trouve ces incrustations sur la troisième case, la 5e, la 7e, la 9e, puis une double incrustation à la 12e case (l'octave par rapport à la note de la corde jouée à vide). Et la même séquence d'incrustations sur les cases de l'octave supérieure (consulter l'illustration de la touche).

Les cordes

Le cordage (l'ensemble des cordes) est la partie de la guitare qui produit les notes : en étant mises en mouvement (par frottement, par pincement ou par percussion), les cordes vibrent et émettent une onde sonore, d'autant plus aiguë que la corde est fine et que la longueur vibrante de la corde est courte. Il existe plusieurs types de cordes : en nylon, en nickel ou en silicone. Les premières étant utilisés pour les guitares acoustiques, les cordes métalliques sont indispensables aux guitares électriques car, en vibrant, elles génèrent des modifications du champ magnétique produit par les micros. Enfin les cordes en silicone sont principalement utilisées sur les guitares non électriques et sont appréciées pour leur confort de jeu, notamment pour la main droite sans médiator.

Accord
Généralement au nombre de six, les cordes sont le plus souvent accordées ainsi, de la plus grosse à la plus fine : mi, la, ré, sol, si et mi, ou encore EADGBE selon la notation anglo-saxonne de la musique, qui remplace chaque nom de note par une lettre de l'alphabet. Cette combinaison de notes est appelée l'accordage standard.

La corde la plus épaisse - la plus grave - est appelée « bourdon », elle correspond au mi grave de la guitare. La corde la plus fine - la plus aiguë - est appelée « chanterelle », elle correspond au mi aigu de la guitare.

On peut également accorder une guitare en accord ouvert, autrement nommé « doigté ouvert » ou open tuning, terme générique qui désigne abusivement tous les accordages non standards, par exemple sol : DGDGBD (ré sol ré sol si ré) ou ré : DADF#AD (ré, la, ré, fa dièse, la, ré). La guitare a alors la particularité de jouer un accord de sol ou ré avec toutes les cordes jouées à vide. L’accord standard permet de jouer dans des tonalités différentes ; l’open tuning nécessite un capodastre pour changer de tonalité, ou une bonne connaissance des doigtés. Cette technique est très utilisée en musique traditionnelle, qui est généralement modale et diatonique. Par exemple, l’accord DADGAD (D4 sans tierce) est fréquent en musique celtique ou folk.

Si une guitare possède plus ou moins de 6 cordes, l'accordage sera adapté. Ainsi, sur une guitare 12 cordes où chaque corde d'une guitare standard est doublée (chaque couple de cordes étant appelé « chœur »), les quatre chœurs de cordes graves sont accordés à l’octave (une corde accordée normalement, l’autre à l’octave supérieure) et les deux chœurs les plus aigus à l’unisson.

Montage

Les cordes sont généralement montées, c’est-à-dire attachées aux clefs ou aux chevilles de la tête d’un côté et sur le corps (soit à un cordier soit sur le chevalet) de l’autre, en général dans l’ordre des notes qu’elles produisent « à vide » (sans appui des doigts sur la touche). Chaque corde a un diamètre différent : plus le diamètre est faible, plus la corde est fine et plus le son est aigu.

Caractéristiques

Les cordes possèdent des caractéristiques de souplesse et de résonance différentes selon la matière utilisée (essentiellement nylon, bronze, nickel, cuivre et parfois en or afin de limiter l’oxydation due à la sueur. Le choix des cordes est fondamental pour la qualité du son comme pour le plaisir du jeu : les cordes en nylon produisent en effet un son plus chaud (c’est-à-dire privilégiant les fréquences graves) que les cordes en métal, lesquelles sont plus sonores et produisent un son plus métallique (privilégiant les fréquences aiguës).

Les cordes métalliques se distinguent par le type de fil qui les recouvre : les « filées plat » ont en général un son plus neutre et plus mat que les « filées rond », plus brillantes. On les distingue également par leur « tirant », ou « coefficient de souplesse ». En général, plus une corde a un tirant faible, plus elle est souple, mais plus le son produit est faible. Les guitares électriques, dont le son est amplifié artificiellement, ont souvent des tirants très faibles par rapport aux guitares acoustiques. Il faut choisir les cordes en fonction du style de musique joué. Certaines cordes sont propices au rock, d’autre au blues et au classique. Les tirants plus élevés nécessitent une musculature plus développée et peuvent exiger un certain temps d’adaptation. Le changement du tirant d’une guitare doit être suivi d’un réglage afin de ne pas déformer, voire casser l’instrument, la tension sur le manche étant d'autant plus forte que le tirant est fort.

Le corps

C’est une partie fondamentale en ce qui concerne l’émission des sons et qui, par conséquent, conditionne en grande partie la qualité de l’instrument. Cela est vrai aussi bien pour la guitare acoustique avec caisse de résonance (en bois verni pour la plupart) que pour la guitare électrique au corps le plus souvent plein, même si les micros et l’amplification jouent un rôle tout aussi important dans le second cas.

 Guitare acoustique
Le corps d'une guitare acoustique est doté d'une caisse de résonance. Il se compose de trois parties principales :
* La table d'harmonie, fine pièce de bois (épicéa, cèdre rouge…) en deux parties renforcée par un barrage interne, est mise en vibration par les cordes par l'intermédiaire du chevalet, petite pièce de bois à laquelle sont fixées les cordes. Elles y passent sur un sillet lisse (ou légèrement encoché pour "placer" les cordes), contrairement au sillet de tête rainuré. La vibration produite par la table est amplifiée par la caisse de résonance dans son ensemble et sort de l'instrument par la rosace ou bouche. La rosace désigne aussi la partie décorée qui entoure l'orifice, travail de marqueterie très fine dans les guitares de luthiers. C'est l'une des parties avec lesquelles ils peuvent le mieux exprimer leur virtuosité dans le travail du bois.
* Les éclisses sont deux fines pièces de bois formant la tranche de la caisse. Parmi les bois utilisés, on trouve entre autres le palissandre. La forme ondulée des éclisses est obtenue à chaud en appliquant le bois sur un cylindre chauffé pour l'amener à la courbure souhaitée.
* Le fond, comme la table, est obtenu au moyen de deux moitiés symétriques en palissandre ou d'autres bois, souvent reliées au centre par un filet de marqueterie.


Guitare électrique et électro-acoustique

La guitare électrique est le plus souvent dépourvue de caisse de résonance, car l'amplification du son y est confiée essentiellement à des microphones situés sous les cordes. Son corps est donc simplement constitué d'une pièce de bois assez épaisse, sur laquelle sont fixés chevalet, manche et parfois cordes.

Sur certains instruments, notamment électriques de haut de gamme, le sillet lisse du chevalet est remplacé par six mini-sillets (généralement métalliques), appelés « pontets », permettant un réglage individuel de la longueur de chaque corde.

Si les guitares électriques sont majoritairement de type solid body (« corps plein »), de nombreux modèles existent avec des corps semi-évidés (semi hollow) ou totalement évidés (hollow). Appelées en français « demi-caisses », leur table d’harmonie est habituellement pourvue d'orifices (les ouïes) rappelant ceux des violons. Ces guitares sont plus légères, et leur son plus cristallin compense des vibrations moins puissantes. Dans le cas de manches conducteurs, la caisse consiste juste en deux « ailes » rapportées par collage de chaque côté du manche.

Certaines guitares dites "électro-acoustique" ont des ouïes décentrées de diverses formes (circulaires ou ovoïdes), et même, sur certains modèles électro-acoustiques, pas d'ouïe du tout. Leur corps est parfois dépourvu d'éclisse, et est réalisé en matière plastique moulée et renforcé de fibres de verre ou de carbone.

A noter que, de plus en plus de guitares non-classique comportent des tables d'harmonie proches des guitares classiques, c'est à dire en bois résineux (pin, épicéa…) soit plates (avec barrage ou renforts pour supporter la tension des cordes) soit creusé dans la masse (guitares demi-caisse ou caisse pleine type "jazz" à chevalet réglable), ceci pour une sonorité plus proche des guitares "sèches", comportant plus d'harmoniques par opposition aux guitares à micro magnétique (voir microphone). Aujourd'hui, les types de guitare ont tendance à se mélanger (exemple : guitare classique électro-acoustique…) et les instrumentistes utilisent volontiers des modèles de construction classique pour jouer des morceaux jazz, blues ou autre, ces modèles ayant, le plus souvent, un micro céramique (voir plus bas). Ces guitares permettent une amplification par amplificateur, qui donne un son d'une qualité proche de celui de la guitare sans amplification.

Microphones:
Situés sur la table, entre le chevalet et le manche, sous les cordes, les microphones sont l'un des éléments les plus fondamentaux d'une guitare électrique, car c'est sur eux que repose, en l'absence de caisse de résonance d'une taille suffisante, toute l'amplification du son. Le principe en est simple : chaque micro contient des aimants qui génèrent un faible champ magnétique. En vibrant, les cordes perturbent ce champ, ce qui permet au microphone de capter cette vibration et de la transmettre à un amplificateur.

Il existe de nombreux types de microphones, dont chacun a un fonctionnement et une « couleur » de son particulier. Les plus répandus sont les microphones à simple bobinage et les microphones à double bobinage.

Les microphones à simple bobinage furent les tous premiers : l'aimant (en Alnico ou en alliage de type céramique) est entouré de plusieurs milliers de tours d'un fil de cuivre fin et vernis formant le bobinage. Ces microphones ont le défaut d'être sensibles aux interférences (champs électromagnétiques ambiants produits par exemple par les éclairages au néon, les transformateurs, les écrans cathodiques, etc.).

Pour pallier ce problème, ont été créés dans les années 1950 les microphones à double bobinage, association de deux microphones à simple bobinage inversés. Cette combinaison permet de filtrer les perturbations en éliminant la composante continue du signal grâce à l'inversion des polarisations et des sens de bobinages des deux microphones simple accolés.

Enfin, les microphones peuvent être passifs ou actifs. Avec ces derniers le signal est immédiatement traité par un pré-amplificateur. Les microphones actifs ont donc besoin d'une alimentation externe (des piles). Cette pré-amplification a pour objectif d'abaisser l'impédance, ce qui rend le signal moins sensible aux parasites et réduit ses pertes avant qu'il n'arrive à l'amplificateur, en particulier lors de l'utilisation de longues distances de câbles et d'éléments intermédiaires, comme les effets. Une deuxième caractéristique de la pré-amplification est d'éviter la perte de certaines fréquences de la bande passante, qui sont absorbés par les systèmes passifs (une des conséquences de l'impédance élevée).

Depuis, cependant, de nombreux progrès ont été faits, et les microphones passifs tendent à gommer cette différence avec leurs homologues actifs. Contrairement à une idée reçue, les microphones actifs ne produisent pas un niveau de sortie plus important que les microphones passifs. Ce n'est donc pas la raison pour laquelle ils sont souvent utilisés chez les guitaristes jouant dans des styles metal, ou rock. La raison de cette utilisation vient de la nature des aimants qui sont le plus souvent utilisés dans les microphones actifs : les aimants en céramique (essentiellement basés sur un mélange de baryum et de strontium). En effet, les microphones utilisant des aimants en céramique favorisent une attaque plus franche et incisive que les microphones à aimants Alnico, d'où une sensation de dynamique et de puissance accrue. Là encore, les constructeurs ont élargi les possibilités et le public visé, en produisant des microphones actifs à aimants en Alnico et des microphones passifs à aimants en céramique.

Les microphones actifs sont plus couramment utilisés pour les guitares basses. Les bassistes ont été plus ouverts à utiliser les microphones actifs que les guitaristes qui, eux, se sont montrés plus réticents en raison d'une idée, probablement erronée, selon laquelle les microphones actifs produisaient un son froid. Cette raison vient plus du grain sonore très différent qui existe entre les microphones Alnico et les microphones céramiques.

Ces microphones "piézo-éléctriques" (ou céramique) captent, non la vibration de la corde, mais celle de la table au niveau du chevalet. Le principe est une céramique qui génère une différence de potentiel à ses bornes lorsqu'elle est déformée. Une mince baguette (ou une pastille) de cette matière est reliée à un préamplificateur (généralement contenu dans l'instrument). Lors que la table vibre, elle déforme le micro (inclus dans le chevalet ou collé sur la table d'harmonie) qui génère une tension proportionnelle à l'intensité de celui-ci et de même fréquence. Il suffit de la corriger (en grave et/ou en aigüe) et de l'injecter dans un amplificateur externe (souvent qualifié d'acoustique).

Depuis peu[Quand ?], de nouveaux microphones dits « optiques » voient le jour : ils mesurent les vibrations des cordes à l'aide d'un rayon laser. Ces nouveaux types de microphones sont totalement insensibles aux interférences électromagnétiques et permettent, selon leurs constructeurs, un meilleur rendu des harmoniques.

Il existe enfin des microphones placés à l'intérieur de la caisse (du type à électret ou dynamique, actifs ou passifs), et qui captent le son de l'intérieur de la guitare par vibration de l'air contenu dans la caisse. On couple souvent ce type de micro (dont l'emplacement est réglable grâce à une tige malléable) à d'autres types, céramique ou magnétique. Il apportent une richesse sonore supplémentaire et permettent, après mélange avec les autres sources, de trouver "le" son idéal proche de la guitare sans amplification.

Qualité

La guitare est un instrument fragile car constitué d'éléments dissemblables dans leur composition (bois, métal, nylon) auxquels on inflige des efforts physiques importants. Il suffit de songer à la tension qui s'exerce sur les cordes quand elles vibrent, ou à ce que représente la traction des cordes pour le manche (en accordage standard, la tension de chaque corde représente un poids d'environ cinq à quinze kilogrammes), ou encore les variations de température pour le bois de la caisse, sans compter les risques permanents de choc puisque l'instrument est par essence « nomade ». La guitare idéale est donc une combinaison équilibrée de tous ses composants dans le but d'atteindre une excellence acoustique qu'on espère voir s'améliorer avec le temps. C'est un travail de professionnel qui nécessite des connaissances dans le domaine acoustique et de la physique. Même les guitares produites « à la chaîne » par les grandes marques nécessitent ces connaissances.

Voici donc quelques critères à connaître pour apprécier longtemps une guitare.

* la qualité du son : pureté, résonance, tenue de la note jusqu'à la fin de la vibration des cordes (appelée le sustain), absence de son parasite. Cette qualité est donnée par la caisse de résonance (choix du bois et de la méthode d'assemblage), par les cordes, enfin par les micros dans le cas des guitares électrifiées. Pour ces dernières, il est recommandé de commencer par les essayer débranchées afin d'estimer indépendamment la qualité de la lutherie et de l'électronique ;
* la symétrie du manche. Le manche peut subir deux déformations principales : il vrille (il tourne légèrement sur son axe) ou il s'incurve (il devient courbe). Dans le premier cas, les cordes touchent le manche en faisant des bruits parasites ; dans le deuxième, la courbure éloigne les cordes du manche, il faut donc appuyer plus fort sur les cordes pour les bloquer. Des guitares neuves peuvent présenter ces défauts (problème d'entreposage ou faiblesse structurelle du manche) ;
* l’adéquation du manche à la morphologie du musicien : sa longueur, sa largeur, son épaisseur font qu'un manche pourra être agréable à certaines morphologies, selon la longueur des bras ou la souplesse des doigts, et un calvaire pour d'autres ;
* de même, le volume de la caisse ou le poids de la guitare sont des contraintes qui peuvent devenir gênantes ou douloureuses à l'usage.
 

La sonorité de certaines guitares évolue de manière notable dans le temps. Les plus sensibles à ces évolutions sont les guitares acoustiques, composés de bois fins et massifs qui, dans le cas de l'épicéa par exemple, peuvent se développer pendant leurs premières années d'utilisation. Dans ce cas, le son aura tendance à devenir plus flatteur et plus puissant. Ce n'est pas le cas des guitares économiques faites de bois contreplaqués. Les guitares acoustiques sont aussi sensibles aux changements d'hygrométrie et de température.

Techniques de jeu

La guitare possède de très nombreuses techniques de jeu, adaptées aux différents types de guitare et aux différents styles de musique interprétés. Les techniques de jeu sont également adaptées aux différents goûts et choix du musicien. Pour pincer les cordes, l'usage des doigts est naturel mais on utilise souvent un accessoire, le plectre (ou médiator), pour accentuer le claquant du son.

Accordage et accords de guitare

Les accords sont identifiés par la, si, do, ré, mi, fa et sol. Du fait de la popularité de la guitare dans les pays anglo-saxons, on trouve aussi une notation « internationale », qui identifie les accords par une lettre : A (la), B (si), C (do), D (ré), E (mi), F (fa) et G (sol). Cette notation a l'avantage d'être brève et d'être très courante.

Les guitares à 6 cordes sont généralement accordées (du grave à l'aigu) avec les notes :
Accord EADGBE pour guitare.
 mi (ou E) (82,4 Hz) (mi1)
 la (ou A) (110 Hz) (la1)
 ré (ou D) (146,8 Hz) (ré2)
 sol (ou G) (196 Hz) (sol2)
 si (ou B) (246,92 Hz) (si2)
 mi (ou E) (329,6 Hz) (mi3)
Pour accorder une guitare, il existe plusieurs méthodes : utiliser un accordeur électronique qui reconnaît les fréquences des notes. Il est utilisé généralement pour sa facilité d'emploi. Ou utiliser une note de référence (souvent le la (A) de la 5e corde) avec un diapason par exemple. Ensuite il suffit d'accorder les autres cordes en fonction de cette première. Voici les écarts entre les cordes à vide avec un accordage standard EADGBE :

 EÆA : 5 demi-tons ;
 AÆD : 5 demi-tons ;
 DÆG : 5 demi-tons ;
 GÆB : 4 demi-tons ;
 BÆE : 5 demi-tons.
Sur les partitions, les accords sont soit présentés sous forme de diagramme, soit désignés par leur nom (voir Accord). Pour parler simplement, l'accord porte le nom de la note fondamentale (do, do#, ré, etc.), agrémenté d'un « m » minuscule s'il est mineur. On trouve parfois un chiffre à suivre, maj7 pour un accord de septième majeur, 7 pour un accord septième de dominante et un « + » pour un accord augmenté (« - » pour un accord diminué). Exemples d'accord :

 DoM : do majeur
 Mim : mi mineur
 LaM7 : la majeur septième = [ la do# mi sol# ]
 Sim7/5b : si mineur septième quinte bémol = [ si ré fa la ]

Oeuvres célèbres pour guitare:
Classique
 Jeux interdits, romance anonyme, attribuée à Fernando Sor (1778-1839) par Francisco Herrera[3].
 Recuerdos de la Alhambra de Francisco Tárrega (1852-1909)
 Asturias de Isaac Albéniz (transcription de l'œuvre originale pour piano),
 Concerto d'Aranjuez et Fantasia para un gentilhombre de Joaquín Rodrigo (1901-1999)

Jazz
 Les Yeux noirs de Django Reinhardt
 Chitlins con carne et Midnight blues de Kenny Burrell
 Nuages de Django Reinhardt
 Minor Swing de Django Reinhardt
 L'album The incredible jazz guitar of Wes Montgomery de Wes Montgomery
 L'album The road to you de Pat Metheny
 

Folk
 Wish you were here des Pink Floyd
* Yesterday des Beatles
 Song For Kathy de Marcel Dadi
 Blowin in the wind de Bob Dylan

Électrique
* Comfortably Numb , Time , Money et Another Brick in The Wall Part II des Pink Floyd (rock)
 Eruption de Van Halen (rock)
 Voodoo Child de Jimi Hendrix (rock)
 Stairway to Heaven de Led Zeppelin (rock)
 Smoke on the Water de Deep Purple (hard rock)
 Master Of Puppets de Metallica (heavy metal)
 (I Can't Get No) Satisfaction des Rolling Stones (rock)
 Johnny B. Goode de Chuck Berry (rock)
 Highway To Hell de AC/DC (hard rock)
 Sultans of Swing de Dire Straits (rock)

Guitaristes célèbres:
La plupart des compositeurs et interprètes de musique folk sont des guitaristes, parfois de haut niveau : Woody Guthrie, Pete Seeger ou Joan Baez (pour citer les plus célèbres), même s'ils sont plus connus pour leurs interprétations vocales que pour leur compétence instrumentale. Quelques-uns sont cependant reconnus pour la qualité de leur travail instrumental, notamment sur le style picking : Merle Travis, Chet Atkins, Marcel Dadi, Tommy Emmanuel, Jean-Félix Lalanne ou Jerry Reed.

Guitare électrique
Quelques exemples : Jimi Hendrix, Jimmy Page, Keith Richards, Yngwie Malmsteen, Steve Vai, Angus Young, Eric Clapton, Mark Knopfler, David Gilmour, Slash, The Edge, Carlos Santana, Ace Frehley, Bruce Springsteen, Kurt Cobain, Gary Moore …

Principaux luthiers de guitare
Liste de fabricants de guitares.
 Fender, jouée notamment par Jimi Hendrix, Eric Clapton, Mark Knopfler, Eddie Van Halen, David Gilmour ou encore Yngwie Malmsteen
 Gretsch, jouée notamment par les Beatles
 Yamaha (fabricant moins spécialisé que les précédents)
 Gibson, jouée notamment par BB King, Zakk Wylde, Slash et Angus Young
 Ibanez, jouée notamment par Joe Satriani, Steve Vai, Daron Malakian, Paul Gilbert
 ESP, jouée notamment par Kirk Hammett, Max Cavalera et Jeff Hanneman ;
 Jackson, jouée notamment par Alexi Laiho (avant son passage chez ESP), Matthew Tuck ou encore Phil Demmel
 Mosrite, jouée notamment par Johnny Ramone ou encore Kurt Cobain
 Dean Guitars, jouée notamment par Dimebag Darrell

"Pour rire"
Un bassiste se plaint : "Le batteur m'a désaccordé une corde, c'est dégueulasse."
Le chanteur répond : "Ben t'as qu'à la réaccorder !"
- Ouais mais il veut pas me dire laquelle.

Quel est le comble pour un batteur
réponse : c'est d'aller chercher ses baguettes chez le boulanger..........

Pourquoi les Gipsy Kings tiennent-ils leur guitare à la verticale quand ils jouent ? 
Essayez de répéter à douze dans une caravane, pour voir ! 

  Papa, quand je serai adulte, je veux être musicien.
- Ah, fiston, tu ne peux pas avoir les deux !

Quelle est la différence entre les footballeurs et les musiciens ?
Au foot les mi-temps sont interminables, en musique les minables sont intermittents.

Quel est le comble de la musicienne ?
De se coucher sur le Do, d'attendre l'introduction et plus le morceau est long 
plus le concerto.

Deux belles jeunes filles se promènent sur un chemin. Elle entendent soudainement une petite voix qui vient du sol. C'est un crapaud qui parle : "Au secours, écoutez moi, j'étais musicien de jazz et une méchante fée m'a transformé en crapaud parce que j'ai fait une fausse note sur 'round midnight. Elle m'a dit que je serai à nouveau transformé en musicien de jazz si une jolie fille m'embrasse. Pitié, embrassez moi et je vous donnerai tout l'argent que je gagnerai en jouant." Une des fille a pitié et prend le crapaud pour l'embrasser. L'autre fille lui retient le bras en lui disant : "Ne l'embrasse pas, on gagnera plus d'argent avec un crapaud qui parle qu'avec un musicien de jazz !"

C'est Ben Laden qui prépare un attentat à New York et qui discute avec ses camarades :
- Nous allons faire un attentat sur un millier de batteurs et sur un guitariste.
Alors quelqu’un dit surpris :
- Pourquoi UN guitariste ?
Et Ben Laden, regardant ses amis, dit :
Vous voyez, personne ne s’intéresse à un millier de batteurs !

Comment stopper un guitariste classique ?
En lui enlevant la partition.

Comment stopper un guitariste de rock ?
En lui mettant une partition.

Le professeur demande à un élève:
- Quel est le métier de ton papa?
- Il est guitareur, répond le garçon.
- On dit guitariste. Et toi, que fait ton papa?
- Labouriste, monsieur.
- Mais non, voyons, on dit laboureur! Et toi, connnais-tu le métier de ton papa?
- Avec tout ça, je ne sais plus s'il est mineur ou ministre!

"Citations"
La guitare n'est plus qu'un cercueil pour chansons.
  [Jorge Carrera Andrade]

Jouer de la guitare, c'est comme faire l'amour : il faut vraiment être stupide pour oublier comment on fait une fois qu'on l'a appris.
  [Frank Zappa]

Le yukulélé est à la guitare ce que le string est au caleçon.
  [Thomas Fersen]

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